Vincent St-Amour et la détermination d’un jeune

Prix Leviers du ROCAJQ

Vincent St-Amour à l’honneur

Comme chaque année, le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) décerne les Prix Leviers à des jeunes qui se sont distingués par leur implication et leur réussite dans un organisme. Une façon de reconnaitre ces jeunes et leur cheminement.

Pour une meilleure reconnaissance, Reflet de Société a choisi de publier ces jeunes pour souligner leur engagement et leur détermination.

Dossiers Communautairejeunes.

Vincent-St-Amour prix leviers rocajqLorsque nous avons rencontré Vincent, il venait de décrocher de l’école secondaire. Il était dans une phase de questionnements, de révolte et de dévalorisation.

Graduellement, à travers la relation d’aide et son implication dans la vie associative du TRÎL, il s’est découvert un intérêt pour la justice sociale et les enjeux jeunesse.

Au-delà de critiquer et dénoncer les injustices et inégalités sociales, Vincent a participé activement à des discussions et causeries ainsi que des manifestations. Son cheminement l’a mené à s’impliquer au sein du TRÎL comme représentant des jeunes au sein du conseil d’administration.

À travers toutes ces expériences, Vincent est proactif dans ses projets et a repris confiance en lui. Il occupe maintenant un emploi à temps plein à l’épicerie de son quartier et il s’y implique même comme délégué syndical.

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Autres textes sur Communautaire

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Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

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Prévenir intimidation et décrochage avec Sans Pression

Le Rap pour éviter qu’on dérape

Sans Pression et l’intimidation

Raymond Viger Dossiers IntimidationRap

sans pression rap intimidation rapper décrochage école jeunesLe rapper Sans Pression en n’est pas à sa première collaboration sur des thèmes sociaux. En 2008, Sans Pression s’impliquait contre le décrochage dans les écoles. Aujourd’hui, le rapper s’implique contre l’intimidation dans les écoles.

Un vidéo que l’on peut partager dans les écoles et les organismes communautaires.

Merci Sans Pression pour ton implication auprès des jeunes.

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L’amour en 3 dimensions.

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Jeunes décrocheurs et leur témoignages

Décrochage et scolarité

Trois parcours, trois avenirs

Extravertis, renfermés, décidés ou hésitants… Maryrose, Alexandre et Rock ont un point commun: avoir décroché de l’école avant la fin du secondaire. Ces jeunes de 16 et 17 ans entrent dans la vie active et cherchent leur voie dans cette société de diplômés.

Delphine Caubet            Dossier Jeunes, Décrochage

«Maryrose, c’est une rose avec des épines.» Telle est la façon dont Yannick Gratton, intervenant à Diapason Jeunesse, décrit la jeune fille de 16 ans. En septembre 2012, elle a décroché, et comme chez d’autres jeunes, les causes sont multiples. Aujourd’hui, elle est en recherche d’emploi et est décidée à reprendre sa vie en main.

«Le décrochage peut venir de partout»

Jeune fille vivante, se déclarant elle-même différente, Maryrose a été intimidée à l’école. «Je suis plus gamer (personne passionnée par les jeux vidéos). Enfin, pas comme les autres filles.» «Et puis, comment peux-tu travailler, quand des gens se font écœurer à côté de toi? Ou bien quand ça tombe sur toi?» L’intimidation n’a pas été l’unique facteur de son décrochage. Car, avec la réforme, l’école a continué à la faire avancer dans son cursus. «Pourtant, je ne pouvais plus suivre depuis le secondaire 1.» Alors, elle a arrêté, sans terminer son secondaire 3.

Le parcours de Rock est différent. Le jeune homme de 17 ans, très lucide sur son propre vécu, l’annonce lui-même: «J’ai fait une dépression pendant au moins un an, suite au décès d’un proche. Mais il y a eu d’autres facteurs. Je voulais peut-être énerver mon père aussi.»

Il est difficile de donner une explication au décrochage. Les jeunes, eux-mêmes, parlent de la multiplicité de facteurs. Et à partir de 16 ans, les écoles ne sont plus obligées de les scolariser. Rock, en difficulté scolaire, l’a vécu: «La directrice m’a convoqué dans son bureau et… je me suis plus ou moins fait mettre dehors.»

La réalité de la vie active

Alexandre est un jeune homme plutôt manuel. À 17 ans, démotivé, il décide d’arrêter l’école pour travailler.

Si Maryrose pouvait compter sur ses parents, pour Alexandre, la situation est plus délicate. «Mon père est en prison et ma mère n’a pas son mot à dire.» Alors, il fait différents petits boulots: deux mois à Michelin, quelques semaines dans un entrepôt, puis dans agence. «Mais ils ont commencé à ne plus m’appeler.»

La réalité de la vie active commença à s’imposer. Les intervenants le constatent souvent: un jeune qui décroche rêve de la grande vie. Il veut travailler, avoir une auto… Pourtant, la réalité est autre.

