Vivre à 300 km/h par Nadine Lajoie

Vivre à 300 km/h par Nadine Lajoie

Planificateur financier, pianiste, auteur-compositeur-interprête et investisseur immobilier

Par Ariane Aubin    Dossier Dépression

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« J’ai été malheureuse les 25 premières années de ma vie. On me demandait si j’allais bien et je répondais toujours non. J’ai dit ça pendant un quart de Siècle… » Nadine Lajoie pèse ses mots en arpentant l’avant du gymnase d’une polyvalente de la Rive-Sud montréalaise, où elle a été invité à donner une conférence. En face d’elle, des pupitres autour desquels sont assis des dizaines d’adolescents, soudainement silencieux devant tant de gravité. Nadine Lajoie poursuit : « Mais aujourd’hui, j’ai une passion dévorante pour la moto et une vie superbe. Je suis planificateur financier, pianiste, auteur-compositeur-interprête et investisseur immobilier. Vous vous demandez comment je fais tout ça? Laissez-moi vous expliquer mon cheminement.»

À l’adolescence, la devise de Nadine Lajoie était: «À 25 ans, ça passe ou ça casse». Déprimée, amère, la jeune femme entrevoyait avec peu d’enthousiasme la vie conforme et ennuyante qu’on lui proposait. Métro, boulot, dodo avec ses enfants… Le cycle sans fin de la vie adulte n’était pas encore amorcé qu’il lui pesait déjà. Ce n’était pourtant pas faute de talents: volleyeuse de haut niveau, musicienne douée, étudiante modèle, Nadine avait en apparence tout pour être heureuse. C’est d’ailleurs ce que sa mère et ses amis lui disaient lorsque l’adolescente parlait de ses idées noires. «Mais voyons Nadine, tu as tous les talents, tu n’as aucune raison d’être déprimée. Nous avons tous nos moments sombres, mais ça passe toujours…». Mais pour Nadine Lajoie, la déprime ne «passait» pas.

Un soir de mai en 1995, quelques jours avant qu’elle ne fête son quart de siècle, Nadine a décidé d’en finir. «J’étais assise et je pleurais, je pleurais… À la télévision, il y avait Jeannette veut savoir, animée par Jeannette Bertrand. On y parlait justement du suicide. L’animatrice nous conseillait d’appeler au moins une personne avant de passer à l’acte. Quelques heures plus tard, en pleine nuit, j’ai appelé ma mère.» Pour la première fois, raconte la conférencière, sa mère n’a pas tenté de la raisonner ou de minimiser sa souffrance. Elle l’a écoutée, tout simplement. «Rappelez-vous qu’il y aura toujours quelqu’un pour vous écouter, que ce soit votre mère, un ami, un professeur», explique Nadine à ses jeunes auditeurs. «S’il y a une seule chose à retenir de cette conférence c’est bien celle-là: la vie vaut la peine d’être vécue, même si elle est loin d’être facile.»

De Lajoie des Finances à Nadine Racing

nadine-lajoie-course-motos-racing Si elle se permet maintenant de conseiller les autres, c’est que cette entrepreneure à succès – elle possède quatre entreprises, deux au Canada et deux aux États-Unis – sait de quoi elle parle. Arrivée à Montréal en 1995 après avoir quitté un emploi de secrétaire ennuyant et la belle région de Charlevoix, cette diplômée en actuariat a réussi, en moins de trois ans, à se bâtir une clientèle appréciable dans le domaine de la planification financière. Le tout sans famille ni contact en ville.

À force de travail acharné, Nadine a finalement réussi à créer une entreprise florissante, Lajoie des finances, qui ne lui demande presque plus de travail depuis qu’elle s’est trouvé un associé. Se la couler douce était pourtant hors de question pour cette boule d’énergie qui a profité de l’occasion pour réaliser un rêve qu’elle nourrissait depuis le début des années 2000. «J’ai toujours voulu une moto. Ma première, je ne l’ai eue qu’à 31 ans et, au début, je la conduisais sur la route. Après un an, j’étais déjà folle de vitesse et il était clair que j’étais faite pour la compétition.» En 2003, la motocycliste franchissait la ligne de départ d’une course de motos pour femmes organisée au Québec. Ce fut une révélation: pour sa première expérience, elle est parvenue à se hisser sur les marches du podium.

Quand elle a constaté que sa compagnie pouvait se passer d’elle pendant quelques mois, Nadine Lajoie n’a pas hésité. «J’avais une belle maison, une belle Mercedes. J’ai tout vendu en 2006 pour voyager seule pendant 4 mois en Winnebago dans le sud des États-Unis. Mes proches me disaient de ne pas le faire, que j’allais me faire violer ou arrêter par la police parce que je dormais dans des rues résidentielles.» Trois ans plus tard, Nadine sillonne toujours les routes états-uniennes, notant avec une précision chirurgicale chaque détail, chaque escale du trajet. Ses clients et ses amis peuvent ainsi suivre ses périples sur son site Internet.

Au fil de ses voyages, la jeune femme s’est bâti une solide réputation parmi les coureurs amateurs et elle est de plus en plus connue chez les adeptes de sports motorisés. En 2006, lors du Daytona Racing Week, l’un des événements le plus couru des motocyclistes américains, la belle blonde aux cheveux courts s’est classée troisième lors d’une course sur piste mouillée. Et ce, même si elle rivalisait avec une majorité d’hommes accompagnés de mécaniciens: elle se débrouillait seule pour changer ses pneus sous la pluie alors que ses concurrents étaient 4 ou 5 pour le faire.

Donnez au suivant

nadine-lajoie-auteur-compositeur-interprète Avant de donner des conférences pour les jeunes, Nadine Lajoie racontait son histoire autour de feux de camp, ici et là, lors de ses périples aux États-Unis. Chaque fois, ses interlocuteurs fascinés lui recommandaient de transmettre ce message d’espoir et de persévérance à ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes. L’idée a fait son chemin et elle s’est finalement lancée.

À sa grande surprise, les obstacles se sont toutefois avérés nombreux et le réseau scolaire difficile à intégrer. Pour une femme habituée à foncer et à obtenir des résultats rapides, la situation était décourageante. «Je n’arrive pas à y croire… Je veux aider, parler de mon expérience, de prévention du suicide et on ne me laisse pas le faire. Ça fait 2 ans et demi que je planche sur le projet et ça commence tout juste à se débloquer.» Les quelques conférences déjà données dans le cadre du cours Éthique et culture religieuse ont pourtant eu des effets très positifs sur les jeunes. Nadine s’émeut encore des commentaires recueillis après sa dernière présentation: «Je n’aurais jamais pensé que mes paroles aient un tel impact sur eux, c’est tellement satisfaisant.»

