Spectacle gratuit de B.U au Ste-Cath

Bistro le Ste Cath, restaurant socialement engagé

Samedi le 15 août à 20h le Ste-Cath présente

Souper spectacle avec B.U et ses invités. Admission gratuite

Raymond Viger  Dossiers Le Ste-CathRestaurant

Spectacle bistronomique Ste-CathAuteur-compositeur et interprète québéco-haïtien, B.U (Be yourself) a une histoire riche en expérience. C’est l’âme artistique du Bistro Ste-Cath qu’il fait vibrer de tous ses contacts.

L’artiste s’est fait connaître en tant que rappeur, mais son amour pour divers genres musicaux l’a mené à s’entourer de musiciens variés pour métisser les genres.

L’aspect big band de ses spectacles amène d’agréables changements à sa musique qui se démarque du rap typiquement répétitif.

Durant les 20 dernières années, B.U. a performé et collaboré avec différents artistes internationaux. Il défini sa musique comme étant le son de la liberté. Reggae et musique du monde font parti de son répertoire. C’est la diversité culturelle de Montréal qui l’a fait évoluer. C’est en français, en anglais et en Créole qu’il fait vibrer la scène.

Admission gratuite pour le souper spectacle du 15 août. Réservation (514) 223-8116

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

Pour ne pas manquer les nouveautés, inscrivez-vous à notre info-lettre sur le site http://www.le-ste-cath.com.

Merci d’inviter Le Ste-Cath parmi vos amis Facebook: Bistro le Ste-Cath.

La programmation 2015 est affichée sur le site du bistro.

Bistro le Ste-Cath

bistro est montréal restaurant où manger quoi faire salle spectacleUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com

Une presse libre et indépendante en Haïti; RueFrontenac.com

Une presse libre et indépendante en Haïti

RueFrontenac.com

Raymond Viger  Dossiers Rue Frontenac.com, Médias et Internet

rue-frontenac-com-blogue-journaliste-journal-de-montreal On se souvient que les journalistes du Journal de Montréal sont en lock-out. Les journalistes, passionnés par leur travail, ont créé un site Internet et des blogues: RueFrontenac.com. Une façon originale de montrer à la direction du Journal de Montréal, Québécor et Pierre-Karl Péladeau que les journalistes ont à coeur la relation qu’ils ont développés avec leur lectorat. Et à la limite, que la direction du Journal de Montréal a plus besoin de ses journalistes que les journalistes ont besoin de leur direction!

Haïti vit des heures tragiques. Pour continuer dans leur lancés journalistiques, et rien ne les arrêtant, les journalistes de Rue Frontenac ont sollicité tous leurs amis, réels ou virtuels, pour ramasser les argents nécessaires pour se rendre en Haïti pour couvrir les événements. Nouvelle forme de financement possible pour une presse libre et indépendante en vue. Les lecteurs peuvent maintenant s’impliquer dans le financement des reportages qui les tiennent à coeur.

Pour soutenir RueFrontenac.com dans la couverture des événements qui se déroule en Haïti, ils ont un système d’amis à vous offrir. Si Haïti vous tient à coeur, vous pouvez voir sur RueFrontenac.com certains endroits pour trouver où donner pour Haïti. Cécile Gladel vous en présente d’autres.

Est-ce que Pierre-Karl Péladeau serait bon prince et ferait un don aux journalistes de Rue Frontenac pour couvrir le séisme en Haïti? Les journalistes du Rue Frontenac ne cessent de nous épater et de nous démontrer que le journalisme et l’intérêt du public sont importants pour eux. Cela mériterait sûrement un petit geste courtois de Pierre-Karl Péladeau? Qu’en dites-vous?

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apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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Entre Québec et Haïti: quelle identité?

Entre Québec et Haïti: quelle identité?

Murielle Chatelier     DOSSIERS REFLET DE SOCIÉTÉ ET Culture

Comme bien des immigrants de deuxième génération – c’est ainsi qu’on nomme officiellement les Québécois nés de parents immigrants – je me suis longtemps questionnée sur mon identité.

Élevée à cheval entre deux cultures, celle de mes parents, originaires d’Haïti, et celle de leur terre d’accueil, j’arrivais difficilement à me définir. Québécoise ou Haïtienne? À 29 ans, cette quête incessante, grandissante et profondément troublante m’a amenée à faire un long séjour dans mon pays d’origine. Six mois à la recherche de mon second moi.

Murielle Cover.jpg Le besoin de partir pour se redécouvrir

 

Les prétextes pour expliquer mon départ soudain vers la terre natale de mes parents furent nombreux. Opportunité d’emploi intéressante, besoin de changer d’environnement, envie de découvrir mes racines… La vérité, c’est que je ne savais plus où j’en étais. Dès mon adolescence, j’ai été marquée par de pénibles remises en question, au point de passer de longues heures à marcher dans les rues, avec mon lourd fardeau de questions sur le dos. Le melting pot des valeurs transmises par mes parents et celles propres à la culture québécoise m’a toujours perturbée et embrouillé l’esprit. Mais c’est lorsque j’ai intégré le marché du travail que cette quête a atteint un point culminant et est devenue intenable.

«Toi, t’es née où?» «Est-ce que tu comptes retourner dans ton pays un jour?» «Depuis combien de temps es-tu arrivée au Canada?» «Comptes-tu t’établir en banlieue comme une bonne partie des immigrants?» Voilà autant de questions auxquelles j’ai eu droit de la part de mes collègues, alors que je suis bel et bien née au Québec, à Montréal. Avant l’année 2007, je n’avais même jamais mis les pieds dans le pays de mes parents. À la longue, ces questions ont fait naître en moi un sentiment de frustration, surtout parce que j’avais toujours évolué dans la même société que mes confrères. Alors, à un moment, je me suis mise à penser que chez moi, c’était peut-être ailleurs.

Se sentir l’étrangère

Au début, quand je suis arrivée à Port-au-Prince, j’étais euphorique. Je sentais qu’on ne pouvait que m’accepter, parce qu’après tout, j’étais une des leurs. Pourtant, j’ai rapidement compris que, pour les Haïtiens, j’étais l’étrangère. Oui, même sans avoir à ouvrir la bouche, on devinait que je n’étais pas du pays. Quand je marchais dans les rues, on me dévisageait l’air de dire: «Oh! Regarde l’étrangère.» Une fois, alors que j’étais assise par terre dans un marché, au milieu des marchandises, un passant m’a montrée du doigt en disant: «C’est une diaspora (c’est ainsi qu’on appelle là-bas les Haïtiens nés à l’étranger).»

