Stéphane Hessel et la Résistance à 94 ans

Résister à ce qui nous déshumanise 

C’est le retour du fascisme que nous avons combattu. Demeurons vigilants et indignons-nous! C’est le message transmis à la jeunesse actuelle par le Résistant de 94 ans Stéphane Hessel, dans un petit livre devenu un phénomène mondial.

Normand Charest      Chronique Valeurs de Société           Dossier International, Livres, Société

Vous avez vu cette brochure dans les librairies, depuis un an ou deux. À peine 32 pages. À moins de 5 dollars, elle a connu son heure de gloire chez nous, lors du printemps érable, puisque la jeunesse étudiante s’y reconnaissait.

La Résistance

C’est peut-être tardivement que vous vous décidez à lire cet écrit. Le titre «Indignez-vous!» ne vous avait pas frappé. Mais respect pour cet auteur de 94 ans, né à Berlin en 1917 et arrivé à Paris en 1924, qui combattit le nazisme dans la France occupée.

Membre de la Résistance, il est arrêté par la Gestapo en juillet 1944. Torturé puis envoyé dans des camps de concentration, il réussira à s’enfuir. Après la Libération, comme la Résistance le souhaitait, le gouvernement français créé la Sécurité sociale et la retraite, puis nationalise les grandes sources d’énergie et les banques.

La Résistance exige aussi la liberté de presse, ainsi qu’une éducation de qualité pour tous. Mais tout cela est à nouveau menacé, de nos jours, nous dit Hessel.

Prenez le relais

«Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et de ses idéaux. Nous leur disons: prenez le relais, indignez-vous!»

Or, cette indignation n’appelle pas à une lutte armée, mais à une résistance non violente. L’auteur souligne l’importance de la responsabilité personnelle, et par conséquent, de la participation citoyenne.

S’indigner d’abord contre les injustices sociales. La liberté économique ne doit pas être celle «du renard dans le poulailler», écrit-il fort justement. Cela ne se passe pas seulement dans le tiers monde, mais aussi près de nous, rappelle-t-il, «dans les banlieues de nos plus grandes villes, là où l’isolement et la pauvreté nourrissent la haine et la révolte».

Les Droits de l’homme

Stéphane Hessel a participé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, préparée par les Nations unies qui venaient de naître, en 1945. Sous la présidence d’Eleanor Roosevelt, la commission dont il fait partie compte 12 membres, dont un avocat canadien, John Peters Humphrey qui en a fait la première ébauche.

Le président américain Franklin Delano Roosevelt avait déjà proclamé en 1941 les «Quatre Libertés de l’Atlantique» reprises dans le préambule de cette Déclaration:

  • Liberté de confession
  • Liberté d’expression
  • Liberté de vivre à l’abri de la peur
  • Liberté de vivre à l’abri du besoin.

Quatre libertés dont la préservation demeure, aujourd’hui encore, tout aussi actuelle et nécessaire.

Un enthousiasme planétaire

La brochure «Indignez-vous!» est devenue rapidement un phénomène planétaire. Elle fut publiée dans 36 pays pour un total de près de 5 millions d’exemplaires. Ce qui prouve qu’il s’agit d’une préoccupation universelle, rejoignant un grand nombre d’individus. Si ce n’est pas la grande majorité, cela constitue tout de même un levain suffisant pour lever la pâte, écrit Stéphane Hessel.

Une vieillesse active!

Stéphane Hessel est décédé à Paris le 27 février 2013, à l’âge de 95 ans. Après «Indignez-vous!», en plus d’un CD de ses poèmes mis en musique, il aura le temps de publier 8 livres préparés en collaboration:

  • Engagez-vous!
  • Le Chemin de l’espérance
  • Résistances
  • Le Rescapé et l’Exilé
  • Vivez
  • Exigez! un désarmement nucléaire total
  • Tous comptes faits… ou presque
  • À nous de jouer!

Sa vie bien remplie jusqu’à la dernière heure suscite notre admiration. Stéphane Hessel représente un exemple d’engagement exceptionnel, et nous l’en remercions.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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Aliments frais et une alimentation saine

L’exemple de la Colombie-Britannique

De la ferme à l’école

Un enfant qui mange mieux apprend mieux. Apportons donc des aliments frais dans les écoles. C’est ce qu’a fait Joanne Bays en Colombie-Britannique et Équiterre l’a invité à venir partager son expérience avec ceux qui souhaitent faire de même au Québec.

