Dossier Taz Pas juste un skatepark

Dossier Taz

Pas juste un skatepark

Gabriel-Alexandre Gosselin      DOSSIER Taz Skatepark

Calendrier 2011 du spectacle aHÉROSol

Plus qu’un formidable terrain de jeu pour les adeptes de sports extrêmes, Le TAZ est aussi un organisme à but non lucratif (OBNL) créé en 1996 dont la mission citoyenne se poursuit encore aujourd’hui. Un skatepark peut-il être socialement responsable et engagé?

image Marianne Villandré-Côté faisait de la gymnastique jusqu’à son adolescence. Fatiguée de la compétition, mais toujours avide de sensations fortes, elle se convertit au roller-blade grâce au TAZ. Lors de sa fermeture en 2001, elle y donnait des cours. Elle vient de compléter une technique en éducation spécialisée et s’implique «à 100%», comme elle aime le dire, dans la réouverture du centre. Marianne occupe désormais le poste d’intervenante.

«Nous nous retrouvons avec un nouveau TAZ entre les mains et surtout, nous sommes 8 ans plus tard. Tout est à revoir du côté de l’intervention », explique-t-elle d’entrée de jeu.

Un seul aspect de l’ancien Tazmahal s’est, selon elle, transmis vers sa réplique actuelle située dans le Complexe environnemental de Saint-Michel. «On vise toujours la cohabitation entre les différentes pratiques, ainsi que la cohabitation entre l’esprit jeune du sport extrême et les familles qui viennent dans notre édifice.» Marianne mentionne la différence entre Le TAZ et d’autres skateparks qui donnent des plages horaires fixes selon chaque pratique sportive (skateboard, patins, BMX). Cette façon de faire a ses avantages, comme par exemple d’éviter les confrontations entre athlètes de sports différents, «une guerre qui a toujours existé. Mais c’est justement le genre de défi qu’on recherche au TAZ. On veut créer une communauté plus large, favoriser le respect.»

Ainsi, dans le skatepark, environ six surveillants, techniciens et intervenants sont à l’affût en tout temps. La plupart d’entre eux patrouillent en patins ou en skateboard, une façon de se fondre dans le décor. Leur travail consiste à assurer la sécurité (port d’équipements de protection, circulation) et de gérer les conflits qui peuvent survenir sur les plateformes: les skateboarders et les patineurs qui trouvent que les BMX prennent trop de place et vice versa, les débutants qui ne savent pas circuler dans le skatepark, les plus expérimentés qui prennent trop d’espace et circulent dangereusement se croyant tout permis, des jeunes qui se frustrent parce qu’ils peinent à réussir un truc. «Notre but est de ramener le calme, sans prétendre que l’incident n’a jamais eu lieu. On veut générer la bonne humeur et l’ouverture d’esprit de la part de tout le monde.»

Approcher l’autre

À ce travail général s’ajoute une intervention plus personnalisée. Marianne Vilandré-Côté dit porter une grande attention à cet aspect de son travail. «Je me sens portée vers ceux considérés comme des ‘‘cas à problèmes’’. Dans mes expériences antérieures comme intervenante, j’ai tellement appris d’eux.» Elle souligne le défi de créer un lien de confiance avec certains de ces jeunes. «Ces cas-là ne se règlent pas en claquant des doigts. Ça implique un travail à long terme. Ce que je préconise, c’est de leur donner des objectifs pour les faire revenir. Un jeune peut manquer de motivation à l’école, mais être vraiment branché dans un skatepark. Si venir ici le valorise, tant mieux!»

image À ce chapitre, Marianne se donne un premier mandat: la rédaction d’un guide d’intervention efficace pour tout le personnel du TAZ. «Sur place, on est deux qui ont la formation comme intervenant, mais toute l’équipe est consciente des réalités du milieu, des situations qui peuvent arriver. J’aimerais les aider à aborder chaque individu avec une approche adaptée.»

Une méthode qui roule

Les méthodes d’intervention ne sont pas établies de façon systématique au TAZ. Elles ne l’ont jamais vraiment été  d’ailleurs. Le personnel du centre cherche plutôt à utiliser la force du milieu du sport extrême et l’intérêt qu’il suscite  chez les utilisateurs pour intervenir.

«À l’époque, ma drogue, c’était Le TAZ! L’endroit a vraiment changé ma vie. Il m’a permis de m’épanouir dans le bon sens du terme. Ça aurait été tellement facile de déraper avec les tendances que j’avais», se souvient l’ancienne rebelle devenue intervenante. Même son de cloche chez Stéphane Julien, utilisateur de longue date du TAZ et aujourd’hui patineur professionnel: «Le temps que je passais ici quand j’étais jeune, c’est du temps que je passais à ne pas faire de conneries. Ou du moins, des conneries qui auraient pu me coûter cher!» Ces deux personnes sont la preuve vivante que l’intervention, ce n’est pas tout. Seule la force d’un milieu bien exploitée peut faire la différence.

