La toxicomanie a volé mon fils!

La toxicomanie a volé mon fils!

Je suis une mère qui a le cœur meurtri par les combats contre la toxicomanie de son fils.

Sophie L.  Dossier Toxicomanie

combat sophie Il y a environ quatre ans, je recevais un appel téléphonique pour m’abonner à la revue Reflet de Société. J’ai répondu: «Certainement, j’ai moi-même un fils pas mal rock’n’roll qui va dans les centres d’accueil. Souvent, je me sens impuissante et c’est certain, les jeunes ont besoin d’aide». Après avoir raccroché, j’ai ressenti cette peur froide qu’un jour mon fils devienne toxicomane et vive dans la rue.

À 22 ans, je suis tombée enceinte accidentellement. J’ai gardé  l’enfant même si je savais que le père ne s’en occuperait pas. Il avait de gros problèmes de toxicomanie! Malgré déboires et malchances, j’ai élevé mon fils seule. Dès l’âge de 11 ans, comme il était souvent en retenue à l’école, j’ai demandé qu’il soit transféré dans une classe où il aurait pu recevoir des services pour ses troubles de comportement. Les professeurs et la direction ont refusé sous prétexte qu’il aurait influencé le reste de la classe et leur aurait fait perdre le contrôle. L’école a finalement décidé de le mettre dehors et de lui donner des cours à la maison. C’est là que tout a commencé à dégénérer. Mon fils avait gagné contre le système scolaire: il était hot et je n’avais désormais plus aucune autorité. 

Centre d’accueil

Deux jours avant ses 13 ans, après plusieurs situations intolérables, j’ai suivi les conseils de la DPJ qui devait m’aider avec mon fils. À contrecœur, j’ai coopéré avec les policiers afin qu’ils l’emmènent de force dans une centre d’accueil. Il devait y rester environ un mois. Quelle déchirure pour le cœur d’une mère! Il y a tant à dire sur ces longs et nombreux séjours en centres d’accueil, ponctués de rencontres avec le juge, jusqu’à ses 18 ans… Mais le problème n’a pas disparu pour autant. Non, il a empiré.

À l’âge de 16 ans, mon fils a revu son père, qu’il n’avait pas vu depuis 10 ans. Ce dernier était toujours toxicomane. Même si mon fils a été très déçu par cette rencontre, il l’a fréquenté pendant un an et demi environ.

Opiacés et toxicomanie

659428_42488329 Mon fils avait des talents artistiques comme j’en ai rarement vus. Il était très doué, intelligent et très beau aussi. Son état s’est dégradé et maintenant il est dépendant aux opiacés. Il a consommé toutes sortes de drogues. Plus ça allait, moins je le reconnaissais. La drogue l’a magané et beaucoup amaigri. Elle m’a pris mon fils. J’ai souvent essayé de le convaincre de recevoir des soins médicaux car avec toute la drogue qu’il consomme, il aura inévitablement des séquelles.

Avec l’aide de la DPJ, j’ai essayé tous les chemins, mais je me suis retrouvée toujours seule à me battre. J’ai le goût de crier, comme bien des mères j’en suis certaine, cette douleur lourde de voir quelqu’un qu’on a tant choyé et aimé être aspiré par la drogue.

J’ai tout essayé… Jusqu’à devoir le sortir de la maison. J’étais en train de couler avec lui. Je commençais à avoir des idées suicidaires. Seule, comme depuis sa naissance, j’ai dû agir avec fermeté, calme et détermination.

Après l’avoir mis à la porte à contrecœur, je lui ai dit: «quand tu voudras t’en sortir, que tu en auras assez, fais-moi signe et je vais t’aider». Cette période a été très éprouvante! Six mois plus tard, il est finalement venu me voir en disant qu’il n’en pouvait plus, que, quand il n’avait pas sa dose, il avait le goût de se suicider mais qu’il n’en avait pas la force. Il a besoin de sa drogue pour vivre comme de l’air qu’il respire. Et ces marques sur son bras… 

Les démarches pour un centre de thérapie

J’ai passé deux jours avec lui à faire des démarches et j’ai beaucoup appris sur les opiacés. Je me suis renseignée, je l’ai écouté, je l’ai aidé, j’ai téléphoné partout. Je n’ai vu que des portes fermées: pas une seule place disponible, les médecins étaient en vacances, rien avant plusieurs mois. C’était complètement décourageant, épuisant. Il voulait de l’aide, là, maintenant, et je craignais que son envie de s’en sortir ne dure pas.

