Tête à tête avec Martin Petit

Dossier Culture et Internet

Raymond Viger, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

martinpetit2007 Dans une vie sans blogues, je n’aurais pu m’approcher de Martin Petit plus près que la 4e rangée dans une salle où il présente son spectacle. Et voilà que j’échange des courriels avec lui, on partage des liens sur nos blogues respectifs comme si on était de vieux copains.

Pour ceux qui pensent que les ordinateurs créent un isolement… Vlan dans les dents! Les blogues peuvent autant créer une dépendance nocive qu’être un outil valable de relation. Martin a plusieurs anecdotes à nous raconter sur les avantages qu’ils peuvent nous offrir:

Il y a 15 ans, avec mon groupe les Bizarroïdes, on n’avait pas l’argent pour se payer de la publicité. On faisait des affiches que l’on collait dans les cafés. Aujourd’hui, j’ai organisé un cabaret littéraire, rempli à pleine capacité, juste par mes invitations sur Facebook. Je sauve du temps et de l’argent.

Cette expérience de Martin l’amène à questionner l’industrie du spectacle.

Grâce à ce contact plus direct avec les gens, peut-on imaginer qu’il y aura moins de coûts publicitaires à l’avenir? Ces coûts représentent plus de la moitié du prix du billet. Est-ce que cela va permettre de baisser le prix du billet?

Les blogues créent des possibilités de nouveaux projets.

J’y ai découvert des plumes, des auteurs intéressants. Certains ont pu publier un livre, d’autres ont pu se présenter au cabaret littéraire que j’organise depuis 7 ans. Les blogues créent des réseaux de contacts.

Ils peuvent aussi offrir des outils, des alternatives.

Récemment, j’ai frappé le «mur du net»: j’ai l’impression de mpetit_corpo m’emmerder, que j’ai fait le tour du jardin. Je cherche quelque chose d’intéressant, mais j’ai atteint mes limites. Est-ce la fin de ma vie de blogueur?

J’ai lancé un appel aux blogueurs en leur partageant mon état d’âme. On m’a suggéré d’installer dans mon ordinateur «Stumble». Ce programme prend en notes mes préférences, les sujets que j’aime. Il me propose ensuite des sites qui correspondent à mes intérêts. Un souffle nouveau pour ma carrière de blogueur et je repars à l’aventure.

Martin définit bien ce qui m’avait rejoint dans son blogue.

Bloguer élimine le vedettariat. Nous sommes tous égaux. Même si tu es un artiste connu, si tu écris mal, tu ne seras pas lu. Les gens t’apprécient vraiment pour ce que tu es, ce que tu livres. Quand tu es lu, tu gagnes en confiance, ça te donne le goût de passer à autre chose, d’aller plus loin.

Le blogue, c’est un investissement de temps. C’est un média qui carbure à l’huile de bras. Les blogues créent un réseautage, forgent notre conscience aux enjeux. J’y crois parce que c’est un immense laboratoire pour expérimenter et découvrir toutes sortes de choses. C’est un espace de liberté qu’il faut soutenir, encourager.

Internet a aussi influencé le travail d’humoriste de Martin.

Dans mon écriture, je dois faire beaucoup de recherche. Pour un «show», je dois lire sur les grands thèmes que je développe. Internet me donne accès à une information rapide. Ça facilite ma recherche et la construction de mon numéro. Parfois, je tombe sur de l’information qui risque de m’intéresser, je l’archive pour y revenir plus tard.

Avec une recherche sur Google, je ne trouve pas toujours ce que je veux. Ça vaut la peine de développer autre chose. Les blogues sont une belle technologie qui anime mon travail à la maison.

C’est comme la machine à café au bureau. Le lieu ou l’on prend sa pause et où l’on jase avec des amis quelques instants avant de retourner au boulot. J’y ai découvert du monde, des nuances. Un ton différent qui tranche avec les médias de masse. Les blogues sont un courant de gratuité qu’il faut encourager, une liberté dans un effort personnel.

Que ce soit Facebook ou les autres programmes pour structurer nos échanges et nos besoins, de grandes corporations veulent s’accaparer le temps que les gens passent devant leur ordinateur. C’est devenu l’enjeu de demain. Pour l’entreprise qui veut grossir ses profits et pour le citoyen qui veut changer le monde.

Vous pouvez visiter le blogue de Martin Petit ainsi que son site.

 Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,