Le voile musulman Signes religieux dans les institutions publiques

Le voile musulman

Signes religieux dans les institutions publiques

Lisa Melia……DOSSIERS PolitiqueCulture ET Accommodements raisonnablesCoran

C’est l’un des points de tension des débats actuels sur la religion : les signes religieux. Lorsque l’on parle de “signes religieux”, toutefois, il s’agit le plus souvent du voile islamique qui cristallise toutes les tensions autour de la religion musulmane, de la laïcité et des droits des femmes.

La FFQ s’oppose à l’interdiction

Le 9 mai dernier, lors d’une assemblée générale spéciale à Québec, la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) a pris la décision de soutenir la non-interdiction du port du voile, ou de tout autre signe religieux, au sein des administrations publiques.

«Pas d’obligation, pas d’interdiction», résume Michèle Asselin, présidente de la FFQ, qui affirme qu’il faut continuer de se battre contre les violences faites aux femmes au nom de la religion, sans pour autant entraver la liberté de celles qui portent le hijab par choix.

Djemila Benhabib accuse la FFQ

Une position qui révolte Djemila Benhabib, auteur de Ma vie à contre-Coran. «Tant que l’on asservira des femmes parce qu’elles ne portent pas le voile islamique, ce sera pour moi un symbole d’oppression», assène-t-elle. En réaction au résultat de l’assemblée, Djemila Benhabib a rédigé un texte dans lequel elle «accuse la FFQ de trahir le combat des femmes.»

Elle rappelle que de nombreuses femmes dans le monde ont été assassinées pour refuser de porter ce qu’elle appelle un «linceul de la mort», citant Katia Bengama, lycéenne de 17 ans tuée en Algérie en 1994, et Aqsa Parvez, 16 ans, tuée par son père en décembre 2007 à Toronto.

Voile et discrimination

Pour la FFQ, interdire le foulard dans les institutions publiques serait une discrimination de plus envers des femmes qui en sont déjà victimes et participerait donc à un repli identitaire qui les isoleraient encore davantage et «favoriserait le maintient de traditions d’origine souvent défavorables aux femmes.» La FFQ invoque également le «modèle québécois de laïcité», qui est celui d’une laïcité «ouverte» et «construite autour du devoir de tolérance.» Dans cette optique, l’Etat doit faire preuve de neutralité dans ses actes et non pas s’attacher à «l’apparence des personnes qui le composent.»

Voile et laïcité

Djemila Benhabib s’oppose également à cette définition de la laïcité. «Donner un adjectif comme “ouverte” ou “fermée” à la laïcité consiste à la vider de son sens.» Pour elle, le cadre est primordial: tant que l’on est dans une société laïque et égalitaire, le débat peut avoir lieu. «Remettre en cause cette laïcité, c’est laisser la porte ouverte aux extrémismes.»

Le 13 mai, c’est au tour du Mouvement Laïque Québécois (MLQ) de s’exprimer et de signifier sa désapprobation à la décision de la FFQ, qu’il accuse notamment de ne pas clarifier le débat et de se satisfaire de la situation actuelle de flou législatif en la matière. Il fustige le «concept fumeux de “laïcité ouverte”» en soulignant que la laïcité n’a encore aucun statut officiel au Québec et que la référence au modèle québécois est hasardeuse.

Immigrés et religions

Le MLQ dénonce également un préjugé tenace qui consiste à lier la problématique de la laïcité à celle de l’immigration. La commission Bouchard-Taylor aurait ainsi entériné la croyance selon laquelle les immigrés, en particulier ceux en provenance des pays arabo-musulmans, seraient plus religieux que les Québécois, et donc que les accommodements raisonnables et le port de signes religieux répondent à une demande de cette partie de la population.

Une étude la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse prouve pourtant que la ferveur religieuse des musulmans immigrés est sensiblement la même que celle des Québécois. Pour le MLQ, en voulant aider les femmes immigrantes, la FFQ «ne fait qu’entretenir la confusion générale au sujet du principe de laïcité, elle conforte dans la population les préjugés les plus tenaces envers les immigrants et elle aggrave ainsi les discriminations qui en découlent dans l’ensemble de la société.»

Réponse de la FFQ à Djemila Benhabib

La Fédération des femmes du Québec a souhaité par ailleurs répondre à Djemila Benhabib, en précisant qu’elle s’oppose fermement à toute obligation de porter le voile mais respecte le choix libre de le porter que font des femmes musulmanes. «Il est hors de question de jouer le jeu de l’intégrisme en nourrissant le rejet de l’autre», dit Michèle Asselin, qui assure ne pas renoncer au principe d’égalité des sexes par la décision du 9 mai.

