Tournée: Elisapie Isaac

De Salluit à travers le monde

La portée de la chanson

Raymond Viger       Dossier CultureTélévisionAutochtone

inuit grand nord saluaitPour ceux qui ne le savent pas, Salluit est une des 14 communautés Inuit du Québec. Dans mon temps, on parlait du Grand Nord Québécois. Aujourd’hui, on parle du Nunavik.

14 communautés Inuit que j’ai visité de 1995 à 2000. Des milliers d’Inuit que j’ai rencontrés et qui ont laissé une marque indélébile dans mon coeur. J’ai voyagé le Grand Nord comme intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. D’une part, pour l’Université McGill pour enseigner comme intervenir et former des Inuits à former des formateurs. D’autre part, pour les Centre de Santé de Puvingnituk et de Kujjuaq pour intervenir dans les communautés avec les étudiants que je formais.

Cinq années où j’ai rencontré des gens formidables. Cinq années à découvrir un territoire si différent mais qui m’a charmé.

Élisapie Isaac en tournée

Elisapie isaac inuit salluit grand nordPar le hasard de ma présence sur les réseaux sociaux, je vois qu’Élisapie Isaac fait une prestation à Québec. Un spectacle de chant, une tournée musicale après avoir publié deux CD de musique et un documentaire avec l’ONF.

Élisapie a été une de mes étudiantes lors de mes formations dans le Grand Nord. Je n’ai pu résister à inviter ma conjointe Danielle à descendre à Québec pour être présent à ce spectacle d’Élisapie. Quelques minutes plus tard et nos billets étaient déjà achetés.

Cela sera une belle occasion pour Danielle et moi de prendre quelques instants de congé. Je n’ai aucune idée du type de chanson qu’Élisapie nous réserve pour sa prestation à la salle du petit Champlain à Québec. Je l’ai entendu chanter des songs throats et cela m’avait charmé. Je suis prêt à entendre n’importe les styles de musique qu’elle nous aura préparé pour son spectacle.

Élisapie a remporté plusieurs prix. Entre autre, elle a gagné le Gala ADISQ 2013.

J’ai bien hâte de l’entendre à Québec. Je vous reviendrais sur mes opinions sur son spectacle. Entre-temps, je continue à rêver de ces cinq années que j’ai passé dans le Grand Nord.

P.S. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il est très difficile de trouver les dates de spectacle à venir d’Élisapie Isaac. Après une recherche de moine, j’ai fini par trouver ces dates et ces lieux qui proviennent  de la page Facebook d’Élisapie. Les autres plateformes ne présentent que les spectacles passées.

19 avril, Le petit Champlain, Québec.

2 mai 201, LE MAGASIN GÉNÉRAL LE BRUN, MASKINONGÉ 819-227-2650

9 mai Centre Culturel Henri-Lemieux – Théâtre du Grand Sault. Lasalle

6 juillet, Place des Arts, théâtre Maisonneuve

19 juillet, Victoria Park, London, Ontario.

Si vous trouvez d’autres dates, laissez-moi un commentaire avec les informations.

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Autres textes sur Autochtone et Inuits

Boutique des jeunes artistes

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Prison: la famille autochtone de Mistassini

Loin de chez soi

Colin McGregor, prison de Cowansville. Dossiers PrisonAutochtones

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-cowansvilleNous nous tenons à l’entrée des blocs cellulaires, mon jeune ami et moi. La récréation vient juste de commencer ; les gens nous bousculent en passant.

B* a 22 ans, il est grand, calme et il apprend à lire. Mais aujourd’hui, nous ne lisons pas. Son attention est centrée sur une pile de photos qu’il tient à la main. Il me les montre, une à la fois.

«Le voici», me dit-il. «Mon fils.» Penché de façon précaire sur une table, un enfant de deux ans danse, pendant que ses yeux brun clair regardent directement l’appareil photo. Devant le garçon à la tête ronde, on voit un très grand gâteau. On peut lire, écrit en glaçage: «(le nom du garçon) marche». Sur le gâteau, on a posé un tipi et une épinette, les deux faits de sucre.

