Femmes autochtones: abus policiers en Abitibi

Radio-Canada a-t-il bien couvert les évènements?

Conséquences des dénonciations collectives

Raymond Viger   Dossiers SuicideAutochtone

J’ai voyagé pendant cinq années le Grand Nord pour intervenir auprès des communautés Inuit où des épidémies de suicide faisaient rage et former lescommunity workers locaux à intervenir et en arriver à pouvoir préparer eux-mêmes leurs relèves.

Qu’est-ce qui avait induit ces suicides en série?

show-image5Pendant de nombreuses années, des séries d’abus envers les femmes Inuits ont eu lieu. Les femmes se sont prises en main et ont débuté à dénoncer massivement et collectivement tous les abus qu’elles avaient subis.

Revivre ces horreurs pour les victimes et la honte pour les bourreaux a créé un climat fragilisant la communauté. Trop de gens devenant vulnérables en même temps a provoqué un climat propice pour des vagues de suicide.

Dans un tel état d’esprit et avec les liens de proximité que connaissent ces communautés, le suicide est rapidement devenu une épidémie.

Les communautés autochtones de Val D’Or vont-elles passer par le même processus suicidaire?

Il est important de favoriser un climat de dénonciation des abus. Parce que nous voulons que ceux-ci cessent. Mais plusieurs questions demeurent:

Est-ce que de médiatiser les victimes est la meilleure façon d’agir envers des personnes fragiles et vulnérables? Il arrive régulièrement qu’une victime décide de changer d’idée et de ne pas dénoncer ces agresseurs. Cela fait parti de son processus de guérison. Il faut accepter cette période d’ambivalence. Mais quand on fait passer ces femmes autochtones devant la caméra, elles ne pourront plus reculer.

Est-ce éthique et valable de laisser des personnes témoigner pour des tiers? On entend le témoignage d’une personne qui parle des abus subis par sa mère. Mais si la mère n’était pas prête à rendre publique sa dénonciation?

Certains témoignages ont aussi jeté un doute majeurs sur le sérieux du reportage. Il ne faut pas se contenter de recevoir un témoignage et le mettre en ligne. Une enquête exige un minimum de validation des témoignages reçus.

Oui, il est important de dénoncer ces abus.

Oui, il est important que les médias en parlent.

Non, les médias ne peuvent pas parler de sujets sociaux sensibles n’importe comment.

Non, les victimes n’ont pas à être présentées ainsi aux nouvelles. Et si elles témoignent, nous devons préserver leurs anonymats.

Il y a un processus de guérison qui doit rapidement être mis en place. Il faut aussi accepter que ce processus ne se fait pas rapidement mais qu’il nécessitera beaucoup de temps.

Malheureusement, je ne crois pas que Radio-Canada ait bien géré la présentation de ce dossier.

Parce que la protection des victimes est tout aussi importante que la dénonciation des abuseurs.

Est-ce les coupures que Radio-Canada a subies qui crée ce genre de dérapage?

Mise à jour 29 octobre: le Journal de Montréal nous apprend qu’une femme autochtone qui avait témoigné devant Radio-Canada est accusée de voies de faits sur les policiers.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 FREE. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Choc des techniques: l’art en Bolivie et au Québec

Margotella, artiste québécoise

Bolivie: l’art engagé

Margotella, artiste québécoise de 58 ans, a vécu et a étudié les Beaux-arts en Bolivie. Pendant ses 13 années dans le pays sud-américain, l’artiste s’est imprégnée de leur culture et de leur vision de l’art. Alors, l’art bolivien est-il différent du nôtre?

Delphine Caubet     dossiers Environnement, Culture.

Art thérapie, art engagé«Au Québec, on forme des techniciens en art, explique Margotella. Les artistes peuvent ne pas être conscients de leur processus de création.» Cette nuance entre les 2 pays américains est ce qui interpelle le plus la Québécoise.

Art ou thérapie

Elle, comme d’autres, avait un art dit masculin avant la Bolivie. Un art centré sur une technique et rationnel. À son arrivée en pays andin, Margotella étudie en design de mode et elle réalise rapidement que les couleurs sont primordiales dans le pays, «que là-bas, ils n’ont rien et ils sourient toujours.» Les couleurs et le mélange de textures sont indispensables aux créations locales.

