La prison et conflits religieux

Accommodements raisonnables

Liberté religieuse en milieu carcéral

Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posé de Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posée de questions sur le milieu carcéral. La vie ne m’avait pas mis en contact avec ce monde et je ne l’avais pas cherché. En discutant avec nos chroniqueurs, j’ai découvert qu’en tant que citoyenne j’étais bien ignorante sur ce sujet. Pour pallier ces manques, je me suis mise en quête de réponses. Celle d’aujourd’hui: à quoi ressemble la liberté religieuse en prison?

Delphine Caubet dossiers Religion et spiritualitéCriminalité.

milieu carcéral accommodements raisonnables

C’est la chronique de Jean-Pierre Bellemare en 2013 qui m’a mis la puce à l’oreille, il y parlait des accommodements raisonnables en milieu carcéral. Mais très honnêtement, j’avais du mal à saisir en quoi une assiette casher ou halal pouvait générer des tensions. Après tout, saupoudrer des aliments d’une prière n’a jamais rien enlevé ou ajouté au goût.

Contrôle de qualité

Pour tenter de comprendre «ces frictions quotidiennes» dont il fait référence, je suis allée à la rencontre de Jean-Pierre. Et ses explications m’ont laissée pantoise.

«Ces régimes alimentaires entraînent un genre de contrôle de qualité», m’explique-t-il. Les détenus cuisinent eux-mêmes les repas et le cœur n’est pas toujours à l’ouvrage. Pour les diètes suivies et validées par un chef religieux, il y a une vérification des aliments et de leur qualité. Alors de suite, une différence peut se faire sentir.

Autre point que je n’avais pas envisagé: la propagation des maladies. Pour chaque diète, il y a des ustensiles de cuisine différents, avec des aliments dans des frigos différents… «Alors si une cuillère est mal lavée et qu’elle est réutilisée dans un chaudron, ça peut être toute la prison qui attrape la gastro. Sauf ceux avec une diète spéciale puisque leur repas est préparé séparément.»

Jean-Pierre n’est pas avare d’exemples de tensions résultant des accommodements raisonnables en prison. Il parle du marchandage des tapis de prière des musulmans ou du tabac réservé aux autochtones pour leurs cérémonies. Autant de matériel propice aux tractations diverses.

Mais pour en apprendre davantage sur la religion en milieu carcéral, je suis allée voir l’un des hommes en 1ère ligne: l’aumônier.

Lentement mais sûrement

Si la pratique de la religion peut entraîner des tensions, elle n’en reste pas moins utile et nécessaire pour bien des détenus.

Tim officie en milieu carcéral depuis plusieurs années et comme il le dit: «Travailler dans un pénitencier est un défi personnel. Les concepts d’amour et de pardon y sont plus vrais. Il y a un cœur sous cette peau de macho.» À quoi il ajoute sur le ton de la plaisanterie que ce n’est pas sa «gang» habituelle. Je veux bien croire.
Durant ses visites, la religion n’est pas toujours impliquée. «Les détenus se font presser par les gardiens… par tout le monde… Moi je ne suis pas psy, j’attends l’autre. Ils doivent respirer. Cela peut être prendre une marche ou autre chose.» Lui a l’avantage de pouvoir se déplacer à sa guise dans le pénitencier, et va à la rencontre de ses ouailles là où elles se trouvent.

Mais Tim, les détenus viennent-ils vraiment parler versets et chapitres bibliques avec vous? «Mon rôle est surtout d’écouter. Des détenus peuvent être frustrés; ils sont de bons gars et pourtant ils sont toujours là. Je vois le désespoir et la frustration; je suis là pour faire diminuer la pression.»

Soupape de sécurité

Après ces entrevues, force est de constater que la religion en milieu carcéral n’implique pas nécessairement la religion. Mais son utilité n’en est pas moins importante. Les chefs spirituels même s’ils ne sont pas toujours bien accueillis (à part les bouddhistes, précise Jean-Pierre, qui sont encore les seuls à avoir bonne presse) ont un rôle important: diminuer la pression.

