Aux claviers, citoyens!

77e congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir

Aux claviers, citoyens!

Julie Picard                Dossier  Francophonie 

(Agence Science-Presse) – Fini le temps où le monde médiatique n’était réservé qu’aux communicateurs et aux journalistes patentés! Désormais, tout un chacun peut s’improviser journaliste d’un jour grâce au journalisme citoyen sur le web. Et Samia Mihoub, chercheuse à l’École des médias de l’UQAM, avance même que cette forme de journalisme devrait être prise en considération par les journalistes professionnels!

«Il y a une complémentarité à construire et à chercher entre journalistes amateurs et professionnels», précise la chercheuse lors d’une conférence prononcée cette semaine au congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) à Ottawa. D’un côté, le citoyen fait preuve d’un certain recul que le journaliste professionnel n’a pas devant des événements. De l’autre, les journalistes maîtrisent cette déontologie propre à la profession que le citoyen ne connaît pas bien, nuance-t-elle.

Journalisme citoyen, un concurrent utile

La pratique d’un journalisme alternatif n’est pas nouvelle. «Il y a toujours eu des médias qui revendiquaient une indépendance vis-à-vis les médias traditionnels. Cela s’inscrit dans la logique de la professionnalisation.» La différence aujourd’hui, c’est que les outils et le support technologiques sont plus efficaces et assurent une meilleure visibilité. Le phénomène du journalisme citoyen, soit la production et la diffusion d’informations par des utilisateurs du web, prend ainsi de l’ampleur.

Et, selon elle, ce type de journalisme parallèle est profitable aux grandes entreprises de presse. «Le journalisme citoyen permet aux médias de masse de réaliser qu’il y a un problème, qu’ils ont failli à leur mission d’informer. Ils se rendent compte de la crise de confiance à laquelle ils font face. Ils ne peuvent plus fermer les yeux.» En effet, la logique marchande qui prévaut dans le monde des médias dérange de plus en plus les citoyens. «Le public n’est pas dupe. Il sait faire la différence entre une information neutre et objective et une qui ne l’est pas.»

Un avenir à encadrer

Même si l’objectif des médias alternatifs est de parler d’événements qui ne sont pas traités dans les médias traditionnels, la tâche reste ardue. D’après les observations préliminaires de Samia Mihoub, «la révolution est lente à venir et les médias de masse restent dépositaires de l’ordre du jour», de la hiérarchisation des nouvelles.

Est-ce alors que le journalisme citoyen est l’avenir du journalisme? Pourrait-on même aller jusqu’à dire qu’il remplacera le journalisme traditionnel? «On ne peut pas trancher tout de suite.» La chercheuse ne croit cependant pas que l’un remplacera l’autre, mais qu’un plus grand enchevêtrement entre les deux apparaîtra. «Mais le journalisme citoyen pourrait aussi disparaître! On ne sait pas! C’est ce qui rend le sujet passionnant.»

Chose certaine, la montée en popularité du journalisme citoyen nécessite qu’un cadre éthique et une réglementation soient établis pour baliser la pratique, comme le souligne Samia Mihoub. Et c’est déjà commencé! Le média citoyen européen AgoraVox, par exemple, est maintenant doté d’une politique éditoriale et d’une charte de rédaction pour justifier la sélection des articles mis en ligne. Quant à l’hostilité jadis forte entre journalistes professionnels et amateurs, elle commence à s’estomper. «Les uns se rendent compte qu’ils ont besoin des autres.» La méfiance fait place à la collaboration.

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6 Réponses

  1. Je ne sais pas si je ferais confiance a de simples citoyens pour avoir mes nouvelles… Il est trop facile de publier n`importe quoi sur internet, et rien n`oblige les auteurs a respecter l`ethique du métier.

    Cela dit, l`apport fait par le public sous forme de commentaires dans les principaux sites de nouvelles est grandement utile, je dirais meme essentiel. Ces commentaires permettent souvent de signaler des erreurs de jugements ou de faits, tout en apportant des arguments qui nous font réaliser que la réalité est souvent plus complexe que ce qu`on veut nous faire croire.

