Aller-simple vers mars: suicide ou aventure

Suicide assisté VS voyage vers Mars

Un problème d’éthique?

Lorsque j’ai entendu parler de ce voyage aller simple pour Mars, cela a égratigné ma sensibilité. Je me suis dis que c’était un suicide pur et simple.

Raymond Viger Dossiers SantéSuicide

voyage mars apollo nasa espaceLe commentaire de Michel Perron de Saguenay (Jonquière) rajoute sur l’éthique de ce voyage:

Bizarre quand même… On refuse le droit aux malades qui souffrent le droit au suicide assiste alors que l’on s’apprête à envoyer des humains sur mars sans possibilité de retour ?

Il est vrai que je me suis posé des questions sur la motivations de vouloir partir pour peupler Mars sans possibilité de retour.

Les grands explorateurs

Ensuite j’ai pensé aux grands navigateurs. Jacques Cartier a découvert l’Amérique. Il a sûrement passé pour un fou pour plusieurs. Découvrir de nouveaux continents, gravir les plus hauts monts de notre monde, briser le mur du son… Toute une série d’aventures qui, pendant longtemps, ont passé pour de totales aberrations.

Pourtant, malgré tous les décès et les échecs survenus pour atteindre ces objectifs, aujourd’hui, il est normal et acceptable d’avoir fait tous ces efforts.

voyage mars aller simple suicide espace

Suicide ou exploration spatiale?

Il est vrai que le voyage pour Mars est un voyage prévu aller-simple seulement. Mais les gens qui y vont s’attendent-ils de mourir à bout d’oxygène quelques instants après leur arrivée? Ils s’attendent peut-être à être ravitaillé régulièrement. Ils s’attendent possiblement d’avoir d’autres personnes qui viendront habiter Mars. Ils y vont avec l’objectif de peupler Mars et de coloniser cette planète.

Il y a des risques, c’est vrai. Les chances de succès et de survie sont minces, c’est vrai. Mais leur objectif n’est pas pour autant de se suicider.

Est-ce que je voudrais faire application pour aller peupler Mars. Non. Mais je peux comprendre facilement qu’il y ait des gens qui veuillent le faire.

Au plaisir d’échanger sur cette nouvelle possibilité d’aventure.

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Neil Armstrong, la Conquête de l’espace, Apollo 11 et la fin d’un rêve

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

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autres textes sur le suicide:

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

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Autres livres pouvant vous intéresser:

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Spaghetti, chocolat, magazine et ménage: on continue!

Spaghetti, chocolat, magazine et ménage: on continue!

Valérie C.

Samedi soir passé, avait lieu le souper-spaghetti au profit de notre stage journalistique au Viet-Nam, au Bistrot du Fjord de Chicoutimi. Je ne savais pas à quoi m’attendre vu que je ne connaissais pas ce bistrot, mais comme quelques uns de nos amis avaient décidé que c’était l’événement du mois et que c’était un absolu, la vente des billets avait assez bien été.

Ce n’était peut-être pas aussi formidable qu’on voulait bien le croire, mais ce n’était pas mal non plus, ça s’est assez bien passé. Considérant que la grande majorité d’entre nous viennent de l’extérieur de la région, j’étais la seule qui avait de la famille au souper. Comme on nous avait permis d’amener des enfants pour l’occasion dans cet endroit habituellement réservé aux majeurs, mes quatre petites sœurs et mon petit frère étaient là, en plus de mes parents, mon beau-frère, mes trois grands-parents, ma tante, mon oncle et mes deux jeunes cousins; ne manquait que mon grand frère, trop loin pour venir. Drôle de mélange avec le reste des personnes présentes, toutes des étudiants!

Mais pour ce qui est de l’objectif de financement, ce fut assez bien rempli. Nous en avons aussi profité pour vendre tout plein de chocolat en dessert et quelques magazines du Costa Rica du groupe de l’an passé aux intéressés. Par contre, j’ai oublié de parler de nos fameux billets de tirage pour courir la chance de gagner le ménage d’une maison par nous-mêmes…

Donc, le financement continue, encore et encore. Nous sommes encore bien loin de couvrir tous les frais du projet, mais nous faisons notre possible pour en ramasser au moins une bonne part. Nous sommes maintenant huit participants, une de nos comparses ayant choisi de se consacrer plus entièrement à son stage et à sa future carrière. Nous devons d’ailleurs tous nous préparer pour notre stage, ces temps-ci, car il faut préciser que nous avons un autre stage à faire avant de partir au Vietnam, un stage officiel pour compléter notre formation collégiale en journalisme. En plus, ces stages seront partout à travers le Québec, au mois d’avril, donc les choses se compliqueront pour notre préparation vietnamienne. Pour ma part, je suis en démarche pour faire mon stage à Reflet de Société. J’espère que tout fonctionnera bien en ce sens, maintenant que j’ai appris à mieux connaître l’organisme grâce à notre projet de stage journalistique à l’étranger!

