Les Pacifique

Les Pacifique

(Agence Science-Presse) – La plus impressionnante colonisation de l’histoire humaine est celle des îles du Pacifique. Les historiens et les linguistes ne s’entendent pas sur l’ordre dans lequel ont eu lieu tous ces déplacements d’une île à l’autre, mais des généticiens tentent de les mettre d’accord en analysant le génome… d’une bactérie. Il s’agit de la H. pylori, qui colonise, elle, notre estomac. On l’aura compris, il y a différentes souches de cette bactérie, qui permettent aux généticiens de pencher vers l’hypothèse voulant que le gros de la migration ait commencé à Taïwan, il y a 5 à 6000 ans.

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Mois de l’histoire des Noirs 3

Mois de l’histoire des Noirs 3

François Richard

Dossier Mois de l’histoire des Noirs

Mathieu Da Costa Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Troisième personnage, Mathieu Da Costa, interprète africain, ou d’origine africaine, pour les navigateurs français et hollandais auprès des autochtones canadiens au début du 17è siècle.

3. Mathieu Da Costa

Avant de raconter l’histoire de Mathieu Da Costa, il est important de préciser qu’il existe très peu d’informations à son sujet. Son nom n’apparaît en effet que dans quelques documents juridiques français et hollandais datant du dix-septième siècle et sa biographie est essentiellement inconnue. L’histoire de Mathieu Da Costa est donc intéressante surtout en ce qu’elle permet de prendre conscience d’une présence noire méconnue en Amérique du Nord aux tous débuts de la colonisation européenne, soit avant l’avènement de la traite des Noirs à grande échelle qui marquera l’histoire américaine au cours des deux siècles suivant. Mathieu Da Costa était un homme libre, venu travailler en Amérique en échange d’un salaire qui, pour l’époque, était élevé.  

Une existence juridique

Le nom de Mathieu Da Costa apparaît dans le compte-rendu d’un procès qui a eu lieu à Amsterdam au cours du mois de février 1607. Le litige porte sur un crime commis à Tadoussac quelques mois auparavant. Le bateau de l’explorateur français Pierre Dugua De Mons, qui a travaillé avec Samuel Champlain à l’époque, est alors attaqué par une flotte hollandaise. Selon le peu d’information disponible, l’interprète Mathieu Da Costa aurait à cette occasion été pris par les Hollandais, qui souhaitaient l’avoir à leur service. Il fait parti de ce que De Mons réclame au tribunal hollandais en réparation de l’attaque dont lui et ses hommes ont été victimes. Ces documents permettent d’établir que Mathieu Da Costa n’était pas d’origine européenne, puisqu’il y est affublé du qualificatif « nègre ». Son statut d’interprète entre les Européens et les Autochtones d’Amérique y est également précisé.

L’interprète emprisonné

Le nom de l’interprète apparaît ensuite sur un contrat d’embauche pour des voyages en Amérique qu’il a conclu avec De Mons à Amsterdam en 1608. Mathieu Da Costa est mentionné deux dernières fois sur des documents européens, au cours des années 1608 et 1609, notamment lorsqu’il purge une peine de prison dans la ville normande du Havre pour « insolence ».

S »il n’existe pas de preuve qu’il ait effectivement foulé le sol américain, le fait qu’il ait été à l’emploi de De Mons lors de l’attaque de Tadoussac permet de penser qu’il a accompagné l’explorateur dans ses voyages en Acadie et dans la vallée du Saint-Laurent.

Les explorateurs d’Afrique

La question qui surgit à l’esprit lorsque l’existence de Mathieu Da Costa est évoquée est : mais comment un Africain pouvait-il servir d’interprète entre les Européens et les Amérindiens? La côte Atlantique de l’Afrique est à cette époque visitée depuis près de deux siècles par les navigateurs et marchands portugais. Ces derniers ont établis des comptoirs de commerce permanents en Afrique et un dialecte de commerce, à mi-chemin entre le portugais et les langues africaines, s’y est développé. Comme les autres métiers à l’époque, celui d’interprète se serait transmis de père en fils, dans ce cas-ci de père en fils métis, issus des unions entre portugais et africaines. Ces métis étaient les mieux placés pour faire le pont entre deux cultures ayant peu à voir l’une avec l’autre et sont devenus au fil du temps autant des commerçants professionnels que des interprètes. Le nom Da Costa a d’ailleurs une consonance latine et permet de penser que Mathieu pourrait avoir eu des ancêtres portugais.

Il faut savoir de plus que les équipages des navires d’exploration européens étaient composés de gens d’origines diverses. Les « professionnels » de l’exploration étaient rarement attachés à leur pays d’origine et vendaient plutôt leurs services au plus offrant, à l’instar de l’Italien Christophe Colomb, qui a découvert les Antilles au nom de la couronne d’Espagne.

