Sortir de la rue par amour

Pour l’amour d’un chien

Les gens de la rue et leurs animaux

De nombreuses années me séparent de la rue, mais je peux encore la sentir en moi.

Caroline Leblanc dossier Itinérance

amour chien itinéranceMon voyage dans la rue a commencé dès mes 14 ans dans les rues de Sherbrooke, Granby, Montréal puis Toronto. Assoiffée de liberté ou plutôt hantée par le désir de m’enfuir d’un monde dans lequel j’étais incomprise, la rue est devenue mon milieu de vie.

Durant ce parcours, il y a eu beaucoup d’aventures et de mésaventures, mais comme on dit, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise route. Chacune d’elles nous apprend quelque chose et nous grandissons riche d’expériences acquises au fil du voyage. Peu importe la destination, c’est le voyage qui compte!

Je pourrais vous parler de certaines destinations telles que mon enfance tumultueuse, mon adolescence incomprise et incompréhensible, mes relations d’amitié et d’amour malsaines ou l’univers de la rue. Mais je préfère vous partager ce qui a changé le cours de ma vie.

Parfois, on a l’impression de courir après le bonheur chaque jour de notre vie, mais dans la rue c’est souvent à chaque instant.

Mais à un moment donné, un bonheur est arrivé dans ma vie. Un être magnifique que j’ai nommé Draft, une chienne extraordinaire qui a été là à traverser les ouragans, les petites tempêtes et les beaux et les mauvais moments de ma vie. Elle était là sans me juger, à m’aimer, à m’accepter comme nul autre a su le faire. Gravé dans ma mémoire cet être merveilleux m’a aidé à surmonter mon chagrin, mes difficultés et m’a donné la confiance et la force de m’aimer.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je raconte cela, comprenez que la rue fut un moment que j’ai partagé avec ma chienne Draft. À travers mes souffrances, mes déboires et les nombreux pays que j’ai traversé, elle a été là pour veiller sur moi sans jamais me laisser tomber dans cette aventure. Riche de cœur, son amour inconditionnel m’a donné la force et la motivation d’affronter cette société et les jugements qu’elle a eus envers moi et les autres qui vivions dans la rue. Pour certains, elle restera juste un chien, mais pour moi elle est la force qui m’a permis de me sortir la tête de l’eau et de trouver ma place.

Par respect pour elle, une fois fatigué d’errer, j’ai pris un appartement et j’ai décidé d’aller à l’université. Avec seulement un secondaire 3 en poche et mon expérience de la rue, j’ai quêté mon inscription universitaire. Quelle idée folle m’est venue en tête vous me direz. Mais pour moi, c’était la seule façon d’arriver à me faire entendre et de rendre à la rue ce qu’elle m’avait permis de devenir. C’est-à-dire une femme forte et déterminée, une femme se battant contre les injustices sociales.

Le père Pops (prêtre montréalais reconnu pour son intervention auprès des itinérants) a toujours cru en moi et m’a aidé à obtenir une bourse d’études. Mais après un an de belle réussite, j’ai abandonné, car à cette époque je jugeais que l’université n’était pas nécessaire. Ce n’est que lorsque j’ai eu ma fille que je suis retournée sur les bancs de l’école pour m’y donner à 100%.

Aujourd’hui, Draft n’est plus de ce monde, mais elle reste gravée dans mon cœur. Pour elle, je continue à gravir des montagnes pour arriver à mon but: améliorer les conditions de vie des personnes itinérantes et leurs animaux de compagnie. Je termine bientôt ma maîtrise en travail social qui porte sur l’influence des animaux sur le parcours de vie des personnes itinérantes. Qui aurait cru !

En l’honneur de mon parcours, j’ai fondé un organisme à but non lucratif (Solidarité dans la rue) pour sensibiliser les différentes instances publiques, sociales et communautaires sur l’importance des animaux auprès des personnes vivant en situation de précarité. Depuis 3 ans, je passe Noël dans la rue pour apporter mon soutien aux personnes itinérantes et leurs animaux. À Montréal d’abord et depuis 2015 en Estrie (Sherbrooke) en l’honneur de mes racines.

