Trafic d’êtres humains en Asie

Trafic d’êtres humains en Asie

Dossier de Dominic Desmarais, Volume 15 no 3, février 2007

Dossier  Prostitution et Sexualité

Voleurs de vies

Thuy pensait mettre fin aux problèmes de la maison. Trois ans après le décès de son époux, avec qui elle a eu une fille et un garçon, elle se remarie. Son nouveau conjoint déteste sa fille, l’ambiance à la maison est lourde. Lorsqu’un voisin lui propose d’emmener au Cambodge sa progéniture, alors âgée de 15 ans, elle saute sur l’occasion. Loin de son nouveau conjoint, et ramenant de l’argent à la famille, la petite rentrerait dans les bonnes grâces de son amoureux.

Thuy voulait bien faire. Pas son voisin qui, arrivé au Cambodge, vend la jeune Vietnamienne à un bordel. Pour la petite, c’est le cauchemar. Le travail vire à l’esclavage. Les heures sont longues, les coups sont quotidiens. Les clients font la file pour cette adolescente issue du pays le plus recherché dans les milieux de la prostitution. Afin de la garder sous son contrôle, le propriétaire se rembourse à même ses honoraires pour payer une dette dont elle ne connaît pas l’origine.

Cette histoire est commune dans la région. Vietnam, Chine, Cambodge, Laos, Thaïlande et Myanmar (Birmanie) sont concernés. Le trafic comprend les mariages forcés, l’adoption, la prostitution, le marché du travail, les réseaux d’enfants mendiants. Il a lieu à l’intérieur de ces pays, entre ces pays et à l’extérieur de la région, vers l’Europe, l’Amérique.

Prostitution lucrative ?

Les raisons qui poussent les victimes dans les mains des trafiquants sont multiples. C’est ce qui complique la lutte contre la traite des humains. La pauvreté, la maladie de proches qui nécessitent des soins, l’espoir de devenir riche ou d’améliorer son sort, un désir chez les jeunes de vouloir découvrir un autre endroit sans comprendre ce qu’est le trafic, le manque d’informations sur la migration et la faible scolarité des filles sont les facteurs énumérés par Vichuta Ly, une Canadienne d’origine cambodgienne qui dirige une organisation non gouvernementale d’aide juridique pour femmes et enfants victimes de trafic.

Vichuta a fui son pays en 1975 lors de l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges. Son père, alors ministre de la Justice, a été assassiné par le régime de Pol Pot. Âgée de 14 ans, elle est accueillie par le Canada après 7 mois passés dans un camp de réfugiés en Thaïlande. Ses études en droit à l’Université de Montréal terminées, elle pratique à Montréal avant de revenir dans son pays d’origine pour aider les femmes de son pays.

Son organisme, Legal Support for Children and Women (LSCW) a travaillé auprès de Cambodgiens partis à la conquête de l’eldorado dans la riche Thaïlande. Des gens qui ont quitté leur village dans l’espoir d’améliorer leur sort et celui de leur famille. Des gens qui ont reçu peu d’éducation d’un pays qui vient de sortir d’une guerre civile de 30 ans. Des habitants propices à grossir les rangs des trafiqués. « Comme la plupart n’ont pas les moyens de migrer par les voies légales, ceux qui migrent en Thaïlande doivent entrer illégalement, explique Mme Ly. Ils passent par des recruteurs et des contrebandiers qui, souvent, sont les trafiquants ».

Profiter des faiblesses

Les recruteurs prennent plusieurs formes: un membre de la famille ou un proche, une personne du village partie pour un meilleur avenir qui revient avec des signes de richesse, de belles femmes riches ou encore des personnes âgées. Envoyés par les trafiquants, ils vantent les conditions de vie et de travail du pays voisin, de la grande ville. Les villageois, à l’égard d’un avenir désolant, se laissent séduire. Ils sont transportés par des intermédiaires suggérés par leur recruteur.

« Les trafiquants utilisent la faible estime des femmes et des filles, leur pauvreté et leurs options limitées pour les emmener à travailler à l’extérieur du pays. On leur promet des emplois respectables, mais elles sont offertes aux bordels ou karaokés à la place, où elles doivent offrir des services sexuels. Des hôtels sont régulièrement garnis de nouvelles filles, plusieurs d’entre elles sont enlevées ou achetées à leur famille et trafiquées », raconte Chanthol Oung, directrice et fondatrice de Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), un organisme d’aide aux femmes.

