Après Darwin, les nouvelles révolutions?

Après Darwin: les nouvelles révolutions?

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse – Février 2009) – À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance du père de la théorie de l’évolution, le 12 février prochain, l’Agence Science-Presse a demandé à des chercheurs québécois d’imaginer une révolution similaire à sa théorie et susceptible de changer notre vision de la science. Et de nous-mêmes!

La génétique comme révolution

L’épigénétique pourrait être cette prochaine révolution des idées. Cette discipline, qui se penche sur les modifications transmissibles et réversibles de l’expression des gènes en fonction de l’environnement, constituerait un des fondements de la diversité biologique aussi importants que la théorie de Charles Darwin. La découverte de l’ADN et le développement de la génétique auront aussi, de l’avis de quelques chercheurs, un impact considérable dans la manière dont les scientifiques regardent la vie. Mais peut-être la révolution viendra-t-elle des sciences sociales comme le suggère l’un des scientifiques sondés…

Les avis des scientifiques

Il existe au sein de la génétique une révolution en devenir qui va bouleverser la théorie de Darwin. Cette nouvelle science en émergence est l’impact de l’environnement sur l’expression génique. Depuis 2006, on se rend compte que des événements épigénétiques se transmettent d’une génération à l’autre. Cet impact semble prépondérant pour le développement de cancers. Mais pour le moment, l’aspect transmissible de l’épigénome est encore mal connu

— Claude Robert, Centre de recherche en biologie de la reproduction, Université Laval

Que l’environnement change l’expression des gènes est exceptionnellement important étant donnée la condition très déséquilibrée de notre environnement!

— Janice Bailey, département des sciences animales de l’Université Laval.

Si quelqu’un découvrait, dans la complexité grandissante de l’ADN, un code source qui indiquerait que la vie telle qu’on la connaît a été induite et n’est pas apparue par hasard sur Terre, disons que cela pourrait créer autant de remous que Darwin.

Marc-André Sirard, Chaire du Canada en génomique animale, Université Laval

La découverte l’ADN et son développement ont révolutionné les sciences au moins autant que les idées de Darwin, en permettant notamment de suivre l’évolution des espèces à travers leurs gènes, mais aussi en permettant de faire avancer énormément nos connaissances en biologie. Mais l’avenir se situerait plutôt du côté des nanotechnologies. À la frontière de la physique, de la chimie et de la biologie, les nanotechnologies pourraient faire avancer la science en permettant de repousser les limites de nos connaissances grâce à la miniaturisation extrême et au développement de nouvelles propriétés des matériaux. Mais il est encore difficile d’en juger aujourd’hui, car nous ne sommes pas encore arrivés au stade des réalisations concrètes et majeures.

— François Berthod, Laboratoire d’organogenèse expérimentale, Université Laval

C’est la découverte et l’utilisation de cellules souches embryonnaires en médecine est la première chose qui me vient à l’esprit. La deuxième serait quelque chose qui répondrait à la question: «quand la vie commence-t-elle? À la fécondation ou plus tard?»

— Florence Dzierszinski, Institut de parasitologie, Université McGill

En physique, ce qui s’y apparenterait le plus serait l’idée du «more is different». En d’autres termes, on a découvert durant le dernier siècle qu’un électron et un ensemble d’électrons se comportent complètement différemment. Non seulement, l’ensemble est capable des nouveaux effets, comme la supraconductivité, mais si l’on ajoute une interaction entre les membres de l’ensemble, on peut observer des effets très riches avec des propriétés inattendues.

— Andréa Bianchi, Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux matériaux pour applications à la spintronique, Université de Montréal

Copernic a montré que nous n’étions pas au centre de l’Univers, Darwin que nous n’étions pas le but de la création, et Freud que nous n’étions pas au contrôle de toutes nos actions individuelles. Trois coups durs pour notre ego! La prochaine révolution nous forcera probablement à encore plus d’humilité et viendra peut-être des sciences sociales qui montreront que nous ne pouvons contrôler collectivement qu’une très faible partie du destin de notre espèce. Les guerres, les famines, les crises économiques, les problèmes environnementaux, les révolutions politiques, les progrès techniques, les avancées philosophiques, les religions; tout cela devrait être analysé sous un angle nouveau. Un nouveau regard sur nous-mêmes qui changerait sans doute notre perception de l’avenir, en nous angoissant ou en nous libérant. Seul l’avenir nous le dira!

— Dominique Berteaux, Chaire de recherche en conservation des écosystèmes nordiques, Université du Québec à Rimouski

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La zombie-thérapie

La zombie-thérapie

Benoît Lacroix

(Agence Science-Presse) – Un virus mutant se propage chez les humains, transformant ceux-ci en zombies avides de chair fraîche. Possible réalité ou mauvais scénario d’un film d’horreur de série B?