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Autres textes sur Itinérance

Après la pluie… Le beau temps

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Histoire d’Alain Magloire et le décès d’itinérants

Police et itinérance

Violence à outrance

Raymond Viger        Dossier Santé mentaleItinérance

L’émission Tout le monde en parle avec Guy A. Lepage invite Pierre Magloire, le frère d’Alain Magloire, l’itinérant assassiné par les policiers de la Ville de Montréal en début de semaine.

Sans avoir vu les vidéos, sans avoir entendu les versions des témoins et des personnes impliquées, à froid, je demeure frustré de ce genre de situation.

Depuis 22 ans, je m’implique auprès de jeunes marginalisés. Je croise régulièrement des gens qui ont des difficultés de santé mentale.

Depuis 22 ans, lorsque je me couche le soir, je pense à tous ces gens que je connais. Je suis conscient qu’à tout moment, le téléphone pourrait sonner pour m’annoncer que l’un d’eux a été tiré par la police.

Ces gens qui se font brutaliser par la police, dans les heures avant que les malheureux événements arrivent, sont tellement intéressant à côtoyer. Des gens qui pourraient être un frère, un enfant, un parent…

Je suis et je demeure attristé par ces événements. Pourquoi le tuer plutôt que de le blesser dans une jambe ou autres? Pourquoi ne pas avoir des moyens alternatifs pour l’immobiliser tel que le teaser? Pourquoi nous retrouvons-nous dans de telles situations extrêmes?…

Parce qu’une société doit être capable d’inclure l’ensemble de ses citoyens. Parce qu’une société doit être capable de soutenir tous ses citoyens, incluant les plus fragiles et les plus vulnérables.

Il y a-t-il trop de personnes délaissées dans nos rues?

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Autres textes sur Santé mentale

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Parcours d’un itinérant

Comment devenir un itinérant

On ne naît pas itinérant, on le devient. Chaque itinérant a son histoire, ses raisons qui l’ont mené à la rue. Certains, comme Bernard Martin, doivent remonter à l’enfance pour comprendre pourquoi ils ont vécu en marge de la société. .

Dominic Desmarais    Dossier Itinérance

Bernard Martin est dans la mi-cinquantaine. Il est petit, mais tout de nerfs. Dans son appartement rempli d’objets hétéroclites, il se repose de sa longue course. Il en a fait du chemin, pour simplement apprécier la stabilité d’un toit au-dessus de sa tête. Pour s’extasier devant un garde-manger garni. Pour se sentir en paix. Le bonheur, pour lui, repose entre ces quatre murs étroits. Sur son divan, il scrute sa demeure des yeux comme s’il n’en revenait toujours pas

Parents alcooliques

Bernard n’est pas né dans la rue. Dès son jeune âge, il a appris à rester longtemps dehors, à traîner. Il y était mieux qu’à la maison, où l’orage menaçait tous les jours. Issu d’une famille de parents alcooliques, avec 11 enfants à s’occuper, Bernard n’a pas connu la ouate. Ses besoins essentiels, comme se nourrir et se vêtir, n’étaient pas comblés.

Ses besoins émotifs encore moins. «Mon père se défoulait souvent sur nous», raconte Bernard. «Il nous battait avec tout ce qui lui passait par la main. Mais le pire, c’était mentalement. Toujours l’engueulade, avec la claque derrière la tête et le coup de pied au cul.»

Ce que Bernard vit chez lui, ses cousins et cousines le subissent également. La vie de misère gangrène la famille élargie. C’est un ghetto. Il ne connaît rien d’autre que l’instabilité. Rien pour apaiser son besoin d’être aimé, encouragé et reconnu.

Chez la famille Martin, les études ne sont pas importantes. Bien que dégourdi et curieux, le petit Bernard ne reçoit aucun éloge pour ses résultats scolaires. Que l’école lui fasse sauter des années parce qu’il est trop fort pour les jeunes de son âge ne paie pas le whisky. Bernard doit se motiver par lui-même. Mais aller à l’école lui rappelle cruellement sa pauvreté. «Je n’aimais pas y aller parce que je n’avais pas de vêtements. J’y allais le ventre vide. J’avais honte.»

