Prévenir la violence contre les enfants

Prévenir la violence contre les enfants

Geneviève Boivin                          Dossier Famille

Selon le ratio de population, il y a sensiblement autant de violence commise envers les enfants dans les régions du Québec que dans les grandes villes. Un peu partout en province, depuis maintenant 20 ans, ESPACE, un organisme communautaire œuvrant à la prévention de la violence commise envers les enfants, travaille à sensibiliser les communautés.

Lorsqu’on parle de violence, la première image qui vient à l’esprit est souvent l’agression physique. Cependant, la définition du mot est beaucoup plus large. Le taxage, la négligence, l’abus de pouvoir, l’intimidation, les agressions physiques, sexuelles et verbales sont aussi des formes de violence. Lorsqu’ils en sont victimes, les enfants peuvent en garder des séquelles permanentes.

Prévention de la violence faite contre les enfants

Dans  chaque région du Québec, il est tout aussi important de prévenir la violence faite contre les enfants que dans les grands centres. Par exemple, depuis presque 10 ans, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, l’organisme ESPACE rencontre à chaque année plus de 1000 personnes dont plus de 800 enfants âgés entre 3 et 12 ans dans le but de les informer de leurs droits.

«Les enfants sont souvent isolés parce qu’ils dépendent des adultes. C’est toutefois important qu’ils soient mis au courant de leurs droits et qu’ils sachent quoi faire lorsqu’ils sont victimes de violence», explique le coordonnateur de l’organisme, Steeve Synnott.

Partout en province, à l’exception de quelques régions, des  intervenants se rendent dans les écoles, centres de la petite enfance, organismes de loisirs et autres établissements pour présenter des ateliers créés spécifiquement pour les enfants. Leurs interventions visent notamment à montrer aux enfants comment réagir face à une situation problématique. Des membres du personnel et des parents sont aussi rencontrés par les équipes.

Les enfants sont ensuite invités à rencontrer personnellement un des intervenants pour discuter ou, s’ils le désirent, faire part d’une situation qui les dérange. «Ça nous arrive aussi de faire des interventions à court terme si un enfant nous met au courant d’une situation problématique», ajoute Monsieur Synnott.

Journée nationale des enfants au Canada

En 1993, le 20 novembre a été officiellement désigné au Canada comme journée nationale de l’enfant dans le but de promouvoir la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies. Cette convention énonce les droits humains fondamentaux touchant les personnes de moins de 18 ans afin de s’assurer qu’ils soient traités avec dignité et respect.

Depuis quelques années, le regroupement des organismes ESPACE travaille à faire connaître cette journée destinée aux plus jeunes membres de la société. Pendant l’événement et tout au long de l’année, le regroupement invite les gens à prendre le temps de s’investir auprès des enfants qui les entourent. Dans toutes les régions du Québec où un organisme ESPACE est présent, des activités se tiendront lors de cette journée si importante.

Pour entrer en contact avec l’organisme ESPACE de votre ville vous pouvez trouver toutes les coordonnées sur leur site internet: www.roeq.qc.ca

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Premiers répondants en Gaspésie

Premiers répondants en Gaspésie

Dossier Bénévolat    Réduire le temps d’attente   Geneviève Boivin

En situation d’urgence, le temps d’attente pour une ambulance peut sembler très long. Quelques minutes peuvent paraître des heures à une personne en détresse. En Gaspésie et aux Îles-de-la Madeleine, des dizaines de municipalités ont trouvé le moyen de réduire ce temps d’attente. Elles ont créé des équipes de premiers répondants. Depuis 1995, des bénévoles sont formés partout en région pour se rendre sur les lieux en cas d’urgence vitale. Les gestes qu’ils posent en attendant les ambulanciers permettent parfois de sauver des vies.

Marc Bujold est premier répondant. C’est en 2006, après être intervenu sur une scène d’accident, qu’il apprend l’existence de ce service. Il décide de former une équipe dans sa municipalité. Son objectif: recruter huit bénévoles. 15 personnes répondent à l’appel. «J’ai vraiment été surpris de la rapidité de réponse des gens. On m’avait dit que j’allais avoir de la difficulté à recruter mais ça s’est vraiment fait tout seul.» Après une formation de 60 heures, l’équipe de St-Siméon est prête à intervenir.

