Séropositif : la double condamnation

Séropositif : la double condamnation

Robin Drevet       Dossiers MTS-SidaSexualité et Homosexualité

L’épidémie de VIH est une réalité rarement ancrée dans le concret. Pourtant, les personnes séropositives méritent d’être entendues, surtout depuis les dernières décisions prises à leur encontre par les instances judiciaires et gouvernementales.

L’histoire de Diane, séropositive

 

sida L’exemple le plus frappant est le cas de Diane. Cette femme a rencontré un homme avec qui elle a eu une relation sexuelle protégée. Elle ne lui a pas mentionné sa séropositivité. Ils décident ensuite de rester ensemble. Diane lui annonce alors immédiatement son statut sérologique.

Après 4 ans d’union, elle porte plainte pour violence conjugale. La justice blanchit son conjoint, décision justifiée par le fait qu’elle a d’abord caché son infection à son partenaire. Son conjoint est excusé pour son comportement violent.

Les mésaventures de Diane ne s’arrêtent pas là. Le juge décide de la condamner à un an de détention pour avoir exposé son conjoint à un danger.

Pas de justice pour les séropositifs au Québec

Cette décision ne fait qu’entériner les fortes discriminations existantes envers les personnes séropositives, que ce soit l’interdiction de circuler aux États-Unis, ou les difficultés de trouver un emploi.«L’administration québécoise est la première à refuser d’embaucher une personne car elle est séropositive, alors qu’elle devrait montrer l’exemple d’intégration et d’égalité des chances», s’exclame M. René Légaré, coordinateur en communication à la Coordination des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA)

La discrimination à l’emploi envers les personnes séropositives peut survenir dès l’embauche par l’utilisation de questionnaires dont certaines questions, illégales, portent sur la santé du demandeur. Parfois, ces renseignements personnels sont ébruités, ce qui pousse les porteurs du VIH vers la porte. Les gens ont peur de travailler avec un séropositif.

Campagne de peur contre le Sida

Les campagnes du gouvernement ou des organismes communautaires, comme COCQ-SIDA, sont souvent basées sur l’aspect dangereux et mortel du virus. «Ma position par rapport à l’épidémie, c’est que ca fait peur. Les publicités mettent l’accent sur la peur, justement», dit un jeune homosexuel de 22 ans.

Justifié par la dangerosité du VIH qui a des conséquences mortelles, ces publicités masquent une autre réalité: «on ne meurt plus du sida aujourd’hui, bien qu’on ne puisse pas en guérir. Les traitements antirétroviraux permettent d’avoir une espérance de vie d’environ 40 ans après la découverte de la maladie», explique M. René Légaré.

Discrimination: sidéens ou homosexuels?

Ces campagnes d’épouvante sont accompagnées de nombreuses mesures discriminatoires associant les séropositifs et les homosexuels et renforcent, du même coup, les préjugés et la peur que suscitent ces deux populations distinctes.

HémaQuébec, organisme collectant les dons du sang, interdit formellement aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes de donner leur sang. «Cependant, toute personne ayant eu une relation sexuelle avec une prostituée n’a qu’une période d’exclusion de 12 mois.  Nous travaillons donc à réduire la période d’exclusion à 12 mois également pour les hommes gais», répond M. Légaré. Comme si la sexualité et l’infidélité étaient moins répandues chez les couples hétérosexuels.

Dans la même veine, le gouvernement conservateur de M. Harper a fait interdire les dons d’organes par les homosexuels. Cette décision a été justifiée par le fait que le sida s’étend à tous les organes et que les homosexuels sont plus exposés que les autres au virus. Est-ce à dire que seul un homosexuel peut contracter le virus du Sida?

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.24

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Élections fédérales: Stephen Harper, Michael Ignatieff, Gilles Duceppe ou Jack Layton?

Élections fédérales: Stephen Harper, Michael Ignatieff, Gilles Duceppe ou Jack Layton?

Dossiers Politique, Stephen Harper

(Agence Science-Presse) – Harper, Dion, Duceppe, Layton? Vous êtes indécis? En réalité, vous savez pour qui vous allez voter… avant même que vous ne le sachiez vous-même!

Selon le psychologue de l’Université Western Ontario Bertram Gawronski et deux collègues italiens, les électeurs ont déjà, inconsciemment, pris des décisions, qu’un sondage habile pourrait révéler.

