Droit et art urbain unis pour la justice

Droit et art urbain unis pour la justice

François Richard  Dossiers Educaloi, Justice, Café Graffiti et Jeunes

Le projet Les couleurs de la justice en est à sa deuxième année d’existence. Fruit d’une collaboration entre Éducaloi, le Café Graffiti et le Regroupement des maisons de jeunes du Québec, il combine ateliers de formation juridique et de réalisation de graffitis à l’intention des adolescents qui fréquentent les maisons des jeunes de la région de Montréal. Cette année, trois murals seront réalisés dans différents quartiers de la métropole.

Oeuvres dans plusieurs quartiers de Montréal

image Les 6 et 21 juin, les artistes novices des maisons des jeunes L’Hôte Maison et de l’école Pierre-Marquette ont créé des oeuvres dans l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie. Un troisième mural sera réalisé dans l’arrondissement du Sud-Ouest le 4 juillet prochain. L’an dernier, deux murals ont été réalisés dans le cadre de Les couleurs de la justice dans les quartiers Saint-Henri et du Centre-Sud. La réalisation des murals sont chaque fois l’aboutissement d’un processus de formation s’étirant sur quelques mois.

Formation juridique en ligne

Les ateliers combinent de façon originale la formation juridique, notamment le droit pénal destiné aux adolescents, ainsi que les rudiments de l’art du graffiti et la philosophie qui l’accompagne. L’organisme Éducaloi existe depuis 2000 et offre des services d’information juridique destinés au grand public. Cette mission se traduit entre autres par la production de documentation sur de grands thèmes de droit, tels les successions et le droit familial. Une des réalisations les plus originales de l’organisme est certainement la tenue de camps de jour juridiques pour adolescents. Dans ce cadre, les jeunes sont invités à passer plusieurs jours dans un palais de justice afin de se familiariser avec les rouages de cette institution souvent intimidante. Éducaloi a aussi un site Internet, appelé Jeunes pour jeunes, où les jeunes peuvent s’informer à propos des différentes carrières juridiques qui leur sont ouvertes. Raymond Viger a d’ailleurs écrit à propos de ce site sur les professions liés à la justice et destiné aux jeunes.

Combattre les préjugés

Les liens entre justice et graffiti sont évidents pour ceux qui connaissent un peu ce deuxième milieu. L’activité est en effet souvent illégale et pratiquée par des jeunes dont le style vestimentaire les expose aux préjugés et au profilage de la part des policiers. Connaître leur droits, ainsi que les formes légales de pratique du graffiti est donc pour eux un atout précieux. Les oeuvres produites au cours des dernières semaines peuvent être admirées à l’Hôte Maison, au 6255 Boyer et derrière le 3500 Rachel, Est.

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Suicide des jeunes

Suicide des jeunes

Dominic Desmarais    DOSSIERS SuicideSanté mentale ET REFLET DE SOCIETE

Le nombre de suicides a légèrement diminué au Québec l’an dernier. Derrière cette bonne nouvelle se cache toutefois la réalité des 1 091 personnes qui sont passées à l’acte, de ceux qui ont tenté de s’enlever la vie et de ceux qui y pensent. Adolescents, adultes et personnes âgées, ce mal de l’âme n’a pas d’âge. Pour le contrer, les approches sont différentes. Reflet de Société s’est penché sur une façon de prévenir le suicide chez les jeunes.

Au Canada et au sein des pays industrialisés, le Québec fait figure d’enfant récalcitrant dans la lutte contre le suicide. Ce problème de société ne fait pas souvent l’objet de débats. On en parle peu. Trop peu, au goût de Claude Poirier, pas le célèbre chroniqueur judiciaire, mais le président et fondateur de Réseau Ado, un organisme qui s’implique dans la prévention du suicide en visitant des écoles secondaires de la province. «Il y a deux écoles de pensée, précise M. Poirier: ne pas en parler pour ne pas donner des idées à ceux qui seraient tentés de mettre fin à leurs jours, ou en parler pour que ceux qui vivent avec des idées suicidaires puissent s’exprimer. Je suis de la deuxième école, mais au niveau des professionnels et des institutions, le suicide est un sujet tabou.»

