Drogue: s’en sortir et sortir de la rue

Toxicomanie

Récit de dealer

Un ex-toxicomane nous raconte son cheminement tumultueux à partir de son adolescence où il a débuté sa consommation, en passant par la période où il s’est retrouvé dans la rue jusqu’à aujourd’hui à l’aube de ses 30 ans. Regard sur la drogue par un ex-toxicomane.

Annie Dion-Clément dossiers Alcool et drogueToxicomanie.

drogue dealer Marqué de plusieurs tatouages avec son regard vif et son grand sourire, Victor (prénom fictif) raconte avec émotions comment il a débuté dans l’univers de la drogue. Il se souvient que c’est à l’âge de 12 ans qu’il prend sa première bouffée de marijuana.

Un moyen pour lui de contrôler ses émotions: «La drogue est une fuite pour oublier la réalité», explique-t-il.

Vide affectif

La nuit, Victor prépare ses petits sacs d’une demi-once pour les vendre le lendemain à l’école. Son stock est bon et il devient rapidement un bon vendeur. Ceci engendre de la jalousie auprès de ses concurrents et fait en sorte que plusieurs personnes le surveillent. Des étudiants de l’école le dénoncent, les surveillants et la police qui travaillent en collaboration finissent par l’arrêter un matin.

Lui a l’impression d’être seul et d’avoir le monde pour ennemi: «J’étais presque paranoïaque», conclut-il.

Une fois dans un centre de détention pour jeunes, Victor apprend que ça fait un an qu’on le surveille et qu’il existe plus de 150 vidéos où on le voit faire du trafic de drogues. Il obtient un casier judiciaire pour possession de drogues et on lui interdit d’aller aux États-Unis jusqu’en 2020.

À sa sortie, l’école où il étudiait organise une projection de certaines vidéos de lui dans l’auditorium devant tous les étudiants et les parents pour montrer ses activités criminelles. Il est par la suite renvoyé.

Au total, six écoles le mettent à la porte. Partout où il passe, les professeurs l’excluent et ne le considèrent pas. Ils le jugent et certains lui disent même qu’il est un poison pour la société. Il arrive tout de même à terminer son secondaire 5 et à entreprendre des études au niveau collégial.

Mais peu de temps après il retombe dans la drogue pour payer ses dettes: «C’est une erreur de retourner constamment vers la vente de drogues pour s’en sortir, parce que tu ne fais pas d’argent. Plus tu vends, plus tu consommes et c’est une spirale infernale.»

La rue

Victor tombe finalement dans la rue pour environ 6 ans: «C’est la débauche parce que tu trouves de tout dans la rue. La violence, l’alcool, le sexe et la drogue font partis de ton quotidien. Ce sont des moments difficiles.»

Il explique qu’il en est arrivé là parce qu’il avait une haine de lui-même qu’il ne pouvait gérer. Il voulait se détruire: «J’ai pendant longtemps été en guerre contre moi-même. Mais à un certain moment, j’ai voulu changer de vie».

Famille en crise

Avec le recul, il fait un parallèle entre sa consommation de drogues et son environnement familial dysfonctionnel. Jeune, il éprouve des problèmes affectifs. Il se sentait délaissé par son père, un homme au tempérament changeant et complexe, qui ne lui témoigne aucun intérêt.

Lorsque ce dernier quitte le foyer, sa mère devient monoparentale. Rapidement, un beau-père fait son entrée dans la maison et tente de lui imposer son autorité et ses règles. Il évite les discussions et s’isole de plus en plus.

Les premières fois où il est surpris avec de la drogue, sa mère et son beau-père le battent et l’attachent au lit avant de le dénoncer à la police. Souvent, ils conservent une partie de la drogue et en consomment: «C’était vraiment hypocrite de leur part. Cette façon d’agir ne faisait qu’empirer notre relation. J’étais de plus en plus rebelle et je repoussais constamment les limites.»

N’ayant pas véritablement de père, il veut fuir et cherche des modèles chez d’autres hommes; notamment les gangsters. Victor écoute des films et la télévision, et il rêve d’être l’un d’eux. Il est fasciné par leur image et leur force. La drogue s’inscrit dans son cheminement pour correspondre à cette image.

L’attention que Victor obtenait en étant dealer venait en quelque sorte guérir la souffrance qu’il entretenait face à l’indifférence de son père: «La vente permet d’avoir du pouvoir parce que tu es populaire. Tu incarnes la désobéissance et beaucoup de gens à la fois te craignent et t’admirent. Tu ne passes pas inaperçu», dit-il.

Retour sur le passé

Aujourd’hui, il constate qu’il a fait beaucoup d’erreurs irréparables: «Les actions que tu poses sont permanentes. Si tu prends de la drogue, ça peut assombrir ta vie et tu peux avoir de graves problèmes.»