Le débat sur la laïcité relancé à l’Assemblé nationale

Le 13 mai, le débat a secoué l’Assemblée nationale après que Sylvie Roy, chef par intérim de l’Action démocratique du Québec, ait interpellé la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, qui ne s’est pas publiquement opposée à la décision de la FFQ. Ainsi, bien que le débat sur le port de signes religieux dans les institutions publiques ait été relancé, le gouvernement et la ministre n’ont pas pris position, se contentant de rappeler que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne incluait désormais l’égalité entre hommes et femmes.

Un autre texte à propos de Djemila Benhabib

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La France, pays de l’égalité des sexes?

La France, pays de l’égalité des sexes?

Vous sentez peut être la polémique poindre son nez et vous n’ avez peut être pas tort !

Je me suis d’abord laissé tenter par seulement déposer un commentaire à l’article de mon compatriote Le sexisme des Français. Mais Monsieur Benjamin, certaines phrases ne peuvent rester impunies par la Sainte Inquisition du français féministe…

De plus, je ne risque pas de déclencher un conflit international vu que nous restons entre Grenouilles.

Après un début prometteur sur le fait qu’une femme devrait pouvoir se vêtir comme bon lui semble, on revient rapidement à un stéréotype effroyable qui est le :  jupe courte = fille facile… La comparaison de la séduction avec un escalier est très juste mais il ne faut pas oublier qu’on peut en tomber facilement et se faire assez mal en arrivant en bas…

Ce n’ est pas cette phrase là qui a éveillé mes pulsions de chiens de garde mais plutôt cela :

« Le français est de plus très préoccupé par l’égalité des sexes. Si une jupe trop courte nous dérange sur une femme, c’est que nous n’aimerions pas la voir sur un ami, c’est aussi simple que ça. »

Aie aie aie, je suis très content de voir des ami(e)s porter des jupes très courtes, des décolletés très plongeants et une infinité d’ accessoires mettant en avant leur charme. Et le fait que cela puisse déranger quelqu’un peut être jugé comme du sexisme, finalement un homme se promenant dans la rue la chemise à moitié ouverte n’ attirera pas les mêmes regards des femmes ?!? Et pourquoi ? Parce que les filles aiment bien voir leur ami habiller de cette façon ? Je ne pense pas, par contre peut être parce que la société dans laquelle nous vivons sexualise bien moins le corps d’ un homme que d’une femme (en dehors de la communauté homosexuelle bien sûr), il suffit pour cela de regarder les pubs, les films, les barbies, les strings existant en taille 8 ans…  et de se rappeler que la prostitution est à 90% féminine pour la satisfaction des hommes (un statut d’objet sexuel).

Le français est préoccupé par l’égalité des sexes dans un contexte de politiquement correct mais regardons dans les faits et dans les chiffres :

  • Une femme est payée en moyenne 27% de moins qu’un homme sur un même poste
  • Une femme occupe 80% des emplois dits précaires (temps partiel imposé, Intérim, CDD…)
  • Une femme gère 90% des tâches non rémunérées (ménage, enfants, administratifs…)
  • Les droits de la femme en matière d’ avortement sont de plus en plus rognés, le fétus mort-né peut être déclaré à l’ État Civil (ce qui est d’ ailleurs en train de se passer au Québec avec le C-484).
  • 1 femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint

Et ce n’est qu’un échantillon d’une inégalité criante compensée parce que l’on appelle la parité ( et qui d’ ailleurs ne fonctionne pas puisque les dernières élections de l’Assemblée Nationale donnent 23% de femmes dans l’hémicycle). Alors préoccupé peut être mais agissant sûrement pas.

Je termine avec une citation d’une femme française, plus ou moins fondatrice du courant féministe actuelle :

« La femme n’est victime d’ aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux. » (Simone De Beauvoir).

PS : il n’ y a évidemment rien de personnel mon cher Benjamin…

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ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.

Le sexisme des Français?

Le sexisme des Français?

Cette interrogation émane d’une discussion ayant eu lieu un jeudi midi avec les collègues du Café Graffiti. Raymond, en forme comme à son habitude, lance l’air taquin cette affirmation calomnieuse : « les français sont sexistes ». En infériorité numérique, je défendis ma patrie avec discrétion, histoire de ne pas m’attirer les 996127_model_silhouette_5 foudres de toute l’équipe du café. Mais cet affront ne peut rester impuni, la toile et la magie du blog effacent les frontières et les nationalités, ici nous sommes tous des Internautes abrités par Internet.