En cas d’arrêt cardiorespiratoire, d’hémorragie, de fracture, de noyade, de choc électrique et dans bien d’autres situations d’urgence, ils savent exactement quoi faire en attendant l’arrivée des secours. Régulièrement, ils se rencontrent avec le coordonnateur du Centre de santé et services sociaux de la région pour faire un suivi et discuter de leurs interventions. Dans leur semaine de garde, ils peuvent être appelés à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils ne savent jamais quand leur téléavertisseur sonnera ou combien de fois il le fera au cours de la semaine.

La situation est loin de déranger Marc Bujold. Selon lui, c’est du bénévolat extrêmement stimulant. «On se sent charitable envers notre prochain. C’est vraiment un travail qui en vaut la peine». Les anecdotes liées aux appels sont nombreuses, surtout lorsqu’une urgence survient en pleine nuit. Lorsqu’ils se rencontrent, les bénévoles ont plus d’une histoire d’orteils fracassés contre des meubles ou de cadres qui volent dans la maison à se raconter.

Les familles, toutes aussi motivées que les bénévoles, se joignent souvent à la course folle qui précède leur départ. Même si leur équipement est toujours prêt, l’aide de leurs proches est appréciée. Conjoints et enfants sont d’ailleurs très fiers du travail des premiers répondants.

En bout de ligne,  les visages soulagés des patients et de leur famille, lorsqu’ils arrivent sur les lieux d’une urgence, constituent la paie la plus gratifiante qui soit. «Je me souviendrai toujours de l’expression qu’avait un monsieur lors d’une de mes interventions, regardant le téléphone dans sa main et me di-sant: quoi! Déjà?»

Avec une rapidité d’intervention d’environ cinq minutes, les familles de St-Siméon apprécient beaucoup la présence des premiers répondants. «Souvent, quand on arrive sur les lieux, les gens sont surpris de voir que nous sommes déjà là.» Les ambulanciers n’en retirent aussi que des avantages. «Ça doit être un réconfort de savoir qu’il y a quelqu’un avec le patient s’ils sont partis sur un autre cas. De plus, lorsqu’ils arrivent sur place, il y a déjà une partie du protocole préhospitalier d’effectué. On les aide jusqu’au départ du patient.»

Présents partout en Gaspésie

Il existe 34 équipes semblables à celle de St-Siméon sur le territoire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, pour un total de 300 bénévoles. Il s’agit de la région au Québec où le service est le plus présent. Au départ, l’objectif était de réduire le temps d’attente des secours mais, depuis 2003, le rôle des premiers répondants s’est modifié explique le coordonnateur des équipes de premiers répondants Jacques Roussel. «Ils posent maintenant des gestes qui permettent d’accélérer le départ du patient. L’ambulancier n’a pas besoin de commencer le protocole au début et les premiers répondants continuent d’aider les ambulanciers quand ils arrivent. Cela va plus vite et les chances de survie augmentent.»

En quelques années, le réseau de premiers répondants municipaux s’est grandement développé dans la région. Si on se fie au cas personnel de Marc Bujold, le service devrait exister encore bien longtemps. «Moi, tant et aussi longtemps que je vais pouvoir le faire, je le ferai. J’ai ça dans le sang.»

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Phoque et caribou en steack haché

Phoque et caribou en steack haché

Raoul Jomphe et son documentaire  » Phoque: le film » ont eu droit à un petit reportage dans L’actualité du 15 avril. Même s’il est un végétarien endurci, Raoul Jomphe espère redonner la fierté aux Madelinôts qui se sont faits traités de barbares avec la chasse aux phoques depuis plus de 40 ans.

L’actualité nous y présente quelques chiffres de la commercialisation du phoque. 100$ pour la fourrure d’un phoque, 12.50$ pour les Oméga 3 et 72$ pour sa viande. J’ai été étonné d’y apprendre que seulement 5% de la viande du phoque est vendue! Les publicités contre la chasse aux phoques a fait certains dégats.

