Licenciement: le deuil d’un emploi

Vivre un licenciement

La perte d’emploi

La perte d’un emploi peut causer une sérieuse commotion, d’autant plus si vous ne l’avez pas anticipée.

Jean-Pierre Bellemare Dossier travailChroniques d’un prisonnier

L’estime de soi en prend un sérieux coup. On réalise subitement que nous sommes loin d’être irremplaçables. Que finalement, le sentiment d’appartenance, de familiarité que nos patrons justifiaient lorsqu’ils s’emportaient n’était que du vent. Nous n’étions qu’un employé parmi tant d’autres… Sacrée meurtrissure pour l’ego.

C’est certain que de prime abord, si on n’aimait pas son travail, l’effet sera moindre. Mais quand même, cette perte nécessite un ajustement rapide. Il faut refaire son CV, se présenter comme une pute en forçant sur le maquillage ou le déhanchement; rien de vraiment valorisant.

Personne n’y échappe, j’imagine, c’est du moins ce que je veux croire. Mais avant de tirer ma révérence, une rétrospection est nécessaire. Ce travail, quoique peu honorifique, avait ses petits à côté qui rendaient la chose plus agréable.

La connaissance de mes locataires et leur évolution familiale qu’ils me partageaient au détour d’un escalier ou lors d’une interminable attente pour l’ascenseur me procurait un accès à leur bonheur personnel. Ça n’a pas de prix de voir comment à travers l’adversité (cancer, décès, séparation), certains retroussaient leur courage et en redistribuaient aux traine-savates qui ignoraient leur situation.

Des héros qui savaient mieux que quiconque que donner crée plus de richesse qu’en recevoir. Très peu de gens connaissaient mon histoire, mais quel en était l’intérêt également? Lorsque vous avez une conversation enrichissante avec quelqu’un, cela suffit amplement.

C’est un peu comme découvrir une nouvelle recette toute simple, mais qui comble vos pupilles. On se fou royalement de la manière dont elle est concoctée. Elle nous satisfait et c’est tout ce qui compte.

Voir les enfants naître, grandir et faire leurs premiers pas avait un effet euphorique sur ma personne. Ces enfants de toutes nationalités, de tous âges, je les avais faits miens. Voilà ma véritable perte. Ces gens, qui m’ont parfois chaviré le cœur, resteront imprégnés dans mon être.

Je souhaite à tous ceux qui ont fait appel à mes services ou qui ont croisé ma route tout le bonheur possible.

J’ai rarement vu des gens véritablement malintentionnés ou malsains… et quand c’était le cas, ils détenaient trop peu de pouvoir. Leur condescendance et arrogance n’avaient d’égal que leur propre médiocrité. Mais ils ont l’avantage de nous rappeler à quel point il est bon d’être gentil et surtout équilibré.

Je suis chroniqueur depuis plusieurs années, j’ai eu ma propre troupe de théâtre, je suis aussi cinéaste à mes heures perdues et surtout je resterais votre ami. Un gros merci de vos sollicitudes, gentillesses et vos magnifiques sourires qui continueront de me hanter joyeusement.

Si une porte se ferme, une autre s’ouvre quelque part.

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    Chronique economique Les mises a pied déferlent sur le Quebec

    Chronique économique

    Les mises à pied déferlent sur le Québec

    Jean Gagnon            Dossier Économie

    image Certains de ces travailleurs ne retrouveront pas leur emploi lorsque l’économie reprendra de la vigueur.

    Quand on perd son emploi, les mots récession économique prennent toute leur signification. Si vous êtes parmi les 48 800 Québécois qui ont connu ce sort au cours des trois premiers mois de l’année, vous pouvez sûrement en témoigner.

    La récession a finalement frappé le Québec durant cette période. «Alors que le marché du travail québécois avait résisté jusqu’à la fin de 2008, la situation s’est fortement détériorée au cours du premier trimestre de 2009», explique Joëlle Noreau, économiste principale à la Fédération des caisses populaires Desjardins.

    Ce n’est pas fini. D’autres rejoindront les sans-emplois d’ici l’automne, car plusieurs employeurs importants, tels Abitibi Bowater, Bombardier et Pratt et Whitney, ont annoncé des mises à pied.