Je me suis donc mis à réfléchir sur ce point : les français sont ils sexistes? Par extension suis-je sexiste? Pour étayer ma réflexion, j’observe les différences majeures entre les rapports femmes-hommes (notez la galanterie) des deux cotés de l’atlantique.

Une de ces différences saute aux yeux (c’est le cas de le dire vous verrez) de tout Français en visite ici à Montréal : la longueur des jupes et shorts. Certaines femmes Québécoises ne semblent pas hésiter se vêtir de façon très courte et laissant apparaître ainsi leurs cuisses. Je dois avouer qu’avant mon arrivée j’imaginai que ce type de tenues émanait des délires des rappeurs américains tels que Snoop Dogg. Et non, il est coutume pour les femmes d’ici de sortir de la sorte.

Je ne vous cache pas que de telles tenues seraient difficiles à assumer en France. La demoiselle aux jambes apparentes se verrait importunée à chaque coin de rue, une telle tenue réinstaurant dans l’esprit du français le droit de cruisage. Mesdames, prévoyez des pantacourts pour votre prochain voyage à Paris. Sexisme me direz vous. Pourquoi une femme ne pourrait pas assumer sa féminité sans éveiller les bas instincts des hommes? Pourquoi ne pas s’habiller comme bon nous semble, sans prêter attention aux idées mal placées? Votre raisonnement se tient.

Simplement, à mes yeux et à ceux de beaucoup de mes compatriotes (Cocorico!!), de telles tenues incitent à griller des étapes. On peut comparer le rapport de séduction à un escalier qu’il faut arpenter pas à pas. Après le premier café, passons au premier dîner, après le premier baiser, observons les jambes… et lorsque l’on a déjà vu les jambes, on se dit que certaines marches ont déjà été gravies, sans effort…

Le français est de plus très préoccupé par l’égalité des sexes. Si une jupe trop courte nous dérange sur une femme, c’est que nous n’aimerions pas la voir sur un ami, c’est aussi simple que ça.

Voilà pour ma petite explication. J’espère que ma mauvaise foi apparente n’aura choqué personne et que les cyber-foudres ne se déchaîneront pas trop sur moi.
Vous l’aurez compris,

Le Français est parfois sexiste, mais il a les arguments pour l’être.

Benjamin

autres textes sur sexualité

Trafic d’êtres humains en Asie

Trafic d’êtres humains en Asie

Dossier de Dominic Desmarais, Volume 15 no 3                    Dossier Prostitution et Sexualité

La loi du silence

La lutte est inégale pour contrer le trafic des êtres humains. Rares sont les trafiquants inquiétés par des poursuites criminelles. La pauvreté des victimes, la mentalité de la société, le manque de connaissances et d’expérience des policiers, des procureurs et des juges ainsi que la corruption sont autant d’obstacles dans la lutte contre la traite.

Rien n’incite les victimes à porter plainte contre les trafiquants. Malgré l’appui des organisations et leurs efforts pour améliorer la justice, les trafiquants demeurent impunis. La pauvreté est un problème majeur qui influence grandement les décisions des victimes. Traditionnellement, elles sont indemnisées par une somme d’argent, sans passer par la justice.

Vichuta Ly, avocate canadienne d’origine cambodgienne, défend les droits des femmes et des enfants victimes de la traite. Peu de ses clients veulent poursuivre leur ancien employeur. « Elles préfèrent négocier hors cour pour obtenir une compensation, parce que tous les cas vont en appel, puis à la Cour suprême. Ça prend des années. Le coupable doit subir sa sentence avant d’offrir la compensation ».

L’homme avant la femme

Les Cambodgiens suivent un code de valeurs qui valorise les hommes. Femmes et filles doivent demeurer vierges avant le mariage. L’agression sexuelle est considérée comme un échec de la victime, qui devait protéger sa réputation. Les Cambodgiennes victimes de viol peuvent difficilement se marier. Elles gardent le silence ou se blâment pour l’agression. Élevées selon cette tradition, les femmes et filles forcées à la prostitution n’osent pas porter plainte, de peur de jeter la honte sur la famille.

Pour changer les mentalités, plusieurs organisations, dont Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), organisent des ateliers pour rencontrer les communautés. Les hommes et femmes, les autorités locales, les policiers, les directeurs d’écoles, sont sensibilisés aux notions d’égalité des sexes.

