Temoignage Drogue du viol

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

Témoignage

Drogue du viol

Marie-Pier        Dossier GHBSexualité

Si je vous dis GHB, à quoi pensez-vous? Probablement que vous savez que c’est une drogue et qu’elle est aussi appelée drogue du viol mais, à part ca, qu’en savez-vous?

Drogue du viol ghb sexualité Le GHB est un dépresseur du système nerveux central qui provoque un peu le même effet que l’alcool. La substance cause de la somnolence qui peut aller jusqu’à la perte de conscience si elle est absorbée avec de l’alcool ou à dose élevée. En grande quantité, le GHB peut occasionner des vertiges, des nausées, des vomissements, de l’hypothermie, une diminution de la pression sanguine, de l’amnésie, une dépression respiratoire, des crises épileptiques, le coma et la mort. On retrouve le GHB en liquide, en poudre, en capsules ou en granulés à dissoudre dans l’eau. Mélangé à une boisson alcoolisée, il n’a ni odeur, ni saveur. Ça, le saviez-vous? Moi non, pas avant d’en être victime!

À ce moment-là, j’ai 19 ans et je vis en région dans un petit village tranquille. Je travaille à plein temps et vois mes amis. Je ne sors que très rarement au bar depuis mon arrivée dans ce village. Un gars avec qui je travaille, Benoit (nom fictif ), me plaît bien. Nous nous parlons sur MSN, mais sans plus. Un soir, mon «coloc» et moi recevons la visite de quatre amis. Comme tout le monde, je m’ouvre une bière. Il est 19h. Benoit m’appelle alors et me dit qu’il veut que j’aille le rejoindre au bar vers 23h pour prendre une bière tranquille, question de jaser. Je trouve l’idée charmante et je convaincs la gang de venir avec moi.

Il est maintenant 23h et nous sommes tous au bar, j’ai bu quatre bières en quatre heures… J’étais loin d’être saoule. J’ai toute ma tête lorsque, en arrivant, je vois Benoit au fond du bar. Je dis à ma gang que je vais le rejoindre et nous voilà, lui et moi, jasant de tout et de rien: «Dis-moi Marie, tu bois quoi comme bière?» «Hum, Molson Dry, s’il-te-plaît, merci.» À ce moment-là, j’aurais dû me méfier mais je suis naïve et je ne pense pas du tout à ça. Je le trouve charmant, tout simplement. Je bois le quart de ma bière et je suis prise d’une envie pressante. J’ai un mal fou à me diriger vers la salle de bain. Tout est flou et j’ai la tête qui tourne.

Je me réveille nue et je ne suis pas chez moi. Ma tête me fait mal et je n’arrive pas à éclaircir mes idées. Tout tourne encore et je vois à peine. Un homme m’habille et essaye de me mettre debout mais mon corps est trop lourd, je suis incapable de dire quoi que ce soit. Je me réveille de nouveau. Je suis maintenant dans son auto et je le reconnais, même s’il est flou. C’est Benoit. Il détache ma ceinture de sécurité et me pousse hors de l’auto. Je réussis à me mettre debout, chancelante, et je rentre chez moi comme un automate. Il est 7h du matin.

Lendemain de veille

Je me réveille de nouveau. Il est 15h. J’ai mal au coeur et l’impression que ma tête va exploser. Je me fais un café et dis bonjour à Simon,mon «coloc». Il est enragé et je ne sais pas pourquoi: «Simon, que s’est-il passé hier? Et pourquoi es-tu comme ça avec moi?» «Tu vas me faire croire que tu ne t’en souviens pas? Tu as agis en vrai garce avec moi. Je ne te t’avais jamais vue comme ça!»

Je ne me souviens vraiment de rien, pas de flash, rien, le noir total. Je décide d’aller prendre une douche, afin de me remettre sur pied. C’est en me regardant dans le miroir que la panique s’empare de moi. Je crie à Simon de venir me voir. J’avais une serviette autour du corps. Simon me regarde, horrifié. J’ai des bleus dans le cou, sur la poitrine et sur les hanches.

J’appelle Info-Santé et je raconte ce dont je me souviens de la veille. L’infirmière me dit que j’ai les symptômes d’une victime de la drogue du viol et que je dois me dépêcher d’aller passer des tests à l’hôpital. J’ai 19 ans, je suis perdue et je ne comprends rien. Durant trois heures, je passe une série de tests, que ce soit pour la police ou pour moi.

Méprisée

J’ai honte. Je suis nue devant un médecin, une infirmière et un stagiaire. Je pleure et bouillonne de rage. Il faut ensuite attendre les résultats: 48 heures avant de savoir si j’ai contracté quelque chose. Je n’ai heureusement rien, mais je n’ai aucune preuve contre Benoit.