    Cette tendance à la baisse va se poursuivre sûrement pendant six mois, craint Mme Noreau. Jusqu’à 70 000 travailleurs pourraient perdre leur emploi au Québec en 2009.

    Combien parmi ceux qui ont perdu leur emploi le retrouveront-ils? Pour ceux qui ont été mis à pied uniquement parce que l’économie connaît une récession sévère, il y a de l’espoir.

    Prenons les mises à pied chez Bombardier. La récession a entraîné une forte diminution de la demande d’avions d’affaires. L’entreprise a donc été forcée de réduire drastiquement sa cadence de production et sa force de travail.

    L’effet boule de neige

    Les licenciements chez Bombardier se répercutent ailleurs. Les fournisseurs de pièces destinées à ces avions voient eux aussi la demande pour leurs produits baisser et licencient des travailleurs. Même les restaurants situés à proximité des usines de Bombardier et de ses fournisseurs doivent pour la plupart réduire leur personnel, compte tenu d’un achalandage forcément moins grand à l’heure du lunch.

    Mais il est probable que tous ces emplois pourront être recréés lorsque la récession sera terminée et que les commandes d’avions d’affaires reprendront. Toutefois, cette reprise n’est pas pour demain. Les premiers signes d’une relance n’apparaîtront pas avant, au mieux, le quatrième trimestre, soit tard cet automne selon les plus récentes prévisions de la Banque du Canada. Cette reprise sera très graduelle.

    Comme dans l’aéronautique, plusieurs secteurs ont effectué des compressions de personnel importantes à cause de la détérioration de la conjoncture économique. Pour les travailleurs de ces secteurs, l’espoir n’est pas perdu de retrouver un jour son emploi.

    D’abord, le secteur minier. Une diminution de la demande a fait chuter les prix et réduire la production. Mais une relance économique, principalement chez les pays émergents, permettra éventuellement une remontée.

    Puis dans le secteur de l’habitation, dont la contraction s’est accélérée en 2009, une réelle crise de la construction domiciliaire a pris naissance aux États-Unis et s’est propagée au Canada et au Québec. La construction reprendra un jour. Mais une reprise valable des mises en chantier au Québec n’est prévue qu’en 2010, selon Hélène Bégin, également économiste au Mouvement Desjardins.

    Enfin, les secteurs du commerce de détail et de la restauration encaissent le coup de la récession. Ces secteurs n’attendent qu’une relance de l’économie pour réembaucher.

    Industries en mutation

    Si le temps ramènera les emplois perdus à cause d’une conjoncture économique défavorable, on ne peut en dire autant des emplois éliminés par un changement fondamental de l’industrie. C’est le cas du secteur forestier, du textile et, dans une moindre mesure, de l’automobile.

    Pour les produits du bois conventionnels, l’industrie québécoise est de moins en moins concurrentielle à cause de sa trop petite taille, et du fait qu’il faille aller chercher le bois de plus en plus loin, explique Joëlle Moreau. Il est douteux que cette industrie retrouve sa vigueur d’antan.

    Pour l’industrie du textile, les pertes d’emplois risquent d’être permanentes, ce qui n’est pas un phénomène nouveau. De nombreux postes se déplacent vers la Chine ou vers d’autres économies émergentes et ne reviendront jamais.

    Pour ce qui est de l’automobile, certains travailleurs retrouveront leurs emplois mais devront peut-être accepter de changer d’employeur, l’industrie américaine risquant fort de ne jamais récupérer les parts de marché perdues durant la crise actuelle.

    Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 30

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    Les jeunes et la presse communautaire

    Les jeunes et la presse communautaire

    François Richard Billet numéro 3 Presse Communautaire

    Reflet de Société souhaite lancer une grande réflexion collective en ligne sur l’état et l’avenir de la presse communautaire au Québec. Les problèmes soulevés dans cette série de cinq textes font échos aux préoccupations exprimées par les membres de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) lors du congrès de l’organisation les 1-2-3 mai 2009. Nous invitons les internautes de tous les horizons à prendre part au débat. Le troisième texte porte sur la relève des journaux communautaires.