Système judiciaire incompétent

« C’est un système qu’on essaie d’implanter, continu M. Circo, qui confirme le peu de cas de trafic porté devant les tribunaux. Il y a beaucoup de cas de viols, pas de trafic. C’est difficile de déterminer si c’est du trafic, car les avocats et les juges ne comprennent pas ce qu’est le trafic. La définition est complexe. Ils ont donc besoin de toute la preuve, qui demande beaucoup d’informations. Ils n’ont pas le temps ou les connaissances pour enquêter. »

L’avocate Vichuta Ly utilise l’expression de corruption indirecte. « Ils ont payé pour devenir avocats, sans étudier se désole-t-elle. Ils ne savent pas comment plaider. Je travaille avec 8 avocats. Deux seulement sont bons. Les autres ne savent pas comment Julian Circo forme des policiers, des avocats et des juges pour améliorer leurs capacités à traiter des cas de trafic. Le manque d’éducation est flagrant, juge le coordonnateur à l’Organisation internationale pour la Migration (IOM). « Ils n’ont jamais été à l’école. Ceux qui ont de 30 à 50 ans n’ont pas reçu d’éducation, parce que le pays n’en donnait pas, dit-il, faisant référence à la guerre civile qui a tourné au génocide de 1975 à 1979. enquêter, ils oublient des éléments pour les dossiers, le juge renvoie le cas ». Pour mieux défendre les droits des femmes et des enfants, Vichuta Ly prend sous son aile de jeunes avocats et elle les forme.

Un système judiciaire corrompu

Les gens n’ont pas confiance en la justice. Ils rapportent peu les cas de trafic. Les accusés, souvent riches, peuvent acheter le verdict. « Les personnes haut placées, on ne peut pas les poursuivre, affirme Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation Précaire (AFESIP), une organisation qui aide les prostituées. Même si on parle de viol, de violence, les victimes ne peuvent pas et ne veulent pas porter plainte. Elles reçoivent de l’argent ou les propriétaires de bordels sont connectés avec police ou la justice. C’est arrivé qu’un inspecteur de police soit le financier d’un bordel ».

Pour Julian Circo, de l’OIM, le système est corrompu dans les deux sens. « Les poursuites sont occasionnelles, mais il y a rarement des sentences. Dépendamment de qui ils sont, certains s’en sortent facilement, alors que d’autres n’ont pas de procès équitable. Ils servent d’exemples pour montrer que le pays est sévère, qu’il trouve des coupables. »

Qu’est-ce que le trafic ?

Les Nations Unies définissent le trafic comme tout acte impliquant la capture, le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou la réception d’une personne à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales par la violence, la menace de violence, l’enlèvement, la fraude, la duperie ou toute autre forme de coercition, puis en donnant, ou recevant des paiements et bénéfices pour obtenir le consentement d’une personne qui exerce un contrôle sur une autre, dans un but d’exploitation.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Le Cambodge se mobilise

Le Cambodge se mobilise
Dominic Desmarais
Dossier  Prostitution et Sexualité Juin 2007

C’est jour de célébration à Monteay Banteay, au Cambodge. Des centaines de personnes célèbrent le 10e anniversaire de l’organisme Cambodgian Women’s Crisis Centre (CWCC) et l’ouverture de son nouveau refuge pour femmes. Pour l’occasion, les 130 pensionnaires du centre, des femmes sorties de la prostitution ou aux prises avec la violence conjugale, ont préparé les repas, dressé le chapiteau et monté la tribune des invités de marque.

Oung Chanthol, présidente de l’organisme, est aux anges. Pendant une journée, elle écarte les histoires malheureuses de ses pensionnaires qui ont marqué les 10 années de CWCC. L’intimidation, les passages à tabac et les meurtres qui ont touché son personnel. Oung Chanthol sait bien que la violence faite aux femmes demeure toujours problématique.

L’égalité des sexes est encore un concept vague au Cambodge. Les prostituées y sont toujours mal vues. Les possibilités de réinsertion sont minces. L’économie du pays est toujours chancelante après 30 ans de conflits. Les femmes ont un accès limité à l’éducation. Elles trouvent difficilement du travail. La police est sous-payée, elle est mal formée pour contrer le trafic et peine à mettre les trafiquants en prison. Sans oublier que la corruption est au cœur du système de justice.

