Nunavik: la Santé des Inuits et Minnie Grey

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

Prix hommage à Minnie Grey

Raymond Viger  Dossiers Justice, Autochtone

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse souligne le parcours exceptionnel de 40 personnes qui font avancer les droits et libertés au Québec.

Une des récipiendaires que j’ai eu la chance de croiser lors de mes interventions dans le Grand Nord:

grey-minnie inuit grand nord kujjuak chartes droits et libertésMinnie Grey, directrice générale, Régie régionale de santé et des services sociaux du Nunavik (Kuujjuaq).

Je suis heureux et fier d’avoir aussi été nominé en même temps que Minnie Grey.

J’ai voyagé le Grand Nord de 1995 à 2000. Déjà à cette période, on m’avait souligné l’importance que Mme Grey avait pour la défense des droits des Inuits.

Parce qu’à cette époque, les Blancs s’accaparaient les postes de contrôles budgétaires dans le Grand Nord. En théorie, les décisions devaient se prendre par des Inuits. En réalité, des Blancs prenaient les décisions et présentaient les papiers à signer à des Inuits mis en poste pour se limiter à les signer.

Minnie Grey fait parti des premiers Inuits à dire non à ce système d’esclavagisme que les Blancs avaient instaurés dans le Grand Nord. Le pouvoir Inuit aux Inuits.

D’un côté, je suis fier que l’on remettre aujourd’hui ce prix honorifique à Minnie Grey. Je suis aussi fier de recevoir le mien en même temps que le sien. Je suis cependant déçu que le Québec ait mis tant de temps avant de reconnaître l’importance de Minnie Grey.

Ordre National du Québec

Apôtre du changement, Minnie Grey a toujours travaillé au mieux-être des membres de sa communauté, les Inuits, notamment ceux du Nunavik.

Outre qu’elle fut consultante auprès de diverses organisations, elle fut directrice (1991-2000) de l’Hôpital de l’Ungava, directrice (2000-2002) de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, négociatrice en chef (2002-2008) puis négociatrice principale (2008-2011) pour l’autonomie du Nunavik.

Depuis 2013, elle est directrice générale de la Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik. À de multiples occasions, Mme Grey s’est exprimée haut et fort sur trois enjeux chers aux siens – l’enseignement, le devenir de la jeunesse, l’autonomie de pouvoir – devant des décideurs publics, des universitaires, des intellectuels et des dirigeants d’organismes internationaux comme l’ONU.

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Les jeunes du secondaire et un voyage dans le Grand Nord

Secondaires du Cégep Sophie-Barat

L’expédition au Nunavik

Les Inuits. Une culture que beaucoup pensent connaître. Certains les appelant plus ou moins péjorativement «Esquimaux», d’autres imaginant des Indiens dans la neige. Pour lutter contre ces préjugés et ces erreurs, des jeunes de 4e et 5e années de l’école Sophie-Barat sont partis 11 jours dans le Nunavik.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneÉducation.

Cégep Sophie-Barat voyage Nunavik

Pendant 1 an, ces jeunes ont été éduqués sur l’Histoire des Inuits et des Premières Nations. Aidés et accompagnés de Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et conseils auprès des autochtones), les jeunes ont maintenant une mission: parler des Inuits et de leur Histoire pour ne pas oublier.

Mission

Partir à Kangiqsualujjuaq n’était pas le fruit du hasard. L’organisatrice, Lyne St-Louis, connait bien la région et ce petit village de 800 habitants possède une riche vie culturelle. Pour cette expédition, Élodie, Noé et leurs acolytes y sont allés en journaliste. Enregistreuse en main, ils ont vécu au rythme de la vie locale pour s’intégrer et poser des questions.

Car le plus gros du travail est à leur retour. Au travers de conférences et d’événements, les jeunes partageront leur expérience et leurs connaissances pour sensibiliser la population québécoise aux enjeux des Inuits. «Car il n’y aura jamais assez d’efforts pour sensibiliser», précise Lyne St-Louis, et il faut comprendre comment ils en sont arrivés là.

