Histoires des Noirs: Jackie Robinson

Les Royaux de Montréal et les Dodgers de Brooklyn

Mois de l’histoire des Noirs

Raymond Viger      Dossier Mois des Noirs

800px-JrobinsonEn 2016, le gouvernement du Canada célébrera officiellement pour la 20e fois le Mois de l’histoire des Noirs.

Un nom qui revient régulièrement quand on présente les Noirs qui ont marqué l’histoire est Jackie Robinson. Le 15 avril 1947, Jackie Robinson a été le premier Noir à jouer dans les Ligues Majeures de baseball.

Même si Jackie Robinson est un Américain et qu’il a joué pour les Dodgers de Brooklyn, en 1946, Jackie Robinson a habité au 8232 de Gaspé à Montréal alors qu’il jouait au sein des Royaux de Montréal, le club école des Dodgers de Brooklyn.

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L’histoire vu par les Blancs

Ethnocentrisme *

Une Histoire trop blanche

Les concepts d’Histoire et de civilisation tels qu’on les a enseignés pendant longtemps ne sont pas aussi universels qu’on voulait bien le prétendre. Ils étaient fortement teintés par une vision européenne et blanche du monde.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Interculturel, Mois de l’histoire des Noirs

réflexions sociales débats sociaux sociétéNous connaissons bien l’anthropologue Serge Bouchard par sa belle voix profonde et chaleureuse. Par ses propos éloquents que l’on a pu entendre à la radio ou à la télévision. Et aussi par ses écrits publiés dans Le Devoir et dans diverses revues, puis regroupés en de nombreux livres bien appréciés.

Son livre C’était au temps des mammouths laineux (2012), une collection de 25 essais, ne se lit pas nécessairement d’un seul coup. C’est un peu comme du sucre d’érable : très bon, mais riche et concentré. On en prend un morceau et on le laisse fondre dans la bouche. De la même manière, on lit un des essais de l’auteur, puis on y réfléchit.

Serge Bouchard nous fait réaliser à quel point l’Histoire, telle que nous l’avons apprise, ne correspond pas à ce qui a été réellement vécu par nos ancêtres. Comment la présence française aux États-Unis a été oubliée ou effacée. Comment les Amérindiens sont absents des mémoires, alors qu’ils peuplaient tout le continent que nous avons accaparé.

Ce que l’on nous a présenté comme une Histoire universelle objective et raisonnée n’était, en fait, qu’une épopée à la gloire des Blancs d’origine européenne qui se posaient en héros. Les autres peuples se fondant totalement dans le paysage.

Nos guides sur ce continent

On a occulté la présence des Noirs dans notre Histoire, comme le raconte Lilian Thuram dans son livre Mes étoiles noires, dont nous avons parlé dans le magazine Reflet de Société de février 2013.

Mais on a fait la même chose pour les Amérindiens, nos guides sur ce continent. Un Nouveau Monde pour les Européens, mais une vieille terre pour les Autochtones bien enracinés.

On a probablement sous-estimé, aussi, les effets du métissage sur notre société, des effets peut-être plus importants qu’on n’a pu le reconnaître jusqu’à maintenant. Métissage physique par le mariage, mais aussi culturel, par l’adoption de pratiques autochtones par les colons d’origine française.

L’Histoire telle qu’on l’a connue reposait sur une vision centrée sur l’Européen « civilisé » considéré comme supérieur aux autres « races », toujours inférieures à la sienne à divers degrés.

Cela faisait souvent partie du non-dit et de l’implicite, jusqu’à tout récemment. Tintin au Congo ou les films de cowboys et d’Indiens ne constituent pas que des exceptions, mais plutôt une norme encore présente dans les années 1950 et au début des années 1960, par exemple.

Le premier homme à se rendre au Pôle Nord, un Blanc américain ? Il dépendait plutôt de son assistant Noir sans lequel il n’aurait pas réussi. Et, encore plus ridicule, on ne parle même pas de la présence des Inuits dans ce pays qui était le leur.

Le premier homme à atteindre le sommet de l’Himalaya, un Blanc ? Grâce aux guides sherpas locaux, encore là. Sans eux, il ne se serait pas rendu bien loin.

