Diversité sexuelle et la bisexualité

Diversité identitaire et sexuelle

Bisexualité: Refuser de rentrer dans une case

Sophie Laisney. Dossiers HomosexualitéSexualité

«J’ai fait mon premier coming-out à 18 ans, après être tombée amoureuse de ma meilleure amie», raconte Émilie (prénom fictif) qui a 31 ans aujourd’hui. «Le second, j’avais 23 ans, quand j’ai définitivement compris que j’étais toujours attirée par les garçons.» Émilie n’est pas «redevenue» hétérosexuelle, elle est attirée par les deux sexes, elle est bisexuelle.

bisexualité sexualité différence sexuelle sexeD’une famille tranquille de la banlieue nord, assez traditionnelle, les questionnements sur l’identité sexuelle ne faisaient pas partie du lot quotidien de la jeune fille. Pourtant, elle s’est lancée et a fait sescoming-outs, avec crainte, mais la famille les a toujours très bien acceptés. «Plus tard, ils m’ont tout de même avoué que ça leur avait fait un choc, mais ils me l’ont caché pour me protéger. Le plus important pour eux était que je sois heureuse», dit-elle en souriant.

Choisir son «camp»?

«Être bisexuelle, dans ma tête, ça n’existait pas, il fallait que je me décide.» Bisexuelle: une identité qu’elle assume très bien aujourd’hui, pourtant ça n’a pas toujours été le cas. Pensant être «anormale» durant des années, Émilie était persuadée qu’elle devait «choisir son camp», faire comme tout le monde, être hétérosexuelle ou homosexuelle. L’entre-deux n’était pas possible.  Mais 5 ans après son coming-out, lorsqu’elle tombe en amour avec un garçon, elle ne peut pas se résigner à «retourner» vers les gars et «redevenir» hétérosexuelle aux yeux de tout le monde: «C’est comme si je retournais en arrière. J’aurais fait toutes ces démarches pour rien, et j’aurais donné raison à tous les préjugés.» Quels préjugés? Ceux qu’elle a pu entendre dès son premier coming-out: «T’es ben trop belle pour être lesbienne. C’est parce que tu n’as pas trouvé le bon gars.» Mais pas question pour elle de s’empêcher d’avoir des sentiments pour quelqu’un afin de rentrer dans une «case», elle aime les filles et les garçons.

Les clichés sur la bisexualité

bisexualité sexualité différences sexuelles sexe homosexualité homosexuel«Mais je pense sincèrement qu’il arrive que certains disent au début être bisexuels dans l’espoir que leur homosexualité soit mieux acceptée, c’est comme une transition.» La discrimination envers les bisexuels (biphobie) serait présente dans la communauté homosexuelle, considérant les bis comme des personnes «pas branchées», c’est-à-dire pas en accord avec leur orientation sexuelle, ou qui n’assument pas leur homosexualité tout simplement. «Il y a aussi des personnes qui se pensent homosexuelles depuis très longtemps et finalement, tombent amoureuses d’une personne du sexe opposé. Il leur arrive d’être rejetées par des personnes de leur communauté. Comme si l’orientation sexuelle devenait une « revendication ». Tu es une minorité, et si tu retournes dans le mainstream (la majorité), c’est comme si tu trahissais ta communauté et que tu choisissais la voie de la facilité.»

Origine de l’homophobie

Mais l’homophobie en général, même si elle régresse selon Émilie, reste toujours présente, mais de façon plus «subtile». «L’homophobie, c’est surtout des commentaires, des propos gênants, des regards. Mais dans le fond, c’est une peur, une insécurité, car ça touche beaucoup à la question du « genre ». Si tu es un homme et que tu aimes un homme, tu ne peux pas être un vrai homme. C’est pareil pour les femmes. Il y a un idéal des deux sexes qui n’est pas respecté, ça crée de l’incompréhension et de la frustration, ce qui mène à l’homophobie. Je pense que les nouvelles générations sont beaucoup moins homophobes, et c’est grâce à de nombreux organismes qui « éduquent » les jeunes  sur la question de l’homophobie.»

Bisexualité plus visible

La bisexualité est presque «invisible» dans nos sociétés. Les deux orientations sexuelles majeures que sont l’hétérosexualité et l’homosexualité s’affichent clairement. On ne suppose pas que des personnes puissent être bisexuelles dans un couple hétéro ou homo. Mais de nombreux organismes œuvrent à mettre en avant cette orientation pour mieux la comprendre. Le Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS), par exemple, recrute de plus en plus d’intervenants bisexuels pour les ateliers scolaires.

Explication de la bisexualité :

Selon Bi Unité Montréal (association des bisexuel(le)s de Montréal):

Une personne bisexuelle, tout comme bien d’autres personnes hétérosexuelles ou homosexuelles adopte une grande variété de styles de vie. Les bisexuel(le)s, tout comme les homosexuel(le)s et les hétérosexuel(le)s ont diverses façons de vivre leur sexualité.

