Arbres aériens

Arbres aériens

(Agence Science-Presse) – Pour accélérer le reboisement, pourquoi ne pas le faire… du haut des airs? Des ingénieurs britanniques ont déposé un brevet pour une technique de largage de plants par hélicoptère, ce qui accélérerait grandement le processus et réduirait les coûts. Mais serait-ce tout autant efficace? La firme C-Questor affirme que oui: le truc consisterait à larguer des semis de 15 centimètres à l’intérieur de cônes de plastique biodégradables, contenant eau et terre. À la différence des graines, ces semis sont trop gros pour être dévorés par des animaux et, le temps que l’enveloppe ne cède complètement, ils auraient eu le temps —espère-t-on— de prendre un peu racine. Un bombardement écolo, en quelque sorte.

 

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Journée transformation extrême de ALDO

Du nouveau pour la Place Benoit de Saint-Laurent

Journée transformation extrême de ALDO

Valérie Carrier       Dossier Communautaire Ville de Montréal Reportage de l’année précédente

De 8 heures le matin à 17 heures le soir, le mercredi 22 avril dernier, 60 hommes et femme s du groupe ALDO étaient à la Place Benoit pour y opérer une «transformation extrême». La Place Benoit est un des 4 organismes de Montréal qui ont été choisis cette année pour cette activité spéciale des cadres de la multinationale montréalaise. Il s’agit d’un secteur DSC03454 défavorisé de l’ouest de Montréal où logent 750 personnes dans 240 appartements et pour lequel a été développé un programme d’embellissement. Étant donc elle-même un projet de revitalisation, la Place Benoit présentait un profil parfait pour l’aide apportée par les membres du groupe ALDO.

Les habitants de la Place Benoit n’avaient pas été mis au courant que des fleurs et de petits arbres allaient être plantés dans leur quartier, ni que des salles de leur centre communautaire seraient rénovées. Pour eux, c’est une surprise de constater le résultat. Et c’est une bonne surprise, selon des intervenantes de la Place Benoit, parce que ces gens ont besoin de lieux de qualité esthétiquement plaisants qui génèrent chez eux un sentiment d’appartenance. De plus, il s’agit de réalisations concrètes dont les résidents peuvent profiter dès maintenant. Coordonnatrice des démarches de revitalisation du quartier, Lucile Dubois croit toutefois que le travail effectué par les gens d’ALDO peut apporter plus à la communauté qu’un seul environnement physique. «Ça permet de montrer aux gens qu’en se retroussant les manches, on peut améliorer les choses, dit-elle. Ils vont dire: “si on s’y met, c’est possible”.»

DSC03445Centre communautaire

Le projet de revitalisation de la Place Benoit a été mis sur pied par l’arrondissement de Saint-Laurent. Il concerne non  seulement le milieu de vie physique de l’endroit, mais également l’amélioration de la condition socioéconomique de ses habitants, entre autres par de l’aide à l’emploi. Quant au centre communautaire, il y a des animateurs et des activités organisées: cuisines collectives, aide aux devoirs, etc. Avec le nouvel aménagement intérieur qu’a réalisé le groupe ALDO, un regain d’intérêt pour le lieu est à prévoir, d’autant plus que le centre en avait bien besoin, selon les dires de quelques responsables. La salle d’ordinateurs a été peinturée, décorée et nettoyée, et une autre salle, qui servait déjà à plusieurs activités différentes, a été en plus rénovée pour être mieux adaptée à ses différents rôles, tels les jeux, les repas, l’étude et le repos.

Les travailleurs d’ALDO

Du côté de l’équipe d’ALDO, les volontaires viennent des différents districts du groupe à travers le monde, en particulier ceux, plus importants, du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni. Ils sont des membres du bureau-chef, des gérants de magasins, des directeurs de ventes et d’autres cadres. Séparés en différentes équipes, ils vivent la journée comme une activité qui leur permet de développer des liens entre eux. «Ils viennent de différents districts et ils sont souvent très compétitifs, affirme Catherine Laporte, Gérante du Marketing chez ALDO et participante au projet. Ça crée des divergences d’opinions, mais on apprend beaucoup, aussi, de ces journées-là.» Elle explique également que «chacun y va de ses compétences», avec ses connaissances personnelles, car le travail qu’ils effectuent ne fait pas partie de leurs tâches habituelles.