Je vous en donnerai des nouvelles!

Vos commentaires sur le souper-spaghetti des stagiaires en journalisme international

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l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Reportage sur le quartier chaud de Vancouver et son site d’injection supervisé

Pourquoi Reflet de Société propose un reportage sur Downtown Eastside, le quartier chaud de Vancouver et son site d’injections supervisées? Quel est le lien avec les lecteurs du Québec?

Éditorial Reflet de Société septembre 2008                 Dossier Francophonie

Danielle et moi avons décidé de prendre des vacances à Vancouver. J’aime bien faire du tourisme social. Je voulais profiter de l’occasion pour réaliser un reportage sur les Francophones hors-Québec. Comment une communauté francophone peut-elle survivre dans un milieu anglophone? Avons-nous des choses à apprendre?

Je m’attendais à un reportage simple, rapide et facile pouvant se combiner avec mes vacances. La réalité est très différente. Le nombre de sujets pouvant être traités est plus grand que prévu. Le contexte historique de la francophonie en Colombie-Britannique donnerait lieu, à lui seul, à un grand reportage. Vancouver gère le seul site d’injections sécurisées en Amérique du Nord. Par voie légale, le gouvernement fédéral tente de fermer ce centre. Québec devrait annoncer la création d’un site similaire cet automne. Un reportage sur le site d’injections est donc d’actualité.

L’éducation francophone en Colombie-Britannique a dû, elle aussi, se tourner vers la justice pour faire respecter le droit à l’enseignement en français. Les Francophones ont aujourd’hui des associations de parents, un conseil économique, des festivals… En 2009, on fêtera les 100 ans de Maillardville, le berceau de la francophonie en Colombie-Britannique. En 2010, on présentera les Jeux Olympiques d’hiver. 5 000 bénévoles accueilleront les athlètes dans un village francophone.

Des jeunes ont quitté le Québec pour travailler en Colombie-Britannique: plantation d’arbres, cueillette de fruits, hôtellerie, enseignement… Certains ont vu leur rêve se transformer en cauchemar. Les francophones constituent 1,6% de la population totale. Selon les recherches consultées, les jeunes francophones représentent entre 16% et 22% de l’itinérance totale. Et ce sont les francophones qui ont le moins accès aux services d’aide et de soutien. Pour plusieurs, l’itinérance se heurte à la barrière de la langue.

À Montréal, notre organisme a rencontré de nombreux jeunes provenant de l’Ouest. De leur côté, plusieurs jeunes Québécois que nous avons accompagnés ont quitté Montréal pour tenter leur chance dans les rues de Vancouver. Pour certains, c’est l’appel de la mer, des montagnes. Pour d’autres, c’est vivre une itinérance sans hiver et sans neige, vivre une aventure différente, changer le mal de place et briser la routine.

On m’a raconté qu’à Whistler, un lieu touristique recherché, on rencontre beaucoup de francophones du Québec. Drôle de coïncidence, 2 de nos artistes, Fluke et Axe, ont été demandés pour animer, pendant 10 jours, le Kokanee Crankworx à Whistler au mois d’août dernier.

Dans ce numéro, je vous présente le premier reportage sur Vancouver, son quartier chaud et le site d’injections supervisées. Dans le prochain numéro je traiterais de l’éducation francophone.

De Jonquière au Costa Rica

Notre magazine soutient un projet de formation internationale en journalisme. Des finissants du Cégep de Jonquière en journalisme ont passé une partie de leur été à parcourir le Costa Rica. Gabriel Alexandre Gosselin et Marie-Sophie Trudeau signent, dans ce numéro, un article sur l’Université pour la Paix. Mais il y avait trop d’articles pour les présenter tous. Nous avons décidé d’offrir à ces nouveaux journalistes leur propre magazine, un magazine publiant leurs reportages et leurs aventures, un magazine entièrement conçu et réalisé par eux.

Ce numéro annuel sera publié le 1er octobre prochain. Au coût de 5$, il permettra de boucler le budget des journalistes qui rentrent du Costa Rica. Il sera aussi un moyen de préparer le financement du projet de formation internationale 2009, parce qu’il a motivé les futurs finissants à partir eux aussi.