L’embauche d’interprètes africains procurait plusieurs avantages aux explorateurs européens, dont leur expertise de négociants interculturels professionnels, les similitudes entre les patois de commerce d’Afrique et d’Amérique et le fait que, puisqu’ils n’étaient pas Blancs, ils pouvaient constituer un équilibre dans les relations qui, déjà à l’époque, se dégradaient rapidement entre Européens et Amérindiens.

Mathieu Da Costa et le Canada

Si les historiens se montrent extrêmement prudents quant à l’existence et au rôle historique de Mathieu Da Costa, le gouvernement canadien n’hésite pas, pour sa part, à en faire un symbole de sa politique multiculturelle. Ainsi, un concours scolaire intitulé le Défi Mathieu Da Costa, visant à souligner le Mois de l’histoire des Noirs, se déroule depuis 1996 dans les écoles du pays. En 2009, la Chambre des communes a institué la Journée Mathieu Da Costa, à être célébrée à travers le pays la première journée de février. La mémoire de l’interprète africain est aussi soulignée au musée de l’Habitation du lieu historique national du Canada de Port-Royal à Annapolis, en Nouvelle-Écosse.

Ce billet est largement inspiré du texte Mathieu Da Costa et les débuts du Canada: possibilités et probabilités de A.J.B. Johnston, que vous pouvez consulter gratuitement en ligne.

Mary Ann Camberton

Le dernier personnage présenté dans le cadre de cette série sera Mary Ann Camberton, réfugiée américaine au Canada qui a vécu au dix-neuvième-siècle. Elle fut journaliste, fondatrice d’un journal en Ontario, recruteur pour l’armée du Nord durant la Guerre de Sécession, enseignante et militante de la cause noire.

Pour commenter ce billet sur le Mois de l’histoire des Noirs, veuillez consulter ce lien.

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Mois de l’histoire des Noirs

Mois de l’histoire des Noirs

François Richard             Dossier Jeux Olympiques.

Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Le Journal de la Rue vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Premier personnage, James Douglas, premier gouverneur de la Colombie-Britannique.

1. James Douglas, 1803-1877

À un an de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Vancouver, il est pertinent de rappeler que le premier gouverneur de la Colombie-Britannique était un homme d’ origine africaine, élevé parmi les esclaves de la plantation de son père écossais en Guyane britannique, colonie située dans le nord-est du continent sud-américain.

Commerce des fourrures

Après des études en Angleterre, le jeune James Douglas s’installe au Canada à l’âge de 16 ans, en 1819, afin d’entamer une carrière de négociant dans le commerce des fourrures. Ses talents de gestionnaires lui valent d’ être nommé, à l’âge de 37 ans, responsable du District du Pacifique de la Compagnie de la Baie d’Hudson, devenant du coup responsable d’un immense territoire s’ étendant du Yukon à la Californie, à une époque où la région est dépourvue de gouvernement .

Premier Gouverneur de la Colombie-Britannique

Au cours des ans, alors que l’Empire britannique s’ investit progressivement dans le développement du nord ouest de l’Amérique, James Douglas détiendra une autorité commerciale, puis politique, lui conférant des pouvoirs énormes. En plus d’ être responsable de la Compagnie de la Baie d’Husdson, qui détient un monopole sur les activités commerciale de la région, il occupe le poste de Gouverneur de la Colonie de l’île de Vancouver de 1851 à 1864, puis devient le premier gouverneur de la Colonie de la Colombie-Britannique lors de sa création en 1858. Il occupera ces postes jusqu’à sa retraite en 1864.

Chercheurs d’or et guerre

Durant ses années à la tête de la future Colombie-Britannique, James Douglas a dirigé l’installation des premiers cultivateurs dans la région et a été, plus souvent qu’il ne l’aurait souhaité, au centre des nombreux et sanglants conflits qui opposaient cultivateurs et prospecteurs d’or aux nombreux habitants autochtones de l’extrémité ouest du continent. Sans soutient conséquent des autorités britanniques, James Douglas a parfois dû recourir à une justice expéditive afin d’éviter que les antagonismes entre les différents habitants du territoire sous sa gouverne ne dégénèrent en guerre ouverte.

Noirs américains et Canada

La politique d’installation de colons, notamment des Noirs américains fuyant l’esclavage, de James Douglas a fortement aidé le futur Canada à conserver le territoire de la Colombie-Britannique lors du tracé de la frontière canado-américaine, en 1846.

La vie de James Douglas illustre la richesse et la complexité de l’Histoire des Noirs en Amérique du Nord et permet de mieux comprendre l’apport des descendants d’Africains à notre société. Un apport de bâtisseur, et non une simple présence en tant que victimes.

