Rue Ste-Catherine et circulation automobile

Rue Ste-Catherine et circulation automobile

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.             Raymond Viger

circulation-automobile-ste-catherine-montreal-quebec À tous les jours, je me retrouve devant le local du Café-Graffiti pour rencontrer des jeunes tout en prenant l’air. Je demeure surpris du nombre de fois qu’il y a des risques de collision sur la rue Sainte-Catherine. Incidents entre automobilistes, piétons qui risquent de se faire frapper…

Il y a plusieurs réalités qui se confrontent. D’une part, beaucoup d’automobilistes conduisent rapidement. Beaucoup trop vite. Certains faisant parfois de curieux virages en U, risquant une collision avec un autre véhicule ou de happer quelques piétons au passage… D’autre part, il y a aussi des piétons qui traversent la rue un peu partout, parfois absorbés par leurs pensées et qui ne semblent par regarder où ils mettent les pieds.

Risques de collision

Il m’arrive de compter jusqu’à une dizaine de risques de collisions par jour! Pas si tranquille que ça la rue Sainte-Catherine!
Je rencontre Mélissa Tuttle qui habite au 3e étage d’un appartement sur Sainte-Catherine. Elle a une belle occasion de voir tout ce qui se passe, jour et nuit, dans le quartier. Elle me confirme qu’elle est sidérée de voir la vitesse à laquelle les gens circulent. « Les gens chauffent vite et mal. Pourtant les camions n’ont pas le droit de passer sur Sainte-Catherine. L’été, les fenêtres ouvertes, c’est bruyant », s’exclame cette jeune femme dépassée par la situation.

La circulation durant la nuit

Je traverse, au péril de ma vie, la rue Sainte-Catherine pour rencontrer Gabrielle Moffet, la propriétaire du commerce la Coccinelle Jaune. Gabrielle demeure aussi sur Sainte-Catherine et se plaint du bruit qu’elle doit subir la nuit. « La nuit, les camions sont bruyants. On sent le building bouger! Au souper, dans l’heure de pointe, tu peux attendre longtemps avant de réussir à traverser la rue. On entend régulièrement des crissements de pneus, des enfants qui se font frapper… Et c’est sans compter tous les vélos que l’on rencontre sur le trottoir! », nous confirme tristement Gabrielle.

Une des clientes de Gabrielle s’implique dans notre conversation : « Pourtant, il y a des traverses de piétons à plusieurs endroits, il devrait être facile de pouvoir traverser sécuritairement!» La réponse de Gabrielle ne se fait pas attendre. « Les automobilistes n’arrêtent pas aux traverses. Ils ne les voient même pas! » Sa cliente est surprise et nous mentionne que sur Pierre-de-Coubertin, les automobilistes les respectent sans aucun problème. Cette constatation permet à Gabrielle de conclure que ce n’est pas le trafic des résidents d’Hochelaga qui cause problème, mais le trafic de la rue Notre-Dame qui se sert de Ste-Catherine comme voix d’évitement. « Le trafic du week-end est bien correct et tout est calme dans le quartier », conclut Gabrielle.

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Prostitution en plein jour dans Hochelaga-Maisonneuve

Conseil d’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve

Prostitution en plein jour dans Hochelaga-Maisonneuve

Raymond Viger Dossier Prostitution, Prostitution Hochelaga

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

n72962183810_811 La prostitution de rue dans Hochelaga-Maisonneuve irrite les citoyens. Surtout quand elle est faite en plein jour devant les étudiants qui se rendent à l’école. Et voilà qu’une page Facebook apparaît pour questionner et confronter les prostituées. Des citoyens les suivent dans leurs déplacements, les observent, prennent en note les plaques d’immatriculation des clients…

Prostitution de rue au Conseil municipal

La pression monte d’un cran lorsque Roxanne Ringuet et Nathalie Goyette sur la page Facebook de Prostitution en plein jour Hochelaga-Maisonneuve invitent les citoyens à se présenter au Conseil municipal qui se tiendra le 19 janvier prochain à 19:00 heures à la maison de la culture Maisonneuve située au 4200 Ontario est. En plus des citoyens qui y seront présents, des organismes communautaires et des intervenants ayant parfois des positions fortement opposé vont déléguer des gens pour y assister et sensibiliser le maire de l’arrondissement, Réal Ménard, à la problématique. Souvenons-nous que Réal Ménard a déjà piloté un projet de loi pour légaliser des bordels lorsqu’il était député du Bloc Québécois. La prostitution est un dossier qu’il connaît bien.