Les Inuits ont réussi à commercialiser la viande caribou. Ils ont été aidé pour nous la présenter dans les comptoirs des supermarchés. Il en a été de même avec un thé Inuit produit à partir de certaines herbes nordiques. Pourquoi n’avons-nous pas réussi à commercialiser la viande de phoque au Québec pour soutenir les Madelinôts?

Le documentaire de Raoul Jomphe permet de comprendre que cette chasse respecte des normes de survie et d’équilibre entre les phoques et les autres poissons. Même si je suis à 98% végétarien, j’espère que nous pourrons trouver une façon de permettre la distribution de la viande de phoque pour soutenir les chasseurs des Îles de la Madeleine. La viande de phoque devrait entrer dans notre culture au même niveau que le sucre d’érable ou la tourtière du Lac-St-Jean. Avec sa haute teneur en Oméga 3, cette viande devrait être un viande de haute qualité.

Bon appétit!

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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Partir pour mieux revenir

Partir pour mieux revenir
écrit par Dominic Desmarais, Vol 15-2, Décembre 2006

Isolée au beau milieu du golfe du Saint-Laurent, la jeunesse madelinienne s’ouvre au monde. Des stages en coopération humanitaire permettent aux jeunes Madelinots d’apprendre à se connaître et d’apprécier leur communauté.

Emmanuelle et Anne ne savaient pas dans quelle aventure elles plongeaient. À 18 ans, leur vie passée presqu’exclusivement sur une île perdue au milieu du golfe à des heures de traversier de la terre ferme, elles ont goûté à une expérience inoubliable. Un dépaysement total, travailler au sein d’une coopérative du Costa Rica, en Amérique centrale.

Pendant quatre semaines, avec huit étudiants, elles ont baigné au rythme d’une culture bien différente: celle de la communauté de Silencio et sa coopérative agroécotouristiques. En un mot, les jeunes Madelinots se sont initiés au tourisme équitable. «Au début, on ne savait pas du tout ce qu’on allait faire», se rappelle joyeusement Anne, une petite brunette décontractée et énergique.

Armés de pelles, de machettes et de scies manuelles, Anne, Emmanuelle et les autres stagiaires ont reconstruit à travers la jungle des sentiers touristiques détruits par l’ouragan Rita. Ces sentiers mènent à trois chutes où se baignent les touristes. Ils sont également utilisés pour le projet d’éducation environnementale de la coop. Les guides enseignent la diversité et les particularités de la faune et de la flore aux touristes et aux enfants des environs.

Quand ce n’était pas les sentiers, c’était les animaux de la coopérative. Sept jours sur sept, des stagiaires se levaient aux aurores pour nourrir les singes, perroquets, toucans et perruches, pour nettoyer leurs cages et aider à les soigner. Une activité alléchante. «Il y avait beaucoup de fruits… Mais ils allaient tous pour les animaux. On bavait devant les bananes qu’il fallait donner aux singes», dit Anne, malicieusement.

Dernier projet communautaire auquel les jeunes ont participé: la construction de huit cabines, petites maisons rudimentaires de deux étages en bois et en ciment, pour touristes. Avec l’aide des stagiaires madelinots, la communauté de Silencio espère prospérer grâce à un tourisme respectueux.

costa rica

Immersion culturelle
Plus que le travail, c’est l’intégration à la vie de Silencio qui a enrichi ces jeunes Madelinots. Chaque stagiaire habitait au sein d’une famille de la communauté d’accueil.

Après 45 heures d’espagnol appris en classe, le contact avec les Costaricains a permis d’améliorer la maîtrise d’une autre langue, d’une autre culture. «On a tous eu des expériences familiales différentes, explique Anne. Chez moi, la plupart du temps, j’étais seule avec ma mère. Il n’y avait pas d’enfants. J’ai trouvé ça difficile. C’est dur, il y a plein d’enfants dans le village…» Plus facile de partager avec des gens de son âge.