Comme dans toutes expéditions, certaines craintes peuvent se présenter au départ. Noé, élève en secondaire IV, se posait une question importante: les Inuits sont-ils toujours fâchés après les Blancs?

Durant les mois de préparation, les jeunes ont vu des films tels que We were children ou Echo of the last howl, suivis de discussions pour appréhender la réalité de ces peuples. Ils ont appris l’histoire des pensionnats et du traumatisme collectif, mais aussi de l’abattage des chiens, qui en plus d’être un crime envers ces animaux, a bouleversé le mode de vie de ces peuples.

Mais Noé est vite rassuré. À leur arrivée, leur premier contact sur place est Charlie. Un Inuit qui a marqué autant Noé que son professeur par le calme et la sérénité que dégageait cet homme.

Survie

«Les 3 mots d’ordre de ce peuple sont force, beauté et résilience», annonce Élodie. Les jeunes ont pu observer comment les habitants, avec résilience, travaillent à la survie de leur culture. Noé donne l’exemple de festins communautaires pour illustrer ce phénomène.
Plusieurs fois par an, les habitants se réunissent autour d’un festin composé de nourriture traditionnelle et contemporaine. Dès leur arrivée, les jeunes ont pu assister à celui organisé en l’honneur de la fin de la formation des femmes. Pendant cette soirée, des spectacles ont accompagné le souper, et les jeunes ont eu l’opportunité d’échanger avec les aînés.

Un souvenir agréable pour les apprentis journalistes, bien qu’ils aient gardé une gêne à poser des questions sur les pensionnats et les traumatismes du passé.

Autre exemple de force et de résilience: les cultural classes. Dans ces cours, les garçons apprennent à réparer les motoneiges et à chasser, tandis que les filles apprennent (entre autres) la couture. Toujours dans le but de conserver leur patrimoine.

Alimentation

Pendant leurs 3 jours au parc national Kuururjuaq, les jeunes ont appris à pêcher comme la tradition inuite l’exige, à chasser et à monter une tente. «Comme le répète Éric, notre professeur, il faut garder l’esprit ouvert», précisent les étudiants. Alors, après la pêche vient le repas. Au menu: du poisson cru. Et ils ont adoré ça! À part le cœur qui a laissé un souvenir plus partagé chez les apprentis pêcheurs.

Dans le Nunavik, les Inuits se nourrissent de viande et de poisson crus, tout en intégrant des
aliments plus «occidentalisés». «Mais c’est extrêmement cher», précise Élodie. À quoi Noé ajoute que les prix sont parfois 3 fois plus chers et qu’un sac de chips peut coûter 9,95$.

Pendant ces 10 jours dans le nord, les jeunes n’ont pas fait que regarder. Ils ont aussi participé. À travers du bénévolat, notamment dans les cuisines pour participer à une meilleure éducation alimentaire ou dans les écoles pour aider les jeunes avec le français.

Perte culturelleKangiqsualujjuaq parc nature communauté

Malgré la beauté de ce peuple et leur volonté de conserver leur culture, comme bien d’autres jeunes dans une situation analogue, les jeunes Inuits se trouvent pris entre deux feux. D’un côté, ils vivent dans un village isolé qui ne possède qu’une route pour se rendre à l’aéroport. Ce qui aurait tendance à conserver leur culture.

D’un autre côté, les jeunes Inuits sont eux aussi influencés par la culture américaine. Car bien qu’ils n’aient pas le réseau téléphonique, Internet et le wifi fonctionnent et ils voyagent en métropole. «Ils ont tous un iPod et écoutent Justin Bieber», conclut Élodie.

Étudier?

Comme dans beaucoup de lieux isolés, les étudiants font face à un choix difficile.