Voler pour vivre

Bernard réalise que le luxe ne viendra pas de ses parents. S’il veut des gâteries, il ne peut compter sur personne. Avec ses cousins, il chaparde de la nourriture dans les dépanneurs. Ils traînent dans les rues, avec de petits méfaits ils apprennent à s’endurcir, se battent entre eux… Ce qu’ils vivent à la maison, ils le reproduisent. L’alcool et le pot deviennent un moyen pour oublier.

«J’ai appris jeune à mentir. Quand mon père allait s’acheter du vin ou de la bière, il me payait pour que j’aille cacher les bouteilles. Ma mère le surveillait. Elle ne voulait pas qu’il boive sans elle. Alors elle me payait pour savoir où j’avais caché l’alcool. J’avais 7 ans et je savais jouer avec les deux côtés.»

Bernard est placé à trois reprises en foyer d’accueil. Mais aucun adulte ne réussit à l’apprivoiser. «J’ai foutu le bordel, dans les familles!» Bernard revient chez lui au sein d’une famille qui ne s’occupe pas de lui. À 12 ans, la maison est incendiée. Les 11 enfants sont disséminés au sein de la parenté. Bernard va vivre avec ses grands-parents. «Mon grand-père, gardien de prison, avait un grand cœur. Pour se faire un peu d’argent, il hébergeait d’anciens détenus, tout juste sortis de prison. Moi, je les côtoyais. J’ai appris d’eux.» Le jeune adolescent recherche l’admiration de ces hommes qui ont commencé, comme lui, par de petits larcins. Il a enfin des modèles. Il ressent pour la première fois de sa vie des encouragements. Mais surtout, il développe des contacts. Son horizon s’élargit.

Un criminel endurci

Bernard se met au trafic de stupéfiants. Lui-même consommateur de drogues douces, il commence à vendre dès l’adolescence. Il est approché par des motards de Montréal. Les Popeyes, les ancêtres des Hells Angels. «Je faisais de l’argent! Mais ça allait trop mal dans ma vie.»

Il abandonne l’école à 15 ans et se met en colocation avec deux amis à Québec. Ils font l’aller-retour à Rivière-du-Loup tous les jours. «La violence venait de commencer. Ceux qui dérangeaient notre petit commerce, on les mettait à leur place. On s’est fait une très bonne réputation. On marchait dans la rue et les gens changeaient de trottoir. Quand il se passait quelque chose, la police ne se posait pas de question. Elle venait nous voir directement.»

Menaces, intimidation, passages à tabac. La décennie 1970 débute dans la violence. L’enfant impossible à discipliner qu’il était hier encore n’est plus qu’un vague souvenir. Bernard, à 15 ans, est un criminel endurci. Il règne sur Rivière-du-Loup. Il détient l’argent et le pouvoir. Mais le bonheur, lui, se fait toujours attendre.

Meurtres

C’est à 16 ans que la vie de Bernard a pris un tournant décisif. Il est arrêté pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Un chauffeur de taxi de Rivière-du-Loup, impliqué lui aussi dans le trafic des stupéfiants, est retrouvé assassiné. Les soupçons convergent vers le jeune dur du Bas St-Laurent qui contrôle le territoire pour les Popeyes.

La nouvelle de l’arrestation de Bernard crée un émoi. «Rivière-du-Loup, c’est une petite ville. Pendant un mois et demi, soit le temps que la police trouve le vrai coupable, les médias et les gens m’ont associé au meurtre. Quand j’ai été libéré, ça n’a pas changé. Leur idée était faite. Les gens s’enfuyaient quand ils me voyaient. Alors que les criminels, eux, venaient me féliciter. C’est ce qui a tout déclenché. J’étais enfin reconnu! Les citoyens avaient peur de moi. Les criminels me demandaient conseil. Ça nourrissait mon ego. Là, j’ai commencé à faire du gros trafic.»

Bernard, qui n’avait jamais de sa vie reçu l’estime de ses pairs, voguait sur un nuage. Enfin, il existait aux yeux de gens importants. Peu lui importait que ce soit des gens d’un milieu malsain. Après tout, ces personnes qui le regardaient avec admiration étaient redoutées et respectées par bon nombre de gens. Ce nouveau sentiment lui faisant voir la vie en grand.

