Gouvernement du Quebec et changements climatiques

Gouvernement du Québec et changements climatiques

DOSSIER ÉQUITERRE

«Le gouvernement du Québec met en œuvre son plan d’action de façon systématique et avec sérieux, dans la majorité des cas. La redevance sur les hydrocarbures (taxe sur le carbone) est la pièce maîtresse qui permet au Québec d’avancer dans la lutte aux changements climatiques. Sans cette taxe, peu aurait pu être entrepris. Il faut noter les retards incompréhensibles dans le dossier de la réforme du nouveau code du bâtiment du Québec. Ce chantier est en cours depuis le début des années 1990.

Pour l’instant, le gouvernement s’est attaqué aux sources d’émissions de GES les plus faciles à encadrer et à restreindre. Dans bien des cas, cette tactique porte fruit.

Le gros du travail reste devant nous: c’est-à-dire le secteur des transports et de l’aménagement du territoire. C’est là qu’il faudra mettre les efforts des prochaines années. Au Québec, en 2009, on ne peut pas s’attaquer aux changements climatiques et proposer le projet Turcot, le parachèvement de l’autoroute 25 et la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute.

Nous sommes encouragés par les récents propos de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, qui semble avoir compris l’importance pour le Québec de l’enjeu de l’aménagement du territoire et la nécessité de mettre fin à l’étalement urbain. Elle devra maintenant passer de la parole aux actes.

Finalement, Equiterre tient à rappeler l’abandon récent, par le Premier ministre Charest, de son engagement de mettre en place avec l’Ontario un marché du carbone dès le 1er janvier 2010. Cet engagement avait été pris conjointement avec le Premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, à l’été 2008. Les deux provinces ont indiqué, il y a deux semaines, qu’elles ne respecteraient plus cet échéancier. Equiterre souhaite que les deux provinces respectent cette fois leur engagement de créer ce marché du carbone en 2012», a réagi de Bonn Hugo Séguin, porte-parole d’Équiterre.

 

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Hydro-Québec et la voiture électrique

Hydro-Québec et la voiture électrique

DOSSIER ÉQUITERRE

Équiterre réagit aux propos du ministre Claude Béchard et d’Hydro-Québec à propos des voitures électriques

«La voiture électrique a sa place dans une stratégie de réduction de la dépendance au pétrole. Cette stratégie passe d’abord par un transfert modal vers les transports collectifs et actifs, puis par une réduction de la distance des déplacements. Dans ce contexte, le parc de voitures que nous aurons dans 10 ans devra être plus petit, beaucoup plus performant et beaucoup moins polluant, ce que permettra le déploiement de technologies comme celles qu’amène la voiture électrique.

Bien que la voiture électrique est l’une des solutions qu’il faut mettre en place, l’objectif n’est pas de remplacer les embouteillages d’automobiles sur l’échangeur Turcot ou l’autoroute Laurentienne par des bouchons de voitures électriques», explique Hugo Séguin, coordonnateur du programme Choix collectifs chez Équiterre.

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La ministre Normandeau contre l’étalement urbain

La ministre Normandeau contre l’étalement urbain

DOSSIER ÉQUITERRE, Ville de Montréal

Québec, le 2 juin 2009 – Vivre en Ville et Équiterre sont agréablement surpris par les récentes déclarations de Mme Nathalie Normandeau, ministre des Affaires municipales, de la Métropole, des Régions et de l’Occupation du territoire, au sujet de l’aménagement des villes et de l’étalement urbain. Lorsqu’elle affirme que «la banlieue est un modèle dépassé» la Ministre identifie un enjeu fondamental pour notre société.

Changer l’urbanisme

«Mme Normandeau semble avoir compris l’ampleur du problème de notre forme urbaine et l’importance de se donner les moyens d’agir pour modifier nos pratiques et transformer notre occupation du territoire», salue Hugo Séguin, coordonnateur du dossier des choix collectifs d’Équiterre. Conduire les villes du Québec vers le développement durable passe par la prise de conscience que les modèles des dernières décennies, axés sur l’automobile dans un contexte d’abondance des ressources pétrolières, sont dépassés.

