Régime et chirurgie esthétique: le corps parfait?

Régime et chirurgie esthétique: le corps parfait?

Lisa Melia DOSSIER SANTE

Le 7 mai, c’est la journée sans diète, écrit Raymond sur le blogue du rédacteur. Ah bon ? Il y a une journée internationale contre les régimes ?! Une actualité qui me donne à réfléchir. Depuis que je suis au Québec, la question du corps (en particulier celui de la femme) me paraît presque omniprésente. Je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison avec l’Europe et la France.

Pression de la société

D’après un article du journal Le Monde, les français sont parmi les plus minces d’Europe. Ce sont pourtant ceux qui sont les plus insatisfaits de leurs corps: «les Françaises, dont la corpulence est la plus faible de toute l’Europe, se voient plus grosses qu’elles ne le sont» affirme une enquête de l’Institut National d’études démographiques français. C’est quelque chose que je crois volontiers. La pression sur le physique me semble plus importante en France qu’en Allemagne ou au Québec, les deux pays dans lesquels j’ai séjourné cette année, ce qui est un obstacle de plus pour «les grandes tailles», comme on les appelle, qui ont du mal à s’accepter et à s’intégrer. Cette pression peut, dans certains cas, devenir une véritable violence psychologique.

Pression des médias

En Amérique du Nord, la pression existe aussi, mais elle me semble différente. Plus que les amis, la famille ou encore les collègues, ce sont les médias qui véhiculent le message que pour être quelqu’un de bien, il faut être quelqu’un de mince. Dans un exemplaire du magazine Elle, il y avait une publicité montrant le corps nu et svelte d’une femme. J’aurais cru à une publicité pour un produit amincissant, si je n’avais pas vu le slogan: «Chirurgie esthétique. L’été approche, c’est le temps d’y penser.» Je ne lis pas souvent de magazines féminins en Europe, j’ignore donc si on peut y voir le même genre de publicité. Cependant, qu’un périodique, qui plus est Elle, qui a une large audience, montre une réclame qui propose la chirurgie esthétique comme une solution facile et anodine pour avoir un corps «socialement correct», ça me choque. Ma colocataire m’a également fait découvrir une émission américaine qui a beaucoup de succès au Etats-Unis: The biggest loser. Dans cette émission de télé-réalité, une vingtaine de personnes obèses se réunissent dans un ranch et doivent perdent le plus de poids possible, entraînés par des coach sportifs, consacrant à la fin le plus gros perdant (de kilos).

Régimes miracles

Revenons donc à notre journée sans régime. Comme Raymond le souligne dans son billet, les régimes, et en particuliers les régimes «yo-yo» sont dangereux pour la santé. Ils peuvent facilement mener à des troubles alimentaires, dont les plus connus, la boulimie ou l’anorexie. Basculer dans l’une de ces maladies est nettement plus facile que ce que la plupart des jeunes filles croient. J’ai eu une amie malade qui banalisait ses comportements en refusant d’associer ses vomissements à des tendances boulimiques. Elle s’en est sortie toute seule, mais combien sont piégées dans une spirale descendante ? Un régime ne peut être utile et bénéfique pour le corps que s’il est supervisé par un diététicien. Pourtant, aujourd’hui, les pressions pour un corps mince (pour les femmes) et musclé (pour les hommes) sont partout, et les «solutions» (ou proclamées comme telles) ne sont pas loin. A l’approche de l’été, chaque magazine propose la cure miracle, plébiscitée par une célébrité quelconque, les plus populaires promettant de maigrir sans se priver. Naturellement, rien ne marche vraiment, mais le corps se souvient de ce qu’on lui fait subir et la culpabilité des kilos en trop est toujours présente.

Fait amusant: une étude britannique a révélé qu’une personne grosse pouvait être en meilleure santé qu’une personne mince! D’après les chercheurs, c’est la graisse “viscérale”, celle qui se fixe sur les organes, qui a un impact sur la santé. Pour prévenir ce type de graisse, il faut pratiquer une activité sportive. Ainsi, les sumos sont en meilleurs santé qu’une partie des personnes minces qui ne pratiquent aucune activité physique. Finalement, c’est ce qu’on a à l’intérieur qui compte. Qui l’eût cru ?!

