Recrudescence des sectes

La secte comme famille

Rejoindre la secte

La vie peut être difficile, et il est naturel de chercher une explication aux évènements qui nous touchent. Pourquoi suis-je malade? Si les médecins ne peuvent pas me soigner, peut-être qu’une autre personne le pourrait. Car, les médecins le reconnaissent, ils ne savent pas tout.

Une pente anodine lorsqu’elle est empruntée avec vigilance, mais glissante lorsque l’on cherche à tout prix des réponses. Certains leaders, ou gourous, peuvent profiter de cet état d’esprit pour entraîner dans leur cercle de nouveaux adeptes.

Delphine Caubet     Dossier CultureReligion

L’expérience peut être dramatique.

religion spiritualité église croyances sectesDonner une définition exacte au terme «secte» est difficile. Selon Mike Kropveld, directeur général d’Info Secte, il en existe plusieurs. Les experts eux-mêmes n’utilisent pas les mêmes critères. Dans l’usage populaire, le terme secte a une connotation négative. La religion, bien que souvent impliquée, n’est pas nécessairement l’idéologie dominante. Notamment avec le groupe Biologie Totale, basé sur le principe que toute maladie est psychologique.

Groupes

Les sectes ne sont pas toutes de grands mouvements religieux qui ont des centaines d’adeptes. C’est une question de synchronisation. Dans les années 80 et 90, les grands mouvements internationaux avaient le vent en poupe et le monde roulait à l’heure de la nouvelle mondialisation. Des groupes tels que le mouvement d’Hare Krishna étaient à leur apogée. Mais leurs adeptes vieillissent et ces mouvements perdent leur seconde génération.

Aujourd’hui, il y a une recrudescence des petits mouvements. Ils sont difficiles à quantifier, et le directeur général d’Info Secte ne fait pas confiance aux statistiques. Ces petits mouvements populaires sont axés autour d’un guérisseur, d’un voyant ou de tout autre leader. À l’heure d’Internet, les nouveaux groupes peuvent donner des cours en ligne. Mike Kropveld explique: «Tu n’as même plus besoin de t’habiller. Depuis ta chambre, tu peux écouter le sermon. Les médias sociaux peuvent également être utilisés.»

Certains groupes sont plus difficiles à classifier. Comme le précise Mike Kropveld: «On peut vivre de bonnes et mauvaises expériences dans tous les groupes.» L’important est de regarder l’idéologie du groupe, son ouverture aux autres et surtout le contrôle du leader. Autant de critères qui aident à comprendre la dynamique de groupe.

Adeptes

spirituel religieux église secte croyancePourquoi rejoindre un groupe qui impose un régime de vie drastique ou qui a des pratiques sexuelles que jamais vous n’auriez acceptées auparavant?

Cette question est omniprésente lors de faits divers. Réduire les victimes à des «faibles d’esprit» est erroné et simpliste. Une grande partie des adeptes sont des personnes en recherche.

Après une enfance difficile ou une épreuve, il est courant de chercher une explication. Qu’ai-je fait pour mériter cela? Quel est le sens de ces évènements? Le groupe, et son leader en particulier, seront là pour diminuer le stress. Consciemment ou non, l’adepte cherche une réponse simple à des évènements qui peuvent le dépasser.

Leader

Charismatique et éloquent. Ces deux points sont ce qui attire chez le gourou. Contrairement aux idées reçues, la majorité des leaders croient réellement en ce qu’ils prêchent et en leurs pouvoirs. C’est une personne qui a vécu -ou croit avoir vécu- une expérience. Qu’il soit voyant, guérisseur ou autre, les adeptes le renforcent dans ses idées.

Mais, «le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument», rapelle Mike Kropveld. «Souvent à la base, il y a de bonnes intentions. Comme vouloir aider les autres.» Mais le chef leur inculque l’idée qu’ils sont des élus, et que lui seul détient la connaissance. Le reste du monde devient alors des impurs qu’il faut aider ou exclure.

Ce stade est une pente glissante. Le leader pour unifier et garder ses adeptes peut choisir de s’exclure du monde et de refermer le groupe sur lui-même.

Aider

religion spiritualité croyance église philosophie«Il faut voir la relation avec le groupe, comme une relation amoureuse. Si on te dit: « mais qu’est ce que tu fais avec ce garçon!? », la personne ne sera pas réceptive. Il faut l’approcher par les émotions. Pas la raison.» Tel est le premier conseil du directeur général pour aider un proche. En utilisant la rationalité et les préjugés, un proche voulant aider risque de renforcer l’adepte dans son idée et de couper la communication.

«Discuter avec la personne est le meilleur moyen d’avoir davantage d’informations sur le groupe», précise Mike Kropveld. Car sur Internet, c’est essentiellement les informations les plus extrêmes qui circulent. Alors, il ne faut pas négliger l’adepte comme source d’informations.