    Relève dans la presse communautaire

    Vu le peu de revenus qu’elle génère, la production de la presse communautaire au Québec repose sur l’implication bénévole de ses artisans. Ceux qui ont le plus de temps à donner sont habituellement ceux qui ne doivent pas consacrer l’essentiel de leur temps à un emploi. La grande majorité des membres de l’AMECQ est donc constituée de retraités ou de semi-retraités. Les personnes de cette catégorie d’âge sont en effet des bénévoles idéaux, dotés de l’expertise et des savoir-faire acquis lors de longues carrières et n’ayant pas de soucis d’argent. Plusieurs des bénévoles qui portent des journaux sur leur épaules sont présentement âgés de plus ou moins 70 ans. Si une relève ne se manifeste pas, plusieurs titres sont appelés à disparaître d’ici 10 ou 15 ans.

    Jeunes et journaux communautaires

    On peut trouver un certain nombre de jeunes dans les salles de rédaction des journaux communautaires. Ceux-ci sont toutefois habituellement de passage, utilisant l’expérience qu’ils y gagnent comme carte de visite avant de faire le saut dans les médias conventionnels. Le journal Le Monde, du quartier Saint-Michel (Montréal), ainsi que Reflet de Société, embauchent d’ailleurs un grand nombre de stagiaires issus des écoles de journalisme. Ces jeunes ayant goûté au journalisme communautaire y reviendront-ils une fois leur carrière achevée? Difficile à dire. L’exode des jeunes dans les régions éloignées des grands centres complique aussi le recrutement de la relève.

    Groupe d’âge homogène

    Cette question de la relève a créée une petite bombe lorsque je l’ai soulevée durant le congrès de l’AMECQ le mois dernier. J’en ai ensuite entendu parler toute la fin de semaine. Le groupe d’âge des participants à ce congrès était d’ailleurs assez homogène pour que le directeur général de l’AMECQ, Yvan Noé Girouard, m’avoue plus tard mi-blagueur qu’il avait été surpris de me voir (j’ai 27 ans) dans les couloirs de l’hôtel où se tenait l’événement.

    Relève et nouvelles technologies

    Une chose est certaine: la question de la relève est intimement liée à celle de l’utilisation des nouvelles technologies dans la production des journaux communautaires. La prochaine cohorte de pré-retraités aura en effet utilisée les nouvelles technologies de l’information durant une longue période, voire la majeure partie de sa carrière. Il est loin d’être assuré qu’ils souhaiteront utiliser les méthodes de travail ‘traditionnelles’ encore en vigueur dans bon nombre de médias communautaires. Nous aborderons cette question des nouvelles technologies dans le cadre du billet de la semaine prochaine.

    Réactions et commentaires

    En attendant, nous souhaitons connaître votre point de vue sur la question de la relève dans les journaux communautaires. Il nous fera aussi grandement plaisir de lire vos expériences à ce propos et, pourquoi pas, vos solutions. L’équipe du journal Le Saint-Armand parlait d’embaucher des stagiaires provenant des écoles de journalisme au cours des prochaines années. Ont-ils commencé à entreprendre des démarches en ce sens? Existe-t-il d’autres initiatives? La question de la relève vous préoccupe-t-elle?

    Nous avons hâte de lire vos réactions et vos témoignages.

    Vos commentaires sur Les jeunes et la presse communautaire

    Lire aussi: Le financement des journaux communautaires, Nouvelles technologies dans la presse communautaire et Intimidation harcèlement et agressions dans la presse communautaire

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    Entre Québec et Haïti: quelle identité?

    Entre Québec et Haïti: quelle identité?

    Murielle Chatelier     DOSSIERS REFLET DE SOCIÉTÉ ET Culture

    Comme bien des immigrants de deuxième génération – c’est ainsi qu’on nomme officiellement les Québécois nés de parents immigrants – je me suis longtemps questionnée sur mon identité.

    Élevée à cheval entre deux cultures, celle de mes parents, originaires d’Haïti, et celle de leur terre d’accueil, j’arrivais difficilement à me définir. Québécoise ou Haïtienne? À 29 ans, cette quête incessante, grandissante et profondément troublante m’a amenée à faire un long séjour dans mon pays d’origine. Six mois à la recherche de mon second moi.