«Nathalie Normandeau semble manifester une bonne compréhension de la situation. Nous espérons qu’elle pourra faire souffler un vent de changement en matière d’urbanisme au Québec au cours des prochains mois», poursuit M. Séguin. Surtout que le vent est actuellement plutôt morose en ce domaine, avec les projets du MTQ de construction du pont de la 25, de l’autoroute urbaine Notre-Dame et de la réfection de l’échangeur Turcot.

Densité et étalement urbain

«Limiter l’étalement urbain et construire des milieux de vie attractifs, c’est un beau programme», se réjouit Alexandre Turgeon, président de Vivre en Ville, le regroupement québécois pour le développement urbain, rural et villageois viable. «On peut oser la densité à condition qu’elle soit de qualité. Des bâtiments verts et intelligents, des rues à échelle humaine, des quartiers mixtes où chaque mode de transport a sa place, avec la priorité aux piétons : c’est l’image que nous souhaitons pour le Québec de demain», précise-t-il.

Loi sur l’aménagement et l’urbanisme

Les deux groupes estiment que la réforme de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU) – actuellement en cours – est une excellente occasion de revoir les façons de planifier le développement des villes. Selon eux, il faut donner les moyens aux élus et aux urbanistes municipaux de favoriser des développements denses et mixtes, où les services sont accessibles à pied et où il devient possible de mettre en place un service de transport collectif efficace. La Loi doit soutenir le développement de collectivités viables: économie des ressources – y compris le territoire – et de l’énergie, et limitation des impacts environnementaux, notamment ceux liés au transport.

Les groupes insistent sur la nécessité que la nouvelle LAU reflète et soutienne les intentions affichées par Mme Normandeau. L’aboutissement de la refonte de la Loi étant prévu pour 2010, il reste peu de temps pour élargir le débat public autour de ce travail essentiel à l’évolution des collectivités québécoises vers un développement urbain durable.

Financement des villes

L’intention de la Ministre de s’occuper des enjeux de fiscalité municipale apparaît aussi comme un élément très positif. L’actuel mode de financement des villes, presque exclusivement basé sur la taxe foncière, a depuis longtemps montré ses limites. «La compétition que se livrent les villes pour attirer le développement sur leur territoire est un des moteurs perpétuant l’actuel modèle de développement», de préciser Hugo Séguin.

Transport en commun

Il est également intéressant de voir la Ministre saisir l’importance de diversifier l’offre en matière d’habitation au Québec. Il existe effectivement d’autres modèles que la tour de condo ou la maison unifamiliale dans les couronnes. D’ailleurs, le marché montre clairement une forte demande pour les multiplex bien localisés. «Il est temps de cesser de faire dire aux gens que l’on construit actuellement ce qu’ils demandent. Les quartiers qui prennent systématiquement le plus de valeur, année après année, sont ceux où les services sont accessibles à pied et bien desservis par les transports collectifs», d’expliquer M. Turgeon.

«Renforcer et revaloriser les quartiers existants est indispensable si le Québec veut protéger, autour des villes, les espaces naturels et les terres agricoles», rappelle M. Séguin. Ce qui passe par des investissements massifs dans le transport collectif. D’ailleurs, «la volonté de Mme Normandeau de faire du transport collectif la colonne vertébrale du développement urbain est une garantie de réussite», de conclure M. Turgeon.

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Équiterre: Opposition au plan de réfection de l’échangeur Turcot

Équiterre: Opposition au plan de réfection de l’échangeur Turcot

DOSSIER ÉQUITERRE, Ville de Montréal

Montréal, le 8 mai 2009 – Si l’échangeur Turcot suscite actuellement beaucoup de débats, un élément central rallie à la fois les groupes environnementaux, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec: la nécessité de procéder à sa réfection. Là où il n’y a pas consensus, c’est bien dans la manière de le reconstruire.

Un plan de réfection qui ne fait pas l’unanimité

Monsieur René Vézina, dans son blogue sur l’économie québécoise du 8 mai, intitulé «Steven Guilbeault en met trop», prétend qu’il y a exagération quant à l’opposition faite au réaménagement de l’échangeur Turcot. Or, les faits démontrent clairement que le plan que propose le ministère des Transports du Québec est bien loin de faire l’unanimité.