Commandez votre exemplaire de ce magazine «Spécial Costa Rica» directement auprès des jeunes journalistes, au Cégep de Jonquière ou encore au Journal de la Rue, (514) 256-9000, en région 1-877-256-9009.

Autres textes sur la Francophonie

Éducation francophone dans l’Ouest du Canada

Éducation francophone en milieu anglophone. École Gabrielle Roy.

Éducation francophone en milieu anglophone. Écoles Rose-des-vents et Jules-Vernes.

Société francophone de Maillardville, bastion de la francophonie en Colombie-Britannique

La qualité du français dans la blogosphère

Meeting francophone. Le français est-il une maladie en voie d’extinction?

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Stagiaires: jamais 2 sans 3

Stagiaires: jamais 2 sans 3

Après Elodie et Ben’, il est tant de vaincre mon appréhension et de faire les présentations.

Je suis Nawelle, 21 ans, étudiante à l’école de dessin Émile Cohl de Lyon en dernière année et venue au Québec pour un stage obligatoire de 6 semaines (et pour piller les rayons de sirop d’érable?).

Le stage au Café Graffiti est pour moi la possibilité d’explorer un univers différent de la formation que l’on peut recevoir à Emile cohl qui reste un enseignement plutôt académique et pour demeurer dans une structure à vocation communautaire et à échelle humaine.

Je suis arrivée au café Graffiti le 7 juillet et je peux dire, que depuis, je ne me suis pas ennuyée! Tout d’abord, J’ai collaboré plusieurs fois avec Marc-Antoine (de l’équipe de marketing)  pour du travail de mises en pages d’affiches, de créations de port folios et de maquettes. Il y a eu aussi Raymond Viger qui m’a confié la mission de monter entièrement le recueil de poème ‘‘Entité’’ écrit par Jean-Simon Brisebois (que je remercie au passage pour la confiance accordé), suivi de tout le coté promotionnel de la sortie du livre (affiches, flyers…). En ce moment je travaille sur la réalisation de vignettes promotionnelles pour une artiste de Jonquière, Denise Simard.

Voilà pour les brèves présentations.

Ma foi, étant de confession artistique j’essaierai de poster pieusement de petites ‘‘icones’’ pour le saint plaisir des yeux.

 

Coup de foudre et éclair de génie!

Coup de foudre et éclair de génie!

Comme je vous mentionnais dans mon dernier post, les bancs de neige du Saguenay avaient intérêt à se tenir debout cette semaine parce que Gabriel allait passer comme un coup de foudre. Parole tenue, ce fut une visite éclair aux 8 stagiaires, qui en pleine fin de session, turbulaient également de leur côté. Une rencontre qui a eu l’effet escompté.

Je ne suis resté au Saguenay que le temps d’une réunion d’environ 3 heures, mais une réunion qui m’a une fois de plus positivement surpris. Les filles sont motivées. Dans leur tête et dans la mienne, le stage au Costa Rica n’a plus rien d’un projet exploratoire ou d’un rêve illusoire. Les choses se concrétisent sérieusement, et ça fait du bien de le voir et de l’entendre. Mais le fait de se laisser emporter dans tout ce positivisme ne fera pas avancer les choses d’elles-mêmes. Le reste du travail à faire avant de décoller dépend encore majoritairement de nous.

Donc, les choses continuent d’avancer, et dans le bon sens. Nos fonds s’accumulent tranquillement et les idées pour en avoir plus ne manquent pas. Au Costa Rica même, on a planifié ou sommes en train de planifier des rencontres avec… des gens là-bas. Des gens que nous ne connaissons pas personnellement pour l’instant, mais qui ne tarderont pas à l’être. Ne reste maintenant plus qu’à acheter nos billets d’avion, et Costa Rica, nous voici!

—————-

Plus ce projet progresse, plus j’apprends à connaître les huit stagiaires, et plus je vois que le stage au Costa Rica a sa raison d’être. L’an passé, le stage (avorté) au Guatemala ne m’a jamais semblé aussi réel et matérialisé que celui que nous préparons présentement, et de loin. Je lève d’ailleurs mon chapeau aux huit filles à Jonquière: elles ont tenu le fort, elles ont travaillé fort, se sont impliquées et ont persévéré malgré les embûches. En fait, elles ont tout fait! Ça augure bien pour le reste.

