Personnalité de l’année, Alain Dubois fait ses remerciements

Personnalité de l’année, Alain Dubois fait ses remerciements

Le 14 février dernier, nous avions publié la nomination de M. Alain Dubois comme personnalité de l’année 2008 par Reflet de Société. Nous publions aujourd’hui les remerciements que M. Alain Dubois nous a fait parvenir.

Dossier Gambling et jeu compulsif

safe_image MERCI!

Je suis extrêmement honoré et réellement touché d’avoir été choisi comme personnalité de l’année 2008 par le magazine Reflet de Société. Depuis presque toujours j’ai été impliqué socialement. Le plus souvent dans des causes liées aux droits de la personne. Cette implication était, jusqu’à récemment, plutôt anonyme. C’est l’absence de débat public sur la place de l’industrie du gambling dans nos sociétés (et sa gestion); le manque de sources d’information indépendantes et… malheureusement, des pressions pour me faire taire, qui m’ont amené, presque malgré moi, à prendre la parole publiquement sur cet important enjeu de santé publique.

Je n’avais jamais imaginé qu’un simple article dans un journal syndical en février 2001 qui dénonçait la collusion entre des chercheurs et l’industrie du gambling m’amènerait si loin… Un peu à l’image de l’effet papillon, je ne pouvais plus arrêter le mouvement que j’avais contribué à initier. Jamais dans mes 30 ans d’implications sociales et bénévoles, je n’ai eu autant le sentiment que mon implication comme individu pouvait faire une différence aussi significative et amener de réels changements.

Si cette implication fut – et est encore – très gratifiante, elle amena dans sa suite de lourdes responsabilités et le sentiment de devoir être toujours à la hauteur des attentes que j’avais contribué à créer. Je ne suis donc pas mécontent de voir aujourd’hui que toutes les questions reliées à la place du jeu dans la société québécoise sont devenues d’importants enjeux de santé publique qui font quasi quotidiennement la Une des médias. Et ce d’autant que certaines circonstances et évènements m’obligent à être plus discret dans mon implication bénévole.

Je sais… il y a encore beaucoup à faire. Le gouvernement par le biais de sa société d’État, Loto-Québec, continue (malgré un hypocrite discours contraire) à augmenter son offre pour les jeux d’argent et de hasard et à en faire la promotion active. Une triste situation qui témoigne d’un bris du contrat social qui lie l’État aux citoyens qu’il est normalement censé protéger. Il est impératif que l’on retire les appareils de loterie vidéo (ALV) des bars et que l’on confie à la santé publique le mandat d’analyser la programmation et la conception des divers appareils électroniques de jeu et, si nécessaire, de faire modifier ceux-ci afin de les rendre moins dangereux. Il est aussi crucial que l’on réduise le mandat de Loto-Québec à un unique et simple rôle de gestionnaire de jeu d’argent et de hasard.

Loto-Québec cultive l’art de la dépendance, non seulement auprès des joueurs, mais aussi auprès des organismes qu’elle finance par le biais de sa fondation et qui perdent ainsi tout sens critique face à ses activités : centre de traitement pour joueurs compulsifs; établissement public du réseau de la santé (jeu et en santé mentale); centre de recherche et chercheurs universitaires, centre d’emploi et autres services s’adressant aux joueurs, etc. Il n’y aucune raison qui justifie que l’industrie du gambling ne soit pas soumise à des règles équivalentes à celle du tabac y compris en ce qui concerne la publicité et les commandites.

Il est inconcevable qu’une société d’État retire la majorité de ses profits de personnes qui ont un problème de jeu et que sa gestion ait créé une situation pire qu’à l’époque où le crime organisé contrôlait cette activité. En bref, il serait plus que souhaitable que la gestion de l’offre de jeu soit avant tout dictée par des impératifs de santé publique, plutôt que financiers. Le jeu responsable, c’est en premier lieu une gestion responsable… lire sécuritaire.

Pour terminer, je souhaite remercier tous ceux et celles qui ont contribué à faire avancer cette cause de santé publique. Je pense ici à Raymond Viger, l’éditeur de Reflet de Société qui a joué un rôle de pionnier dans l’éveil des consciences face aux méfaits associés au gambling; à mes collègues de la coalition EmJEU – entre autres, le philosophe Pierre Desjardins et l’ex-croupière Éléonore Mainguy; aux intègres et dévoués chercheurs associés à la Santé Publique, entre autres; Jean Leblond, Élisabeth Papineau et Serge Chevalier; au chercheur universitaire Amnon Suissa, un des rares à n’avoir pas fait un marché de Faust avec Loto-Québec ainsi qu’à la journaliste et anthropologue Anne Panasuk pour ses percutants reportages sur les impacts dévastateurs des loterie-vidéos sur les communautés autochtones. Je ne voudrais pas oublier les nombreux joueurs qui m’ont aidé à comprendre de l’intérieure, c.-à-d. du point de vue du joueur, cette grave dépendance qui afflige un nombre considérable de nos concitoyens… merci Raoul, MH, Frank, Nathalie et tous les autres!