    Murielle Cover.jpg Le besoin de partir pour se redécouvrir

     

    Les prétextes pour expliquer mon départ soudain vers la terre natale de mes parents furent nombreux. Opportunité d’emploi intéressante, besoin de changer d’environnement, envie de découvrir mes racines… La vérité, c’est que je ne savais plus où j’en étais. Dès mon adolescence, j’ai été marquée par de pénibles remises en question, au point de passer de longues heures à marcher dans les rues, avec mon lourd fardeau de questions sur le dos. Le melting pot des valeurs transmises par mes parents et celles propres à la culture québécoise m’a toujours perturbée et embrouillé l’esprit. Mais c’est lorsque j’ai intégré le marché du travail que cette quête a atteint un point culminant et est devenue intenable.

    «Toi, t’es née où?» «Est-ce que tu comptes retourner dans ton pays un jour?» «Depuis combien de temps es-tu arrivée au Canada?» «Comptes-tu t’établir en banlieue comme une bonne partie des immigrants?» Voilà autant de questions auxquelles j’ai eu droit de la part de mes collègues, alors que je suis bel et bien née au Québec, à Montréal. Avant l’année 2007, je n’avais même jamais mis les pieds dans le pays de mes parents. À la longue, ces questions ont fait naître en moi un sentiment de frustration, surtout parce que j’avais toujours évolué dans la même société que mes confrères. Alors, à un moment, je me suis mise à penser que chez moi, c’était peut-être ailleurs.

    Se sentir l’étrangère

    Au début, quand je suis arrivée à Port-au-Prince, j’étais euphorique. Je sentais qu’on ne pouvait que m’accepter, parce qu’après tout, j’étais une des leurs. Pourtant, j’ai rapidement compris que, pour les Haïtiens, j’étais l’étrangère. Oui, même sans avoir à ouvrir la bouche, on devinait que je n’étais pas du pays. Quand je marchais dans les rues, on me dévisageait l’air de dire: «Oh! Regarde l’étrangère.» Une fois, alors que j’étais assise par terre dans un marché, au milieu des marchandises, un passant m’a montrée du doigt en disant: «C’est une diaspora (c’est ainsi qu’on appelle là-bas les Haïtiens nés à l’étranger).»

    Pour survivre, je m’étais déniché un emploi de journaliste dans le plus grand quotidien de la place, Le Nouvelliste. Dans une ambiance de travail des plus décontractées, je me suis fait de nombreux amis. Même si je ne comprenais pas souvent les expressions qu’ils employaient – je maîtrise le créole, mais comme dans chaque culture, les expressions sont très «locales» – les échanges allaient bon train entre nous. Mais là encore, nos mentalités et nos préoccupations respectives étaient si diamétralement opposées que je me sentais seule dans mon coin, malgré les rires francs qui animaient nos conversations.

    Murielle Dossier.jpg Québécoise ou Haïtienne?

    L’un de nos points de divergence était justement ma nationalité. Après quelques semaines passées dans la capitale, il ne faisait plus aucun doute dans ma tête que je ne pouvais pas me déclarer Haïtienne. Au contraire, j’avais plus envie de me dissocier de ce peuple que d’en faire partie. Le désordre généralisé dans lequel se trouve le pays, le manque de civisme des citoyens dans les rues, cette façon que les commerçants avaient de m’escroquer impudiquement parce qu’on supposait que j’avais plus d’argent que la moyenne, tout ça m’horripilait.

    Pour mes collègues, animés d’un sentiment d’appartenance qui frise le fanatisme, c’était une trahison de dire que je me sentais plutôt Québécoise. Ils ne pouvaient pas comprendre que je ne sois pas habitée du même sentiment de fierté qu’eux, qui font partie de la première république noire à avoir acquis son indépendance. C’était en 1804. Moi, je vis en 2009. Et ça, c’était encore un point qui nous éloignait: ils vivent continuellement dans l’orgueil des gloires du passé, alors que les défis du présent m’importent plus.

    Pourquoi immigrer: comprendre mes parents

    D’ailleurs, c’est justement ce passé qui est à la base de la mentalité de mes parents, et c’est ce que j’ai compris lors de ce voyage. Dans mon jeune âge, ils ne faisaient qu’appliquer ce que leurs propres parents leur avaient appris. Mais ils avaient peut-être oublié que les choses avaient évolué depuis, et que mon environnement n’avait rien à voir avec le leur. C’est malheureusement le cas de beaucoup de parents immigrants.