«En matière de phénomènes paranormaux, on ne peut rien exclure ni rien prouver. Par définition, ces phénomènes sont non reproductibles, ce qui les exclut du domaine de la science», déclare Régis Olry, anatomiste à l’Université du Québec à Trois-Rivières, spécialiste de la plastination et passionné des phénomènes diaboliques. «C’est comme la possession diabolique. Elle existe, puisque des malades se prennent réellement pour le diable. Seulement, il est impossible d’en déterminer la cause.»

Enterré vivant

Le professeur d’anatomie soutient qu’il y a deux concepts derrière les zombies. Le premier est celui, populaire, du cadavre qui reprend vie. «C’est l’aspect folklorique de la question.» Le second est celui des inhumations prématurées, réalité beaucoup plus concrète et terrifiante. «La peur d’être enterré vivant ne date pas d’hier. En effet, au cours des 18e et 19e siècles, une réelle phobie des inhumations prématurées a fait rage dans toute l’Europe.» Il explique que les signes médicolégaux de la mort n’étaient alors pas encore bien établis et qu’un débat était nécessaire pour régler la question et rassurer la population.

Ainsi, divers moyens étaient utilisés afin d’éviter les erreurs de diagnostic de mort. Par exemple, les obitoires étaient des chambres mortuaires d’attente, où l’on déposait les corps des personnes soupçonnées d’être mortes, avant de les enterrer. Une petite clochette était fixée au poignet des morts, en cas de résurrection! Bien que beaucoup moins probable de nos jours, l’inhumation prématurée est encore possible. Le chercheur rappelle d’ailleurs que pendant la guerre du Vietnam, des marques d’ongles ont été retrouvées dans le couvercle de certains cercueils, après leur rapatriement.

La fin de l’espèce humaine

Et que dire des films de zombies, comme le classique «La nuit des morts vivants», ou le plus récent «Resident Evil»? Ces films révèlent deux images principales, explique Martine Roberge, professeure d’ethnologie à l’Université Laval. Celle de l’intégrité du corps, représentée par l’état de décomposition des zombies. Et celle de l’identité collective de l’espèce humaine, menacée par le régime alimentaire des zombies, exclusivement constitué de chair humaine. «Il s’agit ni plus ni moins d’une mise en scène de l’Apocalypse ou de l’autodestruction de l’espèce humaine.»

Malgré la banalité du scénario des films de zombies, ceux-ci demeurent pourtant très populaires. La mort fascine et répugne à la fois, constate Martine Roberge. «De tout temps, l’humain exprime deux grandes peurs: celle de la mort et celle des morts.» Régis Olry note que Freud parlait de la mort comme de l’inconnu absolu. Et l’inconnu fait peur, c’est connu! Quant au cadavre, «c’est le refuge idéal de la monstruosité», rappelle la chercheuse. Un cadavre qui recouvre la vie, un zombie, est donc le pire des monstres. Mais pourrait-il y avoir une fonction thérapeutique aux films de zombies? C’est ce qu’elle croit. «De la même manière qu’Aristote disait du théâtre qu’il purge les passions, on peut probablement prêter une certaine fonction thérapeutique aux films d’horreur.»

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Lettre à mon agresseur: pédophilie, agression sexuelle…

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Lettre à mon agresseur: pédophilie, agression sexuelle…

Maline                                Dossier Sexualité

LETTRE AGRESSEUR agression sexuelle viol

Huit années séparent la jeune femme que je suis de l’enfant que j’étais. Tu étais mon enseignant. Je n’ai pas eu la chance de te regarder dans les yeux pour te dire ce qui  suivra, mais je crois, que, par l’encre et le papier, j’arriverai à te faire ressentir toutes les larmes qui ont mouillé mes joues, toute la rage que j’ai eue au cœur pendant presqu’une décennie, et toute la peur que j’ai eue de parler et d’être. Parce qu’en tant qu’enfant, on peut éprouver un certain malaise dans une situation donnée. Moi j’ai su, j’ai oublié, puis je me suis souvenue.

C’était en août 2000. J’étais une grande de cinquième année. Il faisait encore chaud, ça sentait le début de l’année. J’adorais l’école, j’étais une curieuse de nature, une fouine. Je suis entrée dans la classe, un peu nerveuse à l’idée de tout recommencer, de voir qui seraient mes compagnons pour l’année à venir.