Plus chanceuse, Emmanuelle chérit sa famille d’adoption. Vivre avec deux frères et quatre sœurs, âgés de 15 à 20 ans, a facilité son intégration. «J’ai créé des liens incroyables avec eux. Ma sœur de 17 ans m’a appris l’espagnol, parce qu’on se parlait tous les jours. J’aimais leur vie», dit-elle, d’un ton rêveur.

L’apprentissage derrière le stage
Le stage au Costa Rica initie les jeunes à un projet coopératif, leur permettant de participer au développement agroécotouristiques. Pour les Îles de la Madeleine, le lien est évident. On a jumelé deux endroits aux accents touristiques. En s’ouvrant aux réalités des Costaricains, les Québécois s’ouvrent à leur propre réalité.

«Tout était différent, mais semblable. C’est une petite communauté de 80 familles. Ils sont tous proches», explique Emmanuelle, sitôt interrompue par Anne. «Les jeunes sont restreints dans leur milieu. Tu es obligé de partir pour étudier. Il y a beaucoup de rapprochements entre eux et nous. C’est drôle de voir ces petites situations qui ressemblent aux nôtres. Tu fais des parallèles. Voir ces gens attachés à leur communauté et voir qu’ils sont bien a renforcé mon désir de m’installer et de fonder une famille aux Îles plus tard.»

Le travail et les discussions avec les gens de Silencio ont favorisé la réflexion sur le développement qu’elles souhaitent pour leurs îles: une communauté où les liens entre les membres sont plus importants que le développement. Rester soi-même plutôt que de se travestir pour amener davantage de touristes et de retombées économiques.

costa rica

Le financement
La préparation du stage a demandé 15 mois. Les stagiaires dénichent des fonds: vente de produits équitables, loterie-voyage, recherche de commanditaires. «À travers la campagne de financement, les jeunes se créent un réseau. Ils ne connaissent pas les intervenants socio-économiques. Ils vont les voir pour leur financement. Quand tu es bien réseauté, c’est toujours plus facile de trouver un emploi», raconte Marie-Élaine Guay, coordonnatrice des stages, qui n’en revient pas de la générosité des Madelinots. «Notre population de 14 000 habitants a rapporté 70 000$. Nous avons reçu 10 000$ de l’extérieur. Le milieu répond de façon incroyable!»

Amarres & Voilures
Le programme Amarres & Voilures a été créé par le Cégep des Îles-de-la-Madeleine, en coopération avec le Carrefour jeunesse-emploi des Îles. L’objectif: développer une conscience citoyenne, une ouverture sur le monde et l’engagement des jeunes aux Îles.

Le directeur du cégep, Maurice Papineau, a donné le nom d’«Amarres» pour renouer ou tisser des liens avec des pairs de sa communauté et des groupes sociaux. Et «voilures» pour aller voir ailleurs, y apprendre la différence et la ressemblance; découvrir des alternatives, des solidarités et des projets à rapporter.

«Les gens s’inquiètent, parce que leurs jeunes quittent les Îles. Pour moi, la meilleure façon de les garder, c’est de les mettre dehors. Leur donner des expériences significatives qu’ils pourront utiliser dans leur vie ici. Le rôle du cégep est de donner des cours, mais avant tout, c’est un outil de développement des personnes et de la région. La masse critique des Îles sort d’ici», explique-t-il d’un ton convaincant.

Un projet pour l’avenir des Îles
Les Îles de la Madeleine comptent environ 3300 jeunes. Après avoir connu une baisse de la population jeune entre 1991 et 2001, le beau temps est de retour. Les 24-30 ans reviennent. Le maire Joël Arsenault affiche son optimisme. Parti à 16 ans, il est revenu à 41 ans. Personne ne voulait rester aux Îles, faute de débouchés.

