Le Net en temps de guerre!

Le Net en temps de guerre!

Matthieu Burgard

 

(Agence Science-Presse) – Devant l’impossibilité d’effectuer des fouilles sur le terrain, des archéologues australiens ont identifié 463 nouveaux sites archéologiques au sud-ouest de l’Afghanistan… grâce au logiciel Google Earth!

Confinés dans leur laboratoire depuis 2007, le doctorant David Thomas et ses collègues de l’Université La Trobe à Melbourne se sont heurtés à de multiples problèmes administratifs et de sécurité, les empêchant de travailler hors de Kaboul, la capitale afghane. Voulant explorer le site archéologique de Jam – classé patrimonial par l’UNESCO — sans être accompagnés par un contingent armé, ils s’en sont vus refuser l’accès par le gouvernement local.

Menaces terroristes

La route menant à Jam étant particulièrement dangereuse et la garde armée faisant des scientifiques des cibles de prédilection pour les milices terroristes, l’équipe de chercheurs a préféré rester dans son laboratoire. Frustrés, les archéologues se sont mis à explorer le site sur leurs ordinateurs, à l’aide du logiciel de localisation. Ils y ont découvert des vestiges de villages, des mosquées, des fortifications, des canaux d’irrigation et de camps nomades datant possiblement de la dynastie Ghaznavide (entre le 10e et le 12e siècle). Les chercheurs souhaitent évidemment retourner rapidement à Jam pour préserver du pillage le riche héritage de cette région.

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Artistes des cavernes en Afghanistan

Artistes des cavernes en Afghanistan

Sylvain Sarrazin – Agence Science-Presse

En 2001, les talibans ruinaient une parcelle du patrimoine historique mondial en détruisant les statues de bouddhas érigées à Bamiyan, en Afghanistan. Mais les géants de pierre ne sont pas les seuls à s’être écroulés. Derrière eux, furent découvertes des grottes arborant des fresques murales qui ont ébranlé notre connaissance des origines de la peinture à l’huile. De nouvelles questions s’esquissent encore à leur sujet, tandis que les chercheurs tentent de faire sauter les derniers verrous de leur passé.

Artistes bouddhistes

Yoko Taniguchi, du National Research Institute for cultural properties du Japon, restaure actuellement ces œuvres sous la tutelle de l’UNESCO. Datées du Ve au IXe siècle, elles représentent principalement des scènes bouddhiques. À des fins d’identification historique, mais aussi pour adapter au mieux la technique de restauration, d’infimes fragments ont été transmis à l’Installation européenne de rayonnement synchrotron à Grenoble, un centre de recherche spécialement équipé pour des analyses délicates.

Les éléments de ces peintures bouddhiques se sont fait toutefois un peu prier à livrer leurs secrets, à en croire Marine Cotte, chercheuse au laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France: « D’une part, ces peintures sont composées à la fois de pigments et de liants organiques, d’autre part, il s’agit bien souvent d’une stratigraphie. » Cela signifie que plusieurs couches se superposent, rendant ardue leur analyse séparée.

Invention de la peinture à l’huile

Et face aux résultats obtenus dès les premières analyses, difficile de rester zen. En effet, les infrarouges ont détecté, parmi les liants organiques, la présence d’huile. De quoi faire grincer les dents des Européens, qui s’étaient approprié l’invention de cette technique de peinture, au XIVe siècle. « Clairement, ce procédé était utilisé ailleurs bien avant », conclut Mme Cotte. Des noix ou des graines de pavot pourraient avoir été utilisées comme base de fabrication.

Les œuvres bouddhiques retrouvées donnent encore matière à méditation. L’équipe de recherche tente désormais de révéler les techniques de composition employées, afin de savoir par exemple comment les ingrédients ont été mélangés. « On connaît la matière, on veut connaître la manière », philosophe Mme Cotte.