DSC03424C’est une troisième édition pour cette journée de transformation extrême par le groupe ALDO. Avant cela, les cadres du groupe se rencontraient plutôt pour une journée de divertissement, tous les ans. Maintenant, les bras disponibles, ainsi que le budget, sont mis au service de la communauté. Mais pour les participants, la journée reste un jeu, «à l’image de l’équipe des ventes du groupe ALDO», exprime Mme Laporte. Une compétition est créée entre le groupe qui œuvre à la Place Benoit et les trois autres groupes, travaillant aux locaux des organismes À deux mains et Dans la rue, et au Centre de pédiatrie sociale: assistance d’enfants en difficulté. Tout au long de la journée, il y a des points à accumuler pour que le jury déclare un gagnant parmi ces groupes. Il y a même un porteur de drapeau qui ne doit jamais laisser son précieux objet, pour 5 % des points!

Coïncidence et bienveillance

L’aménagement paysager qui a été effectué à la Place Benoit a coïncidé avec la Journée de la Terre. Un beau hasard qui satisfaisait certainement le fondateur du groupe ALDO, M. Bensadoun, lui aussi de la partie. Mais au-delà du souci environnemental auquel répondait le projet d’aménagement extérieur de la Place Benoit, c’est le bien-être d’une communauté qui profite maintenant du résultat. Une journée donnée, un budget alloué, un peu de solidarité, et un monde meilleur, un pas à la fois…DSC03460

Vos commentaires sur Du nouveau pour la Place Benoit de Saint-Laurent: Aldo rénove!

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L’éruption qui perturba le climat

L’éruption qui perturba le climat

(Agence Science-Presse) – Les gens de l’époque ne s’en sont pas douté, mais une éruption volcanique survenue au Pérou en 1600 a manifestement provoqué pendant deux ans un climat plus froid, en Europe et en Asie. En envoyant des tonnes de particules dans l’atmosphère, le mont Huaynaputina a empêché une partie des rayons du soleil d’atteindre la surface, faisant baisser la température, juste assez pour nuire aux récoltes en Russie et entraîner une famine l’hiver suivant. Et les ronds des arbres révèlent que l’hiver 1600-1601 fut, dans l’hémisphère nord, le plus froid pendant des siècles.

Un tel phénomène est déjà connu des météorologues : l’éruption du Pinatubo aux Philippines, en 1991, serait responsable d’une baisse moyenne des températures de 0,4 degré pendant les mois qui ont suivi. Mais c’est la première fois qu’on peut établir de tels liens aussi loin dans le passé…

 

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Témoignage sur l’implication bénévole

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-Briser son isolement et celui d’autrui.
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S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

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Tailler des arbres après une crise: opération indispensable mais délicate

Tailler des arbres après une crise: opération indispensable mais délicate
Odile Clerc – Agence Science-Presse

La crise du verglas de 1998 a eu un effet dévastateur sur les arbres au Québec. Dix ans plus tard, Samuel Bertrand, arboriculteur et élagueur au Jardin botanique de Montréal, continue à traiter, élaguer, nettoyer les arbres qui ont souffert. Mais s’il est facile de prendre sa cisaille pour tailler les branches qui dépassent, il est autrement plus délicat de tailler un arbre selon les règles de l’art.

«Les arbres touchés par la crise sont fragilisés et continuent à casser. Par exemple, cet été, nous avons dû procéder à l’élagage et à l’abattage de certains frênes qui étaient devenus dangereux.» Tailler les arbres de manière régulière de sorte que la cime soit aérée et éclairée par les rayons du soleil, que les vents puissent y circuler et que la structure de l’arbre soit respectée, est une opération indispensable et élémentaire d’après le spécialiste.