Normand Charest  Chronique Valeurs de Société  Dossiers  Éducation, Jeunes

Logo_chronique 2 (ajusté)Cela se passait à la Maison du développement durable à Montréal, le 1er octobre dernier. La conférencière vient d’une famille active dans l’agriculture et les jardins communautaires. Un grand-père britannique, l’autre canadien-français, puis deux grands-mères amérindiennes. Joanne Bays possède une formation de nutritionniste communautaire (community nutritionist).

Elle travaille d’abord dans des cuisines collectives en Colombie-Britannique et participe à la création d’un réseau pour l’alimentation saine, puis à l’établissement de jardins communautaires permettant de produire des légumes frais.

Produits frais à l’école

Cela mène éventuellement au projet d’apporter des produits frais à l’école, ce qui est la raison d’être du réseau qu’elle dirige: «Farm to Cafeteria Canada» (F2CC). Apporter la ferme à l’école, au campus, mais aussi dans les hôpitaux et dans les prisons, voilà ce qu’elle souhaite (1).

Il faut d’abord transporter les aliments des petites fermes jusqu’aux écoles, ce qui demande une bonne organisation.

En même temps, une autre solution consiste à faire pousser les légumes sur place. Dans des communautés éloignées où les aliments coûtent cher (dans des réserves autochtones, par exemple), on a établi des jardins communautaires pour les familles.

Mais son réseau a aussi mis en place un programme d’agriculture dans 16 écoles (Farming School program) qui permet de produire les aliments sur place.

Plus de légumes, moins de pilules

Il existe en ce moment deux grands programmes subventionnés par le ministère de la Santé britanno-colombien. Un programme de comptoir à salade (Salad Bar program) dont bénéficient 20 000 enfants, et un programme de collations à base de fruits, légumes et produits laitiers, provenant de producteurs locaux (Fruit, Vegetable and Milk Snack program) dont bénéficient 450 000 enfants en Colombie-Britannique.

Pour en arriver là, il a fallu convaincre un gouvernement en mode réduction budgétaire que le fait de favoriser une meilleure alimentation entrainerait une réduction des dépenses de santé. Elle et son organisme ont réussi à le faire.

On a d’ailleurs prouvé qu’un enfant mieux nourri avait de meilleurs résultats à l’école, tout en étant en meilleure santé. Cela vaut aussi pour les adultes, qui seront moins malades et auront une vie plus productive.

Et au Québec?

Beaucoup de ceux qui assistent à la conférence cherchent à faire de même au Québec, et nul doute que les conseils et l’expérience de Joanne Bays les aideront dans leur recherche. Elle se déclare d’ailleurs prête à les soutenir.

________________

(1) De la ferme à la cafétéria, incluant: De la ferme à l’école, De la ferme au campus et De la ferme aux établissements de santé: http://www.farmtocafeteriacanada.ca/fr/

Politique de souveraineté alimentaire du Québec

Équiterre a collaboré à l’élaboration de la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement québécois. Mais Équiterre espère que cela ne demeurera pas lettre morte et qu’il y aura bientôt des résultats concrets de cette politique.

L’action sociale d’Équiterre

Mentionnons le programme Croqu’Plaisir en Montérégie pour l’acquisition de saines habitudes de vie en service de garde que soutient Équiterre avec d’autres organismes. Et le réseau des Fermiers de famille coordonné par Équiterre depuis 1995 qui permet d’obtenir des légumes frais, locaux et biologiques.

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Statégies vers une nouvelle politique jeunesse

Le Sommet des jeunes

Nouvelles stratégies

Retour sur le Sommet d’août 2013, où des jeunes ont poursuivi leur réflexion pour une nouvelle Politique jeunesse. Déceptions et nouvelles stratégies pour arriver à leur but.

Normand Charest  Dossiers Valeurs de SociétéJeunesPolitique

Dans le numéro de septembre-octobre, nous avons couvert le Sommet des jeunes, tenu à Montréal. Et nous avons promis de suivre ce dossier, parce que nous croyons que cette implication mérite qu’on l’appuie. Les jeunes devaient présenter la synthèse de leur travail à la commission parlementaire annoncée pour l’automne.

Mais depuis, la commission a été remise à janvier ou février prochain, ce qui leur donne plus de temps pour peaufiner leur mémoire. De plus, le ROCAJQ (Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec) a offert aux jeunes un espace au sein de son Colloque tenu en octobre (le OFF Colloque).