Québec

«Le Québec est un terrain fertile pour les groupes religieux et autres», affirme le directeur général. Les Québécois ne sont pas pathologiquement différents des autres. Mais par le passé, le catholicisme s’occupait de tout dans la province. Mike Kropveld explique: «Ce qui était bon, pas bon,… et ce besoin est toujours là.» Et les Québécois ont une ouverture d’esprit utilisée au quotidien avec l’immigration et le multiculturalisme, entre autres. Se superpose donc un besoin de croyance (et certaines valeurs catholiques, comme l’altruisme et le partage) avec une ouverte aux nouveaux phénomènes.

Législation

Les sectes sont essentiellement présentes dans les démocraties. Car, «ailleurs tout est contrôlé», ajoute Mike Kropveld. Et la législation peut varier selon les pays. «Mais quand il y a plainte ou crime, la justice est là.» Pour le directeur général d’Info Secte, il ne faut pas nécessairement plus de législation. Car, lors de cas extrêmes, comme avec la secte juive Lev Tahor, l’État est prêt à enquêter.

«Mais pour les victimes de manipulations, c’est différent. Car c’est possible que la personne qui rentre dans un groupe soit au courant de tout. Le bon comme le mauvais. Mais c’est une personne qui veut être prise en charge.» Pour le directeur général, il faut miser davantage sur les ressources. «Là, il y a besoin de financement. Mais pas de nouvelles lois.»

S’il n’y a pas de solution simple, il faudrait valoriser l’aide aux victimes, notamment avec un accès gratuit aux services, qui permettrait également d’aider les 2ème générations. Pour l’instant, Info Secte est la seule association au Québec qui travaille et informe sur les sectes.

Il n’existe pas de schéma classique quant à la sortie d’un groupe. Bien que pas automatique, certaines personnes peuvent avoir des difficultés à retourner dans la société.

Vos commentaires sur Recrudescence des sectes.

Autres textes sur Religion et spiritualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Maintenant disponible en anglais: Love in 3 D

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Vos commentaires sur Recrudescence des sectes.

Témoins de Jéhovah: une vie après

Religion et spiritualité

Survivre aux Témoins de Jéhovah

Delphine Caubet Dossiers Religion et spiritualitéCroissance personnelle

religion spiritualité secte église croyancesÀ 39 ans, Jonathan Lavoie consacre une partie de sa vie à aider les anciens Témoins de Jéhovah. L’homme est bien placé pour en parler, il a vécu une grande partie de sa jeunesse dans la secte religieuse. Aujourd’hui, il partage son expérience hors du groupe pour nous montrer comment se reconstruire.

Delphine Caubet: Pourquoi les Témoins de Jéhovah séduisent-ils tant?

Jonathan Lavoie: Les Témoins de Jéhovah sont de très bons manipulateurs, ils sont formés à ça. Avec le porte-à-porte, tu rentres chez les gens et tu peux trouver des sujets qui les touchent. Par exemple, pour une personne âgée, tu peux lui parler de la maladie ou de la mort. Si une femme te fait entrer et tu vois des jouets partout avec le repas qui doit être préparé, tu ne restes pas. Tu lui laisses de la documentation qui va parler de la criminalité. Dans la revue Réveillez-vous, il y a des textes pour tout le monde.

Leur mode de recrutement, c’est des solutions à un problème. Mes parents pensaient divorcer au moment où des Témoins de Jéhovah se sont installés en bas de chez nous. Ils avaient une solution. Avec eux c’est simple, tu n’as pas à divorcer, ce n’est pas autorisé. Mes parents avaient trouvé la solution. J’avais 8 ans au moment où ils sont rentrés dans la secte.

D.C: Quand en es-tu sorti? Pourquoi?

église vitrail spiritualité religion secte guide réflexions pensées quotidiennesJ.L: J’en suis sorti à 17 ans. J’étais plus capable. Dès 12 ans, je me suis aperçu que leurs enseignements ne fonctionnaient pas, que ça n’avait aucun sens. Ce n’est pas que je ne croyais plus, mais le paradis ne m’intéressait plus. Trop de choses ne fonctionnaient pas. Par exemple, ils disent toujours que leur Dieu est miséricordieux et que celui des catholiques est vengeur. Mais quand je posais des questions sur l’apocalypse et les enfants, on me répondait que cela dépendrait des parents, et qu’ils seraient détruits. Et c’est ça un Dieu miséricordieux?!

Donc j’en pouvais plus. C’était partir ou me suicider. Je vivais dans un environnement où il y avait beaucoup de violence. Mon beau-père nous battait et tout le monde le savait. Ils disent qu’on est tous frères et sœurs, mais si c’était le cas, ils nous auraient protégés.

D.C: Les personnes qui ont grandi dans une secte ont souvent des difficultés à socialiser à leur sortie. Comment cela s’est passé pour toi?