Mieux vaut prévenir que guérir

Or, selon lui, «le problème majeur de l’après-crise du verglas en 1998 provient du manque de professionnalisme des intervenants. De très nombreux arbres ont été taillés par des élagueurs non formés. D’énormes dommages ont été causés: production de bois mort, pourriture, maladies, champignons, etc.»

«Il est impératif de faire appel à des professionnels qui ont une connaissance précise de la structure de l’arbre, de ce qui doit être enlevé et de la façon de le faire», précise Samuel Bertrand. Selon lui, certains arbres ont davantage souffert d’un traitement inapproprié que du verglas lui-même, l’arbre ayant une bonne capacité d’auto-guérison. De plus, les arbres à croissance lente, tels que les érables à sucre, nécessitent des soins particuliers, de même que ceux dont la croissance est rapide tels que les saules, les peupliers ou les érables argentés. Tailler un arbre pour que celui-ci offre le moins de prise possible au vent et à la glace est donc la solution préventive idéale pour préserver le capital végétal de nos villes et forêts.

Un métier reconnu

«Élagueur est un métier à hauts risques! Vous êtes tenu par des câbles à plusieurs mètres de hauteur et vous tenez des outils tranchants! Mais c’est essentiel d’être perché là-haut. De ce point de mire, vous remarquez des défauts de structure qui ne vous apparaissent pas du sol. Il faut toujours aller dans le sens de l’observation. C’est pourquoi l’élagage professionnel est si important.» À la question de savoir quels ont été les effets de la crise du verglas dans le milieu de l’arboriculture, Samuel Bertrand ne tarit pas d’éloges au sujet des trois écoles québécoises d’arboriculture qui, depuis la crise, ont ouvert leurs portes, mettant sur le marché nord-américain des professionnels reconnus au-delà des frontières provinciales.

«Grâce à une nouvelle technologie allemande, nous sommes en mesure de faire des interventions appropriées au cas par cas. Il n’y a pas que le verglas de 1998 qui ait causé des dégâts, la neige mouillée de l’année dernière a aussi causé des dommages et nous les traitons. Nous sommes prêts si une nouvelle crise devait arriver», termine Samuel Bertrand.

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À mille lieux sous les mers

 
 

À mille lieux sous les mers

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse

 

L’océan Arctique n’a pas encore révélé tous ses secrets, particulièrement dans les replis microscopiques de ses profondeurs. Une équipe de recherche internationale, à laquelle participe une Québécoise, vient de mettre à jour de nouvelles formes de vie provenant de cette zone méconnue de la planète.

Cette découverte de microorganismes marins presque invisibles à l’œil nu fait l’objet d’un article scientifique dans une récente édition de la revue Science.  » Cette découverte de nouveaux organismes est importante, car elle démontre qu’il y a bien plus de diversité que nous ne l’imaginions « , s’enthousiasme la biologiste Connie Lovejoy de l’Université Laval. Elle expliquerait même d’anciennes mesures erronées incompréhensibles pour les scientifiques.

Ce nouveau groupe d’organismes microscopiques a été baptisé  » picobiliphyte  » : pico en raison de leur taille minuscule, bili à cause de biliprotéines, substances aux propriétés fluorescentes transformant la lumière en biomasse et phyte, pour végétaux.

Les échantillons de picobiliphytes ont été prélevés dans l’océan. En filtrant l’eau, de minuscules particules se sont trouvées emprisonnées dans les filtres. Au laboratoire, les chercheurs ont extrait l’ADN des microorganismes pour l’analyser.  » En comparant les séquences d’ADN, nous pouvons construire les arbres d’évolution et ainsi classifier les organismes vivants « , explique la biologiste.

