Chronique economique Les mises a pied déferlent sur le Quebec

Chronique économique

Les mises à pied déferlent sur le Québec

Jean Gagnon            Dossier Économie

image Certains de ces travailleurs ne retrouveront pas leur emploi lorsque l’économie reprendra de la vigueur.

Quand on perd son emploi, les mots récession économique prennent toute leur signification. Si vous êtes parmi les 48 800 Québécois qui ont connu ce sort au cours des trois premiers mois de l’année, vous pouvez sûrement en témoigner.

La récession a finalement frappé le Québec durant cette période. «Alors que le marché du travail québécois avait résisté jusqu’à la fin de 2008, la situation s’est fortement détériorée au cours du premier trimestre de 2009», explique Joëlle Noreau, économiste principale à la Fédération des caisses populaires Desjardins.

Ce n’est pas fini. D’autres rejoindront les sans-emplois d’ici l’automne, car plusieurs employeurs importants, tels Abitibi Bowater, Bombardier et Pratt et Whitney, ont annoncé des mises à pied.

Cette tendance à la baisse va se poursuivre sûrement pendant six mois, craint Mme Noreau. Jusqu’à 70 000 travailleurs pourraient perdre leur emploi au Québec en 2009.

Combien parmi ceux qui ont perdu leur emploi le retrouveront-ils? Pour ceux qui ont été mis à pied uniquement parce que l’économie connaît une récession sévère, il y a de l’espoir.

Prenons les mises à pied chez Bombardier. La récession a entraîné une forte diminution de la demande d’avions d’affaires. L’entreprise a donc été forcée de réduire drastiquement sa cadence de production et sa force de travail.

L’effet boule de neige

Les licenciements chez Bombardier se répercutent ailleurs. Les fournisseurs de pièces destinées à ces avions voient eux aussi la demande pour leurs produits baisser et licencient des travailleurs. Même les restaurants situés à proximité des usines de Bombardier et de ses fournisseurs doivent pour la plupart réduire leur personnel, compte tenu d’un achalandage forcément moins grand à l’heure du lunch.

Mais il est probable que tous ces emplois pourront être recréés lorsque la récession sera terminée et que les commandes d’avions d’affaires reprendront. Toutefois, cette reprise n’est pas pour demain. Les premiers signes d’une relance n’apparaîtront pas avant, au mieux, le quatrième trimestre, soit tard cet automne selon les plus récentes prévisions de la Banque du Canada. Cette reprise sera très graduelle.

Comme dans l’aéronautique, plusieurs secteurs ont effectué des compressions de personnel importantes à cause de la détérioration de la conjoncture économique. Pour les travailleurs de ces secteurs, l’espoir n’est pas perdu de retrouver un jour son emploi.

D’abord, le secteur minier. Une diminution de la demande a fait chuter les prix et réduire la production. Mais une relance économique, principalement chez les pays émergents, permettra éventuellement une remontée.

Puis dans le secteur de l’habitation, dont la contraction s’est accélérée en 2009, une réelle crise de la construction domiciliaire a pris naissance aux États-Unis et s’est propagée au Canada et au Québec. La construction reprendra un jour. Mais une reprise valable des mises en chantier au Québec n’est prévue qu’en 2010, selon Hélène Bégin, également économiste au Mouvement Desjardins.

Enfin, les secteurs du commerce de détail et de la restauration encaissent le coup de la récession. Ces secteurs n’attendent qu’une relance de l’économie pour réembaucher.

Industries en mutation

Si le temps ramènera les emplois perdus à cause d’une conjoncture économique défavorable, on ne peut en dire autant des emplois éliminés par un changement fondamental de l’industrie. C’est le cas du secteur forestier, du textile et, dans une moindre mesure, de l’automobile.

Pour les produits du bois conventionnels, l’industrie québécoise est de moins en moins concurrentielle à cause de sa trop petite taille, et du fait qu’il faille aller chercher le bois de plus en plus loin, explique Joëlle Moreau. Il est douteux que cette industrie retrouve sa vigueur d’antan.