Autre question centrale à clarifier, les divergences de qualité entre les pigments. Les analystes ignorent encore s’il s’agit d’un acte volontaire du peintre ou d’une réaction chimique.

Si les voies du Bouddha sont impénétrables, le secret de ses représentations picturales devrait être élucidé d’ici la fin de l’année.

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Iron-man, Tony Stark et James Bond à la Nasa

Iron-man, Tony Stark et James Bond à la Nasa

(Agence Science-Presse) – Il n’en a pas l’air comme ça, mais l’homme de fer est plus vraisemblable qu’on ne pourrait le croire. Après tout, c’est la technologie qui le fait avancer, plutôt qu’une piqûre d’araignée, et cette technologie, incroyable mais vrai, elle s’appuie sur des bases solides.

Le magazine britannique The New Scientist est d’ailleurs fier de dire que plusieurs types de technologies d’avant-garde mentionnées dans le film ont déjà fait l’objet d’articles — à croire que les scénaristes d’Iron Man sont de fervents lecteurs du New Scientist! Par exemple :
– La carapace de métal. Le héros du film, Tony Stark, est un brillant scientifique qui, pour s’évader d’Afghanistan, se fabrique une armure qui le protège des pieds à la tête. Une telle armure n’existe pas, mais elle est bel et bien sur les planches à dessin. À tout le moins, les jambes d’un tel « exosquelette », capables éventuellement de multiplier la force de ceux qui les portent, ont déjà été expérimentées au MIT. Une compagnie japonaise prévoit vendre de telles « jambes » d’ici la fin de l’année.
– Une machine volante individuelle. Bien sûr, le héros ne se contente pas de se cacher dans son armure : il vole! Eh bien, il y a près d’une décennie, un ingénieur américain, financé en partie par l’armée et par la NASA, expérimentait le SOLO Trek, genre d’hélicoptère individuel. Avec ses deux grandes hélices, il était loin de l’esthétisme de l’armure d’Iron Man. Mais il faut bien commencer quelque part… Et il aurait parcouru jusqu’à 200 km sans s’écraser, ce qui n’est pas mal du tout. D’autres passionnés continuent d’expérimenter des « ceintures-fusées » à la James Bond.
– Mini-robots. Dans le film, Tony Stark se fait aider par un robot. Trop intelligent pour être vrai, mais des versions plus réalistes existent déjà : AUR, construit l’an dernier au MIT, est un « robot-lampe de bureau » qui calcule la direction de votre regard et déplace son cou afin de pointer l’éclairage là où vous en avez besoin. Par ailleurs, Tony Stark ne se contente pas de se faire aider : il développe des liens émotifs avec son robot — après tout, on est dans un film. Mais des psychologues et des experts en intelligence artificielle se sont bel et bien penchés sur cette question, beaucoup plus sérieuse qu’elle en a l’air.
Tout ceci étant dit, la portion scientifique du film qui plaira le plus aux scientifiques est sans doute Tony Stark lui-même : pour une fois, on n’a pas droit au stéréotype du timide nerd à lunettes, mais à un individu sûr de lui, charismatique… et qui plaît aux femmes!

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Afghanistan Une société à rebâtir

Afghanistan Une société à rebâtir

Olivier Bachand

Voilà maintenant plus de six ans que le régime taliban a été renversé en Afghanistan. Ce pays d’Asie centrale, un des plus pauvres au monde, tente tant bien que mal de se sortir du gouffre. Plusieurs ONG canadiennes prêtent actuellement main-forte aux Afghans pour qu’ils améliorent leurs conditions de vie.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la liste des problèmes qui affligent l’Afghanistan est longue. Depuis plus de 30 ans, le pays est déchiré par la guerre. L’année dernière, 1 500 civils ont été tués, résultat des combats entre les for-ces armées étrangères et l’insurrec-tion talibane. Le gouvernement, contesté par plusieurs Afghans, peine à étendre son contrôle sur tout le pays. Le tissu social est érodé, les infrastructures sont détruites. Plus de la moitié de la population afghane vit sous le seuil de pauvreté. L’accès au logement, à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé et à l’éducation est problématique. Bref, une société entière est à reconstruire. Vu son manque de moyens, la république islamique doit compter sur la communauté internationale pour se relever. Pour la période 2004-2009, 8,9 milliards de dollars provenant de l’étranger y seront investis.