J.L: Même dans la secte, j’allais à l’école régulière. J’étudiais à l’école Arc-en-ciel. C’était très hippie. Tous les enfants de sectes allaient là, car il n’y avait pas de cours de morale ou de religion. À la place, ils nous donnaient un cours d’informatique. Dans cette école, il y avait énormément d’enfants de Témoins de Jéhovah, de mormons ou juste des hippies. Même si j’ai été à l’école régulière, ils détruisent tout le savoir qui a été appris. Comme la théorie de l’évolution, par exemple. Eux, ils nous enseignent la création.

Mais c’est sûr que les relations sociales ont été très difficiles. Quand j’étais au centre d’accueil et qu’ils ont appris que je venais des Témoins de Jéhovah, les travailleurs m’ont obligé à aller à la messe tous les dimanches, ou sinon je restais enfermé dans ma cellule pour la semaine.

Déjà qu’avant j’avais été battu, c’est sûr qu’après ça j’ai eu des difficultés dans mes relations avec les adultes. J’ai eu une grosse période de rébellion. Plus tard, j’ai consommé de la drogue, et c’est là où j’ai commencé à socialiser. Je sais plus où j’ai lu ça, mais un article disait que 90% des secondes générations d’une secte partent, et dans ceux-là, un autre 90% avait des problèmes d’addictions. De ce que j’ai vu c’est tout à fait ça.

D.C: Comment as-tu fait pour te reconstruire?

J.L: J’ai été en thérapie. Il fallait que j’apprenne à me connaître, je ne savais pas qui j’étais, j’avais tout à apprendre. C’est tout un travail de reconstruction de soi. Il faut réapprendre les valeurs. Comme par exemple l’homophobie. Les Témoins de Jéhovah sont contre l’homosexualité, puis là il fallait que je sache si j’étais vraiment contre ça, ou si c’était du lavage de cerveau.

Pour me défaire de ce lavage de cerveau, j’ai beaucoup lu sur les sectes, la politique, la société,… Sur tout ce que les Témoins de Jéhovah refusaient. J’ai appris à regarder le bon côté des choses, comme avec le gouvernement. Ils chialent tout le temps après, mais j’ai appris qu’il pouvait y avoir des bonnes choses. Donc, doucement, à travers la lecture, cela m’a beaucoup aidé.

D.C: Est-ce qu’être entré à 8 ans t’a permis d’avoir un certain recul sur le groupe?

J.L: J’ai toujours eu un côté scientifique, ça m’a permis de voir les choses qui ne fonctionnaient pas. Comme sur l’éternité, je posais des questions sur ce qu’on peut faire. Quand on a tout essayé qu’est ce qu’il se passe. On me répondait que je serai à côté de Dieu pour l’éternité. C’est tout. Je dis toujours que les Témoins de Jéhovah ne comprennent pas ce qu’est l’éternité. Je n’ai jamais adhéré à la théorie de la création, il y a des preuves que ça ne fonctionne pas.

D.C: Quels sont tes contacts avec ta famille?

J.L: Il y a 22 ans que je suis sorti. Ma sœur est plus jeune, mais elle est sortie plus tard, au même âge que moi environ. Elle va très bien aujourd’hui. Mon frère [Ndlr: décédé en 2006 suite au refus d’une transfusion sanguine] est sorti également. Mais il y a eu le 11 septembre 2001. Il y a vu un signe de la fin du monde et il est retourné dans la secte.

Je n’ai aucun contact avec mes parents et je ne cherche même pas. Lorsque je suis parti ça a fait un gros «bang», j’ai été excommunié et mes parents n’ont plus le droit de prendre contact avec moi. C’est par ma sœur que j’ai appris que mon frère était à l’hôpital, et il était dans le coma depuis 5 semaines. Pour ma sœur, ça s’est fait plus doucement. Mes parents m’ont contacté une fois en 22 ans, c’était pour le décès de mon grand-père qui était hors du groupe.wq

D.C: Tu as mentionné que 90% des 2ème générations quittent les groupes. As-tu constaté cette dynamique auprès des Témoins de Jéhovah?

J.L: Oui, les 2ème générations partent massivement, et le mouvement des Témoins de Jéhovah est en chute libre au Québec. Avant, ils étaient 25 000, maintenant ils sont 15 000. C’est généralisé à tout l’hémisphère nord, mais ils gagnent du terrain dans le sud. Leurs méthodes de recrutement changent, ils font moins de porte-à-porte et ils ouvrent des kiosques. Dans certains pays, ils ouvrent des magasins comme l’ont fait les scientologues. Le porte-à-porte c’est dur, tu te fais insulter… les Témoins de Jéhovah n’aiment pas non plus le faire, mais tout est tourné sur le recrutement.

D.C: Tu avais un site Internet avant où tu aidais les anciens membres du groupe. Qu’est-il devenu?