Les explorateurs Lewis & Clarke aux États-Unis, les premiers à atteindre le Pacifique ? Pas sans leurs deux guides et interprètes, une Amérindienne et son conjoint Canadien français, qui faisaient le lien avec les peuples autochtones dont ils traversaient le territoire.

oiseau canard environnement foretEn 1534, Jacques Cartier découvre ce coin l’Amérique et en prend possession au nom du roi de France ? Il ne s’en est surement pas vanté devant les Amérindiens qui l’ont accueilli pacifiquement, dans ce qui était déjà leur propre pays. Ce sont aussi des « Indiens » qui les soigneront par les plantes, lorsque lui et ses hommes seront atteints du scorbut.

Dans une interview à la télé, Florent Vollant, lui-même innu, racontait que son père et son grand-père travaillaient comme guides pour les arpenteurs, les géologues, etc.  Tous les explorateurs ont reposé sur des guides locaux, sans vraiment leur donner crédit.

Pendant longtemps, d’ailleurs, les Blancs ont pris le crédit de tout ce qu’ils ont appris des guides locaux et des « primitifs ».

En fait, l’Histoire telle que nous la connaissons est une histoire de Blancs, et non pas une véritable histoire du monde. Une histoire qui s’est approprié tout ce qu’elle a touché, et qu’il est grand temps de remettre en question. Pas pour se flageller, mais pour voir les choses telles qu’elles sont et pour repartir du bon pied.

L’humanité est belle et elle est multicolore, multiculturelle.

______________________

* Ethnocentrisme : « Tendance à prendre comme modèle le groupe ethnique auquel on appartient et à ne valoriser que la culture de celui-ci. Une interprétation historique teintée d’ethnocentrisme » (Dictionnaire Antidote).

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Illustration de Normand Charest

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Mois de l’histoire des Noirs 3

Mois de l’histoire des Noirs 3

François Richard

Dossier Mois de l’histoire des Noirs

Mathieu Da Costa Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Troisième personnage, Mathieu Da Costa, interprète africain, ou d’origine africaine, pour les navigateurs français et hollandais auprès des autochtones canadiens au début du 17è siècle.

3. Mathieu Da Costa

Avant de raconter l’histoire de Mathieu Da Costa, il est important de préciser qu’il existe très peu d’informations à son sujet. Son nom n’apparaît en effet que dans quelques documents juridiques français et hollandais datant du dix-septième siècle et sa biographie est essentiellement inconnue. L’histoire de Mathieu Da Costa est donc intéressante surtout en ce qu’elle permet de prendre conscience d’une présence noire méconnue en Amérique du Nord aux tous débuts de la colonisation européenne, soit avant l’avènement de la traite des Noirs à grande échelle qui marquera l’histoire américaine au cours des deux siècles suivant. Mathieu Da Costa était un homme libre, venu travailler en Amérique en échange d’un salaire qui, pour l’époque, était élevé.  

Une existence juridique

Le nom de Mathieu Da Costa apparaît dans le compte-rendu d’un procès qui a eu lieu à Amsterdam au cours du mois de février 1607. Le litige porte sur un crime commis à Tadoussac quelques mois auparavant. Le bateau de l’explorateur français Pierre Dugua De Mons, qui a travaillé avec Samuel Champlain à l’époque, est alors attaqué par une flotte hollandaise. Selon le peu d’information disponible, l’interprète Mathieu Da Costa aurait à cette occasion été pris par les Hollandais, qui souhaitaient l’avoir à leur service. Il fait parti de ce que De Mons réclame au tribunal hollandais en réparation de l’attaque dont lui et ses hommes ont été victimes. Ces documents permettent d’établir que Mathieu Da Costa n’était pas d’origine européenne, puisqu’il y est affublé du qualificatif « nègre ». Son statut d’interprète entre les Européens et les Autochtones d’Amérique y est également précisé.