Pour l’industrie du textile, les pertes d’emplois risquent d’être permanentes, ce qui n’est pas un phénomène nouveau. De nombreux postes se déplacent vers la Chine ou vers d’autres économies émergentes et ne reviendront jamais.

Pour ce qui est de l’automobile, certains travailleurs retrouveront leurs emplois mais devront peut-être accepter de changer d’employeur, l’industrie américaine risquant fort de ne jamais récupérer les parts de marché perdues durant la crise actuelle.

Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 30

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Défendre son emploi malgré la crise économique

Défendre son emploi malgré la crise économique

François Richard    Dossiers Économie, emploi et justice

La Cour supérieure du Québec a accordé une injonction à l’Université du Québec à Montréal le 25 mars dernier. La mesure est dirigée contre les professeurs de l’établissement, en grève depuis deux semaines. Il leur sera interdit pour les dix prochains jours de tenir quelque manifestation que ce soit à l’intérieur de l’université, d’être plus de cinq à la fois sur les lignes de piquetage et de s’approcher à plus de cinq mètres des portes de l’UQAM lorsqu’ils manifestent.

Ces mesures sont extrêmement sévères, vu le peu d’impact de ce conflit de travail sur la société en général. De plus, le juge Jean-François de Grandpré a eu recours à un argumentaire peu crédible pour justifier sa décision, évoquant la sécurité des usagers de l’UQAM qui serait mise en péril par les professeur qui manifestent. Comme si ces derniers étaient un groupe de dangereux trouble-fêtes qui risquaient à tout moment de saccager l’université et de s’en prendre violemment aux étudiants ou aux employées de cafétéria.

Crise économique, licenciements, conflits de travail

Plus de 200 000 Canadiens ont perdu leur emploi depuis le début de la crise économique. Il est inquiétant dans ce contexte de constater que la justice se montre prête à briser un mouvement de contestation légitime au nom de considérations sécuritaires tirées par les cheveux. Avant même que la crise actuelle ne débute, les Québécois et les Canadiens des autres provinces ont été témoins d’un durcissement croissant des relations de travail et d’un effritement des droits des travailleurs au pays. Depuis une dizaine d’années, le phénomène s’aggrave et ce autant dans les entreprises privées que chez les employeurs publics, de Wal-Mart qui ferme ses succursales récemment syndiquées au gouvernement du Québec qui interdit toute forme de militantisme au employés du secteur public sur leurs lieux de travail.

S’il faut qu’en plus les tribunaux se mêlent de conflits de travail qui ne concernent pas la justice, il faut s’attendre à ce que de nombreuses entreprises profitent de la crise pour effectuer des licenciements et des réductions de salaire qui auraient été considérées inacceptables en des temps plus prospères. Pourtant, pour qu’une société soit prospère, il faut que la majorité de sa population le soit aussi. Malgré les conditions difficiles crées par la crise, les travailleurs doivent continuer de défendre leur emploi et leur qualité de vie.

Vos commentaire sur l’emploi en temps de crise économique.

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Micro Crédit : Quand les banques disent non…

Micro Crédit : Quand les banques disent non…

Morgane Lapeyre, volume 15 no 6, août 2007

Fondé sur les principes de solidarité et de réciprocité, le micro crédit était originellement destiné à enrayer la pauvreté dans les milieux ruraux, bidonvilles et quartiers défavorisés des pays en développement. Ce concept ingénieux, qui consiste à prêter aux petits entrepreneurs à risque, doit son succès et sa popularité au fondateur de la Banque Grameen au Bangladesh et prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. De nombreux pays industrialisés s’en sont ensuite inspirés. Au Québec, les exclus du système bancaire traditionnel peuvent, depuis maintenant 20 ans, adresser leurs demandes à 22 organismes d’emprunt communautaire.

Travailleurs autonomes ou propriétaires de petites entreprises, ils ont un historique de crédit négatif ou n’ont pas d’antécédents de crédit. D’autres sont au chômage ou travaillent à temps partiel. Ils représentent une clientèle précaire et donc un risque financier aux yeux des banques traditionnelles, qui refusent par conséquent de leur accorder un prêt. Cet argument est toutefois contestable, puisque le taux de remboursement est d’environ 90 % dans le secteur de la micro finance.