Rock a pu le constater par lui-même. Le jeune homme dépose une vingtaine de CV et ne reçoit que deux appels. L’un d’eux lui donne espoir pendant 3 semaines, pour finalement ne pas aboutir.

Yannick Gratton, intervenant à Diapason Jeunesse, constate: la plupart des emplois, sans un diplôme du secondaire, sont dans des entrepôts ou bien font des ménages. Bien qu’il reconnaisse l’intelligence des jeunes, il ajoute: «On vit dans une société de diplômés, et il faut ce papier pour travailler.»

Au travers du sport et de la musique, Diapason Jeunesse enseigne aux jeunes les aptitudes à l’employabilité. Comme le travail en équipe, la gestion des conflits ou encore le sentiment d’appartenance. Car, sur un lieu de travail, pas question d’être en retard ou de taper dans un mur. Et il faut arrêter de tout leur passer à cause de leurs blessures, précise Yannick Gratton.

Alors pendant la formation, les jeunes démystifient la vie active. À l’ordre du jour: ouverture d’un compte avec un banquier et atelier gestion de budget. Mais également, apprentissage de la cuisine et du ménage. Le tout pour acquérir des réflexes de base sur le marché de l’emploi.

Résolution des problèmes

À Diapason Jeunesse, d’autres intervenants apprennent aux jeunes à gérer leurs émotions, et à prendre confiance en eux.

«Étonnamment, ça m’a beaucoup aidé», ajoute Rock avec humour, «j’ai appris à ne plus avoir peur de l’avenir». Pour Maryrose, l’objectif était différent. Elle a appris à s’ouvrir et à faire confiance aux autres. «Au début, j’étais renfermée et je ne parlais pas vraiment.»

Aujourd’hui, lorsqu’elle cherche du travail, les effets sont significatifs: «Je n’ai plus peur de m’adresser au gérant. Plutôt que déposer mes papiers, je demande à parler à quelqu’un, au besoin je repasse à un autre moment.»

À 17 ans, Rock a une bonne connaissance de la résolution des problèmes personnels: «Les problèmes sont comme des petits monstres. Moins tu y prêtes attention, plus ils vont se nourrir de toi… Alors, il faut lever le voile, et regarder la réalité en face. C’est au moins 50% du travail, voire 75%.»

Rock a consulté le psychologue de l’école, «très gentil, mais pas très utile». Alors, avec l’aide de sa petite amie, il a travaillé pour surmonter sa dépression. «Faut se raccrocher à tout, tant que ce n’est pas une corde et un crochet.»

Si tous n’ont pas développé leur propre philosophie, les jeunes doivent affronter leurs problèmes pour avoir un meilleur avenir.

Trouver sa voie

Alexandre a décroché, car il voulait travailler. Son grand-père ayant une ferme, il avait déjà expérimenté le travail de la terre. Alors, avec l’aide d’intervenants de Perspective Jeunesse, il décide de profiter de cette expérience. Il se présente aux Pousses urbaines pour y faire un stage d’horticulture et est accepté. Une première victoire pour le jeune homme.

Quant à Maryrose, ses parents l’ont soutenue lorsqu’elle décida d’arrêter l’école. «Ils voyaient que je n’arrivais pas à suivre, et que je n’allais plus à mes cours.» Alors, après une période difficile, elle décide de se reprendre en main. «Diapason Jeunesse m’a littéralement sauvé la vie.» Maintenant, elle sait qu’elle va reprendre ses études, «un DEP en esthétique peut-être», même si son cursus n’est pas encore défini.

Rapport à l’école

Leur point commun est d’avoir un problème avec le système éducatif. Alexandre le reconnaît, «l’école, c’est important». Lui a essayé d’aller aux adultes, mais cela n’a pas fonctionné, car l’encadrement n’était pas suffisant. Si le jeune homme n’a pas encore de trajectoire définie, avec l’agriculture il a trouvé un secteur d’activité qui lui plait.

Rock a des projets pour l’avenir, il veut devenir infographiste: «faire des cartes de visite et tout ça». Il veut également emménager en appartement dans les mois à venir. «J’attends déjà de terminer mes 3 mois d’approbation à Métro.» Dans un même temps, le jeune homme compte terminer son secondaire par correspondance, tout en travaillant. «Après, on verra.»

Quant à Maryrose, elle doit davantage prévoir l’avenir. Elle vit en centre et, à ses 18 ans, elle ne pourra pas retourner chez ses parents. «Mon argent est compté.» En recherche d’emploi, elle calcule son budget en fonction de l’avenir.