Il voit Amarres & Voilures comme un «work in progress». «L’attrait de nouvelles expériences sera toujours là. Je l’espère! Il faut positionner les Îles comme un endroit où il fait bon revenir. Si j’avais eu un programme comme ça, je n’aurais pas eu un préjugé négatif comme je l’avais en quittant. Avant, on partait jeunes et longtemps. On partait sans avoir de racines. Avec Amarres & Voilures, ils font leurs deux années de cégep ici. Ils partent ensuite trois ou quatre ans. Les chances qu’ils reviennent sont plus grandes, parce que les expériences significatives développent leur attachement. Moi, je ne veux surtout pas les attacher pour qu’ils demeurent.»

La communauté madelinienne y gagne. Par ces expériences, les jeunes complètent leur cégep aux Îles, plutôt que de s’exiler à la fin de l’adolescence. «À partir du moment où le jeune s’engage dans un stage, il s’engage à le mener à terme. Au retour aussi, pour redonner à la communauté», assure le directeur du Cégep. Par exemple, des stagiaires ont raconté leur périple au Costa Rica à des classes de 6e année, à Fatima, aux Îles. «Les profs ont trouvé ça génial. Nous étions cinq. Nous avons parlé de la communauté de Silencio, du pays, de notre préparation, on a montré des photos et on a parlé des animaux. Ça les a impressionnés! Quand on est sorti, ils avaient tous le goût de faire le stage», explique Anne, avec entrain.

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Un partenariat enrichissant
La communauté de Silencio retire des bénéfices de cet échange. Un deuxième volet est en branle. Cette fois, huit élèves et quatre jeunes travailleurs s’envoleront en décembre prochain pour le Costa Rica. En plus des travaux communautaires, les stagiaires réaliseront un cahier «nature» trilingue (anglais, espagnol, français) sur la diversité de la faune. Les enseignants du primaire costaricains et les touristes sont ciblés.

Silencio recevra également des conseils pour le compostage. Emmanuelle et Anne, après leur stage de l’an passé, rempilent une seconde fois. «On repart en décembre pour trois mois. On s’est aperçu qu’ils avaient des problèmes de déchets. Ils les brûlent le matin. C’est incroyable comme perte, s’exclame Emmanuelle. Marie-Élaine a pensé à un projet de compostage. Elle savait que je prenais une sabbatique, que je tenais à y retourner. Anne et moi, on pouvait partir. Elle nous a approchées.»

Les deux élèves de 19 ans amorcent un partenariat avec la municipalité, pour leur projet de compost. «Comme on est allé au Costa Rica, on sait ce qu’ils ont, quels sont leurs besoins. On va les rencontrer, famille par famille. Les informer, parce qu’ils ne savent pas que le compost existe et que ce n’est pas un gros effort. On va préparer le terrain pour les prochains stagiaires», dit Anne. Le département des sciences du cégep prendrait le relais, l’étude terminée.

Le directeur du cégep est fier de la tournure du projet. «Il amène un questionnement chez le jeune. Qu’est-ce que je veux faire? Je peux le faire aux Îles? Si je quitte, pourquoi? Si je reste, pourquoi? Qu’est-ce que je peux donner aux Îles? C’est extraordinaire comme ils veulent, les jeunes! Au terme, ils n’ont plus les mêmes yeux. Ils changent de personnalité. Plus extravertis, confiants. Les participants, j’en suis convaincu, n’auront jamais l’impression d’être des nobodies

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/24/des-etudiants-etrangers-stimulent-la-gaspesie/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/01/desintox-en-gaspesie/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/04/5-artistes-du-cafe-graffiti-en-europe/

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Les Îles de la Madeleine

Les Îles de la Madeleine

Notre journaliste, Dominic Desmarais est quelque peu en retard sur son blogue. Je me permets de prendre la relève pour donner quelques nouvelles sur ses déplacements.

Dominic a passé près d’une semaine a rencontré des organismes des Iles de la Madeleine fin septembre. Un reportage intéressant qui sera publié dans le numéro de décembre de Reflet de Société.

La semaine prochaine, Dominic sera au Saguenay pour quelques articles et pour rencontrer les responsables de l’école de journalisme Art et technologies des médias du Cegep de Jonquière. Un projet novateur et très intéressant est en cours de discussion.