De la rue à la prison

Bernard passe plusieurs années entre deux eaux. Entre des combines lucratives qui le font vivre comme un pacha, la rue ou une cellule qui le tient à l’écart du monde.

Après des années de ce manège, Bernard sent qu’il tourne en rond. Il veut se recycler. La jeune vingtaine, il aspire à une vie normale. «J’avais entendu dire que dans les prisons fédérales, ils t’aidaient. Ils offraient des thérapies et des cours pour apprendre un métier. J’étais tanné. Je voyais les autres et ça me donnait envie de changer de vie. Je voulais être normal. Je savais que j’étais travaillant. Que j’avais beaucoup de potentiel. Je voulais le développer.»

Bernard est envoyé au pénitencier Leclerc. La prison des Hells Angels. Il se sent en sécurité, avec eux. Et cette vieille histoire de meurtre, alors qu’il n’avait que 16 ans, lui ouvre des portes. «La confiance régnait. J’avais fait mes preuves. Moi, j’amplifiais l’histoire. Je ne disais jamais que le coupable, ce n’était pas moi!»

Drogue et prison

Bernard profite des thérapies et des cours offerts à l’établissement. On lui demande d’exercer le rôle d’exterminateur de bestioles. Pour ce faire, il a accès à toutes les ailes de la prison. Il est le rare privilégié à pouvoir se promener librement à l’intérieur de l’établissement. «C’est moi qui faisais la livraison, les commissions. J’allais partout! J’avais un entrepôt pour mes produits qui sentaient fort. Ça cachait l’odeur de la drogue. Les chiens ne pouvaient pas sentir la marchandise.»

Bernard est incapable de mener une vie stable. Si, enfant, il passait son temps à traîner dans les rues pour fuir la maison familiale, il partage sa vie adulte entre des projets éphémères et la prison. Il erre dans la vie sans savoir où se poser.

«Je couchais dans des refuges, au centre-ville. Tu sors de prison, t’as rien. Ils te donnent un chèque de 50$, quand ils te donnent quelque chose, puis ils te foutent dehors. Tu te gèles pour oublier les deux ans que tu viens de passer en dedans.» Quand Bernard sort de prison, il se dirige vers la rue. Il y vit un certain temps, jusqu’à ce qu’il se tanne et qu’il trouve une combine qui le fait vivre comme un prince. Et il se défonce.

«Malgré les thérapies suivies en prison, je n’étais pas encore assez tanné de ma vie pour m’en sortir. J’étais tranquille pendant un an ou deux, puis je faisais une petite arnaque et je retournais en dedans.» Il a fait cela pendant 40 ans.

Changer, mais comment?

Quand Bernard sortait de prison, sa priorité, c’était de trouver de l’argent pour consommer des drogues. Par la fraude, le recel ou toute autre combine. «J’avais de l’argent pour payer un loyer, mais je préférais geler mes émotions. L’itinérance, c’est un cercle vicieux. Les refuges offrent un toit et à manger. Mais ils deviennent un port d’attache. J’ai mon chèque du bien-être, je peux aller me geler la face et j’aurai quand même un toit, des vêtements, de la nourriture. C’est maintenant que je le réalise. À l’époque, c’est un mode de vie que j’avais appris sans me poser de questions. J’avais des problèmes émotionnels comme tout le monde. Mais j’ai juste appris à les geler. Si j’avais à choisir entre consommer ou payer mon appart, le choix était facile.»

Dans la rue, Bernard se lie à d’autres itinérants. C’est son monde. «Quand j’étais dans la rue, ce que je voulais entendre, c’est où est le pusher, combien ça coûte. Dans la rue, on cherche l’argent facile. J’avais de l’argent tous les soirs. Puis, comme je n’avais plus d’argent, je retournais dans un refuge.»

Aider de la bonne façon

Bernard passe de refuge en refuge. Les possibilités diminuent à mesure que ses prises de bec avec les employés s’intensifient. Il se trouve une niche au refuge Welcome All. Un premier pas vers la sédentarité.