Il croit cependant que personne n’est parfait. L’adolescence est, pour lui, une période pour explorer et parfois faire des choses interdites de manière à s’opposer à ses parents et à s’affirmer. «On apprend à se connaître à travers les erreurs qu’on fait.»

Selon Victor, il est inutile d’aborder la drogue auprès des jeunes en leur faisant peur. Il faut tout simplement les renseigner sur les conséquences néfastes qu’elle peut avoir à long terme sur leur vie. «Si un jeune veut tenter l’expérience, il en prendra. Il faut l’accompagner et ne pas le juger. C’est l’amour qu’on donne aux jeunes qui les aide à s’en sortir», explique-t-il.

Maintenant, il se pardonne et accepte son passé: «J’ai un parcours original avec des hauts et des bas. Je ne cherche plus à m’associer à une image de gangster. Je veux être moi-même et faire le bien.»

Victor est devenu un artiste graffeur payé pour ses œuvres, et qui malgré son corps recouvert de tatouages, s’intègre dans les écoles pour apprendre aux jeunes le dessin et le graffiti.

Victor aime s’exprimer à travers les arts qui ont pris une place considérable dans sa vie. Ils ont été un processus thérapeutique dans l’arrêt de sa consommation de drogues.

«Mais j’aime ma vie d’adrénaline», dit-il. Le jeune homme continue de s’intégrer dans notre société tout en conservant sa touche de marginalité.

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    L’éducation et les Cégeps avec François Legault

    Une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue

    Les préjugés de François Legault

    Un texte publié initialement en octobre 2011. Je le retrouve par hasard. Je n’ai pu m’empêcher de vous le partager. 

    François Legault, le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), n’y va pas de main morte. Les Cégeps ne seraient qu’un lieu de décrochage servant à fumer de la drogue.

    Raymond Viger   Dossiers ToxicomanieAlcool et drogueÉducationPolitique

    françois-legault-coalition-avenir-quebec-caq-politiqueUne maudite belle légende urbaine pour un politicien qui veut réformer le système politique et amener un changement social!

    Le Cégep a été pour moi une période où j’ai raccroché après un décrochage de 2 ans. Je faisais 3 diplômes d’études collégiales en même temps, je travaillais à plein temps et je m’occupais de ma mère, orpheline et divorcée, qui avait le cancer. Quand François Legault nous dit que le Cégep n’est qu’un lieu pour décrocher et fumer de la drogue, je me demande s’il en fume encore!

    Fermer les universités?

    Si on suit le raisonnement de François Legault et qu’on ferme les Cégeps parce qu’on y décroche et qu’on fume de la drogue, on devrait aussi fermer les universités. Parce que dans les universités il y a un certain nombre d’étudiants qui s’y inscrivent et font 2 ou 3 bac faciles et inutiles en ne faisant que le minimum de cours pour être sur les prêts et bourses et éviter de se retrouver sur le marché du travail.

    Les politiciens en prison?

    Toujours en se basant sur les jugements de François Legault, on devrait mettre tous les politiciens en prison. Parce qu’un certain nombre ont de mauvaises fréquentations, achètent leurs élections, reçoivent des pots de vin…

    Un bon politicien ne peut pas avoir de jugements sociaux. Il ne peut généraliser et tout mettre dans le même bain.

    Les bananes de François Legault

    Je ne connaissais pas vraiment François Legault avant de lire ce qu’il pense des Cégeps. S’il veut m’épater et me rallier à sa cause, il devrait changer son discours social.

    Désolé M. Legault, vous venez de glisser sur votre première pelure de bananes.

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    Mieux retrouver son estime en la perdant

    Quand la confiance en soi n’est plus au rendez-vous

    Estime de soi à rebâtir

    Pierre est un être sensible qui a longtemps été étiqueté bon à rien. Pour retrouver son estime qui lui faisait défaut et prendre sa place, il a dû se battre toute sa vie contre le regard des autres… et du sien.

    Dominic Desmarais      Dossiers Toxicomanie

    confiance en soi estime de soi prendre sa vie en mainÂgé de 57 ans, ce colosse avec quelques kilos en trop déplace de l’air. Tantôt combattif, tantôt émotif, il cherche constamment le mot juste, fouille dans sa mémoire pour en ressortir l’information exacte, passe d’un sujet à l’autre pour revenir à son propos initial. Pierre est un volcan de mots et d’émotions. Il parle sans interruption comme si personne ne l’avait jamais écouté.

    Élevé par un père autoritaire qui décidait de tout, Pierre n’a pas appris, enfant, à avoir des idées et à les défendre. C’est en s’exilant de son Joliette natal, pour faire ses études collégiales à Montréal, qu’il goûte pour la première fois à l’autonomie. «Mes amis allaient tous au cégep de Joliette. Je voulais m’isoler.» Pierre, qui aspire à des études de psychologie, est refusé dans ce programme contingenté. Il opte pour la philosophie. «Les étudiants de sciences pures me demandaient ce que j’allais faire dans la vie avec un tel diplôme. Je leur répondais qu’en premier, j’allais apprendre à penser et, une fois que je saurais penser, je penserais à ce que j’allais faire!»