B* arbore le large sourire que partagent tous les pères. «C’est mon fils», dit-il.

enfant-prison indiens mistassini autochtones pénitencierIl m’explique que seuls les Cris de Mistassini procèdent à cette cérémonie avec leurs fils, aussitôt qu’ils peuvent marcher. Le voisinage se rassemble pour fêter l’occasion. On élève une tente dans laquelle toute la famille prend place. On sort le garçon de la tente pour le faire marcher sur un lit d’aiguilles de pin. C’est là toute la cérémonie. Après vient le gâteau. Dans la photo que je regarde, un garçon souffrant d’embonpoint, deux fois plus gros que le fils de B*, se tient à côté du gâteau qu’il dévore des yeux. En arrière, on voit de grands bungalows en bois et une allée boueuse.

Il y a toujours quelques jeunes Cris de Mistassini, ici; ils sont fiers, polis et réservés. Leur ville est perchée sur le bord du plus grand lac du Québec, et entourée par des épinettes noires et chevelues (leurs branches sont couvertes par une sorte de lichen). Notre prison en Montérégie est bien éloignée de cette communauté: onze heures de route. B* ne verra pas son fils avant de sortir de prison.

Comme la plupart des Cris de Mistassini qui se trouvent ici, B* purge une peine pour une des choses idiotes que font les jeunes hommes ivres un samedi soir, dans une ville pleine de fusils. Lorsque B* quittera le système carcéral pour retourner chez lui, il n’aura pas besoin de quêter. Là où le ciel nordique sans fin touche les rives du grand lac, les rues sont pavées d’or: à cause de l’uranium, des diamants, de la pêche et de l’argent de l’entente de la Baie-James. Des maisons de briques comme on pourrait en voir à Outremont. Une communauté où règnent la solidarité et le pardon.

Une grande affiche sur le mur de la salle de rédaction du Washington Post affirme ceci: «L’argent est la réponse à toutes vos questions». Mais parfois, ce n’est pas vrai. Les écoles françaises et anglaises de Mistassini sont incroyablement bien équipées; et pourtant, au cours des 4 dernières années, seulement 2 étudiants ont réussi leurs études. Et c’était des femmes au commencement de la vingtaine. Dès le début du secondaire, les enfants respirent de la colle et de l’essence dans les bois derrière l’école. Les enseignants appellent les parents. Les parents se souviennent des brutalités des pensionnats autochtones de leur enfance. Et rien n’est fait. Ceux qui veulent étudier ne peuvent se réfugier nulle part: la plus proche bibliothèque publique se trouve à Chibougamau, à 89 kilomètres de là. Une fois rendus en prison, loin des tentations, les jeunes hommes de Mistassini commencent à se concentrer. Ils apprennent les mathématiques, ils apprennent à lire et à écrire, en anglais, en français et parfois même dans leur langue natale, le cri.

De leur côté, les Inuits des prisons du Sud viennent de 14 villages disséminés le long de la côte, comme les perles sur un collier de plusieurs centaines de kilomètres. Chaque village parle son propre dialecte inuktitut. Pendant les longs voyages de chasse qui peuvent durer des semaines, les Inuits apprennent les langues des villages voisins. L’anglais représente probablement leur quatrième ou cinquième langue; et les verbes français avoir et être leur sont étrangers. Qu’on le veuille ou non, le Grand Nord est un monde anglophone.

Des enseignants et des conseillers de la prison, des tuteurs volontaires de l’extérieur et même des «bagnards» négligés participent à l’éducation des Autochtones. Il y a des programmes fédéraux et des lieux spécifiques réservés aux Autochtones en prison. À l’intérieur des limites municipales de Cowansville se trouve la ferme de Paul Martin, qui fut jadis le premier ministre canadien. Il dirige une fondation qui se consacre à l’éducation autochtone et subventionne le Conseil de l’alphabétisation de Yamaska, le groupe de volontaires qui soutiennent les prisonniers autochtones dans leur apprentissage. Par le biais de ce Conseil, la Fondation de M. Martin paye pour beaucoup de nos livres d’alphabétisation.

Dans son autobiographie, M. Martin décrit la vallée idyllique dans laquelle il vit, avec les moutons qui paissent dans les prés verts. À l’intérieur de nos blocs cellulaires de béton gris, tout près de là, on ne peut qu’imaginer cette vallée. De temps en temps, un tuteur de la région, venu de Bromont, s’assoit dans la chapelle de la prison avec B*.