À l’époque, la peinture n’est qu’un défouloir pour l’artiste et parallèlement à ses autres projets, Margotella suit sa passion et prend des cours aux Beaux-arts. Le choc est total, en Bolivie la vision de l’art est inversée: les émotions et le message sont primordiaux. Pendant les cours, ses professeurs ne cessent de la remettre en question: qu’est-ce que ça veut dire pour toi? À quoi va servir ton art?

«C’était presque une thérapie», plaisante l’artiste. Elle note qu’en Amérique latine, les gens n’ont aucune difficulté à faire-part de leurs émotions. Alors, elle aussi, ouvre progressivement son cœur dans ses peintures.

En 1999, lorsque Margotella arrive en Bolivie, elle reprend contact avec ses racines autochtones et avec la nature. Et d’après la Québécoise, c’est de cette dernière que les artistes boliviens tirent leur inspiration: «En Bolivie, il y a une force imposante de la nature, un mélange des couleurs. Il y a un tel potentiel expressif et artistique à son contact. La nature a une influence sur l’artiste.»

Racines d’un peuple

Si la nature influence l’art bolivien, les artistes ont pour mission intrinsèque de faire passer un message. «Tous les artistes ont une cause à porter dans le pays», explique Margotella.

Au moment de son arrivée en Bolivie, les élites blanches sont au pouvoir dans le pays le plus autochtone d’Amérique, et les artistes ont à cœur de porter ses racines. Si aujourd’hui les autochtones ont repris les rênes du pays, Margotella note que «les artistes ont peint le futur d’aujourd’hui. Ils peignaient leur culture.»

Dernier constat de Margotella: «Tout le monde a des œuvres d’art typiques chez soi. Et pas du Ikea.» Les artistes boliviens ont à cœur de représenter leur culture et la réalité du peuple. Résultat, le succès transperce les classes sociales.

L’art bolivien est un art d’émotion, engagé pour son peuple, pour faire vivre ensemble leur culture.

L’artiste

Margotella est une artiste québécoise en arts visuels.

Cette artiste atypique aux couleurs rayonnantes possède plusieurs cordes à son arc.

Elle peint autant des toiles, que des mannequins en plastique ou encore du bois. Ses styles sont nombreux!

Vous pouvez les retrouver sur son site: margotella.com.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone:  (514) 256-9000 , en région:  1-877-256-9009 FREE  Par Internet:
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Maison de la culture Frontenac présente une exposition autochtone

Femmes autochtones

Exposition à Hochelaga sur les disparues

Le 30 avril 2015 a été inaugurée l’exposition « Oubliées ou disparues: Akonessen, Zitya, Tina, Marie et les autres » à la Maison de la Culture de Frontenac à Montréal. Pour cette exposition, 7 artistes autochtones ont été invitées à représenter la condition de ces femmes.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCriminalité.

Femmes autochtones oubliées, disparuesCette exposition a été un choc pour moi, car il y a peu d’œuvres, mais elles percutent.

Celle qui m’a le plus marqué est l’œuvre d’une artiste anonyme. Sur tout un pan de mur, des tableaux de femmes autochtones sont affichés. Elles sont sensuelles, belles, martyres… En dessous se trouvent des portemanteaux avec des noms de femmes. Dont Loretta.

En relevant la tête, je remarque une affiche avec un texte. C’est une jeune fille décédée qui parle. Elle raconte où elle a été aperçue la dernière fois et comment son corps a été retrouvé à l’intérieur d’un sac.

Mon regard redescend sur le portemanteau de Loretta. Ce n’est qu’à cet instant que je remarque le sac. Un grand sac sale. Comme celui dans lequel Loretta a été retrouvé…

Une œuvre qui au premier abord n’attire pas l’attention, mais qui percute lorsque l’on comprend son sens.

Vue d’ailleurs

Je me suis rendue à cette exposition avec 4 amies. 3 Iraniennes et une Française. La majorité d’entre elles ne connaissaient pas la condition des femmes autochtones au Canada, alors forcement, elles n’ont pas compris les œuvres au premier abord.