Illégaux, ces immigrants sont isolés. Ils ne parlent pas la langue, ne connaissent pas les lois et leurs droits, ne vont pas à l’hôpital, de peur d’être dénoncés à la police. Ils récoltent les emplois dont personne ne veulent. Sans documents, ils ont peur d’être arrêtés par la police, qui peut leur réclamer de l’argent, les jeter en prison et les déporter. Parfois, ce sont les 3 à la fois. Ils se déplacent hors de la maison pour aller travailler, et reviennent aussitôt. Ils n’ont pas de liberté de mouvement.

Stress, violence, alcool

Les emplois sont plus rares que prévu, les salaires plus bas, le coût de la vie plus cher. Ils ont peine à subvenir à leurs propres besoins. Plusieurs sont incapables d’envoyer de l’argent à la famille, raison de leur exil. Dans ces conditions de stress, la violence domestique augmente, les excès d’alcools et les batailles sont fréquents.

LSCW a rencontré des prostituées cambodgiennes dans un bar karaoké thaïlandais. Elles sont 3 à partager une petite chambre meublée d’un matelas et d’un ventilateur. Ces filles, en plus d’avoir à rembourser le propriétaire du bar le prix payé pour les acheter, et le transport, elles lui paient la nourriture, l’eau, la chambre et l’électricité. Elles travaillent 9 à 10 heures par jour, 7 jours sur 7, à recevoir des clients.

La vie après le bordel

Lorsqu’elles fuient ou sortent des bordels à la suite d’une descente policière, les femmes sont prises en charge par différentes organisations. Dans les refuges, les victimes ont un support psychologique. CWCC offre un suivi individuel pour construire et rebâtir leur estime. « Elles se sentent seules, veulent se suicider, constate Mme Oung, la directrice.

Une fois la semaine, c’est en groupe que se déroule la thérapie. La plupart du temps, on les laisse raconter leurs histoires. Ça dépend d’elles. On cherche des solutions. Parfois, on utilise des jeux, de l’art, du dessin par rapport à ce qu’elles ont vécu ou par rapport à leurs aspirations. On invite d’anciennes victimes qui parlent des problèmes qu’elles ont surmontés, de quelles façons elles les ont réglés. Alors, elles savent qu’il est possible de s’en sortir. » Mme Oung avoue cependant offrir un service limité de thérapie. « On a 2 intervenants pour 60 femmes et enfants dans notre centre de Phnom Penh. On ne peut pas prendre de l’expansion dans notre centre de Siem Reap, en raison d’un manque d’intervenants. C’est un problème criant, au Cambodge. »

Dans ces refuges, femmes et enfants reçoivent une formation leur permettant de travailler pour se réinsérer. « Ce qu’on propose, c’est une réintégration dans l’agriculture, le tissage, la coiffure, l’élevage, raconte Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation précaire (AFESIP), un organisme porté à bout de bras par Somaly Mam, une Cambodgienne victime de trafic. C’est possible de faire de l’argent hors de la prostitution, dans le lieu où elles veulent s’intégrer, continue-t-elle. On les suit 3 ans après leur sortie du Centre. On leur trouve un travail. Il y a des opportunités économiques. Le Cambodge est cependant pauvre. » AFESIP est également présent au Vietnam, au Laos et en Thaïlande. Au Vietnam, en raison de la scolarité plus élevée des habitants, les victimes ont un choix beaucoup plus varié d’emplois pour se réinsérer.

En Thaïlande, les organismes coopèrent. « On veut développer les choix, explique Jurgen Thomas, directeur d’AFESIP en Thaïlande. Par exemple, nous formons des coiffeuses, d’autres organismes s’occupent d’hôtellerie. Si on accueille une fille qui veut faire un tel métier, on la réfère à l’ONG qui offre cette formation. Quand la victime entre au Centre, on veut lui donner un stage tout de suite, pour que dès le début elle fasse de l’argent. Cela évite qu’en raison des besoins de la famille elle retourne dans la prostitution. »

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Nous n’avons pas l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution

Nous n’avons pas l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution
écrit par Raymond Viger, Vol 13.4 , Mai 2005

Dossier Prostitution et Sexualité.

Le débat sur la légalisation de la prostitution est faussé. Il n’existe pas une forme de prostitution mais plusieurs formes de prostitution.