Alain Dubois

Sur la photo on peut voir l’immense bouquet de fleur qui m’a été remis à cette occasion. En arrière plan la superbe murale qui m’a été offert par le Café Graffiti en remerciement pour mon travail de sensibilisation…

VOS COMMENTAIRES SUR LES REMERCIEMENTS D’ALAIN DUBOIS.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

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VOS COMMENTAIRES SUR LES REMERCIEMENTS D’ALAIN DUBOIS.

Suicide d’un homme de 70 ans à sa sortie du Casino de Montréal

Suicide d’un homme de 70 ans à sa sortie du Casino de Montréal

Raymond Viger Dossiers Gambling et jeu compulsif, Journal de Montréal

Une nouvelle qui a plus d’une semaine déjà. Volontairement, je n’ai pas commenté à chaud cette nouvelle. Tous les médias en parlaient déjà. Je préfère être en avance ou en retard. De toute façon, le suicide et le jeu compulsif fait partie de mon répertoire depuis près d’une quinzaine d’années. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais arrêter d’en parler. Je n’ai pas besoin non plus d’attendre un événement malheureux pour souligner la détresse d’un joueur.

Loto-Québec a eu 2 réactions vis-à-vis ce suicide. Une conférence de presse était prévu pour l’annonce de la construction d’un casino au Mont-Tremblant. Première réaction: la conférence est annulé. Le « timing » n’était pas favorable pour annoncer une augmentation de l’offre de jeu.

Gabrielle Duchaine, journaliste au Journal de Montréal demande à Loto-Québec dans un article du 4 avril, la réaction de la Société d’État sur le suicide du joueur. Deuxième réaction qui nous vient de Jean-Pierre Roy, le valeureux porte-parole de Loto-Québec: « On essaie de comprendre s’il a perdu gros avant de partir ».

Ce commentaire est une façon de gagner du temps et de ne pas répondre à la question. Du côté de Loto-Québec, on espère peut-être que le sujet sera moins chaud et qu’on ait pas à répondre à la question. En ce qui me concerne, en tant qu’intervenant de crise auprès de personnes suicidaires, cette réponse démontre que M. Jean-Pierre Roy et Loto-Québec ne comprennent pas grand-chose au suicide et à ses motivations.

Que laisse sous-entendre une telle réponse? Le joueur qui se suicide, s’il a perdu 100$, ce n’est pas à cause du jeu et s’il a perdu 1 000$ c’est peut-être à cause du jeu? Mais qu’elle est la valeur de l’argent pour un individu donné à une période précise de sa vie?

Si le joueur est allé au Casino de Montréal avec le dernier 100$ qu’il a réussi à voler. Si après ce dernier 100$ il sait qu’il n’a plus d’argent pour payer son loyer et que tout le monde va se rendre compte qu’il est un gambler. Ce dernier 100$ peut représenter beaucoup pour lui.

Souvenons-nous de Did Tafari Bélizaire qui avait sauté du pont Jacques-Cartier après avoir tout perdu au Casino de Montréal. Il n’avait perdu que 500$. Mais ce 500$ était le dernier des derniers. Ce 500$ il l’avait volé dans la petite caisse de son employeur. S’il ne ramenait pas 500$, c’était la fin de tout. Pour lui, 500$, c’était la fin du monde. La fin de son monde.

Dans un état de crise suicidaire, ce n’est pas le dernier événement qui est important. Ce déclencheur n’est que le résultat d’un mode de vie qui a duré un certain temps. Ce sont les années de jeu qui en sont la cause. Pas seulement le dernier soir de gambling.

Ce qui me fait rire (plutôt pleurer) le plus dans la réaction de Loto-Québec et de son représentant Jean-Pierre Roy c’est que si le joueur compulsif se suicide contre un pilier de ciment à 100 kilomètres d’un casino, ils s’en lavent les mains, ce n’est pas à cause du jeu. Si le joueur se suicide en sortant du Casino, il faut examiner combien il a perdu pour s’assurer que c’est vraiment à cause du jeu. Toutes les théories sont bonnes pour se disculper.

Finalement, ce texte n’est peut-être pas écrit 15 jours après les incidents. Il est peut-être écrit à l’avance. Si Jean-Pierre Roy fait une sortie éventuelle pour dire que ce n’est pas à cause du jeu que le gambler de 70 ans s’est suicidé parce qu’il n’a perdu que 100$, et bien, ma réaction aura déjà été publié.

J’espère que le journaliste qui entendra ce commentaire éventuel de Jean-Pierre Roy aura lu mon billet et qu’il n’acceptera pas cette vulgaire réponse.

– Histoire d’Anne Panasuk de Radio-Canada contre Loto-Québec.
– Dénonciation d’Éléonore Mainguy, ex-croupière au Casino de Charlevoix, contre les agissements de Loto-Québec.

autres textes sur le  suicide:

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Internet, un soutien aux magazines papier

Internet, un soutien aux magazines papier

Dossier Protection du consommateur

Avec l’arrivée d’une nouvelle technologie, certaines prophètes nous annoncent la disparition des technologies plus anciennes. C’est vrai que les cassettes audio ont changé de format, que nous n’écoutons plus la musique sur les mêmes supports… Mais certains supports sont appelés à rester dans notre environnement.