    Défendre ses idées

    Dans ses cours, Pierre est encouragé à donner son opinion et défendre ses idées. La possibilité de s’exprimer le grise au début, mais, très vite, elle devient un poids. Pierre est toujours à contresens du troupeau. La classe pense blanc, lui répond noir. «Parfois, ça m’inquiétait. Je me retrouvais seul contre les autres. Dans une classe, s’il y en a un ou deux qui ne sont pas d’accord avec toi, ça peut aller. Mais quand c’est tout le groupe, c’est dur. Je me sentais mal à l’aise.» En plus de penser différemment, Pierre est isolé. Il n’a pas d’amis, lui qui a quitté les siens pour la grande ville. Il a peur de couler ses cours, car ses opinions ne rejoignent personne. Nerveux, il rencontre l’un de ses professeurs qui le rassure. Il lui fait comprendre que la philosophie, c’est défendre ses idées. «Tout le monde est contre toi et tu tiens ton bout, tu n’enlèves pas ta fougue.» Pierre se rappelle cet épisode qui l’a marqué. Lui, le grand gaillard, se laisse aller à pleurer.

    Après le cégep, Pierre est animé par une soif d’apprendre. Après le monde des idées, il s’oriente vers celui de la logique pour étudier les mathématiques. Il y met toute son énergie et sa passion. Mais le côté rationnel des équations l’étouffe. «Pendant un examen, je me suis demandé ce que je faisais là. J’ai laissé ma copie et je suis parti.» Impulsif, Pierre rentre à son appartement aviser ses colocataires qu’il quitte sur-le-champ pour l’Ouest canadien. «C’était la rébellion. Je n’étais plus capable d’entendre le mot logique. Comme si ce mot avait force d’évangile.» Pierre se laisse aller. Lui si discipliné dans ses études et son travail dans la sécurité, laisse tout tomber. Il prend la route pour quelques mois.

    D’un métier à l’autre

    Un an plus tard, il retourne à l’université pour compléter son baccalauréat en mathématiques. «Ça faisait un an que j’étais sur la go. Le retour a été trop raide. Je n’étais pas prêt, j’ai abandonné.» Mais Pierre, incapable de ne rien faire, trouve une nouvelle passion pour assouvir son trop-plein d’énergie. Il décide de suivre des cours pour piloter des avions.

    Comme pour les mathématiques, Pierre délaisse son nouveau passe-temps. Il retourne à temps partiel à l’université et commence à s’initier aux arts martiaux. Il y trouve une dimension spirituelle et un code de vie qui le nourrissent. Les cours de karaté et d’aïkido deviennent plus importants que les maths. «Je voulais changer la texture de mes muscles. Au lieu qu’ils soient puissants, je les voulais résistants et endurants. C’était l’objectif de ma vie. Pas devenir ceinture noire. Les compétitions, je n’aimais pas ça même si je figurais bien. C’était plus une discipline intérieure.»

    En parallèle, il termine ses études universitaires, mais sa soif de connaissances n’est toujours pas assouvie. Il retourne au cégep étudier l’électricité. «Je n’y connaissais rien! J’ai obtenu un diplôme en instrumentation et contrôle. Il y avait de la demande partout pour calibrer les instruments industriels.»

    Pierre se sent prêt pour un nouveau défi : affronter le marché du travail. Après avoir développé son côté créatif par la philosophie, son rationnel avec les mathématiques et l’électricité et son intérieur par les arts martiaux, cet autodidacte solitaire est enfin bien dans sa peau. Fidèle à son besoin de découvrir, il s’attaque à un environnement qui lui est inconnu : le monde des ouvriers et des usines. Après une dizaine d’années passées à se découvrir, il doit maintenant apprendre à mettre en pratique ses connaissances en travaillant au sein d’un groupe. Pour Pierre et son estime, ce sera une dure épreuve.

    Le travail

    Après des années à travailler au sein de petites équipes comme technicien en contrôle d’instruments, Pierre se trouve un emploi dans une usine qui compte plus de 500 employés. L’intégration de cet être original sera difficile.

    À son arrivée, Pierre pensait bien s’entendre avec ses nouveaux collègues. Lors d’une visite avec le responsable de l’entretien pour rencontrer les autres employés, il observe l’atmosphère de son nouvel environnement. «À première vue, ça me semblait bien. J’ai rencontré les autres techniciens, des jeunes de 15 à 20 ans de moins que moi. Ils ont une certaine éducation, avec leur DEC. Mais d’autres employés ne savent ni lire ni écrire. Moi, je suis comme je suis. Ma place, ce n’est pas les usines…»

    Pierre, avec son franc-parler et son vocabulaire d’intellectuel, est rapidement pris en grippe par les employés de l’usine qui font tourner les machines que lui doit réparer. Ils se moquent de lui quand l’équipement se brise et lui font savoir leur insatisfaction quand les réparations traînent en longueur. Excédé par l’un d’eux, Pierre porte plainte en août 2005 pour harcèlement psychologique. L’employé, en sa présence, lançait des objets contre les murs avec rage, sous les encouragements des membres de son équipe. «J’ai demandé que le syndicat le rencontre. J’étais rendu au point de vouloir lui sauter dessus. Je devenais agressif.»

