Suicide et les moyens pour se tuer sans souffrance

Pour les obsessifs et compulsifs

Un trafic bien mal acquis

Les appellations de ces sites Internet sont nombreuses: moyens pour se suicider, se suicider sans souffrance, comment se suicider rapidement, comment mourir sans souffrir…

Raymond VigerDossier Suicide

moyens pour se tuer se suicider mourir facilement sans souffrance sans douleur suicideJ’ai un blogue avec des textes similaires que je gère depuis 2006. Depuis 20 ans, je suis un intervenant de crise professionnel auprès de personnes suicidaires.

Plusieurs sites ont tenté de faire des interventions similaires. Plusieurs ont dû cesser, compte tenu de toute l’énergie que cela nécessite pour être fait dans les règles de l’art.

Il peut même y avoir des poursuites légales. Même si je suis québécois j’ai été enquêté par la Gendarmerie Française. Parce que la blogosphère ne se limite pas au Québec, mais rejoint tous les pays francophones.

Pacte de suicide

Il y a eu un pacte de suicide entre 2 françaises qui se sont tuées devant un train. J’ai fait les manchettes en France. Une des personnes avaient été sur mon site. La famille a déposé une plainte en disant que c’était à cause de mon site que le pacte de suicide avait pu être complété.

La gendarmerie a fait enquête pour se rendre qu’effectivement, une des personnes était venu sur mon site mais pas la 2e. J’ai eu à prouver que les personnes recevaient une aide adéquate et qu’une modération rapide évitait que les internautes puissent échanger leurs coordonnés facilement. Le site français où les 2 femmes se sont rencontrées et échangées leurs coordonnés à été contraint de fermer. Je ne sais cependant pas s’ils ont eu des amendes à payer.

J’ai eu à prendre des contacts avec plusieurs corps policiers à travers le monde pour certaines interventions internationales. Parce que dans certains cas il faut envoyer la police défoncer une porte lorsque nous considérons qu’il y a une tentative de suicide en cours.

Notre responsabilité face au suicide

Nous sommes responsables, non seulement de ce que nous écrivons nous-même, mais de tous les commentaires laissés par les internautes.

Plusieurs points sont très importants pour la police: est-ce qu’il y a une modération constante et rapide pour:

1- Éviter de donner des moyens pour se suicider. 2- Éviter que les billets ou les commentaires favorisent l’idée de se suicider. 3- Éviter que les suicidaires puissent communiquer directement entre eux en laissant leurs coordonnés pour qu’ils fassent un pacte de suicide

Est-ce qu’un site de ce genre peut aider un certain nombre d’internaute? Fort possiblement. Mais ce n’est pas la question que la Justice va se poser s’il y a un pacte de suicide. Ils vont se demander si la modération est suffisamment rapide, si on a tout mis en oeuvre pour éviter l’échange d’informations entre personnes suicidaires… Ils ne regarderont pas ceux qui pourraient avoir reçu de l’aide, mais celui qui vient de se suicider.

La question qui tue

Pourquoi y a-t-il tant de sites et de blogues accroc à un trafic de personnes qui cherchent à se suicider sans donner les services qu’ils méritent? Les personnes qui cherchent des moyens pour se tuer sont malheureusement très nombreuses. Mais ce n’est pas un trafic d’acheteurs. Pourquoi chercher à se les accaparer quand on n’est pas un intervenant pour personnes suicidaires? Qui va taper sur les doigts de ces sites qui ne sont que des dangers potentiels pour des personnes qui veulent mourir?

Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

Suisse: Stop Suicide 022/ 382 42 42

Portugal: (+351) 225 50 60 70

Forum pour personnes cherchant des moyens pour se suicider.

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Autres textes sur le Suicide:

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet: Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Suicide des personnes âgées

Suicide des personnes âgées

DOSSIER SUR LE Suicide

Il est peut-être étonnant de découvrir que le taux de suicide chez les hommes de plus de 75 ans est 7,5 fois plus élevé que la moyenne du taux de mortalité par suicide en France. Pourtant, la réalité parle d’elle-même et le problème est encore largement sous-estimé. Force est de constater que le suicide chez les séniors est encore un sujet tabou.

Suicide des personnes âgée - Source de l'image: www.babyboomercaretaker.com

La prévalence du suicide des personnes âgées

En France, les décès volontaires chez les seniors sont largement plus nombreux que dans les autres tranches d’âge, et notamment chez les hommes de plus de 75 ans. En effet, leur taux de mortalité par suicide est de 150 pour 100.000 habitants, ce qui en fait le chiffre le plus élevé d’Europe. Les veufs de plus de 75 ans se suicident de cinq à dix fois plus que les femmes veuves du même âge. D’autre part, plus on vieillit, plus le risque est élevé: l’âge le plus critique se situe entre 85 et 89 ans.