Dominic finalise ses préparatifs pour un départ de 6 semaines au Viet-Nam et au Cambodge. Le reportage portera sur la traite des blanches et la prostitution internationale.

Tous ces préparatifs et déplacements expliquent sa difficulté à trouver du temps pour bloguer.

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Des étudiants étrangers stimulent la Gaspésie

  


Des étudiants étrangers stimulent la Gaspésie

Par Dominic Desmarais

Les Cégeps des régions s’ouvrent à l’international. À Gaspé, l’arrivée d’étudiants de l’Île de la Réunion évite de suspendre des cours. Et change les mentalités.

Dorine et Sébastien, un jeune couple de l’Île de la Réunion, sont venus chercher l’eldorado… à Gaspé. Ils ont sauté sur l’occasion offerte par leur pays: une bourse et un billet aller-retour pour étudier au cégep de Gaspé. Au prise avec un taux de chômage qui frise les 35% chez les jeunes, cette petite île, département de la France, pousse ses étudiants à s’installer en sol canadien à la fin de leurs études.

Sébastien fait une technique en maintenance industrielle. Il reluque les éoliennes gaspésiennes pour se dénicher un emploi et demeurer dans la région. Trapu, les cheveux courts, son sourire qui ne le quitte jamais lui donne un air des îles.

Dorine, sa compagne, est de nature timide. Une force tranquille qui se mélange bien avec la foule homogène de Gaspé. Chômeuse dans son pays, elle s’est inscrite en bureautique. «J’avais envie de partir. Envie d’apprendre autre chose», dit-elle.

Cette année, la délégation réunionnaise compte 11 représentants. 11 étudiants qui apportent un souffle nouveau au cégep. «Ça change, dans une classe. Ils sont plus scolaires. Quand quelqu’un est à son affaire, fait ses devoirs, il y a un effet d’entraînement. On sait qu’au Québec on a un relâchement au Cégep…», explique Lorraine Blais-Morin, directrice du cégep de Gaspé.

Dorine fait partie de ces étudiants modèles. À sa première année au Cégep, elle est en nomination pour le prix de l’excellence. C’est Sébastien, d’un ton fier, qui livre cette information. Dorine sourit, gênée. Elle n’a rien à rajouter.

Survie des cours

Si l’arrivée de jeunes Réunionnais ne se traduit pas en capital pour l’institution, l’ajout de nouveaux étudiants, dans un Cégep qui manque de clientèle, assure pour le moment la survie de certains cours. «Nous avons une entente Québec-France. Ils n’ont pas à payer de frais de scolarité. Comme tel, ces étudiants ne nous rapportent pas plus. Mais nous sommes en dessous du plancher pour le nombre d’étudiants, dans certains cours. Le programme de maintenance industrielle forestière est sauvé grâce à 4 Réunionnais qui arrivent», avoue la directrice de l’établissement.

Ces 4 étudiants permettent de sauve-garder des emplois d’enseignants et permettent à des jeunes de la région de poursuivre leurs études sans s’exiler. Mme Blais-Morin l’avoue d’emblée. En raison de la baisse démographique de la région, elle a dû faire des contorsions pour ne pas suspendre certains programmes. «Il a fallu rassembler des 1ères et des 2èmes années pour former une classe. Notre option en génie électrique et télécommunication est suspendue. C’est triste, parce que nous avions un placement de 100%.»

L’arrivée de ces jeunes, d’une autre culture, favorisera la créativité des enseignants, croit Mme Blais-Morin. «L’an prochain, on attend 4 Réunionnais en foresterie. C’est spécial, ils n’ont jamais vu d’épinette! C’est un bon stimulant pour les enseignants parce que juste s’adapter, tenir compte de ces jeunes, c’est un beau défi. Ils doivent adapter leurs cours pour que l’apprentissage soit transférable s’ils retournent vivre chez eux.»