J’appelle la police mais, sans rien de concret à leur présenter, je me fais rire au nez! Il n’y a rien de plus insultant que de se faire rire en plein visage par un policier quand tu portes plainte pour viol! Je me croyais forte, mais cette épreuve me bouleverse. Y a-t-il une justice? Comment faire confiance à quelqu’un? Pourquoi c’est à moi que c’est arrivé? Pourquoi ne pas me croire?

Les policiers ont le temps de donner une contravention à un jeune parce que son moteur d’auto fait trop de bruit mais pas d’emprisonner un individu dangereux! Benoit s’en est lavé les mains et j’aurai toujours cette expérience sur la conscience. Mais lui aussi! Ça ne sert à rien de ruminer tout ça. Il faut aller de l’avant et puis, vous savez, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Nous ne pensons pas que quelque chose comme ça puisse nous arriver. On se dit que ça n’arrive qu’aux autres. C’est faux, le GHB est de plus en plus utilisé. C’est pourquoi il faut toujours surveiller son verre et ne pas accepter quoi que ce soit d’une personne inconnue. Je ne changerai pas le monde en écrivant cet article mais si ça peut sensibiliser certaines personnes et les inciter à en parler, j’aurai déjà fait beaucoup!

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14 Réponses

  1. Le GHB moi aussi j’en ai pris à mon insue (comme on dit si bien!) lors d’un barbecue avec des amis et des amis d’amis que je trouvais très louches… Je me trompe de verre, je ne le fini pas car j’ai déjà bu 2 verres de vin et je conduis. A un moment je ne sais plus comment j’agis, je suis un automate, je débarrasse la table, mais je suis totalement déshinibée ce qui étonne un de mes proches amis. Il sait que je n’ai pas trop bu et me laisse repartir en voiture, je ne suis ni chancelante ni autre. Je prends la route, je roule sans voir la route, j’évite des phares en pleine cambrousse, je roule dans un champs de blé… Mais tout ça je ne le réalise pas à ce moment là… Ce n’est que le lendemain que je me réveille chez mes parents avec une sensation d’un énorme vide, l’impression d’avoir perdu 4h de ma vie. J’appelle mon ami, on en discute, il est dans le milieu médical, recoupe mes dires avec la fin de soirée très « étrange ». Et me confirme que j’ai dû être victime de GHB. Le verre avait été destiné à une gamine que 2 compères voulaient violer. Coup de chance j’ai pris son verre à sa place et je suis rentrée saine et sauve. Mais je n’oublierai jamais ces 4h perdues, ces petits flashes, et l’horreur qui était destiné à cette gamine (j’ai été violée sans drogues à 11 ans alors je sais de quoi je parle)… C’était il y a plus de 10 ans… Restez vigilants!

  2. Merci Ploomy pour votre témoignage. J’espère qu’il saura aider les internautes.

  3. Bonjour,

    je me permets de vous contacter dans le cadre de l’émission « Enquête d’action » sur la chaîne W9.
    Je réalise un documentaire sur la drogue et comment elle touche toutes les couches de la population, sans barrières sociales, de l’étudiant au cadre.
    Une partie du reportage traite de l’impact négatif de la consommation de drogues, consommée sans même connaître les risques et les composants du produit, ou encore consommée à son insu.
    C’est pourquoi je m’adresse à vous. J’ai lu sur votre blog le témoignage de « Lisa », victime du GHB.
    J’aimerais savoir si elle accepterait de participer à notre reportage. Son témoignage serait très intéressant pour faire prendre conscience aux jeunes du risque de certaines drogues… Vous n’êtes pas sans savoir qu’une nouvelle drogue, le GBL notamment connu par des « stars » telles que Loana, etc, circule assez facilement dans les milieux étudiants. Problème: une fois ingérée, cette drogue présente les mêmes symptômes que le GHB, la drogue du violeur. C’est pourquoi je pense que l’intervention de Lisa, elle-même victime de cette drogue, pourrait alerter ces jeunes tentés par ces produits.
    Bien sûr, si Lisa le souhaite, je garantis un anonymat total et complet, visage flouté, voix transformé, prénom modifié, etc.
    Je me tiens à votre disposition si vous avez besoin de plus de détails.
    Merci de bien vouloir me répondre.

    Cordialement,

    Céline DM
    Mail: celine.demagalhaes@yahoo.fr

  4. Bonjour Céline.

    Merci pour votre intérêt pour le sujet abordé.

    Vous parlez de passer en entrevue Lisa mais vous me laissez le commentaire sous un texte de Marie-Pier. Est-ce un lapsus ou une Lisa d’un autre billet?

