Vatican et l’ordination de femmes

Femmes et religion

Des femmes prêtres catholiques

Le saviez-vous? Les femmes qui souhaitent être prêtres catholiques ont une alternative pour suivre cette voie. Évidemment, le Vatican et l’Église Catholique romaine n’ont rien à voir là-dedans. Pire que ça, les femmes qui rejoignent le RCWP (Roman Catholic Women Priest) sont excommuniées.

Delphine Caubet  dossiers Religion et spiritualité, Égalité Homme-Femme

religion spiritualité femme égliseLe Roman Catholic Women Priest est né en 2002 en Allemagne quand 7 femmes ont été ordonnées par le prêtre indépendant Rómulo Antonio Braschi. Depuis lors, l’organisation a fait le tour du monde et regroupe environ 145 femmes prêtres.

L’ordination de femmes n’est pas la seule distinction du RCWP envers le Saint-Siège. Différence idéologique importante, ce mouvement n’accorde aucune importance à l’orientation sexuelle, que ce soit pour les prêtes ou les fidèles.

Au Québec, la seule femme à avoir rejoint cette organisation est Linda Spear. Pour en apprendre davantage sur cette septuagénaire qui suit son rêve depuis 2010, rendez-vous dans les pages de Reflet de Société dans les numéros à venir.

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Liberté, un sourire intérieur

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Milieu carcéral et l’aumônier

En prison

Seigneur, où es-Tu?

On nous a demandé, l’an dernier, d’enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus.

Tim Smart, aumônier de prison     dossiers CriminalitéReligion et spiritualité

prison spiritualitéUne chapelle jusqu’alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés. La théorie étant qu’une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d’être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d’une autre religion.

Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les affiches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises. L’autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu’on puisse les cacher par des rideaux, afin de ne blesser aucune sensibilité.

Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.

C’est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics. Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.

S’adapter

Quoi qu’il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotionnellement aux nouvelles conditions. Pour passer d’un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfessionnel.

Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur profil religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser. Nous avons aussi un plus grand nombre d’aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d’hommes de traditions diverses.

Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans. Un rabbin vient à l’occasion. Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu’une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l’accès au lieu de recueillement.

Malgré notre approche multiconfessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %. Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.

La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d’un autre édifice par d’autres personnes et avec un financement différent.

Cette séparation n’est pas surprenante, si l’on considère le passé trouble qu’ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.

Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.

Première fois

Ça ne vous surprendra probablement pas d’apprendre que la plupart des détenus n’étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération. Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.

La prison offre à certains d’entre eux l’occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d’explorer les traditions d’autres croyances.

Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois. Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants. Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.

Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert. Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l’étude de la Bible au cours d’une même semaine.

Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l’espoir et l’amour sont si rares; sans parler du pardon.

En tant qu’aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des fidèles pour l’Église anglicane ou pour la religion chrétienne. Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l’exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.

La religion, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération. Les aumôniers se méfient de ceux chez qui l’expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés. Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail. Nos raisons d’être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.

Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d’encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d’approfondir leur spiritualité et leur pratique.

Combattre le crime

Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles. J’étais heureux qu’ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux. J’ai peut-être même déjà dit : «Enfermez-les et jetez la clé!»

Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus difficile de les condamner pour toujours. Vous écoutez l’histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre. Vous commencez à comprendre à quel point l’on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des influences extérieures.

Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier. Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l’isolation, le temps de réflexion et l’enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions. On espérait que cette période d’isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d’où le terme «pénitencier».

À l’époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu’ils ont fait, et qu’ils vont profiter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation. Néanmoins, l’aspect religieux est devenu purement optionnel.

Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant. Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c’est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.

Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c’est de vivre en sécurité. Cependant, la plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n’est qu’une manœuvre électorale, dont le but est d’aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l’unanimité.

Temps difficiles

Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.

Et pourtant, dès qu’il fut au pouvoir, ce gouvernement s’est empressé de passer des lois et d’instaurer des règles afin que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu’il leur soit plus difficile d’accéder à une prison à sécurité minimale et plus difficile aussi de bénéficier d’une libération conditionnelle.

En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés – tels que l’accès aux livres, à l’éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.

Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d’être dur avec les détenus et de montrer à la population qu’on ne les dorlote pas. Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.

C’est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d’espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.

En tant qu’aumôniers œcuméniques représentant toutes les croyances à l’intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d’entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.

Comment les aumôniers pourront-ils offrir de l’espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?

Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système. Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs confidences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l’aide de bénévoles venus de l’extérieur.

Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu’ils comptent encore et qu’ils n’ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.

Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu’ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu’ils doivent vivre derrière les barreaux.

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Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l’église anglicane Grace de Sutton.

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Extrait du livre Après la pluie… Le beau temps.

Liberté… Un sourire intérieur

livre liberté poésie recueil sourire intérieurUn livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

Une belle suite pour mon premier livre de poésie, Après la pluie… Le beau temps. Parce qu’après la crise… on peut trouver la liberté… sa liberté.

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Un détenu et un moine font correspondance

Une amitié canado-australienne

Le détenu et le moine australien

Au début des années 80, je faisais partie d’une équipe de débats oratoires. La McGill Debating Union qui était, et est encore, une des meilleures équipes de débat du monde anglophone.

Colin McGregor,   dossier Chronique du prisonnierReligion et spiritualité

Catho-anti-capotePersonne n’en connaît vraiment la raison. Peut-être est-ce le climat politique tendu dans lequel McGill baigne. Une île anglophone dans une mer francophone effrénée, qui permet à ses étudiants de déjouer leurs homologues d’Harvard et d’Oxford sur n’importe quel thème. De la peine capitale au prix de la pizza.

Personne n’a jamais compris pourquoi nous performions si bien, mais cela m’a permis de parcourir le monde. Je ne serai plus jamais aussi intellectuellement intimidant que je l’étais avant, lorsque je brillais en tant que débatteur de la célèbre université McGill.

Rencontre

Il y a plusieurs années de cela, je me suis retrouvé en Australie. Durant des débats à l’Université de Sydney, je suis devenu l’ami d’Anthony, un débatteur nerd. Un être tranquille et passionné de lecture comme moi, dont on se moquait beaucoup – comme c’était aussi mon cas. Et pour que les membres du club de débat se moquent de vous, vous devez être vraiment très nerd.

Nous dînions et nous allions au cinéma, Anthony et moi; nous parlions de philosophie et de Dieu, des sujets peu à la mode, même à cette époque; et nous nous émerveillions du monde à haute voix. Blond, tranquille, au visage d’enfant, il avait grandi, comme moi, surtout en lisant des livres dans sa chambre. Il me montra son bureau, un sanctuaire dédié à l’étude, impeccablement rangé, dont la fenêtre donnait sur une baie lumineuse de l’océan Indien. Nos deux mères étaient mortes alors que nous étions encore jeunes; par conséquent, nous avions dû découvrir par nous-mêmes beaucoup de choses sur la vie.

Chaque fois que nous passions la journée ensemble, Anthony s’habillait de façon formelle, en vêtements bien pressés, souvent avec une cravate et un veston; ce qui est, en Australie, une manière réellement bizarre de se vêtir.

Lorsqu’il croisait des prostituées dans le quartier de Kings Cross au centre-ville, où elles faisaient le trottoir, Anthony exprimait sa frustration de ne pas pouvoir les en empêcher. Il se promit qu’un jour, il travaillerait en ce sens.

Hé, hé, je suis moine…

Des années plus tard, de retour à la maison, on m’a dit qu’il était devenu un moine dominicain. Je me demandais bien, dans ma prison, ce qu’il lui était arrivé.

Un jour, en lisant un magazine, je suis tombé sur une critique d’un de ses livres:Catholic Bioethics for a New Millenium, «Bioéthique catholique pour un nouveau millénaire». Publié en 2012 par les Presses de l’Université de Cambridge, cet ouvrage présente le point de vue de l’Église catholique romaine en matière de santé. On y trouve aussi des propos très francs sur le sexe et les procédures médicales. On reconnaissait bien Anthony sur la photo, avec peut-être le double du poids de sa jeunesse, mais avec le même visage d’enfant bien déterminé.

Ce que les vieux prêtres et les moines pensent à propos de sexe et de médecine peut sembler sans importance pour notre quotidien. Mais cela compte à l’échelle mondiale. En effet, personne sur Terre ne traite plus de patients et ne dirige autant d’hôpitaux que l’Église catholique romaine.

Seulement aux États-Unis, 77 millions de patients par année fréquentent des établissements catholiques; et dans beaucoup de pays, la plupart des hôpitaux sont dirigés par l’Église du pape. Alors, si vous souhaitez subir une opération pour changer de sexe dans ces contrées, vous devez respecter les règles établies par de vieux prêtres et des moines.