Pour Jean-Pierre (libéré depuis 2 ans), la religion et la spiritualité en général ont une place importante dans sa vie. Et si vous aviez vu comme moi les retrouvailles entre l’aumônier et l’homme libre, vous auriez aussi envie de dire au Premier ministre Harper que finalement ces hommes et ces femmes font la différence.

En tout cas, Jean-Pierre tient à ce que ce soit son aumônier qui célèbre son mariage l’été prochain.

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Chronique du prisonnier

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Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville     DOSSIER REFLET DE SOCIETE ET CHRONIQUE DU PRISONNIER

Pourquoi un homme comme-t-il un second crime après une condamnation? La détention n’a-t-elle pas été dissuasive?

Dans le système judiciaire, on qualifie sarcastiquement les récidivistes d’abonnés, de revenants ou de réguliers. Cette catégorie de détenus est principalement composée d’hommes ayant des problèmes à répétition qu’il s’agisse de violence conjugale, de conduite avec facultés affaiblies, de vol à l’étalage ou de vagabondage. Ils ont tous un point commun: un sévère problème de dépendance. Leur lieu de rassemblement est le Palais de justice et leur cri de ralliement ressemble à celui d’un animal blessé, perdu.

Les drogués sont les plus nombreux. À peine sortis de prison, ils partent en chasse armés de leur désespoir pour trouver n’importe quelle drogue qui pourra arrêter momentanément leurs angoisses. Ils sont à risque de revenir rapidement derrière les barreaux. Le manque les pousse à commettre un délit sans préparation.

Ce n’est pas une recherche de plaisir qui les motive, mais le mal dans leur corps qu’ils tentent de combattre. Pour eux, la récidive est aussi certaine que la venue du soleil après la pluie. Ils sont aux prises avec un problème si fort que la peur d’une seconde détention leur semble superflue en comparaison. Le cercle vicieux se perpétue durant des années, tant et aussi longtemps qu’un évènement spectaculaire ne vienne renverser ces hommes comme un décès, un traumatisme, l’atteinte du fond du baril, etc.

image Récidivistes volontaires

Une deuxième catégorie d’hommes reviendra à coup sûr au pénitencier: ceux qui se nourrissent d’un ressentiment contre l’injustice ou qui se «victimisent». La rancoeur constitue pour eux un moyen fréquemment utilisé pour éviter de se remettre en question et surtout d’avoir à reconnaître leurs torts. D’autres, hantés par un passé non réglé, sont incapables de tourner la page. Certains d’entre eux ont été élevés dans un environnement familial criminalisé. Leur perception du crime n’a aucune connotation négative. Pour eux, il s’agit simplement d’un mode de vie qui se transmet d’une génération à l’autre.

Il y a ceux qui reviennent en prison après avoir espéré réussir un bon coup grâce à des renseignements obtenus au pénitencier. Avant même d’être libérés, ils se préparent à revenir s’ils se font prendre. Le pénitencier est considéré comme l’école du crime. Tous ceux qui s’y trouvent se sont pourtant plantés lamentablement, même s’ils se permettent de donner des leçons aux autres. Ces futurs récidivistes croient naïvement que ceux qui les ont renseignés voulaient leur  réussite. La réalité est que quand un détenu possède une information «payante», il la garde pour lui. Les informations partagées en prison sont habituellement une forme de manipulation que les gars utilisent pour en piéger un autre. Ce sont presque toujours des jeunes criminels qui tombent dans le panneau.