J.L: On en a un nouveau (www.watchtowerlies.com). On est 2 à s’en occuper. Jean-Philippe Cossette est le webmaster, et moi je suis la figure publique. On aide les gens en les écoutant et on peut leur référer une personne proche de chez eux s’ils le souhaitent.

Avec ce site, on veut partager notre expérience, car c’est difficile de sortir. Il y a des personnes encore à l’intérieur du groupe qui nous approchent pour savoir comment sortir. On a des contacts dedans, et les familles nous font confiance. Certains peuvent juste déposer un témoignage. Quand on fait des manifestations, les gens nous voient, et ça aide à dire que l’on n’est pas satanique. On a guidé des familles pour sortir. Comme par exemple, lorsqu’un mari voulait débarquer du groupe et qu’il cherchait des conseils pour convaincre sa femme.

Sur le site, on parle de plusieurs choses, de leurs mensonges… Pour moi ça a été un choc de découvrir que les Témoins de Jéhovah avaient annoncé plusieurs dates de fin de monde. Ils disent toujours qu’il ne faut pas le faire pourtant! Ça a réellement était un choc…

D.C: Quels conseils donnes-tu à ceux qui veulent quitter une secte?

J.L: Le conseil est d’aller chercher de l’aide. De ne pas rester seul, même si lorsqu’on sort on se sent extrêmement seul, des milliers d’autres personnes sont sorties avant nous. On peut avoir de l’aide.

VOS COMMENTAIRES SUR La vie après les Témoins de Jéhovah

Autres textes sur Religion et spiritualité

Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet, par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

VOS COMMENTAIRES SUR La vie après les Témoins de Jéhovah

Internet: impact sur les journalistes et les organismes communautaires

Internet: impact sur les journalistes et les organismes communautaires

Raymond Viger     DOSSIER REFLÉT DE SOCIÉTÉ ET Internet

Dates prochaines Formation Web

raymond Le Web a été initialement utilisé par des citoyens qui voulaient faire du journalisme. Aujourd’hui, une armada de journalistes se prépare à envahir Internet. Les blogues, au départ un passe-temps, deviennent pour certains des emplois.

Notre façon de vivre se transforme. Avec l’augmentation du prix du papier et la baisse des revenus publicitaires et des abonnés, plusieurs entreprises de presse cherchent à définir leur nouveau plan d’affaires Internet pour conserver leur marché et en conquérir de nouveaux. On ne pense plus marketing, on pense Webmarketing.

Les entreprises de presse veulent envahir le Web avec le contenu de leurs journalistes. Les journalistes veulent protéger leurs droits d’auteur. Le Journal de Montréal clame un lock-out? C’est par la bouche des canons du Web que réagissent les journalistes en lançant leur webzine, Rue Frontenac.

Pour les nouvelles internationales ou encore les archives des meilleurs documentaires, l’Internet devient de plus en plus crédible pour de plus en plus de citoyens. Pour les autres, il y a l’horoscope, les travaux scolaires, la météo ou les dernières recettes. On ne voit pas la fin des possibilités du Web. Internet va-t-il prendre toute la place?

Impacts sur les organismes communautaires

Des jeunes de la rue et des sans domicile fixe ont une adresse sur le Web. On peut maintenant les rejoindre plus facilement grâce au courriel ou apprendre à les connaître sur My Space. Certains ont même leur site Internet!

Les gens sont déprimés et suicidaires? Ils se retrouvent sur Internet. Ils y cherchent des moyens pour se suicider. Ils y trouveront peut-être des solutions à leur détresse, un lieu pour partager leur souffrance, une communauté. Nous n’en sommes plus à attendre leur appel: nous les rencontrons là où ils se trouvent, sur Internet.

Pour un organisme communautaire comme le nôtre qui s’aventure sur Internet, le terrain d’intervention s’élargit. La personne en crise vient peut-être du quartier, mais peut-être aussi de l’autre bout du monde. Doit-on s’empêcher d’aider un être humain qui souffre parce qu’il n’est pas Québécois?

Lorsque j’interviens dans un quartier, je prends des ententes de partenariat avec le CLSC du coin, la police de quartier, un hôpital et quelques organismes communautaires du secteur. Combien de protocoles devrons-nous maintenant préparer et planifier pour servir et soulager tout ce nouveau monde qu’Internet nous amène?

Comment devrons-nous négocier avec les bailleurs de fonds qui sont prêts à investir pour une intervention locale, mais qui ne voudraient pas soutenir une intervention internationale?

Internet offre des opportunités d’affaires et de nouveaux revenus pour l’entreprise privée. L’objectif de plusieurs compagnies est de croître au-delà des frontières pour grossir leur marché et diminuer leurs coûts.

Pour le communautaire, ça demande plus d’intervention, donc plus de moyens pour y parvenir. En résumé, des dépenses supplémentaires et encore plus d’argent à trouver.