    La déchéance

    Le syndicat crée un comité de relations et Pierre demande d’être affecté à un autre département. Rien ne change. Dès que Pierre est appelé pour régler un bris d’équipement, on lui saute au visage. «Je ne pouvais plus vivre avec ça. Je me suis caché dans un bureau. Le représentant syndical est venu me trouver. Je pleurais. J’étais devenu une loque humaine. On ne m’avait même pas battu physiquement. Et j’étais sans défense.»

    Pierre rencontre un médecin qui le met en arrêt de travail de 6 mois pour dépression. Côté syndical, il raconte sa version de l’histoire. Aucun grief ne sera déposé contre son intimidateur. Pierre est bouleversé. «Je ne me sentais pas appuyé, pas défendu.» Pour se soigner, Pierre voit un psychiatre. En plus de sa dépression, il souffre de brûlures d’estomac qui l’empêchent de dormir. Son anxiété provoquait des difficultés à digérer. «J’ai demandé à mon médecin quand j’arrêterais de prendre la médication. Il m’a dit que c’était pour la vie. 100$ par mois. Je me sentais mal de savoir que j’allais y être accroché pour le restant de mes jours.»

    Maître de sa guérison

    Autodidacte, Pierre cherche des solutions. «J’étais à domicile pour un congé de maladie de 6 mois. J’avais du temps pour lire. Internet a tout chamboulé.» En faisant des recherches personnelles, Pierre tombe par hasard sur le site d’un centre de recherche qui travaille sur les ondes et la pensée. «J’ai toujours été intéressé par la recherche intérieure. Là, le site parlait de contrôle de la pensée. Et moi, je me demandais pourquoi, alors que j’ai une colonne vertébrale, que j’ai fait 10 ans d’arts martiaux, je me retrouvais caché dans un bureau à pleurer.»

    Pierre commande des CD de musique qui jouent sur les ondes et développe des liens entre les deux hémisphères du cerveau. Pierre fait jouer ces mélodies pendant qu’il dort la nuit. «Avec la musique, j’ai fait partir les pilules et mes problèmes d’estomac. Mon sommeil s’est replacé et j’ai pu retourner travailler.»

    Pierre pousse l’expérience plus loin. «Je me suis dit que j’étais capable d’altérer bien des choses de mon cerveau, que ma pensée pouvait être plus large, plus complète.» Il décide de se fabriquer des phrases subliminales, qui défilent trop vite pour les apercevoir, et les fait passer sur l’écran de son ordinateur devant lequel il est régulièrement assis. «Plus on répète quelque chose, plus ça devient vrai. Même un mensonge, s’il est répété plus d’une fois, devient vrai. Moi, je m’écrivais que j’étais bon, que j’étais capable. Des phrases positives.»

    Pierre est retourné au travail, son problème de manque de confiance qu’il traîne depuis l’enfance est disparu. Comme les arts martiaux lui ont, à une époque, procuré une paix intérieure, aujourd’hui c’est la musique de méditation qui l’aide. Quant à demain, Pierre verra bien. D’ici là, il apprend à savourer la vie au jour le jour. Un objectif si simple qu’il aura mis des années à comprendre.

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      Un toxicomane et son parcours

      Témoignage

      Conséquences de la toxicomanie

      Dominic Desmarais Dossiers Drogue

      drogue toxicomanie drugs toxicomanePoussé par un besoin de fuir la sévérité de son père, Pierre commence tôt à consommer de la drogue. De la colle à l’héroïne, il s’est enfoncé dans un cauchemar qui l’a mené aux portes de la mort.

      Pierre est arrivé du Portugal avec sa famille à l’âge de quatre ans en 1966. Fils d’un immigrant qui aspire à une meilleure vie au Canada, il se sent à l’étroit dans sa famille. Le père, autoritaire et à la discipline sévère, encadre étroitement ses quatre enfants. Il exige d’eux de bons résultats scolaires, passage obligé vers la réussite.

      Avant de souffler ses 10 bougies, le petit Pierre a entendu plus d’une fois son père lui dire qu’il ne veut pas de voyou dans la famille. Pierre n’a pas de liberté. Il trouve la vie trop sérieuse.

      Je ne pouvais pas aller jouer dehors avec les autres enfants, je devais être à la maison tôt. Je ne blâme pas mon père, c’est comme ça qu’il a été élevé. Il n’a jamais affiché ses émotions.