    L’un des dadas de mes parents était de m’empêcher de sortir, par exemple pour aller au parc avec ma sœur ou au cinéma avec mes amis. Selon leur façon de voir les choses, «l’extérieur» est une sorte de jungle où on peut facilement être amené à sortir du droit chemin, où les influences néfastes pullulent. Ce raisonnement qui m’emprisonnait a donné lieu à des scènes familiales orageuses. Pour moi, l’extérieur est plutôt un lieu de découvertes. Mais en Haïti, j’ai bien vu que la mentalité de mes parents prévaut encore, parce que les sorties des enfants sont très limitées, et pour les mêmes raisons que naguère…

    Mais j’ai aussi fait une merveilleuse découverte à propos de mes parents. Avant d’avoir visité la campagne où ils ont grandi, je ne me suis jamais intéressée à leur émigration vers le Canada. Aujourd’hui, je réalise plus que jamais le courage qu’ils ont eu de partir de si loin uniquement pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Une campagne où les commodités modernes n’existent pas, la pauvreté sévit et les espoirs se sont depuis belle lurette envolés. Mes parents se sont tenus debout, et ont franchi toutes les frontières pour atterrir à Montréal. Mon père est arrivé avec à peine 100 $ en poche, en 1972. Avec acharnement, il a travaillé pour rapatrier ma mère, en 1974. Tout ça, pour éviter à leurs enfants une vie de misère.

    Murielle Ouverture.jpg Trouver son identité et comprendre ses origines

    À 30 ans, je ne me demande plus qui je suis, mais bien ce que je veux être. Bien sûr, ça me fatigue et m’irrite qu’on me demande encore d’où je viens. Certes, ma relation avec mes parents n’est pas idyllique. Mais j’ai saisi le pourquoi de leur périple, et par le fait même, les raisons qui font de moi un mélange de deux cultures. Vous savez, j’aurais pu grandir en Haïti, être coincée dans ce pays. J’aurais pu ne pas pouvoir rêver comme je le fais, être condamnée à l’indigence. J’étais à deux doigts de cette vie-là.

    En me faisant naître au Québec, mes parents m’ont donné toute une liberté. Après avoir passé six mois dans leur pays, je sais que le temps n’est plus au questionnement. En fait, l’unique désir que mes parents aient tenté de m’exprimer, souvent maladroitement, c’est celui de me voir profiter de ma vie au maximum et d’exploiter tous mes atouts. Ils m’ont transplantée ici pour ça, pour m’offrir cette opportunité. Alors, maman et papa, je vous le jure que j’ai compris maintenant. Et ce que je veux être, c’est ce que vous avez fait de moi: une citoyenne du monde.

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    Paniers de l’ASC: Soutenir un fermier pour faire face à la crise économique

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    Paniers de l’ASC: Soutenir un fermier pour faire face à la crise économique

    Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire, Calendrier 2012 et Équiterre

    Montréal, le 9 mars 2009 – Avec l’arrivée du printemps et la crise économique qui sévit, Équiterre invite les citoyens à soutenir un fermier du Québec et ainsi recevoir un panier hebdomadaire de fruits et légumes cultivés dans le respect de l’environnement. Avec 390 points de chute et 115 fermes à travers le Québec, le réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) est le plus important du genre au monde. Il permettra, encore cet été, à plus de 32 000 citoyens d’avoir accès à des produits frais, sains et locaux.

    Une formule pour faire face à la crise

    À toutes les semaines, cinq fermes cessent leurs activités au Québec. Pourtant, si chaque consommateur achetait à chaque semaine 20 $ supplémentaires de produits du Québec, plus de 100 000 emplois seraient créés chez nous. « L’Agriculture soutenue par la communauté est un commerce direct qui permet aux fermes, souvent de petite taille, de bénéficier de 100% du montant investi par les citoyens, et ainsi, de créer ou de conserver des emplois en agriculture », explique Isabelle Joncas d’Équiterre, qui ajoute que près des trois quarts des légumes biologiques consommés au Québec sont importés.