Beaucoup de bon sens, d’émotions sincères et surtout les chansons qu’elle interprète à la guitare font de Nadine Lajoie une conférencière particulière. Pianiste, guitariste et auteur-compositeur-interprète n’ayant jamais percé, Nadine a trouvé le terrain parfait pour exploiter ses talents musicaux. Lors de ses formations, on lui avait pourtant déconseillé de mêler musique et conférences, sous prétexte que spectacle et contenu ne faisaient pas bon ménage. «Mais je ne fais jamais rien comme les autres, alors je l’ai fait quand même. C’est avec la chanson que tu vas toucher l’âme, le cœur des gens. Je le vois dans les commentaires, les jeunes me demandent de chanter plus souvent.»

Son dernier projet: éduquer les jeunes aux saines finances à l’aide d’un jeu de société, Cashflow. Une mission qui s’inscrit parfaitement dans la volonté qu’a Nadine de donner autant qu’elle a reçu. «Les finances et l’amour sont les deux domaines sur lesquels les jeunes sont les moins informés. Comme par hasard, ce sont aussi ceux qui causent le plus d’insatisfaction. Si je peux aider quelqu’un à être plus armé face à la vie, j’aurai réussi quelque chose d’important. C’est une grande chance que j’ai!»

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Site Internet de Nadine Lajoie.

Photos: Jeepy Photos

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Jeune fugueuse recherchée

Jeune fugueuse recherchée

Refaire sa vie à l’étranger n’est jamais facile. Mais si la transition s’est avérée difficile pour Paula, qui a quitté la Roumanie pour s’installer à Laval en 2005, elle l’a été davantage pour sa fille de 15 ans disparue depuis le 16 septembre dernier d’un centre jeunesse. Paula a accepté de partager son histoire dans l’espoir de retrouver sa fille au plus vite et d’aider d’autres parents qui pourraient un jour se retrouver dans la même situation.

Propos recueillis par Ariane Aubin

Quand ma fille est arrivée au Québec, je l’ai inscrite à l’école publique. Elle était bonne à l’école et donc subissait parfois des gestes d’intimidation parce qu’elle travaillait trop fort. On la traitait souvent nerd, on se moquait un peu de son accent et de son style. Comme j’étudiais moi aussi puisque mon diplôme  d’ingénieure obtenu en Roumanie n’était pas valide ici, je n’avais pas beaucoup de temps pour elle. Malgré tout, elle a bien fonctionné au début. Les problèmes ont commencé lorsqu’elle a essayé de se faire des amies, les siennes étant toutes restées en Roumanie. Elle imitait les comportements néfastes de jeunes filles autour d’elle ce qui lui a causé beaucoup de détresse psychologique.

Le début du secondaire a été difficile. Elle n’arrivait pas à s’adapter à ce système déstabilisant. Sans raison, elle a commencé en octobre 2007 de souffrir d’insomnie grave. Elle dormait seulement 3h par nuit et perdait son pouvoir de concentration. Rendu au mois de décembre, elle n’était plus du tout capable de se concentrer, alors j’ai demandé à la psychopédagogue de l’école de me recommander un hôpital où elle pourrait recevoir de l’aide. C’est là que nos problèmes ont commencé, parce qu’à l’hôpital on disait à ma fille qu’elle était en très bonne santé, alors qu’elle fonctionnait de moins en moins. On lui a même dit qu’il s’agissait d’un conflit entre elle et moi parce que nous avions des points de vue différents.

Il faut dire que son comportement s’est beaucoup dégradé lorsqu’elle a eu 14 ans, une travailleuse sociale a dit à ma fille qu’elle était libre de ses choix même si cela ne plaisait pas à ses parents. Ça a été difficile pour moi de l’accepter. Je suis convaincue que ce n’était pas de la mauvaise foi de la part de la travailleuse sociale, mais une méconnaissance de notre culture. Nous sommes beaucoup plus rigides et nous sommes aussi très croyants.

À l’école, ça allait de mal en pis. Ma fille a été à plusieurs reprises impertinente envers la direction, qui finalement a décidé de la transférer dans une école alternative, en février 2008. C’est selon moi ce qui a déclenché sa chute en centre jeunesse. Je n’ai appris que plus tard qu’on n’a pas le droit de faire déménager un enfant d’école parce qu’il a un trouble de comportement s’il n’est pas violent, ce qui n’était pas le cas de ma fille.

Dans sa nouvelle école, ma fille a fait la rencontre de jeunes associés aux gangs de rue. Elle est tombée amoureuse de l’un d’entre eux, mais ça s’est mal terminé. Finalement, une amie de son ancienne école a parlé à une psychopédagogue, qui a alerté la DPJ. Ma fille a alors été placée en centre jeunesse pour une période indéterminée.

Un cadre mal adapté

La plus grande difficulté en centre jeunesse était d’obtenir un soutien médical adéquat. L’ordonnance du juge précisait pourtant qu’elle devait être médicamentée et suivie par un psychologue. Malgré le professionnalisme du personnel, je pense qu’il y avait un manque de coordination crucial.

Nous avons aussi eu de la difficulté à nous entendre avec l’hôpital où était inscrite ma fille. Dans notre culture, les médecins sont respectés, mais ils doivent nous donner l’heure juste. Jamais on n’a pu dire ce qu’elle avait: on persistait à lui dire que tout allait bien, pour le moment du moins. Ma fille n’a jamais été clairement dirigée vers une certaine hygiène de vie, on ne lui a pas donné de plan de traitement et ça la rendait encore plus confuse. Après un an et demi nous n’avons pas un seul papier qui nous dise ce dont elle souffre.

J’ai fêté le Nouvel an 2009 avec ma fille, à la maison. À un certain moment, elle se sentait triste et s’est isolée dans sa chambre. Quand elle est retournée en centre, j’y ai trouvé une lettre très triste, qui parlait de rejet de d’atteindre sa destination finale. J’ai alerté le centre et l’hôpital, qui ont organisé une rencontre entre elle et un psychiatre le 26 février. Ma fille est allée à la rencontre même si elle ne voulait plus les voir et a disparu juste après. Elle n’est revenue que le 26 mars.