Comme Anthony l’explique dans son livre, l’Église ne favorise pas l’avortement et les condoms, pas plus que l’euthanasie pour les patients en phase terminale ou pour les condamnés à la peine capitale. Par contre, elle accepte les transplantations d’organes et elle cherche généralement à prolonger la vie à tout prix. Et oubliez les opérations de changement de sexe. L’Église catholique croit que vous n’êtes pas né homme ou femme sans raison; et que vous ne pouvez pas décider de changer d’équipe en cours de route.

Le magazine The Economist soutient que l’Église catholique a causé le plus grand génocide de l’histoire, par son opposition à la contraception et par la propagation du sida. Beaucoup plus de personnes sont mortes en n’utilisant pas le condom, qu’on en a tué dans les camps de concentration nazis, affirme The Economist.

Péripéties

Dans son livre, Anthony Fisher n’hésite pas à se servir d’un humour australien assez cru pour prouver son point. Il pèse, par exemple, le pour et le contre du sexe avec les poules. Et il en conclut que c’est mal. Car vous ne pouvez pas savoir si la volaille consent aux actes sexuels, écrit-il. Le «non, c’est non» est impossible à déterminer, si les poules ne peuvent que glousser.

Il soutient aussi qu’il ne suffit pas d’écouter sa conscience. Les nazis étaient convaincus de leur bon droit, lorsqu’ils construisaient les chambres à gaz et qu’ils envahissaient des nations. On a commis des crimes horribles pour des raisons que leurs auteurs croyaient justes. L’Église catholique se contente de donner son opinion; c’est à prendre ou à laisser, écrit-il.

Par delà les mers et les continents, je fais parvenir mes livres à Anthony et il m’envoie les siens. Il m’écrit, sur un admirable papier gaufré, qu’il prie pour «la paix de mon esprit».

C’est un homme bien qui organise des groupes de jeunes dans les quartiers pauvres de Sydney… Quoiqu’être pauvre à Sydney signifie que votre famille n’a que deux voitures dans l’entrée, plutôt que les habituels trois voitures et un bateau.

L’Australie est un pays vaste et riche où chacun vit loin de l’autre, sur de larges terrains remplis d’équipements sportifs qui le séparent de ses voisins. Vivants entourés de serpents et d’araignées venimeuses, les Australiens tendent à être indépendants, insouciants… et anti-intellectuels.

Anthony progressait dans sa carrière. Vers la fin de 2014, il fut nommé archevêque de Sydney. Sa plus grande préoccupation, lors de sa prestation de serment, tournait autour d’un énorme scandale de pédophilie.

Mais seulement deux jours après son élévation à ce poste, une prise d’otages eut lieu à deux rues de la cathédrale où il travaillait. Un sympathisant du groupe terroriste État islamique, Haron Monis, venait de prendre en otages 17 personnes innocentes au Lindt Chocolate Café, dans le quartier commercial de Sydney.
À la fin d’un siège de 16 heures, les policiers ont foncé: 2 otages sont morts, en plus du tireur. On pouvait voir tout cela en direct à la télé. Je l’ai suivi de ma cellule en prison. Le monde est plus petit qu’avant.

Blessures profondes

Les Australiens étaient bouleversés. Quelques heures après la fin du siège, le 16 décembre, Anthony célébra une messe à sa cathédrale de Saint Mary.

«Nous n’avons pas l’habitude d’entendre des mots comme “siège”, “terroriste” et “otages” associés à notre ville disait-il. Pourtant, le jour dernier, nous avons été soumis à des images et à des bruits provenant habituellement de pays étrangers… À l’aube, des coups de feu ont éclaté ; les policiers sont intervenus pour sauver des vies; il y a eu des évasions miséricordieuses, mais aussi des morts. L’enfer nous a touchés… La toile de fond de la lumière, qui se lèvera pour nous à Noël, est tissée de ténèbres… La vérité et la vie souvent viennent à ceux qui se sont égarés… dans ce qui est une culture de la mort plus qu’une culture de la vie.»

Que vous soyez ou non religieux, cela touche un point. Car c’est souvent dans le noir que la lumière nous apparaît plus rayonnante.

Une fresque de graffitis colorés illumine un quartier délabré. Une bonne action accomplie dans une prison, un hôpital ou un faubourg misérable a plus de valeur pour ceux qui en bénéficient que pour celui qui ne manque de rien.

Et parfois, de grandes épreuves sont nécessaires pour amener des personnes à changer. Pour qu’elles réalisent à quel point elles ont de la chance. Pour apprécier ce qu’elles reçoivent. Si vous ne perdez jamais, vous ne pouvez comprendre ce que cela signifie de gagner.