Avec l’arrivée d’Internet et des blogues, certains prédisent des difficultés dans les supports papiers. Quotidiens et magazines sont-ils menacés?

Notre façon d’écrire et d’utiliser nos médias sont appelés à s’adapter aux nouvelles technologies. En ce qui nous concerne, la diffusion de nos textes a augmenté avec l’apparition d’Internet.

Lorsqu’Éléonore Mainguy a sorti son livre sur les tactiques utilisées par Loto-Québec pour vider les poches des joueurs, nos archives ont battu un record de visite. Nous avions publié 2 ans auparavant une entrevue avec Éléonore Mainguy sur le sujet. Notre texte, s’il avait demeuré en version papier, serait resté sur les tablettes. Internet lui a donné un second souffle.

Les gens qui ont visité nos archives ont lu d’autres textes concernant les problèmes de jeu compulsif. L’information se diffusant à de nouveaux lecteurs, des gens se sont intéressés à notre publication de prévention et de sensibilisation et nos abonnements ont augmenté.

De plus, certains de nos commentaires en matière de protection du consommateur ont trouvé preneur grâce à Internet. Nous avons souligné certaines pratiques commerciales d’entreprises telles que les encans H. Grégoire ou encore la boutique de produits électroniques MDG. À tous les jours, des consommateurs surfent sur Internet et avant de faire leurs achats dans ces entreprises lisent les commentaires en circulation. À tous les jours, nous pouvons rejoindre ces consommateurs et leurs livrer nos commentaires. Pour un magazine qui est publié aux deux mois, cet avantage est important. Cela donne une forme de permanence à nos écrits.

Est-ce que cela va faire disparaître notre copie papier? Sûrement pas. Nos abonnements continuent de grimper. Un peu comme les livres sont demeurés des classiques, il y aura toujours des gens qui vont préférer lire un magazine qu’ils peuvent tenir dans leurs mains.

Dernière remarque intéressante. Nous autorisons la photocopie gratuite de tous nos textes pour un usage non pécunière. Tous nos livres portent la même mention. Résultat: plus les gens nous photocopient et plus nous vendons des magazines et des livres!

Autres textes Protection du consommateur:

Taux promotionnel CIBC VISA et fausses représentations

Quand l’argent des cartes de crédit disparaît de la circulation

Fausses représentations des cartes de crédit

Carte de crédit et taux usuraire

Dépassement de la limite autorisée

Endettement sur carte de crédit

Canadian Tire devient une banque et une carte de crédit

Ressources protection du consommateur

Office de la protection du consommateur du Québec
Montréal: 514-253-6556
Québec: 418-643-1484
Partout au Québec: 1-888-OPC-ALLO (1-888-672-2556)

Option consommateurs
Montréal: 514-598-7288
Numéro sans frais: 1-888-412-1313

Protégez-vous

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2120, rue Sherbrooke Est, bureau 305
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Québécor, Éléonore Mainguy, Fabrice de Pierrebourg et les Éditions Stanké

Québécor, Éléonore Mainguy, Fabrice de Pierrebourg et les Éditions Stanké

Raymond Viger Dossier Journal de Montréal

Le 9 mars, Éléonore Mainguy fait la une du Journal de Montréal. La nouvelle: sortie de son livre “Les jeux sont faits. Confessions d’une ex-croupière”. Le 16 mars, le livre de Fabrice de Pierrebourg, “Bienvenue à Montréalistan”, traitant du terrorisme international fait la une.

Qu’est-ce que ces deux livres ont en commun et pourquoi font-ils la une d’un grand quotidien comme le Journal de Montréal? Le Journal de Montréal doit rapporter des nouvelles. Sortir un livre au Québec, n’est pas une nouvelle en soi. On en publie des milliers à tous les mois. Fabrice de Pierrebourg est journaliste au Journal de Montréal. Correct qu’on en parle. Mais est-ce que cela mérite de faire la une avec plusieurs pages qui suivent?

Dans le cas d’Éléonore Mainguy, elle a déjà fait les manchettes de presque tous les médias depuis plusieurs années. Rien de nouveau dans son discours qui mériterait la une du Journal de Montréal. Encore une fois, qu’on en parle, puisqu’elle a déjà été très médiatisé, c’est correct. Mais pas à la première page, réservé aux nouvelles importantes de l’heure.

Un point commun pour ces deux livres, ils sont publiés aux Éditions Stanké. Il faut cependant se souvenir que les Éditions Alain Stanké ont été vendu au groupe Québécor. Dans la même semaine, le Journal de Montréal fait donc la promotion de livres qu’il publie lui-même. Il en fait la une du Journal de Montréal comme s’il n’y avait aucune autre nouvelle importante au Québec.

Le Journal de Montréal aurait pu se donner des pages de publicité ou inscrire publi-reportage.