On nous a convoquées pour la seconde fois à la cour des centres jeunesse le six mai et c’est seulement à ce moment-là que le juge a accepté que nous demandions un second avis médical. Il a précisé qu’elle devait toutefois continuer à recevoir un suivi médical en attendant qu’elle ne soit prise en charge par un autre hôpital, en septembre 2009. Et malgré cette précision, dès qu’il a été question de changer de centre hospitalier, l’équipe qui la traitait a déclaré qu’elle ne s’occuperait plus de son cas. Une intervenante du centre nous a rassurées en promettant que ma fille pourrait voir un psychologue du centre et suivre des formations particulières, par exemple une qui traiterait de l’estime de soi. Ils étaient supposés offrir ce cours en mai, mais il a finalement dû attendre en août. Et après deux cours, la formation a été abandonnée, faute de ressources. Donc pendant ce temps elle restait sans assistance psychologique ou psychiatrique, même si elle me disait souvent qu’elle n’était pas heureuse.

Je suis convaincue que les intervenants des centres jeunesse font de leur mieux, mais ce n’est pas le milieu idéal pour quelqu’un de fragile. Par exemple, sa chambre au centre faisait peut-être 1,80 mètre par 1,30 mètre, sans fenêtre. Elle se sentait comme en prison.

La goutte qui a fait déborder le vase était la réunion que nous avons eue ma fille et moi avec les intervenants de la DPJ et du centre le 11 septembre dernier. Depuis janvier, j’avais réalisé que le centre jeunesse avait beaucoup aidé à l’arrêter quand elle était en chute libre, mais qu’il ne convenait plus à sa condition. Elle voulait à tout prix se lier d’amitié avec les filles qu’elle côtoyait et semblait prête à tout pour se faire accepter d’elles. Son père croyait qu’elle devait demeurer malgré tout au centre, tant et aussi longtemps qu’elle ne serait pas rétablie. Mais il a changé d’avis au mois d’août et a accepté que je demande son retour à la maison lors de la réunion du 11 septembre.

Ma fille avait manifesté beaucoup de détresse dans les dernières trois semaines précédant cette rencontre. Et deux semaines avant le 11 septembre, trois filles de son groupe se sont enfuies. Les éducatrices du centre m’ont informée du fait que ces filles lui avaient demandé de fuir avec elles. Mais elle avait refusé à l’époque parce qu’elle savait que nous voulions la ramener à la maison.

Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu. À la réunion, les intervenants ont évoqué plusieurs raisons en grande partie justifiées pour lesquelles elle ne pouvait sortir tout de suite du centre. Cette décision a été un choc pour ma fille, d’autant plus qu’on ne pouvait lui dire quand elle pourrait espérer retourner à la maison. Le lendemain, elle s’est enfuie, laissant derrière elle une lettre où elle parle de danseuses, une fille qui voulait être bien mais est tombée dans un bar dont elle voulait partir.

Depuis, je n’ai pas de nouvelles d’elle et la seule trace que nous avions ne nous a pas fourni plus d’indices. Le grand danger dans tout ça c’est qu’elle est très fragile.

Des centres jeunesses plus sensibles aux troubles psychiatriques

J’ai rencontré plusieurs personnes extraordinaires au centre jeunesse où elle a été placée. Mais il y a place à l’amélioration. J’aurais espéré dans un premier temps que le programme offert soit plus adapté à chaque problématique et plus compréhensif. Par exemple, pendant l’été, ma fille et les autres jeunes n’ont accès à aucune colonie de vacances. Ils se sont ennuyés royalement!

Je m’attendais aussi à ce que le centre prenne le volet médical au sérieux, mais ça n’a pas été le cas. Et s’il se veut un modèle pour les jeunes, il devrait respecter les échéanciers fixés, c’est très important. Nous avons aussi eu plusieurs problèmes de communication à cause de notre différence culturelle. Par exemple, lorsqu’elle revenait à la maison, on lui donnait des poignées de préservatifs comme ça, tout simplement. Je sais qu’au Québec on est beaucoup plus ouverts à ce genre de chose. Mais en Roumanie, on n’offre jamais des trucs comme ça sans discuter avec le jeune, sans lui dire que l’amour se fait en conjonction avec un partenariat de longue durée, avec le mariage. Ce n’est pas par mauvaise intention, mais ça nuit beaucoup.

En dernier lieu, je crois que les centres jeunesse ne devraient surtout pas créer de fossé entre les parents et leurs enfants. L’idéal serait de déléguer des tâches aux parents. Je crois que la présence du parent au centre est nécessaire. Il doit participer à des activités, rester là-bas pendant une journée, accompagner son enfant et comme ça, la transition vers le retour à la maison est plus douce. Dans notre cas, ce qui s’est passé c’est qu’ils lui ont dit: « Si tu ne veux pas retourner chez ta mère, à 18 ans tu auras droit à un appartement ». Encore une fois, s’ils avaient tenu compte de notre différence culturelle, ils auraient agi différemment. Parce qu’en Roumanie, on ne quitte pas ses parents sans s’être mariés, c’est une question de croyances.

Messages pour ma fille

Paula nous a demandé de diffuser les messages suivants, au cas où ils parviendraient aux oreilles de sa fille.

Je t’aime, ta place est chez nous. Tu dois revenir vers une vie dans la lumière et vers un vrai amour. Je ne te juge pas et ton ami est le bienvenu. Si tu crois en Dieu, reviens chez toi.

Natascha et Peter sont venus à Montréal pour te voir. Ils te font dire qu’ils t »aiment et auraient voulu te parler avant de quitter, samedi dernier. Lynda est venue aussi, juste pour te voir. Elle te fait dire qu’elle est là pour toi et qu’elle a vécu des difficultés aussi. Elle promet d’être discrète si tu lui donnes des nouvelles, mais elle te demande d’appeler au moins, juste pour dire que tout va bien. Elle fait dire que le bébé a été baptisé dimanche et qu’elle aurait voulu que tu y sois. Ton père, finalement, te fait dire ceci: «I’m worried about you, you should come home.»

Mise à jour (13 octobre 2009) : elle a été retrouvée

D’autres enfants manquent toutefois toujours à l’appel au Québec

Consultez leurs fiches sur le site d’ Enfant-Retour Québec et n’hésitez pas à contacter l’organisme si vous avez la moindre information!