Une personne prostituée à 4 000$ pour un week-end qui couche avec des politiciens ou des grosses vedettes internationales ne vit pas dans le même contexte qu’une autre à 20$ pour une pipe, qui est toxicomane, avec des champignons dans la bouche et atteinte du Sida.

Certaines personnes se positionnent en faveur de la légalisation de la prostitution, sous prétexte de vouloir venir en aide aux personnes qui font de la prostitution de rue, assurer leur sécurité… Mais qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsque nous aurons légalisé toutes les formes de prostitution?

Les dangers d’une légalisation sans encadrement

De la «viande fraîche»

En autorisant l’ouverture de bordel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie du sexe, pour utiliser leur langage, vont vouloir engager de la «viande fraîche» pour satisfaire leurs clients. Par «viande fraîche» on pense à des personnes de 18 à 23 ans en santé. Pour la majorité des personnes se prostituant dans la rue, l’entrée dans ces bordels leur sera refusée et elles devront continuer à exercer dans la rue. Dans les faits, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans!

Pire, après un certain nombre d’années, lorsque les premières personnes ayant travaillé dans ces bordels commenceront à vieillir, les entrepreneurs qui veulent bien traiter leurs clients vont remplacer leurs personnels par des plus jeunes. Il y aura donc encore plus de personnes exerçant la prostitution dans les rues. Ceci se vérifie par les expériences des pays ayant légalisé la prostitution depuis une dizaine d’années et qui se retrouvent avec 3 à 10 fois plus de prostitués de rue qu’avant la légalisation (Australie, Pays-Bas, Allemagne…).

Les clients indésirables

Mais si un client peut aller en toute légalité dans un bordel pour engager une personne jeune et attrayante, pourquoi utiliserait-il les services d’une personne exerçant dans la rue? Parce qu’il est violent et qu’il se ferait sortir des bordels? Parce qu’il veut exiger de faire des choses qui devraient être refusées dans le bordel comme avoir une relation sans condoms? Ou encore parce qu’il veut payer moins cher? Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres, les personnes exerçant la prostitution de rue seront encore plus dans le trouble après la légalisation. Le nombre de mauvais clients rencontrés sur la rue sera encore plus grand et il sera encore plus risqué d’être une personne prostituée.

Citoyens et commerçants

Et que dire de nos honorables citoyens! Puisque la prostitution est maintenant légalisée, l’intolérance de ceux-ci aura monté d’un cran. «Puisque c’est légal et qu’il existe des bordels, je ne veux plus te voir traîner dans les rues de mon quartier ou devant les vitrines de mon commerce». Comment vont réagir ces citoyens quand ils vont s’apercevoir que non seulement la légalisation n’a pas diminué le nombre de personnes devant leur honorable résidence, mais qu’en plus, il y en a maintenant 3 fois plus! L’intolérance ne fera que grimper.

Bordels en région

En légalisant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’en laver les mains en disant que ça sera du ressort des villes de gérer le tout.

Pourquoi les groupes criminalisés sont si forts en région? Parce que les petites municipalités avec un seul policier n’ont pas les moyens d’avoir le contrôle sur ces puissants groupes. Quand le policier en question est connu de tous, que tout le monde sait où il demeure et que tout le monde connaît sa famille au complet et à quelle heure sa petite fille sort de l’école, pensez-vous qu’il sera assez fou pour tenir tête aux groupes criminalisés? C’est un policier qui fait de son mieux, pas une personne suicidaire. Cela n’est pas sans rappeler encore une fois les pays ayant déjà fait l’expérimentation de la légalisation, qui avouent avoir perdu le contrôle. De plus, ils deviennent incapables de gérer ce nouvel engouement pour le sport sexuel.

Tous les paliers de gouvernements devront s’impliquer dans une approche multidisciplinaire. Pas question de laisser les municipalités se démerder seules dans une industrie qui est déjà internationale et qui a de gros moyens financiers pour brouiller les cartes.

L’industrie du tourisme

Un bel exemple que j’ai vécu personnellement. L’état du Nevada permet aux municipalités de légaliser la prostitution. Las Végas, malgré ses innombrables Casinos et ses spectacles grandioses, se refusent de légaliser la prostitution. La ville voisine a légalisé la prostitution. C’est pourquoi nous voyons sur certains coins de rue de Las Vegas des dizaines de Mexicains qui tendent des annonces pour inciter l’achat de services sexuels dans la ville voisine. La ville de Las Vegas est allée en cour pour tenter d’empêcher ces Mexicains de venir faire de la sollicitation dans les rues de Las Vegas. Pour le bénéfice de la libre entreprise et de la liberté d’expression, la ville de Las Vegas a perdu contre les Mexicains.