Trêve de flatteries (sincères), c’était le résumé (simili)éclair de mon passage à Jonquière cette semaine. Je commence de nouveaux sujets pour le prochain numéro de Reflet de Société. Je vous reviens avec ça prochainement.

Gabriel.

P.S. Salutations spéciales à Myriam, une lectrice acharnée de mon blogue. Clin d’oeil, clin d’oeil Myriam! Et merci de me lire.

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Les coups de cœur de Stanley Péan

Les coups de cœur de Stanley Péan
Guillaume Brodeur, Volume 16 no 1. Octobre 2007

Entre deux réunions à titre de président de l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) et la rédaction de multiples critiques littéraires, l’hyperactif Stanley Péan parvient quand même à «jaser livre» tout en s’amusant. Auteur prolifique, il partage sans retenue ses passions particulières. Au risque de froisser certains puristes…

En vrai Obélix de la lecture, Stanley Péan est tombé tout petit dans la bibliothèque de son père. Professeur de littérature installé à Jonquière, le paternel ne jure que par les grands classiques français. Le fils, lui, se passionne pour un genre snobé par l’élite: la science-fiction. «En tant qu’écrivain, mon style a surtout été influencé par l’école fantastique américaine. Les Bradbury, Matheson, Beaumont, Ellison…» Des auteurs qui n’ont pas toujours été reconnus à leur juste valeur.

Si l’on parle de littérature «dite sérieuse» – Péan déteste ségréguer les genres -, sa révélation a d’abord été L’Étranger d’Albert Camus. «C’est le livre fondamental pour moi, celui qui m’a fait dire « Je veux être écrivain ». L’Étranger, c’est pourtant un fait divers. L’histoire d’un banal fonctionnaire qui finit par commettre un meurtre et être condamné à la décapitation. Mais derrière, il y a toute une vision du monde exprimé par Camus, un de ces grands écrivains-philosophes des années 40.»

«Je venais de recevoir un choc, de découvrir des choses que je n’avais jamais perçues sur le monde qui nous entoure. La fonction même de la littérature selon moi.» D’ailleurs, Meursault, l’anti-héros du roman, continue toujours d’habiter Péan par son attitude frondeuse et rebelle face aux conventions sociales. «Nous avons forcément un rapport assez organique avec la littérature, car nous nous enfermons dans notre tête avec la parole de quelqu’un d’autre. J’ai encore un petit côté Meursault qui me joue des tours. Une certaine froideur, un détachement… Qui me permettent de prendre du recul.»

Le second livre-choc pour Stanley Péan a été La métamorphose de Kafka. Découragé par sa lecture, un collègue de classe lui résume l’histoire «plate» du roman : un gars qui se réveille un matin transformé en coquerelle, vit coquerelle et meurt coquerelle… Stanley s’emballe. «Quelle idée extraordinaire, quel humour! Lorsque le type réalise qu’il est devenu un insecte géant, son premier réflexe est de se dire « Merde! Qu’est-ce que mon patron va penser si j’arrive au travail comme ça? » Nous nageons dans l’absurdité la plus totale.»

Même la grande Anne Hébert a écrit deux romans fantastiques très noirs, voire d’horreur. «Chose que les critiques n’aiment pas admettre», souligne Péan, la jeune quarantaine. Il cite en exemple Les enfants du Sabbat, une histoire de possession où l’héroïne est une sorcière qui fait vraiment peur. «Anne Hébert demeure par ailleurs le plus grand écrivain québécois selon moi. Un sommet inégalé, tant pour sa poésie que pour ses romans. L’écriture de Kamouraska m’a littéralement charmé et envouté.»

Franc-tireur, Stanley déplore que la place de la littérature soit devenue marginale au pays. «Quand je vois le gouvernement Harper couper dans les programmes d’alphabétisation – ce qui n’est pas couper dans le gras -, je ne crois pas que ce soit une décision innocente pour un gouvernement qui investit autant dans son armée. Mais au-delà de la politique, on n’entend presque plus parler de littérature à la radio ou à la télé, sous prétexte que ça n’intéresse personne. On a une déresponsabilisation inacceptable face à la littérature et la lecture. S’il y avait un Jack Kérouac aujourd’hui, qui l’inviterait à son émission?»

De la suite dans les idées, Stanley appelle tous les citoyens à venir rencontrer les auteurs au prochain Salon du livre de Montréal. «Malgré son petit côté foire commerciale, on peut encore y entendre des tables rondes et de longues entrevues avec les écrivains. Un endroit d’échange exceptionnel.» Du 14 au 19 novembre au Palais des congrès.