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Régime et chirurgie esthétique: le corps parfait?

Régime et chirurgie esthétique: le corps parfait?

Lisa Melia DOSSIER SANTE

Le 7 mai, c’est la journée sans diète, écrit Raymond sur le blogue du rédacteur. Ah bon ? Il y a une journée internationale contre les régimes ?! Une actualité qui me donne à réfléchir. Depuis que je suis au Québec, la question du corps (en particulier celui de la femme) me paraît presque omniprésente. Je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison avec l’Europe et la France.

Pression de la société

D’après un article du journal Le Monde, les français sont parmi les plus minces d’Europe. Ce sont pourtant ceux qui sont les plus insatisfaits de leurs corps: «les Françaises, dont la corpulence est la plus faible de toute l’Europe, se voient plus grosses qu’elles ne le sont» affirme une enquête de l’Institut National d’études démographiques français. C’est quelque chose que je crois volontiers. La pression sur le physique me semble plus importante en France qu’en Allemagne ou au Québec, les deux pays dans lesquels j’ai séjourné cette année, ce qui est un obstacle de plus pour «les grandes tailles», comme on les appelle, qui ont du mal à s’accepter et à s’intégrer. Cette pression peut, dans certains cas, devenir une véritable violence psychologique.

Pression des médias

En Amérique du Nord, la pression existe aussi, mais elle me semble différente. Plus que les amis, la famille ou encore les collègues, ce sont les médias qui véhiculent le message que pour être quelqu’un de bien, il faut être quelqu’un de mince. Dans un exemplaire du magazine Elle, il y avait une publicité montrant le corps nu et svelte d’une femme. J’aurais cru à une publicité pour un produit amincissant, si je n’avais pas vu le slogan: «Chirurgie esthétique. L’été approche, c’est le temps d’y penser.» Je ne lis pas souvent de magazines féminins en Europe, j’ignore donc si on peut y voir le même genre de publicité. Cependant, qu’un périodique, qui plus est Elle, qui a une large audience, montre une réclame qui propose la chirurgie esthétique comme une solution facile et anodine pour avoir un corps «socialement correct», ça me choque. Ma colocataire m’a également fait découvrir une émission américaine qui a beaucoup de succès au Etats-Unis: The biggest loser. Dans cette émission de télé-réalité, une vingtaine de personnes obèses se réunissent dans un ranch et doivent perdent le plus de poids possible, entraînés par des coach sportifs, consacrant à la fin le plus gros perdant (de kilos).

Régimes miracles

Revenons donc à notre journée sans régime. Comme Raymond le souligne dans son billet, les régimes, et en particuliers les régimes «yo-yo» sont dangereux pour la santé. Ils peuvent facilement mener à des troubles alimentaires, dont les plus connus, la boulimie ou l’anorexie. Basculer dans l’une de ces maladies est nettement plus facile que ce que la plupart des jeunes filles croient. J’ai eu une amie malade qui banalisait ses comportements en refusant d’associer ses vomissements à des tendances boulimiques. Elle s’en est sortie toute seule, mais combien sont piégées dans une spirale descendante ? Un régime ne peut être utile et bénéfique pour le corps que s’il est supervisé par un diététicien. Pourtant, aujourd’hui, les pressions pour un corps mince (pour les femmes) et musclé (pour les hommes) sont partout, et les «solutions» (ou proclamées comme telles) ne sont pas loin. A l’approche de l’été, chaque magazine propose la cure miracle, plébiscitée par une célébrité quelconque, les plus populaires promettant de maigrir sans se priver. Naturellement, rien ne marche vraiment, mais le corps se souvient de ce qu’on lui fait subir et la culpabilité des kilos en trop est toujours présente.

Fait amusant: une étude britannique a révélé qu’une personne grosse pouvait être en meilleure santé qu’une personne mince! D’après les chercheurs, c’est la graisse “viscérale”, celle qui se fixe sur les organes, qui a un impact sur la santé. Pour prévenir ce type de graisse, il faut pratiquer une activité sportive. Ainsi, les sumos sont en meilleurs santé qu’une partie des personnes minces qui ne pratiquent aucune activité physique. Finalement, c’est ce qu’on a à l’intérieur qui compte. Qui l’eût cru ?!

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Suicide des jeunes

Suicide des jeunes

Dominic Desmarais    DOSSIERS SuicideSanté mentale ET REFLET DE SOCIETE

Le nombre de suicides a légèrement diminué au Québec l’an dernier. Derrière cette bonne nouvelle se cache toutefois la réalité des 1 091 personnes qui sont passées à l’acte, de ceux qui ont tenté de s’enlever la vie et de ceux qui y pensent. Adolescents, adultes et personnes âgées, ce mal de l’âme n’a pas d’âge. Pour le contrer, les approches sont différentes. Reflet de Société s’est penché sur une façon de prévenir le suicide chez les jeunes.

Au Canada et au sein des pays industrialisés, le Québec fait figure d’enfant récalcitrant dans la lutte contre le suicide. Ce problème de société ne fait pas souvent l’objet de débats. On en parle peu. Trop peu, au goût de Claude Poirier, pas le célèbre chroniqueur judiciaire, mais le président et fondateur de Réseau Ado, un organisme qui s’implique dans la prévention du suicide en visitant des écoles secondaires de la province. «Il y a deux écoles de pensée, précise M. Poirier: ne pas en parler pour ne pas donner des idées à ceux qui seraient tentés de mettre fin à leurs jours, ou en parler pour que ceux qui vivent avec des idées suicidaires puissent s’exprimer. Je suis de la deuxième école, mais au niveau des professionnels et des institutions, le suicide est un sujet tabou.»

ado7 Claude Poirier travaille depuis 50 ans pour l’entreprise familiale de salons funéraires Magnus Poirier. Il rencontre constamment des gens touchés par le suicide. «Qui ne connaît quelqu’un ayant vécu une dépression ou fait une tentative de suicide?» demande-t-il avec sérieux. Depuis 1997, M. Poirier et le Mouvement Richelieu s’investissent dans la prévention du suicide chez les jeunes. Dans un élan passionné, il parle des tendances suicidaires chez les adolescents. «Pourquoi ont-ils ces idées? Pourquoi n’en parlent-ils pas? Des recherches menées par un psychologue et un psychiatre auprès de jeunes ont démontré qu’ils étaient plus à l’aise de s’en ouvrir à des gens de leur âge.»