Quelle déception, une fois de plus, de voir mon fils repartir. De mon côté, abattue et pratiquement noyée dans cette mer de larmes, j’ai demandé de l’aide à un centre. Deux mois plus tard, j’attends toujours. Je m’efforce de rester le plus réaliste possible, de prendre soin de moi. Je ne sais pas ce qui va arriver et je me sens totalement impuissante.

Fin des programmes de méthadone

Mon fils m’a téléphoné il y a trois semaines. Il m’a dit qu’il se débrouillait, qu’il avait entendu aux nouvelles que le gouvernement supprimait les subventions des programmes de méthadone. Il m’a alors annoncé qu’il allait entreprendre la démarche cette année. Je lui ai répondu de ne pas se laisser décourager par cette nouvelle et que, même si nous nous heurtions à bien des portes fermées, il fallait persévérer. Tout ce que j’ai pu dire à mon fils est que je l’aimais et que s’il voulait entreprendre une démarche, je serais là pour l’aider. Tout part de lui. Il est le seul à avoir le pouvoir de changer sa vie.

Depuis, il ne m’a pas téléphonée. Quand je pense à toutes ces choses qu’il m’a dites, tout ce qu’il est prêt à faire pour avoir sa dose, même se prostituer, j’ai mal au cœur dans tous les sens du terme. Mon fils, que j’aime de tout mon cœur, va avoir 19 ans. À l’heure où j’écris ces mots, je ne sais pas ce qu’il fait, où il vit… Vit-il encore? Ma peine est tellement profonde…

Je terminerai en disant «Merci» aux gens qui continuent d’aider les jeunes.

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Arpi: Graffeur dans l’âme

Arpi: Graffeur dans l’âme

Plusieurs de ses toiles décorent le local de Café Graffiti. Il est certainement un des graffeurs les plus en vue à Montréal. Arpi, de son nom d’artiste, ne chôme pas et sa tête non plus. Les idées fusent de partout. Portrait d’un artiste qui n’arrête jamais.

Frédéric Lacroix-Couture  Dossiers Culture, Hip Hop, Graffiti

graffiteur_montreal_arpi_graffeur_writer_hip_hop_graffiti_art_urbain Rester assis bien tranquille ou habiter à la même place, le graffeur né à St-Hubert ne connaît pas. Il se doit de bouger. «Je suis vraiment quelqu’un d’hyperactif», avoue-t-il. C’est d’ailleurs à cause d’un  manque d’interactivité qu’il a quitté le programme de graphisme au Collège Ahuntsic.

«J’ai trippé pendant une session et demi. J’étais avec plein de monde créatif et dynamique, mais un moment donné j’ai eu un épiphanie dans mon cours du matin. Tout le monde était assis à regarder leur écran. Ils étaient «vedge». Je me suis dit que je ne pouvais pas faire ça 40 heures par semaine.»

Son intérêt pour l’art du graffiti a débuté dès son jeune âge. Sa sœur l’a initié au début des années 90, mais il ne faisait qu’observer les autres et dessiner des tags. À la suite d’un voyage d’un an dans l’Ouest canadien, il revient à Montréal et fait la rencontre de graffeurs où il travaille. À ce moment-là, il développe un peu plus son talent.

L’art par le train

arpi_trains_graffiti_art_urbain_artistes_de_la_rue_graffer_trains Ses premières toiles ont voyagé énormément. Les trains de marchandises ont en fait été ses premiers médiums. Le train a donné une belle visibilité à ses œuvres. Tellement qu’il s’est bâti une notoriété sans le savoir.

