Pilule contraceptive, problème de fertilité et avoir des enfants

Pilule contraceptive, problème de fertilité et avoir des enfants

(Agence Science-Presse) – D’après une nouvelle étude britannique, la pilule contraceptive perturberait la perception des odeurs de la femme, avec pour conséquence de choisir un partenaire sexuel ayant un profil génétique similaire au sien.

Or, les femmes sont généralement attirées, de manière inconsciente, par des hommes possédant un patrimoine génétique différent. Une trop grande similarité entre les profils peut en effet causer des problèmes de fertilité, des fausses couches et des déficiences du système immunitaire chez les descendants.

Le traitement contraceptif pourrait donc parfois être à l’origine de ces difficultés et, selon les conclusions de l’étude, expliquer les raisons pour lesquelles beaucoup de relations amoureuses se détériorent brusquement au moment où la femme arrête de prendre la pilule pour avoir un enfant.

autres textes sur sexualité

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Louise Brown, 30e anniversaire du bébé-éprouvette

Louise Brown, 30e anniversaire du bébé-éprouvette

fécondation in vitro

Geneviève Bougie, Agence Science-Presse

Louise Brown, premier bébé conçu par fécondation in vitro, a célébré son 30e anniversaire le 25 juillet dernier. Depuis cette première mondiale réalisée par les docteurs anglais Patrick Steptoe et Robert Edwards, cette technique de procréation assistée a connu un développement rapide, à un point tel que cette technique est devenue presque banale. Toutefois, son taux de succès est très variable (entre 7 % et 43 % selon l’Observatoire de la génétique en 2003) et les techniques ne sont pas sans risque pour la santé de la femme et de l’enfant à naître.

D’abord, la technique fécondation in vitro implique, dans 80 % des cas, une stimulation ovarienne à l’aide de médicaments afin d’accroître le nombre d’ovules à féconder. Mais comme le souligne Nathalie Parent, coordonnatrice à la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), la stimulation ovarienne peut occasionner des problèmes de santé importants pour la femme, incluant des embolies pulmonaires, des accidents vasculaires cérébraux et peut parfois conduire au syndrome d’hyperstimulation ovarienne qui dans sa forme la plus sévère nécessite une hospitalisation.

Les grossesses multiples et naissances prématurées

Afin d’augmenter les chances d’une grossesse, on procède au transfert de plus d’un embryon à la fois dans l’utérus de la femme. Selon une étude réalisée en 2003 par la Canadian Fertility and Andrology Society, on transfert deux embryons à la fois dans 50 % des cas et trois à la fois dans 27 % des cas (dans seulement 10 % des cas, on procède au transfert d’un seul embryon). Or, cette pratique augmente également le taux de grossesses multiples de 14 % à 50 % (alors que ce taux n’est que de 2 % pour l’ensemble de la population). Et les grossesses multiples… multiplient les risques de naissances prématurées. Selon le Dr François Bissonnette de la clinique OVO à Montréal, de façon générale, les gens sous-estiment les risques liés aux grossesses multiples. « Le désir d’avoir un enfant est si grand que, non seulement le scénario d’une grossesse multiple n’effraie pas les futurs parents, mais parfois même, il soulève leur enthousiasme », dit-il. Pourtant, les faits sont sans équivoque : les traitements d’infertilité seraient à l’origine de 30 à 50 % des naissances de jumeaux, et de près de 80 % des naissances de triplets, quadruplés et quintuplés. Parmi ces bébés prématurés, plusieurs souffriront de déficience mentale ou de paralysie cérébrale.

Malgré tout, il n’est pas rare de rencontrer des couples qui demandent le transfert de plusieurs embryons afin d’augmenter leur chance de grossesse. Un document de la Fédération du Québec pour le planning des naissances avançait qu’il n’y a pas si longtemps, ce nombre pouvait atteindre cinq, six voire neuf embryons à la fois. Aussi, plusieurs intervenants déplorent l’absence de débat éthique entourant ces technologies. L’automne dernier, les Drs Raymond Lambert, Marcel Mélançon et Jacques Mailloux de l’Observatoire de la génétique affirmaient que : « Les grossesses multiples ainsi que la prématurité qui en résulte sont le principal facteur de risque créé par la fécondation in vitro pour la santé des enfants. Une politique de transfert d’un seul embryon par cycle fécondation in vitro réduirait considérablement ces risques. » Pour sa part, la Fédération du Québec pour le planning des naissances déplore que le Canada et le Québec ne disposent toujours pas d’aucun registre public et indépendant concernant l’efficacité des diverses techniques de procréation assistée. Actuellement, le gouvernement du Québec étudie un projet de loi (Loi 23) visant notamment à limiter le nombre d’embryons transférés.