De là est né Réseau Ado. Des jeunes adultes, étudiants en travail social, en psychologie ou en animation culturelle, s’intègrent, le temps d’un cours, dans la vie d’élèves de troisième secondaire pour les faire parler du stress qu’ils vivent. Ils sont deux animateurs pour une quinzaine d’élèves. Pas de professeur, de psychologue ou de directeur. Que des jeunes qui discutent entre eux.

Santé mentale

L’approche des animateurs est axée sur la bonne santé mentale. Le but est d’encourager les élèves à discuter.

Sous forme de jeu, les animateurs de Réseau Ado créent avec les jeunes une définition de la santé mentale. «On demande aux élèves ce qui fait que, certains jours, notre santé mentale ne va pas bien. Le stress sort très souvent. On les aide à le verbaliser et à prendre des moyens pour le régler ou le diminuer. Le stress est abordé par rapport à la définition qu’ils en font, par des sujets qui viennent d’eux. On n’abordera pas le suicide nous-mêmes, il n’y pas de priorité sur cette question. Si l’un d’entre eux en parle trop ouvertement, il sera rencontré après, en post-groupe, pour qu’il ne monopolise pas toute l’attention», explique Patrick Chaput, le coordonateur de l’équipe.

Stress à cause de la famille

Les problèmes familiaux sont régulièrement mentionnés comme principale source de stress. Ce sont les différends entre les parents qui affectent le plus les jeunes. Pour Claude Poirier, les plus à risque sont les jeunes inscrits dans les programmes internationaux. «Ils se mettent de la pression pour leurs notes scolaires. Ils en reçoivent de leurs parents et de leurs professeurs, qui veulent les voir réussir. Certains, en raison de leur réussite scolaire, sont au-dessus de tout soupçon. On les laisse circuler librement dans l’école. Alors, les pushers passent par eux pour entrer la drogue en douce dans l’école. S’ensuit l’intimidation et la menace de dénonciation. Là, ils sont pris avec un gros problème qu’ils n’osent confier à personne.»

C’est là l’objectif de Réseau Ado: découvrir les jeunes aux prises avec des problèmes et les diriger vers les ressources d’aide offertes par la polyvalente. Les élèves se confient plus facilement aux animateurs, des jeunes à leur image. «C’est cool parce que je ne cadre pas dans un rôle de professionnel. Je peux parler aux jeunes comme un jeune. Pour nous, les animateurs, c’est libérateur. Et le jeune le sent, dit Rachel, 20 ans, qui aspire à devenir médecin. Moi, le secondaire 3, c’est pas loin. Je me souviens comment j’étais. Ça me replonge dans mes souvenirs. Même moi, en secondaire 3, je ne savais pas qu’il y avait des ressources pour m’aider. Je n’ai jamais pensé y aller.»

Repérer les jeunes à risque: prévenir le suicide

La rencontre permet aux animateurs de présenter l’intervenant de l’école et de faire le pont entre l’élève et les ressources pouvant l’aider. Les élèves brisent leurs préjugés envers les psychologues. Au grand plaisir de l’équipe de Réseau Ado, ce que les jeunes retiennent le plus de leur visite, c’est comment aider un ami qui aurait des problèmes. Les animateurs font ainsi des petits en multipliant le nombre de jeunes pouvant établir un pont entre élèves et ressources.

Si l’animation de Réseau Ado permet de parler de certains problèmes, c’est le questionnaire rempli pendant la rencontre qui cible les cas plus lourds. Une des questions s’articule ainsi: «t’es-tu déjà senti mal au point de vouloir mourir?» Si un jeune répond par l’affirmative, il est systématiquement rencontré après la discussion de groupe. Les animateurs demandent à l’étudiant à quel moment il a ressenti l’envie de mourir et s’il a des idées concrètes pour mettre son projet à exécution.

«Le jeune va être référé s’il démontre une certaine planification. S’il n’a pas un niveau de dangerosité élevé, on va seulement faire le suivi avec l’intervenant de l’école pour le mettre au courant. On ne cherche pas les solutions ou les raisons, mais plutôt cibler la problématique, pour ensuite référer l’élève. En deux à cinq minutes, le problème peut facilement être cerné. Ce n’est pas une intervention. On veut éviter de faire répéter le jeune deux fois», dit le coordonateur de l’organisme, qui précise que tous les animateurs ont reçu de Suicide Action Montréal une formation avancée, créée sur mesure pour leurs rencontres post-groupe afin de détecter les signes, le vocabulaire et le niveau de dangerosité des jeunes, afin de mieux prévenir le suicide.

Travail avec les psychologues

L’équipe de Réseau Ado n’offre pas de services pouvant remplacer ceux d’un psychologue. Les animateurs sont formés pour détecter les cas problématiques et les référer. Pour éviter d’être aux prises avec des problèmes qui dépassent les capacités de ses jeunes employés, l’organisme s’assure de créer un filet de sécurité pour chaque établissement visité. Le filet de sécurité, ce sont toutes les ressources qui s’appuient entre elles pour intervenir.

Le premier maillon, c’est l’intervenant de l’école. «S’il est absent, on ne rencontre pas de groupe, car il doit toujours y avoir quelqu’un – travailleur social, psychologue ou autre professionnel de la santé», explique Patrick Chaput. Ce filet permet de mieux mobiliser la communauté. «L’accord du directeur de l’école et du conseil d’établissement, quand c’est possible, est recherché. On veut que le programme soit accepté et compris de la même façon par tout le monde», poursuit-il. Le CLSC, et parfois même la police, sont intégrés à la démarche.

Le problème du suicide chez les jeunes demande une mobilisation générale de la communauté, un filet de sécurité élargi. Redonner le goût de vivre à ces adolescents pourrait peut-être servir à conscientiser les adultes de tous âges à leur bonne santé mentale.

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 30-31

Le site de Réseau Ado

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le Suicide:

Suicide d’un ami

Processus suicidaire

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Suicide des personnes âgées: une tentative pour ne plus souffrir

Intervenir sans faire une dépression

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Le suicide au Cégep

Le suicide dans les prisons françaises

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Ensemble pour vaincre le suicide

Quand le Casino mène au pont Jacques-Cartier

Guide d’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire

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guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Drogue et décrochage

Drogue et décrochage

Thomas………DOSSIERS DécrochageAlcool et drogue, ET Toxicomanie

«La vie, c’est de la marde!» Voilà ce que je pense et c’est contre cette pensée que je dois lutter tous les jours. Lutter contre le découragement, lutter contre le sentiment d’impuissance qui m’envahit et lutter contre le désir de m’en évader en fumant un joint.