«On a le droit d’y rester 3 mois si on y fait du bénévolat. On a une sécurité. Notre dortoir et notre cafétéria sont à part. Ça veut dire qu’on n’a pas à partir dès 6 ou 7 h du matin. Parce que dans les refuges, ils te lèvent à 6 h, te donnent le déjeuner à 7 h, un café et 2 toasts, et ensuite ils te foutent dehors. Tu tournes en rond jusqu’au souper à 17 h.»

Il demeure un mois et demi au Welcome All à faire du bénévolat. Puis, le refuge lui présente des intervenants affiliés avec l’hôpital Douglas qui a reçu du gouvernement fédéral le mandat du projet Chez Soi pour sortir 500 itinérants de la rue en 5 ans. «Après m’avoir questionné au sujet de mon itinérance, on m’a choisi pour le programme de logement subventionné.» Ce qui signifie que les intervenants du projet l’aident à se trouver un appartement et à le payer. «Ça a pris huit jours pour qu’ils me dénichent un endroit. J’ai reçu des meubles flambants neufs», dit-il tout fier de son trésor bien à lui.

Bernard ne tarit pas d’éloges pour les gens de l’hôpital Douglas. Une différence tranchante avec son mépris pour les refuges qui lui ont procuré un toit et des repas. «Je me suis tout de suite senti reconnu, dès notre première rencontre. Toutes les semaines, ils viennent chez moi pour voir comment je vais. Ils s’occupent de moi de A à Z.»

La vie d’itinérance semble avoir eu raison de la nature rebelle de Bernard. Il fait tous les efforts pour conserver son nouveau statut de locataire. «Je vais au centre Dollar-Cormier toutes les semaines pour m’aider à comprendre pourquoi je consommais autant. C’est la même chose pour le YMCA. Dès que ça ne va pas, je sais où aller grâce au projet Chez Soi. C’est ce qui est dommage pour les itinérants. Ils ne connaissent pas les ressources qui pourraient les aider à sortir de la rue.»

Se poser, enfin

Bernard habite un petit appartement en plein centre-ville de Montréal. Son chez-soi ressemble à la caverne d’Ali Baba. Il croule sous l’amas d’objets hétéroclites qui meublent les deux pièces et demie de son logis. De la vaisselle, de l’encens, des objets décoratifs, des œuvres d’art. Comme un itinérant qui amasse les objets qu’il trouve. Pour Bernard, tous ces biens ont une valeur inestimable et donnent à son loyer une atmosphère sereine. Il prend un soin jaloux du peu qu’il possède. Il a tourné le dos pour de bon à l’itinérance.

«Depuis un an, j’ai changé mon monde. Je ne vais plus dans le centre-ville avec les sans-abris. Je ne vois plus ceux avec qui je consommais. Personne ne vient me visiter. Je ne veux pas. C’est chez moi. Je suis bien, je n’attends plus après personne. Je me sens bien dans mes petites affaires. Dans la rue, j’ai appris à mentir, aux autres et à moi-même, à consommer. Je ne me respectais pas.»

Après une vie de vagabondage, de crimes et de consommation, Bernard Martin recherche le repos. Une vie calme qui commence chez lui. Il lui a fallu toutes ces expériences pour comprendre qu’aujourd’hui, à 55 ans, il est prêt. La stabilité a longtemps été une inconnue. Maintenant qu’il l’a, il ne veut plus s’en départir. Un rêve si simple qui lui a pris 40 ans à réaliser.

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Hébergement sécuritaire pour femmes dans Hochelaga-Maisonneuve

Hochelaga-Maisonneuve

La Maison Sainte-Catherine

Après une attente d’un peu plus d’un an, le Carrefour d’Alimentation et de Partage (C.A.P.) Saint-Barnabé a ainsi pu procéder à l’inauguration de la Maison Sainte-Catherine après neuf mois de travaux et des investissements importants. Cette nouvelle résidence de logements communautaires s’adresse aux femmes dans le besoin d’Hochelaga-Maisonneuve.