    Je ne crois pas que les médias traditionnels se feront remplacer par le public, mais plutot que le public influencera plus ces médias.

    « Chose certaine, la montée en popularité du journalisme citoyen nécessite qu’un cadre éthique et une réglementation soient établis pour baliser la pratique« 

    Facile a dire, tres difficiles a mettre en oeuvre.

    (désolé pour les accents, encore une fois le clavier)

  2. Bonjour Dlo.

    Je suis d’accord avec vous et je me questionne jusqu’où un citoyen peut aller dans le développement intègre d’une nouvelle.

    J’ai quelques difficultés avec la position et les commentaires de Samia Mihoub. Au départ, il faudrait définir les termes. Est-ce qu’on parle de citoyens qui font du journalisme ou d’une complicité entre citoyens et journalistes pour amener des nouvelles différentes?

    Je considère que les journalistes n’ont pas assez de temps mis à leur disposition pour faire tout leur travail. On ne cesse de leur en demander plus dans le moins de temps possible. Que dire d’un citoyen qui a son travail, sa famille et plein d’autres obligations. Du jour au lendemain il fait du journalisme, seul, sans encadrement? En ce qui me concerne, le journalisme est un travail d’équipe. Pas sûr que le citoyen seul dans son coin soit la bonne direction à prendre.

    Je ne peux m’empêcher de questionner l’exemple Samia Mihoub donne d’Agoravox. Étant rédacteur et modérateur pour Agoravox, il est vrai qu’il y a un comité de modération pour éviter que n’importe qui publie n’importe quelle connerie. Mais est-ce du journalisme citoyen pour autant? Pas en ce qui me concerne. Parce que si un citoyen amène un bon sujet, un bon angle mais qu’il faut le développer plus, faire plus de recherche, vérifier des faits, aucun journaliste n’est affecté pour pouvoir compléter le travail amorcé.

    Désolé Mme Samia Mihoub de ne pas être d’accord avec votre présentation. Mais pour en tirer vos conclusions avez-vous questionner des journalistes, des journalistes blogueurs, des soi-disant citoyens-journalistes? Quand vous parlez d’Agoravox, les avez-vous contacté?…

  3. […] j’ai réagi à un commentaire de la chercheure Samia Mihoub chercheuse à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. Mme Samia Mihoub […]

  4. […] j’ai réagi à un commentaire de la chercheure Samia Mihoub chercheuse à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. Mme Samia Mihoub […]

  5. Bonjour M. Viger
    Dans les propos qui ont été recueillis par la journaliste qui a rédigé cet article, je n’ai fait part d’aucune affirmation. En effet, mon étude sur le journalisme citoyen est encore en cours et j’ai toujours affirmé lors de cette conférence notamment que rien ne peut être tranché ou définitif dans ce domaine. L’étude est en cours et je suis une observatrice, il y a des tendances que le chercheur remarque mais cela ne signifie pas que c’est définitif. J’ai simplemen trelevé une plus grande conscience de la part de certains médias citoyens de la nécessité d’un cadre éthique plus sérieux. Je n’ai pas dit qu’Agoravox est un média reglementé. Loin de là.
    Au contraire, la seule chose que j’ai pu affirmer au stade où en était encore mon étude est qu’il existe non pas un journalisme mais des journalismes citoyens tant la pratique est diversifiée.
    Les détails de ma recherche et quels méthodes j’ai utilisé pour mener cette étude seront publiés lorsque l’étude prendra fin et vous le saurez à ce moment là.
    Je n’ai également aucun lien avec l’École de politique appliquée à laquelle l’article en question m’a rattachée. Je fais ma recherche à L’École des médias à l’UQAM.
    Cela démontre encore une fois combien rapporter des déclarations peut être périlleux aussi bien pour un journaliste que pour un rédacteur non professionnel et combien aussi cela peut être préjudiciable pour l’auteur des propos.

    Salutations

  6. Bonjour.

    J’ai corrigé l’erreur de la journaliste d’Agence Science Presse concernant l’École où vous avez fait votre recherche.

    Nous attendons impatiemment les résultats de votre recherche. Avez-vous une date approximative à laquelle nous les aurons?

    Au plaisir,

    Raymond.

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