Déjà tout jeune, au début du primaire, c’était pas le fun! J’étais pas comme les autres. Je portais des appareils auditifs et je ne savais pas me défendre. Mauvaise combinaison! Je suis plutôt du genre émotif et sensible et non pas gros bras! Je me faisais «écœurer» tous les jours et je revenais de l’école en pleurant. J’ai donc pris très jeune l’école en grippe et je n’ai pas réussi à me faire d’amis. Quand on est un  loser, on n’est pas très populaire! J’ai perdu rapidement toute confiance en moi.

p.22-23le_trip_d'un_rejetillustration.jpg C’est sûr que ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Je dérangeais tout le temps, je faisais le clown pour attirer l’attention et me faire aimer. Mes résultats scolaires se sont rapidement détériorés et j’ai acquis une réputation de trouble-fête. J’ai doublé ma quatrième année et, au secondaire, on m’a envoyé dans une école spécialisée pour les têtes fortes… ce que je n’étais pas en réalité… Mais j’étais complètement désintéressé et isolé parmi le millier d’étudiants de la polyvalente. Je ne savais pas comment me faire des amis, comment être aimé, en fait. La terrible solitude!

Drogue: les premières fois

Je décroche finalement à 16 ans. Je me trouve quelques petits boulots comme plongeur dans les restos du coin. Pas le fun, mais bon, ça me donne un peu d’argent. La vie est plate et je commence à fumer un joint à 17 ans avec une gang de chums. Enfin, j’avais des chums! Et, en plus, j’ai aimé le buzz. Alors j’ai continué… continué jusqu’à n’avoir plus d’intérêt pour rien d’autre. J’ai perdu ma job et ma mère m’a mis dehors. Je suis allé vivre dans une tente pour l’été… La bohème: on est bien, j’ai des chums, la vie est belle!

J’ai vivoté ainsi durant 12 ans. J’ai essayé un peu de tout: mari, pot, hash, mushroom, buvard, mescaline, ecstasy, speed… mais je n’ai pas touché à la coke ou à l’héroïne: j’avais trop peur d’aimer ça! J’ai dealé de la drogue. C’était valorisant. Enfin, j’étais respecté par les autres, et en plus, je fumais gratos. J’ai arrêté par peur de la prison. Toujours seul, toujours drogué, toujours cassé, toujours déprimé et dépressif.

J’ai eu plusieurs blondes, mais c’était pas facile de vivre avec un gars comme moi. Ou elles étaient des toutes «croches», ou elles étaient trop bien pour m’endurer. Un vrai cercle vicieux. Je vous le dis, une vie de merde! C’est pas comme ça que je veux vivre!

Désintox

Il y a quatre ans, je suis finalement allé en désintox au Centre Dollard-Cormier, à Montréal. Suffit d’appeler directement pour avoir de l’aide, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de se décider à y aller et ensuite de continuer à ne pas consommer. J’ai rechuté. J’ai repris du pot, mais plus jamais de chimique. C’est moins dur pour ma santé, mais ça n’arrange pas ma vie. Quand je fume, ça prend toute la place, c’est ma priorité. Je ne pense plus, je ne mange plus, je n’ai pas confiance en moi, ça me rend paresseux, tout le reste est plate!

final del tunel copie Alors, depuis deux ans, j’ai cessé graduellement de consommer. Je veux arriver à quelque chose dans ma vie. Le trip de jeunesse a duré longtemps mais c’est assez! Cependant, ma vie ne s’est pas arrangée pour autant. Je dois lutter tous les jours contre le découragement.

Mon pattern, c’est de dire que tout est plate. Mais je sais maintenant que c’est à moi de passer par-dessus cette pensée et de m’arranger pour que ma vie soit intéressante. C’est dur, c’est un effort de tous les instants. Il me faut découvrir qui je suis, ce que j’aime et ce que je veux vraiment. Réinventer ma vie. Vivre straight, sans faux-fuyants et sans artifice. Renouer avec les autres et avec moi. Je m’étais coupé de tous contacts humains durant 12 ans, pour me protéger, j’imagine.

Ecole de la deuxième chance

Mes petites victoires au jour le jour me motivent. J’ai débuté l’an dernier un AEC (attestation d’études collégiales). C’est un programme réservé aux décrocheurs. J’ai été accepté sans avoir terminé mon secondaire 5, sur la base de mes expériences. Le programme couvre les cours techniques nécessaires à l’obtention du diplôme et dure seulement un an.

Comme c’est du plein temps, j’ai réussi à obtenir les prêts et bourses et ma mère me fournit chaque mois une petite pension. Je peux ainsi consacrer tout mon temps aux études. C’est pas facile. Il y a des cours techniques très compliqués que je n’ai pas réussis. Mais je ne me décourage pas. Je vais les reprendre et je vais obtenir mon diplôme.

Je suis toujours seul, mais je sais maintenant pourquoi, et je prends ma vie en main. C’est un effort de tous les jours, mais je vois aussi, au loin, le bout du tunnel!

VOS COMMENTAIRES SUR DROGUE ET DÉCROCHAGE

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CAP libre: éducation alternative pour jeunes décrocheurs

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Toxicomanie: témoignage d’un jeune

Témoignage d’un jeune consommateur.

Les écoles, la drogue et le sexe.

Illustrations Renart L’Éveillé.

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apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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VOS COMMENTAIRES SUR DROGUE ET DÉCROCHAGE

Réaction des jeunes de Longueuil

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Réaction des jeunes de Longueuil

 Dossier Prostitution et Suicide Les élèves de l’école secondaire Gérald-Filion, située à Longueuil, ont lu l’édition de septembre 2008 de Reflet de Société (Vol.16, no.6). Invités à commenter le contenu des articles, les adolescents nous font part ici de leurs réactions et de leurs réflexions.

parole aux jeunes sur sexualité sexe éducation sexuelle 

Réactions au texte «À Benjamin mon fils», de Guillaume Lemire.

Un père écrit à son fils dans la plus grande sincérité. Reconnaissant les erreurs commises de sa part dans le passé et se remémorant les moments de tendresse en famille, Guillaume Lemire cherche à communiquer avec son fils Benjamin qui, selon toute vraisemblance, s’est éloigné de son père.

