Suppléments d’antioxydants et exercice physique ne font pas bon ménage

Dossier Santé

Suppléments d’antioxydants et exercice physique ne font pas bon ménage

Kathleen Couillard

(Agence Science-Presse) – La popularité des antioxydants est en pleine explosion. On leur prête plusieurs bienfaits, dont la prévention du cancer, des maladies cardiaques, d’Alzheimer et de Parkinson. Toutefois, dans l’édition du 26 mai de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs allemands démontrent que ces molécules n’auraient pas que des effets positifs.

Les chercheurs ont en effet établi que la prise quotidienne de suppléments d’antioxydants comme les vitamines C et E annulait certains effets bénéfiques de l’exercice physique, dont entre autres la diminution de la résistance à l’insuline. Comme celle-ci est la principale cause du diabète de type 2 et que l’exercice physique est un aspect important du traitement de cette maladie, cela pourrait avoir des implications importantes pour les gens qui en sont atteints.

Lors d’une séance d’exercice physique, des radicaux libres, c’est-à-dire des molécules dérivées de l’oxygène, sont produits. Ceux-ci favorisent alors l’expression de gènes qui permettront de diminuer la résistance à l’insuline. Les antioxydants, par leur action sur les radicaux libres, bloqueraient le processus.

Des suppléments… superflus

Selon Charles Couillard, professeur au département des sciences des aliments et de nutrition de l’Université Laval et chercheur dans le domaine des antioxydants, cette étude ne remet pas vraiment en question l’importance de ceux-ci. Bien sûr, les radicaux libres produits temporairement lors de l’exercice physique sont utiles pour diminuer la résistance à l’insuline. Toutefois, leur présence de façon continuelle n’est pas souhaitable puisqu’ils ont plusieurs effets secondaires, entre autres la détérioration de l’ADN. La présence d’antioxydants dans notre alimentation est donc nécessaire pour empêcher leur accumulation.

Par ailleurs, il souligne que cette étude s’ajoute à plusieurs autres qui montrent que la prise de suppléments d’antioxydants n’a pas toujours les effets positifs escomptés. Par conséquent, il est préférable d’éviter les suppléments et d’adopter une alimentation saine et équilibrée jumelée à des séances d’exercice physique régulières pour demeurer en bonne santé.

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Le mythe des nuits trop courtes

 

Le mythe des nuits trop courtes

David Massé

(Agence Science-Presse) – 7 h 30 du matin. En ligne devant le comptoir d’un café étudiant, une poignée de cégépiens cernés attendent en bâillant leur dose de caféine avant d’aller en classe. Cette image renforce un mythe bien ancré dans notre société: une forte proportion de la population manque de sommeil et cette carence est nuisible pour la santé.

Est-ce vrai? Non, répond d’emblée le professeur Jim Horne, chercheur à la tête du Sleep Research Centre à l’Université de Loughborough en Angleterre. Dans un article publié récemment dans la revue New Scientist, ce spécialiste du sommeil s’applique à réfuter cette thèse.

Le scientifique s’attaque tout d’abord au fameux mythe du manque de sommeil. L’argument souvent avancé est le suivant: si les gens dorment davantage la fin de semaine et durant leurs vacances, c’est pour rattraper les heures de sommeil qui leur font défaut durant la semaine. Faux, rétorque Horne, en faisant remarquer que l’être humain, comme la plupart des mammifères, aura tendance à dormir plus longtemps s’il est placé dans des conditions propices au repos.

Le lien entre sommeil et mauvaise santé

La relation entre le manque de sommeil et l’obésité? Elle existe, mais le chercheur en tempère l’importance. Selon lui, cette relation ne devient significative que lorsque le temps de sommeil tombe en deçà de cinq heures par nuit.

Qu’en est-il de la relation entre un déficit de sommeil et le diabète? Encore une fois, il y a une corrélation, mais elle serait amplifiée. S’il est vrai qu’une période prolongée de quatre heures de sommeil par jour cause une intolérance au glucose, l’effet est rapidement réversible après seulement une nuit de sommeil réparateur, précise Jim Horne. Tout le monde n’est évidemment pas d’accord avec lui.

Sommeil ou loisir?

Dernière croyance tenace: les gens dormiraient davantage s’ils en avaient la possibilité. Une étude réalisée par l’équipe de recherche de Jim Horne démontrerait le contraire. «Si on leur donne le choix, les gens substitueront volontiers leur surplus de sommeil par d’autres activités de loisir».