«Quand je suis retourné à Vancouver et à Calgary pour des contrats auprès d’événements, la plupart du monde que je rencontrais savait qui j’étais par rapport aux graffitis». Même que certains ont pris des photos de ses œuvres et les documentent. Arpi ne cache d’ailleurs pas qu’il veut que ses œuvres soient vu par le plus de monde possible.

Mise à part l’avantage de la visibilité, faire du graffiti sur un train ne cause pas de dommages, estime-t-il. «Ça n’affecte pas vraiment la fonction du wagon. Je pratique cet art dans une optique de création et non de destruction.»

Aujourd’hui, l’artiste hyperactif a délaissé le train pour des murales et des toiles. Il a fait plusieurs créations pour diverses organisations telles que Labatt, les magasins  Simons et les Francofolies.

C’est au retour d’un autre périple dans l’Ouest que des avenues professionnelles se sont débouchées. Il s’est rendu dans un Carrefour jeunesse-emploi où on lui a offert un travail qui, ironie du sort, consistait à enlever des graffitis sur des maisons, des écoles et des commerces. À la suite de cet emploi, on lui permet de faire un documentaire pour sensibiliser les jeunes aux vandalismes. Après ce projet, on lui demande de produire une dizaine de toiles.

«J’ai eu plein d’opportunités. Ça m’enrichi et m’a permis de développer mes projets personnels en tant qu’artiste indépendant. J’ai pu ajouter des cordes à mon arc», reconnait-t-il.

Pourquoi le graffiti?

murale-graffiti-restaurant-brisket-muralistes-canettes-jeunes-artistes-hip-hop-art Le choix du graffiti s’est imposé un peu par lui-même. Une façon de vulgariser ses pensées plus facilement. «Je peins parce que pour moi c’est plus facile de m’exprimer par des actions non-verbales. La communication visuelle comme la photo et la vidéo, ça parle tellement mieux que des mots. J’ai de la misère à vulgariser mes visions, mes idées et mes feelings par des mots. Je  trouve que ça  laisse à l’interprétation.»

Quel que soit sa forme, l’art reste toujours une manière de s’exprimer, selon lui. «C’est dans la nature de l’être-humain de vouloir extérioriser son intérieur afin d’avoir en même-temps un feedback. C’est comme une thérapie pour moi. Ça me remet en perspective par rapport à moi-même.»

Il trouve d’ailleurs important de sensibiliser les jeunes au vandalisme et de leur expliquer ce que c’est réellement le graffiti. «On ne peut pas seulement montrer le côté cool du graff sans promouvoir le système des valeurs. Aujourd’hui, n’importe quel jeune peut s’acheter une canne d’aérosol n’importe où et faire n’importe quoi.»

Projets : vidéos et voyager

Le jeune graffeur a commencé depuis peu à explorer le monde de la vidéo. Il compte maintenant 6 montages vidéos où sous fond de musique il partage sa vision des choses. Comme pour le graff, il s’inspire des gens, de tout ce qui l’entoure et…. du métro.

Comme il ne peut rester en place, l’artiste aimerait à l’automne repartir vers de nouveau pays comme visiter l’Asie. «Un de mes plus gros défis, c’est d être sédentaire.» Pour lui, la vie est un voyage perpétuel.

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Murale graffiti, animation de foule, peinture en direct, T-shirt

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Projet graffiti pour Oakley

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Rencontre avec Nawlz: Graffeur du monde

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Préjugés envers l’épilepsie: Quoi faire lors d’une crise

Préjugés envers l’épilepsie: Quoi faire lors d’une crise

Si Cassidy Megan s’est tout de suite sentie soutenue par ses amis lorsqu’elle leur a parlé de sa maladie, ce n’est pas le cas de tous les épileptiques. Malgré les progrès de la recherches, les préjugés sont tenaces. Certains croient encore que l’épilepsie est une maladie mentale ou qu’elle est contagieuse; d’autres pensent qu’il est possible d’avaler sa langue lors de convulsions ou qu’il faut absolument maîtriser l’épileptique en crise pour l’empêcher de se blesser… alors qu’au contraire, ce sont trop souvent les bons samaritains qui se mettent en péril!