Commentaires des jeunes

Votre histoire est touchante. J’ai appris quelques détails à propos de mon père et moi. Si un père ou une mère se fâche, les enfants vont penser tout de suite que leurs parents ne les aiment pas, mais ce n’est pas vrai. En réalité, les parents veulent le bien de leurs enfants. J’ai vécu une situation pareille.

Sara Mohammad Nadir

Je n’ai pas encore d’enfant, mais je peux quand même comprendre ce que vous avez raconté puisque c’est arrivé à mon oncle…

Il a eu un enfant et, je vous jure, c’est presque la même histoire que vous. Quand j’ai lu votre texte, je me suis dit que vous aviez quand même beaucoup de courage pour écrire cela.

Charles Duchesneau

Je me suis rendu compte que les pères ont aussi une grande importance pour leurs enfants et leur mère. Je fais plus attention à mon père, je passe plus de temps avec lui.

Zakaria Bennani

J’ai été très époustouflé et ébloui par votre amour dédié à Benjamin, votre fils.

Votre lettre m’a beaucoup marqué, on voyait la sincérité de vos mots, qui provenaient de votre cœur. Je n’ai jamais vraiment connu mon père, car, durant mon jeune âge, le ciel l’a emporté. Je n’ai pas connu ce qu’était l’amour d’un père à l’égard de son fils, même si ma mère essayait de tenir son rôle.

J’ai finalement eu un nouveau papa. J’ai espéré avoir de l’affection de sa part, mais cela n’a pas pu se produire. Il ne le montrait pas, même s’il disait à ma mère qu’il nous aimait et qu’il était heureux de vivre avec nous.

Après avoir ressenti cet amour que vous aviez exprimé à travers cette lettre, j’ai appris que nous devons exprimer ce qu’on ressent aux personnes qui nous sont les plus chères.

Anonyme

Réactions au texte «Prison intérieure», de Jean-Pierre Bellemare.

Dans cette chronique du prisonnier, Jean-Pierre Bellemare décrit la fermeture d’esprit qu’il perçoit chez certains de ses codétenus. Il partage également le cheminement qui lui a permis, au cours de sa peine d’emprisonnement, de se débarrasser de sa «prison intérieure».

Commentaires des jeunes

Je crois que peu importe le crime que vous avez commis, aider ceux qui en ont besoin vous permet de vous racheter peu à peu auprès de la société.

Je voudrais vous souhaiter bonne chance dans votre «quête». Je dis quête, car je crois personnellement que vous êtes en quête du bien.

Kevin Godin, 15 ans.

La plupart des hommes ne connaissent pas leur prison intérieure et se retrouvent dans de très mauvaises situations. Parfois, ils rejettent la faute sur les autres parce que leur prison intérieure les oblige à vivre dans le mensonge.

«N’est pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.» Mais vous avez découvert cette prison et vous vous êtes échappé. Je vous en félicite!

Dramou Foromo Élisée, 17 ans.

Votre article m’a vraiment incité à réfléchir à mes problèmes d’une autre façon et à devenir une nouvelle personne.

J’ai toujours pensé que ma façon de vivre était ingérable. J’ai toujours cru que mes problèmes n’allaient jamais finir. Mais quand j’ai lu votre article, ça m’a fait penser à la façon ridicule dont je voyais les choses. Je me suis senti comme une toute nouvelle personne.

Merci de ce partage.

Brando Rojas Vargas

Quelle sagesse quand vous affirmez que la plus grande et la plus solide prison n’était pas de fer, ni de pierre, mais bien de notre esprit.

Depuis que j’ai lu cet article dans le journal, je peux vous affirmer avoir changé. Maintenant, je tente de faire changer les gens autour de moi. Cela a même fonctionné avec ma petite amie! Elle s’était enfermée dans une prison mentale où la seule chose qu’elle faisait était s’apitoyer sur son sort.

Pour chaque porte, il y a une clé. Votre esprit est une prison, votre cœur, une clé. Sachez l’utiliser. Et aimer. La vie sera alors magnifique.

Danny Martin-Langlois

Réactions au texte «Passages nuageux sur ciel ensoleillé», de Sunny Boy.

Agressé par un membre de sa famille à plusieurs reprises, Sunny Boy perd goût à la vie. Après avoir vécu dans la prostitution homosexuelle et en être sorti trois ans plus tard avec l’aide de ses parents, les horreurs de la vie le poussent à faire une tentative de suicide… qui échoue. Dans un texte authentique, Sunny Boy partage son vécu et jette un regard éclairé sur les gens aux prises avec des idées suicidaires.

Commentaires des jeunes

Bonjour Sunny,

J’avais beaucoup de questions à la suite du suicide d’un ami de ma mère et ton texte m’a aidée à comprendre.

Ma mère ne l’a pas vu venir, moi non plus d’ailleurs. Je ne lui en veux pas, mais j’éprouvais de la colère quand je pensais à son geste. Je n’avais aucune raison valable de lui en vouloir. Il souffrait et voulait se sentir mieux. J’espère qu’un jour, on pourra intervenir encore plus rapidement pour aider les personnes suicidaires…

La vie est belle, mords dedans. C’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber!

Valérie Bouillon, 15 ans

Quand j’avais huit ans, ma mère s’est enlevée la vie. Pendant plusieurs années, je n’ai pas compris pourquoi elle avait fait ça. Puis, l’année de mes 12 ans, mon père a enfin eu le courage de me dire que ma mère souffrait de dépression.

Aujourd’hui, je crois que j’ai réussi à faire mon deuil. Je sais que ce que vous vivez n’est pas facile tous les jours, mais je crois que la vie vaut la peine d’être vécue. Je suis sûre que ce que vous avez écrit a fait réaliser beaucoup de choses à plusieurs personnes comme moi et a su nous aider.

Je vous dis bravo pour le courage dont vous avez fait preuve pour écrire votre article.

Annie Jolicoeur, 15 ans

Réaction au texte «Lettre à mon agresseur», de Maline.

Maline retourne huit ans en arrière. À l’école primaire, elle est victime d’un attouchement sexuel auquel se livre son enseignant préféré. Bien que traumatisée par l’événement, Maline dégage une force de caractère inouïe dans une lettre écrite de sa main et dédiée à son agresseur.

Commentaires des jeunes

Maline,

Ta lettre m’a beaucoup touchée. Tu as beaucoup de courage d’écrire une lettre à ton agresseur, qui t’a fait tant souffrir.

