Lettre d’un jeune à sa consommation

Lettre d’un jeune à sa consommation

J. Star, garçon de 16 ans des Laurentides     Dossiers Toxicomanie et Alcool et drogue

Ça fait environ un mois que je n’ai pas fumé de crack, d’héroine (smack) ou bu de l’alcool. Depuis que je suis entré en traitement au centre Jellinek, je ne veux plus consommer. Mais je suis inquiet. Je ne sais pas si mes barrières sont assez puissantes. Voici une lettre que j’ai écrite à ma consommation pour lui dire comment elle m’a fait sentir, alors que je pensais qu’elle m’aidait.

Cher consommation,À nos débuts, je n’avais pas beaucoup besoin de toi. Tu me soulageais de mes blessures et tu changeais mes pensées. Du moins, je le croyais. Jusqu’au jour où mon système s’est habitué à toi. Il m’a donc fallu augmenter les doses pour être bien dans ma peau.Je me suis rendu compte que j’étais encore le même: peu importe la quantité que j’ingérais, je ne ressentais aucun changement bénéfique. Ça m’a donc poussé à fumer du crack et de l’héroïne (smack). J’ai plongé dans un monde obscur où mes pensées sont devenues irréelles et destructrices.

Dépendance et vulnérabilité

Je me sentais vulnérable comme un mollusque sans coquille. Je continuais à noyer mes souffrances dans cette eau trouble. Je marchais dans le long couloir de l’enfer où la spiritualité et le rétablissement sont absents. Cette brume dispendieuse m’avait attaché dans le fond du néant. Je creusais inconsciemment ma tombe dans les ténèbres.

La foi comme rétablissement

porteUn jour, une petite lueur d’espoir est sortie de mon trou: Dieu m’a pris par le fond du cœur. J’ai décidé de prendre mon peu de courage et la foi qu’il me restait pour investir mon énergie dans quelque chose de positif pour mon rétablissement. Je savais que je valais mieux que ça.Aujourd’hui, je suis conscient que j’aurai toujours un lien de dépendance et d’attirance envers vous, crack, héroïne et alcool. En thérapie, j’ai réalisé que vous vous foutiez de moi. Je suis maintenant prêt à vous dire: «je ne veux plus de vous trois dans ma vie. Trouvez-vous d’autres victimes que moi. Car je suis un winner 

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009 p.9

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Du viol à la prostitution

Du viol à la prostitution

Christine Burtin, travailleuse sociale, Dossier Prostitution et Sexualité.

Valérie a été adoptée par une famille de médecins. Elle a toujours eu du mal à l’école et en famille. À 17 ans, ses parents divorcent. Secouée, elle décide de ne plus s’imposer de limites. Un an plus tard, Valérie tombe enceinte. Elle se sent incapable d’élever son enfant qu’elle confie à son père. Elle mène alors une vie de toxicomanie, de prostitution et de délinquance. Elle va en prison quelque temps et met au monde un autre enfant qu’elle élève, même si elle traîne encore dans un quartier réputé pour ses activités de prostitution.

Valérie porte un lourd secret qu’elle n’a jamais partagé. Même ses parents ne sont pas au courant, raconte-t-elle. «À 11 ans, j’ai pris les clés de la camionnette de mon père pour y installer un copain qui s’était fait mettre dehors par sa mère. Un gars un peu plus vieux que je connaissais bien. Je lui ai rendu visite dans la camionnette. Il était avec un autre gars que je ne connaissais pas. Ils m’ont violée. Comme j’avais pris les clés, je me sentais coupable. Je me disais qu’encore une fois je m’étais mis dans de sales draps.»

«Le soir, mon père ne comprenait pas pourquoi je restais dans la baignoire sans vouloir en sortir. Je me sentais sale. Je ne pouvais en parler à personne. À partir de ce moment, je n’en avais plus rien à foutre de ce qui allait m’arriver. Ma mère biologique m’avait abandonnée à la naissance. Les gars m’avaient volé ma virginité. En plus, le seul rempart qui me restait est tombé lorsque mes parents se sont séparés. C’est à partir de là que tout a dérapé.»

Vie de galère

«Avec l’argent de poche que me donnait mon père et un peu de système D, j’achetais ce dont j’avais besoin: alcool, haschich, un peu de tout. Je fuguais, je n’allais plus au collège. Le jour de mes 18 ans, j’ai fêté ça royalement! Whisky, hasch et surtout, ce que je réclamais depuis longtemps à mon copain, de l’héroïne. J’ai été malade, mais j’ai eu envie d’y retourner. Avec l’héro, tu oublies tout, tu es hors de la réalité. C’est ce que je recherchais. C’était un cadeau empoisonné, mais c’est moi qui le voulais.»