Ariane Aubin   Dossiers Santé, Épilepsie

Une courte formation en premiers soins et quelques recherches sur Internet permettraient pourtant d’assurer la sécurité de la personne épileptique et de son entourage, et surtout, de vaincre les idées reçues. «Grâce à l’information disponible sur Internet, il est moins difficile d’être épileptique aujourd’hui. Mais plusieurs personnes sont mal informées parce que c’est une maladie qui affecte les gens de façon très variable et, souvent, sans impact sur le quotidien», explique Deirdre Floyd.

Si toutefois vous assistez à une crise épileptique dite tonique clonique, caractérisée par des spasmes musculaires ou des convulsions et une perte totale de connaissance, voici quelques directives:

  1. Ne limitez pas les mouvements de la personne en crise et ne mettez rien dans sa bouche, pas même un médicament; elle n’avalera pas sa langue, mais peut s’étouffer si vous lui faites avaler un liquide ou un comprimé.
  2. Placez un coussin ou un vêtement sous la tête de la personne afin de la protéger des chocs.
  3. Éloignez les objets pointus, les liquides chauds et les meubles contondants, le temps que la crise passe.
  4. Si possible, aidez la victime à se coucher sur le côté, afin de dégager ses voies respiratoires.
  5. Lorsque la crise est terminée, il se peut que la personne soit confuse ou très fatiguée. Rassurez-la et restez avec elle jusqu’à ce qu’elle soit toute à fait rétablie. Ne lui donnez pas à boire ni à manger avant que les symptômes aient totalement disparu.
  6. Si la crise dure plus de cinq minutes, que la personne semble éprouver des problèmes respiratoires ou être blessée, que la victime est une femme enceinte ou qu’une seconde crise convulsive survient avant que la personne n’ait repris connaissance, appelez une ambulance.

D’autres faits sur l’épilepsie

  • L’épilepsie est la manifestation physique de changements électriques brefs (des sortes de «tempêtes électriques») qui surviennent dans le cerveau. Elle n’est donc pas contagieuse!
  • Environ 0,6 % de la population canadienne est atteinte d’épilepsie, soit plus de 200 000 personnes.
  • Près de la moitié des enfants épileptiques cesseront d’avoir des symptômes en vieillissant.
  • Lorsque les crises se limitent à une zone précise du cerveau, il est possible d’éliminer les symptômes en opérant. Des médicaments réduisant les manifestations de l’épilepsie existent aussi mais ils ne guérissent pas la maladie, provoquent de nombreux effets secondaires et ne sont efficaces que sur 70 % des épileptiques.
  • Chaque jour, 42 Canadiens en moyenne apprennent qu’ils sont épileptiques.
  • Dans 50 à 60 % des cas, les causes de la maladie sont inconnues. Parmi les facteurs déclenchants identifiés, on trouve les accidents ou maladies de grossesse qui affectent le fœtus, les tumeurs cérébrales ou accidents vasculaires cérébraux, une blessure au cerveau de l’enfant, une intoxication aux drogues ou les séquelles laissées par une infection du système nerveux.

Source : Site Internet d’Épilepsie Canada http://www.epilepsy.ca/fran/content/sheetFR.html

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Articles sur la Journée Lavande et Cassidy Mengan.

Cheminement du reportage sur Cassidy Mengan et la journée lavande

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Journée lavande pour l’épilepsie: Cassidy Megan

Journée lavande pour l’épilepsie: Cassidy Megan

Cassidy Megan aime les animaux et les fées, porte le foulard des Guides du Canada et l’uniforme des meneuses de claques de son école et apparaît, à l’occasion, dans des publicités et dans des films. Mais parfois, quand elle joue avec ses amies, la fillette enjouée et rieuse perd le fil de la conversation. Son regard se fixe, ses yeux se remplissent de larmes sans raison et lorsque les symptômes se dissipent, elle ne se souvient de rien.