De l’infertilité à la dépression

Les avancées technologiques et l’accroissement des taux de réussite contribuent à entretenir de nombreux espoirs. Mais il n’en demeure pas moins qu’une majorité de couples infertiles connaissent ou connaîtront l’échec. Cet échec peut se solder non seulement par un gouffre financier (les frais liés à la procréation assistée coûtent entre 11 000 $ et 15 000 $), mais également par une grande détresse psychologique. « On observe une détresse évidente chez les femmes infertiles qui tentent depuis plusieurs années d’avoir un enfant. Une déception qui se transforme souvent en frustration, voire même en dépression dans près de 20 % des cas », affirme Dr Janet Takefman, directrice des services psychologiques du Centre de reproduction McGill. L’inquiétude et les attentes sont grandes chez ces couples dont trois sur quatre devront faire le deuil d’avoir un enfant.

Infertilité

Les causes de l’infertilité sont nombreuses et parfois même, inconnues. Selon la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), un couple sur 12 éprouverait de la difficulté à concevoir un enfant. Et ce taux n’aurait guère varié depuis les dernières décennies. Or, le nombre de couples qui font appel à la technologie pour avoir un enfant a beaucoup augmenté. Cette situation serait attribuable notamment au fait que les femmes d’aujourd’hui ont des enfants plus tard qu’auparavant. Selon les données générales de Statistique Canada, 48 % des femmes qui ont donné naissance à un enfant au cours de l’année 2003 étaient âgées de 30 ans et plus, alors qu’elles n’étaient que 25 % il y a vingt ans. Environ 1700 traitements pour l’infertilité ont été pratiqués au Québec en 2005. Depuis la naissance de Louise Brown en 1978, trois millions d’êtres humains sont nés grâce aux techniques de procréation assistée.

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Bébé éprouvette et génétiquement modifié

Bébé éprouvette et génétiquement modifié

Fécondation in vitro (FIV)

Danny Raymond, Agence Science-Presse

L’anniversaire du premier bébé-éprouvette marque une percée historique. À l’époque, la fécondation d’un embryon à l’extérieur du corps humain semblait aussi saugrenue qu’irréaliste. Dans le milieu scientifique, l’importance de l’événement serait comparable à l’envoi du premier homme sur la Lune. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour les couples infertiles!

Ce premier pas a commencé par la naissance de Louise Brown qui aura donné à la fécondation in vitro (FIV) un souffle insoupçonné. À un point tel qu’aujourd’hui, les progrès font miroiter des prodiges génétiques à notre portée: permettre la grossesse à 50 ans, prolonger l’espérance de vie des bébés à naître et, pourquoi pas, améliorer leur quotient intellectuel!

Science-fiction ou réalité?

Rassurez-vous: le bébé-éprouvette de l’avenir n’aura rien d’un cyborg. Si les percées en procréation assistée sont en apparence beaucoup moins spectaculaires, leur impact sur la vie des futurs bébés est impressionnant. À ce chapitre, l’Université McGill s’est démarquée en juin 2007, en en annonçant une première mondiale. Deux chercheurs ont donné naissance au premier bébé né d’un ovule arrivé à maturité et congelé en laboratoire. Les résultats ont été obtenus après avoir combiné deux techniques de procréation assistée : la maturation in vitro (MIV) et la cryoconservation (congélation). La nouvelle a fait le tour du monde.

Contrairement aux méthodes actuelles, le traitement par MIV ne requiert pas qu’une hormonothérapie soit administrée pour stimuler la production d’une grande quantité d’ovules matures en vue de leur prélèvement. Cette technique douce s’appuie sur des méthodes de procréation dites de cycle naturel et marque la tendance pour les prochaines années, soutient le Dr Jacques Kadoch, gynécologue-obstétricien à la clinique de fertilité OVO et professeur à l’Université de Montréal. Étonnamment, la technique nous ramène 30 ans en arrière. C’est la même technique qui a donné naissance à Louise Brown. Son avantage majeur permet surtout d’éviter l’hyperstimulation ovarienne, qui vise à produire le plus grand nombre possible d’embryons à féconder. De cette manière, on augmente les chances de réussite. Mais l’opération représente un cauchemar pour les couples, surtout les femmes, dont les impacts physiques, psychologiques et pécuniaires sont considérables. 