Premiers maillons de la chaîne alimentaire

Ces nouvelles formes de vie des mers nordiques offriraient des pistes de réponses sur la provenance des eucaryotes. Une des théories privilégiées affirme que ces organismes, munis d’organites et d’un cytosquelette et donc plus compliqués que les bactéries, seraient une combinaison d’autres organismes dont ils auraient pris le contrôle au cours de l’évolution.  » Un petit peu comme cela se passe pour les petites compagnies, qui sont absorbées par les plus grosses, les dirigeants remplacés et l’organisation soumise à la plus grande compagnie. Ici, les picobiliphytes ont acquis la photosynthèse des bactéries « , relève Connie Lovejoy.

Les picobiliphytes possèdent des chloroplastes, organites liés à la photosynthèse. Cette ancienne caractéristique permettrait de retracer le transfert de gènes des bactéries aux eukaryotes.  » Ils représentent une sorte de fossiles vivants pour comprendre comment sont advenues certaines des étapes de l’évolution « , affirme la chercheuse.

Source de photosynthèse et de nourriture pour le zooplancton, ces nouveaux microorganismes appartiennent à la chaîne alimentaire marine. Un écosystème complexe et vulnérable encore bien mystérieux.

À lire :

« Picobiliphytes: A Marine Picoplanktonic Algal Group with Unknown Affinities to Other Eukaryotes » par Fabrice Not, Klaus Valentin, Khadidja Romari, Connie Lovejoy, Ramon Massana, Kerstin Töbe, Daniel Vaulot, Linda K. Medlin dans l’édition du 12 janvier dernier de la revue Science :

http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/315/5809/253

Sur les Eukaryotes :

http://en.wikipedia.org/wiki/Eukaryote

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Une forêt contre le tsunami

Une forêt contre le tsunami
écrit par Patrick Alleyn, Vol 15-2, Décembre 2006

tsunami

«Nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés.» Des villageois pauvres du sud de l’Inde racontent comment un projet de conservation de la nature les a sauvés du tsunami et sortis de l’extrême pauvreté.

Tamil Nadu, Inde — Nous traversons en chaloupe l’immense forêt marécageuse de Pichavaram, dans le sud de l’Inde. On s’y faufile à travers des canaux, guidés par Nagamuthu, un jeune membre de la tribu Irula. Pichavaram est une mangrove, c’est-à-dire une forêt d’arbres poussant dans l’eau salée et la boue, au bord d’un océan tropical. Dressés, tels des araignées, sur leurs dizaines de racines crochues leur servant de tronc, ils valsent au gré de la houle, réduisant ainsi jusqu’à 90% de l’énergie des vagues. Dans les régions tropicales soumises aux cyclones et ouragans, la nature a heureusement créé cet efficace système de défense des rives.

«Le jour du tsunami, les habitants des villages de Pichavaram ont aperçu trois vagues gigantesques au-dessus de la mangrove, raconte Nagamuthu. Ils ont eu le temps de s’enfuir, car les arbres ont ralenti la violence des vagues. La marée géante a emporté les bateaux, mais sans détruire les maisons. «Un village voisin, situé à la même distance de la mer, mais non protégé par la forêt, a, lui, été dévasté», fait remarquer le pêcheur qui dirige notre barque.

Le tsunami du 26 décembre 2004 a été l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire. L’immense raz-de-marée, provoqué par un tremblement de terre dans l’océan, a fait 280 000 morts dans plusieurs pays d’Asie. «Mais à Pichavaram, nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés», conclut Nagamuthu, non sans fierté. Et non sans raison.

patrick alleyn

Gardiens de la forêt
Nagamuthu coordonne depuis 1996 un vaste projet de sauvetage des arbres de la mangrove de Pichavaram. Il était à peine âgé de 17 ans quand des biologistes marins de la Fondation Swaminathan, un organisme scientifique indien, ont débarqué dans son village à la recherche d’un meneur. Ils voulaient mobiliser les villageois pour enrayer la dégradation de la forêt après les coupes «sélectives» d’arbres, autorisées par le gouvernement dans les années 1970.