L’interprète emprisonné

Le nom de l’interprète apparaît ensuite sur un contrat d’embauche pour des voyages en Amérique qu’il a conclu avec De Mons à Amsterdam en 1608. Mathieu Da Costa est mentionné deux dernières fois sur des documents européens, au cours des années 1608 et 1609, notamment lorsqu’il purge une peine de prison dans la ville normande du Havre pour « insolence ».

S »il n’existe pas de preuve qu’il ait effectivement foulé le sol américain, le fait qu’il ait été à l’emploi de De Mons lors de l’attaque de Tadoussac permet de penser qu’il a accompagné l’explorateur dans ses voyages en Acadie et dans la vallée du Saint-Laurent.

Les explorateurs d’Afrique

La question qui surgit à l’esprit lorsque l’existence de Mathieu Da Costa est évoquée est : mais comment un Africain pouvait-il servir d’interprète entre les Européens et les Amérindiens? La côte Atlantique de l’Afrique est à cette époque visitée depuis près de deux siècles par les navigateurs et marchands portugais. Ces derniers ont établis des comptoirs de commerce permanents en Afrique et un dialecte de commerce, à mi-chemin entre le portugais et les langues africaines, s’y est développé. Comme les autres métiers à l’époque, celui d’interprète se serait transmis de père en fils, dans ce cas-ci de père en fils métis, issus des unions entre portugais et africaines. Ces métis étaient les mieux placés pour faire le pont entre deux cultures ayant peu à voir l’une avec l’autre et sont devenus au fil du temps autant des commerçants professionnels que des interprètes. Le nom Da Costa a d’ailleurs une consonance latine et permet de penser que Mathieu pourrait avoir eu des ancêtres portugais.

Il faut savoir de plus que les équipages des navires d’exploration européens étaient composés de gens d’origines diverses. Les « professionnels » de l’exploration étaient rarement attachés à leur pays d’origine et vendaient plutôt leurs services au plus offrant, à l’instar de l’Italien Christophe Colomb, qui a découvert les Antilles au nom de la couronne d’Espagne.

L’embauche d’interprètes africains procurait plusieurs avantages aux explorateurs européens, dont leur expertise de négociants interculturels professionnels, les similitudes entre les patois de commerce d’Afrique et d’Amérique et le fait que, puisqu’ils n’étaient pas Blancs, ils pouvaient constituer un équilibre dans les relations qui, déjà à l’époque, se dégradaient rapidement entre Européens et Amérindiens.

Mathieu Da Costa et le Canada

Si les historiens se montrent extrêmement prudents quant à l’existence et au rôle historique de Mathieu Da Costa, le gouvernement canadien n’hésite pas, pour sa part, à en faire un symbole de sa politique multiculturelle. Ainsi, un concours scolaire intitulé le Défi Mathieu Da Costa, visant à souligner le Mois de l’histoire des Noirs, se déroule depuis 1996 dans les écoles du pays. En 2009, la Chambre des communes a institué la Journée Mathieu Da Costa, à être célébrée à travers le pays la première journée de février. La mémoire de l’interprète africain est aussi soulignée au musée de l’Habitation du lieu historique national du Canada de Port-Royal à Annapolis, en Nouvelle-Écosse.

Ce billet est largement inspiré du texte Mathieu Da Costa et les débuts du Canada: possibilités et probabilités de A.J.B. Johnston, que vous pouvez consulter gratuitement en ligne.

Mary Ann Camberton

Le dernier personnage présenté dans le cadre de cette série sera Mary Ann Camberton, réfugiée américaine au Canada qui a vécu au dix-neuvième-siècle. Elle fut journaliste, fondatrice d’un journal en Ontario, recruteur pour l’armée du Nord durant la Guerre de Sécession, enseignante et militante de la cause noire.

Pour commenter ce billet sur le Mois de l’histoire des Noirs, veuillez consulter ce lien.

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Mois de l’histoire des Noirs 2

Mois de l’histoire des Noirs 2

François Richard             Dossier Jeux Olympiques.

jackierobinson Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Deuxième personnage, Jackie Robinson, premier joueur noir de la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs aux États-Unis.