Pour survivre, je m’étais déniché un emploi de journaliste dans le plus grand quotidien de la place, Le Nouvelliste. Dans une ambiance de travail des plus décontractées, je me suis fait de nombreux amis. Même si je ne comprenais pas souvent les expressions qu’ils employaient – je maîtrise le créole, mais comme dans chaque culture, les expressions sont très «locales» – les échanges allaient bon train entre nous. Mais là encore, nos mentalités et nos préoccupations respectives étaient si diamétralement opposées que je me sentais seule dans mon coin, malgré les rires francs qui animaient nos conversations.

Murielle Dossier.jpg Québécoise ou Haïtienne?

L’un de nos points de divergence était justement ma nationalité. Après quelques semaines passées dans la capitale, il ne faisait plus aucun doute dans ma tête que je ne pouvais pas me déclarer Haïtienne. Au contraire, j’avais plus envie de me dissocier de ce peuple que d’en faire partie. Le désordre généralisé dans lequel se trouve le pays, le manque de civisme des citoyens dans les rues, cette façon que les commerçants avaient de m’escroquer impudiquement parce qu’on supposait que j’avais plus d’argent que la moyenne, tout ça m’horripilait.

Pour mes collègues, animés d’un sentiment d’appartenance qui frise le fanatisme, c’était une trahison de dire que je me sentais plutôt Québécoise. Ils ne pouvaient pas comprendre que je ne sois pas habitée du même sentiment de fierté qu’eux, qui font partie de la première république noire à avoir acquis son indépendance. C’était en 1804. Moi, je vis en 2009. Et ça, c’était encore un point qui nous éloignait: ils vivent continuellement dans l’orgueil des gloires du passé, alors que les défis du présent m’importent plus.

Pourquoi immigrer: comprendre mes parents

D’ailleurs, c’est justement ce passé qui est à la base de la mentalité de mes parents, et c’est ce que j’ai compris lors de ce voyage. Dans mon jeune âge, ils ne faisaient qu’appliquer ce que leurs propres parents leur avaient appris. Mais ils avaient peut-être oublié que les choses avaient évolué depuis, et que mon environnement n’avait rien à voir avec le leur. C’est malheureusement le cas de beaucoup de parents immigrants.

L’un des dadas de mes parents était de m’empêcher de sortir, par exemple pour aller au parc avec ma sœur ou au cinéma avec mes amis. Selon leur façon de voir les choses, «l’extérieur» est une sorte de jungle où on peut facilement être amené à sortir du droit chemin, où les influences néfastes pullulent. Ce raisonnement qui m’emprisonnait a donné lieu à des scènes familiales orageuses. Pour moi, l’extérieur est plutôt un lieu de découvertes. Mais en Haïti, j’ai bien vu que la mentalité de mes parents prévaut encore, parce que les sorties des enfants sont très limitées, et pour les mêmes raisons que naguère…

Mais j’ai aussi fait une merveilleuse découverte à propos de mes parents. Avant d’avoir visité la campagne où ils ont grandi, je ne me suis jamais intéressée à leur émigration vers le Canada. Aujourd’hui, je réalise plus que jamais le courage qu’ils ont eu de partir de si loin uniquement pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Une campagne où les commodités modernes n’existent pas, la pauvreté sévit et les espoirs se sont depuis belle lurette envolés. Mes parents se sont tenus debout, et ont franchi toutes les frontières pour atterrir à Montréal. Mon père est arrivé avec à peine 100 $ en poche, en 1972. Avec acharnement, il a travaillé pour rapatrier ma mère, en 1974. Tout ça, pour éviter à leurs enfants une vie de misère.

Murielle Ouverture.jpg Trouver son identité et comprendre ses origines

À 30 ans, je ne me demande plus qui je suis, mais bien ce que je veux être. Bien sûr, ça me fatigue et m’irrite qu’on me demande encore d’où je viens. Certes, ma relation avec mes parents n’est pas idyllique. Mais j’ai saisi le pourquoi de leur périple, et par le fait même, les raisons qui font de moi un mélange de deux cultures. Vous savez, j’aurais pu grandir en Haïti, être coincée dans ce pays. J’aurais pu ne pas pouvoir rêver comme je le fais, être condamnée à l’indigence. J’étais à deux doigts de cette vie-là.

En me faisant naître au Québec, mes parents m’ont donné toute une liberté. Après avoir passé six mois dans leur pays, je sais que le temps n’est plus au questionnement. En fait, l’unique désir que mes parents aient tenté de m’exprimer, souvent maladroitement, c’est celui de me voir profiter de ma vie au maximum et d’exploiter tous mes atouts. Ils m’ont transplantée ici pour ça, pour m’offrir cette opportunité. Alors, maman et papa, je vous le jure que j’ai compris maintenant. Et ce que je veux être, c’est ce que vous avez fait de moi: une citoyenne du monde.

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VOS COMMENTAIRES SUR QUÉBÉCOISE PURE LAINE.

Que faire après le primaire ?

Que faire après le primaire?
Chronique Les Débrouillards
Agence Science-Presse en collaboration avec le magazine Les Débrouillards
Texte : Day Robertho Isaac (Syfia International), adapté par Raphaëlle Derome

En Haïti, la majorité des jeunes qui habitent à la campagne ne peuvent pas faire leur secondaire, faute d’écoles.

Après son primaire, Jeannot a rejoint son père dans la plantation de canne à sucre. «On ne pouvait pas payer le collège», soupire-t-il, triste d’avoir dû abandonner son rêve de devenir agronome.

Jeannot a 14 ans. Il habite à Plaisance, dans le nord d’Haïti. Dans cette région, des milliers d’élèves terminent chaque année leur primaire, mais il n’existe qu’une seule école secondaire publique pour les accueillir. Ceux qui en ont les moyens fréquenteront un collège privé, où les conditions d’apprentissage laissent beaucoup à désirer. Et tant pis pour les autres…

Décrocheurs nombreux

À Plaisance, beaucoup de jeunes abandonnent l’école avant la fin du primaire. Sans métier, ils travaillent dans les plantations, deviennent «restavek»* (littéralement « reste avec », un domestique non payé que leurs parents trop pauvres placent dans des familles plus riches), ou vont grossir le nombre des enfants des rues…

À Desdunes, dans la région de l’Artibonite, la seule école secondaire reçoit plus de 300 élèves… dans le même bâtiment que l’école primaire. Pas étonnant que les jeunes Desduniens aboutissent très tôt dans des rizières.

Pourquoi ?

L’État haïtien est absent en milieu rural. L’accès aux services sociaux est difficile, ou inexistant. La moitié des Haïtiens n’ont pas accès à l’eau potable et plus du quart des jeunes vivent à plus de 15 km de marche d’une école ou d’une clinique médicale.