Reflet de Société, Vol. 18, No. 3, Juin/Juillet 2009, p. 14-15

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Calendrier 2011 du spectacle aHÉROSol

Nanotechnologie sur les planches

Nanotechnologie sur les planches

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) – Invisible et complexe, le domaine des nanotechnologies reste encore à découvrir et à questionner. Pour lever un peu le voile sur ce monde infiniment petit, la troupe du Théâtre Parminou présentera aux 24 heures de science, une pièce sur le sujet.

Le réel invisible met en scène trois jeunes du secondaire pris avec un travail scolaire à réaliser sur les nanotechnologies. Pour réaliser cette présentation devant la classe, ils devront faire de la recherche et de nombreuses découvertes sur un monde qui leur est autant étranger qu’invisible.

Le théâtre, un outil de vulgarisation

«C’est un moyen de vulgariser notre récent avis sur les nanotechnologies qui s’adressait aux députés et aux adultes. Avec cette pièce de théâtre, nous voulons rejoindre le plus de gens possible, particulièrement les jeunes», explique Emmanuelle Trottier de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie, l’organisme instigateur de cette pièce.

Le réel invisible s’attache principalement à démystifier les nanotechnologies et non pas à détailler toutes les innovations. Avec l’aide d’un meneur de jeu, la pièce vise aussi à susciter la réflexion du public sur leurs développements. Parce que si ces technologies de pointe permettent de concevoir des pneus plus adhérents, elles fournissent aussi des crèmes solaires aux vertus surtout esthétiques, certainement plus questionnables.

«Nous voulons développer le sentiment d’influence de la jeune génération, les futurs décideurs et citoyens de demain. Ils auront un rôle important à jouer face au développement de la science et de la technologie», relève Mme Trottier. Afin de rejoindre plus de jeunes encore, la pièce sera adaptée en un DVD que les enseignants pourront utiliser dans les classes.

La pièce Le réel invisible sera présentée au musée minéralogique et minier de Thetford Mines le 26 août prochain.

Théâtre sur mesureLe Théâtre Parminou, pionnier du théâtre d’intervention au Québec, monte des pièces sociales depuis 35 ans. Son équipe crée, à la demande, des pièces aux thèmes parfois difficiles : la violence faite aux aînés – Petits Détours —, la sexualité chez les jeunes – Pas de bébé, pas de bébittes — ou encore la faible participation des femmes en politique — Le grand saut.

Un vaste choix de sujets sociaux, car les demandes proviennent de différents organismes (commissions scolaires, service de police, forum jeunesse, CSN, etc.), et tout particulièrement du milieu communautaire. «L’équipe du théâtre travaille en étroite collaboration avec l’organisme pour bâtir une pièce proche de sa réalité et ses préoccupations», explique Emmanuelle Nadeau, agente de promotion du Théâtre Parminou.

 

Pour en savoir plus

La pièce Le réel invisible du Théâtre Parminou

Éthique et nanotechnologies : se donner les moyens d’agir — Avis de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie (CEST) — novembre 2006

 

 

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Apprendre l’art du graffiti par des ateliers pour tous au Café-Graffiti

Apprendre l’art du graffiti par des ateliers pour tous au Café Graffiti

Valérie Carrier       Dossier GraffitiVille de Montréal

Le samedi 2 mai prochain, ce sera le retour des ateliers de graffiti hebdomadaires, au Café Graffiti, au 4237 rue Ste-Catherine Est. Ils avaient cessé parce que les locaux étaient souvent occupés par d’autres activités, mais ils reprendront de plus belle. Les jeunes sont particulièrement invités à s’inscrire à ces ateliers, mais l’activité est ouverte à tous, sans exception, de 14h à 17h (les samedis), à compter du mois de mai.

Le graffiti est un art qui permet à plusieurs jeunes de s’exprimer. Selon Élodie, intervenante sociale et initiatrice des ateliers, le but est d’amener les jeunes à faire du graffiti en toute légalité et à être reconnus pour leur travail et leur talent. C’est à ce niveau que sont parvenus les graffeurs professionnels du Café Graffiti; on achète leurs toiles et on leur donne divers contrats afin d’embellir le monde des couleurs de leur art. Le graffiti est donc passé du traditionnel vandalisme dont il s’est forgé une réputation au travail artistique reconnu dont certains font carrière.

Ce sont les graffeurs du Café Graffiti qui donneront les cours du samedi. Eux-mêmes expérimentés dans le domaine, ils enseigneront les divers styles et techniques du graffiti. Les ateliers sont offerts au coût de 25 $ pour un mois. Des crayons sont mis à la disposition de ceux qui s’y inscrivent et d’autre matériel est vendu sur place.