Après une mise en contexte sur les maltraitances, les disparitions et l’absence d’enquête sur ces femmes, leur regard a changé.

Mais un questionnement est apparu: elles viennent d’Iran et le Canada les a accueillies. Alors comment se fait-il que ce pays, si pacifique vu de l’étranger, traite les femmes autochtones de cette façon?

Après avoir remarqué l’absence de visage dans la majorité des œuvres, l’une de mes amies est arrivée à une dure conclusion: les femmes autochtones ne sont personne.

Une exposition gratuite à voir dans le cadre du Printemps autochtone d’art deux à la Maison de la culture Frontenac. Du 29 avril au 6 juin 2015.

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Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant resto bonne bouffe où manger est montréalUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

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Mentor pour jeunes autochtones; Samian

L’émission : Le Rythme

Samian mentor de nouveaux talents

Un rythme, des voix et beaucoup de volonté. Le rappeur Samian et ses 7 protégés chantent pour faire vivre leur art dans l’émission de télévision Le rythme des nations. Les communautés autochtones ont maintenant leur show pour propulser leurs talents.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCulture.

Samian mentor artistes autochtones Le rythme des Nations

«On veut montrer les talents des communautés», explique Samian.

Si le reste du Québec a La voix, les communautés autochtones ont désormais leur émission de découverte de talents. «Mais ce n’est pas une téléréalité, précise Samian, je n’aime pas ce terme.» C’est une émission. Pendant 13 épisodes, les téléspectateurs d’APTN (Aboriginal Peoples Television Network) pourront suivre le rappeur Algonquin être animateur et mentor pour 7 jeunes artistes.

Concept

Effectivement, Le rythme est loin des émissions de téléréalité. «Avec nous, il n’y a pas d’élimination. Ils sont tous gagnants», ponctue le mentor. Les artistes ont vécu pendant 2 mois dans une maison pour perfectionner leur art et produire une chanson qui figure dans l’album final. Mais loin d’être reclus, les jeunes sont retournés chez eux les fins de semaine, pour se ressourcer et recommencer la semaine d’attaque.

Pendant les 2 mois de formation, ces jeunes ont perfectionné leur écriture et leur composition, mais ils ont aussi appris à prendre conscience de leur talent et à s’accepter. Pour cela, rien de moins que des cours d’estime de soi.

Quand on interroge Samian sur l’incongruité de ce cours, il explique: «Les jeunes des communautés sont très introvertis et timides. C’est dans toutes les communautés autochtones qu’il y a des difficultés à s’exprimer. Mais les jeunes se sont vraiment investis et cela a permis de débloquer des émotions, et de créer à partir d’elles. C’était un outil comme les autres.»

Lancement

Si l’enregistrement de l’émission a été réalisé en automne 2013, ce n’est qu’un an plus tard que la diffusion a lieu. Seul le premier épisode a été diffusé en avant-première. «Et il y a eu d’excellents commentaires, précise le rappeur, c’est d’ailleurs pour ça qu’une deuxième saison est prévue.» Et lui sera toujours présent.

Pour les 7 jeunes artistes, les fruits de l’aventure restent encore à déterminer. «C’était une expérience à essayer, explique Samian, maintenant il faut attendre la diffusion pour voir.» Mais d’ores et déjà, nous savons qu’une participante a quitté l’émission en cours de route et qu’une autre réalise ne pas vouloir entrer dans le monde de la musique. Elle préfèrerait garder son talent pour le plaisir.

C’était le rôle du mentor de répondre à leurs questions et inquiétudes. «J’ai eu le beau rôle, rit Samian, ce n’est pas moi qui avais la pression. J’ai aimé être là et les voir s’épanouir. C’est comme polir un diamant.» Lui avait à cœur de montrer que c’est possible de réussir, même si parfois en tant qu’autochtones, ils se sentent éloignés.

APTN a eu une belle idée pour encourager les jeunes talents des communautés. Kessy, Mélonie, Alex, Anne-Marie, Shaushiss, Marie-Soleil et Kerry ont eu l’opportunité de perfectionner leurs habiletés. Maintenant, leur avenir est entre leurs mains. Si tous ne savent pas s’ils souhaitent évoluer dans le monde de la musique, une chose est sûre, tous sont passionnés par leur art.