Elle envisage de terminer ses études aux adultes, car pour les jeunes comme elle, «qui ont été intimidés», c’est ce qu’il y a de mieux. «T’as pas d’idiots à côté de toi, et tu peux avancer à ton rythme.» «Par contre, si c’est du monde populaire qui ont juste de la difficulté, je leur conseille d’aller plutôt dans des aides aux devoirs. Ou de voir les ressources de l’école.» «En tout cas, c’est normal de vouloir une pause. Il faut avoir de bonnes bases et après tu repars.» «J’ai encore le temps de me reprendre», rit-elle.

Rock a une vision légèrement différente: «Ceux qui se font intimider, je leur conseille de persévérer, car le temps passe et l’école va se terminer. Le gars qui t’a écoeuré, il va finir par lâcher et il ira au McDo. Toi, tu vas passer ton DEP et tu auras ta petite maison… Puis, je ne sais pas pourquoi je rajoute ça, mais des classes de 35, sérieusement!? Déjà à 25, on avait de la misère à suivre.»

Chacun de ces jeunes a un parcours et un vécu très différent. Qu’ils aient décroché par envie de gagner leur vie, ou pour d’autres raisons plus personnelles, chacun d’eux a le potentiel d’un bel avenir.

Le décrochage en quelques chiffres

  • Entre 1999 et 2009, le taux de décrochage au niveau provincial a sensiblement diminué : de 23,5% en 1999, il a diminué à 20,5% en 2009.
  • Dans la région de Montréal, il reste supérieur à la moyenne provinciale, même s’il a diminué: de 28,6% en 1999 à 24,6% en 2009.
  • L’inégalité entre les sexes est réelle. En 2009, 25,5% des garçons ont décroché sans leur diplôme du secondaire, contre 15,5% des filles.
  • Plus alarmants à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, 35% des jeunes du secondaire décrochent.
  • À la Commission scolaire Lester-B.-Pearson, le taux est le moins élevé de la province, avec une moyenne de moins de 15%.
  • À Montréal, le ministère de l’Éducation note une concordance entre le décrochage scolaire et la vulnérabilité socioéconomique. Néanmoins, il existe des exceptions, notamment dans les CLSC de NDG-Montréal-Ouest, René-Cassin ou Pointe-aux-Trembles-Montréal-Est.

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20 ans après … le décrochage

Le parcours d’un décrocheur

Comme d’autres jeunes, Sébastien s’est vu accoler l’étiquette « décrocheur » en son temps. À 35 ans, ce jeune père de famille travaille au Café Graffiti. Mais avant, il a entrepris de nombreuses choses…

Delphine CAUBET       Dossier Décrochage

D’un naturel pragmatique, Sébastien arrête l’école à 16 ans pour entrer dans la vie active. Il se découvre une passion pour le mixage, qu’il pratique pendant 15 ans.

Durant la vingtaine, il vivra au rythme de la nuit et sillonne la région pour se produire en tant que DJ. Car, si le terme décrocheur a souvent une connotation négative, lui travaillera de ses mains pour gagner sa vie. En tant que DJ (pseudonyme : Stress), mais également boulanger, puis dans une pizzeria et chez Purolator, ou encore chez GDG environnement… il apprend en pratiquant.

Pendant 10 ans, Sébastien vivra de sa passion. Mais l’adolescent devient un homme, il a des enfants. Le rythme des clubs devient incompatible avec la vie de famille et il décide de se retirer progressivement de la scène, qu’il quittera en 2012.

En 2007, il devient son propre patron, et ouvre une entreprise de duplication. Pendant 6 ans, il vivra et fera vivre son entreprise, avant qu’iTunes ne vienne le concurrencer, pour lui faire fermer boutique.

À l’heure actuelle, Sébastien n’a pas de regrets. Il a expérimenté de nombreuses professions. Surtout, il a été réaliste par rapport au marché de l’emploi, et n’a jamais ménagé sa peine. Exterminateur chez GDG environnement, il pouvait travailler jusqu’à 60 heures par semaine !

Aujourd’hui, Sébastien travaille au Café Graffiti, et espère un jour redevenir son propre patron.

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Une victoire par l’horticulture selon les Pousses urbaines

Soutien aux décrocheurs

Réinsertion des jeunes

Delphine Caubet         Dossier Environnement, Jeunes, Commerce équitable

Au cœur du quartier Rosemont à Montréal, tenue de travail sur le dos, des jeunes terminent la construction de bacs pour les Ruelles vertes. Dans les semaines à venir, ils effectueront différents travaux d’horticulture et d’agriculture. Majoritairement décrocheurs, ils acquièrent une expérience professionnelle au travers des Pousses urbaines.

commerce équitable communautaire pousses vertes réinsertionLes Pousses urbaines sont nées en 2006. L’idée d’origine était de favoriser la réinsertion des jeunes. Souvent décrocheurs, l’objectif était de leur donner une expérience professionnelle. Soit pour retrouver le chemin de l’école, soit pour avoir une référence sur le marché de l’emploi.