Anders Turgeon Dossier Communautaire

Lundi le 25 février dernier a eu lieu l’inauguration officielle de la Maison Sainte-Catherine — une nouvelle résidence de chambres destinées aux femmes seules dans le besoin et/ou à risque d’itinérance — au C.A.P. Saint-Barnabé à l’occasion d’une conférence de presse. Cette dernière réunissait l’ensemble des acteurs des milieux politique et communautaire ayant participé à ce projet :

  • Jeannelle Bouffard, directrice générale du C.A.P. Saint-Barnabé;
  • la sénatrice conservatrice Suzanne Fortin-Duplessis au nom de Diane Finley, ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences et ministre responsable de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL);
  • Carole Poirier, députée provincial d’Hochelaga-Maisonneuve, au nom de Sylvain  Gaudreault, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (PQ);
  • Marjolaine Boutin-Sweet, députée fédérale d’Hochelaga (NPD);
  • Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve;
  • Benoît Dorais, responsable de l’habitation et du logement social au Comité exécutif de la Ville de Montréal;
  • Édith Cyr, directrice générale de Bâtir son quartier.

Bâtir le projet

Le projet de la Maison Sainte-Catherine est apparu suite à l’ouverture d’une résidence pour hommes itinérants ou à risque d’itinérance sur la rue Viau par le C.A.P. Saint-Barnabé. L’organisme voulait élargir son service d’hébergement aux femmes dans le besoin du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

« La mise en vente du bâtiment abritant une maison de chambres privées et le centre d’éducation des femmes La Marie Debout, constituait une opportunité unique d’y créer des logements supervisés tout en permettant aux futures résidentes de bénéficier de la proximité des services par La Marie Debout », a indiqué Mme Cyr.

Le C.A.P. Saint-Barnabé a acquis le bâtiment, situé au 3997-4001, rue Sainte-Catherine Est, en juin 2011. Le Fonds d’Acquisition de Montréal (FAM) mis sur pieds par Bâtir son quartier, a pu permettre cette acquisition. Mais l’état lamentable du bâtiment et la présence d’amiante dans sa structure ont conduit à une rénovation majeure représentant plus de 90 % de son bâti. Les travaux se sont échelonnés sur une période de 9 mois, entre décembre 2011 et septembre 2012.

Des ressources financières et humaines considérables

La rénovation du 3997-4001, rue Sainte-Catherine Est, a nécessité des investissements de l’ordre de 1,9 M$. Outre Bâtir son quartier, ces investissements proviennent d’agences et de programmes de subvention de la Ville de Montréal, de l’arrondissement Mercier- Hochelaga-Maisonneuve ainsi que des gouvernements provincial et fédéral.

Parmi ces agences et programmes de subvention, nous retrouvons notamment :

  • l’Entente concernant l’investissement dans le logement abordable 2011-2014 et la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) du gouvernement fédéral;
  • AccèsLogis de la Société d’habitation du Québec (SHQ);
  • Rénovation Québec de la SHQ;
  • Revitalisation urbaine intégrée (RUI) de la Ville de Montréal;
  • le Conseil pour le développement local et communautaire de Hochelaga-Maisonneuve (CDLCHM).

« Il y a de ces petits projets qui commandent que l’on remue ciel et terre pour les réaliser. Je soupçonne que la Maison Sainte-Catherine soit l’un de ces petits projets qui a exigé de ses promoteurs des efforts démesurés si l’on ne considère que la taille du projet », a souligné Benoît Dorais. À l’instar du responsable de l’habitation et du logement social au Comité exécutif de la Ville de Montréal, l’ensemble des acteurs du milieu politique ont reconnu la somme d’efforts et de travail qu’ont dû déployer les gens des organismes C.A.P. Saint-Barnabé et Bâtir son quartier pour mener le projet à terme.

Lutte à l’itinérance et revitalisation du sud-ouest d’Hochelaga-Maisonneuve

Aujourd’hui, grâce à la somme de travail et d’argent injectés dans le projet, les deux organismes ont ouvert la Maison Sainte-Catherine. Celle-ci comporte 14 chambres réparties sur deux étages, chacune possédant sa cuisinette et son cabinet de toilette. Deux salles de bain sont disponibles par étage. Par ailleurs, avant même son inauguration officielle, six des chambres de la Maison Sainte-Catherine étaient déjà occupées.