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Trois mots pouvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversit

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Suicide et Premières Nations

Suicide chez les autochtones

Entrevue avec Alain Mindjouk, président de l’association Action prévention santé – villages, à Iracoubo en Guyane. Une association qui vient en aide aux Amérindiens. Lui-même issu de culture autochtone, il partage ses connaissances et son expérience sur l’enjeu du suicide auprès des Premières nations.

Delphine Caubet    Dossier SuicideAutochtones

Delphine Caubet: Comment peut-on expliquer le suicide des Amérindiens de Guyane?

Alain Mindjouk: Les explications rejoignent celles du Québec. C’est relié à leur identité. Auparavant, les Amérindiens vivaient en harmonie avec l’environnement, et ils n’étaient pas habitués à ce qu’on leur impose des règles. Mais l’évolution moderne et la technologie ont fait changer les choses. L’État français est venu avec un système, un mode de fonctionnement, mais nous n’étions pas prêts. Ils ont changé notre mode de vie. C’est l’origine du mal-être des autochtones.

Certains choisissent de quitter cette identité, mais on reste amérindien au fond. Les jeunes ont voulu entrer dans cette évolution, mais ils se sont mal adaptés. Par le passé, il y avait également des suicides, mais moins nombreux, et nous disions que c’était dû à des esprits maléfiques. «L’épidémie» de suicide est là depuis environ 10 ans, dans les villages isolés de la France.

Quand je suis venu au Québec, j’ai pu comparer la situation des Premières nations avec nous. On se ressemble, on a les mêmes problèmes. Mais au Québec, il y a plus d’organisation et de structures. Pour arriver à ce résultat, nous faisons appel aux institutions françaises. Et le Québec peut nous aider avec son expérience.

DC: Comment intervenez-vous auprès des autochtones pour lutter contre le suicide?

A.M: Certains ne connaissent pas Cayenne [Ndlr: principale ville du département]. Nous, nous voulons les encadrer, car ils se sentent perdus une fois sur le littoral. Ils sont influencés par le mode de vie et la technologie, c’est là où le mal-être commence. Ils ont beaucoup d’obstacles à surmonter avec les études et leur intégration sociale. Car il y a beaucoup d’ethnies différentes dans le département.

Certains retournent au village, car ils n’ont pas réussi à s’adapter. Mais au village, il n’y a pas de travail et ils commencent à penser au suicide. On essaye alors de les encadrer au maximum. On essaye de leur expliquer les risques des addictions, et de leur remonter le moral. Mais c’est difficile. Moi je suis bénévole et ce devrait être la responsabilité des institutions.

L’association ADER (Action pour le développement, l’éducation et la recherche) a 2 médiateurs qui interviennent sur le terrain. Ils sont implantés localement. Mais le problème est que les coordonnateurs ne restent pas…. 2 ans en moyenne. En plus de ce roulement [qui rend difficile d’établir un lien de confiance], les Amérindiens ne sont pas habitués à parler à un psychologue.

Même si nous sommes sur le terrain depuis des années, c’est très compliqué…

DC: Quels sont les points forts et les points faibles dans la situation des Premières nations au Québec?

A.M: L’un des points forts est que le gouvernement reconnaît les Premières Nations. En Guyane, ce sont des Français, ils ont les mêmes droits que les autres. La France refuse leur identité spécifique. C’est cela qui est difficile. Alors qu’au Québec, dans la réserve, c’est eux qui gèrent. Nous, nous devons demander l’autorisation pour construire des maisons.

Votre niveau de structures est beaucoup plus développé au Québec. Comme avec les Centres d’amitié autochtone par exemple. Je veux en mettre en place ici. Ils porteraient le nom de Centre d’hébergement pour les Amérindiens de Guyane. J’ai dû faire beaucoup de démarches et de demandes, mais j’ai mis de l’avant les besoins en santé de notre population et notre différence culturelle.

Même si la France ne veut pas reconnaître notre identité, nous avons conscience de nos coutumes et nos langues. Beaucoup d’Amérindiens ne parlent pas français. Et il y a urgence, car lorsqu’un Amérindien arrive à l’hôpital en ville, il est perdu. C’est avant qu’il faut agir et les aider.