À l’époque, Valérie ne voyait jamais sa mère. Les relations avec son père se limitaient à ce qu’il paie son loyer, qu’il remplisse son frigo et lui donne de l’argent de poche. De 18 à 21 ans, elle se débrouille: vol à la tire, vente de drogue, petits trafics. «J’allais chercher de l’héro en grande quantité et j’en revendais. Bien sûr, j’en consommais. Tout ce qui m’intéressait, c’était le fric et la drogue. Je consommais de 10 à 15 grammes d’héro par jour.»

À 18 ans, alors enceinte de sa fille, Valérie se fait arrêter. Elle est condamnée à 2 ans ferme, plus 2 ans de sursis et 5 ans de mise à l’épreuve. «Seule ma mère est venue me voir en prison. À ma sortie, je recommence à consommer et à vendre. Mais l’argent, ce n’est pas éternel! Dans l’hôtel où je vivais, j’avais repéré une fille qui semblait riche. Moi, j’avais besoin d’héro et d’argent. On a parlé et elle m’a tout appris sur la prostitution. Ma première journée, j’ai fait tous les clients que je pouvais. En rentrant à l’hôtel, je me suis arrêtée pour acheter ces éponges à vaisselle vertes qui grattent. Durant deux heures sous la douche, je me suis frottée jusqu’au sang. Je me sentais sale. Mais j’avais gagné beaucoup d’argent. Le lendemain, j’y suis retournée.»

Les séquelles de la prostitution

Valérie porte les marques de sa vie de galère. Son caractère, rebelle et batailleur, rappelle l’adolescente qu’elle était. Elle jette un regard critique sur son milieu. «Le monde de la prostitution, c’est abominable. Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. Y’a des clients qui te disent qu’ils veulent faire l’amour. Mais comment peux-tu appeler ça de l’amour? C’est tout sauf ça. C’est surtout un monde de violence. À chaque fois, j’avais peur. J’ai failli mourir plusieurs fois. Si je n’avais pas su me défendre, j’y serais passé. Je suis une grande gueule et ça m’a sauvé quelques fois.»

Depuis 3 ans, Valérie suit un programme de substitution à l’héro. Elle consomme encore de l’alcool et du cannabis. Elle vit avec un compagnon qui la rend heureuse, dit-elle. Ensemble, ils élèvent son dernier né. Françoise, sa mère, paie le loyer, l’électricité, remplit le frigo et les accueille à l’occasion. Valérie veut changer de vie. Elle voudrait ne pas avoir à se débattre avec l’assistance sociale et des perspectives professionnelles peu réjouissantes faute de formation professionnelle et de sa santé précaire. Elle songe parfois retourner se prostituer pour rapporter cet argent qui lui fait défaut. Mais les mauvais souvenirs et la peur de perdre son enfant la retiennent.

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Désintox en Gaspésie

Désintox en Gaspésie

Un jeune marginal retrouve un sens à sa vie.

Je m’appelle Jonas. C’est curieux, pendant que tout le monde parle de quitter les régions pour venir «triper» à Montréal, moi j’ai fait le contraire. J’ai quitté l’anonymat, la pression et la violence de la grande ville pour m’établir à St-Maurice de Léchourie, près de Gaspé.

Dans cette magnifique région où, le matin, j’ai le choix entre la montagne et la mer, je suis venu sauver mon esprit, me sauver, rattraper le temps perdu, réapprendre à vivre, devenir quelqu’un. J’ai des objectifs à atteindre.

En arrivant dans la municipalité, j’ai senti un poids de moins sur mes épaules. J’y ai trouvé une vie communautaire, une entraide et une liberté. Tout le monde se connaît! Ils sont gentils, polis et serviables. C’est une nouvelle vie qui commence pour moi.

C’est vraiment spécial. J’ai vu des vieilles photos des parents et des grands-parents. Des gens m’ont conté des histoires autour d’un bon feu de camp. Les gens sont contents, t’encouragent et ils veulent t’aider. Ils sont même venus me chercher pour m’offrir de retourner à l’école! Je vais finir mon secondaire professionnel en entretien d’automobiles.

Les gens t’offrent pleins d’occasions. On m’a offert un travail sur un bateau de pêche, mais je ne suis pas encore capable. Ça demande beaucoup d’énergie, juste pour rester debout dans un bateau qui n’arrête pas de bouger sur la mer.

Tout le monde se respecte et prend le temps de se parler. Au lieu de réagir à un conflit, on s’assoit, on en discute et on trouve une solution. En plus, les jeunes se tiennent avec les plus vieux et vice versa. Les personnes âgées sont respectées et font partie de la communauté.

