Transtech: le pied sur l’accélérateur pour les véhicules verts

Transtech: le pied sur l’accélérateur pour les véhicules verts

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) – Les véhicules de demain seront peu polluants et moins énergivores. Un peu à l’image de la ZENN, la petite voiture électrique québécoise. L’Institut du transport avancé du Québec (ITAQ), l’équipe à qui on doit cette voiture électrique populaire, lance un nouveau véhicule destiné cette fois aux chercheurs et aux industriels.

Celui-ci n’est pas fait pour circuler en ville: il s’agit d’un véhicule générique d’essais pour les ingénieurs et les concepteurs chargés de développer les voitures du futur. Une sorte de banc d’essai — nommé aussi mulet — détachable en trois morceaux: l’avant du véhicule, le milieu et l’arrière.

Cette particularité permet à deux ou trois équipes de différents laboratoires du pays de travailler simultanément sur le même prototype de voiture! «Des chercheurs de Vancouver pourront travailler sur la propulsion tandis que d’autres, à l’autre bout du pays, s’occuperont d’efficacité énergétique. Et, dans un autre laboratoire, une autre équipe tentera de réduire les émissions polluantes. Simultanément et pour le même véhicule. Ce qui réduira les pertes de temps», explique Hugo Marsolais, directeur des opérations et initiateur du nouveau projet de l’ITAQ.

Le «Linux» du transport

Afin que le transport terrestre de demain vire au vert, le Québec s’est doté d’un pôle de recherche sur le transport durable dans la région des Laurentides. Issu du réseau Transtech — le regroupement des centres collégiaux de transfert de technologie associés aux cégeps et aux collèges du Québec —, l’ITAQ se positionne comme un agent d’innovation, une sorte de courtier ou d’intermédiaire en technologie.

Le centre met ainsi à la disposition des entreprises et des organisations du secteur transport terrestre, son équipe multidisciplinaire et ses divers équipements de pointe pour offrir assistance, mentorat, etc. «C’est comme au restaurant, vous pouvez choisir un item ou prendre tout le menu», relève le directeur.

Le centre de Saint-Jérôme propose trois services: une veille technologique, une expertise mécanique et en ingénierie et des équipements de pointe. Et ce, gratuitement. «Nous voulons être le Linux du transport terrestre. Nous prônons la gratuité et la libre circulation de la technologie. Par exemple, nous incitons les laboratoires à s’approprier notre nouveau véhicule générique d’essais en le copiant», explique Hugo Marsolais.

 

Du côté de la recherche, ce nouveau véhicule serait aussi un accélérateur de collaboration. Déjà, des ingénieurs de l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard — le centre français du véhicule du futur Mobilis — ont réservé un prototype. Ce qui ouvre une large porte à des échanges France-Québec.

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Équiterre et la Fondation David Suzuki demandent au gouvernement de refaire ses devoirs

Indicateurs de développement durable

Équiterre et la Fondation David Suzuki demandent au gouvernement de refaire ses devoirs

DOSSIER ÉQUITERRE, Environnement

Montréal, le 3 septembre 2009 – Dans le contexte de sa démarche de développement durable, le gouvernement du Québec soumet à la consultation publique cette semaine une première liste d’indicateurs visant à  surveiller et à mesurer les progrès réalisés au Québec en matière de développement durable. Après étude du document, Équiterre et la Fondation David Suzuki estiment que le gouvernement devrait retirer la proposition actuelle d’indicateurs et soumettre de nouveau, à la session parlementaire de l’hiver 2010, une nouvelle proposition.

«Nous soutenons le gouvernement dans sa recherche d’outils pour mesurer efficacement les progrès de notre société, mais la liste d’indicateurs proposée ainsi que son organisation logique transmettent une lecture non seulement imprécise, mais déconnectée et erronée de la progression du Québec en matière de développement durable», explique Hugo Séguin, coordonnateur aux choix collectifs chez Équiterre. «Les indicateurs retenus occultent les enjeux fondamentaux du développement durable».

Par exemple, le maintien ou l’accroissement de la superficie du territoire zoné agricole pourrait être perçu comme un progrès vers un développement plus durable alors que ces mêmes territoires pourraient être en détérioration en raison des cultures intensives ou d’une utilisation accrue des engrais et pesticides. Ou encore, l’augmentation des températures pourrait indiquer une amplification des changements climatiques alors que dans les faits, le Québec pourrait avoir diminué ses émissions de GES.

«Le gouvernement priorise présentement une approche par capitaux, qui ne reconnaît pas le caractère fondamental de préserver l’intégrité des systèmes naturels et de leurs services qui ont toujours été à la base du développement socio-économique du Québec. La plupart des pays industrialisés, notamment au sein de l’Union européenne, favorisent une approche par thèmes ce qui est beaucoup plus efficace», explique Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki.
«En quoi certains indicateurs tels que le stock net de capital fixe ou la valeur foncière du parc immobilier  permettent-ils de mesurer le progrès du Québec en matière de développement durable?», soutient M. Mayrand.