Il existe des détenus qui, bien qu’ils n’aient aucune ressource monétaire ou familiale, n’acceptent pas de partir du bas de l’échelle. D’autres sont des gens qui, vu la gravité de leurs crimes (pédophilie, infanticide, viol) ont été isolés de ceux qui auraient pu leur venir en aide. Quelquefois des sans-abris ou des gens aux prises avec des problèmes psychiatriques reviendront au pénitencier. Le milieu carcéral est le seul qu’ils connaissent véritablement. Le fait de connaître un environnement le rend sécurisant, aussi incroyable que cela puisse paraître parfois. Des hommes mal équipés socialement pour affronter des problèmes simples deviennent ainsi une clientèle permanente des prisons, un résultat de la désinstitutionnalisation des services psychiatriques.

La peur de la liberté

D’autres prisonniers qui ont purgé une très longue peine deviennent «institutionnalisés». Une poule encagée trop  longtemps perd ses réflexes naturels comme rechercher sa nourriture, prendre soin de ses petits et marcher. Le même  phénomène se produit chez l’homme. Après plus de dix ans d’incarcération, ses réflexes, sa débrouillardise et ses autres capacités sont fréquemment hypothéqués. Des choses simples comme prendre le métro entouré d’inconnus, s’avèrent des épreuves difficiles. Le contact avec les étrangers l’épuise sans raison apparente.

À l’extérieur des murs, la vitesse des voitures et le flux incessant des gens qui vont et viennent créent de l’angoisse. Même les relations avec les femmes deviennent une source de stress énorme. Elles impliquent des façons de faire et de vivre qui n’existent pas en prison. Regarder une personne dans les yeux est généralement considéré comme une provocation au pénitencier. Effleurer la fesse d’une agente correctionnelle peut entraîner un transfert dans un établissement à sécurité maximale. Ces aspects de la vie carcérale nécessitent des adaptations qui ne sont pas naturelles et le prisonnier, lorsqu’il retourne dans la société, doit tenter de s’en déprogrammer. C’est parfois impossible ou trop difficile et cela peut le mener de la dépression jusqu’au suicide. Se sentir incapable de vivre ce qui est attendu depuis si longtemps frappe de plein fouet. Plus d’un détenu libéré est devenu fou. Le rêve de la liberté devient parfois un cauchemar éveillé. Comment l’expliquer aux autres alors qu’on ne comprend pas vraiment sa propre incapacité à satisfaire ses désirs? Une minorité de ces personnes, malgré leur bonne foi et, surtout, une envie certaine de liberté, reviendront gonfler les rangs des prisonniers bien malgré eux.

Voilà une description des différents types de récidivistes avec lesquels j’ai pu m’entretenir durant mes longues années d’incarcération. La liste n’est pas exhaustive, mais elle est représentative. Je m’inclus, naturellement, dans le groupe. J’ai appris quelque chose d’extraordinaire en psychologie qui m’a permis de me rendre où j’en suis intérieurement: on peut juger un geste, mais pas une personne. Car une personne ne se limite pas à un seul geste.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Reflet de Société, Vol. 18, No. 3, Juin/Juillet 2009, p. 8-9

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Apprendre des animaux

Apprendre des animaux

(Agence Science-Presse) – Enseigner aux prisonniers est du temps bien dépensé, quoiqu’en pensent les détracteurs.

Et celui qui émettait récemment cette opinion dans le New Scientist n’a pourtant pas choisi le sujet le plus évident: Marc Bekoff enseigne «la biologie du comportement animal et de la conservation de la nature», dans la prison du comté de Boulder, Colorado. Sa première surprise? C’est l’un des cours les plus populaires.

Sa deuxième: les détenus doivent gagner le droit d’y assister. D’après ce biologiste de l’Université du Colorado, la raison première de cet intérêt est que plusieurs prisonniers —comme plusieurs humains— trouvent plus facile d’établir des contacts avec des animaux: plusieurs ont eu un chien ou un chat qui était «leur seul ami». Et Bekoff avance une autre explication: plusieurs en ont assez de croire que c’est leur «comportement animal» —leur agressivité— qui les a conduits en prison, et ils sont motivés à l’idée d’apprendre que des comportements comme la coopération, l’empathie et l’altruisme sont tout aussi présents dans la nature.