Heureusement, il y a des solutions. La Fondation Paul-Gérin Lajoie, un organisme non gouvernemental financé en partie par l’Agence canadienne de développement international, a développé un programme original.

Des directeurs d’école et des enseignants québécois à la retraite passent plusieurs mois avec leurs collègues haïtiens des régions de Saint-Marc, de Jacmel et de Port-au-Prince. Ils leur donnent des conseils pour améliorer l’efficacité et la qualité des écoles existantes.

L’appui du Canada a également servi à nettoyer et rénover les écoles endommagées par les graves inondations survenues en 2004 après le passage de l’ouragan Jeanne.

L’éducation, un luxe

À Haïti, plus d’un million d’enfants de 6 à 11 ans n’ont aucun accès à l’école. Ces jeunes qui vivent à la campagne ou dans les quartiers pauvres de la capitale, Port-au-Prince. Ce sont surtout les filles qui ne vont pas à l’école. Le tiers des jeunes filles âgées de 10 à 14 ans sont au travail, touchant un revenu de misère.

Pour aider : la Dictée P.G.L.

Chaque année, plus de 100 000 jeunes Québécois font une dictée en classe, puis demandent à leurs proches de les parrainer. Les écoles conservent une partie des fonds pour des projets spéciaux, et envoient le reste à la Fondation Paul Gérin-Lajoie.

Depuis 15 ans, la Dictée a recueilli plus de sept millions de dollars pour des projets d’éducation en Haïti et en Afrique.

Grandir loin de toute scolarisation

École à la maison, caravane étudiante

Réussir à l’école malgré un trouble de l’apprentissage

Kistcisakik: le village sans école

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Choisir l’école à la maison

Apprentissages clandestins

Éducation désaccordée

CAP libre: éducation alternative pour jeunes décrocheurs

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international

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Esprit blessé mais cœur intact

Esprit blessé mais cœur intact
Chronique Les Débrouillards (collaboration avec Agence Science-Presse)

Tu aimes te dépasser ? Les handicapés intellectuels aussi ! Vois comment ils aident avec cœur des jeunes déficients d’Haïti.

Cap vers les Antilles

C’est quoi, l’Arche ? C’est une communauté qui offre aux personnes handicapées intellectuellement un foyer où elles se sentent appréciées et utiles. À l’Arche Carrefour d’Haïti, tout le monde travaille ensemble, dans un atelier, selon ses capacités. On y fait du mamba, c’est-à-dire du beurre d’arachides. Certains écalent les cacahuètes, d’autres les torréfient dans une barrique au-dessus d’un feu de charbon, d’autres les broient à l’aide d’un moulin. On produit aussi du miel, du maïs et on élève de petits animaux. De quoi occuper tout le monde et gagner un peu d’argent.

Les plus jeunes fréquentent l’école «Cœurs contents». La classe de l’Arche est aussi ouverte aux enfants du quartier. Chacun apprend à son rythme.

Une famille pour Ismaël

Il y a quelques années, le curé a trouvé un enfant de 4 ou 5 ans abandonné. On l’a tout de suite accueilli à l’Arche Carrefour. Ismaël souffre de paralysie cérébrale. Il ne parle pas, ne marche pas, mais il voit et entend tout. Aujourd’hui âgé d’une dizaine d’années, il sait manger seul. Et surtout, il a découvert une famille.

Québec ♥ Haïti

Haïti est un des pays les plus pauvres du monde. Les deux Arches du pays manquent d’argent pour s’occuper de leurs 65 pensionnaires. C’est pourquoi les huit communautés de l’arche du Québec leur viennent en aide.

«Cette année, nous avons fait deux activités pour Haïti, relate Marie-Josée Hardy, qui réside au foyer La Moisson, de l’Arche Mauricie. D’abord, une vente de t-shirts. Comme dessin, on a choisi deux bateaux avec des gens qui se donnent la main. Cela représente les deux arches du Québec et d’Haïti qui s’entraident. On les a tous vendus !»

Ensuite, les pensionnaires ont organisé une vente de garage, qui a très bien marché. «On a aussi fabriqué des tirelires pour chacun des trois foyers de l’Arche Mauricie et à l’Atelier, dit Marie-Josée. Pendant toute l’année, les gens donnent. Tout va à Haïti.»

L’Arche est une organisation internationale fondée en 1964 par le Canadien Jean Vanier. Il voulait sortir les personnes ayant une déficience intellectuelle de l’oubli et de l’indifférence. Il existe aujourd’hui plus de 130 communautés de l’Arche, dans une trentaine de pays. Leurs 5 000 membres forment de véritables petites familles. L’entraide est un principe fondamental de l’Arche et plusieurs pays du Sud sont jumelés à des pays du Nord, comme Haïti et le Québec.

On compte au Québec 224 000 personnes ayant une déficience intellectuelle. Les huit communautés de l’Arche en accueillent 123.

Haïti en bref

Superficie : 28 000 km2
Population : 8,5 millions d’habitants (Québec : 7,6 millions)
Capitale : Port-au-Prince
Espérance de vie : 52 ans (80 ans au Canada)
Haïti occupe la partie ouest de l’île d’Hispaniola, dans la mer des Antilles. Haïti est le moins développé des pays des Amériques : sept habitants sur dix vivent sous le seuil de la pauvreté.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncée

Le baroudeur range son sac-à-dos: sabbatique des voyages annoncées  

Ça fait cliché ou eau de rose. Ça sonne comme un mauvais roman: je me sens comme un étranger chez moi… C’est que, depuis 4 ans, j’ai trimballé mon pack-sac à quelques reprises. Oh, pas 4 ans durant, remarquez.

 Maintenant, je suis de retour pour un bon moment. Je prends une sabattique indéterminée des voyages. Je vois la vie d’une drôle de manière. Je suis tellement sur une autre planète que je regarde les gens, même mes proches, comme si je me trouvais parmi une autre culture que la mienne. Pas toujours mais bon, vous voyez le topo.