Internet: nouveau terrain d’intervention

Reflet de Société a débuté son travail d’intervention sur Internet. Annuellement, c’est plus de 150 000 internautes suicidaires qui lisent un de nos textes sur le suicide. Parmi eux, plus de 10 000 vont être référés aux ressources pertinentes. C’est aussi plus de 3 000 témoignages de détresse que ces internautes nous laissent chaque année. Et ce n’est qu’un début.

Des églises et des partis politiques ont investi pour s’acheter un espace sur des sites comme Second Life. Jusqu’où les organismes communautaires devront-ils investir l’Internet?

Verrons-nous une nouvelle génération de travailleurs de rue du Web? Qui va financer ces interventions qui ne sont plus définies par un secteur géographique mais plutôt par une détresse commune? Un organisme communautaire qui a fait ses preuves devrait pouvoir étendre son aide partout où le besoin se fait sentir. Comme une entreprise peut vendre ses produits là où il y a une demande.

Notre monde se transforme, pas seulement notre économie. Internet en est le meilleur exemple.

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 3

Dates prochaines Formation Web

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Les 100 ans de Maillardville: berceau de la francophonie dans l’Ouest Canadien et le Village international de la francophonie 2010 lors des Jeux Olympiques de Vancouver

Les 100 ans de Maillardville

Raymond Viger              Dossier Francophonie, Jeux Olympiques, Vancouver

Maillardville, berceau de la francophonie dans l’Ouest Canadien et le Village international de la francophonie 2010 lors des Jeux Olympiques de Vancouver

logo_village Maillardville est aujourd’hui un quartier de la ville de Coquitlam, en banlieu de Vancouver. Maillardville a été le berceau de la Francophonie en Colombie-Britannique.

L’année 2009 est une année toute particulière pour Maillardville. D’une part, c’est le centenaire de la fondation de Maillardville. D’autre part, Maillardville sera le Village international de la francophonie pour les Jeux Olympiques de Vancouver en 2010.

Fête et musique à Maillardville

C’est donc dire que Maillardville passe l’année 2009 à fêter ses 100 ans tout en se préparant pour les Jeux Olympiques de 2010. Si vous planifiez un voyage dans l’Ouest du Canada pour les 18 prochains mois, Maillardville doit se retrouver sur votre itinéraire.

Maillardville, c’est aussi le Festival du Bois, le Festival de musique de Maillardville, les 7 et 8 mars 2009. Une célébration culturelle francophone. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que La Bottine souriante fera partie du Festival de musique de Maillardville.

J’ai bien apprécié de découvrir l’histoire de la création de Maillardville. Je vous ai laissé le lien pour voir le texte original de la recherche de Jean Riou. Pour ceux qui le trouverait un peu long à lire, je me suis amusé à vous en faire une petite synthèse. Il est intéressant d’y voir la relation de travail entre les ouvriers Canadiens-français et les propriétaires anglophones, la présence de l’Église, du syndicat et l’arrivée des Caisses populaires dans la communauté de Maillardville.

L’histoire de la fondation de Maillardville

L’histoire de Maillardville a débuté lorsque la Canadian Western Lumber Co. Ltd a des difficultés avec sa main d’oeuvre, composé en partie de blancs turbulents venus de l’Europe centrale et d’asiatiques qui servent de cibles au racisme de l’époque.

Des Canadiens-français pour la Canadian Western Lumber

La Canadian Western Lumber décide de se tourner vers les Canadiens-Français, réputés pour avoir une grande expérience dans le travail du bois et dans le métier dur de bûcheron. Pour avoir une main d’oeuvre stable et régulière, la Canadian Western Lumber décide d’avoir une communauté canadienne-française proche regroupée autour d’une église.

Théodore Théroux, ainsi que le Père William O’Boyle se chargent du recrutement des ouvriers canadiens-français et leur famille. La compagnie s’engage de fournir gratuitement le bois pour construire l’église, le presbytère et l’école. Ces trois édifices devant être exempts des taxes foncières car la compagnie garantit à ses futurs employés de conserver leur langue et la pratique de leur religion.

Les Canadiens-Français pour acheter un âcre de terrain par famille et la Canadian Western Lumber s’engage à fournir le bois pour que chaque famille puisse se construire sa propre maison.

Notre-Dame de Lourdes, première paroisse de Maillardville

Le 27 septembre 1909, un train du Canadien Pacifique quitte Montréal en direction de la gare de Fraser Mills. Sous la direction du Père Edmond Maillard, curé fondateur de la paroisse Notre-Dame de Lourdes, le village prend forme.

La vie communautaire se développe rapidement. Une fanfare est formée. Des soirées de bingo sont organisées ainsi que des bazars. C’est en 1912 que la nouvelle communauté prend le nom de Maillardville, en l’honneur du Père Edmond Maillard, premier curé de la paroisse.

Maillardville VS Coquitlam; un débat politique

La communauté de Maillardville aurait pu devenir un village officiellement incorporé pour faciliter son expansion et l’épanouissement d’un village de langue française en Colombie britannique. Mais le gouvernement de Colombie-Britannique et le District de Coquitlam n’ont pas le goût d’avoir un village francophone. Maillardville demeura donc une partie de Coquitlam.