 

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Prison et spiritualité

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Prison et spiritualité

Ce texte sur la spiritualité a été rédigé par Jean-Pierre Bellemare. Détenu depuis 22 ans à la prison de Cowansville, l’auteur signe depuis 2 ans la Chronique du prisonnier dans la revue Reflet de Société.

Raisonnement sur la foi

Étant du genre Thomas, tout ce qui implique une grande croyance, comme la foi catholique, m’a longtemps causé de l’urticaire. Pourtant, depuis de nombreuses années, je fréquente assidûment la chapelle de la prison et je n’hésite jamais à débattre de religion.

Les cieux pour les creux?

Récemment, une déclaration d’Albert Einstein concernant les croyants est venue chatouiller ma fierté. En résumé, il concluait que les religions servaient de béquilles pour les faibles d’esprits. Nous avons aussi au Québec un adage qui dit: «heureux les creux car les cieux sont à eux». Voilà une seconde affirmation qui mérite réponse.

Idéologie comme arme

Il est vrai que trop souvent les religions furent des engins de guerre. Armées d’idéologies réductrices et envoûtantes, elles ont charmé des milliers de personnes à faire le mal au nom du bien. Ce phénomène se produit encore de nos jours dans les pays émergents. Cette façon historique de faire a fini par devenir un excellent argument d’achat pour les athées. Malgré cela, je suis resté fidèle; pourquoi donc?

Horreurs non méritées

Témoin de nombreuses injustices durant ma vie, je ne suis jamais arrivé à trouver d’explications acceptables, ou à tout le moins rationnelles, à la famine, au sida et au cancer qui tous frappent sans distinction des gens aimants, aidants et bons. La maladie frappe avec une violence sans vergogne. Ces malheurs dépassaient mon entendement.

Une bonne partie des explications données par l’Église ne rejoignent plus la majorité de ceux que je connais. Ils ont besoin de raisonner leur foi, ce qui rend la religion beaucoup moins achetable.

J’ai pour ma part trouvé une explication qui me rassure sans que j’aie à faire abstinence de mon raisonnement. De plus, c’est rationnel et plausible.

Hommes minuscule pour un but immense

Le corps humain est composé de milliards de cellules vivantes et chacune d’entre-elle remplit une fonction bien précise. Chaque jour, des millions de ces cellules meurent pour laisser la place à d’autres, et cela, indépendamment de leur grosseur, leur âge ou leur couleur. Voyez-vous un début d’explication? Ces cellules accomplissent un travail qui dépasse leur entendement: celui de nourrir et de faire fonctionner un être au-dessus de ses capacités de compréhension.

La vie de l’homme est aussi au service d’une fonction qui est bien au-delà de sa propre compréhension. À une échelle un peu plus réduite, la terre se nourrit de lui par son labeur et parfois l’élimine pour faire place à un autre, et cela, sans distinction précise. Les notions de mal et de bien donnent uniquement une structure et une dynamique à notre société pour la rendre contrôlable. Cela n’en fait pas une qui serait nécessairement meilleure ou mauvaise.

Il existe un nombre incalculable de parallèles entre ce qui se passe a l’intérieur d’une personne et le fonctionnement de notre planète. Les rivières qui coulent dans les fleuves et les veines qui coulent dans les artères; la composition d’un corps humain et celui de la planète… L’Être supérieur ne résonne pas en fonction des bénéfices qu’il pourrait apporter aux hommes. Cela va bien au-delà.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Les prisonniers sont pauvres

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Les prisonniers sont pauvres

François Richard, Dossier Journal de Montréal

prisonnier Une lettre signée par un détenu anonyme a été publiée dans Le Journal de Montréal le 6 mars dernier. Dans cette  «confession», l’auteur affirme avoir accès en prison à des services de santé et des installations de loisir d’une qualité qu’une grande partie de la population n’est pas en mesure de se permettre. Il compare même son incarcération à un camp de vacances et affirme que, dans ces circonstances, la peine infligée n’a aucun effet dissuasif sur lui.