Ariane Aubin   Dossier ÉpilepsieSanté

cassidy-journee-lavande-purple-day-epilepsie Comme elle l’a découvert il y a deux ans, Cassidy souffre d’une forme assez répandue d’épilepsie caractérisée par des crises dites «partielles complexes». Moins spectaculaires que les convulsions souvent associées à l’idée que la population se fait de l’épilepsie, les symptômes que présente la jeune fille de 10 ans n’en sont pas moins dérangeants. «Cassidy s’est déjà fait reprocher par une amie de ne pas l’écouter, de l’ignorer», se souvient Angela, la mère de la fillette. «En réalité, elle venait de subir une crise et ne se souvenait de rien. Elle ne comprenait pas pourquoi son amie lui en voulait!»

Lorsque le diagnostic est tombé, Cassidy a d’abord caché sa maladie à ses amis de peur qu’ils ne la traitent différemment. Mais après avoir éprouvé des symptômes en classe, elle a finalement accepté qu’un représentant de l’Association des épileptiques de Nouvelle-Écosse vienne parler à ses camarades – mais sans identifier Cassidy − des différents types d’épilepsie et surtout, de l’isolement créé par la maladie. L’initiative a connu un succès inattendu, raconte Angela. «Après la présentation, Cassidy nous a pris à part, l’animateur et moi, pour nous demander de révéler que c’était d’elle dont on parlait. Ses camarades ont merveilleusement réagi, avec beaucoup d’ouverture et de curiosité.» Comme elle le souhaitait, rien n’a changé pour Cassidy depuis mais elle sait maintenant que ses camarades de classe savent reconnaître les symptômes d’une crise d’épilepsie et qu’ils sont même en mesure de l’aider si elle est en danger.

Une journée couleur lavande

cassidy-megan-purple-day-epilepsie-journee-lavande L’histoire aurait pu se conclure sur cette réussite; elle a plutôt inspiré à Cassidy un projet qui lui permettrait d’aider d’autres épileptiques à accepter leur maladie et à en parler autour d’eux. «Je discutais avec ma mère, raconte timidement la fillette jointe à Halifax par téléphone. Je me suis dit que ça serait bien d’avoir un genre de campagne pour l’épilepsie, comme on en une a pour le cancer du sein, afin de faire connaître la maladie.»  Cette idée a donné naissance au Purple day, (Journée lavande en référence à la couleur officielle de l’épilepsie), une journée de célébration et d’information qui se tient le 26 mars dans les écoles, les hôpitaux et autres organismes participants.

Dès le départ, il n’était toutefois pas question pour la jeune fille de limiter les célébrations à son école. «Elle voulait que ça devienne une campagne mondiale, une sorte de rêve éveillé pour une si jeune fille», explique la présidente de l’Association de l’épilepsie en Nouvelle-Écosse, Deirdre Floyd, qui a rapidement décidé de prendre le pro-jet sous son aile. «Deirdre est elle-même épileptique, et elle a retrouvé la jeune fille qu’elle était en Cassidy», ajoute Aurore Therrien, d’Épilepsie Montréal Métropolitain. «Ce qui est formidable, c’est qu’elle a participé à toutes les étapes de l’organisation de l’événement.»

À la demande de Deirdre, c’est donc Cassidy qui a dessiné le logo de la Journée lavande: une planète Terre enveloppée d’un ruban lavande. C’est aussi elle qui a dicté les lettres envoyées aux différentes associations pour l’épilepsie un peu partout au Canada et aux États-Unis afin de solliciter leur participation. C’est elle encore qui a eu l’idée de créer une page Facebook pour la Journée lavande dans laquelle elle écrit des billets et de courts commentaires, ou encore de demander à des personnalités de porter des vêtements lavande en public le 26 mars. Une idée qui a porté ses fruits. Parmi ceux qui ont accepté de relever son «défi lavande» la première année, on retrouve Paul Shaffer, pianiste du Late Show de David Letterman, les députés du Parlement canadien à Ottawa… et les chutes du Niagara, qui ont été illuminées en violet pour souligner l’occasion.