Il conclut son plaidoyer par une recommandation: au lieu de dormir davantage afin d’augmenter ce qui, en réalité, ne nous ferait aucunement défaut, mieux vaut rester éveillé et profiter de la vie en dehors du lit!

 

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L’epilepsie, une maladie invisible

L’épilepsie, une maladie invisible

Sylvie Daneau  Dossier Santé

À l’âge de neuf ans, lorsque les médecins m’ont déclarée atteinte d’épilepsie, je me suis sentie condamnée à vie par une maladie dont j’ignorais tout, jusqu’à son nom. N’acceptant pas leur «verdict», je me suis isolée de plus en plus en grandissant. Souvent j’ai songé à la mort. Mais en même temps, je souhaitais de toutes mes forces une guérison miracle. J’ai résumé ici les étapes de ma vie qu’Elle a le plus marquées.

Je me suis souvent demandé quelle aurait été ma vie si je n’avais pas fait ma maternelle à l’âge de quatre ans et ma première année, à cinq ans. Mais cela, je ne pourrai jamais l’imaginer. La réalité – ma réalité – est que j’ai fait toutes mes classes du primaire, en étant la plus jeune. Et probablement, l’une des plus stressées.

Côté santé tout va bien jusqu’à la quatrième année. Environ deux mois avant la fin de l’année, l’institutrice m’envoie au tableau pour faire le calcul d’une multiplication compliquée. Elle sait que j’en suis capable. N’arrivant pas à me concentrer, nerveusement, je serre le bas de ma jupe. Elle me parle, mais je ne l’entends plus. Je ressens une douleur au cerveau. Il me semble que ma tête va éclater. Subitement, ma main droite s’agite nerveusement: j’ai une première crise d’épilepsie.

Du jour au lendemain, plus rien n’a été pareil. Dans les années 1960, l’épilepsie est un sujet tabou. Peu à peu, et sans le vouloir, médecins, famille et amis me cantonnent dans un petit univers, où ma «maladie invisible» devient le personnage principal.

On s’informe plus d’elle que de moi. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Un neurologue m’a dit : “L’épilepsie c’est comme porter un âne sur ses épaules.” Oui, l’épilepsie c’est lourd à porter, ça c’est vrai ! Lorsque j’ai quinze ans, un autre neurologue compare cette fois l’épilepsie à «une brique que l’on reçoit sur la tête». Pas plus qu’on ne sait quand une brique peut nous tomber sur la tête, l’épilepsie ne prévient pas elle non plus. 

Apprendre à vivre avec l’épilepsie

Dans les années qui ont suivi, je n’acceptais pas d’avoir des crises tonico-cloniques (ce qu’on appelle «le grand mal»). Lorsque cette maladie invisible survient sans crier gare, mes jambes se dérobent sous moi et je me retrouve par terre, en m’agitant. La nuit, pendant mon sommeil, les crises me font tomber de mon lit.

Je voulais vivre normalement. Ne plus tomber et ne plus avoir à prendre des médicaments. Les spécialistes que je vois disent tous que j’en prendrai toute ma vie. Alors, à l’âge de 16 ans, je fais une tentative de suicide. En pleurant, seule dans la salle de bains, j’avale tous les comprimés de mysoline et de phénobarbital. Je ne sais pas comment ma mère me découvre.

Lorsque j’ouvre les yeux, je suis à l’urgence et deux infirmiers me forcent à boire une grande quantité d’eau. Ma mère, qui se culpabilise déjà parce que les neurologues ont établi que l’utilisation des forceps à ma naissance est responsable de mon état, me reproche le lendemain de ne pas avoir pensé à ma famille en posant ce geste. Puis, les années passent.

Le cerveau épilepsique s’emballe

En 1992, me voilà enfin de retour à l’Institut neurologique de Montréal. Je dis «enfin», car je suis allée environ 40 fois au Centre hospitalier de l’université de Sherbrooke en moins d’un an pour être candidate à une opération au cerveau, les docteurs devant d’abord prouver que l’on ne peut pas me guérir. Et de «retour», car j’y suis hospitalisée une première fois en 1991 pendant sept semaines.

Le soir de mon admission, on me coupe les cheveux au rasoir. Pendant que mes cheveux tombent sur le plancher, je pleure. Le lendemain, je suis sous anesthésie locale, lorsque le Dr André Olivier, neurochirurgien, me perce trois petits trous dans mon crâne. Peu de temps après, un « frame » est fixé à la hauteur du haut de mon front avec trois petites tiges de métal, pour passer un scanner.

