Apprendre à être heureux

Je pense qu’il n’est pas toujours vrai de dire que les gens heureux n’ont pas d’histoire. Je me suis entraînée à être heureuse, j’ai choisi d’être heureuse comme un athlète choisi un sport olympique et décide de s’entraîner chaque jour en vue d’atteindre son objectif.

Ma mère a été marquée par l’époque où il fallait faire son devoir, faire des sacrifices et où le plaisir était suspect. C’est la conception de la vie que j’avais également à l’adolescence.

Mon conjoint, un professeur de catéchèse, avait une conception toute différente de la vie. Pour lui, nous sommes sur la terre pour être heureux, pour participer à la création. Nous sommes sur la terre pour nous dépasser, oui, mais cela ne doit pas nous rendre malheureux. Au contraire, cela doit nous combler, nous devons en tirer une satisfaction. Nous n’avons pas à être masochiste, nous n’avons pas à cultiver le malheur.

Je pensais qu’il fallait gagner son ciel, que je ne pouvais pas réellement être heureuse sur la terre, que cela viendrait plus tard. Pour moi, la vie n’avait pas réellement de valeur. Je la trouvais trop difficile.

À partir du moment où j’ai choisi le bonheur, ma vie a été transformée.

J’ai choisi d’avoir des enfants malgré la crainte que j’avais qu’ils aient à souffrir comme j’ai souffert dans mon adolescence. J’ai choisi d’accepter le handicap de mon plus vieux. J’ai choisi d’accepter l’homosexualité de mon plus jeune. Aujourd’hui je les vois heureux et épanouis.

J’ai compris et accepté que la vie n’est pas comme dans les contes de fées: «Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants». Tous les jours, dans les grandes difficultés comme dans les petites, je refais constamment ce choix. Parce que je fais ce choix, les solutions que je cherche à mes problèmes ne sont plus les mêmes.

Durant la maladie de mon mari atteint du cancer, j’ai, encore là, décidé d’être heureuse. De quelle façon? En étant présente, sou-riante, attentionnée, aidante, prévenante. Lorsque mon conjoint est décédé à 58 ans, il était serein, heureux de la vie qu’il a vécue, même s’il aurait bien aimé pouvoir en profiter encore quelques années.

Il avait la foi en la vie éternelle qui nous est promise dans la religion catholique, même s’il n’en avait pas la certitude. Il voulait occuper sa vie de retraité à rendre grâce, dire merci pour le bonheur que cette vie lui a apporté.

Je choisis de croire qu’il a été exaucé au-delà de ses espérances, comme moi j’ai été et suis heureuse au-delà de toutes mes espérances.

Voilà ce que je vous souhaite à vous aussi.

P.S. J’ai été obligée d’écrire ce texte avec ma main gauche, lettre par lettre, car je me suis fracturé l’épaule droite. Je choisi de mordre dans la vie et aujourd’hui, vous écrire m’apporte de la joie et de la satisfaction.

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