    Sans pesticide, 100% québécois

    « Lorsque les citoyens deviennent partenaires d’une ferme du réseau, ils s’assurent de recevoir des aliments 100% savoureux, locaux et exempts de pesticides. En ASC, les produits sont récoltés la journée même ou la veille de la livraison; ils ont donc un goût incomparable car ils sont récoltés à maturité.  On redécouvre ce que goûte véritablement une carotte de jardin ! Il faut aussi garder en tête les avantages de manger des aliments sans pesticides. Quand on sait que la quantité de pesticides contenue dans le corps des enfants provient à 80%des pesticides présents dans l‘alimentation, on se rend compte aisément de l’importance de faire les bons choix », conclut-elle.

    Une formule appréciée du public

    Les gens apprécient connaître la provenance des aliments qu’ils consomment. « Habitant en ville, le lien direct avec le fermier permet à ma famille de garder un contact avec la réalité de la campagne. Étant de nouveau enceinte, je compte renouveler l’expérience des paniers de l’ASC cet été. Ça me rassure de connaître la provenance des aliments que moi et mon bébé consommons. Un corps et une planète en santé, c’est un héritage qui n’a pas de prix », explique Marie-Eve Plamondon partenaire d’une ferme de l’ASC.

    Facile d’adhérer à la formule

    Le principe de base de l’ASC est que le citoyen s’engage à l’avance auprès de la ferme en achetant au printemps sa « part » de récolte qui lui sera livrée à l’été et à l’automne. Ainsi, le citoyen et la ferme partagent ensemble les risques et les bénéfices de la saison à venir. Différents formats de paniers sont disponibles fournissant chaque semaine aux partenaires entre 6 et 12 variétés de légumes pour une période allant de 12 à 22 semaines. Des viandes d’élevage biologique et autres produits sont aussi disponibles sur demande auprès de certaines fermes du réseau.

    Les citoyens qui désirent soutenir un fermier de famille peuvent se rendre sur le site d’Équiterre pour avoir plus d’information et pour identifier la ferme qui livre le plus près de chez eux ou du lieu de travail: www.equiterre.org.

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    Défendre son emploi malgré la crise économique

    Défendre son emploi malgré la crise économique

    François Richard    Dossiers Économie, emploi et justice

    La Cour supérieure du Québec a accordé une injonction à l’Université du Québec à Montréal le 25 mars dernier. La mesure est dirigée contre les professeurs de l’établissement, en grève depuis deux semaines. Il leur sera interdit pour les dix prochains jours de tenir quelque manifestation que ce soit à l’intérieur de l’université, d’être plus de cinq à la fois sur les lignes de piquetage et de s’approcher à plus de cinq mètres des portes de l’UQAM lorsqu’ils manifestent.

    Ces mesures sont extrêmement sévères, vu le peu d’impact de ce conflit de travail sur la société en général. De plus, le juge Jean-François de Grandpré a eu recours à un argumentaire peu crédible pour justifier sa décision, évoquant la sécurité des usagers de l’UQAM qui serait mise en péril par les professeur qui manifestent. Comme si ces derniers étaient un groupe de dangereux trouble-fêtes qui risquaient à tout moment de saccager l’université et de s’en prendre violemment aux étudiants ou aux employées de cafétéria.

    Crise économique, licenciements, conflits de travail

    Plus de 200 000 Canadiens ont perdu leur emploi depuis le début de la crise économique. Il est inquiétant dans ce contexte de constater que la justice se montre prête à briser un mouvement de contestation légitime au nom de considérations sécuritaires tirées par les cheveux. Avant même que la crise actuelle ne débute, les Québécois et les Canadiens des autres provinces ont été témoins d’un durcissement croissant des relations de travail et d’un effritement des droits des travailleurs au pays. Depuis une dizaine d’années, le phénomène s’aggrave et ce autant dans les entreprises privées que chez les employeurs publics, de Wal-Mart qui ferme ses succursales récemment syndiquées au gouvernement du Québec qui interdit toute forme de militantisme au employés du secteur public sur leurs lieux de travail.