Est-ce cela la définition d’un conflit d’intérêt? Comment le rédacteur en chef, Dany Doucet, a pris la décision de mandater Brigitte McCann et Valérie Dufour pour faire ses reportages? Est-ce une commande directe de Pierre Karl Péladeau? Ou de l’un de ses sbires qui lui veut son bien parce qu’il serait à la commission sur la vente de livres? Comment on réagit Brigitte McCann et Valérie Dufour en tant que journalistes devant ses commandes? Encore une fois, il faut se souvenir que Brigitte McCann avait vécu le même avantage lorsqu’elle avait publié son livre sur la secte de Rael.

Pendant ce temps, les citoyens attendent des journalistes des nouvelles de ce qui se passent dans leur communauté et dans le monde.

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/11/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada

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Le bénévolat, moteur d’action

Le bénévolat, moteur d’action

Raymond Viger vol. 13.6 août 2005

Un jeune se suicide. Son père n’accepte pas de voir que des jeunes souffrent et qu’il n’y a pas assez de ressources pour les aider. Il crée une association pour venir en aide aux jeunes. En moins d’une année, épuisé devant le travail que cela représente, il se suicide lui-même. Par respect pour ses proches, je garderai le nom de cet homme sous silence.

Tuerie à la Polytechnique. La sœur d’une des victimes part en croisade pour le contrôle des armes à feu. Pacte de suicide de deux fille, sur une voie ferrée, Rive-Sud de Montréal. La mère, Lise Mondor, crée une fondation pour faire de la prévention dans les écoles. Mélanie Cabay, une petite fille, est enlevée, agressée et retrouvée morte. Sa mère crée la fondation Mélanie Cabay, pour venir en aide aux parents et aux proches d’enlèvements. Le petit Daniel Durocher est tué lors d’une escarmouche entre deux bandes de motards rivales. Jusqu’à ce que la maladie l’emporte prématurément, sa mère tient à bout de bras une fondation pour venir en aide aux victimes des groupes criminalisés…

Des histoires comme celles-là, il y en a plus que l’on pense. Au Québec, le bénévolat aura été longtemps motivé par des convictions religieuses. Pour certains, il est une forme d’autothérapie pour faire le deuil d’un être cher, d’une situation injuste et que nous ne voulons pas voir arriver à d’autres. Pour plusieurs d’entre nous, le bénévolat est une question de survie, une façon de donner un sens à un événement traumatisant, un besoin viscéral de changer le monde dans lequel nous vivons.

À la suite d’une grande dépression qui m’a poussé vers deux tentatives de suicide, j’ai erré dans les rues de Montréal. J’ai tellement erré que je suis devenu travailleur de rue. En 1992, avec le père André Durand, nous étions deux bénévoles au Journal de la Rue à parcourir les rues de la province pour aider les jeunes marginalisés. Nos motivations étaient différentes, mais nous avons réussi à développer une complicité dans notre missionnariat.

Être bénévole, pour certains, ce n’est pas seulement donner du temps. C’est aussi mettre à contribution les équipements que l’on possède. C’est aussi, ponctuellement ou d’une façon permanente, refuser un salaire pour son travail, de façon à s’impliquer encore plus. Dans certains cas, il faut même payer pour faire du bénévolat. Une façon d’aider un jeune et d’aider l’organisme à poursuivre sa mission. Pour d’autres, le bénévolat devient un prétexte pour se rencontrer, échanger, éviter d’être seul à la maison.

Quelques grands bénévoles

Dans ce numéro, nous ferons découvrir quelques grands bénévoles du Québec. André Paradis de l’Estrie, un jeune bénévole de 76 ans. Laurent Pontbriand du Cap-de-la-Madeleine et sa bonne humeur contagieuse. Éléonore Mainguy, ancienne croupière qui dénonce les abus de Loto-Québec envers les joueurs. Ou encore les 50 ans d’implication de Louis-Phillipe Tremblay de St-Félicien. Des gens qui méritent qu’on écoute le message qu’ils ont à nous livrer et qu’on les soutienne dans leurs actions.

Le bénévolat est aussi important pour les gens qui le font que pour la société. Trop souvent, des bénévoles se brûlent à vouloir changer le monde. Parce que le changement demande du temps, de la patience, de la persévérance… De l’organisation aussi.

Des bénévoles sont prêts à faire des conférences dans les écoles auprès de jeunes. Il faut avoir une ligne téléphonique, répondre aux informations, trouver l’argent pour le transport, prendre une journée de congé (souvent pas payée) pour se rendre dans l’école… Beaucoup de temps de gestion. En plus, ce n’est pas facile pour un bénévole de dire non, de mettre ses limites.

Prenons le temps de soutenir les bénévoles qui se donnent corps et âme pour une société meilleure, de les aider à éviter le burnout, de définir avec eux les limites qu’ils doivent s’imposer. Reconnaissons le travail qu’ils font auprès des jeunes. Merci à vous tous pour votre engagement. Merci pour votre générosité.

C’est en informant et en sensibilisant les jeunes que nous allons réussir à changer le monde, à bâtir une société plus humaine, plus juste et plus équilibrée.