purple-day-journee-lavande-epilepsie Après le succès qu’a connu le premier Purple Day, pas étonnant que la démarche de cette mignonne petite fille aux longs cheveux bruns et aux tâches de rousseur ait fait boule de neige hors du pays. En mars dernier, la fondation newyorkaise Anita-Kaufmann s’est jointe à l’initiative  en organisant un gala bénéfice auquel ont été conviés Cassidy et sa famille. Les photos prises à cette occasion montrent Cassidy, rayonnante dans sa jolie robe – lavande, bien entendu! – aux côtés du mannequin Jamie Paetz, de Paul Shaffer ou du Dr Alan Green, un médecin vulgarisateur bien connu aux États-Unis, tous venus soutenir la cause.

Touché par l’histoire de Cassidy, John Dunsworth, un des acteurs principaux de la série canadienne Trailer Park Boys, a aussi accepté de bon cœur de mettre la main à la pâte. «Nous voulions faire connaître le Purple Day, mais nous n’avions aucun budget publicitaire et je savais qu’il était proche de notre cause, alors je l’ai contacté» raconte Deirde Floyd. «Le tournage et le montage nous ont été offerts gratuitement et le résultat est magnifique», raconte Deirde Floyd.

Ce message publicitaire mettant en vedette Cassidy, conjugué au site Internet du Purple Day et à sa page Facebook, aura eu l’effet escompté: depuis mars dernier, des centaines d’internautes se sont engagés à organiser leur propre Journée lavande, au grand plaisir de Cassidy et Deirdre. Des ambassadeurs de chaque ville participante, invités personnellement par Cassidy, s’ajouteront aussi à l’organisation afin de promouvoir les festivités locales en 2010.

L’effet Cassidy

En juin dernier, Cassidy devenait la plus jeune récipiendaire du Premier’s Positive Change Award, un prix remis par le premier ministre néo-écossais, Rodney McDonald, aux citoyens dont les actions ont entraîné des changements concrets et positifs dans la société. L’association Epilepsie Toronto a aussi proposé sa candidature pour le Hope Award, remis chaque année aux Canadiens ayant le plus contribué à faire connaître l’épilepsie. Si elle avait eu 16 ans, la fillette aurait sans doute fait partie des candidats pour l’Ordre du mérite de la Nouvelle-Écosse.

De si grands honneurs enfleraient la tête de bien des adultes, mais Cassidy garde les pieds sur Terre: «Ce projet l’a aidé à améliorer son estime de soi, mais elle n’est pas devenue une enfant-vedette. Comme une fillette normale, elle va parler un peu du Purple Day, puis courir jouer avec ses amies… Elle ne se voit pas comme une héroïne: elle est seulement contente de se faire des amis de tous les âges et de les aider à se sentir mieux avec leur maladie», résume Deirdre Floyd.

Demain, nous aurons un reportage sur les signes symptomes et les signes avant-coureurs de l’épilepsie. Quoi faire lors d’une crise d’épilepsie?

Cheminement du reportage sur la Journée lavande pour l’épilepsie et Cassidy Megan.

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Journée lavande et l’épilepsie

Journée lavande et l’épilepsie

Nous sommes journalistes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. En toute occasion, il faut demeurer sensible à ce que l’on voit et entend. Danielle Simard nous démontre bien l’importance de cette vigilance qu’il faut développer et comment nous faisons notre métier.

Témoignage de Danielle Simard recueilli par Raymond Viger, Dossier Santé, Épilepsie.

purple-day-journee-lavande-epilepsie Lors d’une rencontre d’intervenants sur l’employabilité, le hasard réuni Danielle Simard ainsi qu’Aurore Therrien et Nicole Renaud du groupe Épilepsie Montréal. Plusieurs souvenirs remontent à la mémoire de Danielle.

Elle se souvient de Charles à l’école primaire. Dans une journée, il pouvait faire plusieurs crises d’épilepsie. Danielle se souvient du pupitre de Charles qui faisait «les 400 coups». Charles avait beaucoup d’absence et peu d’amis. Il faisait peur aux autres qui se moquaient régulièrement de lui et le laissaient de côté.

