Toxicomanie: les retours de l’enfant prodigue

Témoignage d’un jeune toxicomane

Les retours de l’enfant prodigue

S’il est un bonheur magnifique dans la vie, c’est bien celui de mettre au monde un enfant. En même temps, on doit peu à peu faire le deuil de celui qu’on attendait afin d’accueillir celui qui est là.

C. Morency   Dossier Alcool et drogue

drogue-alcool-toxicomane-toxicomanie Combien de parents cherchent désespérément leur enfant, qu’il ait physiquement disparu ou qu’ils ne le reconnaissent plus dans ce qu’il est devenu. Empreinte de désespoir, de culpabilité, de regrets et de remords, la douleur ronge ses victimes jusqu’à les détruire. Nous avons connue cette douleur.

C’est par un froid matin de décembre que nous arrive ce fils tant attendu. Nous sommes des parents comblés, fiers et heureux. Dès son plus jeune âge, nous fondons beaucoup d’espoir en lui,  nous nous projetons en lui, c’est pourquoi nous tentons désespérément de l’amener à s’initier à toutes sortes d’activités.

Notre fils est de nature timide, voire inhibée. Il n’a que des goûts simples. Il est de plus d’une très grande sensibilité, il a tendance à s’isoler, à se réfugier dans le rêve ce qui a pour effet de nous faire redoubler d’ardeur pour le convaincre d’embarquer. À notre insu, nous refusons sa nature.

École et drogue

Dès sa rentrée à l’école, des problèmes plus sérieux se dessinent. Inquiets, nous consultons pour nous faire dire que notre enfant est tout à fait normal, qu’il n’est que différent, mais nous n’entendons pas à ce moment là le message qui nous propose de simplement l’accepter tel qu’il est et de cesser d’essayer de le faire devenir celui que nous voudrions qu’il soit. 

À l’adolescence, tout bascule: il s’oppose maintenant de façon agressive à l’autorité, il contrevient, la délinquance l’attire. Nous nous acharnons, nous l’inscrivons dans un collège privé où il sera, pense-t-on, mieux encadré, mais il est trop tard, il se s’intégrera pas à ce milieu.

À force de persévérance, nous parvenons à ce qu’il obtienne son diplôme d’étude secondaire et qu’il s’inscrive à une formation pour laquelle il n’a que peu d’intérêt. Sa réussite sera mitigée. À cette époque, il a déjà commencé à consommer différentes drogues. Nous nous doutons bien qu’il fume un joint de temps à autre mais nous ne nous en inquiétons pas outre mesure.

Quand il entre sur le marché du travail, il connaît là encore certaines difficultés que nous attribuons à sa malchance légendaire et nous refusons toujours de voir son malaise et son désarroi. Nous sommes tout de même fiers de ce qu’il a accompli, connaissant et admettant désormais sa vulnérabilité.

Nous tentons tant bien que mal de l’encourager, de façon trop souvent maladroite. Nous continuons de croire qu’un jour il s’éveillera et sortira miraculeusement d’une condition inexplicable et inacceptable pour les parents que nous sommes.

Rupture amoureuse et drogue

alcool-drogue-toxicomanie-alcoolique-toxicomane Il a maintenant des dettes, sa conjointe menace de le quitter, il s’enlise. Il consomme de plus en plus et les effets secondaires commencent à se manifester. Il souffre de psychose toxique et de paranoïa,  il nous effraie. 

C’est la déchéance totale, nous devons faire appel à la police pour nous protéger de lui. Nous n’abandonnons pas pour autant, nous réunissons la famille et tentons le tout pour le tout. Nous obtenons de lui qu’il entre en thérapie mais c’est peine perdue, il en ressort au bout de deux jours et retombe encore plus bas. Il vit maintenant dans la rue et dans des refuges pour itinérants. 

On nous a souvent conseillé, au cours de cette période, de l’abandonner totalement. C’était, nous disait-on, le seul moyen de l’aider ou au moins de ne pas sombrer avec lui. Mais comment peut-on refuser de nourrir et d’abriter son enfant, celui dont on rêvait et en qui on continue de croire malgré la cruelle réalité. On ne laisse pas un chien dehors.