Première victoire

Pendant 10 semaines, une dizaine de jeunes viennent travailler aux Pousses. À l’ordre du jour: horticulture et agriculture urbaine. En tant qu’entreprise d’économie sociale, les Pousses offrent une expérience professionnelle aux jeunes. Grâce à ce secteur original, l’organisme profite du besoin de verdissement de la métropole.

commerce équitable communautaire pousses vertes réinsertion environnementDurant cet emploi saisonnier, les jeunes construisent les bacs des Ruelles vertes, s’occupent des jardins d’une douzaine de résidences de l’OMHM (Office municipal d’habitation de Montréal), tout en semant dans divers potagers. L’hôpital Louis H. Lafontaine (entre autres) leur prête ses terrains pour cultiver. L’expérience est complète, et les jeunes passent par tous les maillons de la chaîne. De la semence à la récolte, pour finir par la cuisine.

Grâce à cette formation (rémunérée!), ils acquièrent des réflexes professionnels de bases: comme arriver à l’heure. Mais en plus, le travail des Pousses vise à les valoriser, notamment en aidant les autres. Et pour certains, c’est peut-être leur première victoire. De quoi leur donner confiance pour une future réinsertion.

S’aider soi-même en aidant les autres

commerce équitable communautaire pousses vertes réinsertion environnementAu travers des contrats, les jeunes peuvent se rendre chez des personnes âgées afin de s’occuper de leur jardin. Ce mélange intergénérationnel vise à briser l’isolement de certaines personnes. Pour les apprentis jardiniers, ce contact vise à les responsabiliser en aidant les autres.

Dans toutes leurs tâches, les jeunes sont soutenus par Matthew Gaddes, le chargé de projet de l’agriculture urbaine. L’année passée, dans les jardins de Louis H. Lafontaine, les jeunes, accompagnés de patients de l’hôpital, ont semé des légumes.

Une partie de la récolte est revendue à prix coûtant au Petit marché de l’Est (marché communautaire), une autre est destinée aux jeunes. Enfin, une part de la récolte est utilisée pour des ateliers cuisine dans les locaux des Pousses. «Car, une tomate ce n’est pas juste la tranche de chez McDonald», s’amuse la directrice, Sabine de Peyrelongue. L’heure est venue de profiter des fruits du travail.

Réinsertion verte

Chaque participant au projet est volontaire. Ces jeunes sont principalement des décrocheurs âgés de 18 à 35 ans. Décrocheurs scolaires souvent, mais également sociaux. Le travail de réinsertion est alors total. Occasionnellement, c’est aussi un travail d’insertion québécoise que les Pousses effectuent. Les jeunes immigrants, fraîchement arrivés, ont besoin d’une expérience locale pour trouver du travail. Les Pousses servent alors de premier employeur.

L’expérience aux Pousses est globale, et les jeunes ont besoin de soutien pour leur discipline professionnelle (ex.: arriver à l’heure) et personnelle (ex.: gestion du budget).

Mais cette année, l’organisme n’a pas trouvé un intervenant psychosocial pour accompagner les jeunes. Ce pour quoi il peut refuser un jeune, comme c’est arrivé il y a peu. Une jeune femme nécessitant un suivi psychologique, l’organisme se trouva dans l’impossibilité de l’accueillir.

Mode survie

Si les Pousses urbaines ne peuvent pas combler ce vide au sein de leur personnel, c’est qu’elles reviennent de loin.

En 2010, l’organisation a vécu une page sombre de son histoire. Service Canada, son principal financeur, retira ses fonds. À partir de là, l’organisation s’est mise en mode survie. Elle a signifié à la communauté que c’était le rachat de l’organisme ou sa fermeture.

Les Pousses ont alors intégré la SODER (la Société de développement environnemental de Rosemont). Cette absorption permit de mutualiser les coûts et de s’autofinancer. Notamment grâce à des contrats d’horticulture, comme les Ruelles vertes ou des travaux de verdissement confiés par l’arrondissement. Si les Pousses soumissionnent autant qu’elles le peuvent pour des contrats, la directrice reconnaît que l’organisme doit encore faire ses preuves.

Impact difficile à juger

L’impact de l’organisme est difficile à évaluer, car on n’y tient pas d’analyse officielle. La coordinatrice d’activité, Charlotte Cordier, est chargée de communiquer avec les jeunes après leur passage aux Pousses. D’après elle, sur les deux dernières années, environ 90% des jeunes sont retournés à l’emploi ou aux études.

Mais l’impact à long terme est difficile à juger. Pendant le contrat, le travail est physique, et les jeunes en soirée n’ont pas forcement envie de sortir. De quoi les distancer, certes,  d’un réseau social parfois malsain. Mais passé la période d’appel des Pousses, difficile de savoir quelles habitudes ils ont gardées.