 

La lettre a fait réagir plusieurs lecteurs du Journal de Montréal, indignés des propos de l’auteur ou en désaccord avec lui. Jean-Pierre Bellemare, détenu de la prison de Cowansville qui signe la Chronique du prisonnier dans le magazine Reflet de Société, a souhaité lui aussi répondre à l’auteur de ce texte.

Un détenu pas d’accord

Je m’appelle Jean-Pierre Bellemare. Je suis prisonnier depuis plus de 22 ans et chroniqueur au magazine Reflet de Société depuis deux ans. Des codétenus, surpris par la confession d’un prisonnier anonyme publiée dans Le Journal de Montréal, m’ont demandé mon opinion.

J’apporte d’abord une correction à ce qui a été décrit dans la «confession». Effectivement, les détenus ont accès aux services décrits. Ce qui n’est pas dit, c’est que tous ceux travaillant en milieu carcéral aussi, qu’il s’agisse de l’équipement sportif, du terrain de tennis, de l’hôpital, etc. Et vous pouvez me croire, lorsqu’un achat d’équipement est fait, ce n’est pas pour satisfaire les caprices des détenus. Notre pouvoir décisionnel est nul.

Salaire de misère au pénitencier

De plus, le salaire des détenus est le même depuis plus de 20 ans et cela malgré la fait que les prix aient augmenté et qu’une bonne partie de la population carcérale paie des frais d’hébergement à même son salaire. Si les détenus ont accès à certaines commodités, elles doivent toujours être approuvées par un comité de gestionnaires et de citoyens.

En dernier lieu, plusieurs détenus passeront leur vie entière en prison et y mourront. La comparaison avec les camps de vacances est donc faible puisque l’on paie pour y aller, alors que la prison, on paierait cher pour ne pas y aller.

Excuses d’un criminel

Je veux profiter de la publication de ce texte pour présenter mes regrets, ainsi que ceux de plusieurs de mes codétenus, aux victimes de nos actes. C’est le maximum que nous puissions faire pour l’instant. En terminant, je souhaite rappeler qu’il n’y a pas plus de prisons sur terre que nous pouvons en trouver en nous et que la liberté reste le pouvoir de choisir ses barreaux.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Mère un jour, mère toujours

Mère un jour, mère toujours
écrit par Martine, Vol 15-2, Décembre 2006

relais familleÇa fait plus d’un an que je n’ai pas vu mon garçon. Aux dernières nouvelles, ma sœur l’avait vu au centre-ville au coin d’une rue en train de vendre de la drogue. Je suis partie à sa recherche. Je suis revenue complètement bredouille de ma chasse au trésor. Je me disais: «Bon Dieu, faites qu’il se retrouve avec les bonnes personnes. Faites qu’il soit encore en vie.»

J’ai une conversation avec une amie. Un acte criminel s’est produit quelques jours auparavant. Elle me demande comment je réagirais si mon fils était impliqué? C’était clair pour moi que je ne pouvais le savoir sans l’avoir vécu.

Fin janvier 2006, je m’installe devant le téléviseur pour écouter les nouvelles. La première image que je vois est celle de mon fils. Il est activement recherché pour meurtre au premier degré.

Sous le choc, je me dis que je suis en train de vivre le pire cauchemar, celui que je redoutais le plus. Est-ce le ciel qui vient de me tomber sur la tête? En tentant de garder mon sang froid, je mets tout en branle pour le retrouver.

L’amour inconditionnel

Pour le moment, juste de penser qu’il peut être impliqué dans ce genre d’affaires m’angoisse. Je suis une mère, et quand on est une mère on doit aimer nos enfants inconditionnellement. Ce soir-là, malgré moi, j’ai su comment je devais réagir.