«À l’instar de l’Union Européenne, nous proposons au gouvernement de s’inspirer d’une démarche où des thèmes comme les changements climatiques ou les transports durables, qui mesurent l’intégrité de l’environnement, occupent une place prépondérante», explique Thomas Duchaine, chargé de projet en changements climatiques chez Équiterre.

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Équiterre recommande l’adoption d’une norme sur la teneur en carbone des carburants

Dans la foulée de la réglementation californienne

Équiterre recommande l’adoption d’une norme sur la teneur en carbone des carburants

DOSSIER ÉQUITERRE

MONTRÉAL, le 27 août 2009  Dans son rapport «Vers des carburants moins polluants» rendu public aujourd’hui, Équiterre recommande au gouvernement du Québec d’adopter une norme sur la teneur en carbone des carburants (NTCC) afin de favoriser les carburants ayant le moins d’impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Inspirée du Low Carbon Fuel Standard californien qui entrera en vigueur le 1er janvier 2010, la norme québécoise proposée par Équiterre devrait notamment viser à forcer les fournisseurs de carburants à trouver des façons de réduire les émissions de GES tout au long du circuit de leur production, par l’innovation technologique ou l’efficacité énergétique, et à introduire sur le marché des carburants alternatifs à plus faible intensité carbone. Plusieurs états américains et provinces canadiennes évaluent présentement la possibilité d’adopter une telle mesure.

Équiterre estime que, couplé à la mise en œuvre prioritaire de mesures de réduction de l’utilisation de la voiture solo, l’adoption d’une NTCC par le Québec et ses partenaires canadiens et américains entraînerait des réductions non négligeables d’émissions de GES.

«Pour nous, l’adoption d’une norme sur la teneur en carbone des carburants s’insère dans une vision globale des transports qui doit nécessairement être axée sur l’amélioration de l’offre de transports actifs et collectifs. Cette vision doit mettre de l’avant une réforme de l’aménagement du territoire pour réduire la distance et les impacts des déplacements effectués par le biais de la voiture individuelle, et inclure des modes de transport plus performants et moins polluants», explique Steven Guilbeault, d’Équiterre.

Selon les estimations d’Équiterre, la mise en œuvre d’une NTCC qui viserait une diminution de 10% de l’indice carbone des carburants vendus au Québec aurait entraîné, en 2006, des réductions d’environ 3,4 mégatonnes de GES tout au long du cycle de vie des carburants vendus sur le territoire québécois. Une norme visant la diminution de l’indice carbone des carburants s’avèrerait d’ailleurs beaucoup plus performante en matière de réduction de GES que les actuelles réglementations canadienne et québécoise qui exigent un contenu minimum de 5% d’éthanol dans l’essence.

Finalement, Équiterre souhaite que le gouvernement du Québec adopte une norme sur la teneur en carbone des carburants qui s’appliquerait tant aux carburants pour véhicules qu’au mazout léger et lourd utilisé pour la chauffe résidentielle et la production d’électricité.

Exclure les agrocarburants

Équiterre estime que le Québec doit notamment privilégier les biocarburants de deuxième génération et l’électricité comme carburants de remplacement et exclure les biocarburants de première génération et les agrocarburants car selon les conclusions du rapport, ils sont peu intéressants d’un point de vue de l’intensité carbone et du contenu énergétique.

«Pour se conformer à la norme, nous recommandons d’exclure de facto les agrocarburants et biocarburants de première génération, en raison notamment des pressions qu’ils exercent sur le prix des denrées agricoles, ainsi que sur les problèmes criants de malnutrition dans certaines régions du monde. Ces types de carburants ont aussi des impacts négatifs sur la conversion des terres et par conséquent, sur la déforestation qui affecte nombre de pays d’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-est», explique Hugo Séguin, coordonnateur Choix collectifs chez Équiterre.

Équiterre juge également nécessaire que les carburants de remplacement admissibles fassent préalablement l’objet d’une évaluation de leur durabilité et que leur production profite d’abord aux régions du Québec. L’organisme recommande finalement que le Québec adopte une politique exemplaire d’achat de carburants pour ses propres activités, semblable à celle adoptée par l’Administration fédérale américaine, qui interdirait l’achat de pétrole non-conventionnel tel que le pétrole des sables bitumineux.

Pour consulter le rapport «Vers des carburants moins polluants»

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L’avion plus vert que le train?

L’avion plus vert que le train?

Paul-André Gilbert

(Agence Science-Presse) – Les moyens de transport les plus énergivores ne sont pas nécessairement ceux qu’on croit. Par exemple, voyager en avion peut consommer moins d’énergie que le train! Ce constat surprenant provient de deux chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley qui ont développé une méthode pour calculer l’impact environnemental réel de quatre moyens de transport courants, le train, l’avion, l’autobus et l’automobile.