«Nagamuthu était le seul habitant du village sachant lire et écrire. Nous voulions transformer les habitants pauvres de la région en gardiens de la forêt, en leur démontrant que son reboisement allait améliorer leurs revenus», expose Selvam, le directeur de ce projet à la Fondation Swaminathan.

«Les gens ici sont très pauvres. Pour combler leurs besoins de base, ils coupaient les arbres ou faisaient brouter sans contrôle leurs animaux autour de la mangrove, des pratiques néfastes pour son écosystème», poursuit Selvam. Avec un financement de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et du Centre de recherche en développement international (CRDI), deux organismes du gouvernement canadien, les scientifiques indiens ont démarré le chantier environnemental à Pichavaram.

Les villageois ont planté des arbres et, pour les alimenter d’eau fraîche, creusé des canaux. «Des pans entiers de la mangrove ont repris vie. Sous les arbres, les crevettes, les crabes et les poissons se sont multipliés. La pêche est devenue abondante», se rappelle le père de Nagamuthu.

patrick alleyn

Pour protéger l’environnement, les scientifiques croyaient qu’il fallait d’abord combattre la pauvreté dans ces villages isolés. Ainsi, les villageois cesseraient les activités nuisibles pour la forêt, mais aussi se mobiliseraient contre tout projet du gouvernement ou de riches investisseurs pouvant la menacer.

La Fondation a donc construit une école. «On s’est aussi battu devant les tribunaux pour faire reconnaître aux membres de la tribu Irula leurs droits comme population indigène discriminée en Inde. Ainsi, des places devaient leur être réservées dans les collèges», rapporte le biologiste.

Et le jeune Nagamuthu d’enchaîner: «Aujourd’hui, les gens de mon village conseillent le ministère des Forêts, et nous avons reçu le mandat de patrouiller la mangrove pour dénoncer toute coupe illégale.»

Le modèle de Pichavaram — gestion de l’environnement par les communautés pauvres elles-mêmes — a ensuite été reproduit pour la protection d’autres mangroves en Inde. C’est aussi un modèle promu de plus en plus dans le monde, en particulier par les Nations unies, pour protéger les écosystèmes en péril — forêts, rivières, terres agricoles… Car, les pauvres sont toujours les premières victimes de la destruction de l’environnement.

patrick alleyn

«Quand j’étais enfant, les hommes du village ne portaient que des caleçons qu’ils achetaient usagés au marché!», se souvient Nagamuthu. À 8 ans, je devais conduire les chèvres au champ. Je voyais les enfants d’autres villages se rendre à l’école. De moi-même, j’ai décidé de m’y inscrire. Mais, à 13 ans, j’ai dû retourner dans la mangrove pour pêcher. Sans filet ni bateau, j’étais expert pour attraper les crabes à mains nues!» rigole-t-il. Nagamuthu poursuit maintenant des études par correspondance en sociologie.

Destruction d’une protection naturelle
L’impact du tsunami de 2004 aurait été bien moindre si les humains n’avaient pas détruit les mangroves, estiment les spécialistes du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En effet, plus du tiers de ces écosystèmes côtiers a disparu depuis 20 ans, pour céder la place à des hôtels, des routes ou des bassins d’élevage de crevettes. Souvent dans ces «fermes» à crevettes, les riches investisseurs abandonnent les installations après quelques années à peine, une fois la terre contaminée. Jetés au chômage, les habitants pauvres se retrouvent sans aucune ressource dans un champ de boue et de sel.

Le soir tombe. Nagamuthu nous presse de rentrer, car les filets des petits pêcheurs se dresseront bientôt sur le parcours de notre barque. «Le tsunami a créé auprès des gouvernements un intérêt nouveau pour les mangroves, constate le scientifique Selvam. Mais, je crains que cet intérêt ne s’estompe à mesure que le tsunami s’effacera des mémoires.»

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/de-la-guerre-a-la-rue/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/traumatismes-de-guerre/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/reflet-de-societe-a-la-sierre-leone/

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