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autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D.

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    Magazine The Social Eyessocial-eyes-web

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    La prison et conflits religieux

    Accommodements raisonnables

    Liberté religieuse en milieu carcéral

    Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posé de Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posée de questions sur le milieu carcéral. La vie ne m’avait pas mis en contact avec ce monde et je ne l’avais pas cherché. En discutant avec nos chroniqueurs, j’ai découvert qu’en tant que citoyenne j’étais bien ignorante sur ce sujet. Pour pallier ces manques, je me suis mise en quête de réponses. Celle d’aujourd’hui: à quoi ressemble la liberté religieuse en prison?

    Delphine Caubet dossiers Religion et spiritualitéCriminalité.

    milieu carcéral accommodements raisonnables

    C’est la chronique de Jean-Pierre Bellemare en 2013 qui m’a mis la puce à l’oreille, il y parlait des accommodements raisonnables en milieu carcéral. Mais très honnêtement, j’avais du mal à saisir en quoi une assiette casher ou halal pouvait générer des tensions. Après tout, saupoudrer des aliments d’une prière n’a jamais rien enlevé ou ajouté au goût.

    Contrôle de qualité

    Pour tenter de comprendre «ces frictions quotidiennes» dont il fait référence, je suis allée à la rencontre de Jean-Pierre. Et ses explications m’ont laissée pantoise.

    «Ces régimes alimentaires entraînent un genre de contrôle de qualité», m’explique-t-il. Les détenus cuisinent eux-mêmes les repas et le cœur n’est pas toujours à l’ouvrage. Pour les diètes suivies et validées par un chef religieux, il y a une vérification des aliments et de leur qualité. Alors de suite, une différence peut se faire sentir.

    Autre point que je n’avais pas envisagé: la propagation des maladies. Pour chaque diète, il y a des ustensiles de cuisine différents, avec des aliments dans des frigos différents… «Alors si une cuillère est mal lavée et qu’elle est réutilisée dans un chaudron, ça peut être toute la prison qui attrape la gastro. Sauf ceux avec une diète spéciale puisque leur repas est préparé séparément.»

    Jean-Pierre n’est pas avare d’exemples de tensions résultant des accommodements raisonnables en prison. Il parle du marchandage des tapis de prière des musulmans ou du tabac réservé aux autochtones pour leurs cérémonies. Autant de matériel propice aux tractations diverses.

    Mais pour en apprendre davantage sur la religion en milieu carcéral, je suis allée voir l’un des hommes en 1ère ligne: l’aumônier.

    Lentement mais sûrement

    Si la pratique de la religion peut entraîner des tensions, elle n’en reste pas moins utile et nécessaire pour bien des détenus.

    Tim officie en milieu carcéral depuis plusieurs années et comme il le dit: «Travailler dans un pénitencier est un défi personnel. Les concepts d’amour et de pardon y sont plus vrais. Il y a un cœur sous cette peau de macho.» À quoi il ajoute sur le ton de la plaisanterie que ce n’est pas sa «gang» habituelle. Je veux bien croire.
    Durant ses visites, la religion n’est pas toujours impliquée. «Les détenus se font presser par les gardiens… par tout le monde… Moi je ne suis pas psy, j’attends l’autre. Ils doivent respirer. Cela peut être prendre une marche ou autre chose.» Lui a l’avantage de pouvoir se déplacer à sa guise dans le pénitencier, et va à la rencontre de ses ouailles là où elles se trouvent.

    Mais Tim, les détenus viennent-ils vraiment parler versets et chapitres bibliques avec vous? «Mon rôle est surtout d’écouter. Des détenus peuvent être frustrés; ils sont de bons gars et pourtant ils sont toujours là. Je vois le désespoir et la frustration; je suis là pour faire diminuer la pression.»

    Soupape de sécurité

    Après ces entrevues, force est de constater que la religion en milieu carcéral n’implique pas nécessairement la religion. Mais son utilité n’en est pas moins importante. Les chefs spirituels même s’ils ne sont pas toujours bien accueillis (à part les bouddhistes, précise Jean-Pierre, qui sont encore les seuls à avoir bonne presse) ont un rôle important: diminuer la pression.

    Pour Jean-Pierre (libéré depuis 2 ans), la religion et la spiritualité en général ont une place importante dans sa vie. Et si vous aviez vu comme moi les retrouvailles entre l’aumônier et l’homme libre, vous auriez aussi envie de dire au Premier ministre Harper que finalement ces hommes et ces femmes font la différence.