Nous n’aurions pas pu nous y résoudre s’il n’y avait eu cette opportunité qui s’est presque miraculeusement offerte de tout quitter pour rejoindre notre fille à cent lieux de chez nous. Nous sommes donc partis, la mort dans l’âme. Je le revois encore assis sur un banc de parc, la tête entre les mains, pleurant suite aux adieux que nous venions d’échanger. 

Il m’a fallu puiser dans ce qui me restait de courage pour ne pas faire demi-tour et le prendre dans mes bras, mais j’avais passé le point de non-retour, j’avais lâché prise, enfin presque, car je ne pouvais m’empêcher de rêver que, peut-être un jour, nous nous retrouverions.

Il a fallu aussi beaucoup de courage à mes deux autres fils pour assumer à notre place le rôle ingrat de refuser l’accès au domicile familial à leur frère. Ils ont fait preuve de fermeté mais aussi de beaucoup de compassion. Ils ont acquis une certaine maturité au cours de cette expérience qui leur servira sans doute dans leur vie personnelle. Comme quoi on peut toujours retirer quelque chose de positif même de situations qui nous semblent pourtant stériles.

Difficultés d’une thérapie

Ce n’est que neuf mois plus tard, comme au terme d’une nouvelle grossesse, que notre fils, à bout de ressources, a décidé de se prendre en main et d’entrer en thérapie. Ce n’est qu’après un premier mois, très douloureux pour lui mais aussi pour nous car nous avions complètement perdu sa trace, qu’il s’est enfin manifesté. Il a téléphoné à son frère le priant de nous avertir pour ne pas qu’on s’inquiète de lui. Puis nous avons pu communiquer avec lui. Ces échanges étaient très timides au début, pas question de s’emparer à nouveau de son problème, nous devions apprendre ou réapprendre à lui faire confiance et le laisser venir vers nous. 

Au bout de six mois de thérapie, il nous a invité à une remise de diplôme attestant de tous ses efforts. C’est avec émotion qu’il a livré son témoignage et que nous sommes venus nous joindre à lui pour dire notre bonheur de le retrouver.

Certains des jeunes et des moins jeunes qui assistaient à la scène, versaient une larme de joie mais aussi peut-être d’envie en nous écoutant. Trop de ces gens qui se retrouvent dans ces centres, ne sont en fait que des grands enfants négligés voire même abusés, que notre système social n’a pas su protéger quand il en était encore temps et qui n’ont que peu de recours pour se sortir de la misère morale dans laquelle ils stagnent.

Nouveau milieu de vie

Nous avons donc proposé à notre fils de tout recommencer dans un autre milieu, c’est-à-dire loin de ceux qui se disaient ses amis et qui risquaient de l’entraîner dans une rechute, de venir vivre avec nous au Manitoba. Notre fils est un homme courageux, il a sauté sur l’occasion et est venu nous rejoindre dès que ce fut possible. 

Il a fallu de part et d’autre réapprendre à vivre ensemble en évitant les pièges qui ne manquaient pas de se manifester. Nous avons, pour notre part, dû apprendre à composer avec une toute nouvelle personne, nous reconnaissions certains de ses traits de caractère bien sûr, mais nous découvrions aussi des aspects de lui qui nous étaient complètement étrangers. Nous avons dû nous faire violence parfois pour ne pas retomber dans nos vieux patterns. Que de discussions nous avons eu, son père et moi, afin de trouver un consensus pour faire face à des situations que nous appréhendions de façon différente.

Lui de son côté, je présume, a certainement connu des moments plus difficiles, mais comme il ne se livre pas beaucoup, nous avons dû apprendre à respecter cette réserve.

Nouveau mode de vie

Nous nous sommes, au fil du temps, aménagé un nouveau style de vie où chacun a dû faire sa place. Nous avons appris à mieux nous connaître et à nous apprécier. Peu à peu, une certaine routine s’est installée et nous avons retrouvé la sérénité. 

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait et on ne peut jurer de rien, peut-être qu’un jour il nous quittera. Il en parle parfois, mais je crois que s’il le fait ce sera avec une toute nouvelle assurance, du moins je me plais à le croire. Cette pause dans sa vie lui aura permis de faire le point, de récupérer peut-être ce qui lui avait manqué et de repartir sur de nouvelles bases. 