Les élus de la Ville de Montréal, qui ont pour mission de représenter les Montréalais, se sont ouvertement opposés en novembre dernier au plan que proposait le gouvernement pour la réfection de l’échangeur Turcot. Le Maire Tremblay demandait entre autres «que le projet ne soit pas conçu uniquement comme un corridor routier, mais comme un véritable projet urbain intégré à son milieu» et souhaitait «que ce projet devienne une référence en matière de performances environnementales, de transfert modal vers le transport collectif, d’amélioration de la qualité de vie et de réduction des gaz à effet de serre».

Transports en commun

Selon un sondage Léger Marketing, 76 % des résidents de Montréal interrogés affirmaient vouloir privilégier le développement des transports en commun pour résoudre les problèmes de mobilité à Montréal. Équiterre considère donc qu’il est nécessaire et justifié de s’opposer au plan que propose le ministère des Transports pour la réfection de l’échangeur Turcot, un plan créé et proposé par un groupe de spécialistes qui n’a pas mené de réflexion sur les enjeux de transport de Montréal depuis 2001, il y a presque une décennie.

Selon Équiterre, il y a ainsi un énorme fossé entre ce que désirent les Montréalais pour cet énorme chantier et ce que propose le ministère pour l’instant. Équiterre considère ainsi qu’il y a nécessité de reconstruire l’échangeur Turcot, mais pas à n’importe quel prix et pas n’importe comment.

D’autres textes sur l’échangeur Turcot:

Le combat en Aérosol d’Arpi

Arpi au service de la lutte citoyenne

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Échangeur Turcot: un graffiteur et son combat en aérosol

Échangeur Turcot: Arpi le graffiteur et son combat en aérosol

François Richard         Dossier GraffitiVille de Montréal

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L’échangeur Turcot, un imposant tronçon d’autoroute sur pylônes du sud-ouest de Montréal, sera démoli au cours des prochaines années et remplacé par une autoroute au niveau du sol. Le peintre et graffiteur Arpi, qui a décoré la structure de béton d’un grand nombre de ses œuvres au cours des dernières années, utilise désormais son art pour sensibiliser la population aux impacts négatifs du projet sur la vie des gens habitant les quartiers environnants.

Sous l’échangeur Turcot, de vastes espaces ceinturés de colonnes de béton, de structures ferroviaires, d’entrepôts et d’usines plus ou moins abandonnées  sont laissés à la créativité des nombreux graffiteurs qui y exercent leur art. Arpi a fréquenté le lieu au cours des six dernières années pour y peindre. «C’est un endroit qui offre une grande visibilité pour un graffiteur. La structure est immense et il y passe des milliers de voitures par jour.» L’artiste a décidé, au cours des derniers mois, de prendre du recul et s’est mis à utiliser l’autoroute surélevée comme modèle pour ses peintures sur toile plutôt que comme surface sur laquelle peindre. «Avec un ami, nous cherchions un sujet, afin de réaliser une exposition thématique. Je connaissais bien les pylônes de l’échangeur Turcot pour y avoir souvent peint.»

La démolition de l’échangeur Turcot: les artistes et les citoyens touchés

Le caractère public et inutilisé des pylônes qui soutiennent l’échangeur en font selon lui un lieu idéal pour les artistes de la peinture en aérosol. «Moralement, les gens sont à l’aise d’y peindre, puisque le site n’appartient à personne en particulier. Même les employés de la voirie qui passent près de nous lorsque nous peignons nous laissent généralement faire.»    

En faisant des recherches afin de préparer l’exposition, Arpi prend conscience de l’ampleur du projet de démolition de la structure sur le quartier et ses habitants. «Les rues seront coupées les unes des autres, il y aura de la poussière et des gens seront expropriés. En raison des structures au sol, le quartier sera moins accessible qu’avant. Je ne comprends pas que quelqu’un puisse encore vouloir habiter là.» 