 J’ai envie de savourer ce moment. Réapprendre à vivre chez moi! M’enraciner. Mais voilà. J’ai cet article à terminer – sur l’Afghanistan – qui m’angoisse. À vrai dire, tous mes articles qui portent sur l’international ont été douloureux à pondre. Sans exception. Peur de ne pas avoir saisi un peu d’une culture étrangère, peur de ne pas bien l’avoir rendue à l’écrit, peur d’être passé à côté du sujet, peur d’avoir mal transmis mes connaissances. Bref, je me mets une tonne de pression quand vient le temps de composer. Évidemment, je ne suis jamais pleinement satisfait. Comment rendre avec justesse – et justice! -, en quelques milliers de mots, mes liens avec ces autres cultures, mon regard, mes rencontres. Comment concilier la culture d’un pays et le sujet choisi? Alors j’angoisse devant cette tâche que JE considère titanesque. Pour la petite histoire, j’ai décidé, afin de répondre à mon besoin en ce sens, d’écrire un livre sur mes expériences délurées de voyage. J’ai en tête, et au coeur, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Vietnam, le Cambodge, Haïti, l’Afghanistan, les Phlippines, le Nicaragua et un peu de l’Europe. Se mêlent à ces pays les enfants soldats, le trafic sexuel, la guerre, la criminalité, l’insécurité sous toutes ses formes (santé, éducation, environnement, économie,..), la reconstruction d’un État. À cela se rajoutent des rencontres hors de l’ordinaire, des aventures dignes de films d’action! C’est ça, mes 4 dernières années.

J’ai vu, assez pour ne plus les apercevoir, des femmes à genoux, la main tendue vers le haut, espérant recevoir l’aumône. Jour après jour, semaine après semaine. Elles y resteront toute leur vie, si ça se trouve. Des enfants utilisés comme du vulgaire bétail à transporter des charges qu’un adulte comme moi ne parviendrai pas à soulever. Des gens qui, à longueur de vie, traîneront dans le coeur cette angoisse ancrée à jamais: vais-je pouvoir manger aujourd’hui? Mes enfants auront-ils de quoi se nourrir?

C’est ce genre de vie que j’ai côtoyée, ces dernières années. Alors pour moi, les problèmes de circulation, de grèves, les accrocs au boulot, ça me passe 10 pieds par dessus la tête. Je ne reproche en rien les gens qui en discutent, qui vivent ces problèmes. C’est là leur réalité. C’est juste moi qui cloche. Je suis encore ailleurs, voilà tout. Un étranger parmi les siens.

Pour m’enraciner, je me suis trouvé quelques moyens. Mon blogue, par exemple. Je n’y écris plus depuis belle lurette. Je vais m’y remettre. En espérant être en mesure, avant longtemps, de susciter un intérêt parmi les miens!

D’ailleurs, pour ceux qui, comme moi, se sont déjà sentis déconnectés… N’hésitez pas à me donner vos trucs! sait-on jamais, ça pourrait m’aider!

Sur ce, à demain… j’espère!

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Lueurs d’espoir en Haïti

Lueurs d’espoir en Haïti
Dominic Desmarais, Volume 16 no 1. Octobre 2007

La communauté internationale participe à sa 5e intervention en Haïti depuis 1993. Déployée en 2004, la plus récente mission des Nations Unies doit assurer la sécurité d’Haïti et rétablir l’État de droit pour permettre au pays de se développer. Un défi qui prendra des années à se réaliser alors que tout est à faire. Santé, éducation, économie, criminalité, incompétence et mentalités sont indissociables pour comprendre l’ampleur de la reconstruction de ce pays de 8 millions d’habitants.

Reflet de Société vous présente le premier volet de son grand reportage sur l’impact de l’insécurité dans la vie des gens.

Jean a le cœur brisé en se promenant sur les montagnes de Marmelade, dans la région de l’Artibonite, au nord d’Haïti. Au loin, il a aperçu deux hommes qui s’échinent à scier de larges troncs d’arbre. Jean s’arrête, les montre du doigt. «Il n’y a plus d’arbres dans mon pays, rage-t-il. Quand j’étais jeune, on plantait un arbre à chaque naissance. Un arbre, c’est la vie.»

La vue, du haut des cimes de Marmelade, donne raison à Jean. La végétation cède la place aux roches et à l’herbe rase. Les pluies torrentielles n’épargnent pas ce pays montagneux, comme le rappellent les inondations de mai et septembre 2004 qui ont fait près de 4000 morts, 2000 disparus et des centaines de milliers de sinistrés. La pluie érode la roche et la traîne vers le bas. À regarder les champs, sur le bord des routes, on s’imagine qu’il y pousse de la rocaille.

À l’image de la commune de Marmelade, Haïti vit un problème environnemental important. De 35% qu’il était dans les années 1960, le couvert végétal du pays recouvre à peine 2 à 3% du pays aujourd’hui. Sans végétation, en terrain montagneux, l’érosion risque de mettre sur la paille nombre d’Haïtiens. 90% des activités du pays sont agricoles. Jean peut bien se plaindre. Chaque arbre coupé menace le garde-manger de la population. Et pousse les gens à s’exiler vers les villes.

La marche calme Jean. Les deux hommes, avec leur scie, l’ont secoué. La nature, c’est sa vie. Il aide les agriculteurs à contrer l’érosion en construisant des murets de pierres ou en plantant des ananas, de la canne à sucre ou des herbes. Il leur apprend à mieux cultiver leurs champs. Jean est technicien agricole pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’agriculture n’est qu’une porte d’entrée pour la FAO. Car son projet, ce sont les préoccupations et les solutions de la population de Marmelade. C’est elle qui décide de tout: ses priorités et ses représentants au sein du Comité de Développement (CD). La population s’est limitée à 5 priorités: santé, eau potable, érosion, commerce pour les femmes et éducation: ces choix sont indissociables pour rehausser la qualité de vie dans la région.

«Au début, c’était difficile parce qu’ils sont habitués à des projets dirigistes, interventionnistes. Là, c’est un projet de la commune», raconte Eduardo Seminario, responsable technique à la FAO. Il est à la tête d’une équipe de 16 Haïtiens, dont la plupart sont originaires de Marmelade.

L’éducation: une préoccupation majeure

Le matin, les rues de Marmelade sont envahies par des écoliers en uniforme. Certains élèves mettent 4 heures pour se rendre à l’école. Un aller-retour équivalent à une journée complète de travail.

L’une des priorités, entre les mains du CD, est de favoriser l’accès à l’éducation. La construction d’une école pour 1000 élèves est un pas dans cette direction. «Mais c’est difficile d’apprendre quand les enfants sont mal nourris», explique un membre du CD. Selon la FAO, près de la moitié des 8,4 millions d’Haïtiens souffrent de faim. Près du quart des enfants de moins de 5 ans souffriraient de malnutrition chronique.

La faim n’est qu’un des nombreux obstacles qui expliquent qu’un Haïtien sur deux n’a pas complété ses études primaires. Madeleine, une enseignante québécoise à la retraite, est venue donner un coup de pouce à ses collègues haïtiens par l’entremise de la Fondation Paul Gérin-Lajoie (FPGL). Accompagnée de Jean-Luc, son époux, également retraité de l’enseignement, elle appuie des professeurs pour améliorer le système scolaire. «Je veux les faire bouger davantage, favoriser leur créativité, dit-elle d’un ton énergique. L’enseignement est répétitif. Ce n’est pas motivant. Ici, on a l’impression que les enfants sont une quantité négligeable. Ils ne sont pas habitués qu’on s’intéresse à eux.»