DVD pour la promotion du bénévolat

Le bénévolat, un tremplin pour le travail

Donner aux autres, apprendre sur soi

Les prisonniers de l’institut Leclerc remercient leurs bénévoles

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

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La veille du retour de la Gaspésie

Mail envoyé par Dominic à Raymond. 29-04-2006

Je suis chez Paul Le Guerrier, où je suis fort bien reçu (comme ce fut également le cas partout)!

Très bonne idée, que de mettre mon mail sur le blogue. J’ai un séjour ô combien enrichissant, rempli (je n’ai pas arrêté) et éreintant. Certains des sujets qu’on avait prévu défricher ont été abandonné, faute de temps ou par rendez-vous qui n’a pas eu lieu. Cependant, d’autres ont pris la place. On est booké pour plus d’un an pour la Gaspésie, bien qu’il va me falloir compléter la plupart des sujets à partir de Montréal. J’ai du stock comme c’est pas possible. Pour tout te dire, je suis pleinement satisfait de mon séjour. J’ai aussi en banque d’autres sujets qui ont été portés à ma connaissance par les gens que j’ai interviewés. Je n’ai pu pousser davantage, mais ils sont là.

J’ai de bien beaux sujets. Plusieurs très positifs. En fait, en y repensant, j’en ai en titi des bons sujets!

Y’a aussi que je me rends compte que je fais pas mal de bien aux gens. Ça me fait du bien en retour! Je pense qu’il y a une autre façon de faire du journalisme. Plus positif. Au lieu de seulement parler de ce qui va mal, on peut mettre l’accent sur ce qui va bien. À ce sujet, je pense qu’un édito – de ta part!!! – serait pertinent. Et je suis persuadé que nos lecteurs seraient du même avis. Les gens que j’ai rencontré ont adoré notre concept – Reflet et JDLR – et notre vision.

J’ai téléphoné chez Légaré (la voiture) aujourd’hui. Je vais leur remettre la voiture un jour plus tôt (dimanche). Je me vois mal revenir dimanche. Un peu de fatigue, mais aussi je veux m’enligner pour la semaine prochaine – grosse semaine -, regarder pour faire un retour sur mon séjour en prévision des autres voyages (points forts, points faibles). Décompresser un peu. Mais je suis plus motivé que jamais!

Par rapport à Anne Panasuk, je suis très fier de ta décision. Il n’y a pas beaucoup de médias qui agiraient de cette façon. C’est valorisant. J’adhère 100%. J’ai déjà hâte de te lire. Ferais-tu un article du genre la croupière Éléonore Mainguiy!!! ou, dans la même veine que la galerie Yves Laroche? J’avais vraiment aimé ton écriture. Mais ça dépend si t’as le temps d’écrire 2 pages!!!

Pour mardi soir, Place Versailles, avec les gens d’Équimonde, je vais y réfléchir. Le sujet est bon. Mais faudra voir… J’ai déjà une grosse semaine en perspective… On va y réfléchir…

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conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

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Dominic

Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy

Gambling et jeu compulsif

Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy

Par Patrick Alleyn vol.13.6 Août 2005

Dossier Gamblers AnonymesGambling et jeu compulsif

Loto-Québec a retiré le contrôle du jeu des mains du crime organisé. Pourtant, la descente aux enfers des joueurs compulsifs s’aggrave. L’ex-croupière Éléonore Mainguy lève le voile sur les stratégies douteuses de Loto-Québec.

Historiquement, le gouvernement a créé Loto-Québec pour supprimer la mainmise des groupes criminalisés sur les jeux de hasard. Le gouvernement de l’époque réagissait à la loterie du maire de Montréal, Jean Drapeau, qui commençait à faire de l’argent pour financer Terre des hommes (Expo 1967) et le métro. Il y avait de l’argent à faire, pas question de laisser les municipalités en prendre le contrôle. Mais notre société amorçait un dérapage qui nous fera perdre la maîtrise de la gestion du jeu. Même si peu de machines ont été saisies, on évalue que les groupes criminalisés avaient placé un maximum de 25 000 machines de jeu au Québec, Serge Chevalier, sociologue à la Direction de santé publique de Montréal. Loto-Québec les a remplacées par 14 000 appareils de loterie-vidéo dans les bars et 6 000 machines à sous dans les casinos. Mais gare aux apparences: Loto-Québec a augmenté l’accessibilité et le rendement du jeu.

Lorsque les machines sont devenues légales et disponibles partout, plusieurs catégories de personnes sont devenues des joueurs compulsifs alors qu’elles ne l’auraient jamais été avec les machines du crime. Selon des sources qui ont requis l’anonymat, les revenus d’une machine illégale tournaient autour de 40 000$ par année. Selon le rapport annuel 2004 de Loto-Québec, les appareils de loterie vidéo rapportent en moyenne 78 979$ chacune. Le double du crime organisé!