D’ici 2011, le Canada consacrera 1,2 milliard à la reconstruction de l’Afghanistan. Formation professionnelle des veuves, droits des femmes, lutte contre les carences alimentaires, mise sur pied d’un système judiciaire efficace: toutes ces initiatives sont soutenues par des ONG canadiennes financées par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). La plupart de leurs projets visent à aider les plus vulnérables, les femmes et les enfants.

Depuis 1999, l’Initiative pour les micronutriments (IM) distribue des capsules de vitamine A aux enfants afghans âgés entre six mois et cinq ans, pour permettre qu’ils développent un meilleur système immunitaire. «L’Afghanistan est l’un des pires pays en ce qui concerne les carences alimentaires, indique Luc Laviolette, directeur d’IM Asie. Le manque chronique de vitamines et de minéraux peut entraîner de sérieux problèmes, comme la mortalité juvénile, la diminution du développement du cerveau et des capacités d’appren-tissage des enfants.» Le pays affiche le troisième plus haut taux de mortalité au monde chez les moins de cinq ans et près de 60% des jeunes souffrent d’anémie.

Luc Laviolette s’est rendu à deux reprises en Afghanistan. Sa dernière visite remonte à juillet dernier. «J’ai été frappé par la grande préoccupation des gens pour leur santé, dit l’homme de 38 ans. Les parents portent une attention particulière au bien-être de leurs enfants et sont très ouverts à tout ce qui pourrait les aider.»

Outre la distribution de capsules de vitamine A, l’IM mène d’autres projets dans le pays. Un des programmes de l’ONG canadienne vise l’enrichissement de la farine avec du fer et de l’acide folique et un autre l’iodation du sel. «Les femmes, les enfants et les plus pauvres n’ont pas accès à la nourriture riche et sont davantage exposés aux infections», explique Luc Laviolette. Avec ces initiatives, des Afghans parmi les plus vulnérables pourront bénéficier d’une meilleure alimentation. «On souhaite éventuellement aider les gens à cultiver leur nourriture plutôt que de leur offrir un secours d’urgence, dit le directeur d’IM Asie. Mais ça prendra du temps, au moins une dizaine d’années.»

Allah, donne-moi une job

Mirwais Nahzat est un jeune Canadien d’origine afghane. Il est responsable des programmes d’aide en Afghanistan pour l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Ayant quitté son pays natal avant l’âge de 10 ans, il y est retourné deux fois au cours de la dernière année afin de voir au bon déroulement d’un programme de formation professionnelle destiné aux femmes de Kaboul.

Ce projet, élaboré en collaboration avec CARE Canada, doit venir en aide à plus de 2 000 Afghanes de la capitale. «Nous travaillons avec des femmes pauvres, des veuves qui ont perdu leur mari pendant la guerre civile, explique Mirwais Nahzat. On estime qu’il y en a 40 000 à Kaboul. Elles doivent subvenir aux besoins de leur famille, mais occupent des em-plois qui ne leur procurent qu’un petit salaire.»

À l’heure actuelle, une famille afghane dirigée par une femme vit en moyenne avec 16$ par mois. «Bien souvent, les enfants des veuves doivent trouver des petits boulots dans la rue. Si leur mère se déniche un emploi, ils pourront aller à l’école», fait valoir Steve Cornish, conseiller politique à CARE Canada. Il s’est rendu en Afghanistan en décembre dernier afin de participer à l’implantation du programme de formation.