Ceux qui font le rabattage de clients sont majoritairement des garçons. Mais ce qui m’a déchiré le cœur, a été de voir une fille mexicaine d’environ 12 ans, faire du rabattage. Les questions que je me pose encore: le faisait-elle pour sa sœur ou sa mère? Va-t-elle se prostituer et à quel âge risque-t-elle de commencer?

Ce qui s’est passé à Las Vegas risque de nous arriver. Montréal avec ces grands festivals et ces grands rassemblements ne tolérera pas de prostitution sur son territoire. Les entrepreneurs de bordels vont s’établir à Terrebonne ou à Bois-des-Filions. Ça va être bon pour l’industrie du taxi. Les gens viennent de partout pour un festival ensuite le taxi pour les bordels en banlieue. Parce que la prostitution, ce n’est pas bon pour l’industrie du tourisme. Ce n’est pas bon pour l’image d’un grand centre urbain. Quand on voit de nouveaux logements sociaux des auberges du cœur passer criminellement au feu dans le sud-ouest de Montréal, quand des gens font pressions pour empêcher des organismes communautaires comme Cactus de se relocaliser dans le Centre-ville de Montréal, les principes de «pas dans ma cour» vont continuer à se faire prévaloir.

Pénurie de main-d’œuvre

Les bordels vont se multiplier en région et les nouveaux entrepreneurs vont y faire la pluie et le beau temps. À un point où il ne serait pas surprenant qu’il manque de main-d’œuvre. Un peu comme il s’est passé quand on a légalisé les danses à 10$. On a manqué de filles pour aller travailler dans les isoloirs. Va-t-on créer un programme pour permettre à des danseuses exotiques étrangères de venir travailler au Canada? Devrons-nous réouvrir ce programme et l’élargir aux artistes de la prostitution? N’est-ce pas ce programme où des fonctionnaires et des intervenants du milieu mentionnent qu’il a profité aux groupes criminalisés? Plusieurs de ces danseuses ont disparu. Le gouvernement américain affirmait en 2003 que le Canada est une plaque tournante pour le trafic des femmes et des enfants.

Conditions essentielles

Si nous sommes sérieux dans notre volonté de légaliser la prostitution, il y a des préalables essentiels. La prostitution concerne des êtres humains qui doivent être considérés dans leur globalité. Ceci nous oblige à prévoir une approche multidisciplinaire.

Il faut faire de la prévention en ce qui concerne les jeunes de la rue et ceux placés par la DPJ. Ils sont des victimes vulnérables. La réforme de la DPJ devra tenir compte de cette vulnérabilité. Il faut aussi faire de la prévention et de la sensibilisation dans les écoles et les différents milieux de vie des jeunes.

Pour s’assurer que la prostitution est bel et bien un choix, et non pas un manque de choix face à la pauvreté ou à d’autres difficultés, il faut s’assurer d’offrir un soutien et un encadrement aux personnes concernées.

Il faut prévoir une aide accrue aux organismes d’intervention auprès des personnes prostituées de rue. Nous ne pouvons pas penser légaliser le marché du sexe sans aussi donner les services d’aide et de soutien aux personnes dans le besoin qui seront exclues et marginalisées. Si une municipalité veut ouvrir un bordel, les services aux personnes se prostituant doivent être présents avant son ouverture.

Il faut prévoir des mécanismes de contrôle et de sécurité avant la légalisation. Nous avons laissé à eux-mêmes des groupes criminalisés pendant des décennies. Ils sont devenus des forces redoutables, organisées, structurées et très bien financées. Reprendre le contrôle après coup est très coûteux, sinon impossible. La prostitution, ne se limite pas aux limites géographiques d’une ville, mais fait partie d’un réseau international, qui nécessitera une coordination des différents corps policiers qui devront apprendre à travailler efficacement ensemble. Cela nécessitera de généreux budgets aux différents corps policiers.

Il faudra donc s’assurer qu’il y ait une prise en charge complète par le gouvernement de ces bordels, à tous les niveaux: sécurité, administration, gestion, encadrement, surveillance, finance… Il n’y a pas d’entre-deux possibles pour éviter que la situation ne dérape et qu’il y ait abus.