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apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

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Objectif: Amérique latine…à partir de Jonquière

Objectif: Amérique latine…à partir de Jonquière

Dominic Desmarais

C’est avec un petit pincement au coeur que je suis retourné au Saguenay vendredi dernier. La ville de Jonquière, où j’ai suivi pendant trois ans mon cours de journalisme, m’est apparue comme un vieux frère qu’on retrouve après un long moment sans se voir…

Mais la nostalgie n’était pas le but de mon voyage dans cette contrée nordique : Avec Dominic Desmarais, le magazine Reflet de Société ainsi que Michel Laprise, enseignant en journalisme du cégep de Jonquière, nous préparons présentement un stage en journalisme international dans lequel s’engagerons quelques étudiants du programme d’ATM (art et technologie dans les médias). Ce stage devait avoir lieu au printemps dernier, mais puisque les choses n’ont pas tourné en sa faveur, nous reprenons le projet cette année. Et nous nous prenons plus tôt surtout.

Une rencontre a donc eu lieu à Jonquière, histoire de faire connaissance. Et de choisir un pays où nous nous aventurerons d’ici l’été prochain. Et de répondre le mieux possible aux questions des étudiants (étudiantes devrais-je plutôt dire, car aucun représentant masculin n’a manifesté son intérêt pour le projet).

Puisque le reportage doit se passer en Amérique latine, l’apprentissage ou le perfectionnement de l’espagnol, les collectes de fonds, l’organisation du voyage, et plusieurs autres points importants d’une préparation à un reportage international ont été discutés à cette table ronde.

Pour l’instant, c’est tout ce que je peux vous dire sur le sujet. Mais soyez-en certain, je vous tiens au courant des développements et péripéties qui se manifesteront tout au long de la préparation à ce périple journalistique.

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conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Réfugié au Saguenay

Réfugié au Saguenay
Dominic Desmarais,   Dossier Immigration

 Ses phrases sont courtes, son français… impeccablement québécois! Son arrivée a été ardue mais, trois ans et demi plus tard, on la sent optimiste. C’est qu’on lui a facilité la tâche, à son arrivée. «En descendant de l’autobus, on a rencontré quelqu’un qui parlait espagnol. C’était vraiment bien!» À l’entendre, on se croirait en août 2002. Son soulagement est sincère. «Ensuite, quelqu’un de l’immigration nous a parlé de la région. Puis, les gens du SEMO nous ont aidés pour les vêtements, le logement. Pendant sept jours, il y avait quelqu’un avec nous tout le temps. Qui parlait espagnol.»

immigration

Montréal accueille le gros de l’immigration au Québec. Mais la métropole ne pourra à elle seule recevoir cet afflux. Au Saguenay, on travaille pour faire sa part. Et si la solution à l’intégration des immigrants passait par nos régions?

Nayeth Bustos, jeune colombienne de 28 ans, est arrivée à Jonquière à l’été 2002 en tant que réfugiée. Elle a quitté sa terre natale avec 11 membres de sa famille. Personne ne parlait français, voire même l’anglais. C’est le Canada qui a décidé de les envoyer au Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Escale à Atlanta, passage obligé vers Ottawa, envoyés à Montréal pour y prendre le bus, Nayeth et sa famille débarquent à Jonquière 30 heures après avoir tout quitté. Sa vie change à toute vitesse. La fuite de son pays, son arrivée dans un lieu qu’elle ne connaît pas, dont la culture et la langue sont inconnues. En foulant le sol de Jonquière, Nayeth est désespérée. «On ne comprenait rien. On a tout laissé en Colombie. Tout ce que nous avions était dans nos valises… Nous sommes partis de Bogota, une ville de 12 millions. On trouvait Jonquière trop tranquille…»

Le SEMO, le service externe de main-d’œuvre du Saguenay, est un organisme sans but lucratif qui aide les exclus du marché du travail. Il a développé une expertise auprès des handicapés, des jeunes, des chômeurs de longue durée et des immigrants.

Omar Chafik, conseiller en gestion des opérations pour le SEMO concède qu’il est difficile, pour ces immigrants, de s’installer en région.. «Ça ne se fait pas facilement, car ce sont des réfugiés. Ils vivent un deuil d’avoir quitté leur pays. Ce n’est pas évident.»

Première étape d’intégration, apprendre le français. Ensuite, trouver un emploi. «Quand ils sont réfugiés, ils n’ont pas apporté leurs diplômes. On fait des entretiens avec eux, puis on va voir les employeurs. Même pour les immigrants francophones, la mentalité par rapport au travail, est différente ici. Ils sont initiés aux attentes des employeurs de la région», explique M. Chafik.