Au Québec, les institutions de micro crédit sont connues sous le nom d’organismes de crédit communautaires. Financés par la communauté et non par des organisations financières internationales ou des ONG, ils pallient le manquement des banques conventionnelles en offrant une aide technique et financière à une clientèle marginalisée. À leurs yeux, chacun a un potentiel et personne ne devrait être limité dans la réalisation de ses projets.

Dans les pays émergents, 50 $ suffisent à acheter l’engrais ou les machines nécessaires pour augmenter le rendement de la production agricole ou établir un commerce. Au Québec, les prêts varient entre 3 000 $ et 20 000 $. Divergence de pouvoir d’achat oblige.

Chacun sa clientèle

Le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) rassemble les fonds et cercles d’emprunt qui sont à l’origine de sa création. Ils partagent les mêmes valeurs et se sont donc regroupés « pour se donner une force », selon la coordinatrice du réseau, Lucie Villeneuve. Leur clientèle et leurs modalités de remboursement sont toutefois différentes.

La mission d’un cercle d’emprunt est d’apprendre à ses membres comment développer un projet d’entreprise à partir d’une idée. Les prêts n’excèdent pas 5000 $ et la période de remboursement se limite à trois ans. Un fonds d’emprunt s’adresse au contraire à des entrepreneurs ayant déjà une ébauche d’un plan d’affaires, voire un projet élaboré. Les conseillers du Fonds les accompagnent dans leur démarche et les prêts concédés atteignent 20 000 $.

Le Réseau effectue un travail de coordination entre ses membres et négocie avec le gouvernement pour obtenir des subventions. Il a également comme fonction de faire connaître le crédit communautaire pour que les organismes soient reconnus au même titre que d’autres institutions financières.

Viabilité avant tout

Le principal critère d’admissibilité est la « viabilité raisonnable du projet », explique Jean Desbiens. Leur clientèle subit diverses formes d’exclusion sociale et économique, notamment parce que leur situation professionnelle est instable. Aux yeux des conseillers, les projets retenus doivent être irréprochables. « Nous sommes très exigeants dans la mesure où ces personnes sont déjà en situation d’échec. »

Faire faillite risquerait d’augmenter leur sentiment d’insuccès. D’autre part, 70 % des personnes qui se présentent auprès de l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) n’auraient pas de plan d’affaires, note Yasmine Nacro, conseillère au suivi et soutien des entreprises au sein de l’organisme.

« Il y a cependant encore trop de refus », estime Jean Desbiens. La forte sélection des projets d’entreprise est toutefois justifiée puisqu’elle assurerait le succès des nouvelles entreprises parrainées par le Fonds. Les conseillers évaluent le potentiel de gestion des entrepreneurs et jugent ainsi de la nécessité de leur offrir une formation de 30 heures échelonnée sur 6 semaines.

Cette formation initiale comprend l’utilisation d’outils informatiques, des cours de marketing et de comptabilité, précise-t-il. Ils apprennent par exemple à faire une étude de marché et à réaliser un budget. Par la suite, ils peuvent participer à des ateliers sur les techniques de planification publicitaire et budgétaire. Les membres bénéficient également d’un suivi régulier et individualisé, une particularité des organismes de crédit communautaire.

Clé du succès

Les exigences et la rigueur des conseillers financiers garantissent un taux de remboursement élevé. Le bon fonctionnement des fonds et cercles d’emprunt s’explique également par le lien de confiance entre les investisseurs, les conseillers et leurs débiteurs. Chaque organisme repose sur le soutien financier de nombreux investisseurs, tels des syndicats, des communautés religieuses ou encore des caisses Desjardins.

Les organismes de micro crédit peuvent prêter à une clientèle à risque, puisque leur taux d’intérêt est plus élevé que celui des banques traditionnelles. S’il est inacceptable pour eux qu’une clientèle à risque soit condamnée à vivre dans la précarité, il est parfois difficile de proposer une alternative raisonnable aux 6 % de projets qui échouent. Ces organismes doivent donc assurer leurs arrières et compenser pour les prêts non remboursés.