Le communautaire et Stella en désaccord

Des organismes communautaires travaillant pour soutenir les personnes toxicomanes ont mal réagi aux moyens employés par les citoyens pour dénoncer les irritants de la prostitution et de la toxicomanie.

Des sympathisantes du groupe Stella, un organisme communautaire prônant la légalisation complète de la prostitution, ont mentionné vouloir être présentes pour revendiquer leurs droits. Par légalisation complète, on parle ici autant de la personne qui se prostitue, les proxénètes et les clients de la prostitution.

La Corporation de développement économique de l’est (Cedest)

Avant même que le conseil municipal ait le temps de se réunir, la tension continue de monter. La Corporation de développement économique de l’est, sous les dires de sa directrice, Thérèse Ste-Marie, veut régler le problème de la prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve en déménageant le poste de police dans ce secteur! La prostitution est vu comme un problème, un irritant qu’il faut tasser et balayer.

Hochelaga-Maisonneuve risque de devenir le berceau de nouvelles envolées oratoires concernant la prostitution de rue et, fort possiblement, que le débat sur la légalisation de la prostitution en profitera pour se frayer un chemin.

Pour voir la page Facebook de Prostitution en plein jour Hochelaga-Maisonneuve.

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Hochelaga-Maisonneuve; Patrimoine, histoire et architecture

Hochelaga-Maisonneuve; Patrimoine, histoire et architecture

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Ariane Aubin

marche-maisonneuve-hochelaga-maisonneuve-arrondissement-quartier Savez-vous qu’Hochelaga-Maisonneuve renfermait une part importante du patrimoine bâti montréalais? Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains secteurs y ont des allures plus ouvrières et d’autres, une apparence aristocratique? Dans le cadre de ses prochaines chroniques, Reflet de mon quartier vous fait découvrir – ou redécouvrir – l’histoire de cet arrondissement et de ses habitants. Cette semaine, l’historien Réjean Charbonneau, de l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, nous parle des origines de ce quartier en constante évolution.

Montréal, milieu du 19e siècle

Depuis la Conquête, la petite bourgade s’industrialise à une vitesse fulgurante. Pour répondre aux besoins des industries naissantes, le port de Montréal se développe et gagne en superficie. Il est toutefois rapidement bloqué à l’ouest par les rapides de Lachine qui empêchent le passage des bateaux. Qu’à cela ne tienne, les eaux tumultueuses sont contournées grâce à la construction du canal Lachine.

Mais bientôt, les industriels montréalais réalisent que ces installations portuaires ne suffiront pas; une expansion vers l’Est de la rue Berri, où se situe approximativement la limite de la ville, semble inévitable. D’autant plus que, du côté démographique, la population a beau migrer d’un Vieux Montréal et des régions surpeuplées vers les villes de banlieues et les nouveaux quartiers ouvriers du Sud-ouest – Ville-Émard, Côte-Saint-Paul, St-Henri, Pointe-Saint-Charles – l’espace commence à manquer.

Chemin de fer à Montréal

Au même moment, l’industrie du transport ferroviaire recherche un endroit stratégique où implanter le tout nouveau chemin de fer qui permettra le transport terrestre des marchandises et matériaux. Les terres agricoles qui recouvraient alors l’Est de l’île de Montréal semblent être le lieu tout indiqué: proches à la fois de la ville et du fleuve, elles commencent à faire l’objet de spéculations de la part d’investisseurs prévoyants, explique Réjean Charbonneau. «Peu à peu, des gens aisés vont acheter des terres aux fermiers installés au bord du fleuve, pour y construire leur maison de campagne. Les institutions religieuses aussi vont construire de grands édifices, comme la maison-mère des sœurs du Saint-Nom de Jésus sur Notre-Dame.» Comme tant d’autres, ce magnifique bâtiment religieux a malheureusement fait les frais de la Révolution Tranquille et a été détruit dans les années 1970.