Pour notre part, nous apprécions chaque instant  passé en sa présence, nous remercions le ciel de nous l’avoir rendu. Nous nous estimons plus que chanceux et nous compatissons avec tous les parents qui n’ont pas notre chance. Nous espérons enfin que notre société se fera un jour une fierté de venir réellement en aide à tous ces jeunes qui vivent des difficultés et à leurs parents. Nous souhaitons aussi qu’elle reconnaisse chaque réussite au même titre qu’elle reconnaît des succès sportifs ou artistiques, car sortir d’un tel enfer demande une énergie incroyable et un courage inouï. 

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Danse sur Paris

Par Gabriel Alexandre Gosselin Dossier Forum Jeunesse France-Québec 2010

Calendrier 2011 du spectacle aHÉROSol

Dès notre arrivée, l’énergie des artistes s’est répandue sur Paris. Interceptant les passants pour les saluer, effectuant quelques pas de danse dans les passages coincés et sinueux de la ville, il était évident que ces artistes de la rue étaient dans leur élément.

Laissez-moi vous raconter une histoire: une grogne des employés des lignes de chemin de fer du pays fait rage depuis quelques mois. Le jour de notre arrivée, les manifestations des employés de la compagnie nationale de la SNCF reprennent. Résultat: notre train pour Tonnerre est retardé de 6 heures… Les breakers savent qu’à la gare de Lyon, des B-boys vont performer chaque jour. Ça tombe bien, on est tout près.

On marche jusque là et on cherche les artistes parisiens en question. Personne! Les break-dancers québécois décident IMG_0230alors eux-mêmes d’épater la galerie en se défiant dans une suite de mouvement improvisée. Les passants ont semblé apprécier et les breakers se sont réchauffés pour le reste du séjour en France. Je vous laisse une photo, où Asian aide un jeune intéressé par leur performance à participer au jeu!

Tonnerre, ça promet!

Calendrier 2011 du spectacle aHÉROSol

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Quand un homme accouche.

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Centres jeunesse de Montréal

Centres jeunesse de Montréal

Ce poème a été composé par Kevin, un jeune pensionnaire de 14 ans des Centres jeunesse de Montréal. Il a été lu devant des milliers de personnes dans le cadre d’un concert bénéfice au profit de l’organisation.

J’veux t’dire

J’voulais t’dire Mom, j’m’excuse pour tout c’que j’t’ai fais subir,

J’t’ai traité d’conne quand t’essayais d’me prévenir,

Mais là j’ai compris, tu faisais ça pour mon bien,

T’as toujours été là quand j’voulais t’parler d’mon chagrin,

Sérieusement, pour moi t’es vraiment précieuse,

La seule chose que j’veux cé qu’tu sois heureuse.

J’ai faite des gaffes à plusieurs reprises,

Sérieux j’me trouve cave parce que cé ton cœur que j’brise.

T’as toute faite pour moi pis en retour, j’t’ai chié dins mains,

Mais saches que pour moi, décevoir cé l’quotidien.

Heureusement qu’té là malgré toute ce que j’t’ai faite,

J’voulais m’excuser pis t’dire que j’regrette.

J’veux te dire que sans toi, dans ma vie tout va mal,

J’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vitale,

J’veux t’dire que j’t’adore pis qu’chu prêt à tout pour toi,

J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que j’serais sans toi.

J’te l’ai-tu déjà dit, merci de m’avoir mis au monde,

Yo, sérieux, té c’que j’ai d’plus précieux au monde.

J’m’excuse pour toutes les fois que j’t’ai fais verser des larmes,

J’veux t’dire que sans toi, yo, ma vie tourne au drame.

Sérieux j’t’adore, même si j’te l’dis pas souvent,

J’t’ai causé trop d’torts mais j’ai changé maintenant.

Yo, j’ai compris trop tard que j’perdais trop d’temps,

J’vais plus t’faire souffrir, ça j’en fais l’serment.

J’peux faire tout ce que tu veux, te voir heureuse cé mon vœu.

Dans c’texte j’passe aux aveux, une mère j’en ai pas deux.