Nous avons assisté à cet OFF Colloque en tant qu’observateur, afin de mieux comprendre leur démarche. Une dizaine de jeunes étaient présents, dont Maryann Gauthier, puis Judeisy de Léon et Ursy Ledrich du BCJ (Bureau de consultation jeunesse) que nous avons déjà interviewés en août dernier.

Retour sur le Sommet

Les jeunes se posent d’abord cette question: le Sommet de cet été a-t-il été une réussite? Ils ont la candeur de s’avouer qu’ils ont éprouvé de grandes difficultés à le réaliser. C’est clair, le projet était trop ambitieux.

Rappelons que l’événement s’est déployé sur cinq jours, avec de multiples ateliers simultanés, sans compter les soirées et le point de presse. De plus, ils apprennent deux semaines avant l’événement qu’ils doivent héberger 70 participants venus de France, alors qu’ils en attendaient au plus une vingtaine. Un énorme défi pour n’importe qui, peu importe son âge.

Donner une voix aux jeunes

Le BCJ a été fondé pour donner une voix aux jeunes. Son principe de base, comme l’explique Ursy, c’est que les jeunes dirigent et proposent des projets, tandis que les intervenants appuient leurs actions, en les aidant à obtenir du financement, par exemple. D’où le slogan «par et pour les jeunes». Si les adultes prennent trop de place dans ce processus, certains jeunes ne parlent pas. C’est pourquoi les jeunes font leurs rencontres sans les intervenants.

Récupération gouvernementale

Depuis des années, ce groupe de jeunes a connu plusieurs déceptions dans ses contacts avec le gouvernement. Des projets qu’ils avaient présentés ont été refusés pour être ensuite, selon eux, repris sans que le crédit leur en soit donné.

C’est le cas pour la tournée de consultation des régions. Même l’expression «En route pour le Sommet» leur aurait été prise. Les jeunes ont écouté ceux des régions, pour prendre note de leurs préoccupations.

Le refus de financement pour raison de «dédoublement» compromettait, pour eux, trois ans de travail. D’autant plus que leurs partenaires les avaient quittés pour se joindre à la tournée gouvernementale. Ils se sont alors sentis doublement floués.

Historique: un exposé brillant

Ursy nous présente d’ailleurs, de manière brillante, un historique de la Politique jeunesse au Québec, en partant de la création du BCJ en 1970 et en passant par les différentes étapes, dont celle du Conseil permanent de la jeunesse, aboli par Jean Charest en 2010, l’Année internationale de la jeunesse, et jusqu’à aujourd’hui. Une succession de belles paroles et de promesses dont la réalisation est continuellement reportée.

Écouter sans juger: deux tournées et deux approches différentes

En plus d’une perte personnelle, c’est la validité de la tournée gouvernementale que les jeunes remettent en question. Selon eux, il y a deux conditions pour comprendre vraiment les préoccupations de la jeunesse.

1. D’abord s’assurer que l’on rejoint les jeunes de tous les milieux, sans oublier les plus marginalisés, ce que la tournée gouvernementale n’aurait pas réussi à faire, disent-ils. «Nous, nous allons voir les jeunes de la rue. Eux s’adressent plus aux jeunes étudiants, déjà politisés.»

2. Il faut aussi recueillir les préoccupations de ces jeunes sans les juger. C’est ainsi que les jeunes du BCJ fonctionnent. À l’opposé, la consultation gouvernementale oriente le débat en sa faveur, en limitant l’expression des participants à des questions qu’elle leur impose.

Confidentialité

À partir des préoccupations recueillies lors de leur consultation, les jeunes vont maintenant élaborer leurs recommandations pour la Politique jeunesse.

Mais après avoir été déçus par la récupération gouvernementale, ils en ont tiré une bonne leçon. Dorénavant, tout leur travail demeurera confidentiel, jusqu’à ce que leur mémoire soit remis à la commission parlementaire.

Les jeunes du Sommet font partie du BCJ dont le rayon d’action ne couvre que la région de Montréal. Mais leur place au sein du ROCAJQ leur permet de s’associer à une cinquantaine d’autres organismes communautaires et à d’autres jeunes, étendant ainsi leur influence à tout le Québec.