Fondation de la municipalité d’Hochelaga-Maisonneuve

marche-maisonneuve-hochelaga-maisonneuve-quartier-arrondissement De plus en plus nombreux, les hommes d’affaires installés dans l’Est décident en 1870 de fonder la municipalité d’Hochelaga sur le territoire s’étendant approximativement de l’actuelle rue Iberville au boulevard Viau. Fournir l’eau, le gaz et les services à une ville dont la population croît aussi rapidement s’avère vite très onéreux.

Dès 1883, les gestionnaires d’Hochelaga décrètent donc l’annexion de la municipalité à la ville de Montréal. Des décennies plus tard, les historiens ont pu comprendre que cette décision précipitée avait aussi eu des motifs politiques. «On a appris depuis qu’un homme politique de l’époque, Raymond Préfontaine, (qui deviendra maire de Montréal de 1898-1902) souhaitait en procédant à cette annexion qu’elle rende les Francophones majoritaires au conseil municipal de Montréal. Depuis la Conquête, la ville était entièrement dirigée par des Anglophones.»

Fusion, annexion ou défusion?

Mais si pratique soit-elle, l’annexion ne fait pas l’unanimité. La même année, un groupe d’hommes d’affaire dissidents décrète la fondation de Maisonneuve, une nouvelle municipalité issue d’Hochelaga et dont le territoire va des environs de la rue Bourbonnière au boulevard Viau.

Cette ville, comme l’a expliqué le professeur d’histoire à l’UQAM Paul-André Linteau dans sa thèse de doctorat, deviendra un exemple de gestion municipale assurée par des promoteurs. Et pendant 35 ans, Maisonneuve connaîtra effectivement une croissance modèle, raconte Réjean Charbonneau. «Entre 1883 et 1918, Maisonneuve va connaître la prospérité, à tel point qu’elle va se s’autoproclamer le « Pittsburg du Canada » au point de vue industriel, et se méritera le titre de « Cité de Maisonneuve » grâce à son urbanisation.»

Urbanisation du secteur Maisonneuve

C’est cette urbanisation, savamment planifiée par des entrepreneurs visionnaires, qui fait aujourd’hui du secteur Maisonneuve un des sites patrimoniaux les plus intéressants à Montréal. Les frères Oscar et Marius Dufresne, premiers propriétaires du château Dufresne situé rue Sherbrooke, ont joué un rôle-clé dans ce développement. «Ils ont été très impliqués dans le conseil municipal de Maisonneuve, surtout dans la deuxième phase du développement de la ville, après 1910, la première phase ayant surtout permis d’occuper le territoire.»

Héritiers d’une fortune générée par leur mère, la cordonnière Victoire Dusseault et l’usine de chaussures Dufresne & Locke, les Dufresne ont voyagé en Europe et en ont ramené un amour des grands ensembles urbains qu’ils insuffleront à la jeune municipalité de Maisonneuve. En 1910, Maisonneuve est à son apogée. L’industrie de la chaussure fait rouler l’économie locale et cette prospérité nourrit les idées de grandeur des frères Dufresne.

Sous la férule d’Oscar, le gestionnaire, et de Marius, l’ingénieur et entrepreneur, Maisonneuve est refaçonnée à l’image des City Beautiful newyorkais. Le concept central: l’esthétisme utile, orienté vers un idéal de population saine et vertueuse aux comportements moraux. Cinq bâtiments d’envergure devaient être construits ; ils le seront tous à l’exception du bureau de poste.

Marché Maisonneuve, Hôtel de Ville, Bain Maisonneuve

hotel-de-ville-maisonneuve-montreal-hochelaga-maisonneuve Au-delà de sa facture beaux-arts classique et élégante, le marché Maisonneuve est ainsi équipé dès sa construction de réfrigérateurs permettant de conserver le lait et la viande, bien avant que la version domestique de l’appareil ne fasse son apparition dans les foyers. L’imposant Hôtel de Ville, en plus d’être doté de magnifiques colonnes d’inspiration Beaux-Arts, abritait au sous-sol un laboratoire bactériologique et des équipements de pasteurisation.