Les femmes y apprennent notamment à transformer les fruits pour en faire de la confiture et à installer des câbles électriques dans les maisons. Des cours d’alphabétisation sont aussi dispensés. Moins d’une veuve sur 10 sait lire et écrire. «J’ai pu parler à beaucoup de femmes qui participent au programme. Elles m’ont dit qu’elles ne voulaient pas seulement de l’aide d’urgence, comme la distribution de nourriture, mais des programmes qui leur permettent de développer des habiletés, raconte Mirwais Nahzat. Elles veulent faire partie de la société.»

Jusqu’à maintenant, le projet conjoint de CARE et de l’EUMC semble être sur la bonne voie. «Quelques femmes trouvent un emploi avant même la fin de leur formation, se réjouit Mirwais Nahzat. À long terme, nous voudrions l’implanter dans d’autres provinces.» «On voit ces femmes renaître, ajoute Steve Cornish. Le pouvoir qu’elles ont repris est beau à voir. Mais il ne faut pas oublier celles qui n’ont pas fait le saut.»

Afghanes debouttes

Si la Constitution afghane adoptée en 2004 consacre l’égalité des sexes et que le pays dispose d’un ministère de la Condition féminine, il reste beaucoup de chemin à faire pour les droits des femmes en Afghanistan. Selon la Commission afghane des droits de la personne, la moitié d’entre elles sont battues par leur mari et le taux de suicide chez les Afghanes est alarmant.

Malgré tout, leur situation s’est améliorée depuis la chute des talibans, estime Alexandra Gilbert, de Droits et Démocratie. «Il est maintenant possible d’asseoir dans une salle des femmes avec des mollahs, des aînés et des hommes pour discuter de leurs droits, ce qui était vraiment impensable il y a quelques années seulement.»

La Montréalaise a foulé le sol du pays pour la deuxième fois en mars dernier. Elle a rendu visite à 18 de ses collègues afghans qui travaillent pour l’ONG canadienne à Kaboul. Le projet qu’elle coordonne à distance vise à créer une discussion entre les acteurs étatiques pour en arriver à une réforme du code de la famille et à l’implantation d’un contrat de mariage dans le contexte de la loi islamique, tout cela pour éviter les abus envers les femmes.

«En Afghanistan, une jeune fille de 11 ans peut être mariée à un homme de 70 ans», illustre Alexandra Gilbert. Le pays affiche un taux de mariages forcés se situant entre 60% et 80%. En mars dernier, la Cour suprême afghane a ratifié un contrat de mariage incluant la notion d’entente mutuelle entre l’homme et la femme, ce qui pourrait prévenir les mariages forcés des très jeunes filles. Mais l’implantation du contrat pose plusieurs questions. «Qui sera responsable de l’enregistrement des mariages? Des juges, des cours locales, des mollahs? Où cela va-t-il se pas-ser? Il faut s’assurer que les femmes auront accès à ce processus», dit Alexandra Gilbert.

Droits et Démocratie offre éga-lement des formations aux Afgha-nes pour qu’elles apprennent à défendre leurs droits et qu’elles poursuivent éventuellement la lutte. La mise en œuvre des réformes repose sur leur appro-priation par la population locale et le travail de sensibilisation effectué en amont, croit Alexandra Gilbert. «L’idée, c’est de faire progresser le droit des femmes dans un contexte de respect culturel.»

Remettre l’ordre dans la loi

Benoit Turcotte s’est rendu en Afghanistan à trois reprises. Membre de l’ Association internationale des avocats de la défense (AIAD), il devait former des juristes afghans. En 2003, lorsque le projet a démarré sous l’égide de l’International Legal Foundation (ILF), le système judiciaire de la république islamique permettait de nombreux abus à l’encontre des Afghans. «Des citoyens étaient accusés à tort et à travers pour des crimes allant du vol de pain au meurtre. Ces accusations étaient souvent portées sur la base de dénonciations, sans motifs solides, explique l’avocat. Dès les premiers mois, on a été en mesure de faire libérer un millier de personnes détenues illégalement.»