Loto-Québec a créé un département de marketing pour nous vendre l’illusion et le rêve. Publicité, promotion du jeu, techniques de fidélisation des joueurs, contrôle de l’environnement pour garder le joueur le plus longtemps possible, voyages organisés pour les groupes, spectacles, pressions sur les détaillants pour qu’ils atteignent des quotas de vente de loteries (s’ils veulent, par exemple, une machine pour valider les billets de certains tirages), accessibilité démesurée du jeu partout où l’on va… Tout est mis en œuvre pour répondre à la gourmandise du ministère des Finances.

Nous ne sommes plus à vouloir tasser les groupes criminalisés. Nous sommes à vouloir gagner le plus grand bénéfice possible. Loto-Québec, une société d’État, est devenue une grosse machine qui s’emballe et dont nous avons perdu les rênes. Cela fait contraste avec le crime organisé. Avez-vous déjà vu une pub de criminels pour attirer les joueurs? Loto-Québec ne s’en gêne pas…

Des chercheurs nous montrent des chiffres qui devraient nous alarmer. Des joueurs partagent leur calvaire dans les méandres des jeux gérés par Loto-Québec. De nouveaux témoins se lèvent et révèlent un côté obscur de Loto-Québec. Des gens entraînés pour détrousser des joueurs craquent et témoignent. Des employés de cette «vénérable» institution dénoncent leur employeur. Éléonore Mainguy a été croupière pendant près de quatre années au Casino de Charlevoix. Elle partage avec nous la sombre réalité des casinos mis en place par notre gouvernement. «J’ai été entraînée à identifier les besoins du joueur pour le mettre en confiance, lui donner l’illusion qu’il contrôle le jeu. A-t-il besoin que je lui parle? Que je passe les cartes plus lentement? Quand je change l’argent, est-ce qu’il a besoin de petites coupures pour jouer plus longtemps ou de grosses pour s’emballer?… », relate Éléonore Mainguy.

«Il y avait un lexique de mots que nous ne pouvions pas utiliser: “je vous reviendrai plus tard — je ne peux pas — je ne sais pas…”. Tout devait être fait instantanément pour satisfaire le joueur. C’était une prise en charge complète de ses besoins», explique la jeune femme de 25 ans.

Complice du joueur

Mme Mainguy travaillait à Charlevoix, une petite communauté où tout le monde se connaît et se parle. «J’ai eu à participer aux menteries que les joueurs contaient à leur famille. À l’épicerie, quand je croisais la femme d’un de nos bons joueurs, je restais vague sur mes réponses ou je devais carrément être complice du joueur: “non madame, je ne me rappelle pas avoir vu votre mari… Je ne saurais vous dire s’il a perdu…” On nous entraîne à être des “dignes’’ représentants du Casino 24 heures sur 24.»

«Cette illusion que nous vendons, nous la subissons nous-mêmes dans nos vies et notre quotidien.» Cette représentation va beaucoup plus loin que de simples sourires, décrit Mme Mainguy. Les employés doivent subir la violence des joueurs sans broncher et sans faire réagir les joueurs. «À force de se faire traiter de “petite garce” ou de “petite cr…”, ça finit par te peser sur les épaules, dit-elle. Un joueur régulier passe par toutes sortes d’émotions que nous devons subir sans nous plaindre, sans pouvoir mettre nos limites. Des joueurs deviennent agressifs, frustrés, envahis par des émotions intenses et extrêmes. Nous ne pouvions pas leur dire de se calmer. Il nous fallait subir ces agressions avec le sourire, même quand le joueur est malheureux et dépasse ses limites de jeu — des agressions verbales, psychologiques, presque physiques à l’occasion.»

«Les barmaids dans les clubs ont la responsabilité de refuser de servir de l’alcool à quelqu’un qui dépasse ses limites. Au Casino, en aucun temps, un croupier peut suggérer d’arrêter de jouer!», dénonce Mme Mainguy. Juste avant le suicide S’il y a intervention, elle ne se fera qu’à la toute dernière limite, juste avant que le joueur craque, raconte-t-elle. «À la limite de la dépression et de la folie, on laisse le joueur s’en retourner.» À Montréal, par exemple, certains se sont suicidés dans le stationnement du casino, d’autres ont marché jusqu’au pont Jacques-Cartier, situé tout près.

«Des croupiers auront été les dernières personnes à parler à ces gens avant leur suicide. Sachant le désarroi et la détresse qui habitent une personne dans les instants précédant son suicide, même inconsciemment, cette énergie peut devenir un boulet à traîner pour le personnel du casino», se rappelle l’ex-croupière, encore troublée par son expérience.

Ligne 1-800 bidon

Face à tout cela, avec un service à la clientèle qui se veut hors pair pour faciliter le jeu, on peut supposer que le Casino traite aux petits oignons ses employés se trouvant aux premières lignes. «Non, tranche la jeune femme, il n’existe pas vraiment de service d’aide aux employés, sauf une ligne 1-800 bidon. Même si j’ai travaillé près de 4 ans au Casino, je n’avais pas le droit de l’utiliser, car j’étais considérée comme une employée occasionnelle. Seulement ceux qui ont un statut de temps plein et régulier y avaient droit.»