Le bain Maisonneuve, sans doute l’un des plus beaux au Canada, permettait à la population ouvrière qui bien souvent n’avait ni douche, ni bain, de conserver une saine hygiène corporelle. Enfin, la caserne de pompiers numéro 1, où loge aujourd’hui le Théâtre Sans fil, a été construite d’après les plans que le grand architecte américain Frank Lloyd Wright avait dessinés pour le Unity Temple, en Illinois. Et pour unir ces bâtiments, deux boulevards ont été construits: Pie-IX et Morgan.

Dans cette ville de rêve, tout est à sa place. Des zones sont réservées aux résidences, d’autres aux industries, et des espaces de rassemblement sont prévus. Et surtout, tout est accessible à distance de marche, un détail auquel les frères Dufresne accordaient beaucoup d’importance.

Maisonneuve et la Première Guerre mondiale

L’âge d’or de Maisonneuve – et l’expérience urbanistique – se termine toutefois abruptement, presqu’en même temps que la Première Guerre mondiale. En 1918, accablée par la dette de guerre et le scandale spéculatif du parc Maisonneuve, la ville est annexée à Montréal. C’est la dernière d’une longue série d’annexions, qui donnera naissance à la grande ville que l’on connaît, et le début du secteur Hochelaga-Maisonneuve.

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Évolution d’un quartier, Hochelaga-Maisonneuve

Évolution d’un quartier, Hochelaga-Maisonneuve

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

hochelaga-maisonneuve-restaurant-les-cabotins-rue-sainte-catherine-est Normand Charest est né et a grandi dans Hochelaga-Maisonneuve. Lorsqu’il s’y est aventuré à nouveau, de longues années après son départ, il a été renversé en constatant à quel point le quartier s’était métamorphosé. L’expérience lui a inspiré cette chronique nostalgique, aux arômes de vieux cuir et de gaspacho.

Un bistro français dans Hochelaga-Maisonneuve

Je me suis arrêté dans un tout petit bistro français où j’avais l’air d’un parfait étranger, le genre de commerce où n’entrent que des habitués. Le personnel vous y regarde presque avec méfiance. Mais on voit bien que c’est un ancien snack bar, une binerie avec des bancs ronds le long d’un comptoir, en chrome et en cuirette rouge, où l’on sert maintenant du gaspacho en entrée à midi. Un comédien connu, mi-incognito mi-en représentation, prend un verre de rouge au comptoir.

Bistro français dans mon quartier natal à Montréal, quartier revisité après bien longtemps et devenu surprenant sous plusieurs aspects. C’est juste à côté de mon ancienne «rue principale», rue de l’église et du presbytère, rue de l’école des sœurs, de l’école des frères, de la maison des sœurs, de la maison des frères, de la maison du docteur, de la caisse populaire, de la boulangerie et de son écurie, rue du barbier et du café devant l’église. Plus bas, plus loin, un poste de pompier est devenu salle de spectacle; plus à l’ouest, une église est devenue théâtre. Un drôle de quartier en transition.

Pauvreté, cafés et artistes dans Hochelaga-Maisonneuve

journees-de-la-culture-hochelaga-maisonneuve-ste-catherine-est De la pauvreté encore, cela se voit, chez les vieux et chez les jeunes, des vieux tristes avec des petits sacs d’emplettes, des jeunes habillés en noir avec un air dur. Plus bas sur la rue Ontario, traditionnellement associée à Babylone, des ivrognes, des punks, des tatoueurs. Mais aussi la présence d’artistes, de bistros, de cafés certainement pas fréquentés par la classe populaire (gaspacho, chèvre, crème brûlée, foie gras, espresso). Un quartier populaire, autrefois ouvrier, en train de se transformer comme s’est transformé avant lui le célèbre Plateau, que nous avons habité avant qu’il ne devienne hors de prix.

Un quartier que je parcours avec mes souvenirs, tandis qu’on m’y voit comme un touriste et que je n’ai pas l’occasion de dire à ceux qui l’habitent que c’est aussi un peu mon quartier, mon village, puisque que j’étais là «avant eux». Je vois d’ailleurs une jeune femme sortir de ce qui fut ma maison natale, un bébé dans les bras, et me regarder avec un questionnement dans le regard. Elle voit peut-être en moi l’intrus, tandis que je vois en elle, dans ce bébé, dans les enfants qui reviennent de l’école… tandis que je vois dans ce tableau le passage impressionnant des générations.