Il ne faut pas s’imaginer que les revenus de taxes et d’impôt sur la prostitution permettront de compenser les investissements que nous aurons à faire pour légaliser la prostitution. Les pays qui ont déjà légalisé, ont perdu le contrôle et se sont retrouvés avec plus d’effets pervers que de problèmes résolus. Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous impliquer adéquatement, nous en aurons encore moins après.

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Doit-on légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Dossier Prostitution et Sexualité                      Par Raymond Viger

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Pendant plusieurs décennies, j’ai pensé que la légalisation de la prostitution permettrait d’aider les filles qui font la rue et règlerait tous les problèmes. Mais je ne peux négliger les résultats dans les pays l’ayant légalisée.

Après avoir fait des recherches plus approfondies, je suis maintenant fondamentalement convaincu que la légalisation de la prostitution a plus d’effets pervers que d’avantages. Il est trop facile de se débarrasser de la question et de répondre hâtivement.

Les effets de la légalisation de la prostitution

Depuis maintenant dix ans, des pays tels l’Australie, les Pays-Bas et l’Allemagne ont légalisé la prostitution. Pour certains, ils n’arrivent pas à en gérer les effets pervers, pour d’autres, ils voudraient revenir en arrière.

En légalisant la prostitution, nous amenons des entrepreneurs (ex-pimp) à pouvoir être exigeants envers les filles travaillant dans leur nouveau bordel légal. Lorsque la fille devient un peu trop vieille (exemple 23 ans) ou qu’elle commence à avoir l’air magané, on la remplacera rapidement pour satisfaire la clientèle. Dans l’entreprise privée, quand une employée n’est plus rentable, on la remplace. C’est la jungle de l’offre et de la demande, là où le client a toujours raison et que la rentabilité prime sur tout.

Légalisation de la prostitution et retour à la rue

Qu’adviendra-t-il des filles qui se feront mettre à la porte des bordels? Retour à la rue? Ceci explique peut-être pourquoi dans les pays ayant légalisé la prostitution, on retrouve trois fois plus de prostituées qui font la rue.

Et ces filles retournées à la rue ont-elles plus de sécurité et de plaisir à exercer leur métier? D’une part, un client prendra une fille qui fait la rue plutôt que celle qui se retrouve dans un bordel légal parce qu’elle coûte moins cher, parce que le client est violent et qu’il n’est pas admis dans le bordel, parce qu’il a des exigences telles que faire l’amour sans condom… D’autre part, les citoyens risquent d’être encore moins tolérants envers les filles de la rue: «On a légalisé la prostitution, ce n’est pas pour te revoir dans la rue. Retourne dans ton bordel!».

Légalisation des danses à 10$

Plus près de nous, dans un domaine similaire, on peut se demander si la légalisation des danses à 10$, a permis d’augmenter la qualité des conditions de travail des danseuses? Qu’est-il advenu des filles qui dansaient mais qui ne veulent pas se faire tripoter ou faire une pipe dans les isoloirs? Est-ce qu’avec la légalisation des danses à 10$, on a éloigné les groupes criminalisés des bars? Pourquoi en serait-il différent en légalisant la prostitution?

La répression de la prostitution et ses effets pervers

Seules les prostituées de la rue sont visées. Les autres formes de prostitution sont légales. Cependant, la répression apporte aussi des conséquences. On leur donne des contraventions, criminalise les personnes, les met en prison. Nous entendons aussi parler d’histoires d’horreur. Des filles battues et violées par des clients qui ne peuvent porter plainte parce qu’elles sont considérées comme des criminelles, des policiers qui les font chanter pour avoir des informations sur ce qui se passe dans le milieu… Une opération répressive ne fait que déplacer les gens d’un quartier à l’autre.

Quels sont les autres choix que de légaliser la prostitution?

Se limiter à seulement deux choix extrêmes tel que légaliser ou criminaliser nous amène dans un cul de sac. La Suède, quant à elle, criminalise les clients. Les prostituées sont considérées comme des victimes et peuvent recevoir aide et soutien. La formule semble bien fonctionner jusqu’à date puisqu’il y a réduction de la prostitution.

Nous avons à faire un débat de société pour créer de nouvelles approches, de nouveaux choix. Vos commentaires et opinions sont importants.

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