L’un des projets à venir est d’organiser un «événement-bénéfice» pour reprendre contact avec les anciens. Si la coordinatrice reconnaît qu’il sera quasi impossible de tous les retrouver, elle compte bien rassembler ceux qu’elle a vu travailler depuis son entrée, il y a deux ans.

Une façon pour les Pousses d’avoir des rétroactions sur leur pédagogie. «Car ce sont des adolescents. C’est difficile de juger de ce qu’ils pensent. Et encore plus de le leur faire exprimer.»

Travailler la terre en ville

Pour les jeunes décrocheurs, les Pousses sont une chance. Car si l’école n’a pas fonctionné, ils peuvent retrouver une activité rémunérée et physique en ville. De quoi les encourager pour trouver leur propre voie.

Pour les Pousses, l’horticulture et l’agriculture ne sont qu’un prétexte pour aider de jeunes marginaux. Mais leur enseignement n’est pas à sous-estimer. Les premiers jours, une formation leur est offerte pour se familiariser avec le travail de la terre. Par la suite, ils produiront de leurs mains et démystifieront le cycle de la nature.

Et pour certains, les Pousses ont été un révélateur : à l’heure actuelle, deux anciens jeunes y sont revenus… en tant qu’employés!

 Principes de l’économie sociale

Les entreprises d’économie sociale produisent des biens ou des services qui répondent aux besoins de la communauté. Le Café Graffiti et les Pousses urbaines en font partie: ils travaillent à la réinsertion des jeunes.

D’un statut différent, ces entreprises sont régies par plusieurs principes:

1— le principal est leur finalité. Elles n’ont pas pour but de faire des bénéfices, mais de servir la communauté. Leur raison d’exister est donc leur mission sociale. Toutefois, comme toutes entreprises, elles doivent satisfaire à des besoins économiques pour leur survie.

2— Les entreprises peuvent recevoir le soutien ou l’aide de l’État, mais elles doivent rester indépendantes et autonomes dans leur gestion.

3— Leur gestion est administrée de façon démocratique. Lors des prises de décisions, tous les membres ont le même poids, et une personne équivaut à un vote.

4— Si l’entreprise génère des profits, ils ne sont pas reversés aux investisseurs. Selon le choix des membres, les bénéfices peuvent être réinvestis dans l’entreprise ou versés à d’autres organismes d’aide à la communauté.

5— Pour fonctionner, ces entreprises reposent sur la participation individuelle et collective de la communauté. Leur engagement est donc nécessaire.

Au Québec, il existe environ 7 000 entreprises d’économie sociale, coopératives ou OSBL (organisme sans but lucratif). Leurs services se répartissent sur une vingtaine de secteurs, allant de la culture, en passant par l’immobilier, jusqu’aux biens manufacturiers. D’après le Chantier de l’économie sociale, ces entreprises emploient plus de 150 000 personnes au Québec et y génèrent 8% du PIB.

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Drogue et décrochage

Drogue et décrochage

Thomas………DOSSIERS DécrochageAlcool et drogue, ET Toxicomanie

«La vie, c’est de la marde!» Voilà ce que je pense et c’est contre cette pensée que je dois lutter tous les jours. Lutter contre le découragement, lutter contre le sentiment d’impuissance qui m’envahit et lutter contre le désir de m’en évader en fumant un joint.

Déjà tout jeune, au début du primaire, c’était pas le fun! J’étais pas comme les autres. Je portais des appareils auditifs et je ne savais pas me défendre. Mauvaise combinaison! Je suis plutôt du genre émotif et sensible et non pas gros bras! Je me faisais «écœurer» tous les jours et je revenais de l’école en pleurant. J’ai donc pris très jeune l’école en grippe et je n’ai pas réussi à me faire d’amis. Quand on est un  loser, on n’est pas très populaire! J’ai perdu rapidement toute confiance en moi.

p.22-23le_trip_d'un_rejetillustration.jpg C’est sûr que ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Je dérangeais tout le temps, je faisais le clown pour attirer l’attention et me faire aimer. Mes résultats scolaires se sont rapidement détériorés et j’ai acquis une réputation de trouble-fête. J’ai doublé ma quatrième année et, au secondaire, on m’a envoyé dans une école spécialisée pour les têtes fortes… ce que je n’étais pas en réalité… Mais j’étais complètement désintéressé et isolé parmi le millier d’étudiants de la polyvalente. Je ne savais pas comment me faire des amis, comment être aimé, en fait. La terrible solitude!

Drogue: les premières fois

Je décroche finalement à 16 ans. Je me trouve quelques petits boulots comme plongeur dans les restos du coin. Pas le fun, mais bon, ça me donne un peu d’argent. La vie est plate et je commence à fumer un joint à 17 ans avec une gang de chums. Enfin, j’avais des chums! Et, en plus, j’ai aimé le buzz. Alors j’ai continué… continué jusqu’à n’avoir plus d’intérêt pour rien d’autre. J’ai perdu ma job et ma mère m’a mis dehors. Je suis allé vivre dans une tente pour l’été… La bohème: on est bien, j’ai des chums, la vie est belle!