    S’il faut qu’en plus les tribunaux se mêlent de conflits de travail qui ne concernent pas la justice, il faut s’attendre à ce que de nombreuses entreprises profitent de la crise pour effectuer des licenciements et des réductions de salaire qui auraient été considérées inacceptables en des temps plus prospères. Pourtant, pour qu’une société soit prospère, il faut que la majorité de sa population le soit aussi. Malgré les conditions difficiles crées par la crise, les travailleurs doivent continuer de défendre leur emploi et leur qualité de vie.

    Vos commentaire sur l’emploi en temps de crise économique.

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    Séropositif : la double condamnation

    Séropositif : la double condamnation

    Robin Drevet       Dossiers MTS-SidaSexualité et Homosexualité

    L’épidémie de VIH est une réalité rarement ancrée dans le concret. Pourtant, les personnes séropositives méritent d’être entendues, surtout depuis les dernières décisions prises à leur encontre par les instances judiciaires et gouvernementales.

    L’histoire de Diane, séropositive

     

    sida L’exemple le plus frappant est le cas de Diane. Cette femme a rencontré un homme avec qui elle a eu une relation sexuelle protégée. Elle ne lui a pas mentionné sa séropositivité. Ils décident ensuite de rester ensemble. Diane lui annonce alors immédiatement son statut sérologique.

    Après 4 ans d’union, elle porte plainte pour violence conjugale. La justice blanchit son conjoint, décision justifiée par le fait qu’elle a d’abord caché son infection à son partenaire. Son conjoint est excusé pour son comportement violent.

    Les mésaventures de Diane ne s’arrêtent pas là. Le juge décide de la condamner à un an de détention pour avoir exposé son conjoint à un danger.

    Pas de justice pour les séropositifs au Québec

    Cette décision ne fait qu’entériner les fortes discriminations existantes envers les personnes séropositives, que ce soit l’interdiction de circuler aux États-Unis, ou les difficultés de trouver un emploi.«L’administration québécoise est la première à refuser d’embaucher une personne car elle est séropositive, alors qu’elle devrait montrer l’exemple d’intégration et d’égalité des chances», s’exclame M. René Légaré, coordinateur en communication à la Coordination des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA)

    La discrimination à l’emploi envers les personnes séropositives peut survenir dès l’embauche par l’utilisation de questionnaires dont certaines questions, illégales, portent sur la santé du demandeur. Parfois, ces renseignements personnels sont ébruités, ce qui pousse les porteurs du VIH vers la porte. Les gens ont peur de travailler avec un séropositif.

    Campagne de peur contre le Sida

    Les campagnes du gouvernement ou des organismes communautaires, comme COCQ-SIDA, sont souvent basées sur l’aspect dangereux et mortel du virus. «Ma position par rapport à l’épidémie, c’est que ca fait peur. Les publicités mettent l’accent sur la peur, justement», dit un jeune homosexuel de 22 ans.

    Justifié par la dangerosité du VIH qui a des conséquences mortelles, ces publicités masquent une autre réalité: «on ne meurt plus du sida aujourd’hui, bien qu’on ne puisse pas en guérir. Les traitements antirétroviraux permettent d’avoir une espérance de vie d’environ 40 ans après la découverte de la maladie», explique M. René Légaré.

    Discrimination: sidéens ou homosexuels?

    Ces campagnes d’épouvante sont accompagnées de nombreuses mesures discriminatoires associant les séropositifs et les homosexuels et renforcent, du même coup, les préjugés et la peur que suscitent ces deux populations distinctes.

    HémaQuébec, organisme collectant les dons du sang, interdit formellement aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes de donner leur sang. «Cependant, toute personne ayant eu une relation sexuelle avec une prostituée n’a qu’une période d’exclusion de 12 mois.  Nous travaillons donc à réduire la période d’exclusion à 12 mois également pour les hommes gais», répond M. Légaré. Comme si la sexualité et l’infidélité étaient moins répandues chez les couples hétérosexuels.

    Dans la même veine, le gouvernement conservateur de M. Harper a fait interdire les dons d’organes par les homosexuels. Cette décision a été justifiée par le fait que le sida s’étend à tous les organes et que les homosexuels sont plus exposés que les autres au virus. Est-ce à dire que seul un homosexuel peut contracter le virus du Sida?

    Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.24

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