Les Canadiens-Français de Maillardville s’impliquent très activement dans leurs communauté. Un chef de police, Emery Paré, est nommé. D’autres se joignent à la brigade de pompiers, participent aux assemblées municipales et à la commission scolaire. Des organismes sociaux sont fondés, dont, le 16 mai 1917, la Congrégation des Dames de Ste-Anne.

Une fois la guerre 1914-1918 finie, la demande pour le bois baisse. Les relations de travail se détériorent. Les accidents de travail sont nombreux et le refus de faire un travail dangereux mène immédiatement au renvoi.

Le syndicat arrive à Maillardville

A partir des années 1927-28, le standard de vie baisse à Maillardville. Quatre coupures de salaire en l’espace de 20 mois ajoutées à plusieurs licenciements provoquent l’exaspération des travailleurs. Les Canadiens-français de Maillardville décident de joindre le syndicat Lumber Workers Industrial Union. Jusqu’à l’été 1931, le travail d’organisation se fait clandestinement.

Le 16 septembre 1931 les travailleurs votent la grève. Un comité de grève est formé : Harold Pritchet, un Canadien-français en est le président. Il deviendra, plus tard, le premier président du futur syndicat International Woodworkers of América (IWA).

La grève va durer trois mois et sera marquée par des altercations avec les forces policières et les grévistes. Les femmes sont même matraquées par la police. Le curé de l’époque, le Père Teck, essaie de faire retourner les ouvriers au travail. Il fait un sermon sur les dangers du communisme et la vengeance radicale et demande une prière pour la fin de la grève. Le Père Teck refusera l’absolution au confessionnal si les ouvriers grévistes ne rendent pas leur carte de membre du syndicat.

Caisse populaire de Maillardville; le centre nerveux de la communauté

La Deuxième guerre mondiale permet de redonner vie à Maillardville. Le 6 avril 1946, une demande d’incorporation pour former une Caisse populaire est signée sous le nom de Caisse Populaire de Notre-Dame de Lourdes. Ce nom sera changé quelques années plus tard pour celui de Caisse Populaire de Maillardville afin d’unir la communauté partagée entre deux paroisses. Tant sur le plan financier que communautaire, la Caisse Populaire de Maillardville est une réussite.

Depuis sa fondation, la Caisse Populaire agit comme centre nerveux de sa communauté. Elle devient même un point d’union pour la communauté divisée en deux paroisses. Après des expansions rapides et trois édifices, la Caisse Populaire de Maillardville est devenue rapidement l’une des plus importantes institutions de Maillardville.

Grève scolaire pour des écoles catholiques

En 1951, une grève scolaire s’organise par la Commission scolaire catholique des deux Paroisses de Maillardville, avec l’autorisation de Monseigneur l’Archevêque de Vancouver. Les Canadiens-français payent des taxes scolaires et foncières pour l’éducation publique laique et ils doivent se cotiser pour soutenir le financement de leurs écoles catholiques. Les Canadiens-français ne peuvent même pas utiliser les autobus scolaires de la municipalité!

Cette grève qui durera une année fait l’effet d’une bombe dans le pays d’autant plus que les grévistes sont de langue française dans cette province de langue anglaise.

Écoles église de Maillardville saisie par la municipalité de Coquitlam

En 1954, la municipalité de Coquitlam de revenir sur la promesse de 1909 d’exempter de taxes foncières l’église et les deux écoles catholiques de Maillardville. La Municipalité de Coquitlam exige les arriérés des taxes. Les écoles et l’église seront saisis en 1956 par la municipalité. Maillardville devra payer les arriérés de taxes de 1909 à 1956 pour récupérer son église. Les écoles catholiques auront gagné officiellement leur exemption. Malgré tout, l’enseignement du français ne deviendra officiel qu’en 1969.

Maillardville participe aussi à la vie communautaire de langue française sur le plan provincial. Ayant participé à la fondation de la Fédération Canadienne-Française de la Colombie-Britannique en 1945, Maillardville continue à participer au développement de cet organisme.

VOS COMMENTAIRES SUR LES 100 ANS DE MAILLARDVILLE

Les Jeux olympiques de Vancouver veulent-ils discréditer le graffiti?

Autres textes sur la Francophonie

Éducation francophone dans l’Ouest du Canada

Éducation francophone en milieu anglophone. École Gabrielle Roy.

Éducation francophone en milieu anglophone. Écoles Rose-des-vents et Jules-Vernes.

Société francophone de Maillardville, bastion de la francophonie en Colombie-Britannique

La qualité du français dans la blogosphère

Meeting francophone. Le français est-il une maladie en voie d’extinction?