Dans le village de Kangiqsualujjuaq, jusqu’au secondaire, les jeunes peuvent rester dans leur famille pour étudier. Quant à ceux qui souhaitent continuer, ils doivent quitter leur village pour se rendre au Cégep. Élodie et Noé expliquent alors que pour beaucoup d’entre eux, ils doivent faire une année de préCégep pour se mettre à niveau.

Jusqu’en 3e année, les Inuits étudient dans leur langue: l’Inuktitut. Un moyen de faire vivre leur culture. Mais à partir de la 4e année, il bascule vers le français. Et forcément, «tu ne peux pas arriver au même résultat», explique Lyne. Les jeunes doivent apprendre simultanément une langue et une matière. Alors, forcément, les élèves ont du retard dans leurs cours.

En plus de ces difficultés linguistiques, le mode d’apprentissage des Inuits n’est pas le même que celui des autres Québécois. D’après Lyne: «Les Inuit ont le même
programme, mais il n’est pas adapté à eux, ce n’est pas assez concret. Déjà qu’en général au Québec c’est difficile… Eux apprennent selon le mode watch and learn. Le programme est trop abstrait pour eux.»

Retour

Depuis leur retour à Montréal, les jeunes ont donné quelques conférences dans les écoles pour sensibiliser la population et lutter contre les préjugés. «Car ce n’est pas vrai que tous les Inuits sont des alcooliques, s’insurge Élodie. Pour ceux qui le sont, il faut comprendre leur Histoire et pourquoi.»

À l’avenir, nul ne peut prévoir les effets de cette expédition sur les jeunes et la communauté du
Nunavik. Une relation s’est créée et les villageois demandent des nouvelles des adolescents. Parmi les apprentis journalistes, Élodie a été particulièrement influencée par ce voyage et elle souhaite désormais devenir infirmière ou ambulancière dans le Grand Nord.

Impact auprès des jeunes

Sur les 18 jeunes faisant partie de l’expédition, environ 5 sont toujours très engagés dans leur mission de sensibilisation. Une réalité, mais aussi une grande déception pour Lyne, «car les jeunes ne réalisent pas toujours le travail qu’ils ont au retour.»

«Mais c’est l’expérience d’une vie, et pour 50% d’entre eux, ce vécu aura un impact.» Si l’engagement sur le long terme de ces jeunes est difficile à évaluer, Lyne St-Louis n’oublie pas de préciser «que c’était un bon groupe», qui s’est bien adapté et a tout essayé.

Sur le court terme, Éric Laforest, professeur d’Éducation physique et de plein air à l’école Sophie-Barat, constate une réduction du bruit de la part de ses étudiants. «On se faisait souvent dire que l’on parlait trop fort», plaisante Élodie. Si Éric constate ce 1er changement, il veut surtout que ses jeunes prennent conscience d’être des privilégiés.

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Tournée: Elisapie Isaac

De Salluit à travers le monde

La portée de la chanson

Raymond Viger       Dossier CultureTélévisionAutochtone

inuit grand nord saluaitPour ceux qui ne le savent pas, Salluit est une des 14 communautés Inuit du Québec. Dans mon temps, on parlait du Grand Nord Québécois. Aujourd’hui, on parle du Nunavik.

14 communautés Inuit que j’ai visité de 1995 à 2000. Des milliers d’Inuit que j’ai rencontrés et qui ont laissé une marque indélébile dans mon coeur. J’ai voyagé le Grand Nord comme intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. D’une part, pour l’Université McGill pour enseigner comme intervenir et former des Inuits à former des formateurs. D’autre part, pour les Centre de Santé de Puvingnituk et de Kujjuaq pour intervenir dans les communautés avec les étudiants que je formais.

Cinq années où j’ai rencontré des gens formidables. Cinq années à découvrir un territoire si différent mais qui m’a charmé.

Élisapie Isaac en tournée

Elisapie isaac inuit salluit grand nordPar le hasard de ma présence sur les réseaux sociaux, je vois qu’Élisapie Isaac fait une prestation à Québec. Un spectacle de chant, une tournée musicale après avoir publié deux CD de musique et un documentaire avec l’ONF.