Avec toi chu heureux, sans toi j’deviens peureux.

À toutes les soirs j’prie Dieu pour qu’on se rapproche tous les deux.

J’veux te dire que sans toi, dans ma vie tout va mal,

J’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vitale,

J’veux t’dire que j’t’adore pis qu’chu prêt à tout pour toi,

J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que j’serais sans toi.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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FER: jeunes marginaux, musique punk et rap

FER: jeunes marginaux, musique punk et rap

François Richard   Dossiers Festival d’expression de la rue, Jeunes de la rue et Organismes communautaires

Entrevue avec une Pair Aidante organisant le FER

L’équipe organisatrice du FER a vécu son lot de difficultés cette année. Le Festival aurait bien pu ne pas avoir lieu suite au refus de l’Université du Québec à Montréal d’accueillir l’événement sur son terrain de la Place Pasteur (rue Saint-Denis). Depuis sa création il y a 12 ans, toutes les éditions du FER s’étaient déroulées à cet endroit. Le Festival aura finalement lieu au Parc de la Paix, rue Saint-Laurent, lors du dernier week-end du mois d’août et ses organisateurs peuvent enfin mettre de côté la recherche d’un terrain pour consacrer leurs énergies à la préparation de l’événement. Malgré les délais qui raccourcissent, l’une des organisatrice du FER, Kim Heynemand, a accepté de laisser de côté son travail quelques minutes afin de s’entretenir avec Reflet de Société. Elle nous parle de l’organisation du FER, du milieu des jeunes de la rue auquel il s’adresse et des difficultés de cohabitation entre marginaux et autres citoyens dans le centre de Montréal.  

FER: spectacles musicaux, projection de flms, ateliers de sensibilisation

Kim est une Pair Aidante. Les jeunes participant à ce programme ont tous un vécu marqué par la vie dans la rue. Ils sont jumelés avec un organisme communautaire du centre de Montréal et viennent en aide aux jeunes de la rue. Les Pairs Aidants doivent de plus organiser chaque année le FER, un événement mariant spectacles musicaux, projection de films et ateliers sur différentes problématiques telles les maladies transmises sexuellement et les drogues dures. Les organisateurs du FER ont consulté les jeunes de la rue au cours des dernières semaines afin de connaître leurs préférences quant au contenu de l’événement qui leur est consacré. Plusieurs des spectacles présentés au FER mettent d’ailleurs en vedette des jeunes de la rue.

Programmation du festival

‘Nous devons avoir une programmation assez souple, car nous sommes souvent confrontés aux imprévus, explique Kim Heynemand. Parfois des jeunes que nous avons embauché sont en prison ou trop éméchés pour jouer quand l’heure de leur spectacle arrive. Le contraire est aussi vrai: des jeunes dont nous n’avions plus de nouvelles refont surface à la dernière minute et veulent participer. C’est pourquoi nous privilégions les soirées de type micro ouvert, comme ça il est plus facile de déplacer des performances au cours d’une soirée.’ Elle précise toutefois qu’une partie importante de la programmation est fixe, notamment les activités de jours comme les kiosques d’information et de sensibilisation.

Rap, culture, identité

En plus des aléas des horaires de chacun, Kim doit composer avec une difficulté particulière: elle est en charge de l’organisation de la journée hip-hop. Et alors? ‘Bien, dans le comité organisateur, nous sommes tous des punks.’ Kim explique ensuite que de plus en plus de jeunes de la rue adhèrent à la mode hip-hop plutôt que punk. ‘Ça ne créé pas de conflit particulier, mais il y a de grandes différences dans la culture. Contrairement aux punks, les hip-hop ne tirent pas de fierté du fait de vivre dans la rue. Ils ont le même mode de vie, font appel aux mêmes ressources de soutien, mais ils n’en font pas un élément central de leur identité.’

Marqué au FER

La thématique de cette année est ‘Marqué au FER’, en référence à l’attention particulière de la part des policiers dont sont l’objet les jeunes de la rue. ‘Dans le cas des punks, ça m’a toujours semblé évident. Avec les cheveux colorés, les vêtements militaires et les grosses bottes, il est normal qu’ils soient aisément identifiables. J’ai par contre été surprise d’apprendre que les policiers du centre-ville connaissent tous les rappeurs de la rue par leur nom. Quand tu vis dans la rue, tu deviens une espèce de propriété publique. Des tas de gens te connaissent, mais vu le grand nombre de rencontres que tu fais dans une journée, tu ne peux pas te souvenir de tout le monde.’