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Cédest, Thérèse Ste-Marie et prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve

Cédest, Thérèse Ste-Marie et prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve

Raymond Viger   Dossier Prostitution, Hochelaga-Maisonneuve, Prostitution Hochelaga

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

prostitution-prostituées-légaliser-prostitution-bordel-legal-maison-close La prostitution sur la rue Ste-Catherine dans Hochelaga-Maisonneuve fait peur aux fonctionnaires du Centre local d’emploi (CLE). La directrice général de la corporation de développement de l’est de Montréal (Cedest), Thérèse Ste-Marie propose qu’on déménage le poste de police 23 sur Ste-Catherine. Le maire d’arrondissement, Réal Ménard entérinerait la proposition de Thérèse Ste-Marie.

C’est ce que nous apprends le journaliste Serge Labrosse du Journal de Montréal dans son édition du 12 janvier.

Déménager la police pour faire peur aux prostituées

Je trouve très étrange que des fonctionnaires en arrive à faire déménager leur lieu de travail. Encore plus pour la raison évoquée. Parce qu’il y a de la prostitution sur Ste-Catherine. Est-ce que les prostituées sont si dangereuses et agressives? Peut-on supposer que la majorité des prostituées sur Ste-Catherine sont aussi sur l’aide sociale et fort possiblement des “clients” de ce centre local d’emploi. Si ces fonctionnaires ont peur des prostituées comment font-ils pour faire leur travail dans Hochelaga-Maisonneuve avec ces prostitués comme “client”?

En installant le poste de police près du Centre local d’emploi on espère faire peur aux prostituées et les éloigner de ce secteur. On veut déménager le problème ailleurs. Mais est-ce qu’on règle le problème? Est-ce que de faire peur aux personnes peut-être les plus démunies et fragilisées d’Hochelaga-Maisonneuve est la bonne chose à faire? Est-ce que de tasser des prostituées en les considérant comme des “problèmes” est une saine gestion sociale de bon père de famille?

En “tassant’” les prostituées plus loin, est-ce que nous allons faire peur à d’autres fonctionnaires ou irriter d’autres citoyens? Est-ce qu’à ce moment-là Thérèse Ste-Marie va nous proposer de redéménager le poste de police 23? On pourrait installer le poste de police 23 sur des roulettes pour en faciliter ses déménagements!

Un centre d’aide pour prostituées

Et si au lieu d’un poste de police pour tasser le problème on installait un centre d’aide et de soutien pour ces femmes? Si au lieu de policiers, on offrait des intervenants sociaux, des infirmières, des médecins…? Ou encore un local pour offrir un café à ces prostituées, un lieu de repos, pour qu’elles se sentent en sécurité, parler de ce qu’elles vivent. Un lieu où elles pourraient même s’exprimer artistiquement? Ce sont du moins des propositions qui avaient été soulevées par une table de concertation sur la prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve il y a environ 7 ans.

Au lieu de tasser des citoyennes fragilisées et démunies vers d’autres lieux, quelles sont nos responsabilités envers elles? Jusqu’où les tasserons-nous avant que quelqu’un se sentent responsables envers elles? Une prostituée sur le coin de Ste-Catherine est-elle une citoyenne qui a le droit à des services?

Conseil d’arrondissement et table de concertation

À noter qu’au prochain conseil d’arrondissement du 19 janvier à 19:00 heures à la Maison de la culture Maisonneuve (4200 Ontario est) citoyens et intervenants veulent interpeller le maire d’arrondissement Réal Ménard sur la prostitution dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve. Réal Ménard nous annonce la création d’une table de concertation sur la sécurité urbaine. Est-ce la répétition de ce qui s’est déjà fait il y a 7 ans? Des propositions qui demeurent lettres mortes? Un rapport qui dort sur les tablettes?