Les femmes obtenant une chambre à la Maison Sainte-Catherine ont l’opportunité de travailler à leur réinsertion sociale. Elles peuvent compter sur le soutien du C.A.P. Saint-Barnabé et du centre d’éducation des femmes La Marie Debout – logeant au rez-de-chaussée de la bâtisse abritant la résidence de chambres – pour ce faire.

L’inauguration de la Maison Sainte-Catherine s’inscrit dans le cadre d’actions visant à revitaliser le sud-ouest du quartier Hochelaga-Maisonneuve. « En juin 2011, à l’initiative de l’arrondissement, un comité local de revitalisation 25 membres issus des milieux économique, communautaire, syndical, municipal et de la santé, en plus d’élu(e)s locaux, [a été] créé, afin de jeter les bases d’un projet de revitalisation [du sud-ouest d’Hochelaga-Maisonneuve] et d’initier un plan d’action », indique le CDLCHM.

Une histoire à suivre, mais en attendant, longue vie à la Maison Sainte-Catherine!

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Exposition, itinérance et photographies

Des photos pour être solidaire des itinérants à Montréal

Les itinérants à Montréal

Corrid’Art, galerie créée pour les artistes féminines par Compagnie F, organise une exposition de photographies intitulée « Un regard solidaire sur l’Itinérance ». Cette exposition lève le voile sur le quotidien des itinérants et veut nous sensibiliser sur leur présence et leur vécu.

Anders Turgeon  Dossier Itinérance

itinérance montréal itinérants photo exposition photographiesLorsque nous nous déplaçons à travers Montréal, nous croisons des itinérants sur le coin d’une rue, devant un magasin ou dans le métro à l’occasion. La plupart du temps, nous ne faisons que peu ou pas attention à leur présence. Pourtant, ils font partie de notre société et vivent à proximité de nous.

«Ils pourraient bien être nos proches, nos amis, nos frères et sœurs, ils sont sans-abris… Ils n’ont pas choisi de dormir dans la rue. Nous voulons leur dire que nous pensons à eux, d’où vient l’idée de les photographier et de les faire parler à propos de leur vie», expose Erika Arrieta, l’instigatrice du projet sur l’itinérance.

Afin de nous sensibiliser à la réalité et au quotidien des itinérants, Erika a rassemblé ses amis, une équipe de six jeunes professionnels de tous les milieux, pour l’aider à aller rencontrer ces personnes vivant dans la rue. Durant ces rencontres, la professionnelle et son équipe ont photographié et recueilli les témoignages émouvants de plusieurs itinérants montréalais.

L’itinérance en photo

itinerant-itinerance-montreal-exposition-photosVous pouvez observer le résultat de ces rencontres à travers les différents clichés captant l’itinérance sur le vif, textes à l’appui de chacun d’entre eux. Les photos présentent un message clair : les itinérants vivent à côté de nous! Cette exposition offre une opportunité de comprendre davantage le phénomène de l’itinérance et de respecter ceux qui en sont victimes. Et, qui sait, vous pourriez contribuer à changer leur sort…

Du 12 au 26 septembre, aux bureaux de Compagnie F, 6323, rue Saint-Hubert, (métro Beaubien).

Informations Tamara Kvintradzé: 514-381-7333, poste 203.

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Fondation One Drop, l’itinérance et des bouteilles d’eau.

Canicule, eau et itinérants

Cirque du Soleil et Old Mission Brewery

Le Cirque du Soleil s’implique auprès des itinérants de la Old Mission Brewery en fournissant une grande quantité de bouteilles d’eau. Sous prétexte que les itinérants ne recyclent pas, cette eau ne leur a pas été donné!

Raymond Viger Dossiers Fondation One Drop, Cirque du Soleil, Itinérance, Environnement

fondation-one-drop-bouteilles-d-eau-guy-laliberte-cirque-du-soleilGuy Laliberté avec le Cirque du Soleil ont créé la Fondation One Drop dont l’eau est au coeur de sa mission. Le Cirque du Soleil a fait embouteiller de l’eau. Un don d’une grosse quantité de bouteilles d’eau a été fait à la Old Mission Brewery pour donner aux itinérants. Avec la canicule, il est important d’avoir accès à de l’eau.