ado7 Claude Poirier travaille depuis 50 ans pour l’entreprise familiale de salons funéraires Magnus Poirier. Il rencontre constamment des gens touchés par le suicide. «Qui ne connaît quelqu’un ayant vécu une dépression ou fait une tentative de suicide?» demande-t-il avec sérieux. Depuis 1997, M. Poirier et le Mouvement Richelieu s’investissent dans la prévention du suicide chez les jeunes. Dans un élan passionné, il parle des tendances suicidaires chez les adolescents. «Pourquoi ont-ils ces idées? Pourquoi n’en parlent-ils pas? Des recherches menées par un psychologue et un psychiatre auprès de jeunes ont démontré qu’ils étaient plus à l’aise de s’en ouvrir à des gens de leur âge.»

De là est né Réseau Ado. Des jeunes adultes, étudiants en travail social, en psychologie ou en animation culturelle, s’intègrent, le temps d’un cours, dans la vie d’élèves de troisième secondaire pour les faire parler du stress qu’ils vivent. Ils sont deux animateurs pour une quinzaine d’élèves. Pas de professeur, de psychologue ou de directeur. Que des jeunes qui discutent entre eux.

Santé mentale

L’approche des animateurs est axée sur la bonne santé mentale. Le but est d’encourager les élèves à discuter.

Sous forme de jeu, les animateurs de Réseau Ado créent avec les jeunes une définition de la santé mentale. «On demande aux élèves ce qui fait que, certains jours, notre santé mentale ne va pas bien. Le stress sort très souvent. On les aide à le verbaliser et à prendre des moyens pour le régler ou le diminuer. Le stress est abordé par rapport à la définition qu’ils en font, par des sujets qui viennent d’eux. On n’abordera pas le suicide nous-mêmes, il n’y pas de priorité sur cette question. Si l’un d’entre eux en parle trop ouvertement, il sera rencontré après, en post-groupe, pour qu’il ne monopolise pas toute l’attention», explique Patrick Chaput, le coordonateur de l’équipe.

Stress à cause de la famille

Les problèmes familiaux sont régulièrement mentionnés comme principale source de stress. Ce sont les différends entre les parents qui affectent le plus les jeunes. Pour Claude Poirier, les plus à risque sont les jeunes inscrits dans les programmes internationaux. «Ils se mettent de la pression pour leurs notes scolaires. Ils en reçoivent de leurs parents et de leurs professeurs, qui veulent les voir réussir. Certains, en raison de leur réussite scolaire, sont au-dessus de tout soupçon. On les laisse circuler librement dans l’école. Alors, les pushers passent par eux pour entrer la drogue en douce dans l’école. S’ensuit l’intimidation et la menace de dénonciation. Là, ils sont pris avec un gros problème qu’ils n’osent confier à personne.»

C’est là l’objectif de Réseau Ado: découvrir les jeunes aux prises avec des problèmes et les diriger vers les ressources d’aide offertes par la polyvalente. Les élèves se confient plus facilement aux animateurs, des jeunes à leur image. «C’est cool parce que je ne cadre pas dans un rôle de professionnel. Je peux parler aux jeunes comme un jeune. Pour nous, les animateurs, c’est libérateur. Et le jeune le sent, dit Rachel, 20 ans, qui aspire à devenir médecin. Moi, le secondaire 3, c’est pas loin. Je me souviens comment j’étais. Ça me replonge dans mes souvenirs. Même moi, en secondaire 3, je ne savais pas qu’il y avait des ressources pour m’aider. Je n’ai jamais pensé y aller.»

Repérer les jeunes à risque: prévenir le suicide

La rencontre permet aux animateurs de présenter l’intervenant de l’école et de faire le pont entre l’élève et les ressources pouvant l’aider. Les élèves brisent leurs préjugés envers les psychologues. Au grand plaisir de l’équipe de Réseau Ado, ce que les jeunes retiennent le plus de leur visite, c’est comment aider un ami qui aurait des problèmes. Les animateurs font ainsi des petits en multipliant le nombre de jeunes pouvant établir un pont entre élèves et ressources.