Chacun de ces organismes pourra présenter son propre mémoire lors de la Commission parlementaire avec des recommandations similaires, ce qui ajoutera un poids politique à celles des jeunes.

«Les jeunes veulent s’approprier la Politique jeunesse, et pas seulement se la laisser imposer d’en haut par les politiciens. Si tu ne prends pas soin de la politique, c’est elle qui prendra soin de toi.» (Ursy)

On pourra dire que les jeunes manquent d’expérience, mais on ne peut ignorer leur bonne volonté et la pertinence de beaucoup de leurs idées. Si l’on promet de «donner une voix aux jeunes» comme on l’a fait, il faut bien les écouter par la suite.

Colloque sur l’action communautaire…

Lors du colloque organisé par le ROCAJQ, du 15 au 17 octobre, M. Nikolas Ducharme, secrétaire adjoint du Secrétariat à la jeunesse, est venu présenter la démarche gouvernementale de consultation qui comporte le dépôt, cet automne, d’un «Livre blanc sur la jeunesse» par le gouvernement du Québec.

Les membres d’Interjeunes et les jeunes du Sommet comptent étudier attentivement ce Livre blanc. Mme Sylvie Norris, directrice du ROCAJQ, déclare dans un communiqué de presse: «On veut s’assurer que la parole, les préoccupations, les besoins et les espoirs de tous les jeunes s’y retrouvent.» Ce qui résume bien la pensée de tous.

En fait, cette action va plus loin que le ROCAJQ parce qu’elle implique la Coalition Interjeunes qui représente 320 organismes fréquentés par 370 000 jeunes de partout au Québec. Les organismes membres de la Coalition Interjeunes sont:

  • Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) ;
  • Regroupement des maisons de jeunes du Québec (RMJQ);
  • Regroupement des Auberges du cœur du Québec (RACQ);
  • Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCQLD).

Source des informations: Marie-Danielle Larocque, responsable des communications, ROCAJQ.

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Société et jeunes

Vers une nouvelle politique jeunesse

Le Sommet des jeunes

Après deux ans de préparation, le Bureau de consultation jeunesse (BCJ), dont l’action couvre la région de Montréal, tenait enfin son Sommet des jeunes au collège Ahuntsic, du lundi 12 août, Journée internationale de la jeunesse, au vendredi 16 août. Il s’agissait d’abord d’un lieu de réflexion pour les jeunes qui souhaitent s’impliquer positivement dans la société, sans se limiter à la critiquer.

Normand Charest       DOSSIER Valeurs de Société, Société, Jeunes, Politique.

reflet de société débat reflexion sociale

Un événement d’une semaine, cela demande une grande logistique. Et nous pouvons voir, dès 8 heures ce lundi matin, une armée de jeunes s’affairer un peu partout. Tout au long de cinq jours, il faudra choisir entre deux ou trois activités qui se tiennent en même temps, et d’abord entre un point de presse et une conférence.

Point de presse : les jeunes et leur enthousiasme

Le point de presse est donné par cinq jeunes assis à la même table. Au centre, la députée du NPD, Lysane Blanchette-Lamothe, qui nous dit que, selon son expérience du terrain, les jeunes s’intéressent beaucoup plus à la politique qu’on peut le croire, et que « si les jeunes sont l’avenir, comme on le dit souvent, ils sont aussi le présent », raison pour laquelle nous devons tenir compte d’eux et de leur implication dans la vie en société.

De chaque côté d’elle, se tiennent deux représentants des jeunes, une fille et un garçon : de la France, Fatima Diaby et Vincent Quintana ; du Québec : Judeisy de Léon et Ursy Ledrich (nous les rencontrerons plus tard pour une interview).  Probablement tous les quatre des jeunes « issus de l’immigration », comme dit l’expression. On est d’abord frappé par la bonne capacité d’expression de ces jeunes qui se sont, visiblement, bien préparés.

Soixante jeunes Français sont venus participer à ce Sommet, des jeunes d’origine africaine ou maghrébine pour la plupart, qui offrent des ateliers et qui participent avec beaucoup de joie aux divers ateliers de cette « Univers’Cité populaire d’été » (le terme « cité » renvoyant, en France, aux banlieues dites sensibles).  Ils viennent de Paris, Mulhouse, Lille, et sont accueillis par l’équipe québécoise du BCJ. Fatima Diaby nous dit : « Nous sommes venus parce que nous avons les mêmes problématiques en France : le racisme, les relations avec la police, etc. Nous avons fait des actions de financement pour venir à Montréal : des spectacles gala, des spectacles de rue. » Si la jeune députée du NPD nous parlait d’implication sociale, Vincent Quintana parle du travail sur soi dans des ateliers qui auront lieu en après-midi, où les participants racontent leur vécu, que l’on illustrera par du théâtre improvisé (le Playback Théâtre), par exemple.