Depuis 2003, l’AIAD et l’ILF ont mis sur pied des bureaux d’aide juridique dans plusieurs grandes villes du pays pour que les prévenus, en immense majorité très pauvres, soient défendus gratuitement.

Les avocats de la défense jouent un rôle crucial en démocratie, estime Benoit Turcotte. «Ils doivent non seulement défendre les intérêts des accusés, mais aussi s’assurer que le système judiciaire fonctionne cor-rectement. Les Afghans que nous avons formés avaient une excellente connaissance des lois, mais n’avaient pas la mentalité d’un avocat de la défense.» Le juriste leur a enseigné les différentes étapes de la gestion d’un dossier, de l’arrestation à l’issue d’un procès. Ce sont maintenant des Afghans qui forment les futurs avocats. «Nous sommes déjà sortis de l’Afghanistan, le projet roule par lui-même», dit Benoit Turcotte.

Si le travail des ONG semble porter fruit, il n’en demeure pas moins qu’elles doivent surmonter de nombreux obstacles sur le terrain (voir autre article p.31). Plusieurs défis restent à relever pour venir en aide à l’un des peuples les plus mal en point de la planète.

Histoire de l’Afghanistan

L’Afghanistan, officiellement fondé en 1747, a toujours occupé une position géopolitique stratégique. Le col de Khyber, situé de part et d’autre de l’Afghanistan et du Pakistan, permet de traverser la chaîne de montagnes de l’Hin-dukush, ce qui en fait la seule voie terrestre entre l’Asie centrale et le sous-continent indien.

En 1879, après deux guerres contre les forces armées anglo-indiennes s’échelonnant sur une période de 40 ans, l’État devient un semi-protectorat britannique. Il accède à l’indépendance en 1919. Un gouvernement constitutionnel est élu quatre ans plus tard et l’Af-ghanistan commence à se moder-niser. Les titres de noblesse sont abolis et l’enseignement pour les femmes est décrété.

Le pays connaît une autre vague de modernisation à partir de 1959, sous le règne de Zahêr Shah. Une nouvelle constitution est adoptée et les premières élections législatives se tiennent en 1965. Le roi est renversé en 1973 par une dictature islamiste.

Un second putsch, cinq ans plus tard, mène les communistes à la tête du pays. Leur propagande anti-religieuse exacerbe les tensions. Les rebelles islamistes, les moudjahidines, combattent le régime communiste, qui est renversé en 1979. L’Union soviétique (URSS) envahit alors l’Afghanistan et les États-Unis soutiennent les islamistes. Après avoir essuyé de lourdes pertes humaines, l’URSS se retire en 1989. Le pays vit depuis dans l’instabilité, déchiré par des années de guerre civile opposant diverses ethnies et factions.

En 1996, les talibans prennent le contrôle de la capitale, Kaboul, et des deux tiers de l’Afghanistan. Ils instaurent un régime fondamentaliste très strict basé sur la loi coranique. Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, ils sont accusés par les États-Unis d’abriter le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, qui re-vendique les attaques. Les talibans sont délogés du pouvoir deux mois plus tard, après une opération militaire américaine.

Un gouvernement intérimaire dirigé par Hamid Karzaï, membre de la tribu pachtoune, est mis en place après les Accords de Bonn, en décembre 2001. Le pachtoune est élu président de l’Afghanistan en 2004. Actuellement, quelque 47 000 militaires de 40 pays réunis au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité, chapeautée par l’OTAN, sont présents dans le pays.

Produit en collaboration avec le gouvernement du Canada par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Les enfants au micro

Les enfants au micro
Terre des Débrouillards
Des projets de développement pour une planète solidaire
Chronique d’Agence Science-Presse préparée en collaboration avec le magazine Les Débrouillards

Des enfants afghans prennent le micro. Pour faire connaître leurs droits. Mais aussi pour chanter et lire de belles histoires.