    Vous êtes de quel pays? Parce que nous sommes du Québec et la grande partie des témoignages que nous avons sont du Québec.

    Au plaisir de pouvoir vous aider.

    Raymond Viger
    http://www.refletdesociete.com

  5. En pratique, le GHB est une molécule très proche du GABA ou acide gamma amino butyrique. Le GABA est un puissant inhibiteur du système nerveux. Les principaux GABAergiques (molécules agissant comme le GABA) sont les benzodiazépines et l’alcool. Les benzodiazépines les plus connues sont le tranxène*, le rohypnol*, le xanax*, le temesta*, le lexomil* etc ; ..Ces produits inhibent les systèmes neuronaux prédominants chez un individu, c’est à dire qu’une personne excitée sera calmée et une personne angoissée, inhibée sera désinhibée. En outre, à forte dose, hors accoutumance, le produit sera toujours sédatif. On comprend donc que quelques personnes sexuellement inhibées y aient trouvé leur compte parce que simplement désinhibées par de petites doses de GHB, et que la réputation du produit ait pu se faire en ce sens.
    Une fois la réputation du produit faite, le principe du  » produit excuse  » est bien connu. Il permet de légitimer des actes violants, antisociaux ou illégaux. Tout n’est plus affaire que de dose (importante pour la victime), et de bonne excuse :  » c’est pas ma faute, j’ai pris le produit qui .. ». Il n’en demeure pas moins que l’usage intentionnel du produit est un acte de préméditation.

  6. Bonjour Poppers.

    Merci pour les informations techniques sur le GHB. L’excuse de la consommation est une réalité que l’on retrouve avec différents produits, incluant l’alcool.

  7. Je suis un peu déconcerté de savoir que mon article a été volée?! Je suis la Marie-Pier en question et en plus de l’avoir écris je l’ai vécu,je ne comprend pas pourquoi c’st maintenant sous le nom de lisa…Bref je vais prendre tout ca du bon coté en me disant que si ca circule sur le net plus de gens seront touché.
    J’aurai seulement aimé qu’on me demande avant…C’est mon témoignage et ce ne fut pas facile a vivre du tout. Tout ca pour dire que je ne le souhaite a personne…
    Marie-Pier

  8. Bonjour Marie-Pier.

    Cet article a été publié suite à un témoignage que vous avez livré au magazine Reflet de Société en 2009. Suite à la publication papier, les textes se retrouvent sur notre blogue.

    Le texte a été publié sous votre nom de Marie-Pier. Quand vous voyez le nom de Lisa dans le haut du complètement du texte, la plateforme wordpress que nous utilisons inscrit le nom du journaliste qui a mis en ligne le texte.

    Rien n’a été volé.

    Raymond Viger
    rédacteur en chef
    Magazine Reflet de Société.

  9. Ca fait peur. Je suis souvent dans des restaurants mais je ne savais pas du tout que ca existait

  10. Quel était donc Alex le besoin exact derrière ce commentaire?

  11. bonjour j’ai été à une soirée dans un village de mon enfance. Pour moi cette soirée était le moyen de rester en contact avec des personnes que tu perd de vue avec ta situation professionnel et les déménagement. il y a 3 ans j’assiste à la soirée ou je retrouve des amis je m’amuse danse bois de l’alcool avec moderation quand tout un coup je me souviens plus de rien le trou noir je me retrouve dans la chambre d’un ami ou c’étais prèvu que je dorme je me laisse avec un mal de tête, je me sens pas bien je vais vomir, je me sens sale. Mon ami me donne un coca avant que je rentre chez moi. j’ai pris la route tout en essayant de me rappeler de cette soirée rien ne vient. Je rentre chez moi, je prend une douche et je suis toujours aussi mal. le lendemain j’en parle a une amie qui me dit que j’ai tous les symptômes de la drogue du violeur. J’ai essayer d’ignorer ce qui c’était passer pas pu boire un verre d’alcool pendant des mois cauchemard. Je me suis dit que je m’en saurtirais seul mais j’avais tord. Je me suis a avoir plus confiance en moi, dépression… je témoigne aujourd’hui pour que ce qui son victime ne font pas comme moi il faut ce faire aider par des médecins car le temps ne change rien sans aide

  12. Merci Sgard pour le partage de votre expérience et votre témoignage. En espérant que cela pourra en aider d’autres.

    Raymond.

  13. J’ai vécue la même chose et je vais tous les tuer !!!!!!

  14. Bonjour Kamel.

    Je peux comprendre toute cette rage qui peut nous habiter. Avez-vous eu l’occasion de partager votre expérience à une amie de confiance?

    Raymond.

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