Culte de la vitesse sur son déclin

Exposition La vitesse et ses limites au Centre canadien d’architecture de Montréal

Culte de la vitesse sur son déclin

Paul-André Gilbert

(Agence Science-Presse) 

Cent ans après le Manifeste du futurisme, déclaration polémique chantant la modernité, peut-on dire que l’accélération de nos sociétés… ralentit? En lançant son exposition La vitesse et ses limites, le Centre canadien d’architecture veut nous faire réfléchir sur la place qu’occupe la vitesse dans notre société.

Depuis quelques années, des mouvements qui célèbrent la lenteur commencent à émerger. Par exemple, le «slowfood» cible la restauration rapide. On voit apparaître parmi les bestsellers des livres qui questionnent notre rapport à la vitesse. Ces manifestations tranchent avec l’accélération constante que notre monde a connue au cours du 20e siècle.

C’est ce paradoxe que l’Américain Jeffrey Schnapp, le commissaire de l’exposition, a voulu explorer. «Une ambivalence persiste même si notre quotidien continue d’accélérer d’une manière qui continue à définir notre identité et notre sens de la communauté».

L’exposition, présentée en collaboration avec la Wolfsonian-Florida International University et «conçue dans une optique plus critique que commémorative», est divisée en cinq pièces, qui ont chacune leur thème: la capture de mouvement, l’efficacité, la construction rapide, le corps et l’esprit, le rythme et le trafic.

M. Schnapp, directeur du Laboratoire des sciences humaines à l’Université Stanford et auteur de plusieurs autres expositions, a choisi ces thèmes pour éviter les icônes habituelles de la modernité. Au lieu de montrer des voitures rapides ou les robots d’une chaîne de montage, le commissaire s’est intéressé à des aspects du sujet qui passent souvent inaperçus, comme l’augmentation de l’efficacité dans les bureaux ou les cuisines occidentales. «Notre environnement a été tellement transformé pour permettre l’accélération de chaque élément de notre existence, que la vitesse est devenue aussi omniprésente qu’invisible», explique-t-il.

Vite, mais pas nécessairement bien

Ce qu’on découvre lorsqu’on se promène à travers les pièces, ce sont surtout des archives du 20e siècle qui nous rappellent notre rapport à la vitesse. Par exemple, dans la salle consacrée à la circulation automobile, on peut admirer des études sur les accidents. Notre obsession de la vitesse a un coût. Dans la pièce qui a pour thème l’efficacité, on voit l’évolution de nos cuisines et de nos espaces de travail à travers des photographies prises tout au long du siècle.

Il n’y a pas beaucoup de place pour la science dans La vitesse et ses limites. On y voit surtout des objets qui représentent l’évolution de la vitesse. On aurait pu penser qu’une plus grande place serait consacrée à l’environnement, car notre obsession de la vitesse, en particulier dans les transports, a un effet néfaste sur le futur de notre planète.

En faisant ressortir la vitesse comme mythe de la modernité, les organisateurs veulent marquer ce qu’ils considèrent être le début du déclin de l’ère de la rapidité. Pour Jeffrey Schnapp, la vitesse est en effet en train d’être remplacée comme mythe de la modernité.

Selon lui, le prochain mythe sera celui du développement durable. Le terme «durable», explique-t-il, est entré dans l’univers socio-culturel et n’a pas toujours des bases dans la réalité. Par exemple, les compagnies publicisent souvent leurs produits comme «biologiques» ou «verts», peu importe qu’ils le soient réellement.

Cela dit, pour M. Schnapp, notre obsession pour la vitesse ne disparaîtra pas… très vite. Il anticipe plutôt un monde où des univers rapides et lents vont se côtoyer pendant longtemps encore.

L’exposition se poursuit jusqu’au 8 novembre 2009

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Phyllis Lambert

Phyllis Lambert

Ces entrevues sont tirées de Debrouill’Art, numéro hors-série du magazine Les Débrouillards.

Propos recueillis par Julie Parent

Q. : Que faut-il pour devenir architecte? Est-ce que c’est vrai qu’on doit être une  » bolle  » en maths?

R. : Pas nécessairement. Quand j’ai étudié l’architecture, j’ai dû faire des mathématiques avancées et je ne suis pourtant pas un génie dans cette matière. Sans être une  » bolle « , tu dois quand même être à l’aise avec les maths. C’est un peu comme en musique : tu n’es pas obligé d’être un virtuose du piano, tu peux simplement en jouer pour le plaisir de la musique. Le plus important pour être un bon architecte, c’est d’avoir une grande culture, beaucoup d’imagination et de la vision. Ces qualités sont nécessaires pour concevoir un bâtiment bien adapté à sa fonction première et à son environnement.

Supposons que tu es un architecte et que tu te prépares à dessiner une maison. Avant de commencer, tu dois te demander à quoi servira cette maison ? À protéger les gens, tout simplement ? Mais même là, ce n’est pas si simple. Il faut penser à l’endroit où elle sera bâtie. Est-ce en ville ou à la campagne ? Dans un pays chaud ou dans un pays froid ? Est-ce qu’il y a des voleurs ou des animaux dangereux qui rôdent autour ? Et quel est le climat environnant ? Tu vois, tout dépendant de ces facteurs, tu feras une maison différente.
Phyllis Lambert est une architecte de réputation internationale. À Montréal, elle a notamment réalisé le Centre des arts Saydie Bronfman. Cette femme passionnée est aujourd’hui directrice-fondatrice du Centre canadien d’architecture, qui regroupe un musée et un important centre d’études consacrés à cet art.

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