Si l’animation de Réseau Ado permet de parler de certains problèmes, c’est le questionnaire rempli pendant la rencontre qui cible les cas plus lourds. Une des questions s’articule ainsi: «t’es-tu déjà senti mal au point de vouloir mourir?» Si un jeune répond par l’affirmative, il est systématiquement rencontré après la discussion de groupe. Les animateurs demandent à l’étudiant à quel moment il a ressenti l’envie de mourir et s’il a des idées concrètes pour mettre son projet à exécution.

«Le jeune va être référé s’il démontre une certaine planification. S’il n’a pas un niveau de dangerosité élevé, on va seulement faire le suivi avec l’intervenant de l’école pour le mettre au courant. On ne cherche pas les solutions ou les raisons, mais plutôt cibler la problématique, pour ensuite référer l’élève. En deux à cinq minutes, le problème peut facilement être cerné. Ce n’est pas une intervention. On veut éviter de faire répéter le jeune deux fois», dit le coordonateur de l’organisme, qui précise que tous les animateurs ont reçu de Suicide Action Montréal une formation avancée, créée sur mesure pour leurs rencontres post-groupe afin de détecter les signes, le vocabulaire et le niveau de dangerosité des jeunes, afin de mieux prévenir le suicide.

Travail avec les psychologues

L’équipe de Réseau Ado n’offre pas de services pouvant remplacer ceux d’un psychologue. Les animateurs sont formés pour détecter les cas problématiques et les référer. Pour éviter d’être aux prises avec des problèmes qui dépassent les capacités de ses jeunes employés, l’organisme s’assure de créer un filet de sécurité pour chaque établissement visité. Le filet de sécurité, ce sont toutes les ressources qui s’appuient entre elles pour intervenir.

Le premier maillon, c’est l’intervenant de l’école. «S’il est absent, on ne rencontre pas de groupe, car il doit toujours y avoir quelqu’un – travailleur social, psychologue ou autre professionnel de la santé», explique Patrick Chaput. Ce filet permet de mieux mobiliser la communauté. «L’accord du directeur de l’école et du conseil d’établissement, quand c’est possible, est recherché. On veut que le programme soit accepté et compris de la même façon par tout le monde», poursuit-il. Le CLSC, et parfois même la police, sont intégrés à la démarche.

Le problème du suicide chez les jeunes demande une mobilisation générale de la communauté, un filet de sécurité élargi. Redonner le goût de vivre à ces adolescents pourrait peut-être servir à conscientiser les adultes de tous âges à leur bonne santé mentale.

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 30-31

Le site de Réseau Ado

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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Témoignage: d’intervenante sociale à dépressive

Témoignage: d’intervenante sociale à dépressive

Dominic Desmarais      DOSSIERS REFLET DE SOCIÉTÉ ET Santé mentale Sophie est intervenante. Elle a travaillé auprès de femmes victimes de violence conjugale et avec des familles désorganisées. Malgré son expérience, la vie lui a fait traverser des épreuves qu’elle n’a pu supporter. Elle-même victime de violence conjugale, abandonnée et ignorée par ses deux adolescentes, Sophie a fait une dépression qui l’a menée jusqu’à l’asile psychiatrique pour la protéger de ses idées suicidaires.

Souriante et énergique, Sophie ne ressemble pas à une victime de dépression. Curieuse de tout, elle aborde chaque jeune du Café Graffiti qu’elle croise. Intéressée par leurs peintures, elle leur pose un tas de questions et leur suggère un tas d’idées. Elle ressemble à un enfant dans un magasin de jouets qui s’émerveille à chaque découverte. En arrêt de travail depuis deux ans, Sophie bouillonne d’idées, comme si le chemin de la guérison apparaissait enfin après une longue traversée du désert.