C’était une époque où l’on recommandait de placer une cuillère dans la bouche pour éviter que la personne en crise ne se morde la langue ou ne l’avale. Une croyance populaire à laquelle Danielle n’a jamais adhérée.

Ensuite, il y a eu le décès de la sœur de Danielle. Elle avait été placée en institution et elle est morte à la suite de crises d’épilepsie à répétition.

Le mari d’une amie faisait aussi des crises. Grâce à son traîtement, il pouvait les anticiper. Il avait même pris entente avec sa conjointe pour laisser venir une crise afin qu’elle puisse apprendre les techniques d’aide et de soutien. Une façon d’éviter de la prendre au dépourvu et de la traumatiser.

Mais le souvenir le plus douloureux de Danielle est celui de son amie Louise. Louise avait décidé qu’elle était guérie, qu’elle n’était plus affectée par l’épilepsie. Ce déni total de sa situation l’a conduit à abandonner la prise de médicaments. Quand Louise faisait une crise, elle prétendait qu’il s’agissait d’hyperventilation. Elle tentait alors de se calmer en respirant dans un sac de papier.

Danielle et la mère de Louise ont tenté de la convaincre de reprendre son traîtement. Peine perdue. Louise se retrouvait souvent à l’hôpital. Elle est morte à 21 ans, après 6 mois de mariage. L’autopsie a démontré que son cœur était épuisé, incapable de supporter le stress de toutes ces crises non contrôlées.

Beaucoup de gens dans l’entourage de Danielle ont vécu des crises d’épilepsie. Beaucoup trop. Certains en sont morts. Charles a subi des préjudices moraux, faute de connaissances et d’information sur cette maladie.

C’est pourquoi quand Nicole Renaud a parlé de la petite Cassidy Megan qui, à 11 ans, ne voulait plus qu’on la voit comme une sorcière et souhaitait provoquer un changement social important pour soutenir les personnes atteintes d’épilepsie, il fallait que nous affections une journaliste pour faire un reportage.

Nous vous présenterons demain le reportage sur la Journée lavande pour l’épilepsie et une entrevue avec Cassidy Megan.

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cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniers CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

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Forum Jeunesse France-Québec: Médaille de la ville Tonnerre

Forum Jeunesse France-Québec: Médaille de la ville Tonnerre

Pour souligner le passage de huit breakdancers, un graffiteur et trois journalistes dans la ville de Tonnerre, le maire André Fourcade a remis la médaille d’or de la ville de Tonnerre à Gabriel Alexandre Gosselin au nom du Café-Graffiti.

Raymond Viger   Dossiers Culture, Hip Hop, Graffiti, Forum Jeunesse France-Québec 2010

medaille_ville_de_tonnerre_franceQuestion d’immortaliser l’honneur reçue et de permettre à tous de pouvoir revenir regarder cette médaille, je vous en laisse une photo souvenir.

Le Forum Jeunesse France-Québec a été un grand succès pour la ville de Tonnerre. Les artistes se souviendront longtemps de l’expérience qu’ils y ont vécu.

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Histoire de français: Témoignage d’une tête carrée

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Histoire de français: Témoignage d’une tête carrée

Lorsque vous avez été isolé du monde par un long séjour en prison, vous cherchez des façons de vous reconnecter à la vie que vous avez laissée derrière vous. Cette soif d’appartenance peut prendre plusieurs formes. L’une d’elles implique un jeu télévisé que je regarde depuis mon adolescence.

Colin McGregor, prison de cowansville  Dossier Chroniques de prisonniers, Francophonieprison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-pen-tole

En grandissant dans l’enceinte d’une école où j’ai aussi été éduqué, à Westmount, je n’ai eu accès que très rarement à la langue de Molière telle qu’elle est parlée au Québec. L’école Selwyn House est aujourd’hui mieux connue pour ses professeurs que j’ai eus et qui étaient des pédophiles. On ne parle pas de la piètre qualité de son éducation.