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Neutre comme un créationniste

Neutre comme un créationniste

Dossier Religion et spiritualité

(Agence Science-Presse) – Jamais à court d’efforts, des créationnistes ont lancé en janvier une «revue de recherche scientifique», baptisée d’un nom respectable : Answers Research Journal. La revue gratuite, disponible uniquement en ligne, est financée par le même organisme, Answers in Genesis, qui a lancé l’an dernier un musée créationniste au Kentucky. Les recherches soumises à cette revue seront, prévient son rédacteur en chef, «révisées par ceux qui partagent les prises de position de la revue».

 

Stephen Harper, Évangélisme et créationnisme en politique.

théories anti-scientifique de Stephen Harper

Stephen Harper et l’avortement

 Stephen Harper et l’homosexualité

Lutte à la drogue: les Conservateurs contre la science

Est-ce que notre système politique met en danger la démocratie?

Stephen Harper et le social, 2 mondes étrangers

Vie sociale et politique

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,

Missionnaires nouveau genre

Missionnaires nouveau genre

Dossier Religion et spiritualité

Olivier Bachand, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

Quelque 150 paroissiens prennent place sur les vieux bancs de bois de l’église de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides. La messe est sur le point de commencer. L’orgue finit par souffler ses premières notes, coup d’envoi d’une procession qui s’amorce à l’arrière de l’église. À la queue du cortège, le curé ne passe pas inaperçu. Sa soutane blanche contraste avec sa peau noire.

«Ça ne m’a pas inquiété d’arriver dans la paroisse, même si je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de Noirs, confie l’abbé Urbain Mumina, un Africain. Ça m’a plutôt surpris qu’une ville de la taille de Sainte-Anne-des-Plaines n’ait pas beaucoup de minorités visibles.» Arrivé de la République démocratique du Congo il y a près de trois ans, il est le premier curé «de couleur» de l’histoire de la paroisse, fondée en 1787.

L’homme de 47 ans n’avait jamais mis les pieds au Québec avant de venir y exercer ses fonctions ecclésiastiques. Depuis août 2005, il préside la messe dans la municipalité rurale de 13 000 habitants, où les Noirs et autres minorités se comptent pratiquement sur les doigts d’une main.

«J’ai reçu un accueil chaleureux et je me suis vite senti accepté. Dans plusieurs occasions, je suis le seul Noir présent et ça ne me dérange pas, raconte-t-il. Les gens me posent beaucoup de questions sur mon pays et sur ma famille. Ils m’invitent parfois à souper chez eux. Je leur raconte mon histoire et eux me parlent de celle de la paroisse.»

Pour plusieurs fidèles, voir leur église dirigée par un Noir aurait été impensable il y a quelques dizaines d’années. «Quand j’étais jeune, il n’y avait pas de Noirs ici, lance Reina Racine-Fournelle, une dame enracinée à Sainte-Anne-des-Plaines depuis 76 ans. Maintenant, il y en a partout. Je n’ai donc pas été surprise quand le nouveau curé est arrivé… et je le trouve très bien.»

Depuis qu’il a la responsabilité de la paroisse, Urbain Mumina n’a vécu aucune situation désagréable en raison de son origine ethnique. «Jamais personne n’a passé de commentaire négatif à mon endroit… du moins que je sache. De toute façon, je ne tiens compte que des commentaires positifs!»

Chose certaine, la présence d’un prêtre noir n’a pas fait fuir les habitués de l’église du diocèse de Saint-Jérôme. Il y a quelques années seulement, beaucoup moins de croyants allaient y prier le Seigneur. Maintenant, on peut dire avec justesse qu’il y a du monde à la messe. «Tant mieux si ma présence a ramené des gens, il faut rendre grâce à Dieu!», blague le curé.

S’accommoder au Québec

Le plus grand défi qu’a relevé l’abbé depuis son arrivée a été de s’adapter à la réalité de l’Église catholique d’ici. Au Congo, la majorité de la population est toujours pratiquante, contrairement au Québec, où seul un catholique sur dix fréquente la maison de Dieu. «Dans mon pays, quand vous arrivez en retard à l’église, vous devez passer la messe debout, car toutes les places sont occupées, illustre Urbain Mumina. Ici, il y a toujours de la place.»

S’il ne s’attendait pas à voir arriver une foule pour les célébrations dominicales, il croyait néanmoins que plus de fidèles s’y présenteraient. «C’est rare qu’on voit des enfants, des ados ou des jeunes couples, déplore-t-il. Chez moi, les gens de tous les âges sont pratiquants.»

Le degré de ferveur religieuse n’est pas la seule différence entre l’Église catholique congolaise et québécoise. «C’est dans la manière dont nous exprimons notre foi que ça peut être extrêmement différent. Les célébrations liturgiques chez nous, c’est beaucoup plus vivant, engagé, participant avec toute l’assemblée, explique Urbain Mumina. Tout le monde chante et fait des gestes. Des enfants dansent autour de l’autel, ça met de la joie. Ici, c’est beaucoup plus froid.» L’aumônier a tout de même constaté un engouement de ses paroissiens pour une messe plus dynamique. «On a déjà fait venir une chorale congolaise de Montréal à l’église et les gens ont apprécié cette façon de prier.»