Je me suis battu pour ce projet. J’ai montré au préfet [représentant de l’exécutif] la nécessité d’avoir de telles structures spécifiques aux Amérindiens. Je lui ai fait voir la réalité avec toutes les difficultés que nous rencontrons, et avec tous les problèmes comme l’alcool… Le préfet est d’accord, c’est bien parti pour qu’un tel centre voie le jour.

En point négatif au Québec, malheureusement vous avez les mêmes problèmes que nous. L’échec scolaire, l’alcool ou encore la discrimination en ville. Encore que chez nous, cette discrimination est moins accentuée, car il y a beaucoup d’ethnies en Guyane.

Santé et peuples autochtones

À l’automne 2013, Alain Mindjouk est venu au Québec avec plusieurs de ses concitoyens pour une rencontre franco-québécoise sur l’enjeu de la santé des peuples autochtones.

Comme le souligne Hélène Lamaison, responsable à Guyane Promo Santé, la Guyane est le seul département français d’outre-mer avec une population autochtone. Au total, il y aurait environ 12 000 Amérindiens français. Et cette petite population n’incite pas les chercheurs de métropole à étudier leurs enjeux.

Alors, les associations guyanaises regardent le Québec, lisent les recherches et s’inspirent de leurs expériences. Mais elles ne reproduisent pas tout, précise Hélène Lamaison. Elles cherchent un échange et des connaissances. Et dans les 2 contextes, il y a un rapport dominant/dominé.

Lors de la rencontre au Québec à l’automne 2013, Alain Mindjouk est reparti stimulé de cet échange. Hélène Lamaison raconte comment il était épaté de voir des autochtones être avocats ou policiers. «Il faut que nos frères le sachent», telle était sa conclusion.

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France, Guyane et autochtones

La France outre-mer

Guyane, des Français oubliés

Delphine Caubet  Dossier Autochtones

Au Québec, la problématique des Premières nations est un fait établi. Les problèmes sont nombreux, et les solutions peu fréquentes. La France, trop souvent oubliée, a elle aussi des enfants de la République amérindiens.

Robin, ancien instituteur en Guyane française: «C’est pour ces gamins qu’on se décarcasse, pour qu’ils deviennent des Hommes libres (…). [Les parents] ont perdu leur liberté et à travers ça, une partie de leur dignité.»

Février 2010. Robin arrive en Guyane. Ce n’est pas son premier voyage dans le département français, mais cette fois-ci, il a répondu à une offre d’emploi. L’ingénieur écologue de formation s’apprête à devenir professeur des écoles auprès des Amérindiens de Guyane.

Premiers constats

guyane française amérique du sud france outre-merAccompagné d’un membre de l’Éducation nationale, Robin descend le département en pirogue jusqu’à Camopi, un village dans le Parc amazonien de Guyane. Il enseigne d’abord au primaire à une classe de 3ème année, puis 6 mois plus tard, au collège du village. Première incohérence, il n’y a pas de directeur, l’établissement est dirigé par le CPE (Conseiller principal d’éducation). Sur 128 élèves, 127 sont amérindiens.

À son arrivée au village, les premiers constats sont difficiles. «J’arrive dans un libre service, et là je vois un groupe d’Amérindiens complètement ivres. Dans l’état le plus glauque que tu puisses imaginer. Et là, une gamine qui passait a relevé un bébé. Il était couché dans les tessons de verre. La mère, peut-être dans ce groupe, était tellement ivre qu’elle ne faisait plus attention à son enfant.»

Malgré cette première expérience difficile à Camopi, Robin aima sincèrement enseigner dans ce collège composé de jeunes Wayãpis et Tekos. Il y restera 3 ans et demi.

Suicide

«La Guyane, c’est le département de tous les mauvais records», annonce Robin. Les aides sociales, le chômage, le suicide ou la violence sont des problèmes majeurs qui touchent particulièrement les Amérindiens. Pour lutter contre ces phénomènes, la France semble désemparée. Car, elle «est mal à l’aise avec l’institutionnalisation des ethnies. Elle préfère parler de territoires», précise Hélène Lamaison, responsable à Guyane Promo Santé. «Elle a peur qu’on l’accuse de racisme». Alors, le pays essaie d’intervenir à travers des politiques globales sur tout le département.