Le Dr Claude Déry participe à ce volet. Dans sa clinique, il a accueilli trois immigrants, médecins de leur métier, pour leur offrir un stage d’observation. «Dans notre secteur, on manque de médecins. Comme partout au Québec. Les médecins des autres pays doivent refaire une partie de la formation au Collège des médecins. Pour eux, c’est très difficile en raison du problème de la langue.» Le Dr Déry parle lentement, pesant ses mots. «En même temps qu’ils apprennent la langue, ils voient comment on fonctionne au niveau de la pratique. Ceux qui sont venus ont bien aimé la partie médicale. Ils ont bien aimé Jonquière. Mais la difficulté, c’est leur famille, qui habite ailleurs.»

Le Dr Déry apprécierait compter sur un médecin parlant espagnol. Les immigrants arrivent de façon régulière, sa pratique se complique. «Ce n’est pas facile, parce que la médecine peut être nuancée, subtile. Ce n’est pas évident avec un interprète», pose-t-il comme diagnostic.

De ses trois stagiaires immigrants, l’un aurait réussi ses examens et attend de dénicher une place en résidence. «On espère qu’il reviendra dans la région. Mais s’il ne revient pas, on l’aura aidé à faire un petit bout de chemin.»

Au SEMO, on cherche des immigrants possédant des compétences en foresterie, agronomie, agriculture, informatique. Des domaines où les besoins sont plus grands au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pas question de prendre les emplois des Québécois de souche.

«Nous sommes très sensibles à la perception de l’immigration chez les Québécois de souche. À court, moyen et long terme. Nous n’essayons pas d’attirer n’importe qui. On ne va pas concurrencer là où les emplois sont déjà comblés. Sinon, ce ne serait pas utile pour la région, le Québec et pour l’immigrant», affirme M. Chafik, pour qui mieux vaut progresser lentement dans l’intégration des immigrants plutôt que de tout faire de travers. «Pour nous, ce serait un échec, qu’ils ne trouvent pas d’emploi et retournent à Montréal.»

L’emploi semble le facteur déterminant pour éviter l’exode des immigrants. «Ce n’est pas facile trouver de l’emploi, en région. Plusieurs immigrants ont quitté à cause du manque d’emploi. Après trois mois, certains quittent. Certains le font  même dès leur arrivée…» raconte Nayeth, qui avoue avoir pensé, avec son compagnon de vie, quitter Jonquière. «Mais on a eu des enfants. Pour nous, c’est beaucoup mieux d’habiter en région. Avec les petits, c’est plus facile de trouver une garderie.»

Nayeth a persévéré. Du groupe de 11 personnes avec qui elle a fui la Colombie, ne reste plus que son père, son frère et son petit ami. «On en avait parlé, en Colombie, qu’on resterait au Saguenay jusqu’à la fin. On a travaillé fort pour s’intégrer. C’est pour ça qu’on a créé Matéo Boutique, dit-elle, avec fierté. Parce qu’on aime la région, on a pensé à ça. Pour rester en région.»

Matéo Boutique est une coopérative artisanale fondée par son père, son frère, son chum – comme elle l’appelle – et elle. Le paternel concevait des articles artisanaux de cuir en Colombie, ils se sont mis à la confection de portefeuilles et sacs à main, notamment. «On a commencé le 4 mai. On a aussi une boutique, pour vendre ce qu’on fait. Maintenant, nous avons un vendeur pour la boutique. Un Québécois!» Au téléphone, son sourire s’entend. Pour cause. Elle, partie de loin, s’est intégrée au point de donner un emploi à une personne de la région.

Nayeth est consciente de la difficulté, pour un immigrant, de s’installer en région. Elle s’implique aujourd’hui au sein d’un atelier pour femmes immigrantes. «Pour briser l’isolement. Une fois par semaine, on se rencontre. On avait toujours quelqu’un du SEMO, mais pour des questions administratives», explique-t-elle.

Depuis 1998, plus de 650 immigrants d’âge adulte ont élu domicile dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, affirme M. Chafik, du SEMO. Le taux de rétention avoisinerait les 65%, selon lui. Pas assez vite? «Vous vous rendez compte si on créait des ghettos en région? C’est pour ça qu’on y va lentement. On crée une dynamique positive. Mais sans l’ouverture du Québec, on n’y arriverait pas», prétend le conseiller du SEMO.

