Condamnation de Burger King: Protection des consommateurs, la publicité et les enfants

Condamnation de Burger King

Protection des consommateur: la publicité et les enfants

Lisa Melia     DOSSIER Protection du consommateurPublicité

Pour la quatrième fois, la justice québécoise condamne une entreprise en vertu de l’article 248 de la Loi sur la protection du consommateur interdisant les publicités qui visent les enfants de moins de 13 ans. En 2007, Burger King offrait en effet des jouets avec l’un de ses menus, ce qui représente une violation de la loi pour laquelle la firme devra payer une amende de 12 000 dollars puisqu’elle a reconnu les faits et plaidé coupable. Saputo, General Mills et l’agence P2P l’ont précédés.

L’impact de la publicité sur l’obésité et la malbouffe

La Coalition québécoise sur la problématique du poids, à l’origine de la plainte, se félicite de l’issu de cette poursuite intentée par l’Office de la protection du consommateur. Suzie Pellerin, la directrice de la Coalition poids, souligne que les enfants reçoivent des publicités incitant à la malbouffe tout le temps et partout. «Quand on sait qu’à partir de l’âge de 5 ans, les enfants influencent les achats de la maisonnée, on comprend pourquoi la publicité de malbouffe contribue, selon l’Organisation mondiale de la Santé, à l’épidémie d’obésité que nous connaissons actuellement.»

La Loi de protection du consommateur

«La publicité “à but commercial”, destinée à des personnes de moins de 13 ans, est interdite», indique le texte de loi qui prévoit quand même des exceptions. Cette interdiction est motivée notamment par des recherches selon lesquelles les enfants ne feraient pas la différence entre la publicité et la réalité. Ils prêteraient ainsi à leurs jouets beaucoup plus que ce qu’ils peuvent réellement faire, notamment à cause des publicités. La Suède, tout comme le Québec, s’est doté d’une législation prohibant la publicité pour les moins de 13 ans et essaie d’influencer les autres pays de l’Union Européenne en la matière.

La cyberpublicité

Avec Internet, une nouvelle problématique apparaît, celle de la cyberpublicité, plus difficile à contrôler et à réguler, qui offre en plus une interactivité qui permet aux enfants de consommer tout de suite. L’Union des consommateurs souligne le manque de transparence des cyberpublicités et la difficulté d’appliquée la Loi sur la protection des consommateurs telle quelle à l’espace Internet.

Burger King plaide coupable

La chaîne de restauration rapide Burger King a plaidé coupable pour les six chefs d’accusation et s’est engagé auprès de l’Office de protection du consommateur à ne pas mettre davantage en valeur les jouets dans ses publicités. L’Association canadienne des annonceurs (ACA), tout en soulignant que la loi québécoise doit être respectée, s’interroge sur l’utilité d’une interdiction pure et simple. Le Canada anglophone a mis en place des règlements stricts, ce qui, d’après l’ACA, est plus efficace pour les enfants qui apprennent alors à réagir à un message publicitaire. Cependant, la Coalition Poids rappelle que Mc Donald’s est également poursuivi par l’Office de protection des consommateurs et que son procès aura lieu sous peu.

Pour en savoir plus

La Loi de protection du consommateur relative à la publicité

Le site de l’Office de protection du consommateur

Le site de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

La cyberpublicité selon l’Union des consommateurs

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T’es-tu vu quand t’as bu?

T’es-tu vu quand t’as bu?

Lisa Melia     Dossier Alcool et drogue

Le 9 mars dernier, les députés français ont adopté un projet de loi visant à interdire la consommation d’alcool pour les mineurs. L’interdiction pour les moins de 16 ans existait déjà – et n’était déjà pas respectée. Cependant, entre 16 et 18 ans, la vente d’alcools “non forts” était autorisée. Pour ma part, je ne me sens pas vraiment concernée par ce projet de loi: je ne bois pas, par goût plus que par conviction d’ailleurs.

Projet de loi pertinent?

En France, certains considèrent ce projet comme inutile: 18 ans ou pas, un jeune qui veut boire boira. Surtout que l’interdit représente un certain attrait pour pas mal d’ado. De plus, les jeunes sont lassés d’être considérés comme des irresponsables qui boivent et fument pour suivre le “troupeau” des copains. Marre d’être tous mis dans le même panier. D’autres, en revanche, s’affolent des chiffres de comas éthyliques. A même pas 15 ans, le nombre d’adolescents qui a déjà été saouls est élevé – et effrayant. A seulement 11 ans, 59% des français ont déjà bu de l’alcool. A 13 ans, 16% ont déjà été ivres. Le chiffre grimpe à 41% pour les jeunes de 15 ans. C’est pourquoi d’aucuns pensent qu’il faut absolument encadrer la vente et la consommation d’alcool pour éviter les drames.

Les jeunes, l’alcool et le Québec

Tout ça pour en arriver à la façon dont ça fonctionne au Québec. Lors de ma première visite, en vacance avec mes parents, j’avais 17 ans. Je n’étais donc pas majeure, ni en France, et encore moins au Canada. Comme cela arrivait très souvent en France, mes parents m’ont demandé d’aller leur acheter deux bouteilles de bière pour la soirée; accompagnée de ma petite sœur. Naturellement, l’alcool était pour eux.

Je me souviendrai longtemps des yeux écarquillés du vendeur qui a refusé catégoriquement de me vendre la moindre goutte d’alcool. D’autant plus que lorsqu’il m’avait demandé mon âge, j’avais bien sûr dit la vérité. Mon accent français m’a sauvé, mais l’épisode est maintenant inscrit dans l’histoire familiale et continue de nous faire rire. Et pourtant, la France prend le même chemin puisque la vente d’alcool à toute personne qui n’est pas majeure est maintenant interdite en France aussi. Mais la différence principale est que les commerçants québécois appliquent la loi, eux!

Les jeunes et l’alcool: préconiser l’interdiction ou l’autonomie?

Et pourtant, je me demande vraiment si l’interdiction est la bonne solution. Les jeunes trouvent toujours le moyen de se procurer l’alcool qu’ils veulent. En falsifiant les cartes d’identité, ou tout simplement en demandant à une personne majeure.

Mais même si les chiffres français de la consommation des adolescents font peur, je trouve que laisser aux jeunes une certaine autonomie est important. La plupart d’entres eux font peut-être un ou deux excès, mais cela leur permet aussi de connaître leurs limites, et de les respecter par la suite. Grâce à ça, ils savent boire.

Une amie m’a raconté une anecdote. Alors qu’elle avait 17 ans, sa classe a fait un échange scolaire avec un lycée américain. Quand lesdits américains sont venus en France, ils ont été ravis par la facilité de se procurer de l’alcool. A tel point que plusieurs d’entre eux ont beaucoup trop bu et qu’une jeune fille s’est retrouvé à l’hôpital dans le coma. Selon mon amie, l’explication est simple: ils ne savaient pas boire et ne connaissaient pas leurs limites.

C’est toujours un débat difficile. Faut-il protéger les jeunes d’eux-même, tout en sachant que de toutes façons ils trouveront toujours le moyens de contourner l’interdiction, ou faut-il leurs faire confiance, en sachant que le verre de trop peut avoir des conséquences dramatiques voire irréparables?

Vos commentaires sur le projet de loi français sur l’interdiction d’accès à l’alcool aux jeunes

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