Apprendre à penser pour changer le monde

En même temps que le point de presse, le philosophe et enseignant Éric Martin offre une conférence d’ouverture sur le thème « La jeunesse dans notre société » où il encourage la jeunesse à penser d’abord, à remettre en question la vision imposée des choses.

La philosophie, dit-il, c’est la jeunesse de l’esprit, puisqu’elle remet tout en question et qu’elle jette un regard neuf sur toute chose, comme la jeunesse le fait. La philosophie demande que l’on recherche le sens de la vie, de la souffrance et des valeurs. Et il s’agit en ce moment de trouver de meilleures façons d’habiter le monde et de reconnaître ses valeurs humaines.

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Une présence autochtone au Sommet des Jeunes

La présence autochtone

Publié le 24 octobre 2013 par Raymond Viger | Modifier

Sommet des jeunes

Les femmes autochtones

Parmi les nombreux ateliers offerts durant la semaine du Sommet des jeunes à Montréal en août 2013, il s’en trouvait un qui abordait la question de la place des jeunes Autochtones dans la société actuelle. Cet atelier était animé par Widia Larivière, une jeune femme que l’on a pu voir dans les médias à propos du mouvement « Idle No More » dont elle a cofondé l’aile québécoise.

Normand Charest     Dossier Valeurs de Société, Autochtones

réflexions sociales débats de société social communauté

Widia Larivière est Algonquine par sa mère, tandis que son père est Canadien français. Cette double identité l’aide « à faire le pont entre les deux cultures », nous dit-elle. Elle est également coordonnatrice jeunesse pour l’association Femmes autochtones du Québec (FAQ-QNW), dont les bureaux sont situés à Kahnawake. Elle soulignera d’ailleurs l’importance des femmes dans la société autochtone et dans la transmission de la langue, des traditions, des savoirs et des valeurs.

La défense des droits des Autochtones

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphop1Ce sont les femmes qui manifestent pour la défense des droits des Autochtones. Dans les années 1970, par exemple, la campagne menée par Mary Two-Axe Earley, une femme mohawk de Kahnawake (près de Montréal), permettra aux femmes autochtones mariées à des non autochtones de retrouver leur statut d’Indienne, sans lequel elles ne peuvent vivre dans les réserves et jouir des droits réservés à ce statut.

Ce sont aussi quatre femmes qui fondèrent le mouvement Idle No More au Canada, et deux femmes encore pour l’aile québécoise (Widia Larivière, 28 ans, qui a grandi à Québec, et Mélissa Mullen-Dupuis, 34 ans, une Innue originaire de Mingan, vivant maintenant à Montréal). Le nom du mouvement « Idle No More » appelle à l’action, mais son beau slogan « Wake Your Spirit » (éveillez votre esprit) élève l’exhortation à un noble niveau.

Les femmes Autochtones et le système de bandes

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphopLes femmes « ne se reconnaissent pas dans le système de bandes » établi par le gouvernement fédéral au 19e siècle, un système basé sur la suprématie d’un chef, ce qui s’oppose aux traditions autochtones où la place de la femme était mieux respectée. Le conseil des Mères de clans a, par exemple, un grand rôle à jouer dans la vie communautaire de la société mohawk.

Il faut souligner, de plus, l’engagement de la jeunesse, qui a suivi l’initiative des femmes. On nous rappelle que « la jeunesse représente près de la moitié de la population autochtone au Québec et au Canada ». Si l’âge moyen de la population canadienne est de 37,7 ans, celle de la population autochtone n’est, par contre, que de 24,7 ans.

Les nombreuses questions posées et la durée limitée de l’atelier n’ont malheureusement pas permis d’aller plus en profondeur sur les problèmes des jeunes Autochtones vivant soit dans leurs communautés, soit en milieu urbain.

Mais c’était bien de voir le sérieux des participants, qui posaient des questions et prenaient des notes, des participants dont beaucoup étaient Français d’origine maghrébine ou africaine, des jeunes qui pouvaient se retrouver dans la marginalisation vécue par les Autochtones.