L’acuité des souvenirs que j’ai de cette première journée en ta compagnie est impressionnante. Je me souviens de tout, de l’emplacement des bureaux à l’ombrage que créaient les deux arbres derrière les fenêtres de la classe. J’étais assise face à ton gros bureau brun de professeur. Tu nous as dit bonjour, puis tu t’es présenté.

Provenant d’une grande famille de la région de Québec, croyant, pratiquant, un enseignant de 52 ans. Tu semblais très intéressant, voire attachant. Tu as parlé de beaucoup de choses, très longtemps. De ce que Dieu t’avais apporté, de ce qu’il t’avait fait découvrir, de la passion que tu avais pour l’enseignement…

Je dois avouer que la suite m’échappe un peu, mais tu en es venu à nous parler de pédophilie. Que ce n’était pas correct, mais que, de nos jours, c’était plutôt courant. Puis tu as dit: «Ça m’arrive souvent d’accrocher des p’tites filles dans les parties intimes, mais j’m’excuse toujours.» Tu as dit ça exactement comme ça. Pourquoi ça m’a marquée? Pourquoi je m’en suis sou-venu six ans plus tard dans un cours d’éthique et culture religieuse? Je ne sais pas.

Septembre a passé comme l’éclair. J’aimais la façon dont tu partageais ton savoir, le temps passait rapidement à l’école.

Tes parents sont décédés en octobre si je ne m’abuse. Tu as été absent pendant quelques semaines, pour revenir vers la fin du mois d’octobre. C’est à partir de là que je t’en ai voulu, que je t’en veux encore.

Aurais-je tort de prétendre que j’étais ta chouchou? J’avais un accès presqu’illimité à la classe, quand j’en avais envie. Tu m’offrais de rester aux récréations et sur l’heure du midi pour jouer à l’ordinateur. J’avais même le privilège suprême de laver le grand tableau à la fin de la journée. Tu me gardais toujours près de toi. Quand tu organisais des concours de dessins, je gagnais. À l’heure de l’improvisation, je gagnais. J’avais tout ce que tu voulais me donner. À un certain point, j’en étais profondément mal à l’aise. Peut-être, toutefois, avais-je réellement du talent, peut-être…

Puis, tu te souviens de novembre? Novembre est froid, pluvieux, triste. C’est ce que je retiens de novembre. Quand il arrive, je me terre dans un coin jusqu’en mars. Tu te rappelles de novembre? Moi oui.

J’étais au troisième étage, en direction de ta classe. Tu te souviens de ce corridor? Sur la gauche, il y avait cinq ou six casiers. À la droite, l’escalier menant au deuxième. C’était très étroit et sombre. Puis tu es apparu. Tu marchais dans ma direction. Tu veux savoir ce que j’ai vu de mes jeunes yeux? Tu veux savoir ce que mon petit corps a ressenti? Tu veux savoir ce qui s’est passé dans ma tête à ce moment-là? Je te l’offre.

Tu ne m’as pas saluée. Tu ne m’as pas regardée. Mais arrivé à ma hauteur, tu m’as attirée contre toi et tu as placé ta main entre mes cuisses. Entre les cuisses d’une enfant. Tu as pris deux de tes doigts que tu as forcés à travers mon pantalon. Tu voulais les entrer en moi, n’est-ce pas? Dans une enfant, c’est ça? Tu as forcé, forcé, jusqu’à ce que j’aie mal, parce que j’avais mal, oui. Tu t’es retiré et tu es parti. J’ai eu du mal à marcher. Je me suis arrêtée. «Il ne s’est pas excusé.»
J’ai fait le lien. Mais j’avais dix ans. J’ai osé penser que tu étais peut- être pédophile. C’était ça, non, la pédophilie? La définition que tu en avais donnée… Je me suis traitée de folle. J’avais dix ans, je me suis traitée de folle. Tu ne pouvais pas être pédophile, tout le monde t’adorait! Moi aussi, d’ailleurs. Sauf qu’à ce moment, j’ai commencé à angoisser vis-à-vis l’école. Tu ne m’as pas aidée, pour être franche. D’abord, il y a eu le clavardage sur l’heure du midi avec des étrangers sur internet. Tu trouvais ça bien drôle qu’un homme dans la trentaine face des avances sexuelles à une enfant. Tu te souviens des autres jeunes? K…, J…, D…, A… et J…. Tu nous avais inscrites sur un site de clavardage et tu nous regardais faire. Tu as poussé l’audace jusqu’à demander à ma mère de signer une lettre qui te donnais l’autorisation de me garder en classe sur l’heure du midi pour me faire travailler à l’ordinateur. Félicitations!