Shukria a treize ans. Elle anime l’émission La voix des enfants. Tous les dimanches et tous les mercredis à 11 h, des milliers de jeunes oreilles se mettent à l’écoute de Radio Sahar. Elle leur parle d’histoire ou de géographie, leur donne des conseils et leur récite des poèmes ou des contes. Cette station de radio communautaire de Hérat, en Afghanistan, a été fondée grâce à l’appui du Canada.

À l’école de la radio
Comme plusieurs autres filles et garçons, Shukria a suivi des ateliers pour apprendre à faire de la radio. En Afghanistan, peu de gens possèdent une télé et beaucoup d’enfants et d’adultes ne savent pas lire. La radio est donc un excellent moyen d’apprendre et de se distraire.

Une autre émission de Radio Sahar renseigne les enfants sur leurs droits : le droit à la vie, à l’éducation, au divertissement, au respect et à la sécurité. Parfois, l’animatrice invite un enfant. Laieq, un garçon de 11 ans, est ainsi venu expliquer sur les ondes qu’il aimerait beaucoup aller à l’école. Malheureusement, il doit vendre des biscuits dans la rue toute la journée pour gagner de l’argent, car son père, malade, ne peut pas travailler.

Encadré
Avec l’aide de Canadiennes
Des spécialistes canadiennes ont aidé des Afghanes à mettre sur pied des stations de radio communautaires dans plusieurs villes pour renseigner les femmes sur leurs droits et sur une foule d’autres sujets.

Radio Sahar, qui se trouve dans la ville de Hérat, à l’ouest du pays, est l’une d’elle. Quand les talibans étaient au pouvoir, il était interdit aux femmes de travailler et aux filles de fréquenter l’école. Voilà pourquoi sept Afghanes sur dix ne savent pas lire.

Ce sont également des Canadiennes qui ont donné les premiers ateliers pour apprendre à des enfants de 5 à 17 ans les rudiments de la radio. Comme Shukria, ces jeunes continuent aujourd’hui d’animer leurs émissions.

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

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Afghanistan : Faites fleurir le pavot, pas la guerre

Afghanistan : Faites fleurir le pavot, pas la guerre

La présence de soldats canadiens en Afghanistan a pris un visage différent lorsque les médias nous ont présenté des soldats canadiens morts au combat. Des lors, des gens ont demandé le rapatriement des soldats canadiens de l’Afghanistan.

En se référant à un article publié par Jean-Claude Leclerc dans le Devoir du 23 octobre 2006, les problèmes que connaît l’Afghanistan pourraient être résolu autrement.

Les États-Unis ont dépensé 780 millions de dollars pour tenter vainement d’éradiquer le pavot en Afghanistan. Même les talibans ultrareligieux, avaient interdit cette culture et n’avaient pu l’éliminer. Les Nations unies estiment à plus du tiers du produit national brut de l’Afghanistan l’importance de ce commerce illégal. L’héroïne qu’on en tire fait plus de victimes dans le monde que les conflits militaires. Aucune plante de remplacement n’est aussi payante. En s’en prenant à la culture du pavot, Washington menace avant tout la subsistance des fermiers et des cueilleurs, de quoi les pousser du côté des insurgés.

Le pavot sert à fabriquer l’héroïne, une drogue illégale qui fait des ravages. Mais elle sert aussi à fabriquer la morphine et la codéine que l’on retrouve dans la fabrication de médicaments contre la douleur. Des pays riches (États-Unis, Royaume-Uni, France, Japon, Allemagne, Australie, Canada) consomment la quasi-totalité de ces médicaments. Le reste du globe, soit 80 % de la population, en est privé.

Une meilleure stratégie existe pourtant, signale le professeur John Polanyi, un chimiste canadien et Prix Nobel : légaliser la culture du pavot et fabriquer des médicaments. En doublant la production afghane de pavot, on fait d’une pierre deux coups: aider l’économie de ce pays et soulager les patients des pays pauvres qui en sont privés. En recyclant le pavot dans le marché des médicaments, on prive les trafiquants de revenus colossaux. L’achat de ce pavot devenu légal coûterait 600 millions de dollars, beaucoup moins que ce qui est dépensé pour tenter de l’éliminer!