Je ressentais beaucoup d’impuissance. J’ai pris mon courage à deux mains. J’ai appelé un journaliste pour lancer un appel en direct à la télévision, pour qu’il se rende aux autorités.

En faisant des téléphones, je réussis à lui parler. Sous le choc et en larmes, il me dit: «Mam, j’ai rien fait… Excuse-moi!» Je lui ai dit: «Je sais, tu n’as pas besoin d’en dire plus, je sais… Tu es encore mon gars et je t’aime… Je veux t’aider, fais-moi confiance.»

Une jeune femme de 17 ans y a laissé sa peau. Elle aurait pu être ma fille. Je ressens une profonde tristesse. Je sors de ma bulle lorsque la sonnerie du téléphone retentit pour la millième fois. J’entends mon gars me dire: «Mam! La police encercle la maison, il faut que je me rende.» J’ai senti la peur et la panique dans sa voix… J’aurais tellement voulu être près de lui. Mais, il fallait que j’accepte la situation. Après avoir raccroché le téléphone, je ressens un grand vide.

Le procès

Puisqu’il est à l’extérieur de la ville, il est transféré à Montréal pendant la nuit. La nuit et la fin de semaine la plus longue de ma vie. Sans nouvelle de lui, le lundi matin, je me rends au palais de justice de Montréal pour assister à sa première comparution devant un juge.
Arrivée sur place, je ne me sens pas à l’aise dans ce milieu. C’est la première fois que j’y mets les pieds. Une vingtaine de journalistes à l’affût de la moindre information s’y retrouvent. Les yeux rivés sur moi, ils sont déjà en train de me photographier. Je ne peux me cacher.

Je me rappelle que je suis là pour mon fils. Je ne veux pas être une victime dans cette affaire. Je ressens des sentiments contradictoires: impuissance, colère, peur et la hâte de revoir mon fils. Je veux que, malgré tout, il sente que je l’appuie. Je suis donc allée m’asseoir dans la salle d’audience.

Quand je vois ce grand gaillard de six pieds et quatre entrer par la porte des accusés, une vague de tristesse et d’amour m’envahit en même temps. Je me dis: «C’est mon gars, mais, qu’est-ce qu’il fait là? C’est tellement surréaliste que je ne comprends pas. Mais regarde-moi, je suis là!» Son regard croise le mien. J’ai senti chez lui une profonde tristesse et une grande honte. J’imagine qu’il se demande ce que je fais là, encore une fois!

Pourquoi ?

Je suis la mise en accusation tant bien que mal. Mon regard fixe mon garçon. Je me demande pourquoi? Il plaide non coupable à l’accusation de meurtre au premier degré. Je sors de la salle. Je me retrouve entouré de journalistes qui voulaient avoir une entrevue. Même que certains me disent pouvoir m’aider. Comme si c’était moi qui avais besoin d’aide.

Étourdie par le flash des caméras et les propos discordants, je m’enfuis par la porte de sortie qui se trouve devant moi. Dure réalité. Je sens que tout cela fait maintenant parti de ma vie, et pour toujours. Alors, mieux vaut vivre avec l’idée que je ne resterai pas dans l’anonymat. Mais, quel triste combat!

Pourquoi ne pas m’en servir positivement? Je prends la décision d’appeler un journaliste et d’offrir une entrevue exclusive sur une chaîne de télé qui a toute ma confiance. En parlant au journaliste, je lui dis que j’ai un message à livrer et que j’ai aussi des condoléances à offrir à la famille de la victime. L’entrevue a eu, sur le moment, un effet thérapeutique.

Je n’ai pas à m’isoler ou à me cacher. Comme parent, je sais que j’ai fait de mon mieux pour élever mon enfant. Loin de moi l’idée de dire que je suis parfaite. Il n’y a personne de parfait. La vie l’a poussé à faire de mauvais choix. Est-ce que ma vie s’arrête là? Mon rôle auprès de mon fils est différent, à mes yeux. Il n’est jamais trop tard pour qu’il prenne le droit chemin. Je garde plein d’espoir. Si ça prend un tel drame pour y arriver, je l’assumerai jusqu’au bout. Mère un jour, mère toujours.