Pour l’enjeu du suicide, l’État finance à 50% la seule association qui intervient sur le terrain. Les hôpitaux peuvent également répondre aux besoins. Mais pour le personnel non formé sur le terrain, c’est difficile. «On peut perdre 2 gamins dans l’année et personne ne vient nous voir!», s’insurge Robin. Lui a perdu 2 élèves en moins de 4 ans.

Petit à petit des choses se mettent en place. Robin et ses collègues de Camopi ont reçu une formation de 2 jours pour dépister les jeunes à tendance suicidaire, et depuis 2012, une équipe vient régulièrement les voir. Le constat est sévère: 60% des élèves sont au seuil maximal de préoccupation. Alors, leurs enseignants les surveillent. Dès lors que l’un d’eux montre une altération du comportement, il est pris en charge. «Mais c’est difficile de pouvoir tous les aider. On ne peut pas être sur tous les fronts», conclut Robin.

Violence

La violence fait partie intégrante du quotidien de ces populations. Une violence interfamiliale, mais également extérieure avec l’orpaillage (exploitation artisanale de l’or). La Guyane est riche en minerais, et Camopi est à la frontière brésilienne. À quelques minutes en pirogue. Le passage est idéal pour les trafiquants. Du côté brésilien se trouve Vila Brasil, «la sœur jumelle» de Camopi, comme aime à l’appeler Robin. Ce village inexistant sur les cartes est bien présent physiquement. Si Vila Brasil et Camopi vivent en harmonie (les 2 villes dépendraient économiquement l’une de l’autre), ce passage est un carrefour pour les orpailleurs, avec toute la violence que cela apporte.

Comme lorsque Robin se retrouve au milieu d’une fusillade en rentrant chez lui. Après une arrestation qui a mal tourné, l’état d’urgence a été déclaré et les armées brésilienne et française ont chacune envahi leur côté de la frontière. Mais la violence peut-être insidieuse, avec la présence d’armes, de militaires ou de cadavres dans les rivières, et symbolique par le saccage des forêts et la pollution des fleuves. «Il y a un sentiment d’impuissance», conclut Hélène Lamaison.

Joie des jeunes

Si ces premiers constats à Camopi ébranlèrent Robin, ses jeunes élèves se sont vite chargés de lui faire oublier. «Pour eux, c’était un bonheur d’avoir un nouvel instituteur. Ils n’arrêtaient pas de poser des questions. « Qui es-tu? « , « d’où tu viens? »» se souvient Robin.

«L’école est un lieu sécuritaire pour eux.» Robin raconte comment certaines après-midi où ils n’avaient pas classe, les jeunes restaient à l’école. «Je leur donnais de petits exercices pour les amuser. Et ils adoraient ça! À 6h le soir, je devais les mettre dehors. Tu as vu ça dans beaucoup d’autres endroits?»

En Guyane, les écoles primaires sont présentes sur tout le territoire. Mais à partir de 10 ans, c’est souvent le déracinement, précise Hélène Lamaison. Pour aller au collège, les jeunes doivent parfois faire plusieurs heures de pirogues ou se rendre en famille d’accueil. Le téléphone n’est pas intégralement développé dans le département, et les jeunes peuvent passer plusieurs mois sans contact avec leurs proches. Une étape qui peut être difficile à vivre.

Réapproprier la culture

Pour ses cours, Robin s’est battu pour l’obtention de microscopes. En tant que professeur d’EIST (Enseignement intégré des sciences et technologie, matière visant à décloisonner les sciences), il voulait donner «de la nourriture intellectuelle» à ses élèves. Une autre façon de lutter contre la morosité ambiante. Avec les microscopes, «ça été la folie!» rit Robin. «Ils n’arrêtaient pas! Pendant 6 mois ils m’en ont reparlé.» «Ils ont aimé, car ça se rapprochait de leur monde et de leur culture. La nature, le mystère,…»

Sur sa lancée, Robin a voulu que les jeunes s’approprient la science. «Je voulais qu’ils mettent les mains dans la terre.» Alors, le projet Plantons le décor a été lancé au collège de Camopi. Avec un objectif: utiliser les sciences pour planter et cultiver. «Et ça a été un succès! Le Parc amazonien de Guyane nous a soutenus la 2ème année. Et des élèves ont été invités dans un lycée agricole du littoral pour suivre des cours.»