J’ai vivoté ainsi durant 12 ans. J’ai essayé un peu de tout: mari, pot, hash, mushroom, buvard, mescaline, ecstasy, speed… mais je n’ai pas touché à la coke ou à l’héroïne: j’avais trop peur d’aimer ça! J’ai dealé de la drogue. C’était valorisant. Enfin, j’étais respecté par les autres, et en plus, je fumais gratos. J’ai arrêté par peur de la prison. Toujours seul, toujours drogué, toujours cassé, toujours déprimé et dépressif.

J’ai eu plusieurs blondes, mais c’était pas facile de vivre avec un gars comme moi. Ou elles étaient des toutes «croches», ou elles étaient trop bien pour m’endurer. Un vrai cercle vicieux. Je vous le dis, une vie de merde! C’est pas comme ça que je veux vivre!

Désintox

Il y a quatre ans, je suis finalement allé en désintox au Centre Dollard-Cormier, à Montréal. Suffit d’appeler directement pour avoir de l’aide, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de se décider à y aller et ensuite de continuer à ne pas consommer. J’ai rechuté. J’ai repris du pot, mais plus jamais de chimique. C’est moins dur pour ma santé, mais ça n’arrange pas ma vie. Quand je fume, ça prend toute la place, c’est ma priorité. Je ne pense plus, je ne mange plus, je n’ai pas confiance en moi, ça me rend paresseux, tout le reste est plate!

final del tunel copie Alors, depuis deux ans, j’ai cessé graduellement de consommer. Je veux arriver à quelque chose dans ma vie. Le trip de jeunesse a duré longtemps mais c’est assez! Cependant, ma vie ne s’est pas arrangée pour autant. Je dois lutter tous les jours contre le découragement.

Mon pattern, c’est de dire que tout est plate. Mais je sais maintenant que c’est à moi de passer par-dessus cette pensée et de m’arranger pour que ma vie soit intéressante. C’est dur, c’est un effort de tous les instants. Il me faut découvrir qui je suis, ce que j’aime et ce que je veux vraiment. Réinventer ma vie. Vivre straight, sans faux-fuyants et sans artifice. Renouer avec les autres et avec moi. Je m’étais coupé de tous contacts humains durant 12 ans, pour me protéger, j’imagine.

Ecole de la deuxième chance

Mes petites victoires au jour le jour me motivent. J’ai débuté l’an dernier un AEC (attestation d’études collégiales). C’est un programme réservé aux décrocheurs. J’ai été accepté sans avoir terminé mon secondaire 5, sur la base de mes expériences. Le programme couvre les cours techniques nécessaires à l’obtention du diplôme et dure seulement un an.

Comme c’est du plein temps, j’ai réussi à obtenir les prêts et bourses et ma mère me fournit chaque mois une petite pension. Je peux ainsi consacrer tout mon temps aux études. C’est pas facile. Il y a des cours techniques très compliqués que je n’ai pas réussis. Mais je ne me décourage pas. Je vais les reprendre et je vais obtenir mon diplôme.

Je suis toujours seul, mais je sais maintenant pourquoi, et je prends ma vie en main. C’est un effort de tous les jours, mais je vois aussi, au loin, le bout du tunnel!

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La lecture en cadeau: 195 000 livres distribués en 10 ans!

La lecture en cadeau: 195 000 livres distribués en 10 ans!

Gabriel Alexandre Gosselin       Dossier Éducation, Décrochage

logo_accueil_fr_175 Pour une dixième année consécutive, la Fondation pour l’alphabétisation distribue des livres aux enfants défavorisés du Québec dans le cadre de La lecture en cadeau. Lors de la distribution des dons en mai prochain, ce sont 29 614 enfants défavorisés âgés entre 0 et 12 ans qui recevront un livre gratuitement. La fondation tient à remercier du fond du cœur tous ses donateurs de l’édition 2009.

Une collecte fructueuse

En 10 ans, ce sont 195 000 livres qui ont été distribués à travers le Québec. La collecte pour l’édition 2009 de La lecture en cadeau s’est déroulée en novembre et décembre 2008.

Cindy Gauthier, relationniste pour la Fondation pour l’alphabétisation, mentionne que la plupart des donations proviennent de librairies ainsi que des différents Salons du livre tenus au cours de l’année. Elle note tout de même que les collectes au sein des entreprises sont fortement encouragées, par exemple, en demandant à chaque employé d’apporter un livre dans la période précédant les Fêtes.

