Les clients des prostituées

Les clients des prostituées

Lisa Melia Dossier Prostitution et Sexualité

«Ce soir, j’ai envie de thaï.» L’homme qui dit ça à visage couvert devant la caméra ne parle pas de gastronomie, mais de femmes. Dans un reportage de moins d’une heure tourné à Lille, dans le nord de la France, et en Belgique, le journaliste Hubert Dubois décortique l’identité du client de prostituées et ses motivations.

prostitution escorte prostituées escort prostitué légaliser légalisation Payer pour du sexe

Tous parleront à visage couvert, comme pris d’une certaine honte et conscients du mépris de la société à leur égard. Tous, sauf un, qui résume la nature de la prostituée aux yeux de ses clients. «Il y a des fois, on a envie d’une femme, ici et maintenant, mais on se retient, car c’est une femme et on la respecte. Avec une prostituée, si je veux faire quelque chose, je le fais» Cette question de respect et d’objectivation du corps humain revient perpétuellement. L’amateur de «thaï» explique à la caméra d’un air expert que «pour avoir le service complet, entrée, plat et dessert, c’est minimum 200 € [environ 315 $].»

Presque tous utilisent ce vocabulaire cru et violent, comme s’ils parlaient d’un objet. Une seule fois un client dira «faire l’amour», les autres utilisent les synonymes les plus vulgaires les uns que les autres pour nommer un coït gênant et culpabilisant. De même, ils payent des «putes», mais pas des «femmes», une nuance caractéristique du malaise qui semblent les prendre devant la caméra inquisitrice d’Hubert Dubois.

Identité masculine

L’une des justifications principales est celle du besoin et de l’identité masculine. Par nature, un homme devrait avoir une sexualité régulière. «Après, on se sent des mecs», dit un client avec une pointe de fierté dans la voix. Un argument ridicule d’après Stéphanie, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Selon elle, il ne faut pas confondre besoin et envie, un amalgame que font pourtant les clients et qui traduit en réalité la relation de pouvoir et de domination entre eux et les «travailleuses du sexe.» C’est cette sensation de pouvoir plus qu’un véritable besoin qui conduit un client sur deux à retourner voir une prostituée après la première fois.

Relation et prostitution

Une autre excuse donnée est qu’ils n’ont pas envie de «prise de tête», de complications, de jeux de séduction et de disputes. Bref, ils n’ont pas envie d’un couple. «Si je n’y allais pas, je n’aurais pas maintenue mon mariage, affirme l’un d’eux, car ma femme n’accepte pas tout.» Le recours aux prostituées permet de maintenir une relation sans implication émotionnelle mais, paradoxalement, les psychologues s’accordent pour dire qu’une grande partie des clients recherchent précisément de l’affection et de l’attention. D’où l’apparition d’un nouveau genre de prostitution, qui passe par la simulation d’un rendez-vous galant.

Pour Rhéa, militante de la CLES, ils séparent pourtant complètement l’amour du sexe. «Ce n’est pas une relation, il n’y a pas de réciprocité. Payer pour du sexe, ça veut dire que tu imposes ta sexualité à quelqu’un.» Payer permet aussi de soulager sa conscience, et de se disculper. «Après tout, personne ne les force», affirme un client.

Consentante ou contrainte?

Et pourtant, la prostitution constitue rarement un choix, mais plutôt une absence de choix. «97% des filles font ça contraintes», affirme Ulla, ancienne prostituée chef de file des travailleuses du sexe françaises. «Ce n’est qu’une source de revenu, rien d’autre.» Les clients n’ont toutefois pas la même perception des choses. Les prostituées souffrent-elles? La plupart des clients interrogés par Hubert Dubois pensent que non. «Quand on mange un bifteck, on ne se demande pas si la vache a souffert.» Ont-elles du plaisir lors de l’acte sexuel? « Bien sûr, affirme l’un d’eux. Je peux le sentir, et puis elles se font entendre.» Certains clients posent la question mais «quand ils demandent, c’est presque une réponse qu’ils se donnent», dit Ulla.

«Ils vivent dans le déni», explique Michèle Roy, de la CLES. Tous se déculpabilisent comme ils peuvent: en mettant en avant la compensation financière, en affirmant n’aller voir que des filles consentantes qui ne travaillent pas sous la contrainte, en refusant de fréquenter des mineures… «Ce ne sont que des prétextes, tranche Michèle Roy, ils refusent de voir la réalité en face.» Un ancien client, qui a cessé de recourir aux prostituées, confirme: «l’homme aussi est coupable. Ce n’est pas normal, on n’achète pas un corps. On peut tout acheter, mais pas un corps humain.»

Les clients, reportage d’Hubert Dubois

VOS COMMENTAIRES SUR LES CLIENTS DES PROSTITUÉES.

Le site Internet de la Concertation de lutte contre l’exploitation sexuelle (CLES)

autres textes sur sexualité

autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

orgue-classique-hip-hop-breakdance-graffiti-dj-rappeurs Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent « Le Choc des Cultures ». 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

.

VOS COMMENTAIRES SUR LES CLIENTS DES PROSTITUÉES.