Prendre notre enfant dans nos bras

Il est détenu dans un centre à Montréal. Je vais le voir à l’occasion. On a aussi des échanges de lettres. On a des rencontres riches en émotions. Malgré la vitre qui nous sépare, on se sent plus proches que jamais.

Ma plus grande peine, c’est de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras. Après neuf mois de détention, il est en attente de son enquête préliminaire qui aura lieu au mois de décembre.

En attendant, il se concentre sur son cours par correspondance pour terminer son secondaire 5. Il fait des démarches pour s’inscrire à un cours de musique. Je suis tellement fière de lui. Il fait un beau cheminement et il a les deux pieds sur terre. Comme il me dit, «quand tu sors de ton état de choc, ça fait mal de réaliser ce qui s’est vraiment passé. Je me suis mis les deux pieds dans les plats et je vous ai tous entraînés là-dedans. Je le regrette. Mon seul souhait serait d’avoir la fille devant moi, de la prendre dans mes bras et de lui demander pardon. Je sais que c’est impossible. J’aurai à vivre avec ça sur la conscience toute ma vie. Elle est là la vraie punition.»

La suite des choses

Chacun de notre côté, on se prépare psychologiquement à la suite, c’est-à-dire à l’enquête préliminaire et au procès qui va suivre. Cela va être long et pénible pour nous tous de voir ressortir la nouvelle. Je sais que ce sera très médiatisé.

Avec le temps et avec tous les efforts que je vois qu’il fait pour se garder la tête hors de l’eau, je garde espoir qu’il va s’en sortir grandi et qu’il pourra toujours compter sur sa famille pour l’appuyer.

Depuis le début, je peux compter sur l’appui de mes amis et sur celui de l’organisme Relais Famille, qui aide les familles qui ont un proche qui est détenu. Je me sens moins seule. J’y retrouve des intervenantes formidables et dévouées. J’y trouve aussi des femmes qui vivent la même chose que moi. C’est merveilleux d’arriver à un endroit où tu ne ressens aucun préjugé et où tu peux parler de cette épreuve sans retenue. Chaque fois, j’y retrouve une famille. Le plus beau, c’est qu’elles offrent aussi un programme nommé Machinabulles, adapté aux enfants. Sans ce support, je ne tiendrais pas le coup.

Chaque jour, je me lève en me disant que j’ai une mission à accomplir: parler de mon histoire à ceux que je rencontre. Du même coup, j’aide les gens à s’exprimer à leur tour et à trouver les bons mots pour exprimer haut et fort leurs émotions.

Mon but est de faire tomber les préjugés à l’égard des parents des détenus. Nous ne sommes pas la cause de leurs gestes et surtout pas les victimes de leurs actes. Je veux que, aux yeux de tous, les jeunes qui ont fait de telles gaffes aient droit à une seconde chance.

relais famille

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/19/les-prisonniers-de-linstitut-leclerc-remercient-leurs-benevoles/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/08/25/linstitut-leclerc-sexprime/

Textes sur la famille.

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Bienvenue aux Souverains Anonymes

Bienvenue aux Souverains Anonymes. Une nouvelle page pour «les hommes de passage»

Martin Ouellet

Selon Mohamed Lofti, le créateur et l’animateur de Souverains Anonymes, l’émission est «une démarche d’ouverture des personnes incarcérées à la communauté». L’émission de radio Souverains Anonymes, créée en 1990, a la particularité d’être enregistrée à la prison de Bordeaux et de donner la parole à des détenus qui y purgent une peine.

L’émission est retransmise non seulement en ses murs, mais également sur les ondes de CIBL, CKRL et Radio Centre-Ville. Souverains Anonymes, c’est donc une fenêtre où communiquent le monde carcéral et le monde extérieur.

