Norbourg, Air Canada et les Québécois

Ariane Aubin        Dossier Économie

Norbourg, Air Canada et les Québécois

Si un scénariste en mal d’idée s’y mettait, il pourrait illico convertir les nouvelles économiques des derniers mois en synopsis de films hollywoodiens: corruption, népotisme, délation, investissements douteux…

Mais ces mésaventures, franchement divertissantes sur grand écran, le sont beaucoup moins lorsque vécues par de petits investisseurs. Parlez-en aux victimes de Vincent Lacroix, qui en plus de ne pas savoir si elles reverront la couleur de l’argent perdu, n’ont pour le moment pas le sentiment qu’on leur a fait justice. Et la dernière chronique de Jean Gagnon ne consolera pas davantage les investisseurs floués dans l’affaire Norbourg!

Le chroniqueur économique explique en effet que la crédibilité d’Éric Asselin, le délateur qui avait permis de lever le voile sur cette affaire sordide, pourrait être remise en cause. Sans l’apport du témoin principal, le procès criminel qui attend Vincent Lacroix en 2010 serait alors compromis.

Autres déboires épiques: ceux d’Air Canada. La compagnie aérienne a occupé notre chroniqueur tout l’été, à partir du moment où la précarité de ses finances a été dévoilée, puis lorsque les employés syndiqués d’Air Canada ont accepté certaines concessions pour sauver la peau de la compagnie et finalement, lorsque le gouvernement canadien et certaines compagnies privées ont fourni les 600 millions nécessaires à sa survie à court terme. 

Jean Gagnon revient cette fois sur ces fameux 600 millions qui, à son avis, ne font que repousser à plus tard une remise en question légitime du fonctionnement d’Air Canada. Jusqu’à quel point faut-il financer les erreurs répétées des grandes compagnies canadiennes?

VOS COMMENTAIRES SUR LES CAS D’AIR CANADA ET DE NORBOURG

 

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Fraude scientifique majeure révélée au grand jour

Dossier Santé

Fraude scientifique majeure révélée au grand jour

(Agence Science-Presse) – Dans ce que d’aucuns décrivent comme la plus importante fraude de l’histoire récente de la recherche médicale, un anesthésiste de renom se voit accusé d’avoir carrément inventé des données d’études cliniques sur lesquelles s’appuyaient au moins 21 recherches depuis 1996.

Un fraudeur au service de Pfizer

Il s’agit, dans la majorité des cas, d’études soutenant l’efficacité d’utiliser, après la chirurgie, une variété de médicaments — dont des anti-douleurs comme le Celebrex — plutôt que l’anesthésiant habituel. Ces études, au fil du temps, ont été abondamment citées dans la littérature de l’anesthésiologie, d’où l’importance de la fraude. D’autres articles du même auteur — il était prolifique — sont également en train d’être examinés.

Le détail qui tue: dans tous les médias, on accuse l’auteur, le Dr Scott S. Reuben, d’avoir fabriqué ces données pour renforcer l’usage de médicaments de Pfizer, le géant pharmaceutique.

C’est au terme d’une enquête interne que le Centre médical Baystate, au Massachussetts, a envoyé en janvier une lettre aux revues scientifiques concernées, leur recommandant de retirer les 21 articles de leurs archives respectives. Le Dr Reuben, qui était responsable là-bas du service antidouleur, serait à présent en «congé prolongé».

Qui est le vrai coupable?

L’affaire met en lumière le côté noir du processus de validation de l’information scientifique. C’est un processus qui se base sur une présomption d’honnêteté: le scientifique publie, dans l’une ou l’autre des dizaines de milliers de revues, en sachant que des collègues aussi férus que lui (ou plus encore), repasseront tôt ou tard sur ses pas et analyseront ses résultats à la loupe. La malhonnêteté n’est donc pas dans l’intérêt de quiconque.

Est-ce une «simple» affaire de malhonnêté, ou bien est-ce la pression croissante à publier — élément fondamental de la chasse aux subventions — qui expliquerait cette histoire? Bien malin qui pourrait le dire, écrit un blogueur dans une longue analyse de ce dérapage. Mais ce n’est pas un hasard si ces dernières années, les autorités médicales, et certaines revues, ont resserré les règles de publication des résultats des essais cliniques. Ce resserrement est manifestement arrivé trop tard pour bloquer Reuben, qui avait commencé à se bâtir une solide réputation il y a une douzaine d’années.