J’ai été vraiment choquée de savoir qu’il était encore libre après ce qu’il t’a fait. Un pédophile ne guérit pas tant qu’il n’a pas eu d’aide des centres psychiatriques. Je sais que ce n’est pas de ta faute, tu étais jeune et tu lui faisais confiance, mais lui, il a abusé de toi. Tu aurais dû parler à tes parents de ses comportements bizarres lorsqu’il parlait de sexe, de pédophilie et aussi lorsqu’il te mettait mal à l’aise.

Tu es une femme forte et tu as réussi à surmonter tes faiblesses (les crises, les traitements que tu as reçus durant ces dures années). Continue et vis ta vie au maximum, car tu n’en as qu’une seule. Sois heureuse.

Anonyme

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Témoignage sur l’implication bénévole

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-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

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Jeune et dépression

Jeune et dépression

Jacynthe Morissette   Dossier Santé mentale

Novembre, il fait froid dehors. Le soleil semble ne plus jamais me réchauffer. J’ai de la difficulté à me diriger dans le monde, comme si la vie avait perdu tout son magnétisme. J’ai 14 ans, l’école, je la fuis. Les gens, je les fuis. Je ne suis plus moi-même… Depuis déja quelques semaines, je ne dors presque plus. Ma tête va trop vite. Je n’ai pas faim, la bouffe est si fade. Je n’ai envie de rien, ni de pleurer, ni de sourire.

Évidemment, mes proches sont bouleversés, qu’est-ce qu’il m’arrive bon Dieu? Il semble n’y avoir rien pour me sortir de ma torpeur. Ni la drogue, ni aucun autre soulagement ne taisent la douleur interne qui grandit à chaque minute, seconde, qui passent.

Les autres, ceux qui ne comprennent pas toujours, ont tendance à juger. Je ne suis plus ni une étudiante ordinaire, ni une amie ou une fille normale, ni même humaine, je suis… perdue.

santé mentale psychiatrie L’hôpital: la psychiatrie

Ce que je ne savais pas, c’est que ce mal porte un nom. Je suis allée a l’hôpital accompagnée de mes proches et on m’a hospitalisée, oui, en psychiatrie, car peu importe l’étage où ça se trouve, c’est nommé: PSYCHIATRIE.

Vous seriez surpris du nombre croissant de jeunes qui s’y trouvent: la dépression, bien que très répandue, n’est pas la seule maladie mentale existante. Il y en a vraiment beaucoup. Malheureusement, elles sont encore taboues: que ce soit la maniaco-dépression, la schizophrénie, ou encore les troubles de personnalité (pas seulement les troubles de personnalités multiples qu’on voit dans les films) et j’en passe…

J’ai passé plus de deux mois surveillée de près, au cours desquels on m’a réappris à apprécier la vie. On m’a appris que c’est humain de souffrir, mais divin de se relever. J’ai commencé à prendre des antidépresseurs, il y a de cela six ans.

J’ai aussi opté pour une thérapie, question de sortir mes vidanges internes une fois pour toutes. Bien sûr, ce cheminement ne s’est pas fait en un jour, mais, comme disait ma thérapeute: ma détermination d’aujourd’hui est ma libération de demain.

J’écris tout cela, car je sais combien il est difficile d’accepter que l’on est malade, ou juste pas bien. De dire oui à la vie.

Regard des autres: les préjugés

Quand j’ai finalement obtenu mon congé de l’hôpital, je devais affronter une nouvelle épreuve: les autres, les regards de tous ceux, à l’école, au travail, qui m’ont vue dépérir des semaines durant. Je ne leur devais pas d’explications claires quant à mon état mais il était néanmoins dur de subir la pression de la curiosité mal placée.

Malgré tout, j’ai réussi, par de nombreux efforts, à passer mon année. J’ai compris aussi la leçon la plus importante en écoutant les gens. Toute notre vie, il y aura des personnes pour nous apposer des étiquettes, mais il ne tient qu’à nous d’être honnêtes envers nous-mêmes et de nous affranchir, d’aller au-delà de ces noms, sobriquets et stupidités. Moi, je n’ai qu’une vie à vivre alors je parle et, tant que je suis respectueuse, je peux tout dire.

Ma motivation, c’est la vie, la compréhension de l’autre, de l’humain, donc inévitablement, la communication. C’est pour cela qu’aujourd’hui, je vous envoie ce texte pour que d’autres, qui se sentent limités par leur état, ne le soient plus. Il n’y a pas de recette miracle au malaise intérieur. Il n’y a que de l’apprentissage sur soi, l’instauration d’une écoute interne entre qui je suis, qui je pense être et ce que j’aimerais être. Quant aux limites, il n’y en a qu’une seule, c’est nous-mêmes.

On m’a un jour dit une phrase qui m’a fait beaucoup réfléchir, «ta vie a l’air palpitante!» Et elle l’est, mais, «pourquoi la tienne ne l’est pas?»

Un peu de magie contre la dépression

On a tous des rêves, on a tous des souffrances, on a tous du sang dans nos veines. Parfois, il faut imprégner notre quotidien d’une dose de magie. Ce petit plus qui rend une journée ordinaire remplie d’émotions extraordinaires. Pas besoin d’argent, ni de gadgets hi-tech. Un peu d’imagination suffit. Qu’est-ce qui me ferait plaisir? Avoir plus de temps pour lire? Retourner à l’école? Apprendre l’allemand? Moi je dis: rien n’est impossible à celui qui veut vraiment.

J’ai commencé ainsi à me réaliser davantage. J’ai suivi de nombreux cours et formations, pris plus de temps pour mes loisirs et pour concrétiser mes rêves. Depuis, j’ai grandi et vieilli. J’ai aujourd’hui vingt ans. J’ai toujours un traitement et l’aurai probablement jusqu’à la fin de mes jours. Maintenant, je sais ce que je vaux et ce que je peux accomplir…

Le sourire aux lèvres après des années d’enfer, elle s’apaisa enfin, cette douleur. C’est alors que la torpeur se dissipa. Je compris ce que je devais faire: écrire et parler de mon histoire.

Que tout ceux qui se sentent mal comprennent que les traitements vont au-delà du physique, il faut aussi apprendre a être bien avec soi-même.

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poesie-urbaine-roberto-mayerjours-de-nuit Poésie urbaine. Jours de Nuit. Roberto Mayer. 11,95$

Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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