      Voleur à 6 ans

      toxicomanie drogue toxicomane drug sites injections supervisées seringuePour se révolter, Pierre devient ce que son paternel ne veut pas. À 6 ans, il vole des jouets dans des boutiques parce qu’il n’en a pas.

      J’étais déjà en train de commettre des actes criminels. À 10 ans, je me poussais de la maison pour l’éviter, lui et ses règles. Je traînais dans la rue. J’ai commencé à sniffer de la colle. Dans les années 70, c’était commun pour un ado. J’ai commencé à me rebeller encore plus.

      À l’école, les problèmes s’accumulent. Pierre décide d’éviter de s’y présenter.

      Je préférais aller voler dans des boutiques! Quand je devais aller voir le principal pour mes sorties sans permission, il me battait avec une petite ceinture en cuir, 3 coups dans chaque paume de la main. À 10 ans! J’en pleurais! Mais je répétais toujours les mêmes erreurs. Et plus je me rebellais, mieux je me sentais.

      Sa présence dans les rues du quartier ne passe pas inaperçue. Des travailleurs de rue le signalent à la DPJ. Pierre devra fréquenter l’organisme Enfant Soleil où on l’occupe par le sport pour l’em-pêcher de flâner. Pendant deux ans il y joue au ballon et au hockey tout en poursuivant ses activités criminelles. Avec des amis, il s’imagine voler un dépanneur fermé. En sortant, ses amis et lui sont accueillis par quatre voitures de police. À 14 ans, il est envoyé en centre d’accueil.

      Prisonnier juvénile

      On m’a envoyé à Cartierville, un centre de détention avec une clôture. Une prison pour jeunes délinquants. Ça m’a aidé. Je me sentais bien dans ça. Je me valorisais dans le sport.

      Pierre habitait une petite maison avec une douzaine de jeunes et des travailleurs sociaux présents 24 heures sur 24.

      On me laissait partir pour quelques mois et je recommençais mes mauvais coups. Un juge en a eu assez et m’a rentré en centre fermé jusqu’à mes 18 ans.

      Pendant ces 4 années passées en centre d’accueil, il voit ses parents à trois ou quatre reprises.

      Mon père n’aimait pas ça et moi non plus je ne voulais pas qu’il vienne. J’avais droit à la morale. Ça a duré longtemps…

      Au centre d’accueil, Pierre apprend un peu à se prendre en main. Mais à cet âge, il voit la vie en noir. À 18 ans, on le laisse regagner la maison familiale.

      En sortant du centre, je ne consommais plus de colle. Mais j’ai revu mes anciens amis. De la colle, nous sommes passés au pot, à la mescaline, au pcp et à la cocaïne.

      Couple de camés

      toxicomanie drogue toxicomane drug site injections superviséesÀ cette époque, Pierre devient follement amoureux et se fiance à 19 ans. Sa compagne partage son penchant pour les drogues. Pendant cinq années, ils mènent une vie simple.

      Elle aussi aimait consommer. Sauf que son trip s’est terminé. Elle regardait son avenir et voyait qu’avec moi, elle n’allait nulle part. Elle a arrêté. Pas moi. On ne sortait plus, on n’allait plus au cinéma. J’étais de plus en plus avec mes amis. Avec elle, je me sentais trop encadré. Quand elle devenait trop possessive, je m’évadais.

      Bien que Pierre se sente à l’étroit dans sa relation, la rupture le chavire. Il consomme plus que jamais pour étouffer sa peine.

      C’est là que j’ai commencé à prendre de l’héroïne. C’était le début de la fin.

      Un ami de party lui présente des gens de la mafia. Pierre se trouve un nouvel emploi: vendeur de drogue.

      J’étais toujours défoncé. J’en vendais à des femmes enceintes. Je me sentais mal. J’essayais de leur faire la morale, ce que je détestais tant qu’on me fasse! Parfois, quand elles n’avaient pas d’argent, je leur en donnais. Mais comme je me sentais trop mal, j’ai arrêté.

      Jouer avec la mort

      Pierre travaille dans une piquerie mais l’atmosphère devient trop pesante pour lui. Il devient livreur en voiture.

      Voir les autres mourir, attraper le sida ou l’hépatite, ça m’a fait réaliser qu’un jour, ce serait mon tour.

      À 26 ans, la réalité le rattrape. Il est porteur de l’hépatite C.

      Quand tu l’attrapes, si elle n’est pas traitée, l’hépatite devient une cirrhose du foie qui dégénère en cancer.

      Pendant 6 mois, il suit un traitement à la méthadone qui s’avère inefficace. Son hépatite est trop forte.

      Comme ça ne fonctionnait pas, j’ai continué à consommer.

      Insouciant, le jeune homme continue à jouer avec la mort. Il fait quatre overdoses. En route vers l’hôpital, il s’en prend aux ambulanciers qui, d’une injection, le ramènent de sa folie.