Mère à 65 ans

La technique en est à ses premiers pas, admettent les spécialistes de l’Université McGill. Cependant, le potentiel est énorme. D’ici quelques années à peine, les femmes atteintes d’un cancer, d’une maladie ovarienne ou qui échouent aux techniques de procréation traditionnelles pourront dorénavant envisager la grossesse. Voilà pour les bonnes nouvelles.

Or, la technique présente aussi un effet pervers. Pour plusieurs femmes, l’idée d’envisager la grossesse à un âge plus avancé est séduisante. Surtout pour les professionnelles ou celles qui retournent aux études, explique le Dr Kadoch. Aux États unis seulement, les grossesses de femmes âgées de 40 et 44 ans ont explosé de 70 % de 1991 à 2001. Présentement, les femmes âgées dans la cinquantaine ou celles qui approchent la ménopause ne sont pas admissibles à la conception par FIV, précise le spécialiste. Les risques pour la santé de la mère et du bébé sont trop importants. Une étude de l’Université de la Californie du Sud à Los Angeles et les données du Centre médical de l’Université de Boston le confirment. Les grossesses par FIV passées la quarantaine exposent la mère à des risques élevés d’obésité, d’hypertension artérielle et de maladies chroniques (diabète de grossesse, la prééclampsie, entre autres).

Bébé génétiquement modifié

Les manipulations génétiques promettent l’arrivée prochaine de nouvelles approches révolutionnaires, prédit Dr Jacques Bissonnette, directeur de la clinique de fertilité OVO. À l’aide du dépistage préimplantatoire (DPI), par exemple, on est déjà capable d’identifier des embryons marqués par des tares génétiques comme l’anémie ou la Trisomie 21, souligne le spécialiste. « D’une manière encore plus poussée, on pourra créer des cellules souches au niveau embryonnaire capable de ralentir le vieillissement, de prévenir la maladie d’Alzheimer, le diabète ou même d’autres maladies dégénératives. »

Mais attention à l’eugénisme, prévient le docteur. Il n’est pas question de créer l’humain parfait. Pour lui, les percées génétiques réussiront d’abord à faire passer le taux de réussite des grossesses par FIV de 30 % à 100 %. Un point de vue partagé par le Dr François Desrosiers, directeur de laboratoire de FIV et dépistage à Procrea Cliniques. « Les découvertes en génétique visent essentiellement à sélectionner le meilleur embryon et ainsi éviter les complications liées aux grossesses multiples. En même temps, poursuit-il, les recherches nous permettent d’identifier plus rapidement les déficiences génétiques et les maladies héréditaires, comme la dystrophie musculaire ou des pathologies sanguines. »

Maman est une vache!

En janvier dernier, une équipe anglaise de l’Université de Newcastle a créé un embryon hybride mi-animal, mi-humain. Le clone qui répond du nom cybrid remplacera les cellules souches d’un embryon humain dans le traitement des maladies neurodégénératives, comme l’Alzheimer, la sclérose en plaques, etc. Aussi, les scientifiques misent sur leur potentiel à régénérer les tissus de la peau et d’autres types de cellules dans l’organisme. Les cybrids sont obtenus par la même technique de clonage à l’origine de Dolly la chèvre.

Bébé ordinateur?

L’éprouvette serait sur le point d’être remplacée par un microprocessus de la taille d’une puce électronique. Une équipe de chercheur de l’Université de Tokyo développe une puce capable de reproduire la fonction de l’utérus. Les spécialistes ont franchi la première étape dans la création d’un utérus entièrement autonome. Les ovules et les spermatozoïdes y seraient fécondés à une extrémité pour ressortir en embryon à l’autre. À quand un bébé-Ipod?

Bébé nain sur demande

Des couples atteints de nanisme ont recours au diagnostic préimplantatoire (DPI) pour choisir un embryon qui leur ressemble. Une équipe du Centre de politique publique et de génétique de l’Université étasunienne John Hopkins a passé en revue 190 cliniques de DPI. Les conclusions sont gênantes, puisque 3 % des parents en font la demande. La volonté de garder les gènes défectueux dans la famille toucherait aussi les parents malentendants. En 2002, le Washington Post Magazine rapportait une histoire inusitée. Un couple de lesbiennes sourdes du Maryland ont délibérément sollicité le sperme d’un donneur sourd. Né en 2001, l’enfant est pratiquement sourd et ses parents ont préféré ne pas lui faire porter d’appareil auditif, soutient l’article.

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