    En tout cas, Jean-Pierre tient à ce que ce soit son aumônier qui célèbre son mariage l’été prochain.

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    Autres textes sur Religion et spiritualité

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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    Recrudescence des sectes

    La secte comme famille

    Rejoindre la secte

    La vie peut être difficile, et il est naturel de chercher une explication aux évènements qui nous touchent. Pourquoi suis-je malade? Si les médecins ne peuvent pas me soigner, peut-être qu’une autre personne le pourrait. Car, les médecins le reconnaissent, ils ne savent pas tout.

    Une pente anodine lorsqu’elle est empruntée avec vigilance, mais glissante lorsque l’on cherche à tout prix des réponses. Certains leaders, ou gourous, peuvent profiter de cet état d’esprit pour entraîner dans leur cercle de nouveaux adeptes.

    Delphine Caubet     Dossier CultureReligion

    L’expérience peut être dramatique.

    religion spiritualité église croyances sectesDonner une définition exacte au terme «secte» est difficile. Selon Mike Kropveld, directeur général d’Info Secte, il en existe plusieurs. Les experts eux-mêmes n’utilisent pas les mêmes critères. Dans l’usage populaire, le terme secte a une connotation négative. La religion, bien que souvent impliquée, n’est pas nécessairement l’idéologie dominante. Notamment avec le groupe Biologie Totale, basé sur le principe que toute maladie est psychologique.

    Groupes

    Les sectes ne sont pas toutes de grands mouvements religieux qui ont des centaines d’adeptes. C’est une question de synchronisation. Dans les années 80 et 90, les grands mouvements internationaux avaient le vent en poupe et le monde roulait à l’heure de la nouvelle mondialisation. Des groupes tels que le mouvement d’Hare Krishna étaient à leur apogée. Mais leurs adeptes vieillissent et ces mouvements perdent leur seconde génération.

    Aujourd’hui, il y a une recrudescence des petits mouvements. Ils sont difficiles à quantifier, et le directeur général d’Info Secte ne fait pas confiance aux statistiques. Ces petits mouvements populaires sont axés autour d’un guérisseur, d’un voyant ou de tout autre leader. À l’heure d’Internet, les nouveaux groupes peuvent donner des cours en ligne. Mike Kropveld explique: «Tu n’as même plus besoin de t’habiller. Depuis ta chambre, tu peux écouter le sermon. Les médias sociaux peuvent également être utilisés.»

    Certains groupes sont plus difficiles à classifier. Comme le précise Mike Kropveld: «On peut vivre de bonnes et mauvaises expériences dans tous les groupes.» L’important est de regarder l’idéologie du groupe, son ouverture aux autres et surtout le contrôle du leader. Autant de critères qui aident à comprendre la dynamique de groupe.

    Adeptes

    spirituel religieux église secte croyancePourquoi rejoindre un groupe qui impose un régime de vie drastique ou qui a des pratiques sexuelles que jamais vous n’auriez acceptées auparavant?

    Cette question est omniprésente lors de faits divers. Réduire les victimes à des «faibles d’esprit» est erroné et simpliste. Une grande partie des adeptes sont des personnes en recherche.

    Après une enfance difficile ou une épreuve, il est courant de chercher une explication. Qu’ai-je fait pour mériter cela? Quel est le sens de ces évènements? Le groupe, et son leader en particulier, seront là pour diminuer le stress. Consciemment ou non, l’adepte cherche une réponse simple à des évènements qui peuvent le dépasser.

    Leader

    Charismatique et éloquent. Ces deux points sont ce qui attire chez le gourou. Contrairement aux idées reçues, la majorité des leaders croient réellement en ce qu’ils prêchent et en leurs pouvoirs. C’est une personne qui a vécu -ou croit avoir vécu- une expérience. Qu’il soit voyant, guérisseur ou autre, les adeptes le renforcent dans ses idées.

    Mais, «le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument», rapelle Mike Kropveld. «Souvent à la base, il y a de bonnes intentions. Comme vouloir aider les autres.» Mais le chef leur inculque l’idée qu’ils sont des élus, et que lui seul détient la connaissance. Le reste du monde devient alors des impurs qu’il faut aider ou exclure.

    Ce stade est une pente glissante. Le leader pour unifier et garder ses adeptes peut choisir de s’exclure du monde et de refermer le groupe sur lui-même.