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guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Des coopératives de travail dans Hochelaga-Maisonneuve

Rencontre avec Annie Martel, co-fondatrice du bistro  In Vivo

 

Des coopératives de travail dans Hochelaga-Maisonneuve

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Quand Annie Martel a cofondé avec sa sœur Karine le bistro et salle de spectacle In Vivo, en 2004 elle s’est sentie accueillie à bras ouverts par le milieu commercial de la rue Sainte-Catherine Est. Les deux jeunes femmes ont toutefois dû composer avec le scepticisme de plusieurs devant le type de gestion bien particulier qu’elles ont choisi: la coopérative de travailleurs. Cinq ans plus tard, elle vient de créer avec sa soeur, Gabrielle Moffett et Gaëtan Cirefice une toute nouvelle boutique et coopérative de travail, nommée Terre à soi. L’occasion pour Annie Martel de constater le chemin effectué par ce type d’entreprise encore méconnu… et celui qu’il reste à parcourir.

Propos recueillis par Ariane Aubin

 

Pourquoi avez-vous choisi la formule de la coopérative? Bistro In Vivo petite salle de spectacle relève musicale québec

Dans une coopérative de travailleurs, comme le nom le dit, les membres sont ceux qui travaillent à la coop. Je vois deux avantages principaux à ce système.  Premièrement, c’est très démocratique: un membre égal un vote, peu importe l’argent investi dans l’entreprise au départ. Lors de la prise de décision au niveau du conseil ou de l’assemblée des membres, tout le monde a le même poids, contrairement à une entreprise régulière où les plus riches dominent. Le deuxième avantage important, c’est que ce système implique plus les employés. Ils ne sont pas obligés de devenir membres, mais ont la possibilité de le devenir. Mais à partir du moment où tu deviens membre de la coopérative, ça t’appartient: c’est ton entreprise, tu peux t’impliquer davantage au niveau de l’organisation et de la prise de décision.

Cela crée des emplois de plus grande qualité et, fait intéressant, s’il y a des surplus à la fin de l’année ils sont distribués entre les membres en fonction des heures travaillées. Encore une fois, c’est le travail qui est mis de l’avant plutôt que le montant investi. C’est donc une motivation de plus à travailler fort, puisque normalement plus on s’investit, plus la coop va dégager des surplus et plus on en reçoit une part considérable.

Un autre avantage des coopératives est qu’elles ont un meilleur taux de pérennité qu’une entreprise régulière, c’est-à-dire qu’elles demeurent plus longtemps en activité. Admettons qu’après dix ans, ma sœur et moi n’avons plus envie de travailler au bistro; nous pouvons partir, parce qu’il reste des membres. L’entreprise peut survivre à ses propriétaires! C’est un beau mode de transmission qui est peu connu.

Comment avez-vous découvert ce type d’entreprise?

 

En lisant un document publié par le Réseau de la coopération du travail du Québec. Ce réseau organise régulièrement des séances d’information sur le sujet. Nous avons assisté à l’une d’entre elles et tout de suite, on s’est dit: «Wow, c’est ça qu’on veut, ça répond vraiment à nos besoins». Il faut quand même rencontrer certains critères: être au moins trois personnes et avoir un conseil d’administration, par exemple. Pour ce qui est du fonctionnement, le Réseau est là pour nous supporter. En fait, c’est devenu comme une famille où nous avons rencontré d’autres membres de coops.

Il existe d’autres coopératives de travail dans plusieurs domaines très variés, celui des bars-spectacle, par exemple. À Québec, il y a la Barberie, à Montréal, le Divan Orange… On communique beaucoup, sans faire d’échange de services directs. Au bistro, notre maillage est plutôt dans le quartier, auprès d’organismes à but non lucratif. Toutes nos publications écrites sont imprimées chez Imprim-emploi, nous faisons affaire avec Distribution l’Escalier pour notre nouvelle boutique Terre à soi, l’entreprise d’insertion sociale Nelligan fournit le café au bistro et à la boutique… Le quartier regorge de belles entreprises, il suffit de s’intégrer au réseau!

Vous avez aussi choisi la formule de la coopérative de travailleurs pour votre boutique Terre à Soi, pourquoi?

 

Boutique Terre à Soi rue Ste-Catherine Est Ça s’est fait naturellement. C’est ce que nous connaissions déjà et comme nous le faisions bien, pourquoi changer? Malheureusement, c’est un mode de gestion qui est encore très peu connu. En 2004, quand nous avons suivi des cours avec le SAGE Montréal Métropolitain pour bâtir notre plan d’affaires, ça ne faisait même pas partie des options d’entreprises possibles! Et nous n’avons pas pu obtenir la bourse donnée par la Fondation du Maire de Montréal pour la jeunesse, simplement parce qu’une coopérative de travailleurs ne faisait pas partie des entreprises admissibles. Mais depuis, le Réseau a fait des recommandations et la bourse nous a été attribuée pour Terre à soi. Cinq ans après, il y a eu une belle évolution.