Aujourd’hui, Oung Chanthol se réjouit pour elle, ses employés, le CWCC et, surtout, pour son combat en faveur des droits des femmes. La présence de hauts dignitaires venus dénoncer la traite et la violence qui accablent plusieurs Cambodgiennes est à ses yeux une grande victoire. Des centaines de personnes se sont déplacées pour assister aux cérémonies: signe évident que la question préoccupe la population. La coopération s’améliore entre le gouvernement, les organismes internationaux et les ONG locales. Les gens s’impliquent. Ils sont de plus en plus attentifs aux discours sur les droits de la femme.

Des ONG indispensables

Les pressions internationales, dont celles du Canada, et le lobbying des ONG locales expliquent la mobilisation de plus en plus grande des pays de l’Asie du Sud-Est contre le trafic des personnes. Il y a quelques années, la présence de jeunes filles offertes sur Internet par de grands bordels a alerté des organisations internationales. Sous leurs pressions, le gouvernement cambodgien a fermé les portes de ces établissements. Des ONG recueillent des informations sur les lieux de prostitution qu’elles refilent ensuite à la police anti-trafic. Difficile, pour les forces de l’ordre, d’ignorer ces demandes. Les organismes ont derrière eux le poids de leurs donateurs occidentaux.

C’est le cas de l’organisation Agir pour les femmes en situation précaire (AFESIP). Porté par sa présidente, Somaly Mam, elle-même vendue à deux occasions par son grand-père à des bordels, l’AFESIP est incontournable dans la région. Avec des bureaux au Viêt Nam, au Laos, en Thaïlande et au Cambodge, l’organisme peut suivre les lieux du trafic mieux que les polices nationales.

Débarqué au Cambodge il y a un an, Emmanuel Colineau voulait participer à la lutte contre la traite. Grâce à son diplôme de droit, il est aujourd’hui secrétaire général de l’organisme. Le jeune Français explique que l’AFESIP découvre les victimes de trafic grâce à une équipe d’enquêteurs qui se rend sur les lieux de prostitution. Ils recueillent des informations qu’ils refilent au département juridique de l’organisme.

«Quand on est prêt, on donne les renseignements à la police, qui effectue le sauvetage des femmes trafiquées.» La police anti-trafic, avec qui l’organisme a noué de bons liens, arrête toutes les personnes présentes sur les lieux repérés par les enquêteurs. Cette coopération permet à l’AFESIP de limiter les dégâts. «On observe chaque descente pour nous assu-rer du respect des personnes arrêtées, continue Emmanuel. Des entrevues sont ensuite menées pour distinguer les victimes des intermédiaires et des propriétaires des lieux de prostitution.»

Les raids menés par la police sont souvent traumatisants pour les prostituées. Elles sont acheminées vers des refuges d’ONG adaptés pour les accueillir. «Les victimes sont envoyées dans notre centre de courte durée pour 14 jours. Elles veulent juste sortir. Elles sont libres et retournent à la prostitution, consentantes. Mais, c’est parce qu’elles ne connaissent pas d’autres solutions, estime Emmanuel. On demande à chacune quel est son rêve, ce qu’elle voudrait faire? Ce sont des questions importantes. On veut les aider à le réaliser.»

En montant des dossiers contre les trafiquants, en découvrant les lieux de la prostitution et en assistant les victimes qui désirent porter plainte contre leurs exploiteurs, l’organisme pallie le manque de formation de la police et des procureurs.

La clé de cette réussite est l’approche coopérative. L’AFESIP veut changer, petit à petit, la mentalité des dirigeants du pays. «On maintient la pression, résume Emmanuel Colineau, mais on souligne aussi les bons coups du gouvernement. On ne croit pas à la confrontation.»

Des pressions contre le gouvernement

L’approche consensuelle ne fait cependant pas l’unanimité. Pour la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO), le gouvernement ne fait rien. On préfère le talonner. «Le gouvernement fait beaucoup de déclarations. Ça ne coûte rien et ça fait plaisir à tout le monde. Mais, il y a peu d’actions. On a une loi contre le trafic qui n’a que 10 articles… On a un département anti-trafic, mais la femme à sa tête ne fait rien.»

Ces propos tranchés sortent de la bouche du Dr Kek Galabru, présidente de
LICADHO. Contrairement à AFESIP, elle n’apprécie guère la police anti-trafic. L’escouade n’a pas voulu effectuer de descentes dans des bordels désignés par son organisme. Cette dame à l’allure aristocratique travaille sans arrêt. Attablée un vendredi soir à son bureau, Kek Galabru corrige des documents avec un assistant, multiplie les appels et répond aux questions de Reflet de Société. Après, elle assiste à une réception. «C’est très difficile de faire bouger le gouvernement. On a tellement essayé, soupire-t-elle. Si le gouvernement canadien exerçait une pression plus forte, peut-être que ça pourrait améliorer la situation des femmes ici.»