Ensemble, ils se penchent sur des histoires illustrées de raquettes et de mocassins dans un livre payé par l’ancien premier ministre. La vie peut être étrange.

Dans le corridor du bloc cellulaire, B* me montre une autre photo de son fils. Le garçon émerge d’une tente remplie de parents. Il est soutenu par le frère de la mère.

«Si j’étais là», me dit B* en souriant tristement, «c’est moi qui l’aiderais à marcher. Le garçon me ressemble, hein?»

Le garçon regarde encore une fois directement vers l’appareil photo, et avec beaucoup de force pour un enfant de deux ans. Je regarde ses yeux. Je vois B*.

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Autres textes sur Autochtone

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Une présence autochtone au Sommet des Jeunes

La présence autochtone

Publié le 24 octobre 2013 par Raymond Viger | Modifier

Sommet des jeunes

Les femmes autochtones

Parmi les nombreux ateliers offerts durant la semaine du Sommet des jeunes à Montréal en août 2013, il s’en trouvait un qui abordait la question de la place des jeunes Autochtones dans la société actuelle. Cet atelier était animé par Widia Larivière, une jeune femme que l’on a pu voir dans les médias à propos du mouvement « Idle No More » dont elle a cofondé l’aile québécoise.

Normand Charest     Dossier Valeurs de Société, Autochtones

réflexions sociales débats de société social communauté

Widia Larivière est Algonquine par sa mère, tandis que son père est Canadien français. Cette double identité l’aide « à faire le pont entre les deux cultures », nous dit-elle. Elle est également coordonnatrice jeunesse pour l’association Femmes autochtones du Québec (FAQ-QNW), dont les bureaux sont situés à Kahnawake. Elle soulignera d’ailleurs l’importance des femmes dans la société autochtone et dans la transmission de la langue, des traditions, des savoirs et des valeurs.

La défense des droits des Autochtones

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphop1Ce sont les femmes qui manifestent pour la défense des droits des Autochtones. Dans les années 1970, par exemple, la campagne menée par Mary Two-Axe Earley, une femme mohawk de Kahnawake (près de Montréal), permettra aux femmes autochtones mariées à des non autochtones de retrouver leur statut d’Indienne, sans lequel elles ne peuvent vivre dans les réserves et jouir des droits réservés à ce statut.

Ce sont aussi quatre femmes qui fondèrent le mouvement Idle No More au Canada, et deux femmes encore pour l’aile québécoise (Widia Larivière, 28 ans, qui a grandi à Québec, et Mélissa Mullen-Dupuis, 34 ans, une Innue originaire de Mingan, vivant maintenant à Montréal). Le nom du mouvement « Idle No More » appelle à l’action, mais son beau slogan « Wake Your Spirit » (éveillez votre esprit) élève l’exhortation à un noble niveau.

Les femmes Autochtones et le système de bandes

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphopLes femmes « ne se reconnaissent pas dans le système de bandes » établi par le gouvernement fédéral au 19e siècle, un système basé sur la suprématie d’un chef, ce qui s’oppose aux traditions autochtones où la place de la femme était mieux respectée. Le conseil des Mères de clans a, par exemple, un grand rôle à jouer dans la vie communautaire de la société mohawk.

Il faut souligner, de plus, l’engagement de la jeunesse, qui a suivi l’initiative des femmes. On nous rappelle que « la jeunesse représente près de la moitié de la population autochtone au Québec et au Canada ». Si l’âge moyen de la population canadienne est de 37,7 ans, celle de la population autochtone n’est, par contre, que de 24,7 ans.

Les nombreuses questions posées et la durée limitée de l’atelier n’ont malheureusement pas permis d’aller plus en profondeur sur les problèmes des jeunes Autochtones vivant soit dans leurs communautés, soit en milieu urbain.

Mais c’était bien de voir le sérieux des participants, qui posaient des questions et prenaient des notes, des participants dont beaucoup étaient Français d’origine maghrébine ou africaine, des jeunes qui pouvaient se retrouver dans la marginalisation vécue par les Autochtones.

« Ne vous souciez pas seulement de vous-mêmes, ô chefs, ni même de votre propre génération. Pensez aux générations futures de nos familles. Pensez à nos petits-enfants, et pensez à ceux qui n’ont pas encore vu le jour et qui nous regardent de par delà l’éternité. » (Dekanawida, artisan de la paix et fondateur de la Confédération des Iroquois, vers le 12e siècle.)