      À ma dernière overdose, rendu à l’hôpital, j’ai enlevé tous les fils parce que je n’étais plus gelé. 20 minutes plus tard, j’étais en train de me mettre une aiguille dans le corps. Faut vraiment pas s’aimer…

      Malgré ses overdoses, Pierre ne s’adoucit pas. Il n’a pas encore touché le fond. Un soir, dans un motel, il mélange héroïne et cocaïne. En sortant de son marasme, il s’aperçoit que ses jambes et ses testicules sont pleines d’eau.

      C’est comme si j’avais pris 50 livres en 10 heures. J’ai aussitôt pris un taxi pour l’hôpital. C’était bien une cirrhose. Les médecins m’enlevaient jusqu’à un litre d’eau parce que mon foie ne fonctionnait pas. Ça me prenait un foie sinon je n’avais pas plus de 2 ans à vivre.

      À cause de sa cirrhose, Pierre est incapable de marcher. Il est confiné pendant un an à l’hôpital.

      Je sortais une journée par semaine. J’attendais un foie. Ça a pris du temps.

      Pierre est chanceux. Son médecin, qui le suit depuis des années, se bat pour lui obtenir l’organe dont il a besoin pour vivre. D’ordinaire, les consommateurs de drogue ne sont pas choisis pour une transplantation.

      Espoir d’un junkie

      Après un an d’attente et d’angoisse, Pierre reçoit la bonne nouvelle.

      Je braillais tellement! Je n’y croyais plus. Ils n’en donnent pas à un drogué.

      En salle d’opération pour la transplantation, on l’avise que le foie n’est pas compatible.

      J’ai piqué une crise, je me suis mis à pleurer. Deux mois ont passé. J’étais toujours à l’hôpital. Ils m’en ont trouvé un autre, compatible cette fois.

      Pour l’opération, on l’ouvre de bord en bord, comme en témoigne la longue cicatrice qui orne son ventre. Pour le soulager de sa douleur, on lui donne la possibilité de s’injecter lui-même, depuis son lit d’hôpital, des doses de morphine.

      Je suis retombé dans le même pattern. Je flippais. Inconsciemment, je rechutais. Je n’avais plus mal et je me donnais des injections, j’abusais. Il fallait que je nettoie mon cerveau. Je savais ce que j’étais en train de faire. Comme on dit, junkie un jour, junkie toujours. Je n’aime pas cette phrase-là, mais c’est vrai.

      Pierre en parle avec un thérapeute.

      Ça n’allait pas. Je courrais encore après ce feeling. Ça me prenait un antidouleur, mais pas de la morphine, qui donne presque la même sensation que l’héroïne.

      L’héroïnomane se sent mieux. Mais marcher le fait toujours souffrir. Son médecin lui suggère un autre traitement à la méthadone.

      J’en prends encore. Ça m’enlève le manque. Je diminue petit à petit la dose. Depuis, je vois mon médecin tous les lundis, avec des prises de sang à chaque fois. Je pensais qu’avec mon nouveau foie, mon hépatite disparaîtrait, donc adieu le risque de cirrhose et de cancer… Mais non. L’hépatite ne part pas comme ça. Et elle a affecté mon nouvel organe.

      Toutes les semaines pendant près d’un an et demi, Pierre doit recevoir trois injections, sans compter les médicaments qu’il doit ingurgiter.

      Je prends une vingtaine de comprimés par jour pour la tension et les antirejets. J’en ai pour le restant de mes jours. Parce que ce n’est pas mon foie, mon organisme peut le rejeter. Et si ça arrive, je peux mourir dans l’instant. Ça me fait suer, mais si c’est le prix à payer pour rester en vie…

      Pendant des années, Pierre ne s’est jamais soucié de sa vie. Aujourd’hui, diminué par l’usage de drogues dures, il s’accroche. Il vit au jour le jour en cherchant un sens à ses expériences.

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      Patrick Prophète sous l’influence du GHB et de la cocaïne

      Arrestation de Patrick Prophète

      1600$ d’amende est-ce responsable?

      Patrick Prophète, intoxiqué au GHB et à la cocaïne se retrouve avec son véhicule dans le champ. 1600$ d’amende et un an sans conduire est-il suffisant?

      Raymond Viger Dossiers Drogue, Toxicomanie

      La vidéo de Patrick Prophète dans son véhicule, complètement intoxiqué au GHB et à la cocaïne était très explicite. Complètement hystérique et avec des instants de complète perte de conscience comment peut-on s’imaginer que Patrick Prophète, quelques instants auparavant se retrouvaient sur la route conduisant son véhicule.

      S’il avait tué quelqu’un avec son véhicule, il aurait été tenu criminellement responsable et on l’aurait retrouvé derrière les barreaux pour un bon bout de temps. Parce que, par hasard ou par pure chance pour les citoyens qui se trouvaient dans le secteur, personne n’a été tué ou blessé. L’incapacité de conduire son véhicule est pourtant la même. Pourquoi la conséquence serait moindre?

      Tuer ou ne pas tuer… voilà la question!