Rapport à la nature

La nature est un élément essentiel des cultures amérindiennes. À Camopi, pour les Wayãpis et les Tekos, la vie s’organise autour du fleuve. «Le fleuve c’est tout. Ils y font la lessive, la vaisselle et ils y socialisent», raconte le jeune instituteur. «Et les gamins sont très bien renseignés sur la nature. Tout le monde part sur le fleuve, la famille, les parents. C’est un enrichissement. Mais ça se fait de moins de moins malheureusement.» Les parents ont souvent des problèmes, les ressources naturelles se raréfient, ajouté au coût élevé pour se rendre sur le fleuve. Cause ou conséquence, c’est un décrochage culturel de toute une population.

Comme dans d’autres situations, Robin a constaté une dualité dans le rapport des autochtones avec la nature. Aujourd’hui, la chasse et la pêche ne leur sont plus indispensables pour vivre, et certains se posent en fervents défenseurs de l’environnement. Robin a vu certains villageois en insulter d’autres, car ils chassaient trop. Au contraire, d’autres habitants seraient pour qu’ils exploitent le territoire, et non le laisser aux pilleurs et entreprises étrangères. «Mais le même type peut tenir un discours différent selon les jours», précise Robin.

Choc culturel

La situation des Amérindiens de Guyane est alarmante. Le manque d’emploi laisse une grande partie de la population inactive et l’alcoolisme chez les adultes est un problème de société. Le premier pouvant entraîner le second.

Durant ses 4 ans en territoire amérindien, Robin a vécu 5 suicides. Tous des hommes, la majorité âgée de moins de 15 ans. Pour comprendre ce phénomène, il faut voir l’impasse dans laquelle se trouvent ces populations. Leurs revenus basiques sont assurés par les aides sociales françaises, mais sans réelle perspective d’emploi. Quant aux jeunes, ils voient une réalité à la télévision à laquelle ils n’ont pas accès, face à leurs traditions qui semblent s’amenuiser inexorablement.

Sur le terrain, les intervenants dénoncent le manque de professionnels de la santé, d’éducation et de spécialistes. «Il en manque déjà sur le littoral, alors ailleurs…», ajoute Hélène Lamaison.

Bilan

Robin est resté 7 ans en Guyane, dont 4 en territoire amérindien. «Mais à la fin, j’en pouvais plus.» Le stress, les responsabilités, l’environnement, conjugués à d’autres facteurs ont conduit le jeune instituteur dans un état d’épuisement extrême physique et mental. «Mais je veux aider ces jeunes et pas les enfoncer et les traiter de suicidaires ou de sous-hommes comme tout le monde.»

Malgré la distance et le temps, l’engagement du jeune instituteur qui partait chercher des livres en pirogue pour ses élèves est intact. «Quand on discute avec les Amérindiens, ils paraissent heureux, mais au fond, ils cachent leur souffrance. La plupart des repères ont sauté (…). Les enfants n’ont plus vraiment d’autorité morale qui leur inculque des valeurs traditionnelles. On a l’impression que l’école est le dernier rempart avant que tout s’effrite. C’est pour ces gamins qu’on se décarcasse, pour qu’ils deviennent des Hommes libres, à la différence de leurs parents qu’on a soumis, abandonnés à un système dont ils sont devenus dépendants. Ils ont perdu leur liberté et à travers ça, une partie de leur dignité.»

La Guyane

La Guyane est la plus grande région française, pour moins de 206 000 habitants (ce qui fait d’elle la moins peuplée), dont les 9 dixièmes vivent sur la bande côtière. Sa population est extrêmement jeune, avec 44% de Guyanais de moins de 20 ans, contre 6% de plus de 65 ans. Son territoire, riche en espace forestier, rend difficile son déplacement. La voie fluviale est le seul moyen de transport à l’intérieur dans la forêt amazonienne.