Solidarité avec les résidants

Au cours de sa réflexion, le peintre assiste à une soirée d’information organisée par des opposants au projet et prend partie en faveur de ces derniers. Il décide alors d’entrer en contact avec les militants du Comité des citoyens du village des tanneries, un groupe de résidants du quartier Saint-Henri qui sera affecté par les travaux.

Son plan? Utiliser l’exposition qu’il prépare sur l’échangeur Turcot afin de médiatiser les impacts sociaux et environnementaux du projet. La résidante du village des tanneries et militante Jody Negley a sauté sur l’occasion. «Nous étions ravis que quelqu’un ait saisi l’opportunité offerte par la beauté de la structure. Les gens n’associent l’échangeur Turcot qu’à la pollution et aux voitures. En travaillant avec des artistes, nous pouvons sensibiliser plus de gens à notre cause, des gens plus intéressés par l’art que par l’air.»

L’art comme moteur de médiatisation

Les opposants au projet ont donc commencé à visiter l’exposition, qui s’est déroulée au cours du mois de décembre 2008, afin de voir ses œuvres. «Ça médiatise la cause. Il faut que tous les moyens soient utilisés, autant l’art que les médias», juge Arpi. L’artiste de 25 ans a pris part à des rassemblements de militants afin d’y présenter ses toiles et d’échanger avec les citoyens sur un sujet qu’il a maintenant à cœur. «C’est une question qui me touche. Surtout le gaspillage d’argent public et les problèmes environnementaux que ça implique.»

Désillusion politique

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Bien qu’il compte poursuivre son travail de sensibilisation, Arpi se fait peu d’illusions quant aux chances de succès des opposants. Le fait que les plans du  gouvernement aient été rendu publics avant même le début des audiences environnementales lui laisse un goût amer en bouche. «Je suis désillusionné par la façon d’agir du gouvernement dans ce dossier. Tout est décidé d’avance. Il n’y a pas de démocratie.»

Le site pourrait selon lui être développé de façon beaucoup plus profitable pour les gens qui habitent les environs. «Au début du vingtième siècle, il y avait un lac dans ces parages, et des marécages. Il y a plein de possibilités de l’utiliser autrement, pour les cyclistes et les piétons.» Devant le peu de chances que le projet d’autoroute arrêté par le gouvernement québécois soit modifié en profondeur, Arpi se permet tout de même d’espérer que des fragments de l’ancienne structure soient préservés. «Ça serait bien de conserver au moins quelques pylônes debout, en guise de rappel, une espèce de galerie d’art extérieure.» Si les impacts sociaux et environnementaux du projet ne peuvent être évités, les dommages artistiques n’ont pas à être, eux aussi, très élevés.

Encadré: Le projet de démolition de l’échangeur Turcot

Inauguré en 1967, l’échangeur Turcot relie les autoroutes 15, 20 et 720, facilite l’accès au pont Champlain et est le principal lien routier entre le centre-ville de Montréal et l’Aéroport International Pierre-Elliot-Trudeau. La structure sur pylônes, haute de 18 à 30 mètres, enjambe l’ancienne gare de triage Turcot, le canal Lachine, ainsi que plusieurs rues du sud-ouest de Montréal. Le débit de circulation y est de 280 000 véhicules par jour.

Le ministère des Transports du Québec compte remplacer l’échangeur par des tronçons routiers au sol, suivant sensiblement le même tracé que la structure actuelle et permettant le passage du même nombre de véhicules. Les travaux doivent s’échelonner de 2009 à 2016 et coûter 1,5 milliard de dollars.   

La démolition de l’échangeur est rendue nécessaire par l’effritement du béton de la structure. En 2007 seulement, 500 réparations, au coût de 12 millions de dollars, ont dû être effectuées afin de garantir la sécurité des automobilistes. 

Des opposants au projet

De nombreux opposants au projet se sont réunis sous la bannière de Mobilisation Turcot, une association de groupes, élus et citoyens du sud-ouest de Montréal. Ils disent craindre l’expropriation de 150 à 160 logements dans la foulée des travaux, ce qui obligerait jusqu’à 400 personnes à devoir se reloger, selon la militante Jody Negley.