Le Fonds d’emprunt communautaire de Québec aurait ainsi contribué à la mise sur pied d’une soixantaine d’entreprises depuis sa création en 1997, d’après Jean Desbiens. Le secteur d’activité le plus exploité est celui de l’artisanat.

Yasmine Nacro explique que les seuls projets non admissibles sont les franchises, les cybercommerces ainsi que le secteur des nouvelles technologies. Dans le cas des cybercommerces, les clients pourraient se retrouver impliqués dans des situations de fraude, et le fonds, être involontairement complice, dit-elle. Quant aux nouvelles technologies, cela demanderait trop de ressources.

Desjardins fait fructifier la petite entreprise

Le partenariat entre le RQCC et le Conseil des représentants des caisses Desjardins de Québec Est, qui regroupe les présidents de chacune des 18 caisses de la région, remonte à 2002. Les deux parties s’étaient alors rencontrées pour discuter d’un projet d’alliance visant à soutenir le micro crédit au Québec. L’entente prévoit notamment le versement annuel de 75 000 $ aux organismes de crédit communautaire.

En laissant libre choix aux caisses régionales d’apporter un soutien financier à ses organismes, le Mouvement Desjardins rejoint indirectement une clientèle à risque et favorise le développement économique régional. Outre leur volonté de s’impliquer, les caisses doivent cependant être en mesure de prêter sans intérêt aux fonds et cercles d’emprunt communautaire.

Les caisses participantes offrent un volet capitalisation aux institutions de crédit communautaire locales. Leur rentabilité financière leur permet de partager leurs excédents annuels après impôts entre les ristournes individuelles aux membres et les ristournes collectives, c’est-à-dire destinées à la communauté. En 2006, environ 55% des excédents de l’ensemble de ces caisses auraient ainsi été versés à la collectivité.

Ce produit de solidarité Desjardins a son équivalent international, Développement international Desjardins. Fondé en 1997, son mandat consiste à donner aux communautés locales des pays en voie de développement les moyens de gérer de manière autonome leurs caisses d’épargne collective à travers la création d’une expertise locale et la mise en place de coopératives.

Autres textes sur l’environnement.

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L’assurance-chomage, un mauvais employeur!

L’assurance-chomage, un mauvais employeur!

C’est la période des rapports d’impôts. Plusieurs pleurs et grinchements de dents. Pour ceux qui auront été sur l’assurance-chomage, d’une part ils auront eu deux semaines d’attentes sans revenu. Ensuite, il ne recevront que 55% de leur revenu régulier. L’année aura peut-être été difficile.

Mais il y a pire. Lorsque ces gens feront leur rapport d’impôt, ils s’apercevront que le gouvernement ne leur a pas déduit suffisamment d’impôt. Ils se retrouvent donc avec une dette envers le fisc. Pour certains, la somme peut monter jusqu’à 2 000$!

Tout de même étrange. En tant qu’employeur, nous sommes tenus de par la loi de prélever les bonnes déductions à la source sur tous les salaires que nous versons et d’acheminer les argents recueillis au fisc. Comment se fait-il que l’assurance-chomage ne fasse pas de même? Comment se fait-il que nous laissons quelqu’un qui est fragilisé financièrement s’endetter vis-à-vis du fisc sans l’aviser qu’il est en train de se créer une dette et qu’il doit prévoir qu’à la fin de l’année il devra retourner au fisc une partie des sommes reçues?

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L’industrie de la pauvreté

L’industrie de la pauvreté

Pierre Péloquin

La compétition est vive sur le marché de l’emploi. À Montréal, il est plus difficile pour un jeune, issu de quartier pauvre, de lutter à armes égales et sortir de sa pauvreté endémique. Naître pauvre et mourir pauvre, est-ce une obligation?

Le jeune défavorisé a de la compétition dans son groupe d’âge. Immigrants, jeunes des autres provinces venus s’installer dans la métropole, jeunes des autres régions du Québec, jeunes des banlieues.