Intervenante d’un organisme à l’autre

Un simple rappel à l’ordre pour entamer l’entrevue suffit à la reconnecter. Voilà Sophie concentrée, qui s’applique à se raconter. «Ma dépression a commencé quand j’ai changé d’emploi. Je suis passée d’une maison d’hébergement pour femmes à un organisme communautaire pour parents d’enfants en difficulté.»

Engagée pour ses capacités d’intervention «de plancher» (qui l’amène à recevoir des gens au bureau plutôt qu’à se déplacer vers eux), Sophie doit dorénavant travailler dans les maisons des familles qu’elle aide. Elle est la seule, où elle travaille, qui intervient à l’externe. Ses dossiers la mettent en contact avec des psychologues, des psychiatres et avec la Direction de la protection de la jeunesse. Les cas dont elle s’occupe sont trop lourds. Elle demande un support psychologique. «Je voulais quelqu’un avec qui parler de mes dossiers difficiles. Je ne pouvais pas en parler avec ma boss, elle n’avait aucune notion d’intervention. Les autres intervenantes non plus, parce qu’elles ne travaillaient pas sur les mêmes problématiques.»

p.14-15,_soupirs_d'amour.jpg Dégradation du milieu de travail

Sur les lieux de travail, Sophie est affectée par l’ambiance négative que les autres employés de l’organisme lui font ressentir. «J’ai perdu confiance en moi, petit à petit. Il y avait beaucoup de dénigrement envers ma personne. Ça ne me tentait pas de manger avec eux. Ils regardaient toujours mon lunch, ils faisaient des allusions à ma maigreur. C’était fatiguant! raconte-t-elle, comme si elle revivait ces moments. Je travaille pour aider les jeunes et les familles avec comme valeur de respecter les différences, et je me sentais jugée dans mon milieu de travail. Là, plus que partout ailleurs!»

«Je me battais pour aider les familles et leur trouver des ressources. C’était épuisant. Je sentais que je devais justifier toutes mes interventions. Tu fais un travail épuisant, puis tu le recommences le lendemain, sans appui. “Me faites-vous confiance?” me demandais-je. Je ne me sentais pas soutenue. Les compétitions entre intervenantes, les coups bas, c’était malsain. Toujours de la jalousie et des remises en question de mes interventions, alors que mes collègues ne connaissent rien de la réalité des familles dont je m’occupais.»

Diagnostique: la dépression

«En 2005, c’est devenu insoutenable. Je ne fonctionnais plus. Je n’avais plus confiance en mes interventions. Je me disais que c’était peut-être parce que je n’étais pas bonne. C’est inconscient. Je me disais que je «chialais» peut-être pour rien. Je me demandais: “si je fais ça, que vont-ils dire? Vont-ils me le remettre sous le nez?” Je m’en suis voulue d’avoir pensé comme ça. Chaque fois que je faisais une intervention, je n’en avais plus le goût parce que je savais que je devrais me battre. Je travaillais dans le beurre.»

Excédée, Sophie quitte son emploi. Elle est diagnostiquée dépressive. Le mauvais sort s’acharne sur sa vie: elle perd son père qui se suicide et son ex-conjoint lui enlève ses deux filles. Sophie doit en plus se battre avec ses assureurs qui, soudainement, lui trouvent des antécédents familiaux de dépression et de suicide.

Une histoire avec un homme violent

Dépressive, isolée et se sentant abandonnée, elle entame une relation amoureuse qui tourne au vinaigre. L’homme qu’elle fréquente se révèle agressif. Lorsqu’elle veut mettre un terme à cette brève histoire d’amour, il la menace de mort.

Sophie touche le fond. L’idée d’en finir avec sa vie prend forme. Sa psychothérapeute l’envoie en psychiatrie pour qu’elle se repose en sécurité, mais l’homme la retrace. Paniquée, elle porte plainte à la police. «Je l’ai fait parce qu’il m’a appelée une trentaine de fois à l’hôpital. Quand j’ai vu que je n’étais pas en sécurité, même en psychiatrie, là, j’ai porté plainte.»