 

Nous sommes tout de même très présentes lorsqu’il s’agit de faire connaître les coopératives de travail. On nous invite souvent à parler de notre expérience, par exemple au Forum social québécois… Nous essayons de parler de notre quartier parce qu’on l’aime et que nous voulons qu’il se développe, que son image de quartier difficile s’améliore. Avec le Grand Débarras [NDLR: un événement familial, artistique et commercial qui se déroule depuis 3 ans en août sur la rue Sainte-Catherine Est], nous avons fait un pas dans la bonne direction. Depuis quelques temps, on travaille aussi à devenir un arrondissement équitable et pour une fois, on parle d’Hochelaga-Maisonneuve pour autre chose que les affaires plates. Et nous nous disons que plus cette image va changer, plus ça attirera de nouveaux commerçants dans le coin. Ces nouvelles entreprises attireront alors plus de clients et l’ambiance du quartier s’améliorera… C’est un cycle qui prend du temps et beaucoup d’efforts.

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Une Coccinelle Jaune sur Ste-Catherine Est

Gabrielle Moffett, fondatrice de la boutique Coccinelle Jaune

Une Coccinelle Jaune sur Ste-Catherine Est

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Est-il possible pour un jeune entrepreneur créatif de gagner son pain dans Hochelaga-Maisonneuve? Oui, répond Gabrielle Moffett, propriétaire-fondatrice de la boutique Coccinelle Jaune, située rue Sainte-Catherine Est. Et si l’adaptation n’est pas toujours facile, le jeu peut en valoir la chandelle.

Ariane Aubin

Avant de s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve, Gabrielle Moffett ne connaissait du secteur que sa composition sociale semblable à celle du quartier St-Roch à Québec, où elle habitait auparavant. En apparence, rien ne prédestinait donc l’ancienne éducatrice en garderie à fonder une boutique consacrée aux artisans québécois sur la rue Ste-Catherine Est. Mais alors qu’elle venait tout juste d’emménager dans le secteur, la jeune femme est tombée sur un article qui l’a inspirée. «Cela parlait de la fondatrice du café Lubu. J’y suis allée par curiosité et le coin m’a vraiment intéressée. Dans ce temps-là, il n’y avait pas beaucoup de commerces. À part Lubu et l’Oiseau bleu, c’étaient surtout des bric-à-brac, où l’on vendait de veilles sécheuses!»

Une ambiance bien différente de l’effervescence créative du St-Roch que Gabrielle Moffett a quitté il y a quelques années. Mais celle qui était alors au chômage a eu le coup de foudre pour le quartier et a décidé sur un coup de tête de créer sa propre entreprise. Grâce au montant obtenu à la vente de sa propriété de Québec et à l’aide de la Corporation de développement de l’Est (CDEST), un organisme voué à la revitalisation socio-économique de l’arrondissement, ce rêve un peu fou s’est rapidement concrétisé. La CDEST a référé Gabrielle au Soutien aux jeunes entrepreneurs (SAJE) Montréal Métropolitain, qui offre aux entrepreneurs éligibles une subvention leur permettant de construire leur plan d’affaire et de survivre à la première année – souvent mouvementée – d’activité de leur entreprise.

Cette aide considérable aurait été plus difficile à obtenir ailleurs que dans Hochelaga-Maisonneuve, où des mesures importantes ont été mises en branle pour stimuler l’économie locale, croit Gabrielle Moffett. «Si j’avais essayé d’ouvrir une boutique comme La Coccinelle jaune sur le Plateau Mont-Royal par exemple, ça n’aurait pas fonctionné. Mais ici, les ressources étaient disponibles et on m’a donné un bon coup de pouce.»