« Ne vous souciez pas seulement de vous-mêmes, ô chefs, ni même de votre propre génération. Pensez aux générations futures de nos familles. Pensez à nos petits-enfants, et pensez à ceux qui n’ont pas encore vu le jour et qui nous regardent de par delà l’éternité. » (Dekanawida, artisan de la paix et fondateur de la Confédération des Iroquois, vers le 12e siècle.)

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Autres textes sur Autochtone

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

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Politique jeunesse et ses recommandations

Bureau de consultation jeunesse

Deux consultations jeunesse

Les jeunes sont-ils devenus une priorité pour tous?

Normand Charest Dossier Valeurs de Société, Jeunes, Politique

Le projet des jeunes de la BCJ, élaboré depuis deux ans, comportait une tournée des régions, suivie d’un Sommet à Montréal et de recommandations à soumettre au gouvernement québécois. Or, au printemps dernier, la première ministre Pauline Marois confiait la direction d’une vaste consultation jeunesse au jeune député Léo Bureau-Blouin, une consultation commencée par une tournée des régions.

Les jeunes de la BCJ se sont sentis trahis par cette décision, d’autant plus qu’ils se sont vu refuser leur demande de subvention de 110 000 $ pour le Sommet des jeunes : « On nous l’a refusé sous prétexte de dédoublement, alors qu’on nous a plus ou moins volé l’idée de la tournée des régions. De plus, leur tournée ne touche pas toutes les classes sociales, contrairement à la nôtre », nous disait Ursy Ledrich, un jeune représentant du BCJ en entrevue, au début du Sommet des jeunes à Montréal, le lundi 12 août 2013, un sommet qui dura toute une semaine.

Être inclusif

Le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ), qui soutient le Sommet des jeunes au sein du comité consultatif, a d’ailleurs dénoncé ce refus, alors que le « Sommet est une autre preuve que tous les jeunes du Québec veulent participer à l’élaboration d’un projet de société qui soit inclusif » (Annie Gauvin, communiqué du 10 avril 2013).

Malgré tout, les jeunes ont travaillé intensément, jeudi et vendredi, en divers groupes de réflexion qui s’étaient penchés sur les thèmes suivants : emploi et chômage, logement, intimidation, racisme, éducation, politique, drogues, relations jeunes et policiers, homophobie, et ils présentaient leurs recommandations en plénière, vendredi après-midi.

Toutes ces recommandations seront regroupées en un document de synthèse, et un mémoire sera présenté en ce sens lors de la consultation sur la Politique jeunesse annoncée pour l’automne 2013 par le gouvernement québécois, nous dit M. Gilles Tardif, coordonnateur du BCJ. [Nous apprenons par la suite que la Commission parlementaire annoncée pour l’automne a été remise à janvier ou février 2014.]

Nous suivrons ce dossier de près pour voir son évolution, car il ne s’agit pas de minimiser la volonté d’implication positive de cette jeunesse, souvent issue de milieux difficiles, et qu’on pointe du doigt lorsqu’il y a des désordres sociaux. Au contraire, il nous faut encourager son action constructive et non violente, en nous débarrassant nous-mêmes, en premier lieu, de nos idées préconçues.

_____________________________

La Journée internationale de la jeunesse

La Journée internationale de la jeunesse a été instaurée en 1999 par les Nations unies et elle est célébrée dans le monde entier le 12 août. Le Programme d’action mondial pour la jeunesse de l’ONU touche dix domaines prioritaires :

  • L’éducation
  • L’emploi
  • La famine et la pauvreté
  • La santé
  • L’environnement
  • L’usage abusif des drogues et autres stupéfiants
  • La délinquance juvénile
  • Les loisirs sains
  • Les filles et jeunes femmes
  • La participation des jeunes dans la société et dans la prise de décision.

Le Bureau de consultation jeunesse

Le Sommet des jeunes d’août 2013 a été organisé par le Bureau de consultation jeunesse. Le BCJ est un organisme d’action communautaire autonome qui agit auprès des jeunes de 14 à 25 ans depuis 1970 («par et pour les jeunes»). Appuyé par Centraide du Grand-Montréal, il compte plusieurs points de services sur l’ensemble du territoire du Montréal métropolitain (Montréal, Laval et Longueuil). Le BCJ s’intéresse à la marginalité et aux conditions sociales des jeunes. Le BCJ fonctionne sur un mode de gestion collective en établissant un véritable partenariat avec ses membres, soit les jeunes. Son mandat principal est d’appuyer les jeunes dans leur cheminement vers une plus grande autonomie, et dans la recherche de solutions pour l’amélioration de leurs conditions de vie. (D’après le site Web du BCJ.)