L’enregistrement intracrânien a lieu quelques jours après. Peu de temps avant la chirurgie, on me tond à nouveau les cheveux, mais cette fois à ras le crâne. Pendant l’opération qui dure environ sept heures, le Dr Olivier, perce plus de 30 petits trous dans mon crâne et insère autant d’électrodes dans mon cerveau.

Durant un mois, la tête recouverte de pansements, les électrodes attachées au câble branché dans le mur, je vis en permanence dans mon lit. Braquée sur moi, une caméra vidéo enregistre mes crises lorsqu’elles se produisent.

L’enregistrement intracrânien permet de déterminer que mon centre épileptique est frontal et temporal. Une opération serait trop risquée. Pour moi, c’est une grande déception.

La vie continue… Si c’était à refaire, je referais le même cheminement qui m’a conduite à l’Institut neurologique de Montréal. Car suite à cette implantation d’électrodes, mon neurologue a procédé plusieurs fois à des changements de médicaments. Et sept ans plus tard, j’ai complètement cessé d’avoir des crises de jour et de nuit.

Réapprendre à vivre sans l’épilepsie

Autant il m’avait fallu m’habituer à vivre avec l’épilepsie, autant j’ai dû m’habituer à vivre sans elle. Cela n’a pas été facile contrairement à ce que l’on pourrait croire. Car dans les premiers temps où je n’ai plus eu de convulsions, le doute de recommencer à en avoir m’accompagnait tous les jours. Réapprendre à vivre sans l’épilepsie est une étape très importante, à la fois pour la santé mentale et physique. Je me suis efforcée de la chasser de mes pensées et de mes conversations.

Car la vie, pour chacun et chacune d’entre nous, c’est beaucoup plus que l’épilepsie, l’asthme, ou le diabète. Le temps m’a appris qu’il ne faut pas laisser trop de place dans notre vie à nos problèmes de santé. Nous avons une identité personnelle avec de multiples facettes. À nous d’en développer quelques-unes.

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Diabète et régime épicé

Diabète et régime épicé 

(Amélie Daoust-Boisvert, (Agence Science-Presse) — Des chercheurs comptent gérer en partie le diabète… en l’épiçant! En effet, ils ont mis au point une diète à base de curcumine, la célèbre épice indienne extraite de la plante de curcuma utilisée dans de nombreux caris. Les souris soumises à cette diète risquent moins de développer le diabète de type II. De plus, les rongeurs obèses traités avec la curcumine ont vu chuter l’inflammation de leurs tissus adipeux et de leur foie. La production de cytokines dans les tissus adipeux entraîne chez les obèses une inflammation de plusieurs organes, dont le pancréas, le foie et le cœur, ce qui peut provoquer la résistance à l’insuline qui cause le diabète. Même si le chercheur déconseille aux diabétiques d’épicer illico leur assiette, Drew Tortoriello explorera davantage l’action protectrice de la curcumine. Elle serait due à son activité antioxydante, qui renverse l’inflammation liée à l’obésité et permet par conséquent un meilleur contrôle du diabète. Le journal Endocrinology publiera ces résultats prochainement.

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Des cachets d’insuline

Des cachets d’insuline

(Agence Science-Presse) – En créant une capsule au revêtement spécial, des chercheurs britanniques semblent avoir résolu le problème qui freinait la commercialisation de l’insuline par voie orale. L’insuline ainsi protégée des acides de l’estomac ne peut se dégrader et est finalement absorbée dans le petit intestin. Cette nouvelle pilule engendrerait une hausse d’insuline dans le corps d’une durée suffisante, serait sans danger et permettrait de contrôler avec succès le taux de glucose des patients souffrant de diabète de type 2.

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Des intrus dans la tétée : Le cas des médicaments

Des intrus dans la tétée : Le cas des médicaments
Isabelle Burgun – Agence Science-Presse

Les Québécoises consomment de plus en plus de médicaments. Elles ont des enfants tard dans leur vie mais allaitent plus souvent. « 40% des femmes enceintes prennent une médication, et près de 18% des médicaments sont des antidépresseurs », annonce Anick Bérard, titulaire de la Chaire médicaments, grossesse et allaitement de la Faculté de pharmacie de Université de Montréal.

Une étudiante à la maîtrise, Marie-Pierre Gendron, analyse actuellement les données recueillies auprès de 40 000 femmes enceintes, qui allaitent ou planifient d’avoir un enfant. Elle bénéficie de la banque d’informations Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine.