Pour avoir plus d’information ou pour une inscription, vous pouvez téléphoner au 514-256-4467 ou vous présenter au Café Graffiti: 4237 Ste-Catherine Est, Montréal.

Vos commentaires sur Retour des ateliers de graffiti les samedis: pour tous, au Café Graffiti!

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti (514) 259-6900

Photos de Murales et fresques urbaines.

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Une visite au Spectre de rue

Une visite au Spectre de rue

Sophie Moreau-Parent, stagiaire en intervention au Café-Graffiti

Dossier ToxicomanieProstitution et Sexualité, Itinérance

Je suis allée visiter le Centre de jour Spectre de rue dans l’après-midi du jeudi 8 janvier 2009. Suite à ma participation à un de leurs ateliers de poésie, j’ai pu me familiariser avec l’organisme et ses différents services. Au Spectre de rue, il y a un centre de jour, un centre fixe, du travail de rue, du travail de milieu, le projet TAPAJ et le projet Hépatite C. Tous ces services se retrouvent au même endroit, soit au coin de la rue Ontario et De la Visitation.

Cet organisme naît dans les années 1980 sous un autre nom et se transforme jusqu’en 1994, où l’ajout du site fixe et du centre de jour le font renaître sous le nom de Spectre de rue. Ce centre a plusieurs mandats: «Prévenir et réduire la propagation des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), du VIH/Sida et des diverses formes d’hépatites; sensibiliser et éduquer la population et le milieu aux réalités de ces personnes pour favoriser leur cohabitation et soutenir les démarches de nos membres vers la socialisation et l’intégration sociale (Spectre de rue, 2009).»

Sensibiliser la rue

La clientèle du Le Spectre sont des personnes marginalisées de 16 ans et plus qui habitent le territoire du centre-ville de Montréal et qui ont des difficultés liées à la toxicomanie, à la prostitution, à l’itinérance et à la santé mentale. Le centre de jour est un endroit de répit ou les gens de la rue peuvent venir passer du temps, poser des questions et répondre à des besoins divers. Il y a une infirmière qui est présente 2 après-midi par semaine.

Le site fixe s’occupe de la distribution de matériel d’injection/d’inhalation afin de prévenir la propagation d’infections transmises par le sang. De plus, ils récupèrent les seringues utilisées dans les rues de Montréal. Les intervenants du volet travail de rue se plongent directement dans le milieu des individus qui vivent des problèmes et les accompagnent dans leur cheminement.

Du la rue à la communauté

Le travail de milieu diffère grandement du travail de rue. Cet axe de l’organisme le représente au sein de la communauté en général. Ces intervenants informent et sensibilisent les gens sur les phénomènes qui sont vécus par les gens qui fréquentent Le Spectre de rue.

D’autre part, TAPAJ est un projet divisé en trois étapes qui permet aux gens de la rue de faire du travail rémunéré à la journée. De cette manière, ils peuvent subvenir à leurs propres besoins. Même si cet argent n’est suffisante pour répondre à leurs besoins que pour une courte période de temps, cette aide est grandement appréciée par les bénéficiaires et permet de les encourager à continuer à gagner leur propre sous. Enfin, le projet Hépatite C offre des activités d’information et de sensibilisation pour vivre en santé même s’ils sont atteints de cette maladie.

Une intervention valorisante

Ma visite au Spectre m’a été très agréable. J’ai pu discuter avec plusieurs personnes qui ont vécus des expériences très différentes de moi et qui en ont long à raconter. L’approche de réduction des méfaits et d’empowerment valorisés par cet organisme m’ont beaucoup plue. La réduction des méfaits, pour être plus exact, c’est une «approche centrée sur la diminution des conséquences négatives de l’usage des drogues plutôt que sur l’élimination de l’usage. (Spectre de rue, 2009)» Tandis que l’empowerment, c’est d’intervenir de sorte à redonner le pouvoir aux gens qui ne croyaient pas nécessairement en avoir. En fait, c’est de les aider à réaliser qu’ils ont le pouvoir de décision et de choix, qu’ils sont les acteurs les plus importants dans leur vie.

La valorisation de ces deux approches est très réaliste et efficace en ce qui concerne le milieu et la clientèle du Spectre de rue. Tous les intervenants m’ont accueillie à bras ouverts et remplie d’enthousiasme. Même extrêmement occupés, ils ont pris un moment pour m’expliquer leur rôle dans l’organisme. J’ai pu percevoir les efforts constants de ces intervenants et tout le temps qu’ils consacraient aux gens qui fréquentent le centre. Je compte y retourner au printemps pour offrir mon aide lorsqu’ils ramasseront les seringues souillées du quartier. Faute de temps, je ne sais pas si je pourrai retourner passer des après-midi en compagnie de ces charmants individus. Par contre, je peux assurément affirmer que j’ai passé de beaux moments à jaser de tout et de rien, à bricoler et à faire de la poésie avec les gens du centre.

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