Un don qui revient à sa région

Tous les livres amassés sont rassemblés dans un même lieu, puis reclassés. Selon d’où il vient, et la catégorie d’âge à laquelle il s’adresse, le livre sera redistribué dans les écoles primaires et CPE de sa région. «On a compris que les gens donnent pour que ça reviennent à leur milieu proche. C’est pour ça que c’est important pour nous que les livres reçus dans une région reviennent à cette région», souligne Mme Gauthier. Pour elle, cette façon de procéder permet à la collecte de satisfaire les donateurs, de les remercier du coup à la hauteur de leur implication.

Prévenir le décrochage et l’analphabétisation

Par La lecture en cadeau, la Fondation pour l’alphabétisation vise à prévenir le décrochage et l’analphabétisation chez la jeune population moins bien nantie du Québec. Pour en savoir plus, visitez le site de la Fondation pour l’alphabétisation.

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Décrocher… un doctorat

Décrocher… un doctorat

Dossier Éducation, Décrochage

Christian Bergeron, Québec, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

Dernièrement, mon cousin s’est enlevé la vie. Plusieurs questions demeureront sans réponses. Lorsqu’on perd une personne chère, on se remémore notre histoire personnelle et familiale. On pense généralement aux beaux moments.

Plusieurs jeunes provenant des régions souffrent d’un mal de vivre. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Mais le suicide demeure tabou à bien des égards en région. Mon cousin avait des difficultés d’apprentissage. Il se préparait à un retour aux études à 32 ans. Nous sommes tous les deux natifs de la Côte-Nord. Son suicide me rappelle mon histoire de vie.

Vers la fin de mon 5e secondaire, le directeur de la polyvalente m’avait expulsé pour diverses raisons, dont mes nombreuses absences non motivées. J’ai vécu cela comme un ultime rejet. Cela me ramenait aux nombreux échecs qui ont marqué mon enfance et mon adolescence. Je n’excellais pas dans le sport ni dans la musique et encore moins dans toutes les autres matières! Bref, j’ai toujours détesté l’école. Lorsqu’on ne performe pas comme la moyenne des étudiants, on doit alors apprendre à vivre avec les jugements et remarques désobligeantes des amis, des professeurs et même des orienteurs scolaires.

À cette période, le décrochage scolaire n’était pas encore un fléau comme nous le connaissons maintenant. Cependant, je portais les étiquettes d’un malaise diffus face auquel personne ne savait vraiment quoi faire. Lorsque tout le monde perd espoir en tes capacités d’apprentissage, tu fais comme le conseiller en orientation te dit. Tu te trouves un travail manuel. Durant trois années, j’ai travaillé comme commis dans une pharmacie. Cependant, le désir de terminer mon 5e secondaire me hantait. J’ai entrepris le long parcours d’un retour aux études à l’Éducation aux adultes.

Ma ténacité à terminer mon secondaire m’a donné une énergie nouvelle à foncer malgré les obstacles. En 2001, presque dix ans après mon décrochage scolaire, je m’inscris à l’Université Laval comme candidat adulte. J’ai participé à l’exode des jeunes des régions. À cette époque, on commençait à s’inquiéter de ce mouvement vers les grands centres. Pour moi, changer de réseaux et de région a été salvateur.

Est-ce que le système scolaire est responsable de mes échecs? En partie. Je suis un enfant des nombreuses réformes où les parents, comme les professeurs, ont perdu les repères nécessaires à la réussite scolaire. J’ai mes responsabilités, mes parents également, mais il faut cesser d’imposer un modèle unique de parcours scolaire. En 2004-2005, quatre élèves sur 10 n’ont pas terminé dans les délais prévus leur 5e secondaire…

Voilà maintenant huit ans que je suis inscrit à l’université et je complète actuellement un doctorat. Malgré l’adversité et le jugement des autres, j’ai réussi à gravir les échelons afin de faire ce que j’aime dans la vie: la recherche, et transmettre aux autres mes connaissances.

D’après vous, quel diplôme d’études fut le plus difficile à compléter? Le baccalauréat? La maîtrise? Non, le diplôme d’études secondaires!

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Entre la rue et l’école

Décrochage scolaire
Entre la rue et l’école
Annie Mathieu, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

Entre la rue et l’école n’a rien d’un établissement scolaire conventionnel. Situé à Anjou, la coquette maison blanche accueille, depuis une vingtaine d’années, des jeunes de 12 à 17 ans qui sont en raccrochage ou sur le bord de décrocher. L’organisme ne pourrait pas mieux porter son nom.

Dès 9 heures, les premiers décrocheurs –ou futurs décrocheurs– font leur entrée. Il n’y a pas foule, le problème de ces jeunes est bien souvent la motivation ou le manque de discipline qui rend le lever du corps pénible. On est loin du son de cloche strident des écoles publiques.