Contrairement au mythe populaire, une personne bi n’a pas besoin d’être impliquée sexuellement simultanément avec les deux sexes. En fait, plusieurs personnes s’identifiant bis ne s’engageront jamais dans des rapports sexuels avec l’un ou l’autre sexe, comme c’est le cas pour les hétéros ou les gai(e)s. L’attirance pour un être n’implique pas nécessairement une relation sexuelle. Comme plusieurs hétéros ou gai(e)s, les bis choisissent de vivre une relation à long terme avec un seul partenaire.

Certains bisexuel(le)s pourront vivre en mariage ouvert qui permet les activités sexuelles avec d’autres individus. Ils pourront former un trio ou vivre leur sexualité avec plusieurs personnes.

Il est important d’avoir la liberté de choisir le genre de sexualité ou d’émotions qui conviennent aux personnes impliquées, peu importe leur orientation sexuelle.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

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Les orientations sexuelles: on a tous des reproches à se faire

Les orientations sexuelles: on a tous des reproches à se faire

Robin Drevet  Dossier Homosexualité

La décision de faire un billet sur les orientations sexuelles me vient de réflexions de plusieurs semaines.

Je ne vais pas faire un rappel de qui peut être quoi et comment on le devient, je pense que tout le monde est déjà plus ou moins au courant.
Je voudrais plutôt aborder les difficultés ressenties par toute personne qui se découvre que ce soit hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle.
Pour cela je vais les voir les unes après les autres.

L’hétérosexualité

Commençons par l’hétérosexualité. Cela peut paraître étrange mais il y a de nombreuses difficultés aujourd’hui à vivre une vie épanouie hétérosexuelle. Bien sûr, l’épanouissement y est plus simple, l’acceptation ne pose pas de complications particulières non plus. Pourtant, la société nous impose des comportements contre lesquels il est souvent bien dure de se révolter.

La question de l’hypersexualité et de la question de la femme en est une première. La petite fille se voit souvent enfermée dans le modèle de la Femme hétérosexuelle comme un objet qu’il soit de désir ou de service. Le garçon se voit presque imposé d’avoir sa première relation sexuelle avant l’âge adulte ou de mentir pour ne pas rester «le puceau» de son groupe d’amis (voir le nombre de films fait sur cette problématique). L’homme reste aussi enfermé dans des règles hétérosexistes qui se sont vus révélées par la montée des courants féministes ces 30 dernières années. Car finalement, vouloir exposer sa virilité, se montrer puissant et protecteur, chercher l’affrontement, est ce un réel choix ou des comportements imposés par des normes dont le non-respect entraîne des conséquences gênantes, voir désastreuses (raillerie, confiance en soi, estime, suicide…)?

L’homosexualité

Pour ce qui est de l’homosexualité, il y a trois aspects principaux à observer.

Tout d’abord, se l’assumer à soi, cela rejoint un peu le dernier point soulevé sur la question de l’hétérosexualité, lorsqu’un homme ou une femme se sent attirer par des personnes de même sexe que lui, il/elle se sent étranger, rejeté(e) même si ce n’est pas le cas, et souvent, il y a une période de refus de l’accepter car il faut alors désapprendre ce qui a été enseigné.

Après l’avoir assumé en soi, il faut pouvoir le dire autour de soi, souvent en premier à des amis proches, puis à sa famille. Mais de nombreux facteurs se mettent en opposition: religion, morale, préjugés, incompréhension, peur… et c’est dans ces périodes qu’on voit les plus hauts taux de suicide dans la jeunesse.

La dernière étape, c’est de la vivre cette homosexualité, et malgré les avancées incontestables faites dans de nombreux pays, l’homophobie est toujours fortement présente. De plus, le monde homosexuel n’est pas toujours simple à aborder. C’est le paradis de l’individualisme, du paraître, de l’inconscience permanente et de l’éphémère, mais ne pas le fréquenter, c’est se créer des difficultés sur la possibilité de trouver un partenaire, et malgré Internet et la multiplication des sites de rencontre, la solitude sentimentale est très forte chez les homosexuels (plus souvent homme que femme), solitude se renforçant fortement dépassé l’âge de 30 ans.

La bisexualité

Le dernier point et non le moindre qu’est la bisexualité n’est pas un mélange des deux premières orientations. Il en existe plusieurs, certaines personnes sont à dominante hétérosexuelle, d’autres homosexuelle, et les facteurs du désir physique et de la relation sentimentale fait beaucoup varier la façon de vivre leur sexualité. Les hétérosexuels voient souvent les bissexuels comme des personnes qui veulent être à la mode (la femme bisexuelle est souvent vue comme une «salope» tandis que l’homme s’assume rarement). Quant aux homosexuels, ils rejettent les bissexuels car vus comme des homos qui ne s’assument pas.

En bref cette dernière orientation est souvent niée, rendant l’existence de ces personnes encore plus difficiles.
A cela s’ajoute le certain manque de satisfaction avec l’un ou l’autre des partenaires, surtout qu’on ne trouve pas les mêmes attentes selon le sexe du partenaire. De plus, les relations sociales sont rendues plus difficiles d’accès car on croit toujours à une certaine ambiguïté.