Autre distinction, la situation financière de l’Église catholique au Congo est beaucoup plus difficile que celle des églises de la province, indique l’abbé Mumina. «Les moyens d’une paroisse sont très modestes au Congo. C’est inhérent à l’économie du pays. Beaucoup de gens n’ont pas d’emploi et ceux qui travaillent ne gagnent pas grand-chose. On reçoit surtout des dons en nature. Mais on n’a pas à se casser la tête pour le chauffage, il n’y a pas d’hiver!»

Partir ou rester ?

Prêtre depuis plus de 18 ans, Urbain Mumina peut exercer son ministère à Sainte-Anne-des-Plaines en vertu d’une entente intervenue entre son diocèse d’accueil et celui d’Idiofa d’où il vient. Son contrat avec le diocèse de Saint-Jérôme, qui devait prendre fin en juillet prochain, a été reconduit pour trois autres années. «J’ai eu mon mot à dire quant à savoir si je voulais rester ou non. Mon évêque au Congo a aussi eu à se prononcer, tout comme Mgr Cazabon, l’évêque de Saint-Jérôme.»

Malgré les nombreuses différences entre l’Église catholique au Québec et au Congo, l’abbé Mumina s’est bien accoutumé à la Belle Province et y poursuivra donc sa mission. «Je veux continuer d’aider l’Église d’ici, qui a plus besoin de moi que celle du Congo. Il n’y a pas assez de prêtres et ceux qui sont en place ont un âge avancé (voir autre texte). Ce n’est pas pour rien qu’on ferme des églises et qu’on regroupe des paroisses, fait-il valoir. L’Afrique a reçu beaucoup de missionnaires des pays occidentaux. C’est maintenant à notre tour d’être missionnaires pour les Églises d’Occident.»

Le Québec et l’Église catholique

Plus de six millions de Québécois sont catholiques, mais seulement 10% d’entre eux sont pratiquants. La province compte quelque 2 100 prêtres encore actifs, âgés en moyenne de 75 ans. On recense plus de 1 700 paroisses et missions réparties dans 22 diocèses sur le territoire québécois.

PHOTO-REPORTAGE DE CE TEXTE.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,

Le banquier, la religion et le gambling: Dieu n’est pas un joueur

Le banquier, la religion et le gambling

Dieu n’est pas un joueur

Dossier Gamblers AnonymesGambling et jeu compulsif

Dimanche soir. Je reviens du travail avec ma conjointe Danielle. Nous n’avons pas encore souper. Une émission que Danielle regarde de temps à autre débute. Le banquier avec Julie Snyder. Nous décidons de souper dans le salon en même temps que l’émission. Une façon de se déconnecter du boulôt pendant quelques instants.

C’était la première fois que je regardais cette émission. Un diacre tente sa chance pour rénover son église. Pendant toute l’émission, ce religieux ne cesse de dire que c’est Dieu qui a mené ce projet, qu’il est convaincu de repartir avec le gros lot… Rien ne peut l’arrêter. Avec ses fidèles, ils se mettent à prier Dieu pour de meilleurs résultats.

Avec une foi inébranlable, il ira jusqu’au bout, convaincu que Dieu le soutient. Après avoir eu une offre de 182 000$ qu’il refusera, il s’en retournera réparer son église avec 500$.

J’ai rencontré beaucoup de gens avec des dépendances de toutes sortes. Toxicomanes, alcooliques, dépendants affectifs, gamblers… Les joueurs compulsifs prient Dieu pour gagner, lui fait toutes sortes de promesses… Les gamblers sont superticieux et ont toutes sortes de rituels.

Je suis navré pour cet homme d’église qui est retourné bredouille dans son quartier avec 500$ après avoir reçu une offre de 182 000$ qu’il a refusé. Mais il aurait fait un grand tort aux citoyens si sa foi en Dieu avait été récompensé et avait gagné le gros lot.

Son échec de gagner le gros lot va peut-être aidé des joueurs prisonniers de leurs machines à sous. L’exemple est maintenant donné que vous pouvez arrêter de prier Dieu pour gagner à la loterie. Dieu n’est pas un joueur. Votre spiritualité ne pourra pas se vivre derrière une « slot machine ».

Pour ceux qui auront été ébranlé par l’expérience de cet homme d’église, c’est maintenant l’heure d’appeler les ressources d’aide pour joueurs compulsifs:

Gamblers Anonymes: Groupe de soutien. Pour le Québec: 1-866-484-6664, États-Unis: 212-386-8789

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

Commentaires sur le gambling et textes sur Gambling et jeu compulsif

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

Le livre est disponible au coût de 10,00$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.