Café brûlant à la cuisine, murs aux couleurs chaleureuses et bureaux aménagés dans un ancien salon, l’ambiance évoque des souvenirs d’enfance, d’une maison familiale où l’on se sent bien. Les jeunes sont omniprésents, l’un fume dehors, l’autre est assis sagement devant ses cahiers d’exercice.

«On a une atmosphère familiale et chaleureuse», explique Dominique Poulin, directrice de l’organisme depuis plus de 3 ans. Lors du dernier déménagement, c’est elle, ainsi que d’autres membres du comité d’administration, qui ont insisté pour trouver un lieu personnalisé. «Le respect est aussi très important pour nous», ajoute-t-elle.

Le matin, des bénévoles offrent de l’aide aux devoirs pour les adolescents qui veulent garder un pied dans le système scolaire et souhaitent raccrocher dans un avenir prochain. L’après-midi, différents types d’ateliers sont offerts. Par exemple, des conseils en matière de cv et d’entrevue à ceux qui souhaitent se lancer sur le marché du travail. Un moyen de les intéresser à ce qui se passe à l’extérieur tout en incorporant quelques notions techniques et d’apprentissage.

«On leur donne des outils pour s’orienter professionnellement et les aider dans leur recherche d’emploi», explique Marc Griffiths, l’un des deux intervenants jeunesse de l’organisme. Ce dernier doit interrompre son explication, une urgence met fin à l’entretien. Un jeune, laissé à la porte de l’organisme par ses parents, s’est enfui avant d’en franchir le seuil. Du déjà vu pour les intervenants d’Entre la rue et l’école. L’organisme est reconnu par le ministère de l’Éducation comme un établissement scolaire. Un jeune est obligé de fréquenter ce type d’organisme s’il souhaite décrocher sans avoir l’âge requis de 16 ans pour le faire officiellement.

La relation de proximité entre les jeunes et les intervenants, la clef du succès de l’organisme, permet le «cas par cas», selon Dominique Poulin. «L’idéal pour une intervention efficace», croit Kim De Baene, responsable des communications du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage scolaire (ROCQLD- voir encadré) dont Entre la rue et l’école est membre. Elle soutient qu’un ratio minimal –idéalement un intervenant, un élève– ainsi qu’un suivi psychosocial et un accompagnement personnalisé sont des éléments favorisant la réussite d’une intervention auprès d’un jeune à risque.

«L’important est d’assurer le suivi d’un jeune par un adulte en qui il a confiance. Il doit sentir qu’on l’on se préoccupe de lui et de son cheminement», explique Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES).

Un objectif atteint par le personnel de l’organisme. Calculs, grammaire et cahiers scolaires font place à une franche camaraderie le temps de la pause dîner. Assis autour de la table de la cuisine, impossible de dissocier les jeunes des intervenants.

Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage scolaire (ROCQLD)
Né en 2003, le ROCQLD favorise les échanges entre les organismes qui travaillent sur la problématique du décrochage scolaire, assure leur représentation auprès des diverses instances publiques et communautaires et les soutient dans la consolidation et le développement de leurs activités.Le Regroupement compte 34 membres à travers le Québec. Dans la province, il existe, selon Kim De Baene, responsable des communications du Regroupement, environ 200 organismes communautaires qui luttent contre le décrochage scolaire.Une partie de ces organismes sont financés par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du gouvernement du Québec via son programme d’action communautaire sur le terrain de l’éducation (PACTE). D’autres sont financés par différents ministères, de la Famille et des Services sociaux entre autres, ainsi que des fondations et organismes tel que Centraide.

Depuis ses 15 ans d’existence, la clientèle qui fréquente Entre la rue et l’école ne diminue pas. «Aux premiers mois du printemps, les élèves s’aperçoivent qu’ils sont en situation d’échec et qu’il ne vaut pas la peine de continuer», explique Mme Poulin.

Près de 100 jeunes fréquentent annuellement l’organisme sur une période pouvant s’étirer de quelques semaines à une année. «Le trois quart des jeunes raccrochent» affirme humblement la directrice. Réaliste, elle admet toutefois que cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ne re-décrocheront pas.

Le décrochage en chiffres
Les données pour 2007 du ministère de l’Éducation indiquent que le taux d’obtention d’un diplôme du secondaire, tant chez les jeunes que chez les adultes, est de 70,2% pour 2005-06. Le gouvernement comptabilise tous ceux qui obtiennent un diplôme d’études secondaires avant l’âge de 20 ans.

Si on considère uniquement les jeunes qui obtiennent un diplôme avant l’âge de 17 ans –soit l’âge moyen pour terminer ses études secondaires– ce taux baisse à environ 60%, souligne Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES).

En 2005-2006, au Québec, 40% des jeunes n’ont pas obtenu leur diplôme d’études secondaires dans un délai ordinaire, soit avant l’âge de 17 ans. Et 29,8% d’entre eux ne l’ont pas obtenu avant l’âge de 20 ans.

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