Madeleine est arrivée il y a un mois. Elle qui rêvait de s’impliquer n’a travaillé que 10 jours. Tous les matins, Madeleine se présente à l’école sans savoir s’il y aura classe. En zone rurale, la pluie est une bonne excuse pour élèves et professeurs de ne pas se présenter à l’école. Ce vendredi, malgré le beau temps, elle se butte à des classes vides; 4 des 9 enseignants ne se sont pas présentés. Il n’y a pas eu de cours depuis 3 jours. La direction n’intervient pas. Deux groupes se sont joints à d’autres classes. Les locaux vides sont envahis par des filles qui dorment, affalées sur les bancs d’école. Le regard fuyant, elles ne veulent pas expliquer pourquoi elles ne retournent pas à la maison. «Certaines sont des restavecs, explique Madeleine, compatissante. De jeunes filles offertes comme domestiques à des familles plus fortunées, dans l’espoir que ces familles paient pour les éduquer. Elles préfèrent rester à l’école. C’est leur seul moment de détente, ici», poursuit l’enseignante québécoise.

Dans la classe des 3e année, on ouvre les cahiers de mathématique. Elles ne sont que 13, cette journée-là. L’air circule mieux qu’en temps normal, alors qu’elles sont 43. Le rythme de la classe est lent. Chacune, à tour de rôle, se présente au bureau du professeur pour corriger ses exercices. Elles sont peu actives, peu participatives. À l’image du professeur qui récite sans âme des leçons sur les fractions.

L’enseignante québécoise n’est pas prête à lancer la pierre aux enseignants haïtiens. «Moi ce soir, j’ai de l’eau, un bon repas. Pas eux. Leur salaire ne vient jamais. Ils sont fatigués. Je les vois se coucher sur leur bureau 10 minutes. Trois enseignantes suivent une formation de soir. Ils ont leur classe à s’occuper, leur famille et leurs travaux. Pour la plupart, ils sont en mode survie et ça paraît. Ils auraient besoin de beaucoup d’encouragements. On ne souligne pas leurs bons coups. Alors ils agissent de même avec leurs élèves. Quand tu prends le temps de regarder ce qu’ils vivent, tu ne peux pas les juger. Mais ça ne donne pas de résultats auprès des élèves.»

Le défi de l’accès à l’éducation est de taille. Malnutrition qui rend difficile la concentration, longues heures de marche pour atteindre l’école, professeurs peu motivés et absents, écoles souvent fermées, surpeuplement dans les classes. Autre obstacle majeur: un examen national décide si l’élève de 6e année peut passer au secondaire. Le test est en français. En zone rurale, on parle créole. Tant à la maison qu’à l’école. Malgré la bonne volonté des jeunes, très peu terminent le niveau primaire.

Médecine de guerre

Autre souci pour la population de Marmelade, l’accès aux soins de santé. Les 40 000 habitants de la commune possèdent un minuscule centre de santé. Avec ses 4 médecins, dont deux Cubains, le Centre fonctionne au ralenti. Pas d’équipements pour traiter des fractures, encore moins pour opérer. La majorité des malades qui se présentent ont des problèmes de malnutrition ou de typhoïde en raison d’une consommation d’eau non potable. «L’eau est un véritable problème, affirme un membre du Comité de développement de la commune. Certains marchent la nuit pour en puiser dans la montagne. La population consomme la même eau que le bétail.» Pour Marmelade, l’amélioration de la santé passe par la captation d’une source d’eau potable.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes. En Haïti, un enfant sur 12 meurt avant d’avoir atteint 5 ans. On compte 523 décès de femmes enceintes pour 100 000 naissances. L’un des taux les plus élevés au monde. La cause est simple, selon Médecins Sans Frontières (MSF): peu de femmes ont accès aux soins obstétriques d’urgence. Pour répondre à ce problème, MSF opère un hôpital pour aider les femmes enceintes de milieux défavorisés.

«Notre objectif est de pratiquer 280 accouchements vaginaux et 120 césariennes par mois, explique Colete Gadenne, chef de mission de MSF. Nous voulions nous en tenir aux cas compliqués.» Un mois après l’ouverture de l’hôpital Jude Anne, en mars 2006, MSF atteignait son objectif. Certains mois, l’organisme pratique plus de 1000 accouchements.

Colette fait tout en même temps. Signer des chèques, régler des problèmes au téléphone, prévoir la journée du lendemain, recevoir des journalistes. Sa voix dénote un état d’urgence permanent. «Nous travaillons en surcharge totale. Nous avons dû engager plus de médecins, acheter plus de matériel que prévu. Nous recevons des gens de partout. Ça montre qu’il y a un énorme problème.»

L’hôpital Jude Anne, situé à La Saline, dans un bidonville de Port-au-Prince, ressemble à une école. À l’intérieur, le personnel est à la course. La salle d’opération est protégée par une bâche de plastique. À l’étage, les lits sont empilés les uns sur les autres pour accueillir le plus de patients possibles. Les patientes sont dans un état catatonique.

Par manque d’espace, des femmes sur le point d’accoucher attendent à la grosse chaleur dans la cour intérieure. Assises sur des bancs de bois, elles ne font rien, si ce n’est s’éponger le front. Elles observent, de l’autre côté de la grille, la longue file de gens qui espèrent recevoir des soins prodigués par MSF. L’heureux papa d’une petite fille, appelé au porte-voix depuis la cour intérieure, peine à rentrer pour rejoindre sa progéniture et son épouse. Contre la porte d’entrée, personne ne bouge. Personne ne veut céder sa place. Sortir de l’hôpital est tout aussi périlleux. Les gens sont à cran, las d’attendre.

MSF ne veut pas se substituer aux hôpitaux haïtiens. Mais la gratuité des soins offerts par l’organisme est un luxe que la grande majorité des habitants de Port-au-Prince ne peuvent laisser passer. Le coût des soins, dans le système haïtien, n’est pourtant pas élevé. Mais les gens n’ont pas d’argent. Ce qui fait rager Colette. «Le ministère de la Santé se ferme les yeux, s’emporte-t-elle. Il dit qu’il est débordé. Mais si tu fais le tour des hôpitaux, les maternités sont vides.»