    Aider

    religion spiritualité croyance église philosophie«Il faut voir la relation avec le groupe, comme une relation amoureuse. Si on te dit: « mais qu’est ce que tu fais avec ce garçon!? », la personne ne sera pas réceptive. Il faut l’approcher par les émotions. Pas la raison.» Tel est le premier conseil du directeur général pour aider un proche. En utilisant la rationalité et les préjugés, un proche voulant aider risque de renforcer l’adepte dans son idée et de couper la communication.

    «Discuter avec la personne est le meilleur moyen d’avoir davantage d’informations sur le groupe», précise Mike Kropveld. Car sur Internet, c’est essentiellement les informations les plus extrêmes qui circulent. Alors, il ne faut pas négliger l’adepte comme source d’informations.

    Québec

    «Le Québec est un terrain fertile pour les groupes religieux et autres», affirme le directeur général. Les Québécois ne sont pas pathologiquement différents des autres. Mais par le passé, le catholicisme s’occupait de tout dans la province. Mike Kropveld explique: «Ce qui était bon, pas bon,… et ce besoin est toujours là.» Et les Québécois ont une ouverture d’esprit utilisée au quotidien avec l’immigration et le multiculturalisme, entre autres. Se superpose donc un besoin de croyance (et certaines valeurs catholiques, comme l’altruisme et le partage) avec une ouverte aux nouveaux phénomènes.

    Législation

    Les sectes sont essentiellement présentes dans les démocraties. Car, «ailleurs tout est contrôlé», ajoute Mike Kropveld. Et la législation peut varier selon les pays. «Mais quand il y a plainte ou crime, la justice est là.» Pour le directeur général d’Info Secte, il ne faut pas nécessairement plus de législation. Car, lors de cas extrêmes, comme avec la secte juive Lev Tahor, l’État est prêt à enquêter.

    «Mais pour les victimes de manipulations, c’est différent. Car c’est possible que la personne qui rentre dans un groupe soit au courant de tout. Le bon comme le mauvais. Mais c’est une personne qui veut être prise en charge.» Pour le directeur général, il faut miser davantage sur les ressources. «Là, il y a besoin de financement. Mais pas de nouvelles lois.»

    S’il n’y a pas de solution simple, il faudrait valoriser l’aide aux victimes, notamment avec un accès gratuit aux services, qui permettrait également d’aider les 2ème générations. Pour l’instant, Info Secte est la seule association au Québec qui travaille et informe sur les sectes.

    Il n’existe pas de schéma classique quant à la sortie d’un groupe. Bien que pas automatique, certaines personnes peuvent avoir des difficultés à retourner dans la société.

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    Témoins de Jéhovah: une vie après

    Religion et spiritualité

    Survivre aux Témoins de Jéhovah

    Delphine Caubet Dossiers Religion et spiritualitéCroissance personnelle

    religion spiritualité secte église croyancesÀ 39 ans, Jonathan Lavoie consacre une partie de sa vie à aider les anciens Témoins de Jéhovah. L’homme est bien placé pour en parler, il a vécu une grande partie de sa jeunesse dans la secte religieuse. Aujourd’hui, il partage son expérience hors du groupe pour nous montrer comment se reconstruire.

    Delphine Caubet: Pourquoi les Témoins de Jéhovah séduisent-ils tant?

    Jonathan Lavoie: Les Témoins de Jéhovah sont de très bons manipulateurs, ils sont formés à ça. Avec le porte-à-porte, tu rentres chez les gens et tu peux trouver des sujets qui les touchent. Par exemple, pour une personne âgée, tu peux lui parler de la maladie ou de la mort. Si une femme te fait entrer et tu vois des jouets partout avec le repas qui doit être préparé, tu ne restes pas. Tu lui laisses de la documentation qui va parler de la criminalité. Dans la revue Réveillez-vous, il y a des textes pour tout le monde.

    Leur mode de recrutement, c’est des solutions à un problème. Mes parents pensaient divorcer au moment où des Témoins de Jéhovah se sont installés en bas de chez nous. Ils avaient une solution. Avec eux c’est simple, tu n’as pas à divorcer, ce n’est pas autorisé. Mes parents avaient trouvé la solution. J’avais 8 ans au moment où ils sont rentrés dans la secte.

    D.C: Quand en es-tu sorti? Pourquoi?