C’est également une façon pour les détenus de s’évader par la poésie, la musique, le pouvoir libérateur de la parole. En plus, ils ont l’occasion de recevoir la visite d’invités spéciaux, chaque semaine, des artistes pour la plupart, mais aussi des ministres, des athlètes, des scientifiques, etc. Ainsi réunis, prisonniers et visiteurs philosophent, créent, rêvent, devenant ainsi des Souverains, le temps d’une émission…

À ce jour, plus de 7000 détenus de Bordeaux ont pris la parole devant le micro et plus de 350 invités ont vécu cette expérience unique. À chaque numéro, le Journal de la Rue vous présentera de nouveaux poèmes de Souverains Anonymes, vous ouvrant ainsi une fenêtre sur leur réalité mais aussi sur leurs rêves et leur créativité. Nous rencontrerons également des invités qui ont participé à Souverains Anonymes pour qu’ils témoignent de leurs souvenirs auprès de ces «hommes de passage»…

Pour en connaître davantage sur Souverains Anonymes, consultez ces différentes sources d’information: Évidemment, l’émission de radio Souverains Anonymes, diffusée à CIBL (101,5 FM) les jeudis à 18h, à CKRL (89,1 FM) les vendredis à 9h, ainsi qu’à Radio Centre-ville, (CINQ FM 102,3) les mardis à 15h.

Site internet des Souverains Anonymes

Libre à vous, un album de chansons enregistré à Bordeaux d’après les textes de détenus avec la participation d’une cinquantaine d’artistes et musiciens. Documentaire Des hommes de passage, réalisé par Bruno Boulianne, distribué par l’ONF.

Littérature des Souverains:

Jean-Pierre Lizotte

Je suis fatigué et las d’être ici. J’y ai passé une partie de ma vie. Je n’ai plus rien à apprendre. Quoique, j’ai de nombreuses choses à te faire comprendre! Ça va faire 8 ans que je suis à Bordeaux. Si je suis en train d’y laisser ma peau! Alors, je scierai mes propres barreaux. Pour connaître le renouveau. J’ai tout donné. Pour me faire apprécier et aimer. Maintenant, je suis très respecté. Je n’ai plus rien à prouver. J’ai tellement vu de détenus au téléphone bleu. Dire à leur blonde adieu. J’ai vu la vraie misère noire. Ce n’est pas beau à voir. J’ai vu des détenus se couper les veines. Ils avaient trop de misère et de peines. J’ai moi-même coupé les miennes. Alors, pense au futur, aux tiennes. Je suis fatigué et las d’être ici. J’y ai passé une partie de ma vie. Je n’ai plus rien à apprendre. Quoique, j’ai de nombreuse choses à te faire comprendre!

L’homme caché

Jean-Paul Catellier, décembre 1999

J’ai peur lorsque, parfois je vois cet homme caché au fond de moi. Mais où se cache t-il ? Je ne le saurai jamais. Soudain, après quelques bières, le voilà qu’il apparaît. Lorsque, petit à petit j’accélère la cadence. Bière après bière, rien n’a plus d’importance. Mon cerveau s’enivre et tout à coup, pris de rage. L’homme caché fait le beau temps et l’orage. Est-ce que les gens le savent? Peuvent-ils le voir? Cet homme caché en moi, est-il mon miroir? Lorsque la nuit se transforme graduellement en lumière. L’homme caché se calme et disparaît dans son univers. Soudain le matin, pensant à sa femme et à tous ses problèmes. Il a la tête pris dans l’étau et la voix qui hurle des blasphèmes. De nouveau, l’homme sombre. Il fuit, il a peur de son ombre. Où est-il passé? Je ne sais guère? Est-il encore en moi? Ou perdu à jamais derrière ces barreaux de fer?

Les prisonniers de l’Institut Leclerc remercient leurs bénévoles

Remords à partager

L’ABC de la criminalité

L’Institut Leclerc s’exprime

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