L’exemple de Nayeth est encourageant. L’intégration est possible. La jeune Colombienne poursuit son rêve. «J’étais prof d’histoire, en Colombie. J’ai commencé les démarches. Le ministère a reconnu mon bac. Je dois passer le test de français pour être prof. Je sais que ça va prendre du temps, mais mon rêve est de devenir prof à Jonquière.»

Elle a fui son pays à 25 ans, composé avec un environnement dont la langue et la culture lui étaient totalement étrangères, créé son propre emploi, mis au monde ses deux enfants au Saguenay. Beaucoup de chemin parcouru. Peut-on douter de sa capacité à atteindre son rêve? Poser la question, c’est y répondre.

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Santé: Le citoyen met la main à la pâte

Santé: Le citoyen met la main à la pâte

Dossier Coopérative de Santé, Philippe Couillard                                           Dominic Desmarais
panoramixReflet de Société entame dans ce numéro un dossier sur la santé qui s’échelonnera sur les numéros suivants. Une autre façon de voir le service des soins de santé. À Gatineau, la population prend en main sa santé en participant à la gestion d’une clinique coopérative. À Jonquière, des médecins assurent un service de première ligne qu’ils financent eux-mêmes en bonne partie. En République démocratique du Congo, on enseigne aux parents à cultiver les champs pour enrayer les problèmes de santé des enfants reliés à la malnutrition. Différentes idées qui mobilisent le citoyen et désengorgent les hôpitaux.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a tranché. Bien que timidement, il ouvre la porte au privé dans le domaine de la santé. Pour répondre aux listes d’attente, aux dépenses galopantes et aux problèmes d’accès, il se tourne vers les cliniques privées. Et si le ministre se trompait?

Les cliniques spécialisées affiliées de Couillard

Le ministère de la Santé entend créer des cliniques privées financées par l’État. Les médecins en seront propriétaires, ils les équiperont et s’occuperont de la gestion. L’état leur assurera un volume d’opérations, soit les interventions que les hôpitaux ne pourront pratiquer. Le tarif des opérations sera négocié entre le gouvernement et ces cliniques.

Également, on entrouvre la porte aux assurances privées. Pour les 3 interventions les plus fréquentes, le remplacement de la hanche, du genou et l’o-pération de la cataracte, les Québécois pourront souscrire à une assurance et se faire soigner dans les cliniques qui opèrent en dehors du cadre de la Régie de l’assurance-maladie (RAMQ) si l’État ne peut les traiter dans un délai raisonnable. Aux dires du mi-nistre, d’autres interventions pourraient se rajouter à cette courte liste.

Mesures insuffisantes selon le privé

Françoise Bertrand, présidente directrice-générale (PDG) de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), considère que la décision du ministre Couillard règle une question administrative, et non celle du coût faramineux de la santé. Mme Bertrand représente 170 chambres de commerce et 55 000 entreprises québécoises.

La PDG tient un propos censé, loin des préjugés de cette classe affaires dont la seule préoccupation est l’argent. Pour elle, la création de ces cliniques apportera au mieux quelques économies, les frais d’administration d’un hôpital par rapport à une clinique étant plus importants. «Il s’agit de fausses cliniques privées, soutient-elle. Il va falloir qu’elle soit strictement publique. Payée par le public. Si un hôpital ne peut vous accueillir dans les délais impartis, on va payer un médecin – public – pour qu’il fasse l’opération. On ne fait aucun soulagement à la responsabilité publique», affirme Mme Bertrand.

Considérant que la santé accapare 43% des dépenses gouvernementales – on prévoit qu’elles se situeront à 50% en 2014 -, difficile de lui donner tort. La PDG dit souhaiter une formule pour diminuer les dépenses tout en gardant l’accès et la qualité des soins. «Un meilleur partage avec le privé ne veut pas dire 50-50. Si 20 à 30% des dépenses provenaient du privé, cela provoquerait une relâche dans les finances publiques», affirme Mme Bertrand, qui souligne que le comité santé de la FCCQ est en cours de réfle-xion. Comme quoi la solution, même au sein des gens d’affaires, est loin d’être trouvée.

Santé: une culture de consommation

Dans son rapport de 1997 «La santé au Canada: un héritage à faire fructifier», le Forum national sur la santé démontrait que la santé ne se limitait pas à l’offre de soins. «Meilleurs sont les revenus, la scolarité, le rang social, le réseau de soutien d’une personne, plus elle a d’estime de soi et mieux elle sent qu’elle exerce une certaine emprise sur sa vie, plus elle tend à être en santé. […] Ce sentiment d’avoir une certaine emprise est essentiel à une bonne santé.»

