L’industrie de la mort

L’industrie de la mort

Nous assistons à un débat farouche sur la légalisation de l’euthanasie. Mais avant de statuer, ne devrait-on pas essayer de comprendre pourquoi notre société se retrouve aujourd’hui devant ce dilemme ?

Alain Lampron     Dossier Suicideeuthanasie-suicide-assistee-industrie-mort

Ce débat soulève les passions à cause des différentes croyances impliquées et parce qu’un trop grand nombre de personnes meurent tous les jours dans l’absence de dignité. Nombre de gens ont des témoignages bouleversants à livrer. Des gens qui souhaitent que l’expérience qu’ils ont vécue à travers le décès d’un proche soit épargnée à d’autres et reconnue comme étant inacceptable.

Le dilemme se situe davantage au niveau de ceux qui n’ont pas la capacité de passer à l’acte. Ceux qui auraient pu prévoir des clauses bien spécifiques dans un «Mandat en cas d’inaptitude» ou un «Testament de vie» et qui ont négligé de le faire. Ceux qui auraient enregistré de telles clauses mais dépendent d’intervenants qui appliquent obstinément des principes ou règlements allant à l’encontre de leurs dernières volontés.

Langage à définir

Euthanasie-mort-assiste-suicide-aide-pour-mourir-suicide-passionnel Permettre la mort en laissant la nature faire son œuvre ne devrait pas être considéré comme de l’euthanasie. Il est essentiel de faire connaître au plus vite les définitions officielles de cette nouvelle terminologie, de sorte que tout le monde puisse enfin parler le même langage ! L’utilisation de termes tels que «suicide assisté», «meurtre par compassion» et «euthanasie» ne font qu’ajouter une confusion inutile à un débat suffisamment délicat en soi. J’ai l’impression que l’on associe faussement l’euthanasie à l’arrêt de procédures médicales qui maintiennent la vie artificiellement. La véritable euthanasie représente une procédure exceptionnelle. Alors comment se fait-il que les sondages démontrent un aussi grand désir de légaliser l’euthanasie ?

Zombis sous médicaments

Dans mon travail, je visite des centres pour des personnes souffrant, entre autre, d’Alzheimer, de Parkinson et de démence. Chaque épisode de lucidité menant à une expression d’agressivité, de révolte ou de tristesse est rapidement jugulé par une médication plus puissante.

Ces personnes n’ont plus rien de l’homme d’affaires, de l’épouse, de la grand-maman qu’ils étaient. Je ne peux qu’observer les allées et venues de véritables zombis confinés à un mouroir où ils seront maintenus en vie le plus longtemps possible. Le personnel a beau être dévoué, vivre plusieurs années dans de telles conditions n’est pas souhaitable: le droit à une mort naturelle n’y est pas respecté.

Priorité à la vie

Il devient de plus en plus rare de mourir «naturellement», soit de la perte de fonctions vitales qui accompagnent le vieillissement, d’un accident ou d’une maladie grave. Les avancées médicales, plus particulièrement celles réalisées par l’industrie pharmaceutique, permettent de prolonger le fonctionnement des organes vitaux, sans véritable égard à la qualité de vie. Il semble bien que la mission de préserver la vie, en apparence noble, a généralement priorité sur toute autre considération.

Un malade, même en phase terminale, devrait être consulté et donner son accord avant de recevoir un traitement. S’il en est incapable, cette responsabilité devrait revenir aux proches. Ça, c’est la théorie. En pratique, on vous place généralement devant le fait accompli, sans présenter d’alternative.

Il est extrêmement difficile d’exprimer une opinion divergente. J’ai pu le constater à plusieurs occasions. Alors, à moins d’une mort accidentelle ou d’une mort subite, il faut s’attendre à une longue agonie générant de grandes souffrances, à la fois pour le mourant et pour son entourage.

Autre texte sur l’euthanasie et le suicide assisté

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autres textes sur le  suicide:

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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8 Réponses

  1. Je crois que le pape avait tord sur un point dans son fameux message;

    Nous avons une culture de la *vie*. À tout prix. On sauve des prématurés par example, mais les séquelles ppourrait être vraiment hardcore, ca pourrait ne par être une vie pour l’enfant… L,acharnement thérapeutique est présent…

    Et, je dirait de facon provocante, peut-être en psychiatrie. Les gens qu’on sauve de dépressions vraiment totales – des dépressions due à une vie plus ou moins littéralement détruite, sans espoir, comme… Un pédophile reconu, pas maléfique de coeur mais incurrable…
    Ou un type de 50 ans, qui a un handicap important, l,empêche de faire ses dernières annés de travail, qui vit avec solitude…

    Si on le bourre de médicament, thérapie est tout…

    Philosophique, il/eux sont-ils vraiment heureux après? les gens sauvés du suicide, de la dépresion, il est à se poser la question; n,est pas des fois, certyains cas, un bonheur illusoire, factice? Le Maya des bouddhistes?