Une nouvelle vague sur Sainte-Catherine Est

Quatre ans plus tard, la commerçante en herbe a su se forger une clientèle fidèle et une réputation qui, fait rare dans le secteur, dépasse même les limites de l’arrondissement. Elle s’est aussi trouvé une colocataire: Isabelle Boisvert, dont la boutique de vêtements éco-responsables Folle Guenille partage désormais les locaux de la Coccinelle. L’entreprise va bien, mais Gabrielle Moffett est consciente qu’elle ne deviendra probablement pas millionnaire de cette façon. «Si quelqu’un se lance en affaires pour faire un coup d’argent, il va être déçu, C’est beaucoup d’heures de travail pour ce que ça rapporte, mais on a l’avantage d’avoir notre propre emploi. Et je le fais pour le plaisir.»

La jeune femme le fait aussi pour contribuer au développement de ce quartier qu’elle aime en évitant idéalement d’en faire un «nouveau Plateau» gentrifié, comme le prédisaient les médias montréalais il y a quelques années. «J’aime mon quartier tel qu’il est. En venant m’installer ici, je savais à quoi m’attendre, je savais qu’il y avait de la prostitution et de la pauvreté. Ces gens sont généralement agréables à côtoyer au quotidien, même s’ils ne dépensent pas nécessairement chez nous. On ramasse des canettes pour Marcel, Diane qui vient nous demander des services… »

Une solidarité semblable s’est aussi installée entre les jeunes commerçants qui ont pignon sur la rue Sainte-Catherine Est. La nouvelle génération se rencontre parfois autour d’une bière pour partager bons et mauvais coups, mais aussi pour parler stratégie. Il y a deux ans, cette concertation encouragée par la Société de développement commercial (SDC) de l’artère, a donné naissance au Grand Débarras. Si l’événement était plutôt modeste au départ, sa troisième édition a accueilli cet été de nombreux visiteurs attirés par les produits offerts par une cinquantaine d’artisans du coin.

Vaincre l’inertie

Les initiatives de Gabrielle Moffett et ses jeunes collègues se heurtent toutefois à la résistance de certains commerçants des générations précédentes, bien installés dans leurs habitudes et un peu aigris face au déclin économique récent du secteur. Sans parler de la collaboration des instances municipales qui est elle aussi bien loin d’être acquise. Des fleurs plantées par certains propriétaires de commerces dans les plates-bandes de la Ville ont ainsi été carrément rasées par l’arrondissement lors du nettoyage des fosses d’arbres. Un traitement semblable a été réservé aux plants de tomates et de fines herbes disséminés dans les bacs à fleurs de la promenade Ste-Catherine Est, sous prétexte que ces bacs appartiennent à l’arrondissement et non aux commerçants. «Ce sont des enfantillages, déplore la propriétaire de la Coccinelle Jaune. Après, on nous dit que le quartier n’est pas propre et peu accueillant. Mais on ne nous donne pas tellement le goût de nous investir.»

Les querelles de trottoir seront toutefois mises de côté au cours des prochains mois, alors que des travaux majeurs chambarderont la rue Sainte-Catherine Est. Gabrielle Moffett redoute un peu l’effet qu’a eu la réfection du boulevard St-Laurent sur les commerçants de la Main. Plusieurs ont dû fermer leurs portes en raison d’une baisse marquée de la clientèle, découragée par le chaos qui a régné sur l’artère commerciale pendant d’interminables mois. En attendant que le détail des travaux soit dévoilé, la commerçante met des sous de côté, «au cas où». Et elle rêve un peu, d’un Hochelaga-Maisonneuve embelli et dynamique où viendraient se promener par un beau dimanche après-midi les Montréalais des autres quartiers… et même du Plateau!

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Concert bénéfice pour le Café-Graffiti

orchestre-symphonique-pop-de-montreal-concert-benefice 50 musiciens de l’Orchestre symphonique pop de Montréal nous présenteront un répertoire de musique de films tels que Spiderman, Mission Impossible, James Bond… Sept danseurs de Breakdance seront présents sur scène avec l’orchestre symphonique. Le 28 novembre à 19:30 heures à l’Église St-Jean-Baptiste.

Pour le prix d’un spectacle, vous soutenez un organisme jeune, intense et dynamique. Pour l’achet de vos billets du Concerto aHÉROSol, par téléphone au (514) 256-9000, sur le site Internet de l’organisme ou encore sur le Réseau Admission.Pour plus d’informations sur le concerto en aHÉROSol de l’Orchestre symphonique pop de Montréal.