Devant cette forte compétition, le jeune défavorisé part avec deux handicaps contre lui. Le premier, l’inertie culturelle, suppose que le jeune d’un quartier pauvre sort moins souvent de son quartier. Le second, l’effondrement du secteur manufacturier, diminue l’offre d’emploi dans son environnement. Le jeune, s’il veut trouver un emploi, doit sortir de son quartier. Il n’y a tout simplement pas de travail pour lui à proximité! Mais encore faut-il le laisser sortir…

Un des problèmes majeurs, c’est l’inertie culturelle des animateurs de l’industrie de la pauvreté, qui ont le même problème que leurs clients: ils ne sortent pas de leur cour. L’industrie de la pauvreté? Ce sont ces organismes qui obtiennent des fonds du gouvernement pour venir en aide aux démunis. L’industrie a ses professionnels, ses intervenants, son lobby officiel avec le Chantier de l’économie sociale. Tous ces gens ne peuvent s’occuper que des personnes présentes sur un territoire bien précis. Leur façon de vivre, d’opérer, n’est pas basée sur le déplacement.

Pour cette industrie, si tu gardes tes pauvres dans ton quartier, tu gardes tes subventions. Plus tu as de pauvres, plus tu reçois de l’argent. Car les subventions sont ciblées sur les indicateurs de pauvreté. Donc pour conserver ce financement, les gens du quartier ne doivent pas s’enrichir.

Mais avec les des conditions de vie qui s’améliorent et notre taux de chômage au plus bas depuis les 10 dernières années, l’industrie crie famine. Veut-elle vraiment aider les jeunes à améliorer leur sort? En a-t-elle les moyens?

Des jeunes plus mobiles

Les jeunes en provenance de l’extérieur de Montréal sont plus mobiles que ceux des quartiers pauvres. Ils vont gagner la compétition, rafler les emplois disponibles. Il convient donc d’aider les perdants. Sinon, ils demeureront perdants.

Il faudrait que les jeunes décrocheurs, les jeunes adultes chômeurs et les élèves du secondaire obtiennent une passe de transport en commun gratuite. Le jeune chômeur, qui s’inscrit au Centre local d’emploi, devrait obtenir un titre de transport. Comme le jeune n’a pas envie de sortir de son quartier, il n’achètera pas la carte mensuelle à 63$.

Un transport en commun plus cher?

Est-il normal que, depuis 2002, la Société des Transports de Montréal (STM) ait augmenté ses tarifs de 26%? Encore cette année, la Ville de Montréal a annoncé une autre augmentation tarifaire. La Ville veut régler ses problèmes de finances publiques et de relations de travail sur le dos des usagers du transport en commun.

Les raisons avancées pour justifier une nouvelle augmentation sont l’indexation des salaires prévus à la convention collective, les lois sur l’équité salariale et les congés parentaux, la hausse du prix de l’essence et la hausse du nombre de déplacements pour le transport adapté. Des raisons qui n’ont rien à voir avec le transport en commun…

Pourquoi ne pas faire comme Londres? Que ceux qui doivent se rendre sur l’île paient. Ceux qui vont y flâner n’iront plus. Ou ils iront en métro, en bus. L’argent des véhicules payants permettrait que certaines couches de la société ne paient pas pour le transport en commun. Certaines lignes, certains jours, pourraient être gratuites. Ce qui pourrait favoriser le commerce la fin de semaine, par exemple.

Autre exemple, celui de l’université de Sherbrooke. Le transport en commun est gratuit pour tous ses étudiants. Après environ 2 ans d’expérience, les étudiants utilisent la voiture de  40 à 60% moins qu’auparavant. Ça désengorge le trafic, oblige la Ville de Sherbrooke à assurer un service de meilleure qualité en raison d’un plus grand nombre d’utilisateurs et l’université songe construire de nouveaux bâtiments à la place de stationnements. Comme quoi, en fournissant le transport gratuit à certains, tous deviennent gagnants.

Pierre Péloquin est économiste. Il a commencé à la fin des années 1970 dans les Cantons de l’Est à l’époque où la récession poussait les entreprises vers la faillite. Il voyait à la relance ou au recyclage de ces compagnies en difficultés financières. Suite à la crise économique de 1987, son aide est demandée pour redresser la barre des caisses de retraites de la Ville de Montréal.