Les membres de Mobilisation Turcot souhaitent que le projet gouvernemental soit revu de fond en comble. Ils exigent une diminution importante du débit de circulation automobile dans le secteur, plutôt que le maintien des capacités de la structure actuelle.

La suite de ce reportage demain, sur le blogue du Journal de la Rue/Reflet de Société

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Le graffiteur et peintre Arpi met son art au service d’une lutte citoyenne

Le graffiteur et peintre Arpi met son art au service d’une lutte citoyenne

François Richard                     Dossier Graffiti

Avant de mettre son art au service des Montréalais affectés par la démolition de l’échangeur Turcot, le peintre et graffiteur Arpi a marqué de sa signature autobus, trains et édifices aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Portrait d’un graffiteur invétéré devenu artiste professionnel.

mural_graffiti_arpi_design_interieur_art_deco_tendance_mode

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L’implication d’Arpi dans la lutte contre la démolition de l’échangeur Turcot est le résultat d’un processus entamé il y a trois ans par le jeune artiste qui est passé durant cette période, non sans quelques difficultés, de graffiteur délinquant à artiste professionnel. Pietr Sijpkes, le propriétaire des Neufs Sœurs, édifice de Pointe-Saint-Charles où Arpi présente habituellement ses expositions, a constaté cette transformation. «Son style et le message qu’il communique ont beaucoup évolué depuis trois ans. À l’instar d’autres jeunes artistes, Arpi investit les endroits représentant les aspects sales du développement économique: les gares de triage, les usines désaffectées. Il est en quelque sorte le canari dans la mine du développement de nos villes.»

Un graffiti de par le monde

Le principal intéressé avait une vision plus terre-à-terre de son art lorsqu’il a commencé à faire des graffitis au début de son adolescence, il y a une douzaine d’années. «J’aimais l’idée que les gens connaissent mon nom sans me connaître, d’avoir une reconnaissance de la rue.» Cette reconnaissance finira par s’étendre à l’ensemble de l’Amérique du Nord, alors qu’Arpi appose sa griffe sur des trains de marchandises qui circulent aux quatre coins du continent. En consultant des sites Internet dédiés aux passionnés des trains, Arpi aperçoit son nom sur des wagons qui ont été photographiés dans des villes aussi éloignées de Montréal qu’Atlanta ou Chicago.  «Ces trains se rendent jusqu’à la frontière du Guatemala et du Mexique», souligne-t-il avec un brin de fierté.

Graffiteur délinquant

Tout au long de son adolescence, le graffiti prend sans cesse plus de place dans la vie d’Arpi. Il décide d’ailleurs d’abandonner ses études en graphisme, dans un cégep de Montréal, afin de tenter sa chance dans le design de skateboard, dans l’Ouest canadien. De retour au Québec après quelques mois d’aventures, Arpi vivote entre les petits boulots et la délinquance. «Je peignais à l’époque sur plus de 300 trains par année, je volais ma nourriture et je sautais les tourniquets dans le métro», raconte-t-il. Il aura finalement des ennuis avec la justice. «Je me préparais à repartir en voyage, mais j’ai été arrêté par la police après avoir fait un graffiti. Je n’avais donc plus le droit de quitter le pays.»

Le graffiteur trouve alors un emploi de sensibilisation et d’alternative au vandalisme auprès des jeunes du quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans le cadre du projet «Y’ a quelqu’un l’autre bord du mur». Le graffiteur passe durant quelques mois ses journées à transmettre aux jeunes l’importance de respecter la propriété d’autrui et à réaliser des œuvres d’art avec eux. Un jour, il passe devant le Café Graffiti et décide d’y entrer pour voir les toiles qui y sont exposées.

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L’association entre Arpi et l’équipe du Café Graffiti s’est avérée fructueuse. Le graffiteur a profité du matériel et des installations mis à sa disposition pour  apprivoiser un nouveau médium: la peinture sur toile. Bien qu’il réalise toutes ses toiles avec de la peinture en aérosol, «il ne s’agit plus de graffitis, insiste-t-il. Le graffiti n’est pas un type d’œuvre en particulier, mais le fait de peindre sur une surface qui n’est pas destinée au travail artistique.»