Une seule condition accompagnait ce généreux don. Les bouteilles de plastique devaient être recyclées. Pour éviter une mauvaise presse, le Cirque du Soleil et la Fondation One Drop ne voulaient pas avoir cette impressionnante quantité de bouteille traîner dans les rues de Montréal.

Itinérance et recyclage

bouteilles-d-eau-fondation-one-drop-cirque-du-soleil-guy-laliberte-environnementPuisque les itinérants n’ont pas d’habitude de recycler les bouteilles qui ne sont pas consignées, la direction de la Old Mission Brewery a donc décidé de ne pas remettre les bouteilles d’eau aux itinérants! Ce sont donc les employés qui les utilisent tranquillement.

On veut aider les itinérants pour éviter que la canicule les affectent mais puisqu’ils ne recyclent pas, cette aide leur est refusée. Peut-on faire des omelettes sans casser des oeufs? Aurait-on pu trouver des alternatives à ce problème de conscience?

Intervention et recyclage

Aurions-nous pu identifier les bouteilles données par le Cirque du Soleil et la Fondation One Drop et remettre un dépôt à chaque itinérant qui ramène sa bouteille d’eau? Pour 10 000 bouteilles avec un dépôt de 5 sous, cela aurait nécessité un commanditaire de 500$ pour cette opération. Cela aurait pu être une façon de rendre accessible l’eau aux itinérants, leur donner un peu d’argent, s’assurer que les bouteilles sont recyclées. Cela aurait même pu être une occasion de sensibiliser les itinérants à l’importance du recyclage. Après tout, les itinérants qui vivent dans la rue, si c’est plein de bouteilles vides, cela les affectent autant que nous.

D’autres solutions auraient pu être trouvé. Mais celle d’empêcher les itinérants d’avoir accès à ces bouteilles d’eau était possiblement la moins acceptable de toutes!

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Des bouteilles d’eau, la Fondation One Drop et l’itinérance

Guy Laliberté, touriste de l’espace et la fondation One drop

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Témoignage: l’itinérance et la toxicomanie

Rencontre avec l’itinérance

Samir est un jeune polytoxicomane qui a connu l’itinérance. J’ai fait sa rencontre dans un atelier de poésie au centre de jour Spectre de rue.  Samir est probablement un des participants qui s’implique le plus dans les ateliers. Pour ma part, je suis sensible à cette triste réalité qui aurait pu me toucher.

Jean-Simon Brisebois, auteur de poésie urbaine. Dossier Itinérance

JS: Depuis combien d’années vis-tu l’itinérance?
Samir: Depuis 5 ans et demi.

JS: Qu’est-ce qui t’a amené à devenir itinérant?
Samir: Le goût de l’aventure, de voir ce que c’est vivre de l’itinérance.

JS: Qu’est-ce qui t’as amené à y rester?
Samir: La drogue, elle m’a amené à m’évader, elle m’amène un certain plaisir qui me donne de l’euphorie, ce qui me pousse à consommer de plus en plus pour oublier ma misère et mon itinérance.

JS: D’où provient cette misère?
Samir: Ma misère part de mon enfance blessée. Elle me donne de la difficulté pour trouver un travail, un logis. Mais en moi,  il y a un grand espoir de m’en sortir.

JS: Quels sont les moyens que tu prends pour t’en sortir?
Samir: Au départ, pour me venir en aide, j’ai fait appel à des intervenants du Centre Dollar-Cormier qui m’aident à comprendre ce qui m’amène à consommer. De plus, je fréquente les ressources du centre de jour de Spectre de rue qui me permettent de me reposer. Ils me confrontent sur mes problèmes de drogues (crack et pot) pour m’aider à m’en sortir.

JS: Quel est le message que tu veux faire passer aux jeunes grâce à ce témoignage?
Samir: Ils ne doivent pas se laisser influencer par les gens qui voudraient les amener pour une raison à consommer des drogues. Ils doivent dire non aux drogues. Il faut suivre le bon chemin de la vie, parce que vivre de l’itinérance n’est pas rose.

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