En plus d’agir comme consultant, M. Péloquin a enseigné en économie pendant 15 ans à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Le désengagement du gouvernement envers le communautaire

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L’esprit de clocher, un frein à nos régions

L’esprit de clocher, un frein à nos régions

Pierre Péloquin, Volume 14.3 Février 2006

Fermeture de villes, chômage endémique: nos régions ne vont pas bien. Actuellement, la pensée dominante du gouvernement est que, si tu habites dans une région où tu ne peux pas vivre, grouille ton cul. Quitte ta région.

Congrès d’économistes, dans un passé pas si lointain. Une source gouvernementale: «si des gens veulent habiter en Gaspésie, c’est qu’ils veulent voir de beaux couchers de soleil. Le gouvernement n’a pas à payer pour ça.» On en est rendu là. Subventionner les régions, c’est terminé. On débranche le respirateur artificiel.

Avant, le gouvernement taxait les ressources naturelles et redistribuait l’argent par des programmes sociaux pour tous. C’est le modèle canadien. Aujourd’hui, l’argent rentre grâce à la mondialisation. C’est très difficile pour une région de taxer la mondialisation.

Les impôts sur les entreprises ont beaucoup diminués. Les redevances sur les ressources naturelles aussi. Là, pour payer les programmes sociaux, il faut taxer nos salaires, les profits des PME.

Le seul moyen, pour rendre nos régions habitables et viables? Se faire une place dans la mondialisation. Ville ou région, la question se pose: vas-tu vers la mondialisation ou pas? Si tu ne te diriges pas vers la mondialisation, tu dois avoir une stratégie où tu vas tyranniser la société pour obtenir des subventions. Tu vas invoquer le droit à la vie. Et ton droit à la vie, c’est tes concitoyens qui vont le payer. Une vie contre une vie. Bel échange.

Pour ceux qui veulent faire leur place dans la mondialisation, deux critères à suivre: l’intensité en capital (les investissements) et la créativité. C’est tout ce que ça prend.

Dans les régions, il y a deux endroits où on retrouve une intensité en capital. L’éducation et la santé. Utiliser ces 2 secteurs pour gagner notre place dans la mondialisation, c’est le seul programme accessible à tout le monde. La métropole, les villes, les régions. Là où on investit notre capital et notre créativité, c’est là où on va faire notre place dans la mondialisation.

Dans chacune des régions, par survie économique, les hôpitaux fonctionnent à 100% de leur capacité. Aucune marge de manœuvre. Advenant un accident, le système ne peut y faire face. Parce que le gouvernement n’a plus les moyens d’émettre des chèques. On doit se donner un secteur productif en attirant la clientèle étrangère. Suffit d’user de créativité. Les bâtiments, l’équipement, le savoir-faire: on a tout!

Notre système paroissial

Les régions ont une place à prendre. Elles en ont la capacité. Mais les élites bloquent le chemin. Elles empêchent de se moderniser. Elles veulent des subventions. Donner à ceux qui mangent dans leur main. Donner pour garder cet état de dépendance. Freiner le développement des régions pour garder le contrôle de tout ce beau monde.

Le monde paroissial dit «vous nous appartenez». Ces gens ne peuvent admettre que quelqu’un ne soit pas sous leur contrôle. Une élite éclairée dit aux autres ce qui est bon pour eux. Si tu ne les suis pas, tu n’as rien compris. Tu es dans l’autre camp. Ils agissent à la manière d’un cardinal, d’un prêtre. Tu me suis, je te protège.

Le problème? Ces élites dominantes, le gouvernement et les syndicats, ont un discours où la mondialisation est absente. C’est logique! En dehors de la mondialisation, la seule chance de survie pour les régions… ce sont les subventions.  Le meilleur moyen de contrôler. Un réseau à 100% public qui se donne une mission extra-paroissiale? Ce serait une révolution au Québec.

Recette pour une mondialisation réussie

Des étudiants étrangers stimulent la Gaspésie

Gaspé se mondialise

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