Jeux Olympiques et Adolf Hitler

Avant de débuter le récit de la vie de Jackie Robinson, il est important de souligner l’apport symbolique de son frère aîné, Matthew, à la lutte pour la reconnaissance des Noirs comme êtres humains à part entière aux États-Unis et dans l’ensemble du monde occidental. Matthew Robinson est en effet monté sur le podium comme gagnant de la médaille d’argent à la course de 200 mètres lors des infâmes Jeux Olympiques de Berlin de 1936. Ces Jeux ont servi de vitrine mondiale au régime nazi d’Adolf Hitler, deux ans seulement avant le début de l’extermination des Juifs d’Europe.

Alors que le régime nazi tirait sa légitimité d’une idéologie mensongère, fondée entre autres sur la suprématie de la race blanche, deux noirs américains, Jesse Owens et Matthew Robinson, ont remporté les deux premières médailles lors de la course de 200 mètres, une épreuve jugée parmi les plus méritoires des Jeux Olympiques.

Mère seule, racisme

Jackie Robinson, le cadet d’une famille de travailleurs agricoles de cinq enfants, naît le 31 janvier 1919 en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. Il grandit en Californie au sein d’une famille monoparentale et est exposé durant toute sa jeunesse à la pauvreté et à la violence induites par le racisme virulent qui sévit à l’époque aux États-Unis.

Baseball, football, basketball

Malgré la pauvreté de sa famille, Jackie Robinson poursuit des études universitaires. Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour les sports. Il pratiquera jusqu’à l’âge adulte, en plus du baseball, le football, le basketball et l’athlétisme. Jackie Robinson amorcera d’ailleurs sa carrière sportive comme footballeur dans une université de Los Angeles.

Armée et ligue de Noirs

Jackie Robinson passe la deuxième guerre mondiale dans l’armée. Malgré son éducation universitaire, il doit se battre pour être admis à l’école des officiers de l’armée américaine. Finalement nommé deuxième lieutenant, il passera la durée de la guerre aux États-Unis. Démobilisé en 1945, il entreprend une carrière de joueur de baseball au sein des Monarchs de Kansas City, dans la Negro League. Il faut savoir qu’à l’époque, la ségrégation raciale étend ses griffes jusqu’au sein du sport professionnel.

Royals de Montréal

Le directeur des Dodgers de Brooklyn, dans la « ligue blanche », Branch Rickey, souhaite à l’époque recruter des joueurs noirs pour son équipe, persuadé que ces derniers ont beaucoup à offrir au baseball professionnel. Branch Rickey croit de plus que la présence d’athlètes Noirs dans la American Major League Baseball contribuerait à briser l’hostilité des Blancs à l’égard des afro-américains.

Jackie Robinson est donc recruté et envoyé au club école des Dodgers, les Royals de Montréal, afin d’y jouer sa première saison en 1946. Le public montréalais se montre enthousiaste devant les exploits de Robinson sur le terrain, mais l’équipe est confrontée à toutes sortes de difficultés, dont l’annulation de matchs dans le sud des États-Unis. 

Dodgers de Brooklyn

En avril 1947, il débute sa carrière avec les Dodgers et remporte le prix de la recrue de l’année. C’est sous leur uniforme qu’il passera le reste d’une carrière qui sera couronnée de succès. Jackie Robinson gagnera de nombreux prix, participera six fois à la Série Mondiale, la gagnera une fois, sera intronisé au Temple de la renommée et, comble de la consécration, l’ensemble des équipes de la American Major League Baseball retireront son numéro, le 42, en 1997, pour marquer le cinquantième anniversaire de sa première saison.

Racisme

Tout au long de sa carrière, Jackie Robinson a été confronté au racisme des spectateurs et des joueurs des autres équipes, parfois de la sienne. À force de persévérance, il a été accepté au sein de la ligue et d’autres joueurs noirs ont été recrutés au cours des années suivantes. La présence de ces joueurs afro-américains a permis des ouvertures raciales à l’extérieur des stades de baseball. Les équipes sur la route ont en effet transformé les habitudes de nombreux restaurateurs, hôteliers et entreprises de transport qui, par peur de perdre de lucratifs contrats avec les équipes de sport professionnel, ont dû se résoudre à servir les clients Noirs de la même façons que les autres.