Les toiles sont une gracieuseté de Fanny Aïshaa. Merci de visiter sa boutique.

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Autochtones; itinérance, gambling, alcool et drogue

Autochtones; itinérance, gambling, alcool et drogue

Ariane Aubin    Dossiers autochtone, Gambling, alcool.

itinerance-autochtone-indien-val-d-or-abitibi-autochtones-urbanisation-indien Encouragés par l’anonymat urbain, souvent sans réseau social en ville, les Autochtones qui quittent leur réserve risquent fort de développer une dépendance à l’alcool, au jeu ou à la drogue, lit-on dans un mémoire sur l’itinérance à Val-d’Or publié récemment par le CAAVD.

Val d’Or et Loto-Québec

Depuis 2005, Loto-Québec a en effet identifié Val-d’Or comme étant une «zone fragilisée», dont la population est particulièrement vulnérable aux dettes de jeu. Le rapport entre le nombre d’appareils de loterie vidéo et la population y est trois fois supérieur à la moyenne provinciale. Pas étonnant que les Cris aient surnommé Val-d’Or «Sin City»; la ville regorge de tentations qui n’existent pas dans les communautés et réserves autochtones.

Dettes de jeu, toxicomanie et alcoolisme, conjugués à la pénurie de logement qui sévit depuis le dernier boom minier ont mené plusieurs Valdoriens – surtout des Autochtones – à la rue. Connu des intervenants sociaux et des services de santé depuis quelques années, le phénomène de l’itinérance à Val-d’Or est devenu un sujet d’actualité depuis qu’un entrepreneur a découvert une piquerie à l’entrée de la ville, en novembre 2008.

Itinérance à Val-d’Or

abitibi-itinerance-autochtone-val-d-or-indien De 5 à 20 personnes à Val-d’Or n’ont aucune adresse fixe à l’année longue. Du nombre, 78% sont intoxiquées à l’alcool où à diverses drogues de façon presque permanente. Cela les empêche d’obtenir le soutien des services sociaux ou d’être hébergés à La Piaule, principal organisme communautaire consacré à l’itinérance.

Un projet nommé Le Dortoir, piloté par l’administration de La Piaule, a donc été lancé à l’hiver 2009 afin d’offrir un toit aux itinérants en état d’ébriété. Le projet a toutefois reçu un accueil mitigé des résidents du quartier où l’hébergement d’appoint était installé, explique le directeur de La Piaule, Jean-Guy Chabot. «Les gens du quartier ne se sentaient pas en sécurité avec tous ces visiteurs en état d’ébriété et on peut les comprendre. Alors que la Piaule est au même endroit depuis 25 ans, près de la 3e avenue et les gens sont habitués… La track est déjà faite, comme disent les commerçants du coin!» Des 134 personnes accueillies au Dortoir entre le 15 janvier et le 31 mai 2009, 87 étaient Autochtones.

Trop petits et vétustes, les locaux actuels devront cependant être reconstruits afin d’accueillir la clientèle additionnelle que représentent les sans-abris «en état de consommation». Un projet auquel la Ville a déjà donné son appui, mais qui pourrait prendre plusieurs mois avant d’être réalisé. Et à Val-d’Or, l’hiver est rude…

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Photos Ariane Aubin

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

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Alanis Obomsawin cineaste abenakise Voix autochtones a lecran

Alanis Obomsawin, cinéaste abénakise

Voix autochtones à l’écran

Luc Dupont         DOSSIER REFLET DE SOCIETE , Autochtone

Il existe au Québec une cinéaste abénakise de 76 ans méconnue du grand public. Elle a consacré 35 films et sa vie à la reconnaissance, à l’expression et à l’autonomie des siens. Dans ses oeuvres, Alanis Obomsawin traite de la vie et de l’histoire des Autochtones canadiens pour transmettre une beauté et un espoir qui sont universels.

image J’ai découvert Alanis Obomsawin au printemps 2008, dans le cadre du grand hommage que lui rendait le Musée d’art moderne de New York. L’institution présentait alors, pendant deux semaines, une quinzaine de ses films. Je me suis demandé, comment se fait-il que je ne la connaisse pas? J’ai donc pris rendez-vous avec celle que tout le monde appelle simplement Alanis. Je l’ai rencontrée durant une heure dans les locaux montréalais de l’Office national du film.