Estimé et Yves, médecins haïtiens, ont une perception différente de Colette. Estimé a obtenu sa maîtrise à l’Université de Montréal. Yves, lui, a étudié aux États-Unis. Ils illustrent l’effet pervers de l’action de MSF. «À l’hôpital d’État de l’Université, le plus grand au pays, le système d’obstétrique et de gynécologie n’est pas fonctionnel. MSF est arrivé et a dit qu’il s’occupait des accouchements compliqués. Nous n’avons donc plus de cas pour former nos médecins», raconte Yves.

Ces deux médecins constatent le manque de services offerts à l’extérieur de la capitale. «La quasi-totalité des médecins restent à Port-au-Prince. Ils ne veulent pas s’installer dans les provinces à cause du manque d’infrastructures. Si tu ne peux pas opérer sans anesthésiste, tu ne veux pas y travailler», affirme Estimé.

Si les régions sont peu attirantes pour les professionnels de la santé, les bidonvilles sont également ignorés en raison de l’insécurité qui y règne.

Bidonvilles, source d’insécurité

MSF a pris le relais dans les quartiers dangereux, négociant des couloirs humanitaires avec les chefs de gangs. Femmes enceintes, blessés par balles, victimes de violence sexuelle, MSF pratique une médecine de guerre. Les gangs des bidonvilles, autrefois animés par des motivations politiques, sont passés à l’ère criminelle: massacres à la machette, fusillades dans les lieux publics, kidnappings et viols, maisons brûlées.

Apparus timidement en 2005, les kidnappings contre rançons ont atteint des sommets à l’été 2006 avec 10 cas par jour. «Les gangs contrôlaient le pays. Ils étaient partout», rapporte Edmund Mulet, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Haïti. Les Casques bleus se sont installés dans les bidonvilles, faisant passer les morts violentes de 2 par jour à 2 par mois.

Depuis février 2007, le calme est revenu dans le pays, hormis quelques zones encore problématiques comme les Gonaïves. Les chefs de gangs ont été arrêtés, tués, ou ont déguerpi. Les autres membres se sont dispersés. Les gangs n’effraient plus autant la population. Les voyous d’hier deviennent les victimes d’aujourd’hui. «Maintenant, on voit de plus en plus d’actes de justice populaire, affirme M. Faggart, représentant spécial pour la Commission internationale des Droits de l’Homme en Haïti. Une foule a lynché un jeune soupçonné d’avoir assassiné un flic. Ils en ont profité pour mettre le feu au marché ou se réunissaient les jeunes criminels. Quand on pense que le marché est le seul lieu de ravitaillement de ces gens, c’est fou!» s’indigne M. Faggart.

La population, particulièrement dans les bidonvilles, endure des conditions de vie inhumaines et explose de façon spontanée. La Saline est un dépotoir à ciel ouvert. Les gens vivent au milieu de déchets et d’eau boueuse. Les gens n’ont pas d’emploi. Quelques-uns opèrent de petits commerces, mais les acheteurs sont peu nombreux.

Il est difficile de sortir de La Saline, ne serait-ce que pour trouver un emploi. Car pour sortir, il faut un moyen de transport. Le transport coûte des sous, quand il passe. Les routes de sable, pleines de trous à faire taire les dénigreurs des rues du Québec, repoussent les conducteurs de tap-tap, des camionnettes dans lesquelles on s’entasse. L’insécurité aussi les fait prendre une autre direction.

Jean-Claude, un chauffeur de taxi, évite les bidonvilles. La suspension de sa Corolla 1984 n’est plus jeune pour rouler dans ces rues laissées à l’abandon. Les nombreux trous, leur profondeur, ne valent pas qu’il mette en péril le gagne-pain de sa famille.

La violence a réduit ses heures de travail et l’épaisseur de son portefeuille. Jean-Claude ne se lève plus à 3 heures le matin pour conduire des femmes au marché. Il ne prend plus ce risque. Ses clientes non plus, d’ailleurs. Car les femmes, piliers de la famille, étaient visées par les gangs. «Les marchés sont composés à 95% de femmes, estime Éric Calpas, de la section Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) de l’ONU. Elles ont la charge de la famille. En réduisant l’activité des marchés, les femmes rapportent moins d’argent pour combler les besoins de la famille. Les enfants ont peur d’aller à l’école.»
Malgré ces conditions, de nouveaux arrivants cognent à la porte des bidonvilles tous les jours. Ils viennent des provinces, le ventre creux. «Quand ils sont incapables de subsister, les paysans quittent pour la ville, explique M. Seminario, de la FAO. Mais les villes ne sont pas capables de les recevoir.»

Économie chancelante

Par son projet d’agriculture, la FAO espère limiter l’exode qui crée les bidonvilles, terrain fertile pour la criminalité. «En augmentant la production, on augmente le couvert végétal, donc on limite l’érosion. On ne perd pas la fertilité des sols. L’eau des rivières est plus pure, les agriculteurs font plus d’argent», analyse M. Seminario.

Marmelade vivait auparavant de la culture du café. La chute des prix combiné à l’état des routes ont forcé les gens à abandonner la production. Ils ont besoin de semences et de l’expertise d’agronomes pour augmenter et diversifier leur production.

Le Comité de développement délivre les semences fournies par la FAO. Le bénéficiaire doit remettre, à la récolte, les semences qu’il a reçues plus 1/6. Ce léger surplus permettra, l’année suivante, à plus d’agriculteurs de recevoir des semences.

En partenariat avec la Caisse populaire de Marmelade, membre du réseau Développement International Desjardins, la FAO soutient des prêts aux agriculteurs pour acheter du bétail ou stocker du grain.

Les femmes sont aussi visées. Le CD choisit d’octroyer de petits prêts de 2000 à 6000 gourdes (de 60 à 180 dollars) aux plus défavorisées. Par manque de moyens, les femmes se rassemblent en groupes de 5 à 10 pour obtenir un prêt. Elles achètent, avec l’argent reçu, des produits alimentaires pour vendre. L’équipe de M. Seminario et des employés de la Caisse les forment à la gestion et la comptabilité.

54 prêts ont été octroyés à 324 femmes qui les ont remboursés dans 95% des cas. Le CD aimerait toucher davantage de femmes, avec cette activité. «Beaucoup de femmes ne reçoivent pas de crédit», se plaint Melinda, membre du CD, tout en critiquant le taux d’intérêt de 26%.

De façon générale, la situation s’est améliorée à Marmelade. «Avec l’aide de la FAO, nos récoltes sont maintenant 4 à 5 fois plus volumineuses», raconte Lucien, un agriculteur de la région.

Cette amélioration risque de plafonner. Le délabrement des routes oblige les agriculteurs à écouler leurs surplus dans la communauté. Une production plus élevée et le manque d’acheteurs entraînent du gaspillage. Les récoltes, faute de débouchés, deviennent périmées.