Banque pour les Noirs

Suite à sa retraite du baseball professionnel en 1956, Jackie Robinson a accompli un autre exploit en devenant le premier vice-président noir d’une grande entreprise américaine, Chock full o’ Nuts, qui se spécialise dans la distribution de café. Dans les années 1960, il fondera la Freedom National Bank,à Harlem, quartier à majorité noire de la ville de New York. Cette institution financière dirigée par des Noirs visaient à assurer l’accès au capital aux afro-américains.

Jackie Robinson est décédé d’une crise cardiaque le 24 octobre 1972. Une statue honorant sa mémoire a été érigée devant le Stade Olympique de Montréal, sur la rue Pierre-de-Coubertin, en 1987. 

Pour en savoir plus sur Jackie Robinson, visitez le site Internet officiel ou celui des Minutes Historica du gouvernement du Canada.

Mathieu Da Costa

La personnage présenté la semaine prochaine sera Mathieu Da Costa, interprète d’origine africaine au service des navigateurs européens du seizième siècle auprès des Premières Nations du Québec et de l’Acadie.

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Mois de l’histoire des Noirs

Mois de l’histoire des Noirs

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1. James Douglas, 1803-1877

À un an de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Vancouver, il est pertinent de rappeler que le premier gouverneur de la Colombie-Britannique était un homme d’ origine africaine, élevé parmi les esclaves de la plantation de son père écossais en Guyane britannique, colonie située dans le nord-est du continent sud-américain.

Commerce des fourrures

Après des études en Angleterre, le jeune James Douglas s’installe au Canada à l’âge de 16 ans, en 1819, afin d’entamer une carrière de négociant dans le commerce des fourrures. Ses talents de gestionnaires lui valent d’ être nommé, à l’âge de 37 ans, responsable du District du Pacifique de la Compagnie de la Baie d’Hudson, devenant du coup responsable d’un immense territoire s’ étendant du Yukon à la Californie, à une époque où la région est dépourvue de gouvernement .

Premier Gouverneur de la Colombie-Britannique

Au cours des ans, alors que l’Empire britannique s’ investit progressivement dans le développement du nord ouest de l’Amérique, James Douglas détiendra une autorité commerciale, puis politique, lui conférant des pouvoirs énormes. En plus d’ être responsable de la Compagnie de la Baie d’Husdson, qui détient un monopole sur les activités commerciale de la région, il occupe le poste de Gouverneur de la Colonie de l’île de Vancouver de 1851 à 1864, puis devient le premier gouverneur de la Colonie de la Colombie-Britannique lors de sa création en 1858. Il occupera ces postes jusqu’à sa retraite en 1864.

Chercheurs d’or et guerre

Durant ses années à la tête de la future Colombie-Britannique, James Douglas a dirigé l’installation des premiers cultivateurs dans la région et a été, plus souvent qu’il ne l’aurait souhaité, au centre des nombreux et sanglants conflits qui opposaient cultivateurs et prospecteurs d’or aux nombreux habitants autochtones de l’extrémité ouest du continent. Sans soutient conséquent des autorités britanniques, James Douglas a parfois dû recourir à une justice expéditive afin d’éviter que les antagonismes entre les différents habitants du territoire sous sa gouverne ne dégénèrent en guerre ouverte.

Noirs américains et Canada

La politique d’installation de colons, notamment des Noirs américains fuyant l’esclavage, de James Douglas a fortement aidé le futur Canada à conserver le territoire de la Colombie-Britannique lors du tracé de la frontière canado-américaine, en 1846.

La vie de James Douglas illustre la richesse et la complexité de l’Histoire des Noirs en Amérique du Nord et permet de mieux comprendre l’apport des descendants d’Africains à notre société. Un apport de bâtisseur, et non une simple présence en tant que victimes.

Pour en savoir plus sur James Douglas

Jackie Robinson

Le personnage présenté la semaine prochaine sera Jackie Robinson (1919-1972),  premier Noir à jouer dans la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs.

Les Jeux olympiques de Vancouver veulent-ils discréditer le graffiti?

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