Les coups de cœur de Fred Pellerin,

Chronique de livre

Guillaume Brodeur

Artisan consacré de la parlure colorée, le conteur Fred Pellerin conserve tout de même un faible pour l’imprimé. Bien emmitouflé dans son repère de Saint-Élie-de-Caxton, village natal où il campe ses histoires fantasmagoriques, Fred chausse ses lunettes cerclées et nous invite à découvrir des chefs-d’œuvre littéraires à l’imaginaire débridé.

Inscrit à contrecœur en administration à l’Université du Québec à Trois-Rivières, le jeune Fred Pellerin profite de la première journée d’intégration pour faire faux bond aux colonnes de chiffres. Il opte plutôt pour la littérature, par pur hasard jure-t-il. «Un trip neuronal» qui lui ouvrira tout un monde, le sien.

Fred dévore ainsi Les Fridolinades de Gratien Gélinas, L’avalée des avalés, de Réjean Ducharme et il part en quête des autres monstres sacrés de la culture québécoise. «Quand je tombe sous le charme d’un auteur comme Ducharme, je me précipite pour lire tout ce qu’il a écrit. À travers l’œuvre d’un écrivain, tu découvres tout un pan de l’Histoire.»

Omniprésente poésie

 «Y m’a fait swinguer fort!» Le con-teur ne tarit pas non plus d’éloges pour Jacques Ferron et L’Amélan-chier. «Tout ce qu’il touche est poétisé.» Si Fred s’entiche autant des auteurs québécois, c’est qu’ils inscri-vent souvent leurs œuvres dans un environnement familier. «Quand Ferron, un gars de mon coin [la Mauricie], parle du rang du Bout-du-Monde à Saint-Paulin, ça vient me chercher. Je le connais ce rang-là. Avoir le même point d’appui que l’auteur, ça permet ensuite d’aller plus haut, plus loin… Ça m’a influen-cé à chercher une poésie dans le réel qui m’entoure.» Ardent défenseur de la ruralité et de la culture populaire qui y prend racine, le conteur prêche sans complexe pour sa paroisse.

Ouvrages exotiques

Mais, pas question de se pencher seulement sur son nombril national. Fred est carrément obnubilé par le très inspiré et inspirant auteur italien Alessandro Baricco (Soie, Châteaux de la colère). «Tout mon prochain spectacle est construit à partir de dix petites lignes d’un de ses romans. J’ai pris ce petit bout comme une graine que je fais pousser dans mon jardin.» Avec la bénédiction de Baricco bien entendu. «Le fruit sera différent», assure Fred. Saveur saint-élienne garantie!

Prisonnier du tombeau du Christ qui trône au sommet du calvaire de son village, Fred s’entourerait des plus grands. Prévert, pour la richesse de sa poésie. «Il écrit à trois étages!» Romain Gary, alias Émile Ajar, pour la tendresse de La Promesse de l’aube. «Tant de maux et de douleurs…. C’est lourd, mais pas à travers le regard de l’enfant.» L’esprit de Fred s’emballe: Éric-Emmanuel Schmitt pour L’Évangile selon Pilate et Oscar et la dame en rose, Daniel Pennac et la saga de la famille Malaussène… «Mais là, y commence à manquer de place!»

Hibernation hyperactive

La scénarisation du film Babine qui relatera les tribulations du fou du village, l’écriture de son nouveau spectacle L’arracheuse de temps et le récent passage d’une cigogne ne laissent que peu de temps à Fred pour lire. Quoiqu’il ne peut résister au plaisir de plonger dans Un si léger cauchemar, de Roger-Pol Droit. «Ça tire dans tous les sens! C’est complètement éclaté, mais je commence à voir les fils qui se croisent. S’il réussit à faire un nœud avec ces fils-là, y va m’avoir!»

«J’aime me faire berner, me faire déjouer. Soit sur l’histoire, soit sur le délire langagier.» Dans ses écrits, Fred tricote lui aussi avec les mots. «Je m’amuse à faire grincer la lan-gue, à prendre la recette d’un vieux mot pour en patenter un nouveau.» Faire du neuf avec du vieux, voilà notre vrai défi collectif.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
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