Peu de statistiques précises ont été trouvées concernant les Amérindiens de Guyane. L’État français préférant parler en terme de territoire et non d’ethnie. Et ce département a un fort métissage avec 6 communautés amérindiennes, des créoles guyanais (métis), des Haïtiens, des Métropolitains, des Chinois…

Sur l’ensemble de la Guyane:

* 20% de la population était au chômage en 2009;
* 20% des Guyanais sont illettrés (soit 3 fois plus qu’en métropole). Un phénomène qui touche particulièrement les femmes et les personnes âgées;
* Seuls 44% des 25 ans et plus ont un diplôme du secondaire;
* Le taux de chômage des sans diplôme est 5 fois plus élevé que ceux ayant terminé le secondaire.

Tout laisse à penser que ces statistiques sont plus élevées auprès des communautés amérindiennes.

Le suicide auprès des Amérindiens du sud du fleuve touche autant les hommes que les femmes. Il est de 1 pour 200 habitants, contre 1 pour 5 000 en France métropolitaine. D’après le journal France Guyane, si ces chiffres étaient remis à l’échelle française, ce serait l’équivalent de 300 000 suicides. Soit davantage que la population guyanaise.

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Petit Champlain de Québec présente Élisapie Isaac

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Un bout du Nunavik à Québec

Raymond Viger Dossier CultureTélévisionAutochtone

Danielle et moi arrivons d’un petit voyage de 36 heures à Québec. L’objectif: assister à la prestation de la chanteuse Inuit Élisapie Isaac. Une seule soirée au théâtre du Petit Champlain dans un quartier touristique du Vieux-Québec.

Restauration du Vieux-Québec

Quartier-Petit-Champlain vieux québec art cultureUn voyage des plus plaisant. Découvertes de plusieurs restaurants intéressants et originaux dont Le Lapin Sauté juste à côté du Petit théâtre Champlain ou le Pub St-Alexandre sur la rue St-Jean, à quelques pas de la Porte St-Jean.

De longues marches dans le Vieux-Québec, en partant du Théâtre du Capitole, la rue St-Jean, Le Château Frontenac, le Funiculaire, le quartier du Petit Champlain…  Une belle balade mais avec une température un peu froide malgré que nous soyons presqu’à la fin d’avril.

Pour le stationnement, j’ai découvert le stationnement sous l’Hôtel de Ville de Québec qui offre 1500 places de stationnement. J’ai pu abandonner l’automobile sans me soucier du stationnement.

Finalement, en ce qui concerne le but ultime de notre présence à Québec, le spectacle d’Élisapie Isaac. Une voix originale et spéciale, une présence sur scène très chaleureuse, deux musiciens multi instrumentalistes très performants… La musique n’était pas trop forte par rapport au chant d’Élisapie. Les deux ont joué la percussion en même temps que la guitare. En plus de chanter, ils ont été capable d’alterner guitares électrique, sèche et contrebasse en plus de rajouter le piano à leur prestation!

Une finale acoustique

Elisapie_Isaac salluit inuit nunavikLa finale sans micro pour Élisapie et deux guitares acoustiques sans amplification a bien montré la proximité des artistes et de leur public dans une salle intime du théâtre du Petit Champlain. Le charme d’une salle de 230 places.

Malgré que Danielle n’ait rien compris aux chansons interprétées en anglais et en Inuktitut l’animation en français a permis de faire tomber Danielle sous le charme d’Élisapie.

Salluit et le Nunavik

Pour ma part, j’étais déjà charmé par Élisapie lorsqu’en 1995, je l’ai entendu présenter un Throat Song lors de l’une de mes présences à Salluit. Élisapie avait été l’une de mes étudiantes sur l’intervention de crise auprès de personnes suicidaires.

Pour sa prestation au Théâtre du Petit Champlain, Élisapie n’a pu faire un Throat Song, ce type de chant exige d’avoir deux chanteurs qui performent ensemble.

Prochaines dates des prestations d’Élisapie Isaac (mises à jour sur sa page Facebook):

2 mai 201, Magasin général Le Brun, Maskinongé 819-227-2650
9 mai Centre Culturel Henri-Lemieux – Théâtre du Grand Sault. Lasalle
6 juillet, Place des Arts, théâtre Maisonneuve
19 juillet, Victoria Park, London, Ontario.

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