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Lion d’Or et la poésie autochtone

Des femmes de la toundra en récital

Le 23 septembre dernier, on offrait au Lion d’Or un récital de poésie féminine autochtone, dont les deux participantes les mieux connues étaient Joséphine Bacon et Rita Mestokosho.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers AutochtoneCulture

réflexions sociales débats société L’événement est présenté dans le cadre du 19e Festival international de la littérature. La salle ouvre une heure avant le spectacle, ce qui nous donne le temps de bien apprécier ce vieux cabaret accueillant, avec ses rideaux de scène de velours rouge et ses petites tables. Un décor d’une autre époque. Mais aucun fantôme dans cette salle, que des ombres douces comme dans les contes de Noël. Au milieu d’un quartier aux maisons de briques rouges.

Dans l’assistance, on aperçoit le député d’origine crie Romeo Saganash, souriant et discret. Beaucoup de visages sympathiques. C’est le nom de Joséphine Bacon qui m’a attiré dans l’annonce de cet événement, puisque je connais déjà son œuvre. Son authenticité, sa présence, sa belle voix, son accent unique autant en français qu’en innu m’avaient déjà séduit dans une vidéo au Musée McCord. Cette impression sympathique sera confirmée, ce soir.

Poésie féminine

josephine-bacon autochtone indien premières nations

Joséphine Bacon autochtone indien premières nations

Quatre femmes poètes entrent en scène. Joséphine Bacon, la première, tient la place de l’aînée dans ce groupe. Elle est si petite que parfois son lutrin la cache. Toute en retenue, jamais affectée. Ses textes parlent d’eux-mêmes. Sa présence et ses yeux s’expriment sans qu’elle ait besoin d’en faire plus. Et c’est dans cette discrétion qu’elle est à son mieux.

À ses côtés, Rita Mestokosho apporte beaucoup de force et de cohésion au groupe. Je la découvre ce soir. Elle est pourtant la première femme innue à avoir publié un recueil au Québec. Elle nous offre, également, un chant innu assez envoûtant.

Une agréable surprise : la chanteuse Kathia Rock qui s’accompagne au tambour à main. Sa voix chaleureuse et puissante est impeccable. Elle complète les deux premières poètes. Jusque là, tout est parfait. Sauf pour l’accompagnement à la guitare électrique de Jean-Frédéric Messier qui devrait être plus discret. Accompagner sans dominer, et sans forcer les lectrices à parler plus fort. La guitare acoustique aurait été préférable, à mon avis.

Moins c’est mieux

Rita Mestokosho indiens autochtone premières nations

Rita Mestokosho indiens autochtone premières nations

Quatre femmes innues sur scène, en incluant la plus jeune, Natasha Kanapé Fontaine. Malheureusement, son interprétation exagérée ne rend pas justice à ses textes, selon moi.

Je mets aussi à part Laure Morali, Française et Bretonne, dont la présence et l’œuvre (comportant des parties en langue bretonne) ne me semblent pas à leur place dans ce contexte innu.

En résumé, le français et l’innu de Joséphine Bacon et de Rita Mestokosho faisaient tout le charme de cette soirée, avec le chant de Kathia Rock. Et j’aurais préféré un mélange plus simple. Sans rien d’exotique ou de mélodramatique pour gâcher le bon goût de toundra des textes et des voix.

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Joséphine Bacon : Ses textes sont mis en musique et interprétés par de nombreux artistes, dont Chloé Sainte-Marie, Kathia Rock et le groupe Mentana. Extrait de son premier recueil, Bâtons à messages : « Quand une parole est offerte,/elle ne meure jamais.//Ceux qui viendront/l’entendront. » À paraître en octobre 2013 : Un thé dans la toundra.

Rita Mestokosho : Son premier recueil vient d’être réédité en Suède avec une préface de J.M.G. Le Clézio. « À la saison froide et silencieuse/les aurores boréales s’allument/comme par enchantement/une lumière qui vient d’ailleurs//je caresse du regard/la beauté du monde… »

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