La sexualité de tous

Pour conclure, on peut donc dire que les orientations sexuelles sont en changement constant de leur identité, dans une construction permanente les unes par rapport aux autres. Et c’est lorsque que chacune d’entre elles s’acceptera dans ses différences et ses complémentarités que les inégalités et l’épanouissement pourra se faire. Tout le monde y sera gagnant. La diversité sexuelle est un trait normal de la vie en générale qu’elle soit animale ou humaine, et sur ce point, nous avons encore beaucoup à parcourir par rapport à nos amis à poils, à plumes etc.

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S’ouvrir aux différences sexuelles

S’ouvrir aux différences sexuelles
Julie Rhéaume, Vol 14-2

L’homophobie fait encore des ravages. On croit la société plus ouverte, mais les préjugés demeurent. Dans les écoles, plusieurs jeunes, gais ou non, continuent de se faire traiter de «fifs»! Les formateurs des Groupes de Recherche et d’Intervention Sociale (GRIS) vont dans les écoles ou rencontrent des professionnels de la santé afin de démystifier l’homosexualité et de lutter contre les préjugés. Entretien avec Karine, intervenante du GRIS de Québec.

«GRIS-Québec, c’est une communauté d’apprentissage. C’est merveilleux, humain. Ce n’est pas un groupe de services. Quand on commence à s’y impliquer, on vit une prise de conscience rapide. On y retrouve plusieurs modèles homosexuels, bisexuels ou hétérosexuels ouverts», explique Karine, une intervenante sociale dans la vingtaine, qui se définit comme bisexuelle.

La jeune femme, qui détient un baccalauréat en travail social et un certificat en sexualité humaine, a débuté comme bénévole dans la région Chaudière-Appalaches il y a deux ans. Elle faisait de la démystification dans les écoles et y rencontrait des jeunes pour parler de son cheminement. «On ne parle pas de sexe, on parle d’amour. On doit d’abord parler d’amour», explique Karine.

En juin 2004, elle a été embauchée comme intervenante au Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale gais et lesbiennes de Québec, afin de donner de la formation aux professionnels de la santé et des services sociaux. En même temps, Karine vivait une relation avec une fille et a commencé à fréquenter la communauté gaie. Elle est salariée, mais fait toujours du bénévolat pour l’organisme. «Le travail me donne davantage que ce que, moi, je donne au travail», lance la jeune femme.

La société québécoise peut sembler plus ouverte, mais l’homophobie sévit toujours. Ça peut aller de «l’hétérosexisme», le fait de présumer qu’une personne est automatiquement hétéro, explique Karine, jusqu’à la violence et aux insultes.

«Au Québec, on a fait des choix politiques sur la définition du mariage, par exemple. Les gens pensent donc que la société est plus ouverte. Ce n’est que de la tolérance!

Les jeunes, qui sont le reflet de la société, pensent que celle-ci est par conséquent plus ouverte, ils font donc leur coming-out jeunes… Sauf qu’ils n’ont pas encore les outils pour accepter les conséquences de cette sortie au grand jour.

Les jeunes ont besoin de modèles positifs. Un jeune, gai ou non, qui se fait traiter de fif va connaître des problèmes émotifs. Les garçons vivent davantage de la violence physique: l’homosexualité fait référence à la féminité, et donc, à la faiblesse. Et les plus homophobes, ce sont ceux qui ont peur d’être gai!»

«Du côté des filles, la violence est davantage verbale. Chez les filles homosexuelles, on associe la notion de force.»

Les professionnels de la santé et des services sociaux doivent solliciter de façon individuelle les services et les formations du GRIS Québec. Cependant, certains ont encore des préjugés ou sont tout simplement débordés et décident de ne pas suivre les formations. De telles ressources constituent pourtant un atout majeur pour tout intervenant qui veut être mieux outillé pour répondre aux besoins de sa clientèle.

GRIS Québec
Le GRIS de Québec a été fondé en 1996, deux ans après celui de Montréal, pour démystifier l’homosexualité et contrer l’homophobie. Les activités et services offerts peuvent varier selon les régions.

Le GRIS de Québec propose des activités dans les écoles secondaires, auprès des professionnels de la santé et des services sociaux, et dans le milieu universitaire. Il compte plusieurs bénévoles, qui participent à l’accueil, la formation et aux activités de démystification.

Il y a aussi :
• L’Accès: un milieu de vie où les jeunes de 14 à 25 ans, gais, lesbiennes, bisexuels, ou en questionnement, peuvent se rencontrer, discuter et faire des activités.
• Les réseaux Alliés: professionnels de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes communautaires pour l’accompagnement et le soutien.
• Les groupes OSER (Orientation Sexuelle, Estime de soi et Respect), qui sont des groupes de discussion et d’entraide.

GRIS Québec: (418) 523-5572 info@grisquebec.org

GRIS Saguenay-Lac-Saint-Jean http://www.rc02.com/gris02

GRIS Chaudière-Appalaches http://www.francite.com

GRIS Montréal: (514) 590-0016 http://www.gris.ca

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