Porter plainte auprès de la police

Sophie sort troublée de cette expérience. «Je me sentais seule au monde. Pire, je me suis sentie jugée, critiquée et ridiculisée par la police. Fallait que je sois à bout. Là, j’avais vraiment peur.» Bien que dépressive, son côté intervenant refait surface. Elle explique aux policiers à quel point leur façon de ne pas la prendre au sérieux lui fait mal. Elle tente de les sensibiliser.

«J’avais peur de porter plainte. J’avais peur qu’il me menace encore davantage. Aussi, étrangement, j’avais pitié de lui. Il avait quand même quelque chose de sain. Ce n’était pas un monstre. J’étais tellement en quête d’amour. C’est le seul que je pouvais appeler à deux heures du matin, et il venait. Avec lui, je me sentais aimée. Ça ne me tentait pas d’être celle qui allait détruire la vie de quelqu’un. Je me sentais tellement «pas bonne». Je ne voulais pas qu’il soit triste parce que quelqu’un le rejetait. Je ne voulais pas être la méchante, qu’à cause de moi, il ne puisse pas réaliser ses projets. Pourtant, j’ai toute l’expérience nécessaire pour affronter ce genre de situation!»

Sophie, autrefois intervenante auprès de femmes violentées, est tombée dans le piège parce qu’elle n’avait plus confiance en elle. «Certains vont dire “quoi, elle est intervenante depuis plus de dix ans, comment ça elle n’a plus d’estime d’elle-même?” Si l’estime se construit, elle se détruit également.»

Séparée de ses enfants

En plus de sa dépression, Sophie vit une profonde tristesse causée par sa séparation d’avec ses deux filles. «La rupture a commencé dans un centre d’achats… Leur père m’a demandé qu’on s’y rencontrent, lui et moi. Quand je suis arrivée, il était avec mes filles. C’était déjà décidé. J’étais devant le fait accompli.»

Sophie devient plus émotive. La douleur de sa séparation est encore vive. C’est un sujet sensible qui est difficile à aborder avec elle. «Il n’arrêtait pas de m’abaisser. Il dit à mes deux filles que je ne suis pas une bonne mère. Ces paroles ont un impact sur mes enfants et sur moi. Je ne dirai jamais que ce n’est pas un bon père. Ça n’a rien à voir. Mais sa colère, lui, il la transmet en parlant de moi à mes filles. C’est de la violence psychologique. Moi, j’ai voulu penser aux enfants. Mais en pensant à elles, je passe pour la méchante», explique Sophie, qui a laissé ses deux filles habiter avec leur père sans se battre. Elle préfère prendre sur elle plutôt que de faire vivre l’enfer à ses enfants. En espérant que ses filles comprennent, un jour, son sacrifice.

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 14-15

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operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

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Gang de rue et suicide

Gang de rue et suicide

 Dominic Desmarais       Dossiers Gang de rue et Suicide

Les jeunes membres de gang sont présentés comme des voyous violents. Et si derrière cette façade de tough se cachait un être en détresse, en proie aux idées suicidaires? Et si le gang offrait ce refuge pervers qui retient le délinquant de s’enlever la vie? Comment, alors, le sortir de son enfer? Reflet de Société vous présente les gangs de rue sous un angle différent: celui de la détresse, de la désorganisation. Conversation avec Claude Hallé, l’âme dirigeante de la Fondation québécoise des jeunes contrevenants (FQJC).

Fusillade dans un bar entre deux gangs de rue rivaux. Meurtre d’un jeune lors d’une transaction de drogue. Enlèvement, séquestration pouvant mener à la torture, l’ombre des gangs se profile.

Violence expliquée

La gravité des gestes commis par les jeunes membres de gangs, des adolescents de 14, 15, 16 ans, fait froid dans le dos. Cette violence est difficile à justifier. Pourtant, certains de ces jeunes sont aux prises avec le désespoir lorsqu’ils s’engouffrent dans cette violence. «Les jeunes qui ont des idées suicidaires, souffrent d’une dépression, présentent des problèmes de santé mentale, ce sont eux qui se font ramasser par les gangs. Ce sont des gens à risque. Ils sont vulnérables» explique Claude Hallé, coordonateur à la FQJC.