Élisapie a été une de mes étudiantes lors de mes formations dans le Grand Nord. Je n’ai pu résister à inviter ma conjointe Danielle à descendre à Québec pour être présent à ce spectacle d’Élisapie. Quelques minutes plus tard et nos billets étaient déjà achetés.

Cela sera une belle occasion pour Danielle et moi de prendre quelques instants de congé. Je n’ai aucune idée du type de chanson qu’Élisapie nous réserve pour sa prestation à la salle du petit Champlain à Québec. Je l’ai entendu chanter des songs throats et cela m’avait charmé. Je suis prêt à entendre n’importe les styles de musique qu’elle nous aura préparé pour son spectacle.

Élisapie a remporté plusieurs prix. Entre autre, elle a gagné le Gala ADISQ 2013.

J’ai bien hâte de l’entendre à Québec. Je vous reviendrais sur mes opinions sur son spectacle. Entre-temps, je continue à rêver de ces cinq années que j’ai passé dans le Grand Nord.

P.S. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il est très difficile de trouver les dates de spectacle à venir d’Élisapie Isaac. Après une recherche de moine, j’ai fini par trouver ces dates et ces lieux qui proviennent  de la page Facebook d’Élisapie. Les autres plateformes ne présentent que les spectacles passées.

19 avril, Le petit Champlain, Québec.

2 mai 201, LE MAGASIN GÉNÉRAL LE BRUN, MASKINONGÉ 819-227-2650

9 mai Centre Culturel Henri-Lemieux – Théâtre du Grand Sault. Lasalle

6 juillet, Place des Arts, théâtre Maisonneuve

19 juillet, Victoria Park, London, Ontario.

Si vous trouvez d’autres dates, laissez-moi un commentaire avec les informations.

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Boutique des jeunes artistes

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Oiseaux dopes

Oiseaux dopés

(Agence Science-Presse) – Il n’y a pas que les athlètes qui se dopent. Certains oiseaux migrateurs aussi! Mais on pardonnera peut-être cet écart de conduite au petit bécasseau: il doit accomplir un voyage de 3000 km, du Grand Nord canadien jusqu’à l’Amérique du Sud.

Or, en route, il s’arrête dans la Baie de Fundy pour s’y empiffrer d’un petit crustacé débordant d’acides gras oméga-3. Des biologistes ont fait le test: ils ont nourri des quails, un oiseau sédentaire, de la même combinaison d’oméga-3; leur capacité musculaire a bondi de 58 à 90%.

Ne rêvez toutefois pas: si vous voulez courir le marathon, cette recette ne vous sera d’aucune utilité, attendu que, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, les physiologies d’un humain et d’un oiseau sont très différentes.

 

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Contamination au mercure dans le Grand Nord

Dossier Environnement

Contamination au mercure dans le Grand Nord

(Agence Science-Presse) – Pour les habitants du Grand Nord, le réchauffement climatique pourrait avoir des conséquences bien plus dramatiques que la fonte du sol gelé: les années où la glace est plus mince, le mercure pourrait s’accumuler davantage dans les mammifères marins dont ces gens se nourrissent.

C’est du moins ce que suggère une équipe du ministère canadien des Pêches et océans, à partir de l’analyse d’échantillons de phoques tués entre 1973 et 2007.

Dans leur étude publiée en avril dans Environmental Science and Technology, les chercheurs émettent comme hypothèse que les années de glace mince, la morue est plus abondante, donc les phoques et les baleines en mangent davantage, donc accumulent plus de mercure dans leurs tissus.

S’ils ont raison, cela n’augure rien de bon pour les années à venir, quoique l’accélération de la fonte des glaces dans ces régions à laquelle on assiste depuis deux ans, du jamais vu là-bas depuis des siècles, pourrait avoir un impact, dans un sens ou dans l’autre, pour l’instant difficile à mesurer.