Les raisons du suicide des seniors

Dans l’univers de la vieillesse, les raisons qui conduisent une personne âgée sont multiples et personnelles, mais on retrouve souvent le veuvage, les traumatismes liés à la guerre, la souffrance d’une maladie de longue durée, la solitude et le sentiment de ne plus servir à rien ni à personne. Ce mal-être se termine alors par la réalisation du geste irréversible, une fois sur deux. Ne pouvait-on pas le prévenir? Le problème, c’est que les signes de dépression sont souvent masqués chez les personnes âgées, ou considérés comme «normaux», liés à la vieillesse, malgré le constat que le «désir d’en finir» est intense. Même dans la famille, on parle très souvent de suicide légitime, rationnel, d’un choix sensé. Comme si le suicide était une fin de vie anticipée, une précipitation vers cette mort de toute façon inéluctable. Mais c’est là occulter la souffrance de l’être…

Le suicide des personnes âgées: un tabou?

Le chef du Service Psychiatrie de Brest, le Pr. Walter, souligne: «quel que soit l’âge, toute tentative de suicide est une tentative pour ne plus souffrir». Comment lutter contre ce mal-être? «En en parlant, répond le psychiatre, et en faisant passer ce message: oui, on peut être vieux sans être déprimé!». La dépression est un signe de cette souffrance. Elle est pourtant mal détectée et par conséquent peu traitée chez les personnes âgées, ce qui pourrait expliquer ces chiffres accablants. «Le tabou du suicide chez l’adolescent est tombé, alors qu’il persiste vis-à-vis des personnes âgées», souligne-t-il. La souffrance doit être exprimée et écoutée. Afin de sensibiliser le public à cet autre phénomène de la vieillesse, les associations de prévention du suicide ont commencé à faire des campagnes d’informations… mais le problème devrait peut-être relever de la santé publique, comme aux Etats-Unis.

Source: le blog Cap Retraite

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Autres textes sur le suicide

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Décriminalisation du suicide assisté

Décriminalisation du suicide assisté       Raymond Viger           Dossier Suicide

Je suis d’accord avec la décriminalisation du suicide assisté parce que cela se fait déjà et, parfois, dans des conditions misérables, inhumaines et trop rapides.

En décriminalisant le suicide assisté, comme l’ont fait certains pays, cela nous permet de mettre des balises, de garantir que tout ce qui est envisageable de faire pour conserver ou rallumer un espoir de vie à la personne concernée sera fait.

Cela peut nous garantir qu’un geste de compassion prématurée ne sera pas porté. Éviter qu’un sentiment d’impuissance d’un proche le pousse dans une aide prématurée à mourir. Une façon de briser l’isolement de la personne qui souffre et de son entourage.

L’objectif de décriminaliser le suicide assisté n’est pas d’augmenter le nombre de suicide, mais de le diminuer, de retarder l’instant d’un passage à l’acte, d’offrir un encadrement pour s’assurer qu’on va mettre en place tous les moyens pouvant arrêter ou diminuer la souffrance, s’assurer d’aider la personne à apprendre à vivre avec certaines souffrances et surtout, s’assurer que la personne qui veut mourir se donne le droit de changer d’idée.

Nous profitons de cette occasion pour souligner la semaine de prévention du suicide du 6 au 12 février. Les objectifs de cette semaine de prévention sont de:

-Encourager les personnes suicidaires et leur entourage à sortir de l’isolement et à demander l’aide à laquelle ils ont droit;

– Sensibiliser la population au fait que le processus suicidaire est réversible et qu’ensemble on peut prévenir le suicide;

– Informer la population de l’existence de la ligne 1 866 APPELLE.

Nous vous invitons à nous faire parvenir vos opinions et vos positions sur le sujet en nous écrivant ou sur notre forum de discussion.

Brian Mishara, spécialiste reconnu en prévention du suicide: M. Mishara mentionne que les gens qui veulent se suicider ne veulent pas mourir, ils veulent juste arrêter de souffrir. C’est pourquoi il est contre la décriminalisation du suicide assisté.

Suzette Gill: «Je suis malade. En soins palliatifs. Je trouve que le courage dans l’épreuve a bien meilleur goût! Les perspectives sur la vie prennent autrement de l’ampleur. Je reçois chaque jour nouveau comme un cadeau. Je sais que ma souffrance, encore supportable, a une valeur».

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Nouveau regard sur le suicide assisté

Nouveau regard sur le suicide assisté        Par Isabelle Martineau          Dossier Suicide

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je suis tombée sur l’article de Raymond Viger, intitulé «Décriminalisation du suicide assisté». Votre texte, très court, commence ainsi: «Je suis en accord avec la décriminalisation du suicide assisté parce que cela se fait déjà et, parfois, dans des conditions misérables, inhumaines et trop rapides». Sans référence à l’appui, vous y allez d’affirmations qui me semblent plus ou moins justes ou, à tout le moins, étonnantes.

Entre autres, vous mentionnez que la décriminalisation du suicide assisté nous permettrait de garantir «que tout ce qui est envisageable de faire pour conserver ou rallumer un espoir de vie à la personne concernée sera fait»… Je ne saisis pas très bien ce que vous entendez par là. Comment, en «permettant» un acte malheureux, on peut garantir les façons de l’éviter? D’autant plus que la littérature sur le sujet démontre plutôt les obscurs dérapages dans les sociétés qui ont permis le recours au suicide assisté.