Pousser les jeunes dans le fleuve

Paradoxalement, une des raisons pour laquelle les jeunes de la rue deviennent une propriété publique, c’est qu’ils doivent de plus en plus ‘occuper des espaces semi-privés, explique Kim. Les jeunes sont systématiquement expulsés des parcs, ils doivent donc se rabattre sur les entrées de commerce et les institutions, comme l’UQAM ou les stations de métro. Ça exaspère les propriétaires et les utilisateurs, mais on ne peut pas pousser les jeunes dans le fleuve. Si on les bouge d’un lieu, ils en occuperont un autre.’ En ce sens, le déménagement du FER est conséquent. ‘Ça fait des années qu’il n’y a plus de jeunes de rue à la Place Pasteur, l’UQAM les chasse systématiquement de leurs propriétés.’

Soirée punk

Le FER tente d’atténuer les tensions qui surviennent continuellement entre marginaux et autres habitants du quartier. Les résultats sont difficiles à évaluer, selon Kim. ‘Ça peut occasionner de belles rencontres. C’est sûr que pour un non-initié, la soirée punk vers 10-11 heures est peut-être à éviter, mais les activités hip-hop et les ateliers d’après-midi nous permettent de rejoindre un public d’horizons divers.’  Kim affirme que le FER fait un grand bien à des jeunes qui ont des histoires de vie souvent pénibles. ‘Ils peuvent passer trois jours dans un parc sans se faire tasser. Ça les valorise de participer, même si c’est simplement pour donner un coup de main à l’entretien. Ils en parlent encore des mois plus tard.’

                                                                                            ***

Le FER aura lieu les 26-27 et 28 août au Parc de la Paix, situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque. Nous publierons la programmation complète de l’événement lorsqu’elle sera disponible.    

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Photos urbaines

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Le FER sur Saint-Laurent à la fin de l’été

Le FER sur Saint-Laurent à la fin de l’été

François Richard   Dossiers Festival d’expression de la rue, Jeunes de la rue et Organismes communautaires

La treizième édition du Festival d’expression de la rue (FER) se déroulera à la Place de la Paix, un parc situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque, dans le centre-ville de Montréal, les 26, 27 et 28 août 2009. Cette nouvelle est tout un soulagement pour les organisateurs qui se retrouvaient sans lieu où tenir le FER suite au refus de l’UQAM de l’accueillir sur son terrain de la Place-Pasteur, rue Saint-Denis, où les éditions précédentes avaient eu lieu.

Jeunes marginaux du centre-ville de Montréal

La décision de l’UQAM de refuser au FER l’accès à son terrain avait d’ailleurs fait l’objet d’une polémique le mois dernier. Les organisateurs du Festival avaient à cette occasion publié une lettre ouverte dans les journaux montréalais et avaient accordés une entrevue à Reflet de Société. Les signataires de la lettre ouverte qualifiait de discriminatoire la décision de l’université sous prétexte que le Festival Juste pour rire pourrait utiliser le terrain dont l’accès leur était refusé. Le profil des participants au FER, soit les jeunes marginaux et itinérants du centre-ville de Montréal, aurait selon eux amené l’UQAM à vouloir se dissocier de l’événement.  La direction de l’université avait réfuté ces allégations lors d’un entretien avec Reflet de Société. L’institution avait plutôt justifié son refus par un simple conflit d’horaire entre la tenue du FER et les activités liées à la rentrée scolaire de septembre.

Place de la paix

Après beaucoup d’inquiétude et d’incertitude, la Place de la Paix sera donc prêtée au FER par l’arrondissement de Ville-Marie. Bien que l’arrondissement ne contribue pas financièrement à la tenue de l’événement, il fournit gratuitement un permis d’occupation du parc, dont le coût s’élève normalement à environ 2 500$. La contribution de l’arrondissement se traduit aussi par le prêt de matériel municipal: barrières, tables de pique-nique, fermeture de tronçons de rues, etc.