La délégation de l’Île de la Réunion n’apporte pas que des bénéfices scolaires. Le contact avec une autre culture, dans un endroit où l’on retrouve très peu d’immigrants, est source d’enrichissement. «On a fait une soirée au cégep, pour faire découvrir notre musique et la bouffe de chez nous», raconte Sébastien. Cette soirée a eu des échos, de sorte que Sébastien a été invité à jouer au DJ dans un resto-bar branché de Gaspé. «J’ai plein d’amis qui disent qu’ils vont venir avec nous quand on va retourner dans 3 ans pour des vacances», rajoute Sébastien, avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Le démarchage des Cégeps

Développé par le ministère de l’Éducation, au profit des établissements en région, le démarchage des étudiants réunionnais prend de l’ampleur. En 2004, 6 Cégeps ont envoyé un représentant sur cette petite île de l’océan indien, à l’est de Madagascar. Un an plus tard, 17 Cégeps jouaient des coudes pour attirer d’éventuels étudiants.

Josyane Laroche, coordonnatrice au développement du cégep, s’est pointée en novembre 2005 pour recruter des élèves. Pour se vendre, elle a axé son discours sur la région. «On a 2 minutes pour se présenter. Je représente l’ensemble des 4 centres, soit Gaspé, Grande-Rivière, Carleton et Îles-de-la-Madeleine. Comment faire en 2 minutes? Parler des 4 centres? Des programmes? On a tous, les 17 Cégeps, les mêmes programmes. Comme nous sommes situés au bout du Québec, ils pensaient que c’était froid… J’ai capté leur intérêt en vantant les grands espaces, la mer, les montagnes, la forêt», résume Mme Laroche, qui est revenue épuisée de ses 10 jours là-bas. C’est pour cette raison que Dorine et Sébastien ont choisi Gaspé. Et les possibilités d’emploi avec les éoliennes.

Mme Laroche a réussi à en intéresser plus d’un. Le Cégep attend de 15 à 20 étudiants réunionnais pour l’an prochain. «J’ai trouvé ça difficile à faire, avoue la coordonnatrice. Peut-être parce que je suis mère… Ils quittent tout. Cet aspect-là, je le trouvais difficile. Nous, on y va pour un projet d’études. Eux, c’est un projet de vie», raconte-elle avec empathie.

Comme une mère, Mme Laroche s’inquiète pour eux. «Ce ne sont pas des jeunes plaignards. Il faut faire attention. On veut les intégrer auprès des étudiants. J’en ai un qui a beaucoup d’activités en plein-air, qui n’a pas d’amis le soir et la fin de semaine. Ils sont placés en résidence, tous ensemble. Ils se mêlent moins.» Mme Laroche regrette aussitôt ses paroles. Elle ne veut pas donner mauvaise presse au programme. Comme si, dès la deuxième année où l’établissement accueille des étudiants étrangers, tout devait être parfait. Juste le constater témoigne de son intérêt.

Elle peut se consoler en regardant Dorine et Sébastien, les deux tourtereaux. «On avait du mal au début. On allait à des soirées. On restait seuls, trop gênés. Les Québécois sont venus à notre rencontre», admet Dorine tout en soulignant que son petit ami et elle fraternisent surtout avec les locaux, plutôt que leurs concitoyens. Ils ont quitté la résidence du cégep pour se dénicher un appartement. Ils ont reçu des meubles. Sébastien s’est procuré une voiture. Ils adorent l’hospitalité des Québécois.

«Nous avons passé le nouvel an à Québec et en Mauricie. On a skié!» s’exclame Sébastien, qui n’avait jamais vu de neige auparavant. Ils envisagent découvrir un peu plus la province cet été. Aussi bien en profiter, un stage attend Sébastien aux prochaines vacances estivales.

L’intégration de ces 2 jeunes Réunionnais est la meilleure vitrine du cégep. En appréciant leur séjour à Gaspé, ils feront de bons ambassadeurs en attirant d’autres jeunes de l’Île. À les entendre vanter les mérites de l’enseignement, de la proximité des professeurs et de l’aide reçue de familles gaspésiennes, tout porte à croire que le Cégep est sur la bonne voie.

Gaspé se mondialise

Recette pour une mondialisation réussie

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