En fait, M. Viger, je crois qu’il est question ici de deux problèmes fondamentaux. Le premier touche la problématique de la valeur accordée à la vie humaine. Le second fait référence à l’expérience de la souffrance humaine.

La valeur de la vie humaine…

Jusqu’à présent, notre société considère toujours l’aide au suicide comme étant criminelle. Mais pourquoi donc? Pourquoi ne permet-on pas tout simplement aux gens de faire comme ils l’entendent en aidant, par exemple, une personne qui veut en finir. Une réponse à cette question pourrait être la suivante: la vie d’une personne humaine est trop importante pour qu’on puisse y mettre fin impunément. Mais plus encore, il faut rappeler que la toute première condition pour qu’une personne soit «libre» et qu’elle puisse exercer son autonomie, c’est d’abord et avant tout qu’elle soit en vie. Voilà pourquoi notre société met en place les mesures pour que soit protégée cette vie. Une vie qui a une valeur toute particulière. Comme société, il m’apparaîtrait difficile, voire incohérent, de prétendre «protéger» la vie humaine tout en décriminalisant ce qui lui porte atteinte.

… malgré la souffrance

Est-ce à dire que nous devons demeurer indifférents à la souffrance de nos pairs (ex.: les malades chroniques et incurables) en se rabattant sur la crainte de porter atteinte à leur vie? Bien sûr que non.

Je travaille dans une maison de soins palliatifs, auprès de personnes qui sont en phase terminale du cancer. Chaque jour où j’y travaille, je réalise combien la vie humaine porte son lot de souffrances et combien il nous est nécessaire de travailler très fort pour les soulager. Je ne me ferme pas les yeux à la misère humaine sous prétexte que je crois nécessaire de protéger la vie. Au contraire, je cherche à répondre à l’appel du malade devenu dépendant, en tentant de subvenir à ses besoins et en lui reflétant la dignité qu’il porte.

Mais, la vie humaine continue-t-elle à avoir un sens lorsqu’elle est ébranlée par la souffrance et lorsque la fin est toute proche? Cette question peut être posée devant la personne aux prises avec une maladie incurable. Elle peut être posée aussi devant le jeune de la rue qui a été malmené par ses proches, qui est sous l’emprise de la drogue… Pourquoi renoncerions-nous à accompagner le malade incurable dans sa quête de sens, alors que l’on continue à vouloir raccrocher le jeune à la vie? Uniquement parce que le premier sait «quand» il va mourir? Mais nous allons tous mourir. Le jeune de la rue mourra peut-être demain. Alors à quoi bon se battre? À quoi bon chercher un sens à l’existence? Cette question, j’imagine que les jeunes doivent vous la poser. Que leur répondez-vous alors?

Ce que mon expérience auprès des malades en fin de vie m’apprend, c’est qu’il existe des petits miracles inattendus chez des personnes «condamnées» par la maladie. Mais il faut, pour cela, leur tendre la main et les accompagner dans ce qu’elles vivent en ne renonçant pas. Certaines personnes verront la lumière, d’autres non. Exactement comme pour les jeunes que vous accompagnez. Mais ce n’est pas parce que des malades mourants renoncent à la vie et ont recours au suicide, qu’il faut pour autant «légaliser» ce geste malheureux. Au contraire, il faut tenter de l’éviter en recherchant des moyens pour soulager les symptômes dont sont affligés ces malades. Exactement comme on recherche des moyens pour aider et soulager les jeunes qui sont désespérés et suicidaires.

Avancer que la décriminalisation du suicide assisté est une solution pour quelques catégories de personnes, comme les malades incurables, c’est envoyer un message contradictoire aux jeunes… On leur dit alors que la vie humaine a un sens, mais seulement dans certaines situations… Ça laisse croire que, dans certains cas, le suicide peut être une bonne chose ou un moindre mal.

En maintenant ce double discours, je me demande alors comment on peut continuer de justifier toutes les campagnes pour prévenir le suicide chez les jeunes.

Entre un malade atteint de cancer en phase terminale et un jeune délinquant souffrant de maladie mentale suite à sa consommation de drogues (ce que j’ai connu dans mon entourage), je ne sais pas qui souffre le plus. Il est impossible de «mesurer» la souffrance d’autrui. Considérant cela, pourquoi chercher à discriminer les personnes qui pourraient justifier leur recours au suicide de celles qui ne le pourraient pas? Ces critères, qui deviennent arbitraires, sont à mon sens dangereux et ils permettent vite le glissement. On trempe dans une culture de mort où le suicide devient un acte un peu héroïque face à une situation qui apparaît sans issue. Il est grand temps de promouvoir une culture de vie dans notre société. Et, qui sait, peut-être cela permettra-t-il à certains de nos jeunes de retrouver un sens à leur existence?

Voilà le fruit de mes réflexions que je vous laisse sans amertume. Je vous souhaite de continuer encore longtemps votre travail auprès des jeunes. Ils sont notre avenir!

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