Manger végé pour sauver la planète

Manger végé pour sauver la planète
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

«Rien ne bénéficiera autant à la santé humaine et n’augmentera autant les chances de survie de l’humanité sur Terre que l’évolution vers une alimentation végétarienne.» Qui a prononcé ces mots? Nul autre que l’un des plus grands physiciens de la planète: Albert Einstein! Visionnaire, l’éminent scientifique?

Dans un éditorial publié récemment dans l’American Journal of Public Health, David Benatar, chercheur à l’Université de Cape Town, en Afrique du Sud, propose de prescrire le végétarisme, ou du moins de diminuer de façon radicale notre consommation de viande, pour lutter contre la grippe aviaire et les autres zoonoses, des maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Par ailleurs, un article récent du journal médical The Lancet vient appuyer le recours à une telle approche préventive, mais pour d’autres raisons. Selon les auteurs de l’étude, l’élevage du bétail contribue fortement aux changements climatiques, en plus de restreindre l’accès à la nourriture dans certains pays pauvres et de causer des problèmes de santé chroniques au sein des pays riches. Ils proposent donc de diminuer la consommation mondiale de viande de 10 % d’ici 2050.

Gilles-Éric Séralini, président du conseil scientifique du Comité de recherche et d’information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) et spécialiste mondial des OGM précise que la diminution de celle-ci (consommation de viande) appelle à une remise en question globale de l’économie mondiale. «Nous savons que l’alimentation carnée est trop importante et qu’elle nuit à notre santé. Nous savons aussi que moins nous mangerons de viande, plus notre agriculture sera durable. Mais pour changer les choses, il faut repenser notre système économique, notre manière de distribuer la richesse et nos modes de production.»

Grippe aviaire, SRAS et maladie de la vache folle sont les plus connues des maladies transmissibles de l’animal à l’homme, remarque David Benatar. Il note aussi que certains chercheurs ont émis l’hypothèse que toutes les infections virales prendraient leur source chez les animaux. C’est d’ailleurs le cas du VIH-SIDA, dont on soupçonne l’origine chez les singes. Dans cette perspective, M. Benatar met en lumière le fait que manger moins de viande constitue une méthode de prévention évidente pour réduire les chances d’épidémies de grippe. À long terme, cela permettrait aussi d’éviter l’apparition de maladies encore inconnues qui naîtraient de l’élevage intensif.

D’ailleurs, en matière de propagation des zoonoses, les modes de production sont de plus en plus montrés du doigt. Le mois dernier, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mettait en garde le monde entier face au danger grandissant que représente la transformation de la production animale. Malgré tout, les avis sont partagés quant aux modes de production à privilégier. Élevage industriel s’oppose souvent à élevage traditionnel. Et il est encore difficile de remettre en question l’élevage intensif. «Le monde doit incontestablement faire appel à certaines technologies des systèmes de production vivrière animale intensive. Mais la concentration excessive d’animaux dans de grandes unités de production industrielle est à éviter […]», déclare Joachim Otte, expert en politiques d’élevage à la FAO. De son côté, Danielle Nierenberg, chercheuse pour le Worldwatch Institute, demande à la FAO de concentrer ses efforts de prévention contre la grippe aviaire sur les grands producteurs de volaille, plutôt que de s’en prendre aux petits fermiers des pays en voie de développement.

Les récentes recherches nous apprennent également que l’élevage du bétail produit 18 % de tous les gaz à effet de serre de la planète en plus d’utiliser 37 % des pesticides et 50 % des antibiotiques. Si on ajoute à cela que la diète végétarienne exige près de 15 fois moins d’eau potable que l’alimentation normale, il y a de quoi regarder d’un autre œil notre steak.

Alors, sommes-nous prêts à passer au végétarisme? Richard Giovannini, président de l’Association végétarienne de Montréal, nous rappelle que la liste des bonnes raisons pour devenir végétarien est longue. Il se réfère d’ailleurs à un rapport très complet du Worldwatch Institute, dans lequel sont citées les conséquences d’une diète carnée sur la santé de la planète. En plus des changements climatiques, des zoonoses et des maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancers), on y parle aussi de déboisement, de consommation et de pollution de l’eau, de quantités phénoménales d’excréments et de pertes de biodiversité. Et M. Giovannini se dit heureux de la prise de conscience environnementale actuelle. «Il est maintenant reconnu que la diète végétarienne a un impact majeur pour sauver la planète. Le discours doit maintenant faire son chemin comme ce fut le cas pour les changements climatiques.»

Références utiles:
http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000660/index.html

http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html

http://www.delaplanete.org/Rien-de-personnel.html

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006030608

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Les bidouilleurs de la vie

Les bidouilleurs de la vie

Benoît Lacroix, Agence Science-Presse

Les cracks de l’informatique sont dépassés : place aux biologistes synthétiques ou biobidouilleurs ! Pour des scientifiques en mal de sensations fortes, fabriquer de nouveaux êtres vivants est nettement plus excitant que d’écrire des programmes informatiques ou de construire des robots.

Cet engouement récent pour la fabrication de nouvelles créatures est confirmé par les investissements récents de Microsoft. En effet, le leader mondial de l’informatique a annoncé, le 13 mars dernier, des subventions de recherche de 570 000 $ à 6 groupes de recherche en biologie synthétique. Déjà, en 2004, la fondation de Bill et Melinda Gates avait octroyé une subvention de 42,6 M$ à un chercheur de l’Université de Californie pour modifier génétiquement la bactérie E. Coli afin de trouver une nouvelle méthode pour combattre la malaria.

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT), très actif dans ce domaine, a mis en place un registre des pièces biologiques standards. Ces pièces servent, à la manière de blocs Lego, à construire de nouveaux systèmes vivants. Il s’agit de séquences d’ADN aux propriétés connues et d’assemblages de  » bioblocs  » qui forment déjà des dispositifs génétiques. Pour ne citer qu’un exemple, dans le cadre de la compétition internationale de fabrication de machines génétiques iGEM, des étudiants ont assemblé des  » bioblocs  » connus pour leurs propriétés aromatiques, afin de fabriquer une bactérie E. Coli qui sent la banane ou le thé des bois!

Les biobidouilleurs veulent révolutionner le monde de la technologie de la même manière que l’informatique et la microélectronique l’ont fait ces dernières années. Mais rassurons-nous ! Pour l’instant, seuls des systèmes simples, comme les bactéries, sont développés ce qui laisse encore un peu de temps avant d’en arriver au cauchemardesque Frankenstein. D’ici là, espérons que l’éthique aura fait sa place dans les laboratoires de biologie synthétique !

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