Subventions gouvernementales et bailleurs de fonds

Si les organisateurs du FER sont soulagés par la confirmation de la possibilité de tenir l’événement au centre-ville de Montréal, toutes les difficultés ne sont pas chose du passé. En raison du retrait d’une subvention du gouvernement fédéral, le FER est toujours à la recherche de 5 000$ afin de boucler un budget total de 16 000$. La Ville de Montréal et le Cirque du Soleil ont fourni chacun 5 000$ sur les 11 000$ que possèdent actuellement les organisateurs du FER. La subvention du Cirque du Soleil est destinée directement aux artistes qui prendront part au FER, leur permettant de toucher un salaire, symbolique, pour leur engagement.

La programmation détaillée du FER sera publié sur ce site dès qu’elle sera publique, soit au cours des prochaines semaines.

Vos commentaires sur Le FER sur Saint-Laurent à la fin de l’été

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Le FER déménage-t-il à la Place de la Paix?

Le FER déménage-t-il à la Place de la Paix?

François Richard Dossier Communautaire et Festival d’expression de la rue

Les organisateurs du Festival d’expression de la rue (FER) ont publié une lettre ouverte au début du mois de juin. Les signataires y dénonçaient le refus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) de leur céder le terrain de la Place Pasteur pour la durée du festival. Les douze dernières éditions de l’événement se sont déroulées à la Place Pasteur. Les responsables du FER ont affirmé être victimes de discrimination de la part de l’UQAM en raison de la clientèle de leur événement: les jeunes marginaux du centre-ville de Montréal. Ils invoquaient le fait que le Festival Juste Pour Rire puisse utiliser ces mêmes terrains en juillet pour appuyer leurs accusations. Le directeur des communications de l’UQAM, Daniel Hébert, a réagi au contenu de cette lettre.

Festival d’expression de la rue, centre-ville de Montréal

Selon la direction de l’Université, il n’y a pas de discrimination derrière la décision de l’UQAM de refuser au FER l’accès à ses terrains de la rue Saint-Denis. Daniel Hébert justifie la décision par la non-disponibilité du lieu en raison de la tenue d’événements soulignant le quarantième anniversaire de l’institution d’enseignement. L’UQAM a d’ailleurs accompagné le FER dans ses démarches auprès de l’arrondissement de Ville-Marie afin de trouver un autre terrain où tenir le festival, soit la Place de la paix, un parc situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque. Pourtant, en date du 30 juin, le FER n’avait toujours aucune confirmation de la part de l’arrondissement quant à la possibilité de tenir le FER à cet endroit.

Festivals à Montréal

Daniel Hébert rejette du revers de la main les accusations de discrimination. ‘Le Festival Juste pour rire a lieu en juillet, le FER a lieu en août. C’est la seule raison pour laquelle nous avons dit oui à un et non à l’autre.’ Il explique toutefois que s’il y a un problème spécifique lié à la tenue du FER sur les terrains de l’UQAM, ce n’est pas l’aspect ‘marginal’ des activités, mais plutôt le moment de l’année où ça se déroule. ‘La mi-août est la période de la rentrée pour le personnel de l’UQAM, le bruit et les animations perturbent donc grandement le travail de notre personnel.’

FER doit se trouver un nouveau parc à Montréal

Une fois les festivités du 40è anniversaire de l’UQAM passées, il est loin d’être certain que le FER puisse bénéficier à nouveau de l’hospitalité de l’université. Si Daniel Hébert précise que la porte n’est pas fermée, il insiste plutôt sur le souhait de l’UQAM d’utiliser la Place Pasteur pour y faire la promotion de différents projets de l’UQAM, ses étudiants et professeurs. Après ses désormais célèbres déboires immobiliers des dernières années, l’institution souhaite mettre en place un plan de relance incluant une présence plus marquée dans l’espace public. ‘Il est évident que l’UQAM va chercher à répondre à ses propres besoins et privilégier les projets qui émanent de sa communauté avant de répondre aux attentes de partenaires extérieurs’, explique Daniel Hébert.

Autre article sur le déménagement du FER

 

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

show_image Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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