«Nous avions des cours conçus par des psychologues pour reconnaître les pulsions des joueurs, afin de profiter d’eux, mais rien pour nous aider à passer à travers tout le stress que nous vivions.»

«Quand un joueur a tout perdu à ta table, il te fait sentir coupable. Loto-Québec fait de même: tout est comptabilisé et tu es toujours espionné. Si tu donnes plus de gain à ta table que la moyenne, tes patrons te font sentir que ce n’est pas normal. “Une chance que tu ne paies pas comme ça tous les jours!”, te disent-ils. Si, comme le prétend Loto-Québec, le jeu est un hasard, pourquoi nous culpabiliser quand des joueurs gagnent? Ils savent que le facteur humain peut être contrôlé et ils mettent tout en place pour y arriver.» Aux casinos, il n’y a aucune horloge: on fait perdre aux joueurs la notion du temps…

Croupiers compulsifs

Mme Mainguy a observé que plusieurs croupiers développent eux aussi des problèmes de jeux. «En tant qu’employé de Loto-Québec, tu n’as pas le droit de jouer au Québec. C’est pourquoi nous retrouvons des employés qui s’installent des tables de jeux chez eux.» «D’autres ont des problèmes d’alcool ou encore de cocaïne. Beaucoup pleurent et ont des signes physiques du stress que nous subissons. La durée de vie des croupiers avant de craquer est de 3 à 4 ans en moyenne.» En bout de ligne, tout le monde y perd et nous sommes tous victimes: le joueur, sa famille et son entourage, le croupier. La société aura plus tard à ramasser les pots cassés.

L’argent amassé par Loto-Québec n’est qu’illusion, croit l’ancienne croupière. Aurons-nous les moyens de payer les effets pervers de cet argent pompé sur le dos des joueurs, des familles et des employés de Loto-Québec? demande-t-elle.

Milliards de profits et 20 millions pour le jeu compulsif…

Sur les milliards et milliards de profits, est-ce responsable de redistribuer seulement 20 millions par année en intervention et en prévention auprès des joueurs compulsifs? Éléonore Mainguy partage un de ses rêves. «Je refuse d’endosser les patterns préétablis par nos gouvernements sous prétexte qu’ils existent depuis déjà longtemps», affirme-t-elle. Oui, on est là pour changer ce monde qui se ternit au rythme des aberrations de notre système.»

«Loto-Québec doit arrêter de faire l’autruche et de miser sur la faiblesse des gens. Qu’ils s’assument et qu’ils arrêtent de mentir à la population!», conclut la jeune femme, déterminée à poursuivre son combat sur toutes les tribunes.

NDLR: Pour contacter Éléonore Mainguy.

L’adresse que nous avions publié pour rejoindre Éléonore Mainguy n’est plus en activation. Nous avons une autre adresse pour la rejoindre. Nous attendons son autorisation pour la publier. En attendant, vous pouvez nous envoyer vos demandes et nous lui acheminerons: journal@journaldelarue.ca

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La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

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Quand le Casino mène au pont Jacques-Cartier

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Mise à jour: Décès de Did Tafari Bélizaire. Cliquez ici.

Did Tafari Bélizaire: du Casino au suicide

Dossier Gambling et jeu compulsif, Loto-QuébecSuicide.      Patrick Alleyn

Le 20 septembre 2003, à 6h du matin, des marins  découvrent un colosse de 6 pieds 7 pouces flottant dans les eaux du St-Laurent. Les pompiers repêchent l’homme avec une grue sur un bateau amphibie. Il nageait depuis une heure et demie, emporté par le courant. Il s’était jeté du haut du pont Jacques-Cartier après avoir tout perdu au Casino de Montréal.

À l’urgence de l’hôpital, il constate que ses jambes ne répondent plus. En tombant dans l’eau, sa colonne vertébrale s’est sectionnée, déchirant sa moelle épinière. Did Tafari Bélizaire raconte son histoire.

Je suis devenu paraplégique à cause du jeu compulsif. Je m’accroche à un espoir: donner des conférences pour faire la différence auprès d’autres joueurs. Savez-vous que 4 à 8% des adolescents ont développé une dépendance au jeu? Je veux parler aux jeunes, car ils sont notre avenir.

La confiance du joueur compulsif

À l’école secondaire, j’étais une vedette: ma grandeur attirait. J’étais le seul Noir de mon école à Ste-Foy. Mes prouesses au basket me mettaient sur un piédestal. Je crois que cet excès de confiance a développé en moi le goût du risque, quelque chose d’inconscient. Quand tu gagnes aux jeux, t’es le king.

Les bars et les machines à sous

À 18 ans, je commence à travailler dans les bars de Québec, comme portier. C’était facile, vu ma stature. Dans les moments calmes, pendant 10 ans, je glisse quelques billets dans les machines à sous.

Sensations fortes du gambler

En mars 2003, de retour d’Amsterdam, où j’ai travaillé comme garde du corps d’une famille perse, je me mets à jouer férocement. J’étais encore sur le high de la Hollande, en quête de sensations fortes.