Les routes d’Haïti, qui freinent le relèvement du pays, pourraient être la planche de salut du pays. Un vaste projet de construction de routes et de bâtiments mijote. «Ce qu’il faut, on le verra cette année, ce sont des travaux publics. Beaucoup de gens vont travailler. Ils vont construire des routes. Ça va déclencher une augmentation de l’activité économique», évalue l’ambassadeur Mulet, à la tête de la MINUSTAH.

La population n’attend que ça. Elle s’impatiente. Avec les trois quarts de ses habitants qui vivent avec 2$ ou moins par jour, le quart de ses jeunes de 18 ans et moins qui sont considérés comme orphelins ou enfants vulnérables, le pays risque de replonger dans ses vieilles habitudes. «On a besoin de plus de projets visibles et avec un impact direct, estime Thierry Faggart, des Droits de l’Homme. La population a besoin de voir une différence dans ses conditions de vie suite à l’amélioration de la sécurité et, pour une fois, la présence d’un gouvernement légitime. Faute de quoi, on peut basculer dans l’insécurité à nouveau.»

Un gouvernement faible

Jean L’Hérisson est à la tête d’Haïti Solidarité internationale, une ONG qui sensibilise la population sur les enjeux de la justice et de la décentralisation des pouvoirs. Selon lui, le gouvernement de René Préval hérite d’un État en décrépitude totale. «Le pays est dépourvu de tout. On sent que ce gouvernement, en place depuis un an, a des velléités de mises en chantier. Mais de la volonté, nous n’en sommes pas certains.»

L’ambassadeur Mulet y voit un problème de compétences et non un manque de volonté. «80% des gens éduqués sont partis. Il n’y a pas de cadres. C’est un problème pour l’État, la société civile et le privé», déplore-t-il. Haïti, sous dictature 35 ans depuis les 50 dernières années, n’a pas formé ses gens à prendre des initiatives.

Ce manque se fait sentir à Marmelade, comme partout au pays. Après 8 ans de formation, les agriculteurs de Marmelade ne sont toujours pas aptes à gérer des budgets significatifs malgré leurs besoins pressants. «On augmente les fonds petit à petit, explique M. Seminario. Ils ne peuvent pas en absorber plus. On décaisse l’argent progressivement, au fur et à mesure qu’ils apprennent à gérer les fonds.» M. Seminario préfère former les habitants de Marmelade de façon durable et former de nouveaux leaders locaux qui deviendront, qui sait, les politiciens de demain.

En impliquant les gens dans le développement de leur région, M. Seminario obtient des résultats inattendus. Lors des violences entourant le départ de l’ancien président Aristide, en 2004, les membres du Comité de développement ont protégé les institutions et infrastructures qu’ils avaient mises en place. «Ça démontre leur engagement, constate M. Seminario. En raison des troubles, l’équipe du FAO a quitté la région. Ils ont pris le relais. Tout est resté intact.»

Sur le chemin du retour, à bord du 4×4 de la FAO, le choc des cultures se fait sentir. Gary, comptable du projet, explose à la vue des déchets qui ornent les rues. «Je veux être dictateur, dit-il sérieux. Je vais obliger les Haïtiens à agir pour leur bien. Il y a une loi qui interdit de jeter ses déchets sur la rue. C’est pour éviter les problèmes de santé. Sous la dictature, la loi était respectée.»

Gary a 43 ans. Il est diplômé universitaire. Il a vécu sous la dictature et subi des gouvernements inefficaces. Il n’a plus de patience. Et il n’est pas le seul. C’est là tout le problème de la reconstruction d’Haïti. Elle demande du temps. 10 à 20 ans. Pour Gary, c’est trop long.

Produit grâce à la participation de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

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À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

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Haïti, Colombie et Afghanistan : Destinations soleil

Haïti, Colombie et Afghanistan : Destinations soleil

Dominic Desmarais, volume 15 no 6, août 2007

Cette année, Reflet de Société voyage au cœur de l’insécurité. Qu’elle soit alimentaire, sanitaire, causée par la violence, la guerre, la corruption ou l’absence de droits. Notre parution cherche à comprendre les impacts qui en découlent sur la vie des gens. À travers le regard de ceux qui subissent l’insécurité, de ceux qui travaillent à améliorer leurs conditions de vie, qu’ils soient originaires de pays en voie de développement, coopérants internationaux ou représentants de la communauté internationale, le magazine offrira une vision globale de ce problème. Reflet de Société s’envole donc vers des destinations soleil: Haïti, Afghanistan et Colombie. Regard sur les premières impressions laissées par ces pays et sur l’engagement du Canada en développement international.

« Haïti n’est pas Port-au-Prince ni Cité Soleil. » Le commentaire vient d’Estimé Wenser, jeune médecin haïtien venu étudier la santé communautaire à l’Université de Montréal. Le jeune trentenaire aurait pu exercer sa profession au Québec. À l’opposé de la grande majorité de ses congénères éduqués, il a choisi de travailler chez lui, en Haïti. Il remet en question les idées préconçues sur son pays et ses habitants.

« Les problèmes, c’est dans les grosses villes. Principalement Port-au-Prince et les Gonaïves », explique-t-il pour démontrer que son pays ne se limite pas aux catastrophes naturelles, à l’état d’insurrection et à la criminalité.

« L’insécurité, les kidnappings, c’est nouveau pour nous. On en entendait parler ailleurs, mais pas ici. On n’était pas habitué à ça. Les gens, en province, quand ils entendent parler de Port-au-Prince, ils ont l’impression qu’il s’agit d’un autre pays. »

L’Afghanistan n’échappe pas à cette déformation de la réalité. Chaque jour amène un nouveau décompte. Militaires canadiens, talibans ou seigneurs de la guerre, civils afghans: on suit les morts au quotidien. À croire que la guerre est omniprésente à la grandeur du pays.

« L’Afghanistan n’est pas bombardé. C’est la réalité. Dans un débat avec des pacifistes à la télévision, on a dit que l’OTAN bombarde les Afghans. Le public qui écoute a en tête des vagues successives d’avions, de troupes au sol qui sillonnent le pays à la grandeur. Mais la majorité des 26 millions d’Afghans vivent une paix relative. La guerre se limite à quelques endroits », raconte Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, affilié à l’Université de Montréal.