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Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncée

Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncées  

Ça fait cliché ou eau de rose. Ça sonne comme un mauvais roman: je me sens comme un étranger chez moi… C’est que, depuis 4 ans, j’ai trimballé mon pack-sac à quelques reprises. Oh, pas 4 ans durant, remarquez.

 Maintenant, je suis de retour pour un bon moment. Je prends une sabattique indéterminée des voyages. Je vois la vie d’une drôle de manière. Je suis tellement sur une autre planète que je regarde les gens, même mes proches, comme si je me trouvais parmi une autre culture que la mienne. Pas toujours mais bon, vous voyez le topo.

 J’ai envie de savourer ce moment. Réapprendre à vivre chez moi! M’enraciner. Mais voilà. J’ai cet article à terminer – sur l’Afghanistan – qui m’angoisse. À vrai dire, tous mes articles qui portent sur l’international ont été douloureux à pondre. Sans exception. Peur de ne pas avoir saisi un peu d’une culture étrangère, peur de ne pas bien l’avoir rendue à l’écrit, peur d’être passé à côté du sujet, peur d’avoir mal transmis mes connaissances. Bref, je me mets une tonne de pression quand vient le temps de composer. Évidemment, je ne suis jamais pleinement satisfait. Comment rendre avec justesse – et justice! -, en quelques milliers de mots, mes liens avec ces autres cultures, mon regard, mes rencontres. Comment concilier la culture d’un pays et le sujet choisi? Alors j’angoisse devant cette tâche que JE considère titanesque. Pour la petite histoire, j’ai décidé, afin de répondre à mon besoin en ce sens, d’écrire un livre sur mes expériences délurées de voyage. J’ai en tête, et au coeur, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Vietnam, le Cambodge, Haïti, l’Afghanistan, les Phlippines, le Nicaragua et un peu de l’Europe. Se mêlent à ces pays les enfants soldats, le trafic sexuel, la guerre, la criminalité, l’insécurité sous toutes ses formes (santé, éducation, environnement, économie,..), la reconstruction d’un État. À cela se rajoutent des rencontres hors de l’ordinaire, des aventures dignes de films d’action! C’est ça, mes 4 dernières années.

J’ai vu, assez pour ne plus les apercevoir, des femmes à genoux, la main tendue vers le haut, espérant recevoir l’aumône. Jour après jour, semaine après semaine. Elles y resteront toute leur vie, si ça se trouve. Des enfants utilisés comme du vulgaire bétail à transporter des charges qu’un adulte comme moi ne parviendrai pas à soulever. Des gens qui, à longueur de vie, traîneront dans le coeur cette angoisse ancrée à jamais: vais-je pouvoir manger aujourd’hui? Mes enfants auront-ils de quoi se nourrir?

C’est ce genre de vie que j’ai côtoyée, ces dernières années. Alors pour moi, les problèmes de circulation, de grèves, les accrocs au boulot, ça me passe 10 pieds par dessus la tête. Je ne reproche en rien les gens qui en discutent, qui vivent ces problèmes. C’est là leur réalité. C’est juste moi qui cloche. Je suis encore ailleurs, voilà tout. Un étranger parmi les siens.

Pour m’enraciner, je me suis trouvé quelques moyens. Mon blogue, par exemple. Je n’y écris plus depuis belle lurette. Je vais m’y remettre. En espérant être en mesure, avant longtemps, de susciter un intérêt parmi les miens!

D’ailleurs, pour ceux qui, comme moi, se sont déjà sentis déconnectés… N’hésitez pas à me donner vos trucs! sait-on jamais, ça pourrait m’aider!

Sur ce, à demain… j’espère!

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