      Si je fais un vol à main armé. J’entre dans un dépanneur. Je pointe mon pistolet sur la tempe du caissier et prend tout l’argent. Je sort du dépanneur et la police me ceuille. Est-ce moins criminel que si j’avais pu sortir du dépanneur et réussi à prendre la fuite?

      Doit-on attendre qu’un enfant se fasse frapper par un chauffard pour sévir? Patrick Prophète a conduit un véhicule sans en être en état de le faire. Qu’il ait tué ou non quelqu’un, l’incapacité de conduire son véhicule était criminelle et plus qu’évidente.

      La justice au Québec est parfois très discutable et très molle.

      Pour voir la vidéo de Patrick Prophète.

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      Quand un homme accouche

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      Centre de thérapie pour jeunes toxicomanes: Maison du Pharillon

      Toxicomanie

      Thérapie pour jeunes toxicomanes

      Mercredi soir, je suis allée à la soirée portes ouvertes hebdomadaire de la Maison du Pharillon. Il s’agit en fait d’un lieu de thérapie pour jeunes toxicomanes qui veulent s’en sortir.

      Valérie Carrier       Dossier Toxicomanie

      Je connaissais l’organisme par son fondateur, Christian Beaulieu, un prêtre qui donne des enseignements dynamiques auprès des jeunes et qui a les yeux brillants comme personne! J’avais aussi déjà rencontré quelques jeunes sortis du Pharillon, mais la Maison étant à Montréal et moi habitant très loin, je n’avais encore jamais l’occasion d’y aller. Mercredi soir, j’y ai vécu une soirée très intense.

      Soirées du mercredi

      Dans ces soirées du mercredi, il y a un partage, qui prend la forme d’un témoignage. En général, c’est un des jeunes qui prend la parole, mais cette semaine, c’était une soirée spéciale. C’est le père de l’un de ces anciens toxicomanes qui a partagé son expérience avec tous. Il a parlé de tous les problèmes que son fils avait pu lui causer, de tout le mal qu’il avait fait, de la souffrance qu’il lui avait fait endurer. Son fils était dans la salle, il écoutait et ajoutait parfois quelque chose. Le père a invité jeunes et parents qui voulaient à partager aussi leur expérience, dans tous les cas semblable à la sienne. La rencontre a ainsi donné lieu a d’incroyables témoignages.

      Apprendre à s’en sortir

      Pour moi, c’était d’incroyables témoignages. Eux, c’était leur vie. Mais pour qu’ils soient capables d’en parler ainsi, pour que les jeunes soient capables de parler avec sérénité de tout ce qu’ils ont fait de mal, il a fallu qu’ils passent par un grand apprentissage. Et pourtant, certains d’entre eux ne sont pas là depuis très longtemps. Ils apprennent à s’en sortir.

      De la discussion de mercredi, il est ressorti que la plus grande aide que les parents ont pu apporter à leurs fils, c’est d’avoir cessé de les aider; c’est alors que ces jeunes ont dû cesser de prendre pour acquis leur nourriture et chercher de l’aide pour changer de vie. Tous étaient d’accord sur ce point.

      Résultats

      C’était la première fois que j’allais dans une maison de thérapie, la première fois que j’assistais à une rencontre de jeunes en cheminement pour quitter leur dépendance; je ne peux donc pas comparer. Ce qu’on m’a dit de l’approche de cette maison, c’est qu’elle implique un côté spirituel et un côté social, alors que la majorité n’abordent qu’un ou l’autre. Ce que j’en sais, c’est qu’elle est basée sur l’amour fraternel. Et ce que j’en vois, c’est que ça fonctionne: ces gars s’en sortent!

      Centre de thérapie Maison du Pharillon

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      Quand un homme accouche

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      Thérapie et abstinence pour l’alcoolisme et dépression

      Objectifs thérapeutiques

      Vaincre son alcoolisme

      La métamorphose de la chenille rappelle l’un des plus grands enseignements de la vie : les ailes de la maturité et de l’autonomie grandissent dans le renoncement à ses vieilles habitudes.

      Souleyman Dossiers Alcool et drogue, Croissance personnelle

      J’ai pris conscience de la piètre estime de soi qui est mienne. Et je ne me connais guère suffisamment. Je sais qu’il existera toujours en moi des trésors et des zones d’ombres que mon introspection et mon exploration ne sauront jamais atteindre.

      Par le biais de mon cheminement j’ai voulu me doter d’outils sachant me permettre d’enrayer le sabordage que je faisais de ma vie, de me connaître davantage et de m’accepter tel que je suis.

      Mes réflexions introspectives doivent me permettre d’identifier mes comportements dégradants et néfastes, mes blessures, leur Comment et leur Pourquoi.