    Je suis pour le suicide assité. En fais, je suis pour le suicide tout cours, dans certains cas. Oui, des fois, la vie est fuckée, y,a plus rien à faire. Nous sacralisons la vie, mais la mort, comme en orient, est aussi sacrée.

    Et la religion n,est pas nécessairement contre le suicide assisté. Le bouddhisme par example veut nous aider àcombatre la soufrance de cettes Illusion. l’Hinduisme marche similairement, le Jainisme et le Taoisme peut-être.

    Cex religions permettraient que si la vie est vraiment intolérable, inhumaine, de partir.

    Même les religions du Livre. Si Dieu est amour, je doutte qu’Il en fais enrage si tu soufre quotidiemment de facons inhumaine, et qu’il n’y aura aucun changement possible, comme le gars dans « Jhonny A un Fusil » (la nouvelle et film qui a inspiré Metallica pour « One »).

  2. Il y a une phrase essentielle dans ce que tu dis: si tu souffres quotidiennement de façon inhumaine et qu’il n’y aura aucun changement possible.

    La notion d’aucun changement possible est importante. En tant qu’intervenant de crise auprès de personnes suicidaires, les gens qui vivent une rupture amoureuse arrivent dans un état suicidaire et très souffrant. Mais il y a possibilité de faire son deuil de cette relation amoureuse et de refaire sa vie.

    Tout comme toi, je suis contre l’acharnement thérapeutique. Mais quand il y a possibilité d’un changement, il faut tout faire pour soutenir la personne qui est dépressive ou sucidaire pour atteindre ce changement.

  3. Bien sur, j’insiste sur le désespé; des cas plus extrèmes. Mais je maintient qu’il y a des fois, des rares fois, où la vie t,a foutus dans un catch-22, et il n’y a PAS de vrai échapatoire…

    C,est beau de dire que les choses vont mieux aller, que la vie est belle, etc… mais… c,est pas toujours vrais. Des fois, on tombe de charabides en scylla, et la vie est une spirale descendantes.

    Et à quel prix, la vie, aussi? Être sauvé d’un accident pour finir comme le gars dans Johny a un fusil, c’est une vie?

    Et il y a encore la question philosophique derri;re le traitement de la dépression, médicament, etc – même quand la science avancera…

    Un bonheur trouvé dans la médication pour ‘vous aider’ est-il un vrai bonheur? N’est-ce pas mieux des fois, dans une certaine vue, de laisser à l’indiividu sa liberté, et prendre ca vie si c’est cà?

    Parce que dans la prévention du suicide, il y a des choses qui me mettent mal à l’aise… un certain guilt trip envers les suicidés, réuissis ou rattés, comme si c’étaient des lâches égoistes…

    Et puis,. il y a à ce demander si l’idéologie capitaliste (ou socialiste, aussi, peut-être) joue un rôle, en faisant du suicidé un lâcheur, et en poussant cette idée de ‘la vie à tout prix’; pour mieux produire, travailler,e tc…

    Je suis pour un DROIT AU SUICIDE peut-être, dans une optique un peu inspiré des libertaires, anarchistes, libertariens, etc…

    Notre vie nous appartient, moi et Dieu si j’y croit; persone me controle, et je la finirais dans des termes qui ne me laisserons pas dans les mains de quoi que ce soit.

    Se réaproprié nos vies, littéralement.

  4. Je garde un certain bémol sur ce droit au suicide ou encore s’approprier sa vie jusqu’a en décider de se suicider.

    La personne qui souffre temporairement, ne voit pas qu’elle peut s’en sortir. C’est pourquoi il devient important de l’aider et de la soutenir dans sa crise.

  5. Le problème est que des fois, les solutions sont pas aussi faciles qu’on le pense. Ou une illusion…

    Et ce bonheur regagné, est-il vrai, ou c’est du Brave Nouveau Monde, ‘J’aime Grande Frère’?

  6. Certains appellent cela les born again, ceux qui ont appris à vivre On peut toucher un bonheur qui est de qualité très supérieure à ce que l’on pouvait avoir avant.

  7. http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/Droit_au_suicide

    Des points intéressants; les campagnes anti-suicide tendent à oublier que survivre peut avoir un prix, et que le suicidaire peut au contraire être froidement rattionel, et que dans des cas très rares, il est des questions à ce poser…

  8. Merci Ubbergeek pour le lien. Un texte avec beaucoup de référence sur la question.

    Même dans ce texte, il est clairement dit: « si celle-ci est devenue irrémédiablement insupportable ». Le droit au suicide n’est pas quelque chose que l’on doit prendre à la légère. La souffrance dû à une rupture amoureuse n’est pas une souffrance irrémédiablement insupportable.

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