En sept mois, je dépense autour de 8000$ dans les maudites machines. Manipulations, menteries, toute la famille y est passée. Et je passe les fois où j’ai vidé les comptes conjoints. J’ai même réduit mes achats de cocaïne pour jouer.

Jeu compulsif et les shylocks

Puis, j’emprunte 1000$ à des usuriers: 50$ par jour d’intérêts (1500$ par mois). Ils te laissent prendre du retard. Quand ils se sont mis à presser sur le champignon, j’ai pris 500$ dans la petite caisse de l’hôtel et je suis allé au casino, dans l’espoir de récupérer et rembourser. J’ai tout perdu.

Du Casino de Montréal au suicide

En sortant du Casino de Montréal, je me rends à pied sur le pont Jacques-Cartier. J’ai enjambé la barrière et me suis jeté en bas. Dans l’eau, je n’étais pas de bonne humeur: je n’étais pas mort. J’ai essayé de me caler.  Je n’y arrivais pas.

Les machines à sous de Loto-Québec

Deux ans après ma tentative de suicide, je m’explique encore mal comment on devient accro à ces appareils. C’est pas clair comment ça se passe. C’est peut-être un mal de vivre. Mais plein de gens ont des bibittes et ne deviennent pas joueurs compulsifs.

Les machines sont attrayantes: le bruit, les couleurs. Tu penses que tu comprends les probabilités. Mais rien de tout ça ne tient. La plus grande force de ces 14 000 machines sous le contrôle de Loto-Québec est leur gain élevé. L’illusion des machines est là. J’ai gagné souvent. Une fois, j’ai gagné trois fois le gros lot la même journée (maximum 500$). Je suis sorti sur le party pendant 22 heures…

Solutions pour tempérer les joueurs compulsifs

Le jeu ne doit pas être accessible au coin de la rue, dans un petit bar où tu retrouves tes chums. Loto-Québec devrait regrouper les machines de vidéopoker dans quelques points de service dans la ville, comme au casino.

Si, après avoir tout perdu, tu reviens chez toi à pied du casino, tu vas commencer à y penser. Quand la rage de jouer va te pogner, les 45 minutes de trajet d’autobus de Tétreaultville jusqu’à l’île Notre-Dame vont te calmer.

On ne peut pas abolir le jeu. Je suis d’accord avec les casinos gérés par l’État. Mais je pense que Loto-Québec devrait retirer les 14 000 vidéopokers des bars. Tu vas te chercher un pain et t’as une machine à sous juste là! Comment ça se fait que les bars ouvrent à 8h le matin? Avec les machines, on frappe sur le petit peuple. Pourquoi n’y a-t-il aucune machine à Westmount? Les machines, du temps où elles étaient clandestines étaient moins accessibles.

Loto-Québec redirige 22 millions sur ses 1,5 milliards de profits vers la prévention et la guérison du jeu pathologique. Des maisons de traitement sont devenues gratuites. Malgré tout, le problème est si grave que Québec devrait faire plus pour les joueurs excessifs. Le gouvernement devrait interdire la publicité sur le jeu, comme il le fait pour la cigarette. Tout ce marketing met le jeu à la mode et le banalise.

C’est vrai qu’il y a des présentoirs dans les bars, avec des dépliants de prévention. Moi, je sniffais ma coke avec, pour ne pas lâcher la machine. Entre ce présentoir qui t’offre une aide et le guichet automatique installé à portée de main, qu’est-ce qui intéresse le joueur, croyez-vous?

Critique de Loto-Québec

Je suis membre de la coalition EmJeu (Éthique pour modérer les jeux d’argent et de hasard), qui exerce des pressions sur Loto-Québec. Radios, télévisions, colloques, j’ai été aux mêmes tribunes que d’autres citoyens engagés dans la critique de la société d’État: Éléonore Mainguy, ex-croupière du casino de Charlevoix (Reflet de Société, août 2005) et Biz, du groupe Loco Locass, coréalisateur du documentaire La maudite machine (idem, avril 2005). J’ai aussi participé à deux vidéos de prévention pour les jeunes, avec l’Université McGill et avec le Journal de la Rue.

Pour convaincre les directeurs d’école de m’inviter à donner des conférences aux élèves, je leur dis: Monsieur le Directeur, saviez-vous que, selon le Centre d’étude sur le jeu et les comportements à risque de l’Université McGill, le jeu vient au premier rang des dépendances bien avant la drogue, l’alcool et la cigarette?

Je veux que les jeunes reconnaissent les pièges, qu’ils fassent des choses positives: sport, théâtre… qu’ils voient quand le jeu n’est plus un jeu, quand, par exemple, tu prends 2$ sur ton 5$ de lunch pour miser…

Pour se battre contre la publicité massive de Loto-Québec, on a une force, on a le contact direct avec les jeunes. La tendance à transformer le Québec en société du jeu est lourde. Mais, en fauteuil roulant, j’ai appris à avancer en me fixant de petits objectifs.

Vis-à-vis du jeu, un petit point d’interrogation est en train de se dessiner dans la société québécoise. Je veux faire la différence pour quelqu’un d’autre, pour les jeunes surtout.

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1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le Suicide:

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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