    église vitrail spiritualité religion secte guide réflexions pensées quotidiennesJ.L: J’en suis sorti à 17 ans. J’étais plus capable. Dès 12 ans, je me suis aperçu que leurs enseignements ne fonctionnaient pas, que ça n’avait aucun sens. Ce n’est pas que je ne croyais plus, mais le paradis ne m’intéressait plus. Trop de choses ne fonctionnaient pas. Par exemple, ils disent toujours que leur Dieu est miséricordieux et que celui des catholiques est vengeur. Mais quand je posais des questions sur l’apocalypse et les enfants, on me répondait que cela dépendrait des parents, et qu’ils seraient détruits. Et c’est ça un Dieu miséricordieux?!

    Donc j’en pouvais plus. C’était partir ou me suicider. Je vivais dans un environnement où il y avait beaucoup de violence. Mon beau-père nous battait et tout le monde le savait. Ils disent qu’on est tous frères et sœurs, mais si c’était le cas, ils nous auraient protégés.

    D.C: Les personnes qui ont grandi dans une secte ont souvent des difficultés à socialiser à leur sortie. Comment cela s’est passé pour toi?

    J.L: Même dans la secte, j’allais à l’école régulière. J’étudiais à l’école Arc-en-ciel. C’était très hippie. Tous les enfants de sectes allaient là, car il n’y avait pas de cours de morale ou de religion. À la place, ils nous donnaient un cours d’informatique. Dans cette école, il y avait énormément d’enfants de Témoins de Jéhovah, de mormons ou juste des hippies. Même si j’ai été à l’école régulière, ils détruisent tout le savoir qui a été appris. Comme la théorie de l’évolution, par exemple. Eux, ils nous enseignent la création.

    Mais c’est sûr que les relations sociales ont été très difficiles. Quand j’étais au centre d’accueil et qu’ils ont appris que je venais des Témoins de Jéhovah, les travailleurs m’ont obligé à aller à la messe tous les dimanches, ou sinon je restais enfermé dans ma cellule pour la semaine.

    Déjà qu’avant j’avais été battu, c’est sûr qu’après ça j’ai eu des difficultés dans mes relations avec les adultes. J’ai eu une grosse période de rébellion. Plus tard, j’ai consommé de la drogue, et c’est là où j’ai commencé à socialiser. Je sais plus où j’ai lu ça, mais un article disait que 90% des secondes générations d’une secte partent, et dans ceux-là, un autre 90% avait des problèmes d’addictions. De ce que j’ai vu c’est tout à fait ça.

    D.C: Comment as-tu fait pour te reconstruire?

    J.L: J’ai été en thérapie. Il fallait que j’apprenne à me connaître, je ne savais pas qui j’étais, j’avais tout à apprendre. C’est tout un travail de reconstruction de soi. Il faut réapprendre les valeurs. Comme par exemple l’homophobie. Les Témoins de Jéhovah sont contre l’homosexualité, puis là il fallait que je sache si j’étais vraiment contre ça, ou si c’était du lavage de cerveau.

    Pour me défaire de ce lavage de cerveau, j’ai beaucoup lu sur les sectes, la politique, la société,… Sur tout ce que les Témoins de Jéhovah refusaient. J’ai appris à regarder le bon côté des choses, comme avec le gouvernement. Ils chialent tout le temps après, mais j’ai appris qu’il pouvait y avoir des bonnes choses. Donc, doucement, à travers la lecture, cela m’a beaucoup aidé.

    D.C: Est-ce qu’être entré à 8 ans t’a permis d’avoir un certain recul sur le groupe?

    J.L: J’ai toujours eu un côté scientifique, ça m’a permis de voir les choses qui ne fonctionnaient pas. Comme sur l’éternité, je posais des questions sur ce qu’on peut faire. Quand on a tout essayé qu’est ce qu’il se passe. On me répondait que je serai à côté de Dieu pour l’éternité. C’est tout. Je dis toujours que les Témoins de Jéhovah ne comprennent pas ce qu’est l’éternité. Je n’ai jamais adhéré à la théorie de la création, il y a des preuves que ça ne fonctionne pas.

    D.C: Quels sont tes contacts avec ta famille?

    J.L: Il y a 22 ans que je suis sorti. Ma sœur est plus jeune, mais elle est sortie plus tard, au même âge que moi environ. Elle va très bien aujourd’hui. Mon frère [Ndlr: décédé en 2006 suite au refus d’une transfusion sanguine] est sorti également. Mais il y a eu le 11 septembre 2001. Il y a vu un signe de la fin du monde et il est retourné dans la secte.

