Les blogues: l’avenir du journalisme?

Les blogues: l’avenir du journalisme?
Pascal Lapointe – Agence Science-Presse

RALEIGH, Caroline du Nord – Les blogues sauveront-ils le journalisme scientifique? Chose certaine, aux États-Unis, on est en train d’assister à un basculement des pouvoirs: tandis que les blogueurs expérimentent à fond de train et vont chercher un public déjà motivé, les médias, eux, en sont encore à se questionner.

«Le New York Times a fait beaucoup de chemin depuis trois ans», décrit Tom Levenson, enseignant au MIT, en donnant en exemple le blogue du journaliste Andrew Revkin, qu’il voit comme un modèle d’appropriation de la blogosphère. «Mais leur ADN est encore un vieil ADN.»

Tom Levenson était l’un des 225 inscrits au deuxième congrès annuel sur le «science blogging» —les blogues en science— un congrès auquel assistait l’Agence Science-Presse pour Science! On blogue. Et un congrès dont l’existence témoigne que quelque chose est en train de se passer, qui bouscule les vieilles habitudes.

Il y a d’abord de moins en moins de journalistes scientifiques, a rappelé Becky Oskin, journaliste pigiste en Caroline du Nord, et ce déclin, qui a commencé bien avant Internet, oblige à considérer avec optimisme le débarquement d’une foule de blogueurs intéressés par les sciences: s’il y a moins d’informations d’un côté, il y en a plus de l’autre.

Ce débarquement suscite certes, en contrepartie, des inquiétudes: la facilité avec laquelle on émet son opinion dans la blogosphère conduit-elle à une confusion entre opinions et faits? Qu’en est-il de la crédibilité des blogueurs? Et de l’absence de contrôle éditorial?

Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. On les retrouve par exemple, en plus détaillées, dans le livre Science! On blogue publié cet automne par l’Agence Science-Presse. Ce qui est plus récent, c’est d’entendre des artisans des médias vanter les avantages du blogue —davantage de transparence dans la collecte et la diffusion de l’information— et les opportunités que cela ouvre à tout le monde.

Par exemple, a-t-on pu entendre lors de l’atelier «Science journalism», un individu qui veut en savoir plus sur la sonde américaine Messenger, arrivée la semaine dernière en orbite de Mercure, peut aller sur le site de la NASA, puis chez ses blogueurs préférés. Résultat: un grand nombre de lecteurs et de téléspectateurs arrivent devant leur «média traditionnel» beaucoup mieux préparés qu’avant. Journaux et magazines ont intérêt à s’ajuster…

Ceci dit, il ne faut pas attendre de miracles. L’importance qu’accordent les médias à la science est toute relative. En après-midi, Jennifer Jacquet, biologiste et blogueuse à l’Université de Colombie-Britannique, a jeté une douche d’eau froide —et lancé dans la salle une séance de défoulement contre les médias— en racontant comment une conférence de presse d’Al Gore sur la plus importante fonte de la calotte glaciaire depuis des décennies, avait été évincée de l’actualité le 1er octobre par Britney Spears.

Selon elle, sur 20 ans, le pourcentage du public portant une «très grande attention» à l’information scientifique aurait reculé de moitié.

Face à tout cela, il serait simpliste de résumer le futur par «les blogues sauveront-ils le journalisme scientifique», a relancé la Californienne Jennifer Ouellette —elle-même journaliste scientifique— en faisant la synthèse de cette journée.

«Le journalisme scientifique n’a pas besoin d’être sauvé. Mais il a certainement besoin d’être amélioré.»

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Les genoux du bonheur

Journée d’alphabétisation familiale
Les genoux du bonheur
Isabelle Burgun – Agence Science-Presse

C’est elle qui a choisi le livre. Tenu fièrement par sa couverture bariolée, il rejoint les genoux de sa maman où vient de se hisser la petite Maëlle. «Pendant la lecture, nous sommes très complices, c’est comme si on s’évadait ensemble dans un monde imaginaire», explique Bérengère. La maman de la fillette de 4 ans et demi reste fascinée par le plaisir et la curiosité de son enfant pour chaque nouvelle histoire et espère que ce bonheur se prolongera quand Maëlle saura lire toute seule.

En marge de la Journée pour l’alphabétisation célébrée en novembre, la Journée nationale de l’alphabétisation familiale, qui se tenait le dimanche 27 janvier, célèbre depuis bientôt dix ans le plaisir d’apprendre à lire, écrire et compter en famille.

Lancé en 1999 par la Fondation pour l’alphabétisation ABC Canada, cet événement invite les familles à se livrer à différentes activités axées sur l’apprentissage. Son président honoraire, l’auteur jeunesse Robert Munsch, s’apprête même à fêter cette journée sur le thème des pirates avec la famille gagnante du concours Munsch chez soi : les Kurbis-Friesen de Winnipeg. Au Québec, de nombreuses activités encourageaient l’alphabétisation en famille ce dimanche, mais elles sont bien moins nombreuses que dans les provinces anglophones.

Un apprentissage de famille
«La famille, c’est le lieu de reproduction de l’analphabétisme. Lorsque les parents ne lisent pas, ne se sentent pas compétents pour épauler leurs enfants à l’école… C’est un héritage infernal de génération en génération dans les milieux pauvres et faiblement scolarisés», s’exclame Maryse Perreault, présidente-directrice générale de la Fondation pour l’alphabétisation.

Connue pour son programme La lecture en cadeau, la fondation possède aussi une ligne Info-Alpha (1-800-361-9142) d’aide et de référence pour les personnes analphabètes ou en quête de formation de base en lecture et écriture. Et comme le révélait l’enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, rendue publique en 2005, près de 42 % de la population canadienne possède de faibles ou très faibles connaissances pour fonctionner dans la société actuelle du Savoir.

Il faut aussi changer l’idée reçue que les aînés sont les seuls qui ne savent pas lire et écrire. «C’est un tabou social et il y en a des analphabètes dans toutes les tranches d’âges. La corrélation se fait plutôt avec la pauvreté et le niveau de scolarisation», tranche Maryse Perreault. Elle relève que 36 % des 16-25 ans sont sous le niveau nécessaire (niveau 3 soit l’équivalent des compétences données par le cinquième secondaire) alors qu’ils ont toute leur vie active devant eux.

Les actions ciblées sur les enfants et les adultes, l’aide aux devoirs, les programmes de lutte contre le décrochage des adolescents ne sont pas suffisants. «C’est trop peu et trop tard. Il faut agir auprès des parents et les ramener dans le giron de l’école de leur enfant», pense Maryse Perreault.

Grand lecteur, petit lecteur
La lutte contre l’analphabétisme passe aussi par l’exemple que l’on donne aux enfants: un parent qui lit le journal, une histoire racontée sur les genoux, etc. «Il faut transformer nos valeurs — importance de l’école, de l’éducation et de la lecture — en action. Les femmes ont particulièrement un grand ascendant sur le devenir de la famille et des enfants», affirme Maryse Perreault.

Pas étonnant que le YMCA lance un programme intitulé «ABC en famille» mais il n’est pas le seul à valoriser le foyer comme lieu de partage et d’apprentissage comme le témoignent des projets de recherche-action, tel celui de la Commission scolaire Marie-Victorin, «De A à Z, on s’aide!» ou encore l’incontournable «Une naissance, un livre» actif dans le réseau des bibliothèques de la province.

Sans compter que pratiquer la «lecture de genoux» s’avère une belle activité familiale à valoriser. Source de plaisir et d’échanges. Pour cette journée, et les jours d’après.

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