C’est l’exercice auquel ces chercheurs se sont livrés en Italie, et dont les résultats sont parus récemment dans la revue Science. La vitesse à laquelle les « cobayes » répondent à des questions liées à un enjeu local, serait révélatrice de la décision qu’ils ont déjà pris, et par conséquent du choix qu’ils risquent de faire, si des élections sont proches.

Il est trop tard pour adapter ce type de test aux sondages qui seront menés tout au long de la campagne électorale, mais la prochaine fois, qui sait, peut-être que même les indécis n’auront plus de secrets!

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La science perd son accès direct au premier ministre

La science perd son accès direct au premier ministre

Pascal Lapointe – Agence Science-Presse

La science ne sera pas la matière forte du gouvernement Harper. Après avoir été à couteaux tirés avec ses opposants pour ses positions sur le réchauffement climatique et, plus récemment, le redémarrage d’un réacteur nucléaire, après avoir vu certains de ses députés s’afficher comme créationnistes, voilà qu’est aboli le seul poste où un scientifique avait un accès direct au premier ministre.

Créé il y a près de quatre ans sous le gouvernement libéral, le «conseiller scientifique national» était inspiré de ce qui existe dans plusieurs pays occidentaux: les présidents français et américain, entre autres, ont, dans leur équipe proche, un conseiller scientifique. Avant 2004, le premier ministre canadien n’en avait pas eu depuis au moins trois décennies.

Arthur Carty était président du Conseil national de recherches depuis 10 ans, lorsqu’il fut choisi par le premier ministre d’alors, Paul Martin. Détenteur d’un doctorat en chimie, il avait auparavant été professeur à l’Université de Waterloo (Ontario) pendant 27 ans.

En 2006, son poste de conseiller scientifique avait été déplacé au ministère de l’Industrie. Il y a deux semaines, il a été annoncé que le poste ne serait pas renouvelé à la fin du mandat de M. Carty, le 31 mars.

«Je suis consterné que le poste disparaisse après quatre ans, et qu’il ne soit pas devenu un aménagement permanent de la science au Canada», a déclaré Arthur Carty à la revue britannique Nature. Interrogé par l’Agence Science-Presse, il a confirmé cette déclaration, mais a dit préférer ne pas donner d’autres entrevues.

Le conseiller national était «la voix de la raison au sein du gouvernement» a regretté, sur un blogue de la CBC, Bob McDonald, l’animateur de l’émission de science Quirks and Quarks. En politique, «les décisions sont rarement prises pour des raisons purement scientifiques; trop souvent, les intérêts de l’industrie, des groupes d’intérêt particulier ou un public mal informé obscurcissent la réalité. Le rôle du conseiller est de fournir de la clarté et une mise en perspective.» Ce billet a généré, en deux semaines, près de 200 commentaires, largement favorables au maintien du poste.

Ces réactions sont typiques des quelques échos qu’a eus cette nouvelle au Canada anglais. Les critiques, parmi lesquels la chef du Parti Vert, Elizabeth May, n’ont pas manqué de faire un parallèle avec le congédiement de Linda Keen, présidente de la Commission de sécurité nucléaire, et ont accusé le premier ministre de vouloir «museler» la science, spécialement si elle aboutit à des conclusions qui dérangent. En chambre, le député libéral Scott Brison, critique en matière d’Industrie, a accusé le premier ministre de faire paraître le Canada «comme la Société de la Terre plate.»

En réponse, le ministre de l’Industrie Jim Prentice a affirmé le 30 janvier que son gouvernement avait au contraire «renforcé sa stratégie scientifique» par la création, en juin 2007, d’un comité d’experts (le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation) chargé de conseiller «le gouvernement». L’influence qu’aura ce comité auprès du conseil des ministres, et plus encore du premier ministre, n’est toutefois pas claire.

Le bureau du conseiller scientifique était doté d’un budget trop maigre (un million) et d’un mandat trop vague, avaient reproché les observateurs en 2004. Au cours de ces quatre années, Arthur Carty a tout de même été derrière la création d’un Conseil des Académies canadiennes, un organisme privé à but non lucratif inspiré de l’Académie des sciences des États-Unis, qui publie ou supervise des études indépendantes sur des sujets d’actualité. Selon Nature, Carty a également contribué à faire du Canada un chef de file de l’Année polaire internationale. Mais son projet d’une consultation nationale sur le financement des grands projets scientifiques, n’a jamais vu le jour.

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