Ce jeune, qui n’a pu être signalé par l’école, la famille et la communauté, trouve un réconfort auprès de sa famille d’adoption, son gang. En y comblant ses besoins, par l’estime et la compréhension de ses pairs délinquants, le jeune tisse des liens qui forment une toile d’araignée. Une toile qui le sécurise et étouffe ses idées suicidaires. Une toile qui rend ses amis de plus en plus indispensables.

Le gang, centre de la vie

«Le gang peut sauver temporairement le jeune du suicide», confirme M. Hallé. La jeune cinquantaine, l’homme s’exprime davantage comme un intervenant qui a passé sa carrière sur le terrain, avec des contrevenants. Son propos est imagé, comme s’il s’adressait à un adolescent. «Pour certains jeunes, la vie c’est comme passer à l’épicerie. Dans le chariot, tu mets l’amour, l’église, le travail, les partys, le sport, etc. Moi, quand je remplis mon panier, je vais prendre un peu de travail, d’amour, de loisir, de party, un peu de spiritualité. Nos gars, ils sont tellement fuckés, déséquilibrés, qu’ils remplissent leur chariot d’une seule chose: le gang.

Le problème, c’est la violence qui y est très présente. Si tu es en dépression, tu risques d’être enrôlé par le gang. Et le gang a un impact externe. Tu vas rebondir sur les gens autour. Comme, dans un cas extrême, tirer sur quelqu’un dans la rue», explique le coordonnateur de la FQJC.

Ces jeunes, déséquilibrés, ont de la difficulté à quitter la famille qu’ils se sont créée. «Les jeunes se sont bâti une société en soi, le gang. Quand on désaffilie un jeune, il faut le réinsérer socialement. C’est la même chose quand tu sors quelqu’un d’une secte.»

Des jeunes fragiles

À l’arrestation du délinquant, le centre jeunesse prend le relais du gang. Sa jeune clientèle souffre de problèmes multiples: consommation, signes précurseurs maniaco-dépressifs ou schizophrènes, idées suicidaires. Plusieurs ont subis des abus ou vivent des situations familiales difficiles. «On ne les a pas placés en centre jeunesse pour rien», s’exclame M. Hallé pour qui le problème criant survient lors du retour à la maison.

Réintégration difficile

Quand il ressort du centre jeunesse, il retrouve le même environnement qu’il a quitté pour quelques mois. «Le jeune va être confronté avec SA réalité. Nous, au centre jeunesse, on va lui dire où trouver un emploi, des amis, des loisirs. Mais il part déjà avec un handicap social: terminer son secondaire et travailler sur son comportement. Et ce double défi va l’amener à commettre des gestes nuisibles», raconte M. Hallé.

«Lorsque le jeune retourne chez lui, dans son milieu, il est laissé à lui-même, avec ses défis et ses réalités. Ça augmente la possibilité de suicide. Souvent, la famille n’est pas ouverte à sa réintégration. On parle de jeunes qui ont commis un délit. C’est un constat d’échec important, au sein de la famille. Les parents se sentent coupables et ils ne veulent pas nécessairement le prendre sur leurs épaules», précise l’ancien intervenant.

Jeune délinquant seul restera jeune délinquant…

M. Hallé considère qu’on demande beaucoup à ces jeunes délinquants dont la vie se résume à quelques années. «Moi, j’ai 51 années d’expérience de vie. Eux, ils en ont 14, 15, 16. C’est peu d’ancienneté pour leur faire porter le poids de leurs choix. Il faut les guider, mieux les appuyer.»

On peut bien aider nos jeunes délinquants pour les réinsérer dans la vie. Mais les laisser seuls, sans appui à 14 -15-16 ans, lorsqu’ils quittent le centre jeunesse, c’est les renvoyer à leur ancienne vie.