Les résultats seront connus à l’été 2008 mais le premier constat montre une augmentation : ces femmes consomme 3% de plus de médicaments qu’il y a cinq ans. Pour l’instant, il y a encore peu de données spécifiques sur les femmes qui allaitent. « Avec l’informatisation de nos données, nous allons pouvoir savoir qui elles sont, quels médicaments prennent-elles et à quelle dose », explique le docteur Bérard.

Créé il y a dix ans, le Centre IMAGE fournit de l’information aux professionnels de la santé qui sont consultés par des femmes qui allaitent ou sont enceintes. Il possède aujourd’hui un registre de grossesse rassemblant des données sur près de 180 000 cas.

Médication : continuer ou pas…

L’ensemble des médicaments passent dans le lait maternel mais généralement à des degrés dix fois moins important que le seuil de risque. Il existe toutefois de dangereux produits, avec en tête de liste les tératogènes – thalidomide, alcool, isotrétinoïne (un dérivé de la vitamine A utilisé comme médicament contre l’acné sévère) – à proscrire, tout comme certains anti-cancéreux.

Près de 55% des grossesses québécoises sont suivies par un médecin de famille ou un omnipraticien. Les généralistes vont plutôt opter pour la prudence et suggérer l’abandon de la médication, ce qui ne serait pas forcément une bonne chose pour les mères et leur enfant, particulièrement en cas de diabète ou d’épilepsie. « Il faut aller au delà de la peur et de l’ignorance. De plus, la dépression et l’asthme non traitées peuvent se transmettre à l’enfant lors de la grossesse », souligne Anick Bérard.

Les mères sont de plus en plus âgées, et donc plus susceptibles d’être sous prescription d’antihypertenseurs ou d’antidépresseurs, lorsqu’elles attendent leur première enfant. La chercheuse rapporte une augmentation des dépressions, de l’asthme ou encore de diabète lié à l’obésité, particulièrement chez les jeunes mères.

La hausse de prescriptions serait également liée à un virage du système de santé qui favorise la prévention. « Les médicaments se donnent plus facilement qu’avant et les traitements de prévention primaire sont nombreux alors que les femmes ne sont pas malades », décrie le docteur Bérard. Sans compter le manque de données sur les risques liés aux médicaments récents.

Allaiter quand même

La composition du lait maternel à maturité renferme 88% d’eau, des sucres simples (à 90% du lactose), des protéines, des minéraux (comme du fer, facilement assimilable), des vitamines et environ 3,5% de graisses. Elle varie au cours de la croissance de l’enfant, passant du colestrum très riche des premiers jours à un lait plus allégé. La composition du lait se transforme aussi au cours d’un même boire pour stimuler l’appétit du nourrisson.

La Société canadienne de pédiatrie recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie des nourrissons. Il y a dix ans, 72% des mères québécoises allaitaient leur petit à la naissance et seulement une femme sur dix poursuivait jusqu’à six mois. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a mis en place un plan d’action – dont une semaine pour l’allaitement, en octobre – pour hausser ce taux à 85% pour les premiers jours, 60% à quatre mois et une femme sur deux à six mois.

« Ces objectifs sont presque atteints, sauf pour l’allaitement à six mois. Il y a toujours une seule femme sur dix qui persévère », relève Thierry Le Bricon, du département de santé environnementale et de santé au travail à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.

Et malgré les traces de contaminants de toutes sortes (voir « De l’assiette à la tétée »), allaiter reste ce qu’il y a de mieux pour l’alimentation de bébé. Cela aide aussi à construire un lien privilégié entre la mère et son enfant.

À visiter

Centre Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine
http://www.chu-sainte-justine.org/

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Le diabète peut provoquer l’infertilité masculine

Le diabète peut provoquer l’infertilité masculine

(Agence Science-Presse) – Le nombre de cas de diabète qui se multiplie risque d’entraîner un record d’infertilité masculine. Les scientifiques ont découvert que les hommes atteints de cette maladie ont un plus grand nombre de cellules spermatiques endommagées. Une équipe de scientifiques de l’Université Queen à Belfast, en Irlande, a examiné des échantillons de sperme de 56 hommes diabétiques âgés dans la trentaine. Ils ont découvert que l’ADN de 52% des cellules spermatiques des hommes atteints de diabète était endommagé comparativement à 32% chez les hommes en santé. Les chercheurs ne savent pas exactement comment le diabète entraîne ces dommages à l’ADN. Ils estiment cependant que le taux anormalement élevé de sucre dans le sang favorise la présence d’un plus grand nombre de radicaux libres dans le corps qui peuvent endommager le matériel génétique.

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