Durant ses premiers mois au Café Graffiti, Arpi met sur toile un univers qu’il connaît bien, celui des trains. «J’ai grandi près d’une gare de triage en banlieue de Montréal. Mon premier graffiti a été réalisé sur un train», explique-t-il. La vente de certaines de ces toiles lui permet d’acheter du matériel pour en réaliser d’autres. Les commandes et les expositions suivent… La clientèle du Café Graffiti, puis la sienne, lui permettent éventuellement de vivre de son art. Si la majeure partie de son travail est constituée d’œuvres réalisées sur demande, Arpi consacre tout de même beaucoup de temps à ses propres créations.

Loin de se sentir restreint par le cadre dorénavant plus officiel de son travail, la peinture sur toile permet à l’artiste de s’extérioriser d’une façon nouvelle et satisfaisante. «Les toiles légales me permettent d’être plus extraverti dans mon travail que les œuvres illégales que je réalisais dans le passé. J’ai plus de temps pour les réaliser, je n’ai plus besoin de me cacher.» Arpi pratique en effet maintenant son art en public lorsque le climat le permet. «L’été, je peins sur la rue Sainte-Catherine. Les gens s’arrêtent et échangent avec moi à propos de mon travail. Malgré la vision négative qu’ont les gens du médium que j’utilise, le feedback que je reçois de ces échanges est positif.»

Le graffiti au service de nos valeurs

Depuis qu’il a commencé à peindre, Arpi a utilisé son art pour exprimer ses valeurs. Ces dernières, comme lui, se transforment avec le temps. Il insiste sur le fait que son travail représente qui il est. Il se dit fier de contribuer à des combats comme celui de l’échangeur Turcot, tout en restant prudent quant à l’impact qu’il peut avoir. «C’est quand même juste de la peinture. Ce n’est pas ce dont les gens ont le plus besoin. Personne ne va habiter dans une de mes toiles.» Arpi souhaite tout de même poursuivre ses apprentissages par le biais de la peinture et maximiser, entre autres par le travail en plein air, le nombre de bonnes relations qu’il noue avec les gens qui croisent sa route. «La vie nous retourne ce qu’on lui a donné», conclut-il.

Encadré: Échangeur Turcot, lieu prisé des graffiteurs

L’échangeur Turcot est un lieu très prisé des graffiteurs montréalais. Les artistes de l’aérosol apprécient les immenses structures de béton «vierges» (pas encore peintes) des lieux, en plus de son aspect abandonné, qui leur permet d’œuvrer sans tourner la tête à tout instant par peur des policiers. Le fait que le lieu soit fréquenté par un grand nombre de graffiteurs en attire toujours de nouveaux qui souhaitent que leur travail soit admiré avant tout par des gens qui partagent leur passion.

Le site serait très fréquenté depuis le milieu de la décennie 2000. Il constitue pour les graffiteurs un prolongement du T-A Wall, un ensemble de pylônes sous l’autoroute Ville-Marie dans le centre-ville de Montréal qui, victime de son succès, serait dorénavant saturé au point que ceux qui souhaitent y laisser leur marque doivent d’abord apposer une couche de fond sur le béton. 

Un morceau de Turcot en souvenir

Le site de l’échangeur Turcot connaît le même sort alors que les surfaces qu’il offre aux graffiteurs sont de plus en plus recouvertes d’œuvres de qualité très diverses. Les meilleures d’entre-elles peuvent toutefois être conservées. Le béton de la structure autoroutière est en effet tellement friable qu’il est possible d’en détacher de larges fragments et de ramener à la maison les œuvres le recouvrant. Pour les nostalgiques d’un lieu appelé à disparaître…

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Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

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Vidéo VHS, compétition de break-dance.

Skywalker, Omegatron, Psycho Red, Silo, Trackmaster, Strike 3, Jayko Superstar, Speedy, Place Pieces (Maximum Efficiency), Tiger, Dj Frank Boulevard, Dj Devious.
Vidéo VHS 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

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