VOS COMMENTAIRES SUR LE CULTE DU CORPS

 

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Suicide des jeunes

Suicide des jeunes

Dominic Desmarais    DOSSIERS SuicideSanté mentale ET REFLET DE SOCIETE

Le nombre de suicides a légèrement diminué au Québec l’an dernier. Derrière cette bonne nouvelle se cache toutefois la réalité des 1 091 personnes qui sont passées à l’acte, de ceux qui ont tenté de s’enlever la vie et de ceux qui y pensent. Adolescents, adultes et personnes âgées, ce mal de l’âme n’a pas d’âge. Pour le contrer, les approches sont différentes. Reflet de Société s’est penché sur une façon de prévenir le suicide chez les jeunes.

Au Canada et au sein des pays industrialisés, le Québec fait figure d’enfant récalcitrant dans la lutte contre le suicide. Ce problème de société ne fait pas souvent l’objet de débats. On en parle peu. Trop peu, au goût de Claude Poirier, pas le célèbre chroniqueur judiciaire, mais le président et fondateur de Réseau Ado, un organisme qui s’implique dans la prévention du suicide en visitant des écoles secondaires de la province. «Il y a deux écoles de pensée, précise M. Poirier: ne pas en parler pour ne pas donner des idées à ceux qui seraient tentés de mettre fin à leurs jours, ou en parler pour que ceux qui vivent avec des idées suicidaires puissent s’exprimer. Je suis de la deuxième école, mais au niveau des professionnels et des institutions, le suicide est un sujet tabou.»

ado7 Claude Poirier travaille depuis 50 ans pour l’entreprise familiale de salons funéraires Magnus Poirier. Il rencontre constamment des gens touchés par le suicide. «Qui ne connaît quelqu’un ayant vécu une dépression ou fait une tentative de suicide?» demande-t-il avec sérieux. Depuis 1997, M. Poirier et le Mouvement Richelieu s’investissent dans la prévention du suicide chez les jeunes. Dans un élan passionné, il parle des tendances suicidaires chez les adolescents. «Pourquoi ont-ils ces idées? Pourquoi n’en parlent-ils pas? Des recherches menées par un psychologue et un psychiatre auprès de jeunes ont démontré qu’ils étaient plus à l’aise de s’en ouvrir à des gens de leur âge.»

De là est né Réseau Ado. Des jeunes adultes, étudiants en travail social, en psychologie ou en animation culturelle, s’intègrent, le temps d’un cours, dans la vie d’élèves de troisième secondaire pour les faire parler du stress qu’ils vivent. Ils sont deux animateurs pour une quinzaine d’élèves. Pas de professeur, de psychologue ou de directeur. Que des jeunes qui discutent entre eux.

Santé mentale

L’approche des animateurs est axée sur la bonne santé mentale. Le but est d’encourager les élèves à discuter.

Sous forme de jeu, les animateurs de Réseau Ado créent avec les jeunes une définition de la santé mentale. «On demande aux élèves ce qui fait que, certains jours, notre santé mentale ne va pas bien. Le stress sort très souvent. On les aide à le verbaliser et à prendre des moyens pour le régler ou le diminuer. Le stress est abordé par rapport à la définition qu’ils en font, par des sujets qui viennent d’eux. On n’abordera pas le suicide nous-mêmes, il n’y pas de priorité sur cette question. Si l’un d’entre eux en parle trop ouvertement, il sera rencontré après, en post-groupe, pour qu’il ne monopolise pas toute l’attention», explique Patrick Chaput, le coordonateur de l’équipe.

Stress à cause de la famille

Les problèmes familiaux sont régulièrement mentionnés comme principale source de stress. Ce sont les différends entre les parents qui affectent le plus les jeunes. Pour Claude Poirier, les plus à risque sont les jeunes inscrits dans les programmes internationaux. «Ils se mettent de la pression pour leurs notes scolaires. Ils en reçoivent de leurs parents et de leurs professeurs, qui veulent les voir réussir. Certains, en raison de leur réussite scolaire, sont au-dessus de tout soupçon. On les laisse circuler librement dans l’école. Alors, les pushers passent par eux pour entrer la drogue en douce dans l’école. S’ensuit l’intimidation et la menace de dénonciation. Là, ils sont pris avec un gros problème qu’ils n’osent confier à personne.»

C’est là l’objectif de Réseau Ado: découvrir les jeunes aux prises avec des problèmes et les diriger vers les ressources d’aide offertes par la polyvalente. Les élèves se confient plus facilement aux animateurs, des jeunes à leur image. «C’est cool parce que je ne cadre pas dans un rôle de professionnel. Je peux parler aux jeunes comme un jeune. Pour nous, les animateurs, c’est libérateur. Et le jeune le sent, dit Rachel, 20 ans, qui aspire à devenir médecin. Moi, le secondaire 3, c’est pas loin. Je me souviens comment j’étais. Ça me replonge dans mes souvenirs. Même moi, en secondaire 3, je ne savais pas qu’il y avait des ressources pour m’aider. Je n’ai jamais pensé y aller.»

Repérer les jeunes à risque: prévenir le suicide

La rencontre permet aux animateurs de présenter l’intervenant de l’école et de faire le pont entre l’élève et les ressources pouvant l’aider. Les élèves brisent leurs préjugés envers les psychologues. Au grand plaisir de l’équipe de Réseau Ado, ce que les jeunes retiennent le plus de leur visite, c’est comment aider un ami qui aurait des problèmes. Les animateurs font ainsi des petits en multipliant le nombre de jeunes pouvant établir un pont entre élèves et ressources.

Si l’animation de Réseau Ado permet de parler de certains problèmes, c’est le questionnaire rempli pendant la rencontre qui cible les cas plus lourds. Une des questions s’articule ainsi: «t’es-tu déjà senti mal au point de vouloir mourir?» Si un jeune répond par l’affirmative, il est systématiquement rencontré après la discussion de groupe. Les animateurs demandent à l’étudiant à quel moment il a ressenti l’envie de mourir et s’il a des idées concrètes pour mettre son projet à exécution.

«Le jeune va être référé s’il démontre une certaine planification. S’il n’a pas un niveau de dangerosité élevé, on va seulement faire le suivi avec l’intervenant de l’école pour le mettre au courant. On ne cherche pas les solutions ou les raisons, mais plutôt cibler la problématique, pour ensuite référer l’élève. En deux à cinq minutes, le problème peut facilement être cerné. Ce n’est pas une intervention. On veut éviter de faire répéter le jeune deux fois», dit le coordonateur de l’organisme, qui précise que tous les animateurs ont reçu de Suicide Action Montréal une formation avancée, créée sur mesure pour leurs rencontres post-groupe afin de détecter les signes, le vocabulaire et le niveau de dangerosité des jeunes, afin de mieux prévenir le suicide.

Travail avec les psychologues

L’équipe de Réseau Ado n’offre pas de services pouvant remplacer ceux d’un psychologue. Les animateurs sont formés pour détecter les cas problématiques et les référer. Pour éviter d’être aux prises avec des problèmes qui dépassent les capacités de ses jeunes employés, l’organisme s’assure de créer un filet de sécurité pour chaque établissement visité. Le filet de sécurité, ce sont toutes les ressources qui s’appuient entre elles pour intervenir.

Le premier maillon, c’est l’intervenant de l’école. «S’il est absent, on ne rencontre pas de groupe, car il doit toujours y avoir quelqu’un – travailleur social, psychologue ou autre professionnel de la santé», explique Patrick Chaput. Ce filet permet de mieux mobiliser la communauté. «L’accord du directeur de l’école et du conseil d’établissement, quand c’est possible, est recherché. On veut que le programme soit accepté et compris de la même façon par tout le monde», poursuit-il. Le CLSC, et parfois même la police, sont intégrés à la démarche.

Le problème du suicide chez les jeunes demande une mobilisation générale de la communauté, un filet de sécurité élargi. Redonner le goût de vivre à ces adolescents pourrait peut-être servir à conscientiser les adultes de tous âges à leur bonne santé mentale.

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 30-31

Le site de Réseau Ado

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

autres textes sur le  suicide:

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Drogue et décrochage

Drogue et décrochage

Thomas………DOSSIERS DécrochageAlcool et drogue, ET Toxicomanie

«La vie, c’est de la marde!» Voilà ce que je pense et c’est contre cette pensée que je dois lutter tous les jours. Lutter contre le découragement, lutter contre le sentiment d’impuissance qui m’envahit et lutter contre le désir de m’en évader en fumant un joint.

Déjà tout jeune, au début du primaire, c’était pas le fun! J’étais pas comme les autres. Je portais des appareils auditifs et je ne savais pas me défendre. Mauvaise combinaison! Je suis plutôt du genre émotif et sensible et non pas gros bras! Je me faisais «écœurer» tous les jours et je revenais de l’école en pleurant. J’ai donc pris très jeune l’école en grippe et je n’ai pas réussi à me faire d’amis. Quand on est un  loser, on n’est pas très populaire! J’ai perdu rapidement toute confiance en moi.

p.22-23le_trip_d'un_rejetillustration.jpg C’est sûr que ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Je dérangeais tout le temps, je faisais le clown pour attirer l’attention et me faire aimer. Mes résultats scolaires se sont rapidement détériorés et j’ai acquis une réputation de trouble-fête. J’ai doublé ma quatrième année et, au secondaire, on m’a envoyé dans une école spécialisée pour les têtes fortes… ce que je n’étais pas en réalité… Mais j’étais complètement désintéressé et isolé parmi le millier d’étudiants de la polyvalente. Je ne savais pas comment me faire des amis, comment être aimé, en fait. La terrible solitude!

Drogue: les premières fois

Je décroche finalement à 16 ans. Je me trouve quelques petits boulots comme plongeur dans les restos du coin. Pas le fun, mais bon, ça me donne un peu d’argent. La vie est plate et je commence à fumer un joint à 17 ans avec une gang de chums. Enfin, j’avais des chums! Et, en plus, j’ai aimé le buzz. Alors j’ai continué… continué jusqu’à n’avoir plus d’intérêt pour rien d’autre. J’ai perdu ma job et ma mère m’a mis dehors. Je suis allé vivre dans une tente pour l’été… La bohème: on est bien, j’ai des chums, la vie est belle!

J’ai vivoté ainsi durant 12 ans. J’ai essayé un peu de tout: mari, pot, hash, mushroom, buvard, mescaline, ecstasy, speed… mais je n’ai pas touché à la coke ou à l’héroïne: j’avais trop peur d’aimer ça! J’ai dealé de la drogue. C’était valorisant. Enfin, j’étais respecté par les autres, et en plus, je fumais gratos. J’ai arrêté par peur de la prison. Toujours seul, toujours drogué, toujours cassé, toujours déprimé et dépressif.

J’ai eu plusieurs blondes, mais c’était pas facile de vivre avec un gars comme moi. Ou elles étaient des toutes «croches», ou elles étaient trop bien pour m’endurer. Un vrai cercle vicieux. Je vous le dis, une vie de merde! C’est pas comme ça que je veux vivre!

Désintox

Il y a quatre ans, je suis finalement allé en désintox au Centre Dollard-Cormier, à Montréal. Suffit d’appeler directement pour avoir de l’aide, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de se décider à y aller et ensuite de continuer à ne pas consommer. J’ai rechuté. J’ai repris du pot, mais plus jamais de chimique. C’est moins dur pour ma santé, mais ça n’arrange pas ma vie. Quand je fume, ça prend toute la place, c’est ma priorité. Je ne pense plus, je ne mange plus, je n’ai pas confiance en moi, ça me rend paresseux, tout le reste est plate!

final del tunel copie Alors, depuis deux ans, j’ai cessé graduellement de consommer. Je veux arriver à quelque chose dans ma vie. Le trip de jeunesse a duré longtemps mais c’est assez! Cependant, ma vie ne s’est pas arrangée pour autant. Je dois lutter tous les jours contre le découragement.

Mon pattern, c’est de dire que tout est plate. Mais je sais maintenant que c’est à moi de passer par-dessus cette pensée et de m’arranger pour que ma vie soit intéressante. C’est dur, c’est un effort de tous les instants. Il me faut découvrir qui je suis, ce que j’aime et ce que je veux vraiment. Réinventer ma vie. Vivre straight, sans faux-fuyants et sans artifice. Renouer avec les autres et avec moi. Je m’étais coupé de tous contacts humains durant 12 ans, pour me protéger, j’imagine.

Ecole de la deuxième chance

Mes petites victoires au jour le jour me motivent. J’ai débuté l’an dernier un AEC (attestation d’études collégiales). C’est un programme réservé aux décrocheurs. J’ai été accepté sans avoir terminé mon secondaire 5, sur la base de mes expériences. Le programme couvre les cours techniques nécessaires à l’obtention du diplôme et dure seulement un an.

Comme c’est du plein temps, j’ai réussi à obtenir les prêts et bourses et ma mère me fournit chaque mois une petite pension. Je peux ainsi consacrer tout mon temps aux études. C’est pas facile. Il y a des cours techniques très compliqués que je n’ai pas réussis. Mais je ne me décourage pas. Je vais les reprendre et je vais obtenir mon diplôme.

Je suis toujours seul, mais je sais maintenant pourquoi, et je prends ma vie en main. C’est un effort de tous les jours, mais je vois aussi, au loin, le bout du tunnel!

VOS COMMENTAIRES SUR DROGUE ET DÉCROCHAGE

Autres textes sur le Décrochage:

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Le décrochage, histoire de sexe?

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Drogué à 12 ans.

Toxicomanie: témoignage d’un jeune

Témoignage d’un jeune consommateur.

Les écoles, la drogue et le sexe.

Illustrations Renart L’Éveillé.

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VOS COMMENTAIRES SUR DROGUE ET DÉCROCHAGE

Formation sur l’intimidation envers les jeunes homosexuels

Coalition des familles homoparentales: Formation sur l’intimidation chez les jeunes

Gabriel Alexandre Gosselin      Dossiers Homosexualité, Taxage et intimidation

smallLogo «Fif! Moumoune! Tapette!» Combien de fois par jour ces insultes sont-elles proférées dans une cour d’école? Jusqu’à quel point peuvent-elles atteindre un jeune qui les reçoit? Et si ce jeune a des parents homosexuels, un oncle gai, une cousine lesbienne? Dans le cadre de sa nouvelle formation Regard sur les familles homoparentales, la Coalition des familles homoparentales (de parents homosexuels) souhaite soulever la question de la banalisation de ce type d’intimidation.

Selon la Coalition, ce ne sont pas seulement les jeunes concernés directement par l’insulte qui peuvent en ressentir les contrecoups, «ceux qui ont une apparence ou des goûts différents des stéréotypes de genre (un garçon chétif ou une fille sportive). Et aussi, tous ceux qui ont une différence quelconque (un enfant d’une autre ethnie que la majorité, un enfant qui porte des lunettes, etc.) et qui craignent d’être la prochaine victime de l’intolérance.»

Ce que la Coalition des familles homoparentales déplorent encore plus dans une telle situation, c’est l’inaction de certains adultes gravitant autour des jeunes qui utilisent de telles insultes.

Grâce à une subvention du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du gouvernement du Québec (MELS), la Coalition offre gratuitement cette formation unique en son genre au Québec dans les secteurs de l’éducation, des organismes communautaires et des services sociaux.

Pour faire déplacer la formation dans votre établissement ou pour obtenir plus d’informations, visitez le site de la Coalition des familles homoparentales ou contactez les par téléphone au (514)846-1543.

Vos commentaires sur la Formation Regard sur les familles homoparentales

Autre texte sur le Taxage et intimidation

Intimidation, cyberintimidation, taxage et agressions

Intimidation, violence à l’école et conduites agressives des jeunes

Jeune et le taxage

Maxime Collard, Isabelle Marchand et l’intimidation à l’école

Taxage et intimidation chez les jeunes

Intimidation et jeunes homosexuels

Les garçons et l’école

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

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Tuerie à l’UQAM: La fausse alerte

Tueries à l’UQAM? La fausse alerte

 

Dominic Desmarais        DOSSIER REFLET DE SOCIÉTÉ 

 

Le 11 décembre 2008, pendant un après-midi, le Québec a retenu son souffle. Après Polytechnique et Dawson, l’Université du Québec à Montréal allait-elle être le théâtre d’une autre tuerie incompréhensible? La tragédie n’a pas eu lieu. Des projectiles de calibre 22 découverts dans un ascenseur et l’écho de détonations ont mis le campus du centre-ville de Montréal sur les nerfs. Un canular pour certains. Un choc pour ceux qui l’ont vécu. 

 

IMG_0054 Comme tous les jeudis depuis septembre, Maxime se trouvait au pavillon des sciences de l’éducation pour son cours. Dans la classe, ce grand et gros gaillard de 28 ans jouait nonchalamment du doigt dans ses tresses touffues en songeant aux vacances de Noël et à sa fin de session. À 13h45, une voix stressée sortie des haut-parleurs vient le tirer de ses rêves et demande à tous les étudiants et au personnel de rester dans leurs locaux. Maxime, comme ses collègues, s’interroge.

Cinq minutes plus tard, une autre voix, plus calme, résonne. Pour subitement s’arrêter sans terminer sa phrase. «On se demandait: s’est-elle fait tuer?» résume à la blague Maxime. Un autre cinq minutes plus tard, une voix enregistrée redemande calmement de suivre les mêmes consignes. L’étudiant au doctorat prend conscience qu’il se trame quelque chose.

Les tueries dans les écoles

Dans l’étroite classe où il suit son cours, il n’y a que deux enseignants et trois étudiants. C’est le silence. Un silence pesant, qui fait mal. Du laboratoire voisin, séparé de la classe par une porte n’ouvrant pas sur le corridor, un collègue vient les visiter. De son ordinateur portable, il les avise que, selon Radio-Canada, un homme armé se promènerait dans un pavillon de l’université. L’un des professeurs se décolle de la porte, dont la fenêtre donne sur le couloir, pour s’installer tout au fond de la pièce. L’atmosphère vient de changer. Le petit groupe vient de comprendre les messages provenant des haut-parleurs.

Un homme armé… Les cas de tueries dans des écoles viennent à l’esprit. «On a des précédents à Montréal, raconte Maxime, tendu, faisant référence à Polytechnique et Dawson. On y a tous pensé.»

Pour ne pas ajouter à la nervosité du petit groupe, Maxime s’oblige à rester calme. «Ce n’est pas dans mes habitudes de garder mes émotions», assure-t-il, pour donner une idée de l’ambiance qui régnait. Personne n’ose sortir de la minuscule classe. Le cours continue, mais le cœur est trop stressé. Maxime imagine les pires scénarios, comme voir un gars débouler du corridor puissamment armé. «C’est pas l’image que je voulais voir!»

Le manque d’information

Aux cinq minutes, les mêmes messages se relaient. Ce sont les seules informations que les étudiants reçoivent. Avides d’en savoir davantage, ils suivent avec intérêt le déroulement des événements sur le site de Radio-Canada. Dans les haut-parleurs, c’est toujours la même rengaine: on demande de ne pas quitter son local.

De l’intérieur, il pense appeler ses parents pour les rassurer. Quel parent ne s’inquièterait pas s’il apprenait qu’un homme armé se promène dans le pavillon où étudie son enfant? «J’ai appelé mon père pour lui dire que tout allait bien. De la manière dont je lui ai parlé, il a pensé que c’était anodin!»

IMG_6714 La tuerie: un canular

Vers 16h30, des policiers escortent les gens de son étage. Maxime est enfin libre. De retour dans son appartement, il s’affale sur le divan, ouvre le téléviseur et regarde les nouvelles. «La crainte que je refoulais est tombée. Sur le moment, quand tu le vis, tu ne sais pas qu’il ne s’est rien passé. Quatorze morts ou aucun, ça ne fait pas de différence», résume-t-il. En apprenant à la télévision qu’il s’agissait d’un pétard mouillé, Maxime se sent con d’avoir eu peur.

Le lendemain, il retourne à l’UQAM avec un arrière-goût dans la bouche. «Quand il t’arrive quelque chose d’intense, tu y repenses», explique-t-il en parlant des événements de la veille. Ce vendredi après-midi, à l’approche des fêtes, les corridors sont déserts, les classes presque toutes vides. Baigné dans ce silence de mort, Maxime rejoue ses pensées de la veille. Un homme armé se profile au bout du corridor. Chaque bruit semble étrange aux oreilles de l’étudiant.

Tout au long de l’après-midi, Maxime se sent oppressé. Les haut-parleurs, cette fois, sont silencieux. En quittant son pavillon, il croise des policiers. Il s’explique leur présence en raison des événements de la veille. C’est de retour chez lui qu’il apprendra que ce vendredi, dans les toilettes du pavillon des sciences de l’éducation, on a retrouvé un colis suspect qui fait penser à une bombe. C’en est trop pour l’étudiant.

Un sentiment d’impuissance

Comme chaque fois qu’il vit un moment difficile, Maxime décide de s’ouvrir. «La pire chose, c’est de le garder en dedans. Ça finit par pourrir.» Les jours suivants, il cherche à en parler. Il se heurte au manque de réceptivité de ses proches. «Parce que c’était un canular, ça signifiait qu’il n’y avait aucune raison de s’en faire. Alors les gens dédramatisaient et ne m’écoutaient pas. Ils en faisaient des blagues, mais moi, quand j’y étais, je n’ai pas trouvé ça drôle.»

Heureusement, son besoin d’en parler s’estompe rapidement. «Ce n’est pas mon premier traumatisme, mais c’est la première fois de ma vie que je me sens impuissant, sans défense. J’étais dans une classe et tout ce que je pouvais faire, c’est attendre que ça passe. Mon malaise, c’était ça.» En comprenant l’émotion qu’il venait d’éprouver, Maxime lâchait prise. C’est en parlant de son expérience qu’il a compris ce qu’il a ressenti. «En jasant, ça m’a fait réfléchir. Et j’ai compris que c’était ça, mon malaise. Que je ne puisse pas empêcher ma mort.»

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 8-9

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C’est la faute à mes hormones

C’est la faute à mes hormones

(Agence Science-Presse) – Il n’y a pas que les femmes qui peuvent accuser leurs hormones en cas de sautes d’humeurs. Les jeunes hommes devraient utiliser cette excuse de plus en plus: ceux qui grimpent aux rideaux plus vite que les autres le font en raison d’un déficit de cortisol, l’hormone qui, dans notre cerveau, est censée contrôler notre stress. C’est la conclusion de psychiatres britanniques qui, dans la revue Biological Psychiatry, racontent avoir soumis des volontaires à un jeu vidéo «stressant et frustrant». Chez tous les cobayes, le niveau de cortisol montait en flèche dans les moments critiques —comme prévu— mais chez les adolescents déjà connus pour leurs problèmes de comportements, le niveau de cortisol diminuait — les laissant à la merci de leurs sautes d’humeurs, écrivent les chercheurs.

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Colloque international sur la consommation

Colloque international sur la consommation et l’endettement

Lisa Melia     Dossier Protection du consommateurVille de MontréalPublicité

Endettement des consommateurs: chronique d’une catastrophe annoncée

En 50 ans, nous sommes passés d’une culture d’épargne à une culture de crédit. Aujourd’hui, 36% des québécois entre 25 et 44 ans n’ont pas un sou de côté. En 2008, 22 000 familles ont été déclarées en faillite personnelle et la dette moyenne par ménage canadien est de plus de 90 000 $. Ces chiffres inquiétants sont avancés par les experts qui se sont réunis les 12 et 13 mars à Montréal pour un colloque international, organisé par Option Consommateurs et Les Editions Protégez-vous, sur la consommation et le problème du crédit dans la société nord-américaine.

Une société de consommation qui fonctionne sur le crédit

L’accès au crédit serait devenu beaucoup trop facile. Avec le système du paiement différé, chacun peut dépenser ce qu’il ne possède pas. “Le crédit a réponse à tout, explique le comptable et chercheur Rock Lefebvre, les gens ne planifient plus leur vie”. Les canadiens possèdent ainsi quelques 64 millions cartes VISA ou Master Card pour un peu plus de 33 millions d’habitant. Entre 2002 et 2007, les transactions avec ces cartes ont augmenté de 60%. Fin 2008, la dette des ménages a atteint le niveau record de 1,3 milliard de dollars et le taux d’épargne diminue. Pour André Laurin, retraité de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), il y avait de quoi s’alarmer depuis des années. M. Laurin affirme que dans les années 60, les familles en difficulté à cause du surendettement étaient déjà très nombreuses. Il avait prévu l’écroulement du système.

Or, aujourd’hui, la crise économique a accéléré le processus. Jusqu’en 2008, le marché de l’immobilier permettait aux Canadiens de maintenir un équilibre entre leurs prêts hypothécaires et leurs actifs résidentiels. En clair, le prix de leur maison garantissait la possibilité de rembourser toutes les dettes de la famille en cas de problèmes financiers. Mais avec la crise du marché immobilier américain, qui s’est étendu sans mal au reste du monde, la valeur des maisons est en chute libre et les familles se trouvent dans l’incapacité de rembourser ce qu’elles ont consommé.

Plus de cartes de crédit

Pour André Laurin, cette situation est le résultat de l’endettement du consommateur, qui ne connait pas sa capacité d’épargne, c’est-à-dire son pouvoir d’emprunt: 70% des emprunteurs pensent connaître les conditions de leurs crédits, mais seulement 40% savent effectivement ce qu’ils doivent rembourser. D’autant plus que les banques ne se soucient pas de la solvabilité de leurs clients. Beaucoup basculent donc dans le crédit pyramidal: pour payer les créances de la carte A, on prend une carte B. Puis, pour payer les cartes A et B, on acquiert une carte C, et ainsi de suite. Manon Lacourse, directrice des communications des Éditions Protégez-vous, se souvient par exemple d’un consommateur ayant accumulé près de 173 cartes de crédits! “Et je ne me trompe pas de chiffre!” précise-t-elle. Et comment éviter le surendettement? Les invitations à consommer à crédit assaillent littéralement les consommateurs jusque dans leurs boites aux lettres. Mme Lacourse cite le cas extrême d’une femme dont même le mari décédé recevait des propositions de crédit. Et, de plus en plus, les institutions de crédit exploitent le filon Internet. En s’insérant dans les nouveaux médias, ils touchent ainsi de nouveaux consommateurs.

Aujourd’hui, un quart des Canadiens seraient incapables d’assumer une dépense imprévue de 5 000 $ et 10% auraient des difficultés à composer avec une dépense imprévue de 500 $. En négligeant l’épargne, les ménages n’avaient aucune capacité d’absorption du choc économique, ce qui explique l’ampleur des conséquences de la crise. Clarence Lochhead, directeur exécutif de l’Institut Vanier de la famille, avance quelques chiffres: entre 1990 et 2008, le salaire moyen des ménages a progressé de 12% alors que les dépenses ont augmenté de 24%. La dette totale, elle, a augmenté de 71% et l’épargne est passée de 7 000 $ à 2 000 $.

Le surendettement: les conséquences sur la santé des individus

Cette situation a des effets désastreux sur les individus et leur famille. Bertrand Rainville, conseiller budgétaire du Centre d’intervention budgétaire et sociale (CIBES) de la Mauricie, indique que lors d’une étude réalisée sur le surendettement, 97% des sondés estimaient que leurs situations financières affectaient leur santé, sans compter les conflits avec la famille et les sentiments d’injustice, d’incompétence et d’échec, qui participent largement à développer des tendances suicidaires. “L’industrie bancaire, bien qu’elle s’en lave les mains, est la première responsable de ses malheurs et de ceux qui acceptent ses offres. Or, les pires conséquences ne seront pas subies par les banques mais par tous ceux qui, sans subir de faillite, doivent supporter les effets négatifs de l’endettement sur leur santé”.

La crise et l’endettement: quelles solutions?

Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques, cherche des solutions pour protéger les consommateurs. Faire augmenter la consommation individuelle pour relancer l’économie est une erreur. Il faut selon lui investir dans les structures collectives qui ont été négligées depuis 30 ans et dans le commerce international, d’une part pour augmenter les exportations, mais aussi pour venir en aide aux pays en développement. Il envisage la possibilité d’une baisse de 10% de l’économie, et un taux de chômage de 10%. Il insiste: il ne faut pas attendre de solutions à l’échelle planétaire, et plutôt favoriser les initiatives à l’échelle locale. La véritable priorité, pour lui, est de redéfinir la consommation et les comportements des consommateurs pour sortir de la spirale de l’endettement.

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