Selwyn House

Des portraits de la Reine ornaient les murs des corridors et pas une syllabe de joual ne devait être entendue dans l’enceinte de ces couloirs marbrés. En effet, Selwyn House recrutait ses professeurs francophones partout sauf au Québec pour ne pas être contaminée par l’accent régional. Ainsi, ma classe a parlé une année un français marqué par l’accent du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre: «Bon-jurrr…». Puis, pendant deux ans, alors que notre professeur de français était une princesse russe, nous prononcions le subjonctif avec un chuintement guttural.

Plus tard, nous sommes tombés entre les mains d’un professeur venant de Lyon qui, dès son premier jour, nous a dit que dans la Rome antique, les esclaves faisaient office de professeurs pour les enfants fortunés et qu’il n’avait pas l’intention de s’abaisser à être traité comme un auxiliaire embauché pour servir une bande de gosses gâtés.

Des chiffres et des lettres

900588_21943998 Bientôt, nous nous sommes mis à parler comme de petits bouquinistes des bords de Seine en cravate rayée jaune et blanche. On nous a demandé d’éviter d’écouter les émissions télévisées dans lesquelles les gens du coin parlaient un mauvais français québécois populaire. Quand la télévision câblée nous a finalement relayé «Des chiffres et des lettres», on nous a toutefois dit qu’il était acceptable de la regarder. Ce que j’ai fait. J’ai participé au jeu dans ma tête, et j’ai constaté avec fierté qu’un ti-gars tête carrée comme moi pouvait égaler ou même surpasser les candidats en parvenant à extraire un mot français à la fois étrange et exotique des neufs lettres tirées au hasard et disposées sur une étagère étroite.

J’ai regardé cette émission longtemps après avoir quitté Selwyn House. Je la regardais l’été que j’ai passé en Champagne, envoyé là-bas pour renforcer mes adorables «r» roulés et échapper au péril que représentait le français de Robert Charlebois. Je l’ai regardée lorsque j’étais à McGill.

Au cours de mon emprisonnement à vie, voilà qu’apparaît sur le câble télévisé de la prison, courtoisie de TV5, ce que j’ai reconnu comme un souvenir de jours meilleurs et libres. Une chose à laquelle me raccrocher, une demi-heure pendant laquelle je pouvais faire ce que je faisais jadis, avant de devenir un numéro. Je la regarde aussi souvent que possible depuis la saleté et l’isolement de ma prison.
Chaque jour, les animateurs présentent deux «duels», des casse-têtes envoyés par des auditeurs. Un jour, j’ai envoyé mon propre casse-tête. J’ai écrit que j’étais un «condamné à vie» emprisonné dans un pénitencier canadien et que je regardais leur émission tous les jours.

Environ un mois plus tard, pendant le premier des deux duels du jour, un des juges de l’émission a fixé ses pieds, presque honteux : «Vous savez, il y a des gens dans les prisons qui nous regardent tous les jours. Des moins chanceux que nous.» La co-animatrice a esquissé un sourire charitable. «Oui, a-t-elle dit, C’est vraiment très triste. Nous pensons souvent à eux. Nous recevons souvent du courrier de détenus à travers le monde. On ne leur souhaite que le meilleur», a-t-elle ajouté en secouant la tête.

Je ne suis pas mort!

Ils avaient l’air attristés, comme s’ils venaient d’apprendre la mort d’un des leurs ou une tragédie semblable. Je me suis adressé au téléviseur, souhaitant presque attirer leur attention: «Mais je ne suis pas mort», ai-je dit. «Je suis juste ici et je vous regarde tous les jours.» Jamais mon isolement ne m’a paru aussi total.

Le lendemain, ils ont utilisé mon idée. Mon nom n’a pas été mentionné. Je regarde toujours l’émission les soirs de semaine, lorsque la journée de travail à l’usine de la prison est terminée. Je n’ai jamais envoyé d’autres suggestions. De nos jours, elles arrivent toutes par courriel de toute façon et les détenus n’ont pas accès à Internet.

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