Environnement: tomates aux biogaz

Dossier Environnement.

Des tomates aux biogaz

André Dumont (Agence Science-Presse)

Chauffer une serre et produire des tomates douze mois par année, avec de l’énergie générée par… des déchets! À Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie, c’est maintenant réalité. Les tomates Savoura, dont toute la stratégie de marketing s’appuie sur le goût, croissent à un jet de pierre d’un site d’enfouissement.

L’image est surréaliste: un camion décharge sa benne, quelques mouettes survolent un compacteur à déchets aux roues de métal dentées et en arrière-plan, une immense serre de verre.

Dans les coulisses, le portrait est tout autre. Des équipements dernier cri servent à collecter les biogaz, les nettoyer et les brûler pour garder au chaud des plants de tomates pendant l’hiver.

Depuis l’automne dernier, la plus grande et la plus récente des Serres du St-Laurent est chauffée au gaz méthane (CH4) produit par les micro-organismes qui digèrent les déchets. Une première au Québec.

Valorisation des biogaz au Québec

Le captage des biogaz dans les sites d’enfouissement se pratique depuis une trentaine d’années en Amérique du Nord. Au Québec, le captage est obligatoire depuis l’édiction, en 2005, du Règlement sur l’enfouissement et l’incinération de matières résiduelles.

Dans la plupart des dépotoirs, on se contente de brûler les biogaz au sommet d’une torchère, le transformant ainsi en gaz carbonique (CO2). Un mal pour un bien, puisque plus de la moitié de ces gaz de rebuts est composée de méthane, un gaz, dont l’effet de serre, est 21 fois plus puissant que le CO2.

En 1996, le Complexe environnemental de Saint-Michel, à Montréal, et le site d’enfouissement de BFI, à Lachenaie, devenaient les premiers au Québec à valoriser les biogaz en produisant de l’électricité.

En Mauricie, les Serres du St-Laurent font un usage direct du potentiel énergétique des biogaz. Ils sont tout simplement brûlés dans d’immenses chaudières, pour chauffer l’eau qui circule dans une serre grosse comme dix terrains de football.

La technologie au service du développement durable

Le captage et le nettoyage du gaz représentent, à eux seuls, un défi technologique. À la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM), le technicien en génie mécanique Dany Laforme gère de près la pression dans le réseau de puits qui ponctue les plus anciennes cellules de déchets du site.

Il s’agit d’aspirer la bonne quantité de gaz, pour éviter de nuire à l’action des bactéries. On doit ensuite déshumidifier le gaz, à l’aide d’un ingénieux système de condensation, puis en retirer le soufre dans de grandes cuves.

«C’est le meilleur exemple de développement durable, affirme Dany Laforme. Avec des déchets qui autrement pollueraient, on produit des tomates!»

Le Québec en retard sur l’Europe

La valorisation des biogaz au Québec accuse un sérieux retard, surtout si l’on se compare à l’Europe. En Allemagne et en Autriche, plusieurs villes et villages chauffent leurs édifices publics à l’aide d’usines de méthanisation de biomasse (maïs, résidus de bois et autres). Les biodigesteurs qui carburent au méthane du fumier sont légion dans les campagnes.

Les biodigesteurs agricoles sont encore rares au Québec. Contrairement à son équivalent ontarien, Hydro-Québec n’offre pas de prime pour ce type d’énergie verte.

Vu le faible prix de l’électricité au Québec, les seuls projets envisagés sont ceux qui incluent une utilisation sur place de l’énergie produite, comme celui des tomates Savoura.

Les Serres du St-Laurent vont plus loin. En brûlant les biogaz le jour, on récupère le CO2 issu de la combustion pour en nourrir les plants de tomates alors en pleine photosynthèse. On stocke l’excès de chaleur dans l’eau d’un réservoir d’un million de litres pour l’utiliser la nuit, quand le froid s’installe!

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

OGM et maïs modifié mexicain: une controverse exagérée

OGM et maïs modifié mexicain: une controverse exagérée

(Agence Science-Presse) – Après une controverse de six ans, les experts des deux côtés s’entendent: oui, des gènes de maïs modifié mexicain ont bel et bien pu «contaminer» d’autres champs. Mais pas autant que ce que les plus alarmistes craignaient en 2001: seulement un pour cent des 2000 échantillons recueillis dans la région d’Oaxaca contenaient un gène modifié, conclut aujourd’hui Elena Alvarez-Buylla, de l’Université autonome de Mexico.

La chercheure et son équipe ajoutent dans la revue Molecular Ecology que ce ne sont pas toutes les méthodes de détection —ou tous les laboratoires— qui ont identifié les gènes modifiés en question, ce qui risque de compliquer toute future tentative pour normaliser les tests de dépistage.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

video-breakdance-hip-hop-break-breaker-how-to-breakdancing Extreme Supreme Science
Vidéo VHS, compétition de break-dance.

Skywalker, Omegatron, Psycho Red, Silo, Trackmaster, Strike 3, Jayko Superstar, Speedy, Place Pieces (Maximum Efficiency), Tiger, Dj Frank Boulevard, Dj Devious.
Vidéo VHS 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,