Pour en savoir plus sur James Douglas

Jackie Robinson

Le personnage présenté la semaine prochaine sera Jackie Robinson (1919-1972),  premier Noir à jouer dans la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs.

Les Jeux olympiques de Vancouver veulent-ils discréditer le graffiti?

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Un humoriste, les prostituées, les prisonniers et la France

Sylvain Larocque humoriste, les prostituées, les prisonniers et la France

Dossiers Humoriste Prostitution et Sexualité

Une légende urbaine persiste depuis fort longtemps. Le Québec aurait été colonisé par des prisonniers et des prostituées que la France nous envoyaient. Cette légende urbaine est totalement fausse. Une grande découverte que j’avais faite lors de ma série de conférence en France au printemps dernier. Je vous avais écrit un billet sur le sujet et même un éditorial dans Reflet de société.

J’écoutais Sylvain Larocque lors du Festival Juste pour rire, en tandem avec une humoriste française. M. Larocque lance l’idée que nous avons été colonisés par les Français à partir de leurs prisonniers et leurs prostituées. Je ne sais pas si Sylvain Larocque connaît la réalité de la colonisation du Québec? Peut-être connaît-il la vérité mais que la « joke » était trop facile. Mais pour combien de citoyens cela va-t-il confirmer cette légende urbaine que nous avons été colonisé par des prostituées et des prisonniers? L’humour doit nous faire rire. Mais l’humour ne peut renforcir des légendes urbaines. En ce sens, la « joke » de ce Sylvain Larocque devient inacceptable à mes yeux.

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Témoignage sur l’implication bénévole

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Colonisation du Québec : légendes urbaines

Colonisation du Québec : légendes urbainesBillet de Raymond Viger, Volume 15 no 6, août 2007.

J’avais déjà étudié l’histoire du Québec: les voyages de Jacques Cartier, la colonisation avec Samuel de Champlain, la résistance héroïque de Dollard-des-Ormeaux, la bataille entre Wolfe et Montcalm, les entreprises missionnaires de Brébœuf et Lallemand. D’autres grands pans de notre histoire que j’avais intériorisés seraient cependant des légendes urbaines.

J’ai toujours été convaincu que le Québec avait été colonisé par des hommes au passé trouble qui cherchaient à se soustraire à la justice. Des hommes à qui on avait envoyé les Filles du Roi, c’est-à-dire des prostituées, pour peupler la nouvelle colonie. Voilà mes ancêtres, tel que j’en avais souvenir. Christine Burtin, une travailleuse sociale qui est venue travailler 4 ans au Québec, m’a reçu lors de ma tournée en France et m’a raconté une tout autre version de l’histoire de nos origines.

Nouvelles terres à conquérir

Pour coloniser la Nouvelle-France, des hommes venaient par exemple travailler sur un chantier sur une période de 3, 5 ou 7 ans. Un peu comme ceux qui sont partis dans le Nord pour construire les barrages de la Baie James. Les braves qui ont aimé le pays ont revendu leur billet de retour pour s’installer au Québec.

D’autres partaient avec l’objectif avoué de coloniser la Nouvelle-France. Ils apportaient des outils, des semences et quelques bêtes. Avec le désir de découvrir pour certains, de s’installer pour d’autres. Il faut comprendre qu’à l’époque, un père de famille qui possédait une petite terre ne pouvait pas nécessairement la séparer entre ses 15 enfants. Chaque petit bout n’aurait pas suffi à faire vivre une nouvelle famille. Plusieurs jeunes quittaient donc la France dans l’espoir de devenir propriétaire terrien et d’élever une famille.

Célibataires endurcies

Pour diverses raisons, une fille qui ne pouvait être mariée par sa famille était bien souvent envoyée au couvent. Ces jeunes femmes de bonne famille apprenaient des religieuses les travaux de base et y recevaient leur éducation. Un jour, le roi Louis XIV a décidé d’offrir une opportunité à ces jeunes dames. Si elles étaient prêtes à s’embarquer pour le Nouveau-Monde, il leur accorderait une dot pour qu’elles puissent s’y marier. De là l’expression « Filles du Roi ».

Il y avait alors de 4 à 5 hommes pour une femme dans la colonie. Des religieuses telles que Marguerite Bourgeoys recevaient les hommes pour les éduquer sur l’art de séduire. Elles organisaient des fêtes pour qu’hommes et femmes fraîchement débarquées puissent apprendre à se connaître et à former des couples.

Chers Québécois, chères Québécoises, pour tous ceux qui, comme moi, ont vécu dans la honte de leurs racines depuis des décennies, relevez le menton vers le ciel et soyez fiers de vos origines!

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