    Je n’ai aucun contact avec mes parents et je ne cherche même pas. Lorsque je suis parti ça a fait un gros «bang», j’ai été excommunié et mes parents n’ont plus le droit de prendre contact avec moi. C’est par ma sœur que j’ai appris que mon frère était à l’hôpital, et il était dans le coma depuis 5 semaines. Pour ma sœur, ça s’est fait plus doucement. Mes parents m’ont contacté une fois en 22 ans, c’était pour le décès de mon grand-père qui était hors du groupe.wq

    D.C: Tu as mentionné que 90% des 2ème générations quittent les groupes. As-tu constaté cette dynamique auprès des Témoins de Jéhovah?

    J.L: Oui, les 2ème générations partent massivement, et le mouvement des Témoins de Jéhovah est en chute libre au Québec. Avant, ils étaient 25 000, maintenant ils sont 15 000. C’est généralisé à tout l’hémisphère nord, mais ils gagnent du terrain dans le sud. Leurs méthodes de recrutement changent, ils font moins de porte-à-porte et ils ouvrent des kiosques. Dans certains pays, ils ouvrent des magasins comme l’ont fait les scientologues. Le porte-à-porte c’est dur, tu te fais insulter… les Témoins de Jéhovah n’aiment pas non plus le faire, mais tout est tourné sur le recrutement.

    D.C: Tu avais un site Internet avant où tu aidais les anciens membres du groupe. Qu’est-il devenu?

    J.L: On en a un nouveau (www.watchtowerlies.com). On est 2 à s’en occuper. Jean-Philippe Cossette est le webmaster, et moi je suis la figure publique. On aide les gens en les écoutant et on peut leur référer une personne proche de chez eux s’ils le souhaitent.

    Avec ce site, on veut partager notre expérience, car c’est difficile de sortir. Il y a des personnes encore à l’intérieur du groupe qui nous approchent pour savoir comment sortir. On a des contacts dedans, et les familles nous font confiance. Certains peuvent juste déposer un témoignage. Quand on fait des manifestations, les gens nous voient, et ça aide à dire que l’on n’est pas satanique. On a guidé des familles pour sortir. Comme par exemple, lorsqu’un mari voulait débarquer du groupe et qu’il cherchait des conseils pour convaincre sa femme.

    Sur le site, on parle de plusieurs choses, de leurs mensonges… Pour moi ça a été un choc de découvrir que les Témoins de Jéhovah avaient annoncé plusieurs dates de fin de monde. Ils disent toujours qu’il ne faut pas le faire pourtant! Ça a réellement était un choc…

    D.C: Quels conseils donnes-tu à ceux qui veulent quitter une secte?

    J.L: Le conseil est d’aller chercher de l’aide. De ne pas rester seul, même si lorsqu’on sort on se sent extrêmement seul, des milliers d’autres personnes sont sorties avant nous. On peut avoir de l’aide.

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    Les accommodements raisonnables et les Russes

    Encore un crucifix au Saguenay!

    Raymond Viger      Dossiers ReligionPolitiqueAccommodements raisonnables

    progrès dimanche journalisme saguenay édition média quotidienDanielle me montre le livre Le progrès au quotidien publié en 1988 chez Gaëtan Morin Éditeur. Son frère, Jean Simard, s’y retrouve, présenté comme directeur du personnel. On y voit deux photos et une entrevue.

    En feuilletant les autres pages de ce livre qui relate les faits d’armes du journalisme au Saguenay, Danielle tombe sur une anecdote de Claude Lussier, chroniqueur sportif à La Maison de la presse.

    Le journaliste nous relate un accommodement raisonnable qui s’est déroulé durant le championnat mondial de hockey junior de 1979-1980. Chicoutimi servait de famille d’accueil à l’équipe finlandaise. Les Russes choquèrent par leurs agissements et leurs nombreuses exigences lors de leur visite à Chicoutimi.

    À leur première séance d’entraînement au Centre Georges-Vézina, les Soviétiques furent choqués de voir un crucifix géant près de leur drapeau. Devant leur menace de retourner chez eux, sans affronter les Finlandais, le juge Savard, grand chevalier de Colomb, refoula ses principes religieux et fit déplacer le Christ géant coulé en bronze pour que les hockeyeurs russes puissent lui tourner le dos durant l’hymne national.

    Le maire Jean Tremblay, actuel maire de Saguenay, aurait été déçu du comportement du juge Savard qui a laissé les Russes dicter le protocole face au crucifix! Un accommodement raisonnable qui date de 1979.

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