En région, les jeunes sont vivants et moins nerveux. Il y a moins de vols, les gens n’ont pas peur de mettre un écran géant dans une maison de jeunes. À côté d’eux, j’avais l’impression d’être bon à rien. Ils ont l’habitude de travailler fort. Certains ont même commencé à l’âge de huit ans!

Par contre, quand ces jeunes arrivent dans la ville, ils font confiance trop vite et se font «fourrer ben raide». D’un côté comme de l’autre, il ne faut pas regarder juste l’enveloppe dans laquelle on habite, il faut regarder l’intérieur de la personne, apprendre à la connaître.

C’est Jean-Claude qui m’a accueilli. Il m’encourage. C’est plaisant, il rit tout le temps. Il n’y a jamais une journée noire avec lui. Il s’est créé un vrai lien d’amitié entre Jean-Claude et moi.

Je réapprends à travailler manuellement. J’ai compris l’importance d’une maison et de tout le travail que cela comporte. Où je suis, l’eau n’est pas potable. Il faut aller dans la montagne pour chercher son eau. C’est plaisant, le travail est constant.

Il faut chauffer la maison, ça prend du bois. J’ai presque huit cordes de bois préparées pour l’hiver qui vient. Huit belles cordes bien alignées, toutes placées droites et coupées de mes propres mains! C’est la fierté qui rentre. Ça te met en valeur. C’est ça qui me manquait.

L’été, tu prépares ton hiver. J’ai même coupé du bois pour aider la voisine. Une maison, c’est pas à négliger, il y a toujours quelque chose à faire.

À Montréal, on a peur de ses voisins. Ici, je suis en train de connaître mes 10e voisins de chaque côté! À Montréal, j’avais aussi un problème de consommation d’alcool, de pot et autres. Aujourd’hui, une bière et un joint par semaine me suffisent. Et j’en refuse! Je suis heureux de même!

Je retourne de temps en temps à Montréal pour saluer mes anciens amis. C’est maintenant difficile de passer deux jours à Montréal. Une semaine en Gaspésie, c’est l’équivalent de trois mois de vacances. Ça fait presque cinq mois que j’y suis et je voudrais y rester toute ma vie. En cinq mois, j’ai travaillé plus que dans les trois années que j’ai passées sur l’aide sociale.

Je suis en train de refaire ma vie. J’étais dans la rue, maintenant je travaille, je peux me faire de l’argent et je retourne à l’école. Ça peut paraître stupide, mais je ramasse des branches de sapin. Ça me paye 20 cents la livre. J’en ramasse 600 livres dans une journée, ça me donne 120 $.

Quand tu as faim, tu peux aller dans le bois pour ramener du gibier. Je fais des petits travaux de carrosserie avec Jean-Claude. Quand tu es mal pris, tu fais des échanges avec les voisins: deux cordes de bois contre deux grosses fesses de chevreuil, ou tu répares une auto pour 75 livres de crevettes. C’est une façon de s’entraider.

Je n’échangerais jamais ce que je vis là. C’est tough mais ça fait du bien. C’est un exercice mental premièrement, et physique ensuite. C’est une question d’attitude devant le travail à faire. Un travail qui est ta survie en même temps.

J’avais jamais travaillé avec mes deux mains avant. Jean-Claude m’a enseigné. J’avais tendance à me garrocher sur le travail. Quand tu arrives devant un travail à faire, tu t’asseois et tu regardes ce qu’il y a à faire. Tu analyses comment faire. Regarder avant d’agir. Penser avant de parler.

Jean-Claude n’est jamais stressé. Si ça ne marche pas d’une façon, ça va marcher autrement. Il est très intelligent et habile. Je le remercierai jamais assez pour son aide et son soutien.

Je refais toute mon éducation. Je prends le temps de m’asseoir sur une roche. J’écoute l’eau qui frappe la roche. La nature est un vrai remède à tous les bobos. Quand je suis arrivé, l’air était dur à respirer, trop pur, il a fallu que je réapprenne à respirer! C’est spécial et c’est le fun.

En région, tout le monde parle d’attirer les touristes. Pourtant, ils viennent quelque temps en vacances et s’en retournent après. Moi, je dis qu’il faut trouver des solutions pour inciter les jeunes à aller vivre en région. C’est plein de jeunes qui se perdent dans les grands centres urbains. Ta vie va plus loin que ça. Moi, c’est en région que j’ai découvert ma destinée. Pour m’aider, je prends le temps d’aider les autres.

J’ai hâte de voir le temps des Fêtes en Gaspésie. Les gens sont de bons vivants. C’est LA place ! J’en aurai encore long à vous raconter. Martin, le rédacteur en chef, m’a promis que je pourrais faire un autre article dans le prochain numéro du Journal. J’ai hâte de continuer mon histoire…

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