Mikhail Chester et Arpad Horvath expliquent qu’il faut regarder plus loin que le tuyau d’échappement. Outre l’énergie consommée par l’entretien, l’extraction de matières premières, la construction et le carburant, ils ont calculé combien de passagers chaque automobile, avion, autobus ou train aura à transporter au cours de sa vie. Ils ont également pris en considération combien les infrastructures qui leur sont associées, c’est-à-dire les rails pour les trains, les routes pour les automobiles et les autobus et les aéroports pour les avions, seront utilisés pendant leur vie utile.

C’est ainsi que lorsqu’ils additionnent ces nouvelles sources de pollution, ils en arrivent à la conclusion qu’il faut doubler les émissions de gaz à effet de serre d’un voyage en train et augmenter d’un tiers celles associées à l’automobile. L’avion est le mode de transport qui s’en sort le mieux avec entre 10 et 20 % d’augmentation, parce que voyager en avion nécessite beaucoup moins d’infrastructures.

La palme du plus polluant revient à l’automobile. Seul l’autobus en dehors des heures de pointe, un moment où il y a peu de passagers, est considéré plus nocif. L’émission de gaz à effet de serre par passager est huit fois plus élevée que lorsqu’il est rempli à pleine capacité.

Réfléchir avant d’agir

À la lumière de leurs résultats, les deux chercheurs proposent aux gouvernements désireux de réduire les gaz à effets de serre d’y penser à deux fois avant d’investir dans de nouvelles infrastructures de transport. Le train par exemple ne serait pas la panacée que croient les environnementalistes. Certes, les émissions par passager d’un train sont moindres qu’avec l’automobile ou l’avion, par contre plus de la moitié des émissions reliées à son cycle de vie proviennent du développement et de l’entretien des infrastructures qui lui sont indispensables.

Il faut aussi tenir compte de la façon dont on produit l’électricité. Dans un État comme le Massachusetts qui tire 82% de son électricité des combustibles fossiles, il deviendrait plus avantageux de faire le trajet entre la banlieue et le centre-ville dans un Boeing 747 plutôt qu’en train!

Bref, pour mettre en place des moyens de transport qui seront véritablement verts et efficaces, il faudra utiliser des stratégies qui prendront en considération toutes ses composantes. Du début de sa vie jusqu’à sa fin.

 

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Équiterre et 200 cyclistes à la Colline parlementaire

Équiterre et 200 cyclistes à la Colline parlementaire

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Ottawa, le 7 août 2009 – Les 200 cyclistes de la randonnée à vélo «Libre comme l’air» d’Équiterre se sont arrêtés à la Colline Parlementaire d’Ottawa aujourd’hui pour une séance d’interprétation bien spéciale. Sidney Ribaux, coordonnateur général d’Équiterre, s’est improvisé guide touristique pour l’occasion, et a présenté aux cyclistes ce point d’intérêt touristique et historique, pourtant dépourvu d’intérêt environnemental grâce aux politiques gouvernementales de l’équipe de M. Harper.

«Habituellement, dans le cadre de cette randonnée, nous découvrons des acteurs locaux qui travaillent en faveur du développement durable. Nous avons décidé de profiter de notre passage dans la région pour faire une exception et faire découvrir aux cyclistes un endroit où la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement sont bien loin d’être des priorités par le gouvernement en place», explique Sidney Ribaux.

En effet, bien qu’une loi régissant les émissions de gaz à effet de serre existe au pays, elle n’est pas appliquée, voire ignorée par le premier ministre et son équipe. Le Canada a maintenant pris la place des États-Unis à titre de mouton noir au sein de la communauté internationale sur les enjeux climatiques, en adoptant des positions négatives et en ralentissant les efforts mondiaux face à la lutte contre les changements climatiques. «Le Canada est maintenant une espèce rare, et on l’espère en voie de disparition, puisqu’il est l?un des seuls pays industrialisés dont les objectifs de réduction de GES pour la période post-2012 ne permettront pas d?éviter le seuil critique de réchauffement de la planète promulgué par la science, soit deux degrés Celsius», ajoute M. Ribaux.

Ainsi, en vue de la conférence des Nations Unies sur le climat à Copenhague en décembre prochain, les cyclistes ont profité de leur présence pour rappeler l’urgence d’agir en matière de changements climatiques en actionnant symboliquement leur sonnette devant le Parlement du Canada.

Équiterre en a profité pour réitérer ses demandes au gouvernement du Canada pour réglementer les grands émetteurs de gaz à effet de serre, dont les producteurs de sables bitumineux et les centrales thermiques, et pour investir dans les infrastructures vertes.

Les cyclistes poursuivent maintenant leur périple de près de 200 km qui leur fera découvrir la région de l’Outaouais, tout en passant des vacances écologiques et carboneutres.

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