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009 p.14-15

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE  (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
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Lettre d’un jeune à sa consommation

Lettre d’un jeune à sa consommation

J. Star, garçon de 16 ans des Laurentides     Dossiers Toxicomanie et Alcool et drogue

Ça fait environ un mois que je n’ai pas fumé de crack, d’héroine (smack) ou bu de l’alcool. Depuis que je suis entré en traitement au centre Jellinek, je ne veux plus consommer. Mais je suis inquiet. Je ne sais pas si mes barrières sont assez puissantes. Voici une lettre que j’ai écrite à ma consommation pour lui dire comment elle m’a fait sentir, alors que je pensais qu’elle m’aidait.

Cher consommation,À nos débuts, je n’avais pas beaucoup besoin de toi. Tu me soulageais de mes blessures et tu changeais mes pensées. Du moins, je le croyais. Jusqu’au jour où mon système s’est habitué à toi. Il m’a donc fallu augmenter les doses pour être bien dans ma peau.Je me suis rendu compte que j’étais encore le même: peu importe la quantité que j’ingérais, je ne ressentais aucun changement bénéfique. Ça m’a donc poussé à fumer du crack et de l’héroïne (smack). J’ai plongé dans un monde obscur où mes pensées sont devenues irréelles et destructrices.

Dépendance et vulnérabilité

Je me sentais vulnérable comme un mollusque sans coquille. Je continuais à noyer mes souffrances dans cette eau trouble. Je marchais dans le long couloir de l’enfer où la spiritualité et le rétablissement sont absents. Cette brume dispendieuse m’avait attaché dans le fond du néant. Je creusais inconsciemment ma tombe dans les ténèbres.

La foi comme rétablissement

porteUn jour, une petite lueur d’espoir est sortie de mon trou: Dieu m’a pris par le fond du cœur. J’ai décidé de prendre mon peu de courage et la foi qu’il me restait pour investir mon énergie dans quelque chose de positif pour mon rétablissement. Je savais que je valais mieux que ça.Aujourd’hui, je suis conscient que j’aurai toujours un lien de dépendance et d’attirance envers vous, crack, héroïne et alcool. En thérapie, j’ai réalisé que vous vous foutiez de moi. Je suis maintenant prêt à vous dire: «je ne veux plus de vous trois dans ma vie. Trouvez-vous d’autres victimes que moi. Car je suis un winner 

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009 p.9

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conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

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Jeunes, seins et puberté

Jeunes, seins et puberté

Raymond Viger   Dossier SexualitéFamille

sexualité jeune sexe jeunes éducation sexuelle seins La puberté est une période remplie de questions et d’insécurité pour les jeunes qui la traverse. C’est aussi une période critique pour les commentaires que les jeunes reçoivent de leurs pairs et de leur groupe d’appartenance.

Chaque jeune se développe à des vitesses différentes et prenne des formes différente. Cela crée une série de questions pour l’adolescente. Suis-je normale? Pourquoi suis-je différente de mon amie?…

J’ai trouvé un beau témoignage d’une mère de famille, Vertaz, qui a eu à répondre aux questions de sa fille de 13 ans. Je vous laisse découvrir ce billet. Pour les parents, cela donne une bel exemple de la relation entre une mère et sa fille sur un sujet aussi sensible que la puberté et la taille des seins: J’ai pas de seins!

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l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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Campagne anti-tabac, les jeunes et les adolescents

Campagne anti-tabac, les jeunes et les adolescents

(Agence Science-Presse) – Ce sont souvent les amis qui poussent les adolescents à fumer pour la première fois, mais ce sont des étrangers qui les persuadent d’arrêter. Le réseau des « allumeurs » est comparé à une volée d’oiseaux par Nicholas Christakis, de l’Université Harvard : « toute la bande s’envole ensemble ». Ce sociologue des sciences a recensé les habitudes liées au tabac de 12 000 personnes sur une période de 32 ans, à la recherche de connections sociales. Son étude est parue dans le New England Journal of Medicine. Conclusion au bénéfice des campagnes anti-tabac : visez l’affaiblissement de ces réseaux sociaux, plutôt que de cibler le fumeur individuel.

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