Pour ce chercheur, qui a été directeur de l’information internationale au journal Le Devoir pendant 12 ans, la couverture générale de l’Afghanistan est biaisée. « Les médias ne racontent pas de bonnes nouvelles parce que personne ne les lirait. On vit dans une société qui n’a pas vraiment de problèmes, poursuit-il, alors qu’en Afghanistan et en Haïti ce n’est pas ce qui manque. Les journalistes n’y passent que de 2 à 4 semaines, car nos médias n’ont pas les moyens de les envoyer longtemps. »

« Le premier choc du journaliste, en arrivant, c’est de constater que ça ne va pas si mal que ça, compte tenu de la situation. Ce qu’on lit ici n’est qu’une partie de ce qui se vit là-bas. Le lecteur moyen ne peut pas tout savoir. Celui qui veut s’informer davantage doit faire une démarche personnelle. Mais tous n’ont pas le temps de lire les rapports écrits sur ces pays », note M. Coulon.

La Colombie hérite également d’une mauvaise presse. Guerre civile, trafic de drogue et paramilitaires sont les impressions que laisse ce pays d’Amérique du Sud. « On ne peut nier le fait qu’il y a une guerre civile et qu’elle croît. Que la drogue a beaucoup à voir avec la présence des paramilitaires. Mais oui, il y a du tourisme en Colombie. Il y a de belles plages. Mais les gens n’iront pas même si leurs peurs sont exagérées », explique Philip Oxhorn, directeur du Centre d’études sur les régions en développement de l’Université McGill.

Développement Canada

Le Canada participe au développement de l’Afghanistan et d’Haïti à hauteur d’environ 100 M $ par année. La Colombie, elle, reçoit un support de près de 15 M $, principalement pour des projets de gouvernance et de résolution des conflits. Ces contributions et leurs impacts, de même que le travail des ONG canadiennes à l’étranger, sont moins médiatisés.

Les gens sont informés sur les conséquences des problèmes, pas sur les causes et les moyens de les résoudre. « Il manque une analyse plus poussée, croit Dominique Caouette, professeur en sciences politiques à l’Université de Montréal et ancien coopérant international. De par sa nature, l’information doit être médiatique. Donc, on couvre plus les catastrophes humanitaires. Le tsunami, on est en direct. Ça ne résulte pas que de la nature. Ça vient de l’homme. Mais ce qui va faire la une, c’est la catastrophe. Il manque une analyse de ce qu’est le développement. »

Si les médias sont pointés du doigt, les dirigeants sont aussi fautifs. Jocelyn Coulon, du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, pense que les politiciens ont une part de responsabilité. Utilisant l’exemple de l’Afghanistan, l’ancien journaliste estime que les libéraux de Paul Martin et les conservateurs de Stephen Harper n’ont pas suffisamment mis l’accent sur le développement.

« La mort d’un soldat canadien a plus d’impact que l’ouverture d’une école, dit-il en référence à l’implication plus militaire du Canada. Mais il ne serait pas possible de faire de développement sans un appui militaire. Dans la plupart des interventions, on a besoin d’une force militaire après le conflit pour dissuader, protéger et aider à la reconstruction. Dans le cas de l’Afghanistan, je ne vois pas comment on pourrait s’en passer. Au Kosovo, il y a encore des militaires et la guerre est terminée depuis 1993. »

Union entre l’humanitaire et le militaire?

Dominique Caouette craint que la méthode utilisée en Afghanistan, soit de réunir diplomatie, défense et développement, devienne une tendance lourde et s’exporte. « Le fait de vouloir mettre tout ça ensemble paraît logique pour qui ne connaît pas le terrain. Mais c’est impossible de les lier. L’aide au développement des ONG et de l’ACDI va être liée aux stratégies géopolitiques. Le Canada est plus neutre, mais le danger c’est qu’on soit maintenant tributaire des politiques étrangères américaines. »

Une année chaude s’annonce à Reflet de Société. Reste à voir quels préjugés tomberont à la fin de cette série de reportages

Des promesses non tenues

En 2000, les leaders mondiaux de l’époque s’entendent sur l’aide à apporter aux pays pauvres. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) voient le jour. Les États se donnent jusqu’en 2015 pour améliorer les conditions de vie des gens les plus pauvres de la planète. Pour y parvenir, les pays acceptent de hausser leurs contributions au développement à 0,7 % de leur PIB. Seuls 5 pays respectent cet engagement: le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Le Canada demeure en deçà de la moitié de son engagement en déboursant 0,3 % de son PIB pour l’aide internationale.

Les 8 objectifs du Millénaire pour le développement:

  • réduire de moitié le nombre de gens vivant avec moins d’un dollar par jour
  • assurer l’éducation primaire pour tous les enfants
  • promouvoir l’égalité des femmes
  • réduire du 2/3 la mortalité infantile
  • réduire du 3/4 la mortalité des femmes enceintes
  • combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies graves
  • réduire de moitié le nombre de gens n’ayant pas accès à l’eau potable
  • augmenter l’aide internationale et améliorer la gouvernance des pays en développement

Coups de coeur et mal de tête

L’Afghanistan, la Colombie et Haïti. L’impact de l’insécurité sur la vie des gens: une suite logique dans mon cheminement de voyage et d’intérêt journalistique. En moins de deux ans, je me serai rempli la tête de sujets aussi importants que troublants. Les enfants soldats, le trafic d’êtres humains, la reconstruction d’États, l’impact de la guerre et de la guérilla. En même temps, je me serai rempli le cœur de moments uniques et magiques. Des rencontres inoubliables, des communions de cultures différentes, des aventures surréelles et des frustrations à n’en plus finir. J’apprends à partager à la fois ce que ma tête comprend et ce que mon cœur ressent. Un art que je ne maîtrise pas encore.

Autres textes sur l’environnement.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Les voyages de Dominic, reporter de Reflet de Société

Les voyages de Dominic, reporter de Reflet de Société

Dominic Desmarais, a un blogue sur ses voyages internationaux qu’il fait dans le cadre de ses reportages pour Reflet de Société. Il manque de temps pour compléter son blogue. Trois voyages par année, un mois chacun, avec la préparation, les lectures, les contacts et tout ce que cela représente, le blogue a pris un peu beaucoup de retard.

Dominic vient de publier un article qui présente ses trois prochains voyages. Celui qu’il vient de compléter en Haiti, celui qu’il fera en Afghanistan à l’automne et celui en Colombie au début de 2008. Une série de reportage essouflant mais qui attire beaucoup d’attention.

Dans le numéro d’octobre, son reportage portera sur le voyage qu’il vient de terminer à Haiti. Dominic a quelques problèmes de synthèse. Un voyage d’un mois dans des lieux qui ont tant de choses à dire est très difficiles à synthétiser. Nous regardons la possibilité de publier des carnets de voyage. Une façon de pouvoir partager avec nos lecteurs toutes les anecdotes de ces aventures.

Nous vous tiendrons au courant des développements.

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