Changer les moeurs

Dans la région, la fille aînée travaille traditionnellement au bordel pour subvenir aux besoins du reste de la famille. «Si elle accepte, est-ce du trafic? se demande le Dr Bruno Maltoni, consultant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dans certaines provinces, la prostitution est la seule façon de s’en sortir. Il s’agit d’un problème socio-économique. En Occident, on croit que les filles ont été kidnappées. Mais, souvent, ce n’est pas le cas. Plusieurs jeunes femmes veulent faire ce travail. Pas besoin de les forcer.»

Conseiller pour Oxfam Québec au Cambodge, Normand Champoux met en place un nouveau programme contre le trafic à la grandeur de la région du sud-est de l’Asie. «Quand on parle de trafic humain, on a notre perception occidentale, dit-il, corroborant l’idée du Dr Maltoni. Aux yeux de plusieurs Cambodgiens, si la famille ne vend pas sa fille, toute la famille meure. Je n’ai pas de solution au problème… Surtout que la famille ne le voit pas comme du trafic. Leur fille travaille pour leur bien.» La luttes aux réseaux de prostitution demeure essentielle, mais l’amélioration du niveau de vie et l’évolution des mentalités le sont tout autant.

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L’environnement et la récupération

L’environnement et la récupération

Je présente ma candidature pour une bourse d’écriture sur l’égalité des sexes. On me demande d’inclure trois textes déjà publié. Ouf! Lesquels prendre. Ma première idée a été de présenter un texte datant de 1974, lorsque j’étais chroniqueur sportif et culturel. Et oui. Pas de sous-métier dit-on. Le deuxième texte que je voulais présenter était une chronique sur les meubles du Québec datant de 1992 pour Habitabec. Finalement, le troisième texte serait un article récent que j’ai publié avec le magazine Reflet de Société.

En tentant de trouver un article dans Reflet de Société, j’avais trop de choix, j’ai décidé d’abandonner cette idée et de n’offrir que des textes publiés récemment. Mais cette idée aura eu l’avantage de me faire visiter mes archives personnelles. Le tout avait débuté en 1974 dans les journaux locaux. Imaginez 33 ans d’écriture. Ouf! Je m’essoufle juste à y penser.

J’ai été surpris en relisant ma chronique dans le journal Habitabec (disparu depuis). Je parlais d’une époque où il n’y avait pas de récupération offerte par la Ville de Montréal. Il fallait soit payer pour faire récupérer ou encore ramasser suffisamment de papier et de carton pour le vendre à 20$ la tonne! Une époque pas si lointaine pourtant.

En 1992, je tentais de convaincre les consommateurs de meubles de faire de la pression sur les marchands pour qu’ils récupèrent les cartons d’emballage des meubles. Une époque où les marchands de meubles laissaient traîner ces cartons d’emballage sur votre terrain aux grands vents!

Depuis 15 ans, la récupération maintenant fait parti de nos moeurs et coutumes. De conter cette anecdote à un adolescent, j’ai l’impression qu’il rirait de moi et qu’il me traiterait de dinosaure préhistorique.

Même s’il reste encore de grands pas à faire pour aider notre planète, nous avons quand même réussi à changer des mentalités. Je me souviens des années 1970 quand je parlais de protection de l’environnement. Je passais pour un fou furieux complètement dans le champ!

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Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

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Prisons pour hommes, femmes gardiens

Prisons pour hommes, femmes gardiens.

Je suis bénévole à l’intérieur d’une prison. Je m’y présente au 15 jours pour rencontrer quelques résidents et les aider dans leurs cheminements. Je suis peut-être en retard sur les nouvelles, mais j’ai été surpris de voir des femmes gardiens de prison dans une prison d’hommes.

Avec les lois sur l’égalité des sexes, on peut retrouver plus facilement des femmes un peu partout dans des postes longtemps réservé pour les hommes. Ce que les gens qui travaillent en prison me disent c’est que la violence à l’intérieur des prisons a diminué depuis que les femmes peuvent y être gardienne.

D’une part, les femmes ont des moyens d’intervention différents que les hommes et portent moins à la violence. D’autre part, il serait très mal vu pour un prisonnier de se battre avec une femme.

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conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

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