En entrant dans son bureau, le visiteur est impressionné par les grands voiles bleus qui recouvrent en partie sa bibliothèque, et qui, avec le fauteuil de style «Vieille France», humanisent son espace. Sa voix, ses yeux, son sourire et ses silences sont aussi intenses que touchants. Ces deux qualités s’appliquent au film tourné en 1988 qui lui est particulièrement cher, Richard Cardinal: le cri d’un enfant métis. «De tous mes films, dit-elle, c’est celui qui m’a le plus marquée.»

Destin tragique

Dans ce documentaire d’une trentaine de minutes, Alanis Obomsawin raconte la très triste histoire de Richard Cardinal, un jeune Métis de 17 ans. Ballotté dès l’âge de quatre ans dans 28 foyers différents, l’adolescent s’est pendu en 1984 dans la cour arrière de sa dernière famille d’accueil. La cinéaste illustre le calvaire de Richard en interviewant son frère Charlie et certains de ses parents nourriciers, mais surtout, en faisant revivre la mémoire du jeune garçon par la citation d’extraits de son journal intime.

«J’avais quatre ans, écrit Richard, lorsque j’ai été obligé de quitter ma famille et mes amis. Une travailleuse sociale nous a dit que c’était parce que nos parents étaient alcooliques. Comme ma soeur Linda et Charlie étaient à l’école, je suis allé dans ma chambre et j’ai pris mon vieil harmonica. Je suis descendu dans la cour de la ferme et je me suis assis sur la  clôture. J’ai commencé à jouer très lentement. J’étais très triste à ce moment-là. Au milieu de ma chanson, mes lèvres se sont mises à trembler. Je savais que j’allais commencer à pleurer et j’étais content que ça sorte enfin. Je n’ai même pas essayé de me retenir.

«En arrivant dans ma famille d’accueil, on m’a montré où j’allais dormir. La chambre était au sous-sol et le plancher était couvert d’un pouce et demi d’eau. Je ne pouvais pas en croire mes yeux. Il fallait marcher sur des planches pour ne pas se mouiller les pieds (…) Le plafond n’était même pas fini, il y avait une ampoule de 40 watts qu’on allumait en tirant sur une corde. Ça ressemblait à quelque chose que l’on voit dans les films d’horreur. J’étais vraiment déprimé et j’ai commencé à penser au suicide.»

La cinéaste se rappelle encore avec beaucoup d’émotions ce qui s’est passé une fois le film terminé. Des larmes font d’ailleurs encore briller ses yeux quand elle en parle. «On a organisé une séance de visionnement, dit-elle, à laquelle assistaient des psychologues et des travailleurs sociaux, mais aussi d’autres adolescents qui, comme Richard, vivaient à ce moment-là dans des centres de détention pour jeunes de l’Alberta. Charlie, le frère de Richard, était avec moi ce jour-là. Après la projection, les jeunes se sont approchés de lui et l’ont touché. Ils étaient comme magnétisés. Ils n’arrêtaient pas de lui dire: ‘‘C’est moi Richard… Richard, c’est moi…’’ Ils se reconnaissaient dans l’histoire de Richard.»

Ce documentaire fut ensuite projeté aux quatre coins du Canada, notamment en Alberta, la province natale de Richard Cardinal. Les pouvoirs publics ont été suffisamment alertés et sensibilisés pour que s’enclenchent des changements dans les lois touchant les jeunes Autochtones et Métis. On allait entre autres s’efforcer désormais de ne pas séparer les enfants d’une même fratrie lors d’un placement dans une famille d’accueil afin de leur éviter un sentiment d’isolement qui peut mener à la dépression.

Refus de s’intégrer

Avec le film en tête, j’ai demandé à la réalisatrice, «mais par où commencer madame Obomsawin? Quel geste poser, quelle attitude adopter, si on souhaite sincèrement aider les Amérindiens à s’intégrer?» La dame a gardé le silence pendant quelques secondes et, quand elle a ouvert la bouche pour répondre, il y avait un soupçon de colère dans sa voix. «Vous parlez d’intégrer mais être intégré, ce n’est pas du tout dans la pensée de nos gens, dit-elle sèchement. On est ce que l’on est, on n’a besoin de s’intégrer à personne. On n’a jamais demandé aux Blancs d’être comme nous autres, alors qu’eux, bien souvent et dans bien des choses, ils nous ont forcés… Alors, je vais vous dire: chez nous, l’intégration, personne ne pense à ça. Nous, on veut être capable de vivre ce que l’on est, de se faire respecter pour ce que l’on est. C’est à cause de cette absence de respect qu’il y a eu tellement de ravages dans nos communautés.»