Leçon de prudence

Reste à voir si la plus grande vigilance bloquera de futurs Reuben. Dans les mots d’un chirurgien-blogueur: «Le plus grave, c’est qu’il a gaspillé une énorme quantité de ressources et laissé derrière lui un énorme désordre que ses collègues devront nettoyer. Il faudra des années pour refaire les études qu’il a faites, ou pour permettre à d’autres chercheurs de déterminer si même le concept d’analgésie multimodale [qu’il a mis au point] est un concept valable. Il a trompé tous les anesthésiologistes qui, en s’appuyant largement sur son travail, en sont venus à accepter cette thérapie comme la meilleure pour leurs patients. Et il a trompé tous ces patients.»

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Haïti, Colombie et Afghanistan : Destinations soleil

Haïti, Colombie et Afghanistan : Destinations soleil

Dominic Desmarais, volume 15 no 6, août 2007

Cette année, Reflet de Société voyage au cœur de l’insécurité. Qu’elle soit alimentaire, sanitaire, causée par la violence, la guerre, la corruption ou l’absence de droits. Notre parution cherche à comprendre les impacts qui en découlent sur la vie des gens. À travers le regard de ceux qui subissent l’insécurité, de ceux qui travaillent à améliorer leurs conditions de vie, qu’ils soient originaires de pays en voie de développement, coopérants internationaux ou représentants de la communauté internationale, le magazine offrira une vision globale de ce problème. Reflet de Société s’envole donc vers des destinations soleil: Haïti, Afghanistan et Colombie. Regard sur les premières impressions laissées par ces pays et sur l’engagement du Canada en développement international.

« Haïti n’est pas Port-au-Prince ni Cité Soleil. » Le commentaire vient d’Estimé Wenser, jeune médecin haïtien venu étudier la santé communautaire à l’Université de Montréal. Le jeune trentenaire aurait pu exercer sa profession au Québec. À l’opposé de la grande majorité de ses congénères éduqués, il a choisi de travailler chez lui, en Haïti. Il remet en question les idées préconçues sur son pays et ses habitants.

« Les problèmes, c’est dans les grosses villes. Principalement Port-au-Prince et les Gonaïves », explique-t-il pour démontrer que son pays ne se limite pas aux catastrophes naturelles, à l’état d’insurrection et à la criminalité.

« L’insécurité, les kidnappings, c’est nouveau pour nous. On en entendait parler ailleurs, mais pas ici. On n’était pas habitué à ça. Les gens, en province, quand ils entendent parler de Port-au-Prince, ils ont l’impression qu’il s’agit d’un autre pays. »

L’Afghanistan n’échappe pas à cette déformation de la réalité. Chaque jour amène un nouveau décompte. Militaires canadiens, talibans ou seigneurs de la guerre, civils afghans: on suit les morts au quotidien. À croire que la guerre est omniprésente à la grandeur du pays.

« L’Afghanistan n’est pas bombardé. C’est la réalité. Dans un débat avec des pacifistes à la télévision, on a dit que l’OTAN bombarde les Afghans. Le public qui écoute a en tête des vagues successives d’avions, de troupes au sol qui sillonnent le pays à la grandeur. Mais la majorité des 26 millions d’Afghans vivent une paix relative. La guerre se limite à quelques endroits », raconte Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, affilié à l’Université de Montréal.

Pour ce chercheur, qui a été directeur de l’information internationale au journal Le Devoir pendant 12 ans, la couverture générale de l’Afghanistan est biaisée. « Les médias ne racontent pas de bonnes nouvelles parce que personne ne les lirait. On vit dans une société qui n’a pas vraiment de problèmes, poursuit-il, alors qu’en Afghanistan et en Haïti ce n’est pas ce qui manque. Les journalistes n’y passent que de 2 à 4 semaines, car nos médias n’ont pas les moyens de les envoyer longtemps. »

« Le premier choc du journaliste, en arrivant, c’est de constater que ça ne va pas si mal que ça, compte tenu de la situation. Ce qu’on lit ici n’est qu’une partie de ce qui se vit là-bas. Le lecteur moyen ne peut pas tout savoir. Celui qui veut s’informer davantage doit faire une démarche personnelle. Mais tous n’ont pas le temps de lire les rapports écrits sur ces pays », note M. Coulon.

La Colombie hérite également d’une mauvaise presse. Guerre civile, trafic de drogue et paramilitaires sont les impressions que laisse ce pays d’Amérique du Sud. « On ne peut nier le fait qu’il y a une guerre civile et qu’elle croît. Que la drogue a beaucoup à voir avec la présence des paramilitaires. Mais oui, il y a du tourisme en Colombie. Il y a de belles plages. Mais les gens n’iront pas même si leurs peurs sont exagérées », explique Philip Oxhorn, directeur du Centre d’études sur les régions en développement de l’Université McGill.