Tu te souviens des cours de sexualité? Combien de fois tu nous les as présentés comme des cadeaux? «Si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez pas de cours de sexualité. M’dérange pas, moi, j’enseigne pas à des bébés.» Tu nous as donné un papier, à chaque élève. Tu nous as obligé à poser des questions. Tu les lisais à l’avant, celles qui n’étaient pas assez explicites, tu les jetais. Je t’ai même dis: «J’en ai pas de questions, moi!» Tu m’as répondu, que tout le monde avait des questions et qu’on était obligés d’en poser une. Je n’avais pas besoin, à dix ans, de savoir ce qu’était une fellation.

Chaque fois que tu m’approchais, je me crispais toute entière. Quand tu passais tes mains sur mes épaules, dans mes cheveux, j’arrêtais de respirer, de parler, mon cœur faisait un bond. Le traumatisme de la victime face à son agresseur, c’est ça?

Après le voyage de fin d’année à Québec, j’ai commencé à souffrir d’un trouble psychologique étrange. J’ai cherché, de l’âge de 10 à 15 ans, ce dont il pouvait s’agir. J’ai consulté un psychologue durant 7 ans (une rencontre chaque mois pour 70$ = 5880$) pour mettre le doigt sur mes problèmes, un à un. On m’a prescrit des anti-dépresseurs, que je prends depuis maintenant 2 ans (une bouteille de prozac par mois = 1000$). J’ai fait trois dépressions et une tentative de suicide. Tu veux savoir de quoi j’étais atteinte?

  • Trouble obsessif-compulsif s’étant déclenché suite à un traumatisme durant l’enfance.
  • Attaques de panique récurrentes.
  • Crises d’angoisses sévères.
  • Peur incontrôlable de l’école.

J’ai parlé pour la première fois en novembre 2007. J’ai réalisé le mal que tu m’avais fait lors d’une visite du C.A.L.A.C.S. (Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel). Je l’ai annoncé à ma mère. Je lui ai pleuré dans les bras pendant des heures. Je ne l’ai pas dit à mon père, je ne savais que trop bien qu’il serait parti à Québec en furie, et le mot est faible. Ma mère s’en est chargée et l’a retenu. Tu m’as fait pleurer. Tu as fait pleurer mes tantes, mes cousines, ma sœur. Tu t’en souviens, de ma sœur? Mon père t’aurais tué, mon frère te détestait. Ils t’ont tous fait confiance et tu en as profité. Ma famille entière m’appuyait. Et pourtant…

En février, j’hésitais toujours à porter plainte à la police. Mes parents nous ont offert des vacances. J’ai porté plainte la veille des vacances. J’ai passé une semaine de rêve, loin de ma tête. À mon retour, j’ai reçu un appel de l’enquêteur qui me disait que le procureur de la couronne avait rejeté ma requête et que l’entrevue que tu devais avoir avec lui était, du même coup, annulée. Tu as eu peur, n’est-ce pas?

Mon anxiété, je la sens dans ma tête à chaque minute. Je doute à chaque seconde. À l’école, j’ai un taux d’absentéisme assez impressionnant. Mais tu sais ce qui me rend fière? Je me sais intelligente. Malgré tout. J’ai toujours gardé une moyenne scolaire aux alentours de 85%, 98% en anglais, 92% en français, 90% en histoire de l’art. J’ai lu Freud, Socrate, Camus et Proust. J’ai étudié Le Bernin, Michel-Ange, Duchamp et Magritte. Mes professeurs me disent que j’ai du potentiel. Ils aiment mes dissertations, eux aussi. Je vais étudier à l’université en communication, branche publicité et relations publiques.

J’apprends tranquillement à vivre avec une nouvelle moi, qui vit chaque jour comme s’il s’agissait du dernier. J’ai appris à ne plus me censurer, à exprimer qui je suis et ce que je ressens, soit par l’art, l’écriture, le théâtre, et maintenant la parole…

Et moi qui n’a jamais été capable d’approcher un garçon, voilà maintenant que j’essaie de mon mieux de lui accorder toute la confiance qu’aucun homme n’a eu de moi. J’ai des passions et des buts. Je n’ai pas oublié.

Et chaque fois que j’entends parler d’un pédophile, je tends l’oreille. Quand j’entendrai parler de toi, je jure que je serai la première au front. Je sais qu’il y en a eu d’autres, j’attends. Et si elles n’arrivent jamais, ce n’est pas grave. Parce que toi, tu sais. Toi, tu vivras chaque jour dans la peur que l’une d’elles se manifeste, encore. Tu auras peur de perdre ton équilibre, de te faire sortir de force de cette jeune retraite. Je ne t’aurais pas souhaité la prison ou la mort. Ta tête est capable elle-même, de te faire justice.

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