Alanis Obomsawin sait être ferme quand il s’agit de remettre les pendules à l’heure. Ses films, pourtant, n’ont pas un ton accusatoire et agressif dirigé contre les Blancs et les injustices qu’ils ont commises envers les Amérindiens. La fermeté de son discours n’exclut pas la douceur et la beauté présente dans ses oeuvres. Une critique de cinéma a dit de ses documentaires qu’ils «ont fondamentalement modifié la façon de sensibiliser les non-Autochtones à la cause des Premières nations.»

Une heure passée avec cette grande artiste, c’est bien court. Une chose est sûre: l’hommage que lui a rendu l’an dernier le Musée d’art moderne de New York ne devrait étonner personne. En effet, les films qu’elle a réalisés tout au long de sa vie, même s’ils traduisent les réalités amérindiennes du Québec et du Canada, parlent avant tout de l’âme et de la survie des Autochtones à l’échelle planétaire.

Il est possible de visionner en tout temps à la CinéRobothèque de Montréal vingt-et-une des oeuvres d’Alanis Obomsawin.

Les films peuvent aussi être visionnés sur le site Internet de l’Office national du film du Canada: www.onf.ca

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Les Toltec, autochtones mexicains et leur génocide par les Américains

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CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

show_image CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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A la decouverte des pre Amerindiens

À la découverte des pré-Amérindiens

(Agence Science-Presse) – La requête d’un groupe amérindien de Californie, qui exige que l’Université de San Diego lui remette les restes de trois squelettes vieux de 10 000 ans, a permis d’en apprendre un peu plus sur ces ossements. C’est que pour appuyer l’idée que ces trois individus sont (ou ne sont pas) des ancêtres de la nation Kumeyaay, des scientifiques de plusieurs disciplines ont été mis à contribution.

Résultat: des analyses partielles d’ADN ne révèlent aucun lien entre ces squelettes et les Amérindiens actuels; ces squelettes se nourrissaient manifestement de la pêche, alors que les ancêtres des Kumeyaay occupaient le désert; jadis, les Kumeyaay incinéraient leurs morts, plutôt que de les enterrer; enfin, le langage Kumeyaay est arrivé dans la région il y a seulement 2000 ans. Cela renforce l’idée que des «Paléo-Indiens» —venus de Sibérie— ont d’abord occupé l’Amérique du Nord, avant que les ancêtres des Amérindiens actuels —venus eux aussi par la Sibérie— n’y aient mis pied, il y a environ 12 000 ans.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

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Toltec, autochtones mexicains et leur génocide par les Américains

Toltec, autochtones mexicains et leur génocide par les Américains

J’ai rencontré un descendant Toltec. Dans le début vingtaine, il a été adopté à l’âge de 9 ans par une famille du Québec, il m’a raconté l’histoire de son peuple.

Au Mexique, il existe plusieurs tribus autochtones. Sa famille est Toltec et vivait autour d’une montagne depuis toujours. Des compagnies américaines ont trouvé des métaux précieux dans cette montagne. Ils ont offert au gouvernement mexicain d’importantes redevances pour exploiter la montagne.

Mais il fallait, pour cela, qu’ils fassent déguerpir les Toltec. Ceux-ci ont refusé. Ils ont toujours vécu là. Vis-à-vis ce refus, le gouvernement mexicain a demandé à l’armée de tuer toutes personnes refusant d’obtempérer. C’est comme cela qu’il a perdu toute sa famille. Il fût ramassé pour adoption internationale.

Qui est le coupable de ce génocide? L’armée mexicaine qui a ouvert le feu? Le gouvernement mexicain qui en a donné l’ordre? Ou les compagnies américaines qui ne sont intéressées que par l’exploitation de la montagne, peu importe comment on arrive aux résultats?

À vous de faire votre choix et de me laisser votre commentaire sur ce questionnement.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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