Développement Canada

Le Canada participe au développement de l’Afghanistan et d’Haïti à hauteur d’environ 100 M $ par année. La Colombie, elle, reçoit un support de près de 15 M $, principalement pour des projets de gouvernance et de résolution des conflits. Ces contributions et leurs impacts, de même que le travail des ONG canadiennes à l’étranger, sont moins médiatisés.

Les gens sont informés sur les conséquences des problèmes, pas sur les causes et les moyens de les résoudre. « Il manque une analyse plus poussée, croit Dominique Caouette, professeur en sciences politiques à l’Université de Montréal et ancien coopérant international. De par sa nature, l’information doit être médiatique. Donc, on couvre plus les catastrophes humanitaires. Le tsunami, on est en direct. Ça ne résulte pas que de la nature. Ça vient de l’homme. Mais ce qui va faire la une, c’est la catastrophe. Il manque une analyse de ce qu’est le développement. »

Si les médias sont pointés du doigt, les dirigeants sont aussi fautifs. Jocelyn Coulon, du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, pense que les politiciens ont une part de responsabilité. Utilisant l’exemple de l’Afghanistan, l’ancien journaliste estime que les libéraux de Paul Martin et les conservateurs de Stephen Harper n’ont pas suffisamment mis l’accent sur le développement.

« La mort d’un soldat canadien a plus d’impact que l’ouverture d’une école, dit-il en référence à l’implication plus militaire du Canada. Mais il ne serait pas possible de faire de développement sans un appui militaire. Dans la plupart des interventions, on a besoin d’une force militaire après le conflit pour dissuader, protéger et aider à la reconstruction. Dans le cas de l’Afghanistan, je ne vois pas comment on pourrait s’en passer. Au Kosovo, il y a encore des militaires et la guerre est terminée depuis 1993. »

Union entre l’humanitaire et le militaire?

Dominique Caouette craint que la méthode utilisée en Afghanistan, soit de réunir diplomatie, défense et développement, devienne une tendance lourde et s’exporte. « Le fait de vouloir mettre tout ça ensemble paraît logique pour qui ne connaît pas le terrain. Mais c’est impossible de les lier. L’aide au développement des ONG et de l’ACDI va être liée aux stratégies géopolitiques. Le Canada est plus neutre, mais le danger c’est qu’on soit maintenant tributaire des politiques étrangères américaines. »

Une année chaude s’annonce à Reflet de Société. Reste à voir quels préjugés tomberont à la fin de cette série de reportages

Des promesses non tenues

En 2000, les leaders mondiaux de l’époque s’entendent sur l’aide à apporter aux pays pauvres. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) voient le jour. Les États se donnent jusqu’en 2015 pour améliorer les conditions de vie des gens les plus pauvres de la planète. Pour y parvenir, les pays acceptent de hausser leurs contributions au développement à 0,7 % de leur PIB. Seuls 5 pays respectent cet engagement: le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Le Canada demeure en deçà de la moitié de son engagement en déboursant 0,3 % de son PIB pour l’aide internationale.

Les 8 objectifs du Millénaire pour le développement:

  • réduire de moitié le nombre de gens vivant avec moins d’un dollar par jour
  • assurer l’éducation primaire pour tous les enfants
  • promouvoir l’égalité des femmes
  • réduire du 2/3 la mortalité infantile
  • réduire du 3/4 la mortalité des femmes enceintes
  • combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies graves
  • réduire de moitié le nombre de gens n’ayant pas accès à l’eau potable
  • augmenter l’aide internationale et améliorer la gouvernance des pays en développement

Coups de coeur et mal de tête

L’Afghanistan, la Colombie et Haïti. L’impact de l’insécurité sur la vie des gens: une suite logique dans mon cheminement de voyage et d’intérêt journalistique. En moins de deux ans, je me serai rempli la tête de sujets aussi importants que troublants. Les enfants soldats, le trafic d’êtres humains, la reconstruction d’États, l’impact de la guerre et de la guérilla. En même temps, je me serai rempli le cœur de moments uniques et magiques. Des rencontres inoubliables, des communions de cultures différentes, des aventures surréelles et des frustrations à n’en plus finir. J’apprends à partager à la fois ce que ma tête comprend et ce que mon cœur ressent. Un art que je ne maîtrise pas encore.

Autres textes sur l’environnement.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html

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