L’accès à des soins est un déterminant, il va sans dire. Mais il n’est pas le seul. Une personne avec de bonnes habitudes de vie risque de se présenter moins souvent à l’hôpital. De même, là où la qualité de l’environnement laisse à désirer, les risques de maladies sont plus importants. Aussi, une saine alimentation a un rapport direct avec la santé. Il y donc plusieurs facteurs déterminants d’une bonne ou mauvaise santé. Une population en bonne santé, évidemment, coûte moins cher à l’État. Il suffit parfois de programmes de prévention pour amélio-rer les conditions de vie. Et diminuer les dépenses en santé.

Le système actuel laisse peu de place pour le citoyen qui veut prendre en main sa santé. C’est l’ère de la consommation de services de santé. «On exproprie la santé des individus au profit du corps médical. Nous ne sommes plus les maîtres d’œuvre de notre santé. Nous sommes dans un contexte de médicalisation de l’individu», avance le chercheur universitaire Jean-Pierre Girard, qui met le doigt sur un bobo de taille: de moins en moins de rendez-vous chez le médecin se terminent sans une bonne prescription…

Coopérative de santé: le citoyen au cœur des décisions

Jean-Pierre Girard trace les grande ligne de la coopérative de solidarité en santé, moyen le plus efficace selon lui pour répondre aux besoins de la population en matière de santé. Cette clinique nouveau genre se caractérise par la gouvernance de tous ses membres, les usagers, les médecins et les employés, à raison d’un vote par personne. L’ensemble des usagers ont alors leur mot à dire sur les besoins qu’ils désirent combler dans leur milieu. Ils agissent dans l’amélioration de leur bien-être, qui est la raison de vie de la clinique plutôt que l’appât du gain. La clinique offre un autre avantage, celui de rehausser la cohésion sociale. Elle appartient aux gens d’un milieu donné qui se mobilisent pour la développer.

«À l’opposé d’une entreprise à capital-actions qui cherche à maximiser à court terme des bénéfices, la coopérative évolue dans une perspective à moyen et long terme, explique M. Girard qui, en plus de ses activités universitaires, est membre du Conseil de la coopération du Québec. Surtout que, dans le domaine de la santé, on ne peut s’attendre à des changements significatifs de comportements ou d’habitudes de vie sans penser au minimum sur quelques années.» Selon lui, la clinique privée s’inscrit dans une logique de profit à court terme alors que l’amélioration de la santé des gens ne se ressent qu’à moyen terme.

«La participation démocratique, l’égalité et la gestion collective, qui caractérisent la coopérative, sont des conditions potentiellement porteuses de transformations sociales et d’amélioration de la santé pour répondre aux besoins du milieu», peut-on lire dans un document du Conseil de la coopération du Québec.

En mobilisant les citoyens à se prendre en main pour se doter d’une clinique, avec le réseautage que cela implique auprès des gens d’affaires de la région, de la municipalité, de l’expertise des uns et des autres, on répond à plusieurs déterminants importants pour la santé. Les gens ont alors une certaine emprise sur leur vie, ils brisent leur isolement, se cons-cientisent davantage à leur santé.

Cette mobilisation collective pourrait bouleverser notre société. Les changements se feraient sentir en dehors du cadre même de la santé. Une société qui s’unit, se parle, travaille de concert, ouverte aux besoins de ses gens, qui se prend en main plutôt que d’attendre tout de l’État. Des valeurs d’entraide et non de chacun pour soi.

Questions au ministre Couillard

• Pourquoi n’entend-on jamais parler des projets alternatifs comme palliatifs à la privatisation des soins?

• Pourquoi des projets qui fonctionnent depuis un quart de siècle, comme Jonquière Médic, n’a pas fait de petits?

• Pourquoi ouvrir une brèche au privé sans penser au modèle, plus rassembleur, coopératif?

• Comment expliquer que votre ministère parle d’offrir le meilleur service de soin à la population sans placer le cito-yen au coeur de sa santé?

• Finalement, quelle est votre position sur les projets alternatifs?

Autres textes sur les coopératives de santé.

La coopérative de santé

Jonquière Médic

Coopérative de santé Aylmer Lucerne.

Un médecin récalcitrant.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/15/les-aines-du-japon-et-les-vieux-du-quebec/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/06/23/guide-dintervention-aupres-dune-personne-suicidaire

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