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Le Grand Nord, les eaux territoriales et l’Australie

Le Grand Nord, les eaux territoriales et l’Australie

(Agence Science-Presse) – Pendant que le Canada et la Russie se demandent qui obtiendra des droits sur des régions du Grand Nord situées au-delà de leurs eaux territoriales, le même groupe des Nations Unies chargé d’évaluer ces requêtes vient de faire de l’Australie le premier pays à crier victoire. En avril, les Nations Unies ont en effet élargi de 2,5 millions de kilomètres carrés la portion du plancher océanique considéré faire partie du territoire australien. Cela apporte à l’Australie les droits exclusifs pour l’exploitation des ressources de la mer, incluant le gaz ou le pétrole, dans ces régions.

À la base, tout pays possède les droits jusqu’à 200 milles nautiques de ses côtes (370 km); les revendications australiennes, comme celles des Russes, s’appuient sur le fait que le plateau continental sur lequel leur pays est assis, se prolonge loin au-delà de ces 200 milles nautiques.

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L’océan Arctique retient son souffle

L’océan Arctique retient son souffle

Marie-Pier Désilets – Agence Science-Presse, dossier réchauffement de la planète.

Depuis maintenant trois ans, Alexandre Forest, doctorant en océanographie, brave le froid du Grand Nord pour y étudier la grande inspiration que prend l’océan Arctique chaque printemps. Cette véritable inspiration – l’étendue d’eau emmagasine une grande quantité de CO2 suite à la débâcle printanière – aide à éliminer naturellement une partie de ce gaz présent dans l’atmosphère.

Au cours des trois années où il s’est retrouvé à bord du brise-glace de recherche Amundsen, Alexandre a noté des variations importantes dans la quantité de CO2 capté dans des algues et déchets organiques. Le jeune chercheur a ainsi en sa possession des données inédites et uniques sur la quantité de CO2 que contiennent ces particules qui tombent au fond de l’océan Arctique.

La compilation des données lui a permis de constater que la quantité de carbone organique que captent ces particules dépend directement de la période à laquelle se produit la débâcle. Si elle est hâtive comme en 2005, la croissance des microalgues est stimulée par la plus longue exposition au soleil favorisant sans doute les consommateurs secondaires comme la morue, mais diminuant la quantité de CO2 qui coule au fond de l’océan pour y être séquestré.

Si au contraire, la débâcle est tardive, comme en 2006, le phénomène inverse se produit : une plus grande quantité de CO2 contenu dans les algues et les déchets se dépose sur le plancher océanique. Par conséquent, on comprend qu’un hiver plus froid favorisera la captation de CO2 par l’étendue d’eau. D’abord, parce que l’eau froide absorbe plus de CO2 que l’eau chaude, ensuite, parce que la débâcle tardive favorise l’exportation de carbone organique vers les fonds marins. «Or il faut un juste milieu entre la rétention de CO2 dans l’océan et une production importante de zooplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire fragile de l’Arctique», explique l’étudiant.

Équilibrer politique et environnement

Le juste équilibre est d’ailleurs l’angle par lequel Alexandre Forest aborde la question des actions à prendre pour contrer le réchauffement climatique. «Il ne faut pas retourner en arrière et oublier toute la technologie au nom de l’environnement, ni ignorer la situation et poursuivre l’exploitation des ressources au même rythme.»

Ainsi, il suggère de se servir des effets a priori négatifs du réchauffement climatique et tenter de voir comment ils peuvent être utiles de façon responsable et durable. Il ajoute que, de concert avec la communauté scientifique, les politiciens doivent se pencher sur des objectifs concrets, ceux de Kyoto par exemple. «L’homme est responsable du réchauffement climatique, c’est sans équivoque. Il faut maintenant que les politiciens trouvent des façons de gratifier l’action citoyenne en matière d’environnement pour qu’elle devienne l’affaire de tous. Je n’entends pas faire de la conscientisation environnementale une mission évangélisatrice, mais je compte bien prêcher par l’exemple», conclut Alexandre Forest.

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