      Objectifs thérapeutiques

      • Divorcer d’avec mon alcoolisme, rester abstinent et marcher vers ma sobriété
      • Corriger mes comportements funestes
      • Vaincre mes troubles psychosomatiques (dépression, insomnie et anxiété chroniques)
      • Outrepasser mes problèmes judicaires
      • Bonifier mon potentiel
      • Me réorienter professionnellement
      • Me réaliser positivement et efficacement

      J’ai effectué une thérapie fermée de dix mois entrecoupés d’une escapade de deux semaines, dictée par mon orgueil et mon impulsivité. J’y ai connu une grosse rechute pour ensuite réintégrer ma thérapie à la maison l’Estime, à Asbestos menant ma thérapie à terme avec succès. Je me trouve en ce moment en réhabilitation médicale, sociale et professionnelle avec mes médecins, le centre Dollard-Cormier et la maison l’Exode.

      Alcoolisme

      Ça faisait une vingtaine d’années que je me retrouvais sous le joug de l’alcool, tout simplement par suivisme, frivolité et insouciance. Plus tard, j’ai pu comprendre qu’outre les plaisirs manifestes que j’en tirais, il y avait surtout ce facteur rébellion contre le confinement rigide et contrôlant ainsi que le conformisme moral et religieux dans lesquels j’ai grandi en tant qu’enfant et adolescent.

      Après le déni et la négation, j’ai finalement pris conscience de ma problématique d’alcoolique grâce à l’accompagnement d’amis, de la famille, de mon médecin et de mon employeur. Je ne m’étais pas rendu compte de mon enlisement sournois dans la médiocrité, mes problèmes de santé et l’avilissement de mes facultés intellectuelles (pertes de mémoire et concentration). Et je n’avais pas une bonne hygiène de vie.

      Alcoolisme et dépression

      J’étais submergé par l’alcoolisme, la dépression, l’anxiété et l’insomnie chroniques. J’étais devenu un ramassis de contradictions : performances épisodiques au travail, sans fiabilité à cause de mon absentéisme, relations interpersonnelles dysfonctionnelles, collection de contraventions, peurs, peine et colère.

      J’ai alors demandé de l’aide et je me suis tourné vers mon médecin de famille qui m’a référé psychiatrie à l’hôpital Général Juif. J’y suis médicalement traité et j’ai été orienté vers le centre Dollard-Cormier pour la dépendance alcoolique.

      Conséquences de l’alcoolisme

      J’ai dû quitter mon emploi essayant vainement d’exercer des fonctions moins exigeantes. Mon alcoolisme m’a aussi conduit à des ennuis judicaires. J’avais collectionné des contraventions. J’ai eu une poursuite au criminel pour menaces de mort suite à une dispute avec mon voisin. Cette affaire est encore en suspens et mes conditions de libération m’interdisent de retourner chez moi.

      J’ai cependant réussi à raffermir ma voix intérieure en l’écoutant et en la comprenant davantage. Celle-là même qui est le berceau de mon estime de soi et qui doit toujours nourrir mon honnêteté. J’ai beaucoup réfléchi et saisi qu’elle représente cette énergie dynamique en moi que je ne cesse de faire croître par les fiertés que j’accumule à travers mes accomplissements au quotidien.

      Humilité et alcoolisme

      Dans les réalisations valorisantes de mes actions, mon estime de soi fait appel à la contribution simultanée de mon honnêteté, mon réalisme et mon humilité; de mon potentiel, mes expériences et mes limites; de ma motivation, ma détermination et ma persévérance.

      J’ai assimilé une meilleure hygiène émotionnelle et sentimentale. Je dois harmoniser mes deux autres voix : mon rationnel et mon émotionnel.

      Le plus bel arc-en-ciel se produit lorsque les rayons lumineux du pardon traversent les larmes nébuleuses du regret, du remords ou du ressentiment.

      Alcoolisme et ressentiments

      Parfois mes regrets, mes remords ou mes ressentiments me plongent dans la culpabilité, la honte, la haine et la rancune reliés aux mauvais choix que j’ai faits ou aux situations hostiles dans lesquelles je me suis volontairement ou involontairement placé.

      Les sentiments qui en découlent sont parfois très forts et me génèrent beaucoup de peine et de colère. Rêves, ambitions et projets que je me suis fait avorter, préjudices que j’ai pu subir ou infliger à autrui. Et cela à cause de mon alcoolisme, mon insouciance et surtout, ma malhonnêteté envers moi-même. Je suis conscient que je me sens impuissant face à mon passé et que je ne peux changer.

      Teintées par mes valeurs et mes croyances, Je sais que mes idées, mes pensées ne représentent pas forcément la réalité. Je dois les maîtriser et ne pas en rester esclave. Je possède le pouvoir de modifier mes perceptions sombres, d’élaborer un avenir épanouissant, en dépit de mon vécu.

      Parfois plus longue que prévue, la route de l’effort ne trompe jamais les marcheurs. Ceux qui en doutent ne vont jamais assez loin.

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      LETTRE D’UNE MÈRE